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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 10 février 2022 66 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Woerth rallie Macron, Pécresse dans les cordes #cdanslair 09.02.2022

Source d'origine 7 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Jeudi, une prise de guerre telle qu'Éric Woerth, c'est un bon coup pour Emmanuel Macron ?

  • 3:30FerméeRéponse directe

    Il est toujours mis en examen ?

  • 9:51RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous êtes d'accord avec ce que vient de dire Roland Quirole ?

  • 10:14OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'en gros, c'est un acte isolé qui ne raconte rien d'autre qu'une ambition personnelle ?

  • 16:54FerméeRéponse directe

    Moi, je pense qu'il soutiendra Valérie Pécresse au premier tour, au dernier moment probablement ?

  • 24:20OuverteRéponse directe

    Caroline Vigoureux, qu'est-ce qui lui manque, à votre avis, à Valérie Pécresse, dans cette campagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29PrésentateurFait
    « qu'il décrit une France nostalgique recroquevillée sur elle-même »
  • 2:42PrésentateurFait
    « Il a été quasiment, sur les deux dernières présidentielles moins, peut-être plus, l'homme du programme économique de la droite. »
  • 3:07PrésentateurFait
    « Il est toujours mis en examen ? »
  • 4:04PrésentateurFait
    « une interview qu'il accorde à un autre confrère du Parisien, dans lequel il étrie les choix politiques qui sont faits par Valérie Pécresse dans sa campagne. »
  • 4:54PrésentateurFait
    « parce que l'idée est de perturber le meeting de campagne de Valérie Pécresse. »
  • 5:32PrésentateurFait
    « C'est une charge contre le cap politique de la campagne de Valérie Pécresse. »
  • 7:07InvitéFait
    « très proche de ce que disait par ailleurs Marine Le Pen. »
  • 7:47PrésentateurFait
    « Il dit qu'Emmanuel Macron n'est pas plus de gauche que moi. »
  • 11:36PrésentateurFait
    « Car, dit-il, la France a besoin d'un président expérimenté. »
  • 13:34PrésentateurFait
    « Je pense qu'il est le mieux à même de défendre l'intérêt de la France et des Français. »
  • 18:11PrésentateurFait
    « il n'est plus question de supprimer des fonctionnaires »
  • 18:21PrésentateurChiffre
    « il fallait supprimer 150 000 fonctionnaires et plus sous François Fillon »
  • 18:24PrésentateurChiffre
    « Valérie Pécresse propose d'en supprimer 120 000. »
  • 22:40PrésentateurFait
    « on a une phrase de Gérald Darmanin qui lui dit « Bienvenue, bienvenue chez nous ». »
  • 22:52PrésentateurFait
    « « Macron n'est pas plus à gauche que moi » »
  • 23:37PrésentateurFait
    « il faut deux mandats, donc dix ans, pour vraiment mener des réformes de fonds »
  • 34:10PrésentateurFait
    « une réunion secrète entre les équipes du candidat écologiste et le clan Taubira »
  • 36:01PrésentateurChiffre
    « Anne Hidalgo continue de chuter et se retrouve presque au coude à coude avec Philippe Poutou à 1,5%. »
  • 37:10PrésentateurChiffre
    « Le seul qui monte à gauche, c'est lui, Fabien Roussel. Plus de points en un mois. »
  • 37:38PrésentateurChiffre
    « Seul Jean-Luc Mélenchon flirte avec la barre des 10% d'intention de vote à deux mois de l'élection présidentielle. »
  • 40:00PrésentateurChiffre
    « Elle a le parti radical qui, aujourd'hui, ne représente plus grand-chose. Elle n'est qu'à 36 signatures validées par le Conseil constitutionnel à ce jour. »
  • 40:13PrésentateurChiffre
    « Il en faut 500. »
  • 41:30PrésentateurFait
    « Elle n'a pas le financement que le parti socialiste peut mettre à la disposition d'Anne Hidalgo. »
  • 43:30InvitéFait
    « Ce qu'elle a dit sur sa loi sur l'esclavage, c'est important. »
  • 43:40InvitéFait
    « La façon dont elle a géré le ministère de la Justice, c'est important. »
  • 43:50InvitéFait
    « Les gens ne le savent pas. »
  • 46:22PrésentateurChiffre
    « Son équipe de campagne explique qu'elle plafonne à 250 parrainages. »
  • 52:56Locuteur 3Fait
    « Plus d'honnêteté. »
  • 53:30Locuteur 3Fait
    « On ne veut plus de bataille de chiffonnier, on veut des vraies idées. »
  • 1:00:23PrésentateurChiffre
    « 27% des sympathisants socialistes disent vouloir voter pour Emmanuel Macron. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Invité17 %
  • Invité 27 %
  • Locuteur 32 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. C'est une prise de guerre qui lance la campagne d'Emmanuel Macron. Eric Woerth, le président de la commission des finances à l'Assemblée nationale, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, rejoint donc le camp d'Emmanuel Macron. Sa charge est violente contre sa famille politique qu'il juge à la dérive, qu'il décrit une France nostalgique recroquevillée sur elle-même. Un mauvais coup donc pour Valérie Pécresse qui peine à lancer une dynamique de campagne.

A gauche, l'heure est aussi aux grandes manœuvres avec des discussions entre Christiane Taubira et Yannick Jadot qui ajoutent naturellement à la confusion. Aucune candidature à part celle de Jean-Luc Mélenchon ne passe la barre des 5% dans les enquêtes d'opinion. L'hypothèse d'une union ou d'un sursaut semble exclue et certains préparent déjà l'après-défaite de la gauche. En tout cas, à deux mois de la présidentielle qui se tiendra, je le rappelle, les 10 et 24 avril, le paysage est éclaté et aucun débat de fond ne parvient pour l'instant à s'imposer. Wörth, rallye Macron, Pécresse dans les cordes, c'est le titre de cette émission.

Avec nous pour en parler ce soir, Roland Carotte, vous êtes politologue, directeur du centre d'études et d'analyse de CETAN. Vous êtes par ailleurs directeur conseil de Région Magazine. Buruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique à Paris Match. Citons votre article sur le dernier tableau de bord IFOP, Zemmour attrape Le Pen, Roussel surprend. Nous y reviendrons d'ailleurs sur la candidature de Fabien Roussel. Naïla Latrousse, vous êtes journaliste politique à France Info. On vous retrouve tous les matins dans le brief politique.

Et vous avez également signé l'édito politique de ce matin consacré aux tractations à gauche qui prennent des airs, selon vous, de mauvais vaudeville. Enfin, Caroline Vigoureux, vous êtes journaliste à l'Opinion. Je cite votre dernier article, Partie de poker menteur entre Taubira et Jadot. Et je rappelle votre biographie, Le mystère Taubira, publiée aux éditions Plon. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je me tourne vers vous pour débuter cette émission, Bruno. Jeudi, une prise de guerre telle qu'Éric Wirt, c'est un bon coup pour Emmanuel Macron.

Oui, un coup dur pour Valérie Pécresse parce qu'Éric Wirt, même si on imagine déjà, la nouvelle est tombée il y a à peu près une heure, dans le camp de Valérie Pécresse, on explique qu'il était déjà parti depuis deux mois et qu'au fond, il a sans doute cédé aux sirènes d'une future nomination dans une entreprise publique ou autre. C'est quand même un coup dur pour Valérie Pécresse. D'abord parce qu'Éric Wirt, c'est une personnalité importante de la droite. Il a été ministre, d'ailleurs, en même temps que Valérie Pécresse, à plusieurs reprises. Il a été quasiment, sur les deux dernières présidentielles moins, peut-être plus, l'homme du programme économique de la droite.

C'était lui qui était un peu le pilier de tous les programmes de la droite, que ce soit pour les présidentielles ou les législatives. Très proche d'Alain Juppé, il s'est ensuite rapproché de Nicolas Sarkozy, dont il a été le trésorier des campagnes, ce qui lui a valu quelques malheurs judiciaires. Il est toujours mis en examen ? Il est toujours, pas dans les affaires de financement, dans une autre affaire. Et puis, il est président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Donc, à ce titre, c'est un pilier de la droite. Ce n'est pas la droite d'Éric Ciotti, on l'a compris. C'était la droite classique, députée de l'Oise. Donc, c'est une personnalité importante.

Et il y a de la déception chez Valérie Pécresse à titre personnel, puisqu'elle était allée le soutenir à sa demande dans l'entre-deux-tours des législatives de 2017, où il a été réélu RICRAC, Éric Wörth. Et donc, à titre personnel, c'est un débauchage qui lui fait mal, parce que la politique, c'est aussi un peu des rapports personnels entre les hommes et les femmes. Il le dit d'ailleurs, ce n'est pas une affaire personnelle. Il dit son amitié, quelque part, pour Valérie Pécresse. Et là, pour le coup, c'est vraiment une rupture sur la ligne politique. Absolument.

Il y a un texte qui accompagne ce ralliement, une interview qu'il accorde à un autre confrère du Parisien, dans lequel il étrie les choix politiques qui sont faits par Valérie Pécresse dans sa campagne. Oui, en disant qu'elle-même avait aussi quitté Les Républicains pour les mêmes motifs que les siens, mais pas au même moment. Donc, il semble, au final, remettre même en cause la sincérité de sa démarche dans cette campagne. Mais même, au-delà du texte, il y a le calendrier qui étonne aussi. C'est-à-dire qu'on est, effectivement, à quelques jours du premier grand meeting de campagne de Valérie Pécresse.

Ce qu'ils racontaient dans les cercles autour d'Emmanuel Macron, c'est qu'Éric Wörth aurait dû annoncer son soutien bien avant, mais pas plus tard qu'il y a encore quelques heures. Je discutais avec un conseiller ministériel qui me dit, chez nous, dans nos cercles d'En Marche, circulait le ralliement d'Éric Wörth la semaine dernière. Le choix a été fait de le décaler, ou en tout cas de le pousser à se déclarer cette semaine, parce que l'idée est de perturber le meeting de campagne de Valérie Pécresse. Donc, au-delà du texte, il y a une stratégie qui vise délibérément à parasiter la campagne de Valérie Pécresse.

Et je peux comprendre qu'effectivement, du coup, au-delà de l'affection qu'elle peut porter, ou en tout cas du parcours politique qu'elle a pu faire avec Éric Wörth, le choix de ses dernières heures avant le lancement de sa campagne, puisse un peu mal passer à droite. Roland Quairol, quand même, il dit, j'ai trouvé que ma formation politique a dérivé. Je m'intéresse plus à la France de mes enfants qu'à celle de mon enfance. On ne peut pas être obnubilé par l'islam radical uniquement. Et non, Emmanuel Macron n'a pas cramé la caisse. C'est une charge contre le cap politique de la campagne de Valérie Pécresse.

5:38
Invité

Oui, Éric Wörth, il n'est pas extrêmement connu du très grand public de l'électorat, donc ça ne va pas changer les choses de ce point de vue, sauf peut-être d'Achantille. Oui, il est élu. Mais il est très apprécié par les leaders d'opinion, les décideurs économiques et politiques de la droite modérée. Et au fond, il a toujours été un peu le père de la rigueur financière, celui qui a toujours été pour des comptes publics ne dérivant pas, rappelant chaque fois à la nécessité de payer la dette, de réduire le déficit. Donc c'est dans le dispositif idéologique de la droite modérée, quelqu'un qui compte. Et de ce point de vue, c'est extrêmement important.

Parce que ce que vous soulignez, ce sur quoi il met l'accent, c'est la question, moi, que je me pose depuis un bon mois. Valérie Pécresse, elle fait la campagne qu'elle fait. Elle n'est pas personnellement toujours très performante, comme s'il y avait de l'insincérité dans le rôle qu'elle s'est donné. Et ça tient aussi, je crois, à cette ligne politique qu'elle a depuis qu'elle a été élue par son congrès, comme si c'était, d'ailleurs c'est souvent comme ça, après primaire, comme si c'était le vaincu de la primaire, Éric Ciotti, qui faisait les textes désormais parce qu'il ne fallait surtout pas le perdre. Et du coup, elle avait une campagne très droitière.

Et parfois, sur la sécurité, sur l'immigration même, très proche de ce que disait par ailleurs Marine Le Pen. Avec cette idée, à mon avis, fausse, qu'il faut d'abord réunir les gens qui risquent de partir chez Le Pen et Zemmour, ou qui sont déjà partis, pour le premier tour, et on verra après.

7:18
Présentateur

Oui, campagne de premier tour en priorité.

7:20
Invité

Et je crois que c'est faux de croire que c'est une campagne de premier tour en priorité. Je crois qu'au premier tour, le candidat de la droite modérée ne peut passer que s'il réunit aussi la droite modérée, à laquelle elle a toujours appartenu. Et je pense que cet écart idéologique qu'elle manifeste depuis le début de sa véritable campagne, pose problème. Et c'est là-dessus, là où à mon avis ça fait mal sur le fond, que Wörth met précisément l'accent.

7:47
Présentateur

Caroline Vigoureux sur ce ralliement et les conséquences que ça peut avoir. Il dit qu'Emmanuel Macron n'est pas plus de gauche que moi. Donc en fait, il dit à ses électeurs, le candidat de droite, c'est lui. Oui, ce qui est intéressant, c'est de savoir est-ce que ça va être un acte isolé ou est-ce qu'Éric Wörth ouvre la voie à d'autres débauchages, d'autres ralliements des Républicains vers Emmanuel Macron. Parce que ce n'était pas vraiment une surprise. C'était attendu qu'Éric Wörth rejoigne Emmanuel Macron. Ça fait un moment qu'il s'est retiré de la campagne de Valérie Pécresse.

Même à l'Assemblée nationale, là où il en faisait une tribune anti-Macron à une époque, il était beaucoup plus en retrait. Donc on s'attendait, et côté Républicain, et côté Macroni, à ce qu'il rejoigne le président de la République. Ce qui est intéressant, c'est que ça montre que l'œuvre d'Emmanuel Macron, de déstabilisation de la droite française et des Républicains, est encore en marche. Que ça n'est pas achevé, que la poutre travaille encore pour reprendre l'expression d'Édouard Philippe. Alors il y a eu un autre ralliement qui a fait moins de bruit que celui d'Éric Wörth, c'est celui de Catherine Vautrin. C'était hier.

Alors elle était secrétaire d'État aux personnes âgées, vice-présidente de l'Assemblée nationale, ancienne ministre de Jacques Chirac, et elle a annoncé qu'elle rejoignait Emmanuel Macron. Oui, vous le dites, vous vous rappelez qu'elle est dans l'agglomération rémoise. Le maire de Reims est un proche d'Édouard Philippe, Arnaud Robinet, lui aussi, qui a rejoint Horizon. Pour l'instant, il ne s'est pas prononcé sur Emmanuel Macron, mais on sait que dans le sillage, Édouard Philippe devrait le rejoindre. Donc c'est aussi une région, une ville de la droite modérée, pour reprendre le terme de Roland Quirole.

Oui, ça faisait quand même un petit moment qu'il n'y avait pas eu de débauchage de ce poids-là, parce qu'Éric Wörth, c'est un débauchage important. Après, Éric Wörth, ça fait déjà plusieurs mois qu'il a pris ses distances. Là, il choisit le moment, évidemment, pour faire le plus mal possible à la droite, pour signer, j'allais dire, son entrée en force chez les marcheurs. Mais il avait déjà pris ses distances avec la présidence de Christian Jacob. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce que vient de dire Roland Quirole ?

J'allais dire qu'il appuie, c'est le mot que vous avez utilisé, qu'il appuie là où ça fait mal, c'est-à-dire qu'il y a une fragilité aujourd'hui dans l'équipe de Valérie Pécresse, sur ces deux lignes, d'une certaine manière, à droite, sur cette stratégie même de premier tour, défendue par Valérie Pécresse. Est-ce qu'en gros, c'est un acte isolé qui ne raconte rien d'autre qu'une ambition personnelle ? Ou est-ce que c'est plus grave que ça pour elle ? Non, je ne crois pas, moi, que Valérie Pécresse, elle est confrontée à une équation compliquée, qui est de tenir l'aile droite de son parti, qui a fait un bon score, Éric Ciotti et d'autres, des gens qui, aujourd'hui, sont tiraillés,

10:32
Locuteur 9

pourraient aller chez Éric Zemmour plutôt que Marine Le Pen, d'ailleurs.

10:34
Présentateur

Et puis, toute une partie de la droite qui ne veut pas rejoindre Emmanuel Macron, tous ses députés, tous ses maires, tous ses élus locaux. Et donc, sur le plan économique, au fond, elle a du mal à se différencier d'Emmanuel Macron. Et sur le plan régalien, elle veut garder sa ligne. Donc, c'est la ligne de crête qu'elle doit tenir. Et je crois qu'elle est obligée de la tenir sur le premier tour. Sinon, c'est un effondrement qui la menace. Et pour l'instant, pour l'instant, pour le moment où on parle, elle ne s'effondre pas. Certes, il n'y a pas de dynamique dans sa campagne, mais elle ne s'effondre pas par rapport au coup qu'elle reçoit de la part de Éric Zemmour.

Et on va en parler dans un instant. On va poursuivre cette discussion, naturellement, sur cette dynamique de campagne, qui, pour l'instant, n'est pas évidente. Mais vous me direz ce que vous en pensez les uns les autres. En tout cas, vous êtes d'accord, je pense, pour considérer que c'est un coup dur dans sa campagne. Il y a quelques jours, vous l'avez rappelé, de son grand meeting au Zénith, Éric Wehr, le président de la Commission des Finances, baron des Républicains, annonce qu'il soutiendra Emmanuel Macron. Car, dit-il, la France a besoin d'un président expérimenté. Ce sont les mots qu'il utilise dans Le Parisien, qui sera à paraître demain, un entretien qu'il a accordé à nos confrères.

Chez les Républicains, entre les départs et les retours, les électeurs, vous allez le voir, sont un peu perdus. Reportage Juliette Perrault, Arnaud Fora et David Lemarchand. Opération Tractage, samedi dernier, devant les Halles de Conflans-Saint-Honorine. Objectif du jour, convaincre de voter Valérie Pécresse. Pas toujours évident pour les électeurs de droite, un peu désabusés. Vous y croyez dans la droite aujourd'hui ?

12:09
Locuteur 9

Je voudrais y croire, je ne suis pas pleinement serein et pleinement satisfait. J'ose espérer, oui, qu'on va pouvoir s'en sortir.

12:17
Locuteur 2

C'est un peu tout et n'importe quoi. On essaye de se marcher chacun sur les uns sur les autres. C'est dommage, oui, parce que ça ne reflète pas la société française actuelle.

12:26
Présentateur

Tracte à la main, monsieur le maire, en personne.

12:29
Invité

Dans les semaines qui viennent, c'est à ce que de s'accélérer en termes de collage.

12:31
Présentateur

Mais si Laurent Brosse est aujourd'hui pleinement engagé pour Valérie Pécresse, il fait partie de ceux qui ont un temps hésité. Dans la balance, un certain Édouard Philippe et son mouvement Horizon. Laurent Brosse était présent pour le lancement au Havre.

12:48
Invité

Je trouve que dans le paysage politique actuel, peu de personnalités ont la hauteur de vue, ont le diagnostic qu'Édouard Philippe a.

12:57
Présentateur

Un ancien Premier ministre, encore un peu trop proche du Président. L'élu a donc fini par trancher.

13:05
Invité

Le tiraillement que j'ai pu avoir entre Horizon et les Républicains, il a été levé dès lors que d'une part Valérie Pécresse a été désignée comme candidate à l'élection présidentielle, d'autre part que Horizon a souhaité s'inscrire dans la majorité présidentielle.

13:22
Présentateur

D'autres en revanche n'ont pas eu d'état d'âme. Il y a quelques heures, Éric Wörth, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, ex-secrétaire général des Républicains, a annoncé son soutien à Emmanuel Macron.

13:34
Invité

Je pense qu'il est le mieux à même de défendre l'intérêt de la France et des Français.

13:39
Présentateur

Réaction quasi immédiate du patron des Républicains. Christian Jacob fait part de beaucoup de déceptions et de regrets et évoque un parlementaire en fin de carrière. Autre départ remarqué, celui de Guillaume Pelletier, un temps numéro 2 DLR pour Éric Zemmour.

13:55
Invité

J'ai décidé de soutenir Éric Zemmour pour qu'il soit notre prochain président de la République.

14:00
Présentateur

Des défections qui font tâche dans une campagne qui stagne. Selon les dernières enquêtes d'opinion synthétisées par le journal Le Monde, Valérie Pécresse est à la peine. Entre 14 et 18% des intentions de vote au premier tour, derrière Marine Le Pen. Au QG de la candidate, on fait pourtant bonne figure. Ce jour-là, réunion de campagne autour des parrainages. Cible privilégiée, les élus de droite encore indécis.

14:28
Invité

On a quelques maires encartés qui vont être contactés par leur parti, que ce soit les Républicains, que ce soit les Centristes, que ce soit l'UDI, et qui vont spontanément ou pas spontanément, mais dont le parrainage est quelque part assez naturel. La question c'est tous les maires divers droites et sans étiquette, sur lesquels il faut avoir une action spécifique.

14:44
Présentateur

Ici, on assume les hésitations et les revirements. Grégoire de Lastery, lui-même, maire républicain de Palaiso, reconnaît avoir cru un temps au parti présidentiel, avant de changer d'avis.

14:57
Invité

Macron a beaucoup parlé, a peu fait, et moi j'estime être un élu de centre droit. Aujourd'hui, je trouve que le centre droit est parfaitement représenté par Valérie Pécresse. Aussi bien sur la méthode, elle annonce qu'elle fait, elle le tient et elle le fait, malgré les difficultés, elle ne recule pas. Et sur le fond, des propositions qui sont portées aujourd'hui par Valérie Pécresse, je m'y retrouve pleinement sur les questions d'éducation qui sont majeures, sur les questions de réforme de l'État, sur le fait de, pour reprendre la formule qu'elle a utilisée, remettre de l'ordre dans la rue et dans les comptes.

15:30
Présentateur

Des arguments qui, tous l'espèrent ici, y pèseront dans les semaines qui viennent. Valérie Pécresse tiendra ce dimanche à un grand meeting de campagne au Zénith de Paris.

15:40
Locuteur 3

Alors oui, j'ai fait un grand discours, mais je vous rassure, il n'a pas fait la une des journaux.

15:46
Présentateur

Et cette question qui nous est posée ce soir, le ralliement d'Éric Wörth à Emmanuel Macron, préfigure-t-il celui de Nicolas Sarkozy ? C'est de mauvaise augure en tous les cas. Nicolas Sarkozy, effectivement, n'a toujours pas dit ce qu'il ferait publiquement. En privé, il n'est pas du tout, il a des paroles qui ne sont pas du tout sympathiques pour Valérie Pécresse. Il souffle le chaud et le froid. Qu'est-ce qu'il lui reproche ? Il lui reproche la même chose depuis toujours, qu'elle est trop sérieuse, qu'elle serait un peu trop, voilà, elle fait bien campagne. Mais voilà, il a toujours eu des reproches qui sont d'ailleurs assez irrationnels.

En même temps, il a reconnu qu'elle avait fait une bonne campagne au Congrès, qu'il avait été surpris par sa performance, puisqu'elle a quand même battu et Bertrand et Barnier. Certes, l'élection s'est jouée dans un bouchard de poche, mais elle a gagné. Donc au fond, Nicolas Sarkozy, tiens, en privé, mais Nicolas Sarkozy aujourd'hui est toujours très dur avec ses anciens ministres. C'est à la fois le champion de la droite, c'est son parrain, et c'est aussi par moments quelqu'un qui se met en travers la route. Mais il pourrait soutenir Emmanuel Macron ? Pour l'instant, il ne dit rien.

16:58
Invité

Moi, je pense qu'il soutiendra Valéry Pécresse au premier tour, au dernier moment probablement. Donc ce ne sera pas assez... Un peu comme il l'avait fait avec François Fillon en 2017.

17:08
Présentateur

Maintenant, il regarde les sondages de près et il se déterminera en fonction. Il n'a pas aimé que Valéry Pécresse ressorte le Karcher sans la prévenir. Il n'aime pas trop son directeur de campagne. Tout ça est assez irrationnel et au fond, les gens doivent se dire « Mais à quoi joue Nicolas Sarkozy ? » Bon, c'est difficile de parler à sa place. Sans doute qu'à un moment ou à un autre, il le fera. Mais pour l'instant, il ne s'est pas affiché avec elle. Sera-t-il pour autant, mettra-t-il pour autant un bulletin pour Emmanuel Macron ? On en est quand même loin. Sa famille politique, ça reste la droite.

Et même si Éric Wörth était un proche de Nicolas Sarkozy, je pense qu'Éric Wörth, sa carrière politique n'est pas terminée. Il a sans doute d'autres... Il vise d'autres choses, des présidences de sociétés publiques ou autres. Ah oui, il ne veut pas être ministre. Sa carrière politique est plutôt derrière lui, c'est plutôt l'inverse. Il ne sera pas ministre d'Emmanuel Macron.

Mais sur le fond, ce qui est assez étonnant, c'est qu'Éric Wörth rejoint Emmanuel Macron à un moment où Emmanuel Macron tient un discours où il n'est plus question de supprimer des fonctionnaires, alors que pendant 10 ans, Éric Wörth a expliqué à la droite qu'il fallait supprimer 150 000 fonctionnaires et plus sous François Fillon et que Valérie Pécresse propose d'en supprimer 120 000. Donc il y a un reniement aussi assez étonnant de la part d'Éric Wörth dans les arguments qu'il avance. – Et ce que dit le patron des Républicains, Christian Jacob, il dit qu'il faut relativiser.

Éric Wörth est un parlementaire en fin de carrière et ses affaires judiciaires ont sans doute pesé dans cette décision avec des amis comme ça, enfin ex-amis visiblement, et évidemment il a pris congé du parti Les Républicains. Vous parlez du fond et vous avez raison, parce que c'est quand même à un moment donné ce qui va jouer dans cette campagne. Sur le fond, Éric Wörth, il fait quand même la liste dans cette interview de toutes les choses qu'il attend sans doute de son nouveau camarade Emmanuel Macron. réforme des retraites, investissement, je prends le pari qu'Emmanuel Macron est réformateur et qu'il saura l'utiliser dans ce deuxième mandat, Roland Kérol.

19:06
Invité

– Oui, là Wörth fait du Wörth. Il reprend ses demandes habituelles au ministre de l'Économie. Il a fait ça comme président de la Commission des Finances représentant l'opposition pendant quatre ans. et au fond, il rappelle à cette thématique qui a toujours été la sienne. Alors Bruno dit, il a changé d'avis sur les fonctionnaires, c'est vrai, les Français aussi. Donc c'est plus facile. Il épouse la nouvelle vision des Français qui était volontiers, comme au café du commerce, tout ça c'est de la faute des fonctionnaires, il y en a trop. Et puis il y a eu la crise Covid.

Et là, tout à coup, voilà, les infirmiers, les professeurs, tout ça a pris une substance telle que plus personne, à part Valérie Pécresse, n'ose proposer des réductions de postes de fonctionnaires. Donc c'est pas très grave, à mon avis, pour Wörth, qu'il change au moment où les Français eux-mêmes sont en train de faire le même changement. Mais pour ce qui est de, je le disais tout à l'heure, c'était un peu le père de la rigueur financière, c'est ce qu'il fait là, à nouveau. Et sur les retraites, en effet, il va pas reprocher à Macron de ne pas avoir fait la réforme sur la retraite, mais il l'appelle, à cette fois-ci, pas oublier de la faire.

20:15
Présentateur

– Néhéla Latrousse. – Ce qui est curieux, c'est qu'effectivement, c'est compliqué aujourd'hui de tenir un discours après la crise sanitaire ou après les Gilets jaunes où les Français ont râlé parce que, considérant que le service public n'était pas assez performant, c'est difficile d'aller expliquer qu'on va en faire moins. Mais dans le même temps, toute la Macronie semble aujourd'hui se résoudre à dire que, bah oui, il faudra quand même faire des réformes difficiles par la suite.

C'est-à-dire que tout le discours d'Éric Wörth dans cette interview au Parisien, où il dit non, il n'a pas cramé la caisse, ce n'est même plus dit aujourd'hui en réalité par les soutiens les plus anciens d'Emmanuel Macron qui disent oui, bon, on n'avait pas le choix, il fallait faire le quoi qu'il en coûte, mais si on est réélus, il y a quand même un certain nombre de défis.

20:56
Invité

– Mais cramer la caisse et faire le quoi qu'il en coûte, c'est pas tout à fait pareil.

21:00
Présentateur

– Valérie Pécresse le lie un peu à ça, et en disant que par ailleurs il n'y avait pas de réforme structurelle qui avait été faite avant même la crise et qu'en réalité la dette avait augmenté de manière aussi exponentielle avant que n'arrive le Covid, mais ça aussi en réalité dans la Macronie, on explique que la gestion a été, on va dire, aussi bien tenue qu'il était possible que de le faire avec les circonstances qui étaient celles de ce quinquennat, mais tout de même le discours aujourd'hui qui est tenu, c'est de dire bon, si la réélection facile ou pas facile est l'issue de ce scrutin, il y aura quand même tout un tas d'enjeux au lendemain du second tour, avec l'inflation qui sera toujours là, avec si le mouvement de colère ne s'exprime pas là tout de suite, on est en train de parler du convoi de liberté, si ce week-end il n'y a pas de gros blocages, si on n'a pas de retour des gilets jaunes, ça veut dire que plus tard, quand il faudra faire une réforme des retraites, quand il faudra faire une réforme de l'université, de l'enseignement supérieur, il y aura peut-être une colère qui reviendra, avec peut-être aussi une augmentation des taux qui fera que le remboursement de la dette sera beaucoup plus coûteux qu'il ne l'est aujourd'hui, donc tout ça pour dire que le discours, le satisfait-cite en tout cas, que semble accorder Éric Wörth à la gestion d'Emmanuel Macron, ne correspond en réalité même plus au mood, ou en tout cas à l'humeur qui est partagée par l'entourage même d'Emmanuel Macron.

Alors, ces anciens camarades de droite ressortent ces phrases, Éric Wörth, qu'il disait, il était extrêmement sévère contre la gestion d'Emmanuel Macron, une qui vient de sortir à l'instant, Macron est dans la séduction, pas dans la conviction, il parlait naturellement aussi à l'époque d'un président qui n'était pas assez sérieux sur la gestion des finances publiques, tout ça va être ressorti et instrumentalisé, d'un autre côté on a tout le camp Macron qui ressort, on a une phrase de Gérald Darmanin qui lui dit « Bienvenue, bienvenue chez nous ».

