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interviewrmc· 8 juin 2026 30 min

Bruno Le Maire face aux GG - 08/06

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Auditeur

Faut-il parler de faillite de l'État ?

0:08
Présentateur

On va poser la question à Bruno Le Maire qui est avec nous, l'ancien ministre de l'Économie, qui revient avec ce livre le temps d'une décision d'édition Gallimard. Bonjour, Monsieur Le Maire.

0:15
Invité

Bruno Le Maire, est-ce que votre ancien collègue Gérald Darmanin aurait dû présenter sa démission ?

0:21
Bruno Le Maire

Non. Ce n'est pas une chasse à l'homme qu'il faut, c'est une refondation de la justice. Gérald Darmanin a fait son travail, il a présenté ses excuses, avec, je trouve, des mots très justes, face à une affaire qui est traumatisante pour le peuple français. N'importe quel père de famille, j'en suis un, ne peut que regarder avec effroi la faillite de l'État et la faillite de la justice dans cette affaire. Donc je crois que la chasse à l'homme est la pire des solutions. En revanche, qu'il faille refonder la justice, oui, c'est ça le vrai sujet.

0:57
Invité

Mais il y a quand même dans cette affaire des responsabilités individuelles. On parle peut-être de certains procureurs, de gendarmes qui n'ont pas fait, semble-t-il, de leur travail.

1:05
Bruno Le Maire

Bien sûr. Il faut examiner les responsabilités, mais en profiter cette fois-ci pour réellement refonder la justice, parce que ce n'est pas la première fois qu'il y a des manifestations, qu'il y a des critiques, qu'on ne dit plus jamais ça, et il ne se passe jamais rien derrière. Donc il faut faire des choix. Moi, j'en propose quatre pour la justice française. Le premier choix, c'est celui de la responsabilité des magistrats. Lorsqu'il y a une faute, il doit y avoir sanction, exécution de ces sanctions contre les magistrats qui n'ont pas rempli leurs devoirs, dont le premier est celui de protéger nos compatriotes, en particulier les plus faibles, c'est-à-dire les enfants.

Le deuxième pilier que je propose, c'est une transformation complète de notre politique pénale. Que nous retrouvions une autorité du garde des Sceaux sur les procureurs. Que nous mettions fin... Il faut supprimer la loi Taubira, alors. Il faut supprimer la loi Taubira de 2013, permettre aux gardes des Sceaux de donner des instructions réelles aux procureurs, aux magistrats du siège, aux magistrats du parquet, pour qu'il y ait réellement une politique pénale dans notre pays, parce qu'il faut savoir de quoi on parle. On dit qu'il y a une politique pénale, on envoie des circulaires.

Ce n'est pas des circulaires qu'il faut, c'est des instructions du ministre de la Justice aux procureurs représentant l'État de façon à ce qu'il y ait dans notre pays une vraie politique pénale avec des priorités clairement définies. J'en vois deux. Les enfants, les mineurs, priorité absolue et le trafic de stupéfiants. Troisième pilier pour refonder cette justice, c'est les moyens.

Malgré tout, quand on regarde l'état de la justice en France, même si en l'espèce, ça n'est pas une affaire de moyens, on le voit bien, mais quand on voit qu'il y a trois procureurs pour 100 000 habitants en France alors qu'il y en a 11 en moyenne en Europe, quand on voit l'état des tribunaux, quand on voit le manque de modernisation, l'absence d'utilisation de l'IA, le fonctionnement en silo, tout ça doit être transformé en profondeur.

2:52
Invité

Alors des moyens qui ont augmenté sous la présidence Macron,

2:54
Bruno Le Maire

mais pas suffisamment ? Ils n'ont pas suffisamment augmenté, mais on peut rendre hommage au président de la République d'avoir sur le régalien, que ce soit sur le ministère des armées, sur la défense, sur la justice, sur la police, renforcée en fin d'un régalien. Parce que lui,

3:06
Invité

il ne veut pas entendre parler de moyens. Parce que dans cette affaire,

3:10
Bruno Le Maire

visiblement, la question n'est pas une question de moyens. Mais allons au bout du raisonnement. Si on veut renforcer les moyens de l'état régalien, la police, la justice, les armées, il faut avoir le courage de dire que l'on fera moins sur l'état Providence. Qu'il y aura moins de redistribution sociale et qu'il y aura plus de force de l'état. Mon combat, mon combat, c'est... Donc plus de régalien

3:30
Invité

et moins de social.

3:31
Bruno Le Maire

Arrêtons de faire croire aux Français, puisque nous sommes dans un moment qui précède une campagne où il va falloir poser des débats très sereinement. Arrêtons de faire croire aux Français qu'il y aura toujours plus de redistribution, toujours plus d'allocations sociales et que dans le même temps, on pourra renforcer les moyens militaires face à la menace russe ou renforcer les moyens de la justice pour garantir que les procédures soient exécutées plus rapidement. Parce que c'est un mensonge. Et que quand on regarde la situation aujourd'hui de nos finances publiques, il y a des choix à faire. Je les avais proposées quand j'étais ministre des Finances.

