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Débatyoutube.com· 6 juillet 2016 25 minContradictoireFond programmatiqueÉducation & rechercheTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Alexandre Loubet invité du débat de "On va plus loin" sur Public Sénat.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Le baccalauréat reste une étape à franchir, un cap, mais une étape de plus en plus facile pour ne pas dire une formalité. Qu'en pensez-vous ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes d'accord avec le constat que le bac est plus une formalité qu'une étape symbolique ?

  • 7:04OuverteRéponse partielle

    Chaque année, ce sont 150 000 élèves qui décrochent du système scolaire. Comment lutter efficacement contre ce décrochage ?

  • 8:31FerméeRéponse partielle

    Les moyens financiers sont-ils la clé de tout pour résoudre les problèmes de l'éducation ?

  • 8:54FerméeRéponse partielle

    Un plan gouvernemental vise à diviser par deux le nombre de jeunes sans qualification d'ici 2017. Est-ce suffisant ?

  • 13:28OuverteRéponse directe

    Quelles sont les principales réformes de l'éducation nationale qui ont été contestées ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueFait
    « on est toujours face à une inégalité dans le cursus scolaire »
  • 1:40Invité politiqueChiffre
    « il y a quand même un conseiller d'orientation pour 1300 élèves aujourd'hui en France »
  • 2:00Invité politiqueChiffre
    « il y a plus de 10 000 lycéens qui se retrouvent sans affectation chaque année »
  • 7:04PrésentateurChiffre
    « chaque année, ce sont 150 000 élèves qui décrochent du système scolaire »
  • 10:31InvitéChiffre
    « on nous annonce la suppression de 300 000 fonctionnaires, notamment en l'éducation nationale »
  • 13:12InvitéChiffre
    « à la fin du CM2, 20% des élèves ressortent sans savoir parler convenablement français »

Temps de parole

  • Invité23 %
  • Invité 220 %
  • Présentateur19 %
  • Invité 318 %
  • Alexandre Loubet15 %
  • Présentateur 25 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Oui, et pour les heureux reçus, c'est la période après-bac qui s'ouvre, ce soir avec ses choix, ses incertitudes, l'occasion pour nous de nous intéresser à ce cursus universitaire et professionnel. Comment faire en sorte qu'il rapproche au maximum les étudiants du marché de l'emploi ? La jeunesse, souvenez-vous, était au cœur de la précédente campagne présidentielle. Qu'en sera-t-il en 2017 ? Ces paroles de jeunes, ce soir avec nos invités, Imen Mirawi, bonsoir. Bonsoir. Et bienvenue, vous êtes la secrétaire nationale au projet des Jeunes Socialistes. Nous accompagne Camille Laine, bonsoir. Bonsoir. Secrétaire générale du mouvement Jeunes Communistes de France.

En face de vous, Alexandre Lobet, bonsoir. Bonsoir. Président des Jeunes de Debout la France. Et Clément Forestier, nous accompagne, bonsoir. Bonsoir. Déléguée nationale des Jeunes Les Républicains. Alors, mesdames, messieurs, chaque année, c'est désormais, Camille Laine, la même musique que l'on entend. Le baccalauréat reste une étape à franchir, un cap, mais une étape de plus en plus facile pour ne pas dire une formalité. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ?

1:02
Alexandre Loubet

Une formalité ? Non, je ne pense pas. Parce que déjà, le bac, c'est quand même quelque chose d'important dans la vie d'un jeune. Et en plus, il ne faut quand même pas oublier qu'on est toujours face à une inégalité dans le cursus scolaire. Parce que, évidemment, on ne peut que se féliciter de la réussite au bac. Mais par contre, on remarque quand même que, malgré tout, selon la classe sociale qu'on occupe, on n'est pas forcément dans les mêmes filières. Et on est souvent bloqué. En fait, c'est un constat. Mais les classes les plus populaires, en fait, les enfants se retrouvent dans les filières qui sont soit professionnelles, soit technologiques.

