Jacques Chirac - Campagne présidentielle 1981 | Archive INA
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Jacques ChiracPromesse
« C'est d'une part une autre manière de gouverner donnant aux françaises et aux Français plus de liberté plus de responsabilité mais leur donnant aussi le sentiment que les affaires de la France sont conduites avec fermeté »
- 1:30Jacques ChiracFait
« La sécurité c'est d'abord la stabilité politique pour un pays comme la France qui dans les difficultés qui sont les siennes ne peut pas si j'ose dire souffrir une crise politique »
- 3:30Jacques ChiracFait
« Je suis un homme de concertation de dialogue je l'ai prouvé lorsque j'étais au gouvernement ministre de l'Agriculture par exemple ministre de l'Agriculture je n'ai jamais pris une décision sans qu'elle est été concerté et en accord avec tous les représentants des agriculteurs »
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] monsieur Chirac dans la première intervention télévisée de la campagne officielle vous avez proposé aux françaises et aux Français le renouveau dans la sécurité s'agit-il là d'une de ces formules bien balancé mais un peu creuse comme on en utilise dans les campagnes électorales ou bien cela recouvre-t-il une intention et un projet politique précis c'est évidemment un projet politique précis et c'est également une exigence pour les Français vous sentez bien et je le vois davantage chaque jour en parcourant nos provinces de métropole ou d'outrre m que nos compatriotes veulent le changement mais ils veulent également la sécurité et le changement qu'est-ce que c'est c'est d'une part une autre manière de gouverner donnant aux françaises et aux Français plus de liberté plus de responsabilité mais leur donnant aussi le sentiment que les affaires de la France sont conduites avec fermeté et puis c'est un objectif une ambition celle de lutter avant tout contre le drame du chômage et pour cela libérer les les entreprises les travailleurs des contraintes excessives qu'on fait peser sur eux actuellement ou monsieur Chirac vous n'êtes pas le seul à proposer le redressement économique et le renouveau le candidat du Parti socialiste par exemple se présente aussi comme un candidat de renouveau oui et c'est dangereux le renouveau que propose le candidat du Parti socialiste s'appuie sur des propositions économiques bien anciennes et que l'on connaît bien et qui ne peuvent conduire je n'hésite pas à le dire qu'à la faillite dans la mesure où il promet tout mais où il prévoit aucun des moyens nécessaires pour tenir ses promesses et puis elles ne peuvent conduire sur le plan politique qu'à l'aventure car la participation que son élection impliquerait des communiste vraiment nous fait craindre le pire au niveau de nos libertés au niveau de notre capacité à maîtriser les affaires de notre pays non ce n'est ni le renouveau ni surtout la sécurité mais je dois reconnaître que ce que l'on nous propose par ailleurs consistant à continuer ce que nous faisons depuis des années n'est pas non plus le renouveau et n'est pas non plus la sécurité un pays qui a qui a aujourd'hui 1600000 chômeurs qui aura d'après tous les experts si l'on ne change pas de politique près de 2 million et demi de chômeurs dont près de 1 million et demi de jeunes à la recherche d'un premier emploi est un pays qui joue avec sa stabilité et sa sécurité car on ne peut pas imaginer que les hommes les femmes et surtout les jeunes de notre pays accepteront longtemps sans d'abord se décourager sans peut-être un jour avoir des sentiments ou des tentations de révolte une situation où il ne trouveraient pas d'emploi où il seraiit transformer en assister et d'autre part financièrement cela coûte très cher il vaut toujours mieux payer des hommes à travailler que de les payer à ne rien faire en un mot le renouveau c'est le redressement économique et le redressement social et vous vous êtes longuement expliqué sur ces deux points depuis 2 mois mais ce que vous entendez par sécurité reste encore un petit peu flou dans l'esprit des Français et je souhaiterais qu'aujourd'hui vous nous en disiez plus à ce sujet bien la ST la sécurité c'est d'abord la