Personne n'a voulu me suivre sur la réduction d'un certain nombre de prestations sociales et de la place de l'État-providence.

4:08
Invité

Donnez-nous un exemple parce qu'on dit toujours qu'il faut faire des économies mais on a du mal à entrer dans le détail. Une prestation sociale qu'il faut supprimer ou raboter ?

4:15
Bruno Le Maire

Je donne un exemple très concret. J'ai doublé la franchise sur les médicaments. Ça rapporte beaucoup d'argent. Je pense qu'on peut aller encore plus loin sur le prix des médicaments pour réserver à ceux qui sont réellement malades la protection sociale et la protection de l'État et pour les médicaments de confort ou les médicaments du quotidien acceptés qu'il y ait une franchise qui soit plus élevée. Ça rapporte des milliards d'euros.

Et je peux vous citer d'autres exemples sur les jours de carence, sur les congés maladie, sur un certain nombre de sujets sur lesquels nous devrons réduire les dépenses de l'État social pour renforcer l'État qui protège les citoyens et notamment, je le redis, les plus faibles, les enfants. Enfin, quatrième pilier, il faut simplifier la procédure pénale parce que vous voyez bien qu'aujourd'hui vous avez une procédure pénale parce que vous avez une procédure pénale dans lesquelles il y a encore des cas de nullité qui se multiplient parce qu'il manque une virgule ici ou il manque un document là. Simplifier la procédure pénale, c'est aussi permettre aux magistrats de faire mieux leur travail.

Voilà les quatre piliers que je propose. Une responsabilité claire des magistrats, l'État qui reprend la main sur les procureurs et sur la politique pénale, des moyens pour que les choses aillent plus vite en acceptant que l'État régalien, l'État qui protège soit aujourd'hui la priorité absolue et une simplification de la procédure. Bruno, je vais y réagir.

5:33
Présentateur

Oui, parce que moi, vous ôtez-moi d'un doute mais ce n'était pas votre homonyme qui a été au pouvoir pendant toutes ces années. Moi, j'ai un vrai sujet. Vous nous dites là. Moi, je vous entends. Vous dites que vous avez proposé plein de choses. Vous n'avez pas écouté. Pourquoi vous êtes resté ? Parce que là, aujourd'hui, vous êtes le dépositaire d'un bilan et le bilan en France, il est catastrophique. Là, on voit la justice mais les services sociaux, c'est pareil. On voit les hôpitaux, c'est pareil. Éducation, c'est pareil. Et là, vous venez et vous nous expliquez que vous auriez fait autrement. Pourquoi vous ne l'avez pas fait ?

Et quand les proposés sont des peu écoutés, pourquoi vous n'êtes pas partis ? Moi, j'ai bien peur que pendant l'année qui vienne, on voit tous les dépositaires du bilan Macron venir nous voir en disant « Mais moi, si je suis allé jeter la place, je n'aurais pas fait ça. Attal a commencé et Dorfay va nous faire la même. Moi, je ne comprends pas. Et quand moi, je vous dis ça, je le dis calmement, je pense que d'autres, vous le diraient peut-être différemment. Et moi, ce que je vois, c'est qu'aujourd'hui, il y a 60 millions de personnes qui vont vous dire la même chose.

Je ne comprends pas ce que vous êtes en train de nous expliquer parce que vous avez été au pouvoir, parce que vous êtes le ministre de l'économie qui aujourd'hui nous explique qu'il faut faire des économies que vous n'avez pas faites. Moi, je peine à comprendre. Alors moi, j'entends bien les discours mais je ne vois pas du tout ce que vous êtes en train de nous raconter.

6:26
Bruno Le Maire

Alors, j'essaie de vous expliquer avec le même calme parce que les Brunos sont des gens calmes. Oui, c'est ça. Je vais vous exprimer calmement. En général. J'ai été en général mais en particulier aussi en l'espèce. J'ai été ministre de l'économie et des finances. Je n'ai été ni Premier ministre ni président de la République ni des fonctions qui couvrent l'intégralité de l'action de l'État. Donc, j'assume tout le bilan du ministre de l'économie et des finances. Par revenir sur le bilan, enfin, je rappelle que pendant 7 ans, on a quand même réussi à créer 2,6 millions d'emplois dans le pays, relancer l'industrie. Il y avait des choses qui étaient positives.

Ensuite, sur les comptes publics, nous avons protégé lorsqu'il le fallait, Covid et inflation. Et ensuite, quand il a fallu revenir à la normale, là, les choses se sont un peu gâtées parce qu'il n'y a pas de consensus qui se soit dégagé entre les partis politiques et l'Assemblée nationale pour revenir sur les boucliers tarifaires, sur les protections. Puis ensuite, dissolution et fin du redressement des comptes publics. Voilà l'histoire. C'est les Français qui la jugeront. Mais je veux simplement rappeler que la conviction qui est la mienne que j'ai défendue pas depuis des années, depuis des décennies.

Car malheureusement, ça fait plus de 30 ans que je suis dans la vie politique, malheureusement ou heureusement. Mais en tout cas, j'ai défendu toujours les mêmes convictions. si vous voulez un État régalien fort, de la justice qui fonctionne, des armées qui sont en mesure de nous protéger face à la menace russe, des policiers qui interpellent lorsqu'il y a le bordel dans la rue suite aux affaires du PSG, aux matchs du PSG où la honte succède à la gloire du PSG. Vous devrez faire des choix.

7:59
Invité

Et je l'ai toujours dit. – Oui, mais ce que dit Bruno Poncet, c'est que vous êtes comptable du bilan de la présidence Macron qui va se terminer. – Bien sûr, mais je rappelle que nous avons engagé des économies sur… – Vous avez soutenu pour sa campagne, vous avez été un des ministres importants.

8:12
Bruno Le Maire

– Bien sûr, mais je suis totalement comptable du bilan économique et financier et totalement responsable de 2017 à 2024. – Qu'est-ce que vous regrettez ? – Mais exactement ce que dit monsieur avec justesse, c'est ce que vous dites là, c'est que nous ne soyons pas allés plus loin, c'est un des éléments… – Pourquoi ?

8:27
Auditeur

– Toujours plus, toujours plus de la même chose. – Pourquoi vous n'avez pas pu aller plus loin ? – Je pense que c'est une bonne tactique.

8:31
Bruno Le Maire

– Ce n'est pas toujours plus la même chose, chère madame. C'est être capable de réinventer l'État français pour qu'il fonctionne.

8:37
Auditeur

– Apparemment, en dix années, ça n'a pas suffi. – Non, bien sûr que ça n'a pas suffi,

8:42
Bruno Le Maire

mais sur la politique économique, sur la politique industrielle, sur l'emploi, depuis 40 ans, regardez les chiffres, jamais le chômage n'a été aussi bas, jamais nous n'avons autant réindustrialisé.

8:52
Auditeur

– Il est montré à 8% monsieur le maire.

8:53
Bruno Le Maire

– Mais madame…

8:54
Auditeur

– Il y a moins 20 000 emplois industriels, les investissements étrangers, et je comprends que vous saluez souvent d'ailleurs en grande pompe, Choose France, etc., les investissements étrangers sur la question industrielle, ce sont souvent des extensions de sites logistiques, des centres de recherche et développement qui sont quand même créateurs de très peu d'emplois ouvriers. Donc il faut quand même le dire. Et par ailleurs, sous votre mandat et sous votre présence, la France a quand même battu des records historiques de déficit commercial.

On en est à 160 milliards d'euros de déficit en 2022 quand l'Allemagne, elle, arrivait dans la même situation critique de l'Europe à faire 80 milliards d'excédents. Donc moi, je veux bien que vous avez essayé de tout faire et que vous êtes comptable, mais qu'en fait, il fallait faire encore plus de la même chose, mais alors encore plus de 900 milliards de dettes publiques en plus. Moi, je ne sais pas où alors on va dans ce cas-là. Ce sont des chiffres.

9:47
Bruno Le Maire

– Je crois que nous ne sommes pas compris dans vos chiffres, pardon de le dire, notamment ces emplois industriels, sont faux.

9:53
Auditeur

– Ah non, moins 20 000 emplois industriels,

9:54
Bruno Le Maire

ce n'est pas faux, non ? – 2017-2024, on ne va pas faire une quale de chiffres ici, ça va ennuyer nos auditeurs. Il y a eu plus de 122 000 emplois industriels. Et s'il y a une chose que l'on peut mettre à notre actif, c'est que pour la première fois depuis 40 ans, on ouvrait plus d'usines qu'on en fermait. Ça, ce sont des faits. Donc c'est la preuve que cette politique de l'offre qui soutient les entrepreneurs, qui soutient les ouvriers, qui soutient les salariés, qui soutient l'industrie, ça donne des résultats. En revanche, qui doit être fait maintenant de toute urgence et dont je parle dans le livre, c'est restaurer un État fort.

Ce qui veut dire, un, éliminer tout ce qui aujourd'hui est du gras dans l'État, tout ce qui ne permet pas à l'État de fonctionner correctement. Les agences, les autorités administratives indépendantes, les commissions… – Oui, mais tout le monde dit ça,

10:38
Invité

mais personne ne le fait parce que c'est impossible à faire. On a l'impression que c'est tellement ancré chez nous cette culture de l'État qui s'occupe de tout et du coup, parfois, s'occupe mal des choses. On ne peut pas y revenir parce que ce que vous dites, très bien, mais quand vous êtes aux affaires, ça ne se passe pas. – Je suis désolé,

10:55
Bruno Le Maire

on avait commencé à supprimer un certain nombre de procédures. Nous avions divisé par deux le nombre de CERFA, ces fameux certificats qui pourront remplir pour tout. – Oui, on a créé

11:02
Invité

de nouvelles agences, on a créé de nouveaux conseils.

11:05
Bruno Le Maire

– Comme ministre de l'Économie et des Finances, avec la loi PACTE, avec la suppression des CERFA, nous avançons la bonne direction. Je vous dis simplement qu'il faut aller plus vite, plus loin… – Est-ce que l'administration

11:13
Invité

n'est pas plus forte que les politiques en France, surtout ? L'administration semble avoir beaucoup plus de pouvoir que vous en fait.

11:17
Bruno Le Maire

– Elle est plus forte, moi je ne rejette jamais la faute sur l'administration, c'est les politiques qui sont responsables, c'est les politiques qui sont élus. Et lorsqu'il y a un rendez-vous politique et que vous demandez le soutien au peuple français, s'il vous donne quitus pour avancer dans cette direction, vous le faites. c'est la responsabilité des politiques. En revanche, il faut savoir faire deux, trois choix prioritaires, pas un de plus.

Je dis que pour la prochaine élection présidentielle, une des priorités absolues sera de restaurer un État fort, ce qui veut dire éliminer tout ce qui aujourd'hui ne fonctionne pas ou embourbe la capacité d'action de l'État, notamment les agences et les commissions, de faire des choix prioritaires et je les assume ces choix-là, plus de régaliens, moins de redistribution. Et en troisième lieu, et croyez-moi, ce n'est pas forcément populaire, mais c'est indispensable si on veut tenir un discours de vérité aux Français.

Et en troisième lieu, un principe de responsabilité, lorsque vous avez fait une erreur, que ça n'a pas marché, vous êtes sanctionné et il faut que les ministres aient capacité d'action sur leur administration et sur leur fonctionnement.

12:15
Présentateur

Mais ça veut dire que c'est le président de la République qui a empêché d'aller plus loin dans la réforme ? Non, c'est... Non, mais M. Le Maire, soyons... C'est pas le président de la République,

12:24
Bruno Le Maire

c'est pas Truc Muche, c'est pas Tantion. Si, parce que vous dites

12:28
Présentateur

Vous avez dit, oui, M. Rémet, aller plus loin, plus fort.

12:30
Bruno Le Maire

C'est la majorité qui n'a pas suivi. Ce sont des choix collectifs. Lorsque vous proposez en janvier 2024 la suppression du bouclier tarifaire sur l'électricité que je vais annoncer aux 20 heures de TF1 en disant on ne peut plus payer, ça coûte trop cher et comme il y a moins d'inflation, ça n'est plus justifié. Est-ce qu'il y a un parti politique qui vous soutient ? Est-ce que le président vous soutient dans ces cas-là ? Oui, le président de la République en l'espèce m'a soutenu, mais est-ce qu'il y a un parti politique qui m'a soutenu lorsqu'il a fallu revenir sur les dispositifs de soutien

12:57
Auditeur

pour la période du Covid et de l'influence ? Quand on a drogué les gens ou quoi qu'il en coûte et que tout d'un coup on leur retire leur addiction et ils ne vont pas être sevrés du jour au lendemain, ce n'est pas un journal de 20 heures qui va les sevrer du quoi qu'il en coûte que vous avez décidé, M. le maire.

13:09
Bruno Le Maire

C'est facile de dire qu'on les a drogués, madame. Et ce n'est pas vous. Non, non, mais pardon. C'est pas moi. Moi, je veux bien tout entendre. On est ici pour parler en grande gueule puisque c'est le titre de l'émission. Moi, je les ai vus, les commerçants, les boulangers, les hôteliers, les PME, l'aéronautique, l'automobile, Renault, Air France qui seraient tous tombés avec des centaines de milliers de suppressions d'emplois derrière si on n'ait pas fait le quoi qu'il en coûte. Tous les jugements sont bons.

Mais moi, je peux vous dire que je défendrais avec la dernière énergie ce que nous avons fait pendant la crise du Covid puis pendant la crise de l'inflation puis pendant la crise de l'EQM. Le problème, c'est que ça a duré

13:42
Invité

trop longtemps ensuite.

13:43
Bruno Le Maire

Ça a duré trop longtemps, bien sûr. Bien sûr qu'on aurait dû retirer plus vite. En revanche, sur ce qui a été fait au moment de la crise la plus violente depuis 1929, de la crise inflationniste la plus grave depuis les années 70, il fallait le faire. Oui, mais Barbara, j'ai l'air de dire

13:57
Invité

qu'on a habitué aussi les gens à tout d'un coup faire des chèques pas de millions mais de milliards. Je vais vous raconter ceci.

14:06
Auditeur

Quand le prix de l'alimentation augmente de 20% sur la période 2022-2024 pour nos concitoyens et que vous convoquez régulièrement vous et d'autres les grands patrons de l'industrie agroalimentaire et que vous leur dites « Oh, baissez les prix ! » Eux, leur marge, elle a continué. Ils ont à plus 15% de marge les industries agroalimentaires. Pendant ce temps-là, c'est 20% d'inflation pour les produits de base pour les Français. Pardon, Madame,

14:28
Bruno Le Maire

vous ne pouvez pas me reprocher tout et son contraire. Non, je ne vous reproche pas tout et son contraire mais vous voyez bien

14:32
Auditeur

que vous n'aviez pas la main sur cette question-là.

14:34
Bruno Le Maire

de me dire que nous n'avions pas assez protégé. Moi, je pense qu'on a protégé ce qu'il fallait mais comme vous le dites très bien, quand il a fallu retirer, malheureusement, ça devient une habitude. Je raconte cette anecdote dans mon livre où j'essaye de me battre à l'Assemblée nationale pour retirer une aide financière particulière. Je suis battu et il y a un député socialiste qui m'envoie un petit mot. « Tu as été battu, c'est normal. Donner, c'est donner. Reprendre, c'est voler. Eh bien non. On donne lorsque c'est nécessaire et lorsque la crise est passée, il faut pouvoir reprendre. »

15:02
Présentateur

Eh bien, vous restez avec nous, Bruno Le Maire. Question encore à suivre. Le temps d'une décision. Le livre est aux éditions Gallimard, l'ancien ministre de l'économie fait face au GG. Il est 11h20. Vous êtes sur RMC et RMC Story. RMC.

15:14
Auditeur

Alain Marshall. Olivier Trussaud.

15:17
Présentateur

Les grandes gueules. Nous sommes avec Bruno Le Maire, l'ancien ministre de l'économie. Il revient avec un livre sur son parcours politique. Enfin, parcours politique. Ou plutôt ce que vous avez traversé en tant que ministre, notamment. Les grandes décisions, les sommets, l'administration, le pouvoir. Vous racontez tout ça dans le temps d'une décision aux éditions Gallimard. Monsieur Consigny.

15:49
Invité

Alors, je tiens à signaler à nos auditeurs qu'il s'agit d'un excellent livre. Bruno Le Maire écrit des bons livres et celui-là en est un autre. En est un nouveau. Je trouve que c'est bien écrit et je trouve qu'il y a beaucoup de choses intéressantes dedans. Et donc, je veux que nos auditeurs le sachent. En même temps, je trouve que c'est un livre extrêmement français et européen. Pas forcément dans le bon sens du terme. Je vais expliquer tout de suite pourquoi. C'est-à-dire que c'est une très bonne copie d'excellentes élèves. C'est une espèce de super rapport Mario Draghi. Vous savez, c'est ce rapport qui avait circulé beaucoup. On expliquait ce qu'il fallait faire en Europe.

16:29
Bruno Le Maire

C'est un compliment parce que c'est un bon rapport.

16:31
Invité

Alors voilà, que vous citez, je crois, d'ailleurs dedans. En tout cas, bon, donc, c'est génial. En Europe, tout le monde sait ce qu'il faut faire. Mais quand il s'agit de faire, on a l'impression qu'il y a un peu moins de monde. Ça, c'est la différence que je verrais, par exemple, avec les Américains où j'ai l'impression qu'il y a plus de doueurs, comme on dit, de gens qui agissent. Et puis, là où je trouve que ça, c'est pour la partie européenne, c'est-à-dire, on est devenu un continent d'éditorialistes, quasiment.

Et sur la partie française, vous voyez, vous identifiez beaucoup de causes macroéconomiques, c'est-à-dire, il faut investir dans tel et tel domaine, l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, tel ou tel sujet industriel, etc. Et en même temps, vous citez, parce que vous faites de la politique et donc vous êtes au contact des Français, des vrais Français, vous les citez. Et moi, j'ai le sentiment, et je ne le dis pas par démagogie, je le crois profondément, que les vraies solutions aux problèmes de la France et les vrais problèmes de la France, ils sont dans les citations des Français et pas tellement dans ces questions macroéconomiques.

Donc, par exemple, vous citez un boucher, un charcutier, qui n'arrive pas à trouver un repreneur. Et le gars s'énerve, il dit, on a du chômage, il est impossible de trouver des charcutiers. Il tempête contre les gens qu'il faut remettre au travail. Il a trop de charges et il vous dit, on subit beaucoup. Et bien ça, je vais vous dire ça, pour moi, c'est ça le vrai sujet. C'est-à-dire que vous avez été dix ans ministre de l'économie, les charges n'ont pas baissé, les impôts n'ont pas baissé, le chômage a continué à coexister avec un problème d'offres d'emploi qui sont non satisfaites. Donc moi, je pense que les solutions pour la France, elles sont très simples.

C'est travailler plus et tronçonner ce qui permet aux gens de travailler moins ou de ne pas travailler comme les gens qui ne veulent pas devenir charcutiers, ce qui est un magnifique métier, n'en déplaise à Mme Rousseau. Et je me dis, mais est-ce qu'au fond, vous n'avez pas été embourbé dans la Macronie qui, par idéologie, par essence, est condamné au surplace ? Est-ce que Fillon n'aurait pas été un meilleur président ? Parce que lui, il voulait 500 000 fonctionnaires en moins. Et donc, c'est une très bonne copie, mais est-ce qu'il ne fallait pas agir quand vous étiez aux manettes ?

18:45
Bruno Le Maire

Pour ça, pour Fillon, on ne saura jamais. D'abord, merci sur les propos sur le livre. Le petit compliment. Exactement. Et c'est comme toujours qu'il y a un compliment en général. Et la critique, à la fin, pose le vrai sujet. Le vrai sujet, c'est-à-dire le titre du livre, c'est la décision politique. Pourquoi est-ce qu'il n'y a plus des décisions politiques à la hauteur des enjeux ? Alors nous, je peux me permettre, on en a pris des difficiles. Quand j'ai pris les décisions politiques sur la fiscalité en 2017, avec la baisse de l'impôt sur les sociétés, le prélèvement forfaitaire unique, la suppression de l'impôt sur la fortune, tout ça n'est pas très populaire.

Mais j'ai tenu bon pendant sept ans ce cap. A subsister l'IFI. Mais bon. Mais ce cap a tenu bon pendant sept ans, jusqu'en 2024, où on a fait une surtax IES, on a réaugmenté des impôts. Donc nous avons pris des décisions, y compris, je le raconte dans le livre, des décisions difficiles. Taxer les gens du numérique, les Google, Amazon, Facebook et autres Microsoft, c'est se prendre Trump bille en tête. Et comme je le raconte dans le livre, Donald Trump bille en tête, ce n'est pas forcément simple. Mais la question que vous posez est la seule vraie question politique. Quand est-ce que les responsables politiques reprennent le goût, le sens de la décision ? Et donc...

19:55
Invité

Avec une assemblée sans majorité, par exemple.

19:57
Bruno Le Maire

Oui, mais je donne l'exemple des comptes publics. Tout le monde fourmille de propositions sur ce sujet, en disant, il faudrait faire ceci, il faudrait faire cela. Il faut une procédure qui soit complètement nouvelle. Il faut pour que des décisions fortes soient prises sur les comptes publics, que le ministre des Finances puisse nommer l'intégralité de ses directeurs et sous-directeurs et que ça ne passe plus par le Conseil des ministres, qu'il ait autorité totale et directe sur son administration. Il faut qu'il ait un droit de veto contre les propositions de dépenses supplémentaires de ses collègues du gouvernement.

Il faut en troisième lieu raccourcir la procédure budgétaire qui dure deux ou trois mois. Je propose qu'elle dure quinze jours ou trois semaines, comme c'est le cas en Grande-Bretagne, pour qu'on aille vite. Et enfin, dernier élément clé, il faut qu'on réduise strictement le droit d'amendement des parlementaires puisque les parlementaires ne proposent que des dépenses supplémentaires. Donc réduisons le droit d'amendement des parlementaires, on réduira aussi les propositions de dépenses.

20:50
Auditeur

Justement, vous évoquiez les Trumps. Je crois que quand vous discutez avec Janet Yellen notamment et que vous lui parlez de l'inflation...

21:00
Invité

De qui il s'agit ?

21:01
Auditeur

C'est une personne de la ministre. Ministre des Finances américaines. Voilà. Et qui évoquait la question de l'Inflation Reduction Act donc de Trump. Et vous vous en plaignez et elle vous répond à juste titre, vous n'avez qu'à faire pareil. Donc justement, faire pareil, la décision, est-ce que dans votre livre, quand même, en filigrane, on a ça. C'est-à-dire que dans cette diplomatie aujourd'hui des carnivores et de l'économie et des grands carnivores, des grands carnassiers, Trump, Poutine, Xi, Modi, etc., l'Europe, ce n'est même pas des herbivores, c'est des brontosaures, c'est-à-dire qu'en plus, c'est des dinosaures. Mais excusez-moi, M.

Macron, c'est votre président, c'était la diplomatie des salons, c'est la diplomatie du verbe, c'est je m'écoute parler, je m'écoute parler, la souveraineté européenne, c'est lui qui fait qu'il n'y a pas de décision. Donc moi, je veux bien entendre que vous n'y êtes pour rien, mais vous l'avez soutenu. À aucun moment, quelqu'un est venu et lui dire ça suffit maintenant, on agit au lieu de parler. Et quand même, en filigrane, vous la critiquez, cette politique de la diplomatie de salon et du blablabla. Donc aujourd'hui, c'est ça la réalité. Alors,

22:06
Bruno Le Maire

regardons l'avenir, je partage hélas votre constat. J'aime bien la formule des brontosaures. Soit l'Europe se réveille et change radicalement de politique, soit elle sera bouffée tout crue. Je donne un exemple et l'Inde aussi et d'autres encore. J'en ai un exemple très concret, c'est l'industrie automobile. Vous voyez bien que comme les Chinois subventionnent massivement leur industrie automobile, soit vous mettez des tarifs douaniers, je peux le dire, je l'ai fait. Je suis le seul ministre de l'économie qui a réussi à imposer des tarifs douaniers à 37% sur les véhicules électriques chinois. Il faut les porter à 100%. Il faut une vraie préférence européenne. Mais les Chinois,

22:44
Présentateur

ils sont en train d'installer des usines en Turquie, en Hongrie, ils passent un accord avec Stellantis qui va faire fabriquer les voitures chinoises.

22:52
Bruno Le Maire

Est-ce que vous croyez que si les 27 Etats membres avec 450 millions de consommateurs étaient capables de parler d'une seule voix et plutôt que de défiler les uns et les autres séparément devant M. Xi Jinping, l'empereur de Chine, pour dire une seule voix. 27 Etats, 450 millions de consommateurs qui disent vous n'avez plus accès au marché européen. Mais chaque pays a ses intérêts, M. Le Maire,

23:14
Auditeur

chaque pays a ses intérêts économiques. Quoi que les intérêts économiques de l'Allemagne c'est les mêmes que nous ? Non.

23:18
Bruno Le Maire

Vous avez totalement raison. totalement raison sur le fait que nos intérêts, quand on les regarde au niveau national, ils peuvent être divergents. Mais collectivement, notre intérêt est de nous protéger face aux surcapacités industrielles chinoises et face aux tarifs douaniers américains. Si les Européens ne sont pas capables de comprendre ça, ils seront dévorés

23:39
Auditeur

tout cru. Je reviens juste sur la industrie automobile.

23:42
Bruno Le Maire

Il faut des tarifs douaniers et il faut une vraie préférence européenne. Regardez ce qui a été voté sur la préférence européenne, ça me révolte. La préférence européenne, elle est ouverte. Mais vous alimentez

23:51
Présentateur

le rassemblement national avec ce que vous dites monsieur le maire ?

23:54
Bruno Le Maire

Mais bien sûr que si. Je dis que nous avons, mais vous savez, mon sujet n'est pas rassemblement national où elle est fine. Mon sujet, c'est la France et ce qu'on peut proposer aux Français. Il faut des tarifs douaniers et il faut une vraie préférence européenne. C'est-à-dire pas une préférence européenne qui soit élargie à la production industrielle au Vietnam ou au Canada.

24:09
Invité

Mais puisque vous parlez de la présidentielle, on va vers un second tour Mélenchon Bardella ? On y va tout droit ?

24:14
Bruno Le Maire

Aujourd'hui, oui, on y va tout droit. Je ne pense pas être en train de pitié en annonçant ça. Je dis, posons clairement les enjeux comme on l'a fait sur la justice, refonder la justice. Comme je l'ai fait sur l'État régalien, un État fort, ce qui suppose de faire des économies sur l'État qui redistribue des prestations sociales. Une Europe qui protège et qui assume une vraie révolution mentale pour protéger ses frontières et ses intérêts à l'indiciel et économique.

24:38
Invité

Vous ne pensez pas que les Français n'ont pas envie de donner un grand coup balai à ça. Il y a eu finalement du dégagisme en 2017, un dégagisme soft incarné par Emmanuel Macron qui a renvoyé les vieux partis traditionnels de droite et de gauche dans l'opposition. Est-ce qu'on ne va pas vivre là un dégagisme plus dur qui sera soit incarné par Bardella ou Le Pen soit par Mélenchon ?

25:01
Bruno Le Maire

C'est sûr que quand on voit le rassemblement de Jean-Luc Mélenchon hier et la foule qu'il a su rassembler, quand vous voyez les sondages qui veulent malgré tout dire quelque chose sur le rassemblement national où vous vous dites voilà on est en train d'être pris en étau entre deux forces extrêmes qui vont aller s'affronter il y aura de place pour personne d'autre.

25:19
Invité

Quel résultat du macronisme ?

25:20
Bruno Le Maire

Comment vous desserrez l'étau ? Moi je ne suis pas commentateur je suis acteur. Comment vous desserrez l'étau ? Et pour moi la seule façon de desserrer l'étau c'est de proposer des choix clairs et radicaux aux Français en assumant ces positions. Quand je vous dis qu'il faut revenir sur la loi de 2013 de Mme Taubira pour dire qu'il faut une chaîne de commandement dans la justice et un ministre de la justice qui donne des instructions aux magistrats c'est une position claire. Quand je vous dis qu'il faudra réduire la redistribution sociale

25:45
Auditeur

il faut une autre radicale. Vous êtes pour le programme de François Fillon en 2017.

25:49
Bruno Le Maire

Je suis pour

25:49
Auditeur

de la clarté

25:51
Bruno Le Maire

de la volonté de la détermination au niveau national au niveau européen.

25:56
Présentateur

Non mais qui l'incarne aujourd'hui cette volonté ?

25:59
Invité

Vous mais avant l'incarnation vous savez

26:01
Bruno Le Maire

je vois des courses de petits chevaux entre les uns et les autres et je vois beaucoup de mollesse dans les propositions. Beaucoup de confusion dans les propositions. Edouard Philippe et moi pour vous ? Les confusions ça donne quoi ? Ça donne des Français qui se disent tout ça c'est pas très clair ça me convainc pas ils n'assument pas leur position. J'assume mes positions y compris sur des sujets difficiles comme la redistribution sociale parce que je pense que rien n'est plus important aujourd'hui face au désordre du monde que d'avoir une armée forte une police forte et d'une justice qui a une politique pénale qui soit suffisamment claire.

Une fois que nous aurons posé ce constat-là et bien nous verrons qui sera le mieux à même de l'incarnation. Edouard Philippe

26:40
Invité

il est trop confus

26:41
Bruno Le Maire

il va pas assez loin ? Vous n'allez pas arriver à m'entraîner sur le terrain extraordinairement glissant des mises et des mauvais points distribués aux uns et aux autres. Vous venez de dire qu'il fallait être clair maintenant il faut être clair y compris dans les... Il fallait être clair aussi

26:56
Présentateur

vous mettez sur 15... Allez Bruno ! Il faut être clair de la clarté il faut être clair sur les idées. Les filles tous les autres étaient au pouvoir donc un moment donné vous pouvez nous raconter ce que vous voulez mais à part RN et les filles tous les autres étaient au pouvoir depuis 9 ans donc ça veut dire qu'aujourd'hui tous les autres incarnent le bilan de Macron que vous trouvez désastreux vous aussi alors que vous en faites partie moi je trouve que aujourd'hui vous êtes en train de rajouter une pierre à l'édifice qu'on est en train de construire et les filles et les filles et les filles d'un côté.

27:17
Bruno Le Maire

Non alors je vais être très clair avec vous je trouve qu'il y a dans ce que nous avons fait plein de bonnes choses notamment dans les secteurs qui étaient les miens sinon je ne me permettrais pas d'avoir des propositions et il y en a d'autres sur l'apprentissage sur l'éducation qui était très bonne.

27:34
Présentateur

Oui l'apprentissage aujourd'hui où on ne met plus d'argent dans l'apprentissage

27:37
Bruno Le Maire

Moi je regarde ensuite ce qui est proposé d'un côté comme de l'autre je vois la violence de M. Mélenchon je vois la violence de les filles au passage moi je n'ai jamais appelé à voter pour les filles jamais, jamais, jamais notamment législative de 2024 J'ai toujours dit que toutes les extrêmes étaient aussi dangereuses l'une comme l'autre il n'y a pas de moindre mal en politique un mal est un mal LFI comme le RN ça n'arrangera pas les affaires des français j'essaye de voir lucidement ce que nous avons loupé parce qu'évidemment que nous avons loupé des trucs car si on n'avait pas loupé des trucs on n'en serait pas là

28:08
Auditeur

forcément

28:09
Bruno Le Maire

on n'aurait pas autant de difficultés Sur quoi vous pourriez faire un mea culpa alors ? Le premier mea culpa c'est l'incapacité que nous avons eue à rétablir les finances publiques bien sûr j'ai proposé à partir de 2024 des propositions des économies une loi de finances rectificative on avait commencé à s'engager bing le coup prêt dissolution tout ça oublié c'est forcément vous partez vous ne pouvez pas dire regardez j'ai laissé des choses dans l'état formidable c'est la bêtise

28:40
Présentateur

présidentielle du deuxième quinquennat

28:42
Bruno Le Maire

donc il faut savoir reconnaître ses erreurs si on dit on a tout bien fait moi je vous dis en réponse à ce que disait madame tout à l'heure qui était juste la transformation de l'état et on le voit dans cette affaire de justice on le voit dans la question de la sécurité au quotidien de nos compatriotes la transformation fondamentale de l'état qui aurait supposé d'abandonner des pans entiers de son action pour se concentrer sur ce qui est attendu par les gens on l'a pas fait c'était le projet

29:08
Présentateur

on l'a pas fait David Lysnard ça peut marcher ou pas le maire de Cannes contrairement à ce que dit tout le monde

29:16
Invité

c'est Bruno Le Maire plus il y a

29:18
Bruno Le Maire

de têtes nouvelles qui font des propositions qui défendent des idées mieux c'est pour le débat démocratique on est dans un moment moi j'entends tout le monde dire il faut qu'il y ait un seul candidat vous serez candidat il faut qu'il y ait un seul candidat est-ce que vous pourriez être candidat il faut qu'il y ait plein d'idées est-ce qu'il y aura Bruno 2017 2027 nous sommes en juin le débat d'idées doit s'ouvrir et tout cela est beaucoup trop tôt mais vous dites pas non mais je dis surtout que cette obsession d'avoir un candidat unique dès le mois de juin alors qu'il n'y a pas d'idées et pas de vision de long terme du pays c'est complètement con ce qu'il faut c'est d'abord avoir un vrai débat d'idées savoir ce qu'on veut pour le pays où on veut emmener les français et puis après on verra qui sera le mieux placé

29:57
Présentateur

Merci Bruno Le Maire et je conseille tout le chapitre sur l'intelligence artificielle ce que vous appelez le labyrinthe technologique où vous dites nos démocraties sont en danger et si on ne se réveille pas nous serons des vassaux des Etats-Unis et de la Chine et ce sera terminé pour l'Europe et nos démocraties Merci Bruno Le Maire Merci à vous Le temps d'une décision aux éditions Gallimard Merci de passer par les GG Merci d'avoir regardé cette vidéo