Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air· 4 mars 2026 12 min

Guerre en Iran : l’Europe entraînée dans la guerre ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les 1ers Français rapatriés du Proche-Orient ont atterri ce matin à Paris. - Il a pris la direction de la Méditerranée. Arrivée prévue dans 8 jours pour le porte-avions français Charles-de-Gaulle.

Décision annoncée hier soir par E.Macron dans une courte allocution télévisée. - E.Macron: Nous devons être aux côtés de nos amis, de nos alliés de la région, pour leur sécurité et pour leur intégrité territoriale.

C'est en effet notre responsabilité. Elle est strictement défensive. Elle vise à protéger et à restaurer le plus vite possible la paix. - Des renforts militaires français déployés aussi à Chypre, membre de l'UE, où une base britannique a été visée par une frappe. - E.Macron: J'ai décidé l'envoi de moyens de défense antiaérienne supplémentaires et d'une frégate française, le Languedoc, qui arrivera au large de Chypre dès ce soir. - Dans la nuit de dimanche à lundi, un drone iranien frappe la base britannique à Chypre.

Cette base, le Royaume-Uni venait d'autoriser les Etats-Unis à s'en servir dans sa guerre contre l'Iran. Aucune victime ni dégât majeur, mais des habitants évacués par mesure de sécurité. - Ils nous ont dit de quitter notre maison.

Le village doit être évacué. - Nous avons été réveillés par une forte explosion. La maison tremblait.

Les fenêtres et tout le reste aussi. Les sirènes ont retenti pendant 3 ou 4 heures. Les avions décollaient sans discontinuer. - Le voisin et allié grec regarde de très près la situation. "La guerre à nos portes", titrait ce quotidien.

Athènes annonce l'envoi de 2 frégates et des avions F-16 à Chypre. Des dirigeants européens sur le qui-vive et des ressortissants rapatriés du Moyen-Orient par le gouvernement. En France, le 1er vol est arrivé cette nuit à Roissy-Charles-de-Gaulle en provenance d'Oman. - On a l'impression de fuir le danger, même si c'est un pays assez protégé.

C'est difficile d'entendre des bombardements. On est très contents de rentrer en sécurité. - Un conflit régional à l'issue incertaine qui place les Européens dans une situation délicate.

Quelle attitude adopter vis-à-vis des Etats-Unis? Le chancelier allemand, F.Merz, est allé dans le sens de D.Trump. - F.Merz: Nous soutenons les Etats-Unis et Israël pour se débarrasser de ce terrible régime terroriste.

Nous attendons avec impatience le jour d'après. Nous devons discuter de la stratégie de ce qui suivra après la chute de ce régime. - Et devant un chancelier allemand bien silencieux, D.Trump tacle un autre dirigeant européen, le Premier ministre espagnol, qui a critiqué les frappes sur l'Iran. - D.Trump: L'Espagne a déclaré que nous ne pouvions pas utiliser ses bases.

Ca n'est pas grave. Nous pourrions utiliser leurs bases si nous le voulions. Nous pourrions y atterrir.

Personne ne nous en empêcherait, mais nous n'en avons pas besoin. Ils se sont montrés hostiles. Nous avons coupé tous nos échanges commerciaux avec eux. - Réponse ferme et immédiate de P.Sanchez. - P.Sanchez: Nous n'allons pas nous rendre complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est contraire à nos valeurs et à nos intérêts simplement pour éviter des représailles de la part de quelqu'un.

Non à la violation du droit international, qui nous protège tous. - Il a reçu le soutien d'E.Macron et aussi de l'UE, qui s'est dite prête à réagir pour défendre les intérêts économiques de ses Etats membres. - C.Roux: C'est la question que nous nous posons ce soir.

La France pourrait-elle se retrouver entraînée malgré elle dans ce conflit? Le fait que la France envoie le Charles-de-Gaulle et une frégate, c'est pour dire qu'on existe, qu'on pèse, qu'on est une grande puissance? Que faut-il comprendre en termes de stratégie militaire? - Gal D.Trinquand: Ca, c'est plutôt en termes de stratégie politique.

En termes de stratégie militaire, on remplit 3 missions. La 1re, nos citoyens, qui sont arrivés ce matin. La 2e, nos alliés sur le Golfe, Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis, avec qui on a des accords.

On déploie des moyens. 6 Rafale sont partis en renfort. Il y en avait déjà 6.

Il y en a 12 au total. Une frégate était déjà présente. C'est l'action sur le Golfe. - C.Roux: Défensive. - Gal D.Trinquand: Oui.

Il y a l'action en Méditerranée, le porte-avions qui va arriver dans moins d'une semaine, le groupe aéronaval, avec ses moyens. Il va arriver alors qu'une frégate est déjà arrivée cette nuit. Elle partait de Toulon.

Elle est arrivée cette nuit. C'est la défense de l'Europe. Chypre fait partie De l'Europe, article 42.7 de la charte de l'UE.

On doit défendre nos alliés. On a des accords particuliers avec Chypre, en plus. Ca renforce. - C.Roux: Et avec la Grèce. - Gal D.Trinquand: Oui.