stabilité politique pour un pays comme la France qui dans les difficultés qui sont les siennes ne peut pas si j'ose dire souffrir une crise politique pour que cette stabilité soit assurée il faut que le président qui demain sera élu puisse disposer d'une majorité d'une majorité pour soutenir à l'Assemblée son gouvernement si je suis élu président j'aurai cette majorité elle existe naturellement et je l'accueillerai à bras ouverts je veux dire de tout cœur quelque quelqu pu être sa position dans l'élection présidentielle quel qu'it pu être son origine au point de vue politique pour moi il n'y aura pas de bien-aimé et de malaimé dans la majorité mais simplement des hommes et des femmes décidé à participer à l'effort de redressement de notre pays et cette majorité enfin je l'élargirai car j'y accueillerai sans aucun sectarisme toutes celles et tous ceux en imant personne et avec les mêmes droits et les mêmes devoirs qui voudront s'associer à cet effort de redressement enfin je le ferai dans un parlement qui doit retrouver les droits qui sont les siens en matière de contrôle en matière d'initiative parlementair les droits que lui reconnaît la Constitution mais qu'éas de plus en plus lui conteste abusivement le gouvernement en somme vous prenez ainsi l'engagement devant le pays durer la stabilité politique durant le prochain septena mais si vous le voulez bien faisons un petit retour en arrière vous savez que certains vous reproche de n'avoir pas été au cours des dernières années dans la majorité un facteur de stabilité oui c'est ainsi qu'on crée les fausses réputations la stabilité d'une majorité est uniquement fonction de l'impulsion de l'esprit que lui donne celui qui a la responsabilité la plus importante c'est-à-dire le chef de l'État et ce que je peux vous dire c'est que si je suis élu je ferai tout ce qui est nécessaire pour restaurer par la réconciliation l'unité nationale qui est d'autant plus nécessaire aujourd'hui que notre pays doit affronter de graves difficultés notamment économique et c'est ainsi en particulier qu'il faut mettre un terme à toute une série de contentieux je prendrai simplement un exemple mais il n'est pas acceptable qu'aujourd'hui nos compatriotes rapatriés d'Algérie ou d'ailleurs soit encore déçu traumatisé et un peu divisé par rapport à la nation il faut et j'y ai pris j'en ai pris l'engagement que demain une nouvelle loi règle définitivement leur sort mais il faut surtout qu'une loi définitive sans réser totale d'amnistie permettent d'oublier ce qui un temps nous a séparé mais ce qui maintenant fait partie certes de notre histoire mais pas de notre avenir ce que vous dites là Monsieur Chirac de la sécurité concerne surtout la vie politique oui mais la vie politique est très importante et ce comportement de réconciliation et d'unité nationale est essentiel vous savez je fais partie de ceux qui dans notre histoire préfèrent et de beau oup Henri à Louis XV la vie politique est importante certes mais ce que les Français entendent par le mot de sécurité le plus souvent dans leur vie quotidienne c'est peut-être un peu autre chose c'est une préoccupation très précise notamment celle de la sécurité quel est votre idée là-dessus la sécurité et en particulier celle des personnes et des biens n'est pas assurée aujourd'hui et c'est un drame pour beaucoup et notamment pour les plus faibles vous en savez quelque chose en tant que maire de Paris c'est vrai je n'ai pas la responsabilité de la sécurité elle appartient à l'État c'est-à-dire au préfet de police là où je l'exerce modestement dans nos squir dans nos parcs j'ai mis en place des systèmes d'inspecteurs de sécurité qui ont parfaitement réussi et qui prouvent que lorsqu'on a la volonté de le faire et bien on peut assurer la sécurité vous savez la démocratie est un régime fragile c'est un régime essentiel dans la mesure où il est le seul à permettre exercer ses libertés aux citoyens mais elle est toujours la démocratie menacée et si elle veut survivre si elle veut préserver les libertés il faut qu'elle ait bien conscience qu'elle doit être un régime d'autorité c'est-à-dire un régime dont le chef le gouvernement ne doit pas accepter que la loi républicaine une fois votée par la majorité et qui donc s'impose soit impunément bafoué et c'est pourquoi j'ai dit qu'il fallait avoir à la fois la volonté mais aussi les moyens et que l'un des premiers gestes de mon gouvernement serait de déposer devant le Parlement un projet de loi programme pour doter nos forces de police et de gendarmerie des moyens en personnel et en matériel nécessaire pour que ces forces qui sont par ailleurs exemplaires puissent exercer véritablement leur éminente mission car rien n'est plus important dans un état républicain que d'assurer la sécurité des personnes et des biens et le projet de loi dont vous nous parlez monsieur Chirac et qui serait une de vos premières initiatives ne vient-il pas un peu tard il y a déjà eu récemment à l'Assemblée nationale et au Sénat une discussion sur une loi qui s'appelait sécurité et liberté et vous ne l'avez pas voté cette loi oui on m'a déjà posé la question simplement parce que ce dont nous avons besoin aujourd'hui ce ne sont pas de textes supplémentaires et d'ailleurs celui-là pouvait être dans d'autres mains dangereux pour les libertés des citoyens mais ce dont nous avons besoin c'est d'une volonté que chacun sache que s'il enfreint la loi il sera sanctionné avec justice mais avec rigueur et d'autre part nous avons besoin des moyens c'est ce que j'évoqué tout à l'heure vous permettrez de sortir maintenant peut-être un peu de cet examen des projets des techniques pour évoquer un point un peu personnel je vous écoute depuis quelques minutes vous parlez beaucoup de sécurité de fermeté d'autorité est-ce que vous ne craignez pas ainsi d'accentuer certains traits de votre image dans l'opinion publique vous savez que certains vous reprochent d'être un homme autoritaire et ceux qui ne vous aiment pas vont même encore plus loin oui ce n'est pas exact je suis un homme de concertation de dialogue je l'ai prouvé lorsque j'étais au gouvernement ministre de l'Agriculture par exemple ministre de l'Agriculture je n'ai jamais pris une décision sans qu'elle est été concerté et en accord avec tous les représentants des agriculteurs je le prouve en tant que maire de Paris en ayant développé largement les structures de concertation je crois beaucoup au dialogue une perte de temps la concertation non pas du tout c'est essentiel si l'on veut que la société puisse évoluer et puis si l'on veut bénéficier de l'imagination des uns et des autres et ne pas s'enfermer dans la routine c'est très important et bien c'est ainsi que j'entends gouverner mais si je ne suis pas un homme autoritaire en revanche je considère que lorsque la décision est prise elle doit être appliquée et le cas échéant notamment lorsque la sécurité est en jeu elle doit l'être avec fermeté notre conception de la démocratie telle que vous nous l'exposez est un peu originale pour vous la démocratie est un régime d'autorité habituellement on associe plutôt le mot de démocratie au mot de liberté alors comment est-ce que vous il tout cela pour moi le seul moyen de préserver les libertés c'est de préserver la démocratie et donc il faut que celle-ci ne soit mise en cause par personne les libertés qu'est-ce que c'est et là aussi il y a beaucoup à dire la liberté c'est d'abord les droits de l'homme et je suis pour ma part préoccupé de voir à quel point la France pays des droits de l'homme idée qui reste très forte chez tous nos concitoyens et notamment dans le cœur des jeunes de notre pays cette conception alors que ces droits de l'homme sont bafoués de plus en plus à l'extérieur notamment n'animent plus la politique de la France et sur le plan intérieur nous voyons se développer à nouveau des tentatives notamment antisémite on voit d'autre part également des tentations de remettre en cause les droits des émigrés bref il y a aujourd'hui une remise en cause des droits de l'homme il faut réagir et là encore avec fermeté pour que ne se développe pas dans notre pays ces idées malsaines et dangereuses qui sont en réalité plus ou moins des idées racistes et puis il y a aussi naturellement tout ce qui touche l'excès et l'abus de la réglementation et qui m en cause