– Oui, chacun fait de ce ralliement une instrumentalisation politique, et il y a en même temps, je voyais Anne Hidalgo qui reprenait la phrase d'Éric Wörth, « Macron n'est pas plus à gauche que moi », en disant qu'il avait parfaitement raison, et ça va être intéressant de voir comment Macron gère ça lui-même, puisqu'il a longtemps été accusé de pencher trop à droite, et finalement tout l'argumentaire d'Éric Wörth accrédite cette thèse, donc il va devoir aussi contrebalancer pour montrer aussi que le « en même temps » est toujours là et que son flanc gauche existe aussi.

– On va en parler dans un instant parce qu'il essaie de débaucher aussi à gauche, mais juste encore un mot sur Éric Wörth avant de passer au débauchage à gauche, il a un argument à Éric Wörth, c'est de dire au fond, il connaît le job, on ne peut pas repartir dans les circonstances avec quelqu'un qui va découvrir la fonction présidentielle, il dit il faut un président expérimenté pour la France.

– Oui, il part du postulat qu'il faut deux mandats, donc dix ans, pour vraiment mener des réformes de fonds, on peut penser par exemple à la réforme des retraites qui s'était achevée en raison de la crise sanitaire notamment, donc il part de ce postulat-là, et en même temps, ça fait balle à Valérie Pécresse que de dire il faut quelqu'un d'expérimenté, ça sous-entend qu'elle n'a pas la crédibilité nécessaire.

Toute son argumentation est intéressante dans ce qu'elle dit des carences de la campagne de la candidate LR et du fait qu'elle peine à proposer une vision et à défendre sa propre identité, le fait qu'elle ait repris le karcher de Sarkozy montre bien qu'elle peine à avoir son propre ADN politique dans cette campagne. – Caroline Vigoureux, qu'est-ce qui lui manque, à votre avis, à Valérie Pécresse, dans cette campagne ? – On le disait rapidement au tout début de l'émission, absence de dynamique.

On a vu dans les enquêtes d'opinion, elle est passée devant, c'est à touche-touche avec Marine Le Pen, on aurait pu peut-être attendre après sa désignation par sa famille politique, une dynamique plus spectaculaire.

– C'est passé quelque chose après le Congrès des Républicains où elle a été en dynamique, en plus sa victoire n'était pas acquise, donc il y avait l'effet surprenant, la nouveauté, et en fait depuis il ne se passe pas grand-chose, elle peine à raconter une histoire, elle peine à créer des ralliements parce qu'elle a aussi un espace politique qui est très faible, Bruno le disait sur les questions économiques, elle est finalement assez proche d'Emmanuel Macron, c'est une libérale, donc c'est difficile de se différencier du président, et puis en même temps elle est rattrapée par son aile droite et le très bon score d'Éric Ciotti au Congrès des Républicains, donc elle tente d'incarner une ligne très ferme sur la sécurité, mais dans tout ça on a du mal à avoir une vision globale et à voir de quoi elle est vraiment la candidate.

– Bruno Jeudy, ce qui lui manque c'est un récit, qu'elle invente le pécrécisme ? – Oui, alors le bon récit, moi je me méfie toujours parce que de toutes les dernières présidentielles on a eu des grands et beaux récits, et puis derrière les Français n'ont pas toujours été très très satisfaits, donc est-ce que ça fait des bons candidats ? Je pense que sa difficulté c'est déjà, c'est qu'aujourd'hui quand on regarde les enquêtes d'opinion, il lui manque une partie des électeurs fillonistes. – Ils sont où ?

– C'est simple, aujourd'hui j'ai regardé ce soir le sondage quotidien que l'IFOP publie sur Paris Match, sur le site de Paris Match, 50% des électeurs fillonistes voteraient, s'ils avaient lieu aujourd'hui Valérie Pécresse, mais il y en a 25% qui voteraient Emmanuel Macron, et 15% Éric Zemmour. Donc l'équation pour l'instant c'est comment rattraper une partie de ces électeurs qui sont tentés par Emmanuel Macron, tout en n'en voyant pas plus chez Éric Zemmour. Donc l'équation de Valérie Pécresse, elle est connue depuis le 1er décembre, date de sa désignation.

C'est une deuxième campagne qui commence pour elle, elle a bien réussi la première marche qui était la désignation, ce qu'elle a eu, la deuxième c'était le rassemblement,

26:33
Invité

on va dire que c'est à peu près réussi, bon Éric Woerth aujourd'hui fait défaut, mais globalement, Wauquiez, tout ça, ils sont quand même là, quoi qu'on en dise, même s'ils n'applaudissent pas et écrivent Valérie tous les jours. Ce n'est pas dans la tradition des familles de la droite, à part à la belle époque de Chirac, et pas sur celle de la droite dure. Non, et la troisième chose qui lui manque, c'est de faire une voix de plus de ces deux concurrents, que sont Marine Le Pen et Éric Zemmour.

27:01
Présentateur

On est dans une présidentielle avec un deuxième tour,

27:04
Invité

une qualification pour la deuxième place extrêmement incertaine. On a connu ça un peu en 2002, où ça avait été très serré, et on ne l'a vu qu'à la fin entre Lionel Jospin et Jean-Marie Le Pen, et aujourd'hui on est dans une qualification qui peut jouer à 16, 17, 18%, donc à ces niveaux-là, c'est compliqué. Elle ne peut pas rassembler toute la droite, ça on le sait, puisqu'il y en a une partie qui est aujourd'hui tentée par Éric Zemmour, une partie par Emmanuel Macron. Son problème, c'est qu'il faut qu'elle arrive à garder ce grand corps,

27:36
Présentateur

cette famille politique de la droite modérée, elle ne peut pas trop verser dans le macronisme, il faut qu'elle invente son histoire, et peut-être qu'elle mette en avant un peu plus sa personnalité, parce que c'est vrai que... Elle rechigne à le faire ? Elle a du mal à le faire, elle a du mal à l'exprimer, elle a du mal à se raconter elle-même, alors ses proches disent que c'est l'histoire d'une femme française, bon voilà, c'est quand même la première fois que la droite présente une cogniture, elle a du mal à le faire, et pour l'instant, dans cette bagarre hyper médiatique où on entend beaucoup les clashs et le buzz de l'extrême droite, on n'arrive pas à entendre plus Valérie Pécresse,

28:15
Invité

ce sera son moment dimanche, à mon avis, dimanche, elle va quand même jouer une carte...

28:19
Présentateur

Son grand meeting ?

28:19
Invité

Oui, son grand meeting, elle va jouer une carte importante dimanche avec...

28:22
Présentateur

On l'attend sur quoi ?

28:23
Invité

Sur elle. Sur elle ? Déjà sur elle, il faut qu'elle montre qu'elle peut apporter quelque chose, qu'elle donne envie, je veux dire, Emmanuel Macron, il a créé quelque chose au moment du meeting de Versailles, de la porte de Versailles en 2016, il y avait, on s'est dit, tiens, ce jeune ministre qui a quitté Hollande, il y a quelque chose, et bien il faut que Valérie Pécresse,

28:44
Présentateur

à un moment, elle montre cette envie et cette capacité de se mettre au niveau de la présidence de la République. Roland Carole.

28:52
Invité

Oui, juste après le congrès qui a désigné Valérie Pécresse, j'avais dit, permettez-moi de me citer... Allez-y ! ...qu'elle allait être très contente des sondages pendant quelques semaines, parce qu'elle avait été mesurée à 10% d'intention de vote, alors que Xavier Bertrand était entre 15 et 16, selon les sondages. Et j'avais dit, elle va, puisque c'est la candidate de remplacement et qu'elle a été désignée, après quelque chose qui a été assez fort, le rassemblement, elle va rapidement monter à 15 ou 16. Et ça, ça n'est pas un exploit, c'est parce que les gens se reporteront naturellement. D'accord. Et après, je disais, ça dépendra d'elle et de sa campagne à elle.

Et ce qui est terrible, c'est qu'elle ait remonté à 15 ou 16 et que depuis, rien. Rien. Et qu'est-ce qui lui manque ? Alors, il lui manque plusieurs choses. On a déjà parlé de la ligne. Je crois qu'elle a vraiment, de son point de vue, mais peut-être qu'il faudrait qu'elle n'ait pas de directeur de campagne. De son point de vue, je trouve qu'elle a tort d'oublier les électeurs de la droite modérée. Je pense que ces fillonnistes qui votent encore à 25% Macron, ça devrait être un de ses objectifs principaux d'aller les chercher. Et elle ne le fait pas.

Alors, j'ai entendu l'autre jour Michel Barnier défendre la stratégie actuelle plutôt plus à droite et qui disait, oui, mais ceux-là, ils sont aussi très intéressés par la défense de la sécurité, je veux bien. Mais s'ils sont reportés sur Macron, ce n'est pas sur la sécurité. Donc, c'est sur d'autres thèmes que la sécurité qu'il faut les amener. Et puis, il lui manque, comment est-ce qu'on dit depuis quelques années, une incarnation ? Il n'y a pas de problème de divinité dans tout ça, mais il y a au contraire un problème de charnel. Il faut qu'elle représente bien ce qu'elle dit, qu'elle est.

Et on a le sentiment aujourd'hui, à force qu'elle bouge de façon très différente de ce qu'on avait toujours vu faire. On se demande s'il y a vraiment de la sincérité dans le personnage. Sur quoi, par exemple ?

30:42
Présentateur

Pourquoi vous dites ça ? Par exemple, sur la sécurité, quand elle dit qu'il faut envoyer l'armée dans les quartiers, ça ne lui ressemble pas ?

30:47
Invité

Oui, c'est ça. Aller sortir le karcher de la cave, ce n'est pas une phrase pour elle. Si elle veut dire ça, elle le dit autrement. Mais pas ça. Ça, ce n'est pas pour elle. Donc, il faut faire très attention à une espèce de cohérence de la personne. Et puis, en effet, je crois que là, vous avez raison, il faut qu'elle parle d'elle, parce qu'une élection présidentielle, c'est aussi une élection personnelle. Et je pense qu'elle le fera au Congrès. Je pense que le Congrès, sur tous ses problèmes, va être un résumé de la situation. On va voir... Le Congrès, le meeting ? Le meeting va être intéressant parce qu'elle est forcée à la fois de traiter la ligne, de traiter l'équipe.

Moi, je crois qu'il faut faire attention à ne pas trop sans arrêt mentionner l'équipe, parce que c'est le candidat ou la candidate qui compte. Et du coup, parler aussi d'elle-même.

31:33
Présentateur

Elle aura réussi ça, Neila Latrousse, la première étape de la crédibilité. Vous vous rappeliez, je ne sais plus qui le disait, mais que dans sa famille politique, envoyer une femme à la présidentielle, ça n'allait pas de soi. Même elle en doutait à l'époque, au tout début. Elle a réussi ça dans une première étape, mais il lui manque la marge d'après. C'est comme ça que vous le définiriez, vous aussi ? Mais disons que pour l'instant, elle fait une campagne de bon élève, on va dire. C'est-à-dire qu'on lui explique qu'il faut parler de sécurité. Donc, elle parle de sécurité en déclinant ces trois mesures avec un bon plan. Voilà le constat, voilà ce que je propose, voilà où on arrive.

Elle vous fait la même chose sur l'éducation, sur la santé, sur l'agriculture. Très bien. Et quel est le lien entre tout cela ? Qu'est-ce que ça raconte, effectivement ? Alors, quelle est sa vision de la France ? Et le meeting de dimanche, ce sera précisément ça. Ce qui est intéressant dans son équipe, c'est qu'on explique que ce ne sera pas un meeting programmatique. Elle n'est pas là pour dévoiler quel est son projet. Elle est là, je cite, pour dire qui elle est, d'où elle vient, qui elle est, d'où elle vient, où elle va, ce qu'elle veut pour la France. Voilà, les quatre axes, c'est cela. Et le projet ensuite détaillé avec le catalogue de mesures, le chiffrage, ça viendra plus tard.

Mais là, elle doit expliquer maintenant toutes ces pistes qu'elle a lancées dans le débat public. Qu'est-ce que ça raconte de ce que serait une France présidée par Valérie Pécasse ? Et c'est vrai que pour l'instant, c'est ce qui manque. C'est vraiment... Et est-ce qu'il y a une inquiétude, et il a la trousse très vite avant d'aller au deuxième reportage, est-ce qu'il y a une inquiétude dans cette grande équipe parce qu'elle a réussi quand même à rassembler tous ceux qu'elle avait battus dans cette bataille interne ? Est-ce qu'il commence à douter d'elle ? Pour l'instant, non. Franchement, il n'y a pas...

Enfin, j'entends des doutes sur sa capacité à se muer en bonne interlocutrice, par exemple, en bonne oratrice, pardon. D'accord. Dire, voilà, elle n'est pas à l'aise derrière un pupitre, donc elle doit travailler. Mais il n'y a pas d'inquiétude sur un effondrement ou un effondrement dans les sondages ou un effondrement de sa candidature dans l'absolu. Et puis peut-être que quand il se compare, il se rassure, et quand il regarde notamment ce qui se passe à gauche, parce qu'à gauche, à deux mois du vote, l'heure est toujours aux grandes manœuvres. Une réunion secrète qui n'est plus, du coup, pour évoquer les conditions d'un ralliement de Christiane Taubira, éventuellement à Yannick Jadot.

Cette réunion a donc fuité deux semaines après la première populaire qui avait lancé la candidature de l'ancienne garde des Sceaux. Le paysage est toujours aussi éclaté avec cinq candidats sur six qui sont sous la barre des 5%. Constance Meyer et Michel Bouilly. Cela devait être une journée de campagne comme les autres pour Yannick Jadot.

34:01
Locuteur 4

C'était la première fois qu'on faisait un meeting le midi. C'est un succès.

34:07
Présentateur

Mais c'était sans compter sur les révélations concernant une réunion secrète entre les équipes du candidat écologiste et le clan Taubira. Des négociations de ralliement censées rester confidentielles. Embarras à gauche, Yannick Jadot est sommé de s'expliquer.

34:24
Locuteur 4

L'équipe de Christiane Taubira voulait nous rencontrer. Écoutez, nous sommes courtois, donc on les a écoutés. Vous savez, nous, on est sûr de notre campagne. On n'a pas de fébrilité. Donc on n'a pas de raison de ne pas répondre aux invitations quand elles sont faites. Donc nous sommes, comme toujours, les bras grands ouverts sur toutes celles et tous ceux qui voudraient nous rejoindre.

34:50
Présentateur

Yannick Jadot tente de faire bonne figure. Mais dans ses rangs, certains verts virent au rouge de colère. Sandrine Rousseau, pourtant présidente du conseil politique du candidat, n'a visiblement pas été informée de cette réunion.

35:03
Locuteur 3

J'ai des découvertes comme vous ce matin dans la presse.

35:06
Invité

Vous n'étiez pas au courant ? Non. Et qu'est-ce que vous en dites ? Quelle a été votre réaction ?

35:09
Locuteur 3

Je dis que c'est de la politique à l'ancienne. Je dis que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire ou ce qu'il faut faire pour dégoûter les gens de la politique. C'est exactement ça. C'est-à-dire faire des réunions d'alcove dans des caves entre hommes,

35:21
Présentateur

en plus, parce qu'il n'y avait pas une femme. C'est exactement ce qu'il faut faire pour dégoûter les gens de la politique. Christiane Taubira, elle, assume et joue la carte du devoir confiée par la primaire populaire.

35:31
Locuteur 3

Je continuerai à créer les conditions pour que nous puissions nous parler et que nous fassions des efforts de part et d'autre. Ce rassemblement à gauche, il est très désiré parce que les uns et les autres ont compris, les unes et les autres ont compris que c'est la condition de notre chance déjà d'accéder au deuxième tour et ensuite de l'emporter et que nous devons cela aux personnes qui en ont besoin. Le second tour est pour l'instant loin,

35:56
Présentateur

très loin. Même ensemble, Christiane Taubira et Yannick Jadot sont sous la barre. des 10% d'intention de vote. Anne Hidalgo continue de chuter et se retrouve presque au coude à coude avec Philippe Poutou à 1,5%. Pour certains ténors, le Parti socialiste joue désormais sa survie.

36:15
Locuteur 7

Je pense que sa survie est déjà largement entamée. Écoutez, je ne peux pas vous dire autre chose. Si je regarde et si je regarde encore une fois les intentions de vote, j'ai cru comprendre qu'on pouvait être derrière le Parti communiste. C'est quand même, au vu de l'histoire récente, un sujet d'interrogation.

36:33
Présentateur

Et certains se posent une question. Faut-il quitter le navire ? Le maire socialiste de Dijon, François Rebsamen, l'ex-président de l'Assemblée nationale, Claude Bartholone, ou l'ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine, autant de ténors du Parti socialiste dans le viseur des macronistes. Certains ont déjà franchi le pas, comme cet ancien député socialiste.

36:58
Invité

Soutenir le président me paraît

37:00
Locuteur 4

beaucoup plus utile pour mon pays

37:01
Invité

que les turpitudes actuelles du PS.

37:06
Présentateur

Le seul qui monte à gauche, c'est lui, Fabien Roussel. Plus de points en un mois. Sur scène, il va même jusqu'à réinventer la théorie du ruissellement.

37:16
Invité

Le ruissellement, c'est augmenter les salaires et les retraites.

37:19
Présentateur

Après deux campagnes présidentielles sans candidat communiste, ces militants veulent croire en leur champion.

37:26
Invité

C'est le candidat qui dérange à gauche et ça, il l'assume. Je pense que ce pays a besoin d'un parti communiste supérieur à 3%.

37:34
Présentateur

Les jours heureux, un défi pour la gauche. Seul Jean-Luc Mélenchon flirte avec la barre des 10% d'intention de vote à deux mois de l'élection présidentielle. Alors, nous allons revenir sur les dynamiques. Il y en a des uns et des autres. Mais Caroline Vigoureux, revenons sur ce que Sandrine Rousseau appelle les réunions d'Alcove. C'est quand même assez sévère. Elle avait l'air très en colère. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Christiane Taubira qui est à peine désignée par cette primaire populaire dont elle dit qu'elle lui donne une légitimité et qui irait déjà négocier son ralliement ?

Oui, alors en fait, c'était dimanche soir où l'équipe de Christiane Taubira a rencontré l'équipe de Yannick Jadot. Ce qui est sorti de cette réunion, à peu près rien, si ce n'est un nouvel épisode au psychodrame qui se joue à gauche. Ils ont acté qu'il n'y avait pas de retrait possible. En tout cas, pour l'instant, aucun des deux candidats n'était prêt à sacrifier sa candidature l'un pour l'autre. Et ça a même été assez contre-productif des deux côtés parce que côté Taubira, ça décrédibilise sa candidature, ça montre qu'elle n'ira pas forcément au bout.

Et donc, ça pose la question du maintien même de sa candidature alors qu'on est seulement sept jours après sa victoire à la primaire populaire. Et côté Jadot, ça révèle l'ambiance délétère au sein de sa campagne. La sortie de Sandrine Rousseau que vous montriez dans votre reportage le montre. Donc, pour les deux, finalement, c'est assez contre-productif comme épisode. Et surtout, ça montre que le pari de Christiane Taubira, qui reposait depuis le début sur le fait de gagner la primaire populaire et ensuite d'engendrer une dynamique dans les sondages qui elle-même engendrerait des ralliements, qui eux-mêmes feraient que les parrainages arriveraient.

Toute son équipe a théorisé cette mécanique supposément inextinguible pour arriver au premier tour. Et en fait, rien de tout ça ne se produit. Alors, elle a gagné la primaire populaire, mais derrière, les premiers jours étaient décisifs. Et en l'occurrence, ils ont été désastreux pour elle puisqu'on l'a vue hésitante à la Fondation Abbé Pierre, dans plusieurs médias, qui ne savaient pas répondre sur les chiffres. On voit en fait que cette candidature est improvisée et ça se sent dans ses interventions. Et donc, forcément, ceux qui se posaient la question de la rejoindre ont dû être assez refroidis.

Donc, qu'est-ce qui pourrait se passer pour Christiane Taubira si elle ne va pas au bout et notamment si elle n'a pas ses 500 parrainages ? Parce que c'est pour elle... C'est possible qu'elle ne les ait pas. On disait toujours qu'elle les aura parce qu'elle a le parti radical, etc. En fait, non. Elle a le parti radical qui, aujourd'hui, ne représente plus grand-chose. Elle n'est qu'à 36 signatures validées par le Conseil constitutionnel à ce jour. Il en faut 500 ? Il en faut 500. Il y a finalement assez peu de chances qu'elle les ait. Et donc, il faut qu'elle ait une porte de sortie honorable pour retirer sa candidature si elle n'a pas les 500 parrainages.

Et la porte de sortie honorable c'est de rallier Yannick Jadot ? En tout cas, ça serait une des seules voies qui lui est ouverte aujourd'hui. Ce qui est d'autant plus cocasse et improbable que Christiane Taubira n'a jamais été une grande écolo. C'est ce qui s'était passé en 2017 quand Yannick Jadot, qui à l'époque était dans une situation un peu similaire, avait rejoint la candidature de Benoît Hamon, le socialiste. Donc aujourd'hui, on est un peu dans cette situation-là. Comme disent les commentateurs cyclistes, il y a un peu de chute à l'arrière du peloton pour Christiane Taubira parce que franchement, depuis la primaire populaire, elle a gagné entre 0,5 et 1 point.

Donc on peut dire qu'il n'y a pas eu d'effet. Qu'elle devait rattraper, doubler le candidat écologiste, ça ne s'est pas produit. Qu'aujourd'hui, elle se heurte au plafond des parrainages et pour atteindre les 500, il va vraiment falloir que tout ce qui reste du parti radical de gauche en France se mette à courir pour aller chercher les signatures. Donc tout ça est très mal parti. J'ajoute que elle n'a pas le financement que le parti socialiste peut mettre à la disposition d'Anne Hidalgo qui est beaucoup plus basse, certes, mais qui au moins a une campagne qui est lancée, qui a un financement.

Tout ça va peut-être très mal finir, mais au moins la campagne, elle est lancée et on voit mal comment Anne Hidalgo céderait la place malgré votre invité de ce matin, Stéphane Le Folle, qui ne croit plus du tout mais qui ne croit pas depuis le début. Déjà dans la prête des fêtes. Je pense que pour Christiane Taubira, c'est une candidature qui est en train de faire pchit. Roland Quairol, on les a vus passer ces sondages. Quand vous voyez Anne Hidalgo à 1,5%, elle a ses 500 signatures.

Est-ce que dans ces jours qui restent avant l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron, en tout cas, même avant la fin de la campagne officielle, c'est le 4 mars, est-ce qu'il peut encore y avoir un mouvement de tectonique des plaques avec des ralliements derrière le mieux placé d'entre eux ? Je mets de côté Jean-Luc Mélenchon qui fait cavalier seul. Est-ce que c'est envisageable ou est-ce que vous pensez…

42:32
Invité

Est-ce que vous parlez des signatures ?

42:34
Présentateur

Non, je parle des candidatures. Je pense à Anne Hidalgo, je pense à Christiane Taubira qui se rallierait à un moment donné derrière le mieux placé dans les enquêtes. Il n'est pas non plus très haut, mais il est à 4,5%.

42:44
Invité

Moi, je crois que ça risque d'être lié au parrainage.

42:48
Présentateur

D'accord.

42:48
Invité

Parce qu'ils ont expliqué tous les deux extrêmement bien la situation telle qu'elle est. Si ça conduit au fait que de toute façon elle n'est plus candidate, là, dans vos derniers sondages, elle était à quoi ? 4,5%. 3,5%.

43:01
Présentateur

Christiane Taubira, 3,5%. Alors, il y a les marges d'erreur, mais bon, voilà, autour de 3,4%.

43:05
Invité

Voilà. Ils vont se partager ça au moins. Moi, je me suis toujours demandé ce qu'elle allait faire dans cette galère, à vrai dire. Je la connais bien, Christiane Taubira, et elle a très confiance en elle-même et en la lumière qu'elle est capable de diffuser. dans l'électorat de gauche qu'elle était censée rassembler. Elle pense que ce qu'elle a dit sur sa loi sur l'esclavage, c'est important. Les gens ne le savent pas. La façon dont elle a géré le ministère de la Justice, c'est important. Les gens ne le savent pas. Il reste le mariage homosexuel. Ça, elle est accolée à cela. Les gens le savent. Mais c'est fait. Alors, est-ce qu'on devient une icône sur un bilan ? Non.

Il faut continuer à incarner quelque chose de lumineux. Non.

43:55
Présentateur

Donc vous ne croyez pas à sa candidature ?

43:57
Invité

Et dans sa campagne, elle a un vrai avantage comparatif avec tous les autres, c'est qu'elle fait des discours sans notes. Qu'elle est capable d'arriver et de parler une heure à une tribune de n'importe quoi.

44:09
Présentateur

Sauf à la fondation.

44:10
Invité

Et c'est ce que j'allais vous dire. Manque de peau, la fois où elle cherche quelques secondes une phrase, les gens se disent c'est trop beau. Taubira qui se met à hésiter. Et bang ! L'ensemble des médias lui tombe dessus. Et même ça, elle ne l'a plus. De manière injuste, Roland Kérol ? De manière totalement injuste. Si vous regardez l'extrait, c'est ahurissant parce que les chiffres sur le logement, elle les donne ensuite. Donc de manière injuste, mais c'est la vie. C'est la vie. Quand on a un avantage comparatif, on fait très attention à le garder.

Donc voilà, cette pauvre Christiane Taubira, dont je me demande ce qu'elle allait faire là depuis le début parce que tout ça était prévisible, je pense qu'elle ne devrait pas avoir ses signatures et que le problème va se régler comme ça. Il va y avoir une simplification finalement.

44:53
Présentateur

Donc une simplification, c'est-à-dire qu'une candidate de plus qui n'ira pas jusqu'au bout, une Anne Hidalgo, une Aïla Latrousse, qui dit très régulièrement qu'elle continuera sa campagne. Elle a les financements pour le coup, elle a les parrainages, elle n'a plus les soutiens du Parti Socialiste en revanche. Elle paraît quand même assez seule. Elle est investie par le Parti Socialiste, donc il faudrait voir ensuite dans les statuts comment est-ce qu'on fait pour retirer une investiture à un candidat. Non, ce n'est pas le sujet. En termes d'affichage, c'est vrai qu'elle apparaît quand même assez seule.

Du coup, en termes d'affichage, c'est la question qui va se poser aussi pour le Parti Socialiste. C'est-à-dire, est-ce qu'un certain nombre de personnes qui ne sont pas forcément fans de Anne Hidalgo vont rejoindre un Emmanuel Macron ? Est-ce qu'elles se mettent en retrait de la campagne ? Mais en tout cas, Anne Hidalgo, elle a fini... Ce n'était pas évident dès le départ. Entre eux, est-ce qu'il faut faire la primaire populaire, pas la primaire populaire ? Est-ce qu'il faut débattre avec Jadot ? Est-ce qu'il faut unir, pas unir ? Elle a fini par adopter exactement la même stratégie que Jean-Luc Mélenchon. J'y suis, j'y reste. Je prends une avance avec les parrainages, les signatures.

Si vous courez plus vite que moi, si vous êtes capables de faire mieux que moi, allez-y. Yannick Jadot, pour se rallier à lui aujourd'hui, il faut qu'il puisse aussi afficher plus de 500 signatures auprès du Conseil constitutionnel. Il les aura, mais il n'y est pas aujourd'hui. Donc, ce que je veux dire pour ça, c'est qu'aujourd'hui, n'importe qui qui irait voir Anne Hidalgo en disant « Mais pourquoi est-ce que vous ne retirez pas les sondages en faveur de Yannick Jadot ? » Elle ira « Vous êtes sympa, mais enfin, il n'a pas encore ses 500 signatures. Moi, je les ai. » Donc, il y a cette clarification-là déjà qui doit se faire.

Il faut que tout le monde soit assuré de pouvoir aller au terme de sa candidature. Yannick Jadot, il le sera. Quant à Christiane Taubira, elle n'est pas aidée non plus par ses copains. Quand son équipe de campagne explique qu'elle plafonne à 250 parrainages, c'est dire grosso modo qu'il y a un plafond de verre à sa candidature. À partir de là, il ne peut se passer que ce qui arrive, que ce à quoi on assiste aujourd'hui. Il y a d'autres candidats qui en fait demandent « Est-ce qu'elle s'arrête aujourd'hui ? Est-ce qu'elle s'arrête demain ? Ou est-ce qu'il faut attendre encore une semaine ? » On a parlé des ralliements. Est-ce qu'il y aura des débauchages ?

40% des gens qui ont voté François Hollande à la dernière présidentielle où il a été élu, 2012. Vote aujourd'hui Emmanuel Macron. C'est ce qui est intéressant. Est-ce qu'il y aura des débauchages de gauche ? On a entendu dans le reportage des questions de François Repsamen, de Marisol Touraine, ancienne ministre de François Hollande. Est-ce que ça aussi, c'est ce que joue la Macronie ? Alors c'est ce que tente de faire la Macronie avec, à ce stade, je dirais, assez peu de succès.

Parce que depuis le début, ils théorisaient l'idée qu'ils allaient prendre, si je puis dire à Anne Hidalgo, l'équipe de maire des France, à savoir la génération de quadras socialistes qui a été élue aux dernières municipales, Mickaël Delafos à Montpellier ou Mathieu Klein à Nancy. Tout ça n'a pas eu lieu. Ils draguent aussi la présidente du groupe PS à l'Assemblée, Valérie Rabault, qui ne cesse de leur dire non, non, non depuis des mois. Donc pour l'instant, ça s'est révélé assez peu fructueux. Il y a la question de François Repsamen qui est censé rejoindre Macron, mais ça ne se fait pas encore. Les débauchages à gauche, pour l'instant, ce n'est pas très fructueux.

J'allais très vite cette question avant d'aller au dernier reportage. Sandrine, dans le orange. Jean-Luc Mélenchon, va-t-il comme en 2017 recueillir les voix du vote utile de gauche ? Jean-Luc Mélenchon, il se heurte à une difficulté cette fois-ci pour sa troisième candidature. C'est qu'il a Fabien Roussel sur sa route qui monte petit à petit. Il a doublé Anne Hidalgo. Là, il a doublé Christiane Taubira. Certes, on reste dans des proportions très faibles, mais enfin, pour un parti communiste qui en était resté en 2007 à 1,93% avec Marie-Georges Buffet, s'il fait 4 ou 5 points, ils vont déboucher le champagne place du colonel Fabien.

C'est une renaissance d'un homme qui par ailleurs est assez sympathique et les Français le découvrent comme c'est la nouveauté du jour. Et ça, pour Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas une bonne nouvelle. Il sera notre invité dans l'émission spéciale présidentielle de C'est dans l'air dimanche après une première émission avec Marine Le Pen. Qu'est-ce que les Français pensent de tout ça ? Tout ce qu'on vient d'évoquer ce soir, peut-être pas du bien. En tout cas, quelles sont leurs attentes, leurs priorités ? Sont-ils déjà dans l'élection présidentielle ? C'est à ces questions que tentent de répondre les enquêteurs de l'INSEE.

Nos équipes les ont suivis dans leur quotidien pour comprendre comment techniquement ils tentent de prendre le pouls du pays, le pouls des Français. Théomane Val et David Lemarchand.

48:56
Invité

Le calme feutré du petit matin à Soulan, en plein cœur de la Vendée. Des rues paisibles, des lotissements que viennent sonder les équipes de l'INSEE. Aline Capelle est enquêtrice. C'est elle qui récolte de foyer en foyer les témoignages qui permettront de dresser les statistiques sur le taux de chômage, l'emploi ou les revenus des Français. Bonjour, madame. Première à ouvrir sa porte ce jour-là, Brigitte, retraitée après une carrière en pointillé pour élever ses deux enfants.

49:32
Présentateur

Quelle était votre profession ?

49:34
Locuteur 3

Assistante administrative. Assistante administrative ?

49:38
Présentateur

À 75 ans, sa principale préoccupation aujourd'hui, le faible niveau de sa pension. En 10 ans, il n'y a pas eu d'augmentation. L'inflation a été bien plus que ça. L'électricité, le gaz, enfin, le quotidien, il faut pouvoir que les gens survivent. On n'achète plus ce qu'on veut. Je veux dire, c'est difficile de se faire plaisir. J'ai gardé tous mes vêtements, par exemple,

50:05
Locuteur 3

on fait des sottises. On garde tout ce qui est parce qu'on sait qu'on ne va pas pouvoir les racheter. Les débats

50:12
Invité

de la présidentielle lui apparaissent bien lointains. Midi approche, il est l'heure d'aller poursuivre l'enquête à quelques maisons de là.

50:29
Présentateur

Je vais prendre votre date de naissance, s'il vous plaît.

50:33
Invité

À 70 ans, Thierry aussi devrait être à la retraite, mais ce médecin généraliste continue de faire des gardes au SAMU de la Roche-sur-Yon.

50:42
Locuteur 2

On est en pénurie de médecins actuellement. La plupart des médecins sont relativement âgés, donc arrêtent beaucoup de retraités. Par exemple, on a perdu le tiers des médecins à la Roche-sur-Yon qui sont partis en retraite. Ce qui fait que nous, on est très demandé.

51:00
Invité

Et s'il lui continue, c'est aussi par passion pour son métier qu'il lui assure un train de vie confortable dont il s'excuserait presque.

51:08
Locuteur 2

Il y a peu de gens qui ont des conditions aussi favorables j'en ai honte, mais j'en profite.

51:15
Locuteur 3

C'est tout à votre honneur que nous le dire.

51:18
Invité

Mais c'est vrai, vous savez,

51:20
Locuteur 2

je trouve que par rapport à une femme qui a du mal à finir son mois et qui a des enfants à charge et qui ne sait pas comment elle va lui donner à manger, je ne suis pas loin d'être malheureux.

51:31
Invité

Au fil des questionnaires, des dizaines de rencontres se dessinent pour Aline une partie du portrait de la France d'aujourd'hui, de ses difficultés et de ses ressources.

51:41
Locuteur 3

Je trouve qu'ici, il y a peu de gens qui se plaignent. Vraiment, les gens sont courageux et n'attendent pas de la société d'être aidés. Ce serait plus une honte pour eux, je pense.

52:01
Invité

Bonjour ! Mais on sent aussi poindre une inquiétude,

52:04
Présentateur

y compris chez ceux qui ne manquent de rien. Fin d'après-midi chez Cindy à la tête d'une agence immobilière.

52:12
Locuteur 3

En moyenne, pour votre emploi principal, combien d'heures par semaine travaillez-vous ? 45 à 50 heures.

52:18
Invité

Son mari aussi travaille, ils ont deux enfants, se définissent comme classe moyenne, mais redoutent ce qu'on appelle désormais le déclassement.

52:26
Présentateur

Tout augmente. Donc aujourd'hui, effectivement, on fait partie de la classe moyenne, mais combien de temps ? Combien de temps, effectivement, on va pouvoir payer le prix de l'essence à laquelle il est ? Combien de temps je vais pouvoir, effectivement, m'acheter un peu de bio ? Je fais les circuits courts pour au niveau de la viande, mais combien de temps je vais pouvoir manger ? J'essaye de manger sainement et combien de temps je vais pouvoir le faire ? En fait, on ne sait pas quand même.

52:47
Invité

Une inquiétude sur le pouvoir d'achat bien perçu par les candidats à la présidentielle, mais à 60 jours du scrutin, Cindy attend encore autre chose.

52:56
Locuteur 3

Plus d'honnêteté. Juste plus d'honnêteté. Je commence à en avoir

52:59
Présentateur

un petit peu marre qu'on nous prenne, effectivement, pour quoi ? J'en sais rien, mais pour des gamins, parce qu'on nous fait miroiter des choses qu'il n'y a jamais. J'ai à cœur, effectivement, qu'au lieu de voir des batailles de chiffonniers entre eux. J'espère vraiment avoir des vrais débats, des vraies idées et qu'ils s'y tiennent.

53:16
Invité

En 2017, les idées avaient en tout cas mobilisé en Vendée avec une participation 5 points au-dessus de la moyenne du pays.

53:24
Présentateur

Roland Quairol, je voudrais avoir votre réaction à ce que dit cette jeune femme, on ne veut plus de bataille de chiffonnier, on veut des vraies idées. Ce n'est pas comme ça qu'est le début de cette campagne.

53:31
Invité

Non, non, ce n'est franchement pas une campagne géniale de ce point de vue parce qu'on a des idées qui sont évoquées aussi ou là. Ils essayent d'avoir des programmes mais personne n'est capable de dire exactement ce qu'il y a dans les programmes des uns et des autres. Sur quoi on vote pour celui-là ? Sur quoi sur celui-là ? Ce n'est pas clair. En revanche, évidemment, les petites phrases sont montées en épingle. Quand ça cogne, quand ça fait le buzz, alors ça, c'est quand même plus amusant au Café du Commerce que de discuter sur un programme qu'on ne connaît pas.

Et quand par hasard on entend des gens qui ont des programmes qui nous déploient un peu comme des catalogues, on se dit mais c'est Noël, ils ne peuvent pas nous donner tout ça. Donc les gens n'y croient plus. Il faut quand même bien voir que la culture politique et économique des Français n'a jamais cessé d'augmenter. Et que donc, a priori, le premier réflexe, ça serait pour parler comme Zemmour, ben voyons, vas-y. D'accord. Et donc là, ce n'est pas seulement l'hostilité à la politique, au personnel politique, aux promesses non tenues, c'est toujours là. Mais c'est aussi, comment voulez-vous qu'on adhère à un truc où ils ne font pas eux-mêmes des choix qui soient clairs ?

Ce n'est pas le retour aux idéologies d'hier avec des tas de monstres. Ça veut dire qu'on sera élus sur la crédibilité ? Où est-ce qu'on va dans les 5, 10 ans qui viennent ? Tout le chemin qu'on va faire.

54:49
Présentateur

Roland Quairol, ça veut dire que les candidats, à votre avis, seront élus sur la crédibilité, sur la faisabilité de ce qu'ils proposent ? Je le crois.

54:56
Invité

Je crois que la crédibilité, comme vous dites, c'est un bon mot pour définir ce qu'on attend.

55:00
Présentateur

Avec une situation sociale, il reste deux mois, naturellement, avant la présidentielle, je rappelle les dates, il va falloir rappeler le plus régulièrement possible, les 10 et 24 avril, avec un petit mouvement de colère, avec ce convoi pour les libertés, avec une mobilisation qui est prévue vendredi, une inflation qui va être à 3, 3,5, des prix de l'énergie liés naturellement au coût de l'inflation qui empêchent les Français de garder leur niveau de vie. Ça, j'imagine que c'est surveillé de très près par le gouvernement.

C'est surveillé de très près et il y a une énorme inquiétude autour d'Emmanuel Macron, mais qu'on retrouve aussi un peu dans les autres équipes, c'est l'absence de marqueurs. C'est-à-dire que, grosso modo, la crise sanitaire a fait que les Français, pendant deux ans, se sont renfermés chez eux, ont eu tendance à partager un peu plus, à se méfier de ce qui était extérieur au foyer parce qu'ils pouvaient être vecteurs de maladies, d'autres choses, etc. Enfin, bon, bref, d'épidémie. Donc, on a expliqué qu'il fallait se replier sur soi. Donc, chacun s'est replié à son domicile, à échanger avec sa famille. Et au fond, au fond, le lien avec le politique, c'est un petit peu distendu.

Et quand on discute, et c'est vraiment assez marquant, autant avec les plus proches conseillers d'Emmanuel Macron qu'avec ceux de Valérie Pécresse ou de Marine Le Pen ou d'autres, ils se raccrochent à « on m'a dit ça en réunion publique, on m'a dit ça sur un marché ». Ils nous interrogent, nous, les journalistes, est-ce que c'est ce qu'on vous dit ? Est-ce que les gens vous parlent de pouvoir d'achat ? Il y a une espèce de perte de repère, y compris du politique, par rapport à tous ces capteurs-là. Donc, la question du pouvoir d'achat est identifiée comme étant l'une de celles qui préoccupe le plus les Français.

Mais on vous dit aussi « mais est-ce que ça veut dire qu'ils veulent qu'on joue sur les salaires ? Est-ce qu'ils veulent qu'on joue sur les dépenses contraintes, les dépenses de logement, de carburant ? » Enfin bref, il y a une difficulté, il y a une forme de dialogue qui s'est rompue. Et c'est peut-être ce qui rajoute aussi à l'incertitude de cette présidentielle de savoir qui aura su le mieux capter l'humeur du pays. Et parfois, pour prendre l'humeur du pays et prendre le pouls des Français, on a les questions. C'est dans l'air, les questions des téléspectateurs. Et cette première question de Bartholomé dans les Hauts-de-Seine.

Eric Wörth ambitionne-t-il de devenir le prochain Premier ministre d'Evaluel Macron ? Vous nous disiez non tout à l'heure. Je pense qu'Eric Wörth rejoint Emmanuel Macron sans doute pas pour être ministre. Il a fait une longue carrière. Mais il y a d'autres façons de remercier, de récompenser une telle recrue. Parce que c'est une recrue de choix pour Emmanuel Macron. Il y a aussi des postes pour présider des entreprises publiques,

57:26
Invité

pour différents organismes.

57:30
Présentateur

En tout cas, c'est d'hier un ralliement en général ?

57:32
Invité

Là, trois jours avant le meeting de Valérie Pécresse, c'est organisé. Ça faisait plusieurs semaines.

57:37
Présentateur

Mais ça veut dire qu'il y a en échange quelque chose forcément ? Il y a une discussion. Je ne sais pas du tout ce qu'il y a pu avoir. Et puis vous savez, autour d'Emmanuel Macron, il y a des gens qui sont issus du parti républicain. Ce sont conseillers.

57:48
Invité

L'un de ses conseillers politiques s'appelle Thierry Solaire. Il a été député des Républicains. Il a été porte-parole de ce parti. Il est maintenant auprès d'Emmanuel Macron. Quand il faut débaucher

57:55
Présentateur

dans le camp adverse, il sait le faire. Il a récupéré Christian Estrosi, le maire de Nice, Hubert Falco, le maire de Toulon. Ce sont des villes qui ont reçu beaucoup de subventions depuis. Donc, vous savez, quand vous êtes au pouvoir, vous avez aussi des moyens pour amadouer ou pour attirer les gens.

58:15
Invité

Il n'y a pas que l'agitation du Marocain, comme on dit lorsqu'il y a les remaniements.

58:19
Présentateur

Une question d'Adrien dans les Bouches-du-Rhône. Faut-il s'attendre à d'autres ralliements d'élus LR après celui d'Éric Wörth ? En tout cas, ça discute. Ça discute autour du président du conseil régional de la région Grand Sud, Renaud Muselier, qui, on se souvient, avait été élu dans des conditions avec Allianz, pas Allianz.

58:37
Invité

Il est déjà parti.

58:38
Présentateur

En tout cas, on s'attend à ce qu'il officialise un soutien éventuel à Emmanuel Macron. Il y a aussi la question de la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, qui a été approchée par les équipes d'Emmanuel Macron. Et ce qui est intéressant, c'est qu'un certain nombre d'élus LR, de ceux évidemment qui ne veulent pas rejoindre Emmanuel Macron, disent que c'est parfois le président lui-même qui envoie des textos à des élus. C'est-à-dire qu'il ne l'attend pas de passer par moment par des conseillers dans le cas d'Éric Wörth. Et ça revient dans l'interview du Parisien. Éric Wörth dit le président m'a dit que, etc. C'est lui-même qu'il a aussi entrepris par SMS.

Il y va quand ? Qui ? Le président. Ah, le président ? Alors, le président, aujourd'hui, on y voit un petit peu plus clair quand même dans son agenda. D'abord, c'est vrai qu'il y a cette crise ukrainienne et l'Omicron, que la semaine prochaine, il y a encore le sommet Europe-Afrique. Donc, il y a assez peu de chances, à mon avis, qu'il soit candidat puisqu'il participera comme président. Et donc, franchement, la dernière semaine de février, entre le lundi 21 et avant le salon de l'agriculture, je crois que c'est la fenêtre de tir, sachant que c'est avant le 4 mars, 18h,

59:36
Invité

de toute façon, puisque on aura la conclamation des...

59:38
Locuteur 9

Donc, oui, voilà. Il va falloir y songer. C'est ce qu'il a dit. C'est ce qu'il nous a dit. Il va falloir y songer. Mais pour l'instant, je consacre l'essentiel de mon temps à la crise internationale.

59:47
Présentateur

Une question de Michel. Valérie Pécresse, ne devrait-elle pas se débarrasser d'Éric Ciotti ? Ça me paraît totalement impossible. Il a fait un très bon score au Congrès des Républicains. Elle ne peut pas faire exploser l'aile droite de son parti. Elle a besoin de lui. En même temps, c'est un allié assez encombrant et ça sera tout l'enjeu pour elle de s'affranchir des enjeux propres aux Républicains pour parler à un électorat beaucoup plus large. Une question de Karine dans le Vaucluse. Emmanuel Macron ne va-t-il pas perdre une partie de ces électeurs venus de la gauche ? À ce stade, ils sont encore vraiment... Moi, je regardais ce soir

1:00:19
Locuteur 9

dans le rolling IFOP Paris Match,

1:00:23
Présentateur

27% des sympathisants socialistes disent vouloir voter pour Emmanuel Macron. quand on n'a retrouvé qu'un gros 20% chez Anne Hidalgo qui est évidemment

1:00:35
Invité

très très faible. Mais aujourd'hui, Emmanuel Macron, il a encore beaucoup d'électeurs socialistes qui sont toujours chez lui.

1:00:44
Présentateur

Une question de Pierre-Antoine dans le Puy-de-Dôme. Comment interpréter le mutisme de Nicolas Sarkozy dans cette campagne ?

1:00:50
Invité

Je crois qu'il jouit du mutisme puisqu'on en est... Comme il ne joue plus aucun rôle dans la vie politique active, au moins, on peut se dire que va faire Sarkozy. Et Sarkozy...

1:01:01
Présentateur

Il peut ne rien faire ?

1:01:02
Invité

Il peut absolument ne rien faire. Il pourrait parce que... Moi, je pense, comme l'a dit Bruno tout à l'heure, je pense comme lui qu'il finira par dire qu'il faut voter pour Valérie Pécresse. Mais je pense en même temps qu'il est très content de... Voilà, il rappelle qu'il a toujours dit de Valérie Pécresse qu'elle était une bonne élève. Mais qu'elle n'était qu'une bonne élève, ce qui est quand même à peu près ce qu'on peut dire de pire pour une candidate. Mais je pense qu'il ne pourra pas faire autrement que de soutenir celle qui représente quand même la famille.

1:01:33
Présentateur

La droite LR prend-elle le même chemin mortifère que celui de la gauche PS ?

1:01:38
Invité

Ça dépendra beaucoup du résultat de l'élection présidentielle, à savoir si, cette fois, le parti, sa candidate, accède au second tour de la présidentielle. Parce que si ce n'était pas le cas pour la seconde fois consécutive, alors la famille Les Républicains serait en voie certaine d'explosion.

1:01:56
Présentateur

La vraie surprise de ce scrutin ne sera-t-elle pas Fabien Roussel ?

1:02:01
Invité

C'est une surprise parce qu'on avait tellement l'habitude que ce soit un toboggan, le vote communiste, que si ça remonte un peu, voilà, cela dit, si pour le moment c'était les sondages actuels qui étaient confirmés, le passage de 2 à 4, ce n'est pas stratosphérique quand même.

1:02:18
Présentateur

Mais il paraît qu'il plaît, alors il plaît à la droite. J'ai regardé cette semaine ces traits de personnalité, qu'est-ce qui plaît aux Français parce que maintenant il commence à être identifié par les Français. Il y a à peu près plus d'un tiers des Français qui ont une bonne opinion de famille Roussel. Il y a trois mois, il n'y avait même pas 10% des Français qui le connaissaient. Ce qui est intéressant, c'est qu'il plaît effectivement davantage aux femmes qu'aux hommes. Ça c'est un point qui est favorable pour lui. Évidemment, il fait le plein des voix communistes mais il est aussi perçu par les autres familles de gauche. Maintenant, il est identifié.

Donc je pense que l'électeur de gauche qui a l'ICAR, qui était plutôt

1:03:03
Invité

pour le nucléaire, pas très bobo, il peut se retrouver

1:03:07
Présentateur

dans un vote défouloir pour Fabien Roussel. Mais il pourrait être devant le Parti Socialiste, le candidat du PS. Ce n'est pas arrivé depuis 1969. C'est vrai que c'était d'autres proportions à l'époque mais enfin, ce serait quand même de ce point de vue-là une sacre-claque pour le PS. Une question de Yves dans les Côtes d'Armor. Anne Hidalgo a ses 500 signatures mais ne recueille qu'un petit 1,5% des intentions de vote ou est l'erreur ?

1:03:29
Invité

Il n'y a pas d'erreur. C'est un système auquel il faudra peut-être repenser cette histoire des parrainages par des élus. Le système est fait pour que les gens qui ne sont pas dans le système ne puissent pas se représenter, soit mis à l'écart. Et il a été renforcé du temps du général de Gaulle. C'était 100 signatures. On est passé à 500 puis à 500 qui étaient publiés et même intégralement publiés désormais. C'est de plus en plus rude. Et donc, les gens qui représentent les anciens partis qui sont le plus présents parmi les maires parce que c'est pour l'essentiel les maires qui désignent, ils ont de la chance. Les entrants dans le système, c'est plus dur.

1:04:06
Présentateur

Une question de Bruno dans le Val-de-Marne. Christelle Taubira serait-elle prête à se tenir derrière Yannick Jadot ? C'est en tout cas une des portes de sortie possibles dans l'hypothèse où elle n'aurait pas ses 500 parrainages et ce n'est pas pour rien que des discussions sont déjà en cours entre les deux équipes. Une question de Michel en Meurtre et Moselle. J'ai 73 ans et je vais toujours voter mais à présent, plus par civisme que par conviction, suis-je seule dans ce cas-là ?

1:04:29
Invité

Non, cette dame représente quelque chose qui est très souvent dit par les personnes ou ce monsieur qui est très souvent dit par les personnes de plus de 65 ou plus de 70 ans qui sont ceux qui vont le plus voter et qui disent que malheureusement ils y vont de plus en plus parce que c'est un devoir pour eux et de moins en moins parce que ça les intéresse vraiment.

1:04:46
Présentateur

Il faut rappeler qu'en 2017, il y avait 12 millions d'abstentionnistes et 4 millions de bulletins blancs et nuls quand même 25% selon toi. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h40. C'est l'heure de trouver Anne-Elisabeth Lemoyne. Bonsoir, Anne-Elisabeth au programme ce soir. Bonsoir Caroline. Défection, sondage au plus bas 1,5% d'intention seulement selon la dernière enquête Elab. Anne Hidalgo va-t-elle tenir jusqu'au bout ? On lui pose la question. La candidate PS à l'élection présidentielle est notre invitée. Et nous, on se retrouve demain 17h50.

Je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en replay et en podcast. Et n'oubliez pas, dimanche en direct 20h55 avec deux candidats à la présidentielle Marine Le Pen puis Fabien Roussel. On en parlait justement qu'ils nous présenteront leur vision de la France dans le monde. Allez, à demain.