Le 3e volet, c'est la liberté des mers. On a une opération Aspides de l'UE dans la mer Rouge. La question se pose maintenant pour le détroit d'Ormuz.

Qu'est-ce qu'on fait? - C.Roux: Sur le détroit d'Ormuz, ce que pourrait faire cette coalition...

Est-ce que la France et cette coalition pourraient libérer le trafic? Mais sur ce que vous disiez à l'instant...

Question. - A.Pirot: On a quasiment posé la même question pendant 4 ans quand des drones tombaient à la frontière roumaine, moldave, polonaise, en ne sachant jamais ce qu'on devait faire.

On attendait que la semaine se passe. - C.Roux: Et on ne faisait rien? - A.Pirot: Je ne suis pas surpris qu'on mentionne très vite au départ qu'il s'agissait d'une erreur, sachant qu'il ne s'agissait pas d'une erreur.

On doit montrer un acte de présence par rapport à ça, mais de là à s'engager dans des actions plus lointaines, ce n'est pas la logique française. Il faut bien pointer du doigt le mot "défensif". Abattre des drones, des missiles, c'est le but. - C.Roux: Quand on dit qu'on envoie une frégate...

Il y a 108 marins à bord d'une frégate. Ca sert à quoi, une frégate, militairement? Le Charles-de-Gaulle, en termes opérationnels, pour défendre le sud de l'Europe, ça veut dire quoi? - Gal D.Trinquand: C'est de la défense antiaérienne.

La frégate en question est armée pour défendre contre des missiles, des drones. Le groupe aéronaval a une fonction de renseignement. Il a des Hawkeye à bord qui permettent de regarder ce qui se passe.

Il y a des moyens de défense et des avions à bord qui permettent de faire de la défense aérienne. Le terme "défensif", vous avez raison de le souligner. Le porte-avions pourrait être offensif, mais la mission aujourd'hui, c'est défensif et pour protéger les airs et les mers du sud de l'Europe. - C.Roux: Le sud de l'Europe est menacé? - Gal D.Trinquand: C'est le cas du drone qui est tombé, du missile qui est tombé.

On est proches de tout ça. C'est les franges de l'Europe. C'est le problème des frontières.

La Méditerranée est notre frontière sud. On n'est pas au bord du gouffre, mais de la guerre. On doit cerner pour que cette guerre ne vienne pas dans cette partie.

Il vaut mieux prévenir que guérir. - C.Roux: Mais il y a quand même une volonté de l'Iran de faire rentrer le sud de l'Europe, donc l'Europe, dans la guerre?

C'est une question. - D.Rigoulet-Roze: Il y avait eu des déclarations à l'été 2025 après la guerre des Douze Jours, où un parlementaire iranien disait que leurs missiles étaient capables de viser l'Europe.

C'était une menace... - C.Roux: Directe? - D.Rigoulet-Roze: Quasiment explicite.

Ca avait paru un peu irréaliste à l'époque. Au regard des derniers événements, on se dit que ce n'est pas tout à fait irréaliste. On est engagés de toute façon.

Quand on dit qu'il faut défendre la base d'Abou Dhabi, on est mécaniquement...

Est-ce que cette défense est purement défensive ou est-elle plus proactive? Dans la marine américaine, un adage dit: "On n'atteint pas seulement la flèche, on essaye d'avoir l'archer." - M.Bell: Voici l'Europe engagée dans une guerre qu'elle n'a pas demander, sur laquelle elle n'a pas été consultée...

Je pense au mépris du président américain pour les Européens. Il a contacté très peu de chefs d'Etat européens. Ceux qui ont été contactés ont été contactés quelques minutes avant les premières frappes.

Il y a à la fois cette espèce de mépris de l'Europe et, de l'autre, cette attente à ce que l'Europe vienne intervenir à leur côté. On a vu K.Starmer et P.Sanchez, les deux un peu affaiblis politiquement, et réticents à laisser les Américains utiliser leur base...

Ils ont pris les critiques du président. Même si l'Europe n'est pas plus frappée par ce drone contre Chypre...

L'Europe sera de toute façon l'une des premières victimes de la guerre économique et de la hausse des prix énergétiques. L'idée que l'Europe ne soit pas consultée ou n'ait même pas son mot à dire, je trouve ça extraordinaire. - C.Roux: On se pose la question ce soir...

Nous sommes engagés dans cette guerre, en réalité, même malgré nous? - Gal D.Trinquand: On est engagés, mais on ne mène pas d'action offensive.

Jusqu'à ce qu'on y soit contraints parce qu'on serait attaqués nous-mêmes...

Là, l'article 51 de la charte des Nations unies...

On a le droit. A propos du flou américain...

Les Américains auraient bien aimé que les Israéliens attaquent en premier, que les Iraniens frappent les Israéliens. A ce moment-là, les Américains sont en droit parce qu'ils défendent Israël. C'est le mécanisme convenu.

Aujourd'hui, ils se sont un peu pris les pieds dans le tapis. On n'est pas dans cette posture. C'est pour ça que le président de la République répète bien qu'il est du côté de la paix et que c'est illégal.

Suivant la charte des Nations unies, c'est illégal.

Guerre en Iran : l’Europe entraînée dans la guerre ? — Emmanuel Macron · Pourquijevote