nos libertés il y a l'inadaptation de notre organisation administrative c'est un peu un de vos thèmes favoris là Monsieur Chirac est-ce que vous n'avez pas tendance parfois à tirer sur le pianiste les fonctionnaires sont chargés actuellement de tous les péchés mais après tout vous êtes vous même fonctionnaire vous êtes un technocrate oui oui mais rodé par des élections successives aux réalités de la vie quotidienne non les fonctionnaires sont en France heureusement des gens éminents et ils sont les premiers à souffrir de l'abus de réglementation et aussi de l'augmentation excessive du nombre de fonctionnaires ce qui ne permet pas de donner à ceux qui sont en place et qui sont nécessaires à la fois la considération le traitement le salaire auquel il devrait avoir droit regardez par exemple l'exemple des instituteurs mais au-delà je disais l'organisation administrative nous avons eu tort de rejeter en 1969 la réforme régionale que nous proposait le général de Gaulle le moment est venu de la reprendre aujourd'hui non pas pour donner l'indépendance politique naturellement aux régions mais pour leur donner une certaine indépendance économique sociale culturel comme il faut développer les moyens et aussi les pouvoirs des municipalités des maires qui sont la possibilité de développer la démocratie du quotidien comme il faut développer je le disais tout à l'heure systématiquement la concertation et les moyens de la concertation en somme vous voulez rendre d'une certaine manière la parole au français mais et dans le monde où nous vivons pour prendre la parole il faut pouvoir utiliser les grands moyens d'information la presse la télévision la radio est-ce que vous n'avez pas le sentiment que cet alourdissement de l'emprise de l'État que vous dénoncez se fait sentir aussi en matière d'information oui hélas hélas c'est vrai que l'emprise de l'État sur l'information dans notre pays est tout à fait excessive et que pour cette raison et aussi pour des raisons d'évolution technique il faudra prévoir beaucoup plus de liberté dans ce domaine y compris en remettant en cause probablement le monopole de programmation plus de liberté ça me paraît essentiel mais naturellement cela ne pourra et ne devra se faire qu'avec l'accord je dis bien l'accord de la presse écrite et notamment de la presse régionale de la presse professionnelle car si l'on devait développer la liberté d'information au détriment de la presse alors on ferait une très mauvaise action culturelle vous venez de nous préciser ainsi Monsieur Chirac ce que vous entendez par le renouveau dans la sécurité mais est-ce qu'il n manque pas l'essentiel finalement au moment où les Français vont choisir un président de la République est-ce que pour eux la sécurité ce n'est pas avant tout la confiance et la confiance dans les engagements pris oui la confiance j'ai fixé j'ai prévu des engagements j'ai pris des engagements j'ai fixé un calendrier et bien comme je l'ai toujours fait en cores comme je l'ai fait à Paris ces engagements je les tiendrai pour terminer si vous permettez Monsieur Chirac je voudrais vous parler un peu d'autrees choses que de renouveau et de sécurité j'ai entendu lundi soir comme tous les Français un certain nombre de candidats monsieur giscardestin notamment qui avec un certain ton de regret constatit qu'il était seul contre neuf dans cette campagne électorale qu'en pensez-vous vous savez lorsque j'étais en ENF et que nous jouiononss dans la cour de récréation si par hasard je recevais un petit coup je n'étais pas de ceux qui allait se plaindre au surveillant mais soyons sérieux seul contre neuf qu'est-ce que cela veut dire je n'ai pas observé qu'aucun autre candidat faisait ma campagne j'ai également le sentiment d'être seul contre neuf tout simplement parce que je le suis parce que chacun des candidats est seul contre 9 dans la mesure où nous sommes 10 c'est une situation qu'aucun candidat ne peut en réalité estimer être le seul à l'avir je crois en réalité qu'il faut tout simplement que chaque candidat puisse s'exprimer librement et puisse s'exprimer dans la sérénité et sans polémiquer et pour ma part c'est ce que je fais [Musique]