Et en fait, généralement, on les pousse un peu à faire ça parce que l'orientation ne permet pas d'accéder facilement aux filières qu'on désire. En plus, il y a quand même un conseiller d'orientation pour 1300 élèves aujourd'hui en France. Et du coup, souvent, l'orientation, elle est plus subie que choisie. Et c'est un vrai problème, selon moi. Et je pense que c'est déjà une question qu'il faudrait se poser, sans compter, en plus, tous les problèmes budgétaires qu'il peut y avoir. Puisque, évidemment, les classes sont surchargées. Et c'est parfois très compliqué, y compris on manque de place. Il n'y a pas assez de place pour des élèves.

Il y a plus de 10 000 lycéens qui se retrouvent sans affectation chaque année. Et donc, je pense que c'est encore un combat aujourd'hui. Et c'est un vrai problème. Et je pense que, évidemment, c'est une bonne chose, le taux de réussite au bac. Mais je pense qu'il ne faut pas non plus oublier que les inégalités, elles sont toujours là.

2:14
Présentateur

Et on va insister ce soir sur, évidemment, l'orientation. Mais Alexandre Loubet, sur ce constat qu'on entend souvent, comme quoi le bac, c'est plus cette étape symbolique que l'on a à franchir. Est-ce que vous êtes d'accord avec le constat ?

2:24
Invité

Je suis d'accord avec le constat. C'est vrai que le baccalauréat constitue un moment dans la vie qui est assez important lorsque l'on est bachelier. Mais le fait est que le constat devient de plus en plus alarmant pour l'école, plus généralement. Puisque, comme vous l'avez dit, ce nivellement par le bas, finalement, du niveau du baccalauréat, illustre, je pense, le véritable état de l'éducation aujourd'hui en France. Puisque, comme l'a dit Camille, il est vrai que l'école est de plus en plus un lieu de reproduction des inégalités. L'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social.

Et l'école, pardonnez-moi, mais stigmatise de plus en plus l'excellence et le mérite, tant de la part du gouvernement républicain, de l'action du gouvernement républicain de François Fillon auparavant, puis désormais encore pire avec l'actuel gouvernement socialiste. Donc c'est vrai que je m'inquiète pour l'avenir de l'éducation, qui, il faut le reconnaître, il faut le reconnaître, constitue le véritable tremplin pour l'avenir de notre pays.

3:26
Présentateur

Il m'énerve, je laisse réagir déjà à l'attaque, et puis on va élargir le débat.

3:30
Invité

C'est une vérité. Accuser le gouvernement socialiste d'ancrer encore un peu plus le système qu'il veut, effectivement, qu'il y ait une reproduction sociale des élites, et renforcer, soi-disant, l'élitisme à l'école, je ne le crois pas. Je ne le crois pas, parce que justement, ce gouvernement, alors peut-être que sur d'autres sujets, on a d'autres points de désaccord, mais je crois que sur l'éducation, pour le coup, notre gouvernement agit de manière à ce que, justement, l'ensemble des enfants de France, qui passent par les bancs de l'école république, puissent justement avoir les outils entre les mains pour eux-mêmes participer à construire leur parcours propre d'excellence.

Et pour le coup, quand on augmente le budget, quand on augmente le budget, je vous écoutais, donc je pense que je pouvais m'exprimer, quand on augmente le budget de l'éducation nationale qui a été effectivement massacré par 10 ans de politique de droite, qui ont fragilisé, bien évidemment, l'école de la république, qui avait supprimé aussi quasiment 160 000 postes d'enseignants, au détriment du coup des élèves, et d'autant plus les élèves en difficulté. Nous, quand on fait 60 000 postes dans l'éducation nationale, quand on restaure la formation des profs, qui avaient été supprimés par la droite, je ne crois pas qu'on cherche à juste aider ceux qui s'en sortent déjà le mieux.

Quand on supprime les bourses aux mérites pour permettre... Je vais vous dire une chose, le mérite, c'est le premier des éléments qui se moquent des origines sociales. Le mérite, c'est le premier des éléments qui met à égalité l'ensemble des élèves, quelle que soit leur origine sociale.

4:55
Présentateur

Là, il y a une ligne de fracture, j'imagine, avec Camille Aené et Imen Mira. Oui, je vais vous laisser réagir, Clément Faurassier, parce que c'est aussi l'héritage, j'allais dire, de votre gouvernement, et puis de nombreuses années de droite sur l'éducation qui est mise en cause ici.

5:06
Invité

D'abord, j'ai quand même envie d'avoir un mot pour féliciter tous les nouveaux bacheliers qui doivent être très heureux ce soir, et j'espère devant Public Sénat, et avant d'aller faire un peu la fête pour fêter ça. Non, mais évidemment, féliciter, c'est un moment important dans la vie d'un étudiant, le moment où on passe le bac, on a l'impression que c'est un accomplissement, c'est la fin d'une époque scolaire, avant de pouvoir s'engager dans une voie qu'on a vraiment choisie, avec la fin de ce tronc commun, etc. C'est important.

Maintenant, 80% d'une génération, puisque c'est 79 et quelle, que cette année, qui a le bac avant rattrapage, avant rattrapage, c'est-à-dire que ce sera encore plus important après, malheureusement, on ne peut pas considérer que ça puisse derrière constituer pour eux un bagage au moins suffisant pour pouvoir s'imposer par la suite, aussi bien dans le monde des études supérieures que dans le monde professionnel pour ceux qui iront directement. Donc, il y a déjà une vraie problématique là-dessus, et je suis tout à fait d'accord.

Malheureusement, ce rêve d'avoir une génération entière titulaire du baccalauréat qui a été presque accompli, je veux dire, voilà, ça y est, on y est quasiment, a tout nivelé par le bas, et finalement a fait en sorte que les plus méritants, ceux qui avaient le plus travaillé, ceux qui sont le plus donnés pour l'avoir, ne bénéficient pas de cette différence, puisqu'on le donne à toute une génération. Maintenant, moi j'ai envie d'être un peu productif, on a tous autour de la table moins de 30 ans, j'imagine, aucun d'entre nous n'a été ministre, donc ne nous contentons pas de nous renvoyer la responsabilité, alors quand c'était la droite, quand c'était la droite, c'était...

Quand on est responsable d'un mouvement, il est normal que l'on tente la responsabilité de l'action de ce mouvement. Oui, mais enfin, franchement, ça n'a grandit personne, et quand c'était la droite, c'était un désastre, maintenant la gauche, ça va mieux, l'inverse, etc. Tout ça ne nous fait pas avancer. Moi, je pense que la vérité, c'est qu'il faut maintenant refonder définitivement notre système d'éducation. Et ça part de la plus petite enfance de la maternelle jusqu'aux études supérieures à l'université.

6:55
Présentateur

Refonder, c'est le mot qu'on entend le plus souvent. Refonder l'Europe, refonder l'école, il y a du travail.

6:59
Invité

Mais on a du travail, c'est le travail de notre génération.

7:01
Présentateur

Sur un chiffre important, Camille, qui reste très trop important, chaque année, ce sont 150 000 élèves qui décrochent du système scolaire, un chiffre colossal, et une réalité sur laquelle on entend, pardonnez-moi, toujours les mêmes discours. Qu'avez-vous votre regard ? Comment lutter efficacement contre ce décrochage ? Et ça, c'est terrible, parce que souvent, ce sont des familles aussi qui vont être répercutées par ça. Comment vous pensez, si vous aviez une proposition sur ce thème ?

7:23
Alexandre Loubet

Déjà, avant ça, j'aimerais quand même revenir sur la notion de méritocratie, parce qu'en vrai, pour moi, c'est de l'hypocrisie, parce que, je suis désolé, on ne peut pas faire le constat qu'aujourd'hui, en France, on a des inégalités face à l'éducation, et que, du coup, on serait égaux face à la réussite, parce que ce n'est pas vrai. Je veux dire, quand on vient d'un milieu social...

7:39
Invité

C'est-à-dire qu'il faut supprimer la notation.

7:41
Alexandre Loubet

Eh bien, en fait, je suis désolée, mais quand on vient d'un milieu social défavorisé et qu'on n'a pas des parents qui sont en capacité de nous aider, etc. Mais l'école est là pour aider. Oui, alors, bien sûr. Et bien, en fait, si on lui donne...

7:51
Invité

C'est pas l'objectif, c'est que la gauche l'a complètement déconstruite. Alors, la gauche, la gauche... Donc, elle ne joue plus son rôle.

7:54
Alexandre Loubet

Oui, alors, ne parlez pas de la gauche, parce que... Mais je veux dire quoi ? Mais je veux dire quoi ?

7:57
Invité

Comment aider ces élèves décrocheurs,

8:02
Présentateur

parce que c'est lié à ce dont vous parlez ?

8:04
Alexandre Loubet

Eh bien, oui, en fait, justement, parce que si on... Déjà, il faut évidemment lutter contre les inégalités, parce que c'est aussi ça qui participe à favoriser tout le monde et à permettre que chacun puisse accéder au système éducatif. Et en plus, la question des moyens et des moyens qu'on donne à l'éducation, c'est ça aussi la clé, puisque les budgets sont en baisse. Et typiquement, c'est un vrai problème. Et c'est pareil pour l'éducation, l'enseignement supérieur. Il faudrait plus d'un million d'euros en plus pour que l'enseignement supérieur fonctionne correctement aujourd'hui. Donc, à un moment donné, il faut aussi...

8:31
Présentateur

Les moyens, c'est la panacée, c'est la clé de tout ? Parce que ce n'est pas une proposition, l'argent.

8:36
Alexandre Loubet

C'est certainement pas une... Alors, déjà, c'en est une, je pense, quand même. Mais en plus, c'est certainement pas la clé de tout, parce qu'évidemment, il faut une politique derrière. Mais par contre, ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut pas faire des discours dans le vent et après, derrière, casser le budget de l'éducation. Ça, ça n'a aucun sens.

8:50
Présentateur

Imen Mirawi, je vous laisserai... Il y a un plan qui a été mis en place par le gouvernement pour lutter contre le décrochage, justement, et diviser par deux le nombre de jeunes sortant sans qualification du système éducatif d'ici à 2017. Alors, il s'agit en fait d'accompagnement. Est-ce que c'est une suffisance, là, aujourd'hui ?

9:06
Invité

En fait, il n'y a pas de mesure qui se suffit à elle-même. Je crois qu'une réforme de l'école, c'est repenser globalement, en gros, notre système éducatif, mais aussi au-delà notre modèle, peut-être, social, puisque, effectivement, tu le disais, aujourd'hui, on est le pays où l'origine sociale de l'élève et de la famille dans laquelle il est né est le plus déterminant pour la réussite, je ne sais pas ce qu'on peut appeler réussite, dans le parcours scolaire. J'ai un horreur du mot méritocratie, et je te rajoute là-dessus. On avait remarqué.

Oui, mais parce qu'en fait, c'est une morale de vainqueur qui explique sincèrement que, en gros, les jeunes qui auraient réussi ont travaillé, tu l'as dit, et ceux qui ont échoué, de fait, en fait, c'est parce que c'est des flémards ou parce qu'ils ne travaillent pas assez, notamment le soir. Alors, c'est parce que je suis d'accord sur la première partie de ta phrase. Ceux qui réussissent ont toujours travaillé. Ça, c'est un fait, c'est sûr, et certains, personne ne naît avec l'immaculé connaissance. Oui, mais seulement.

Par contre, que ceux qui échouent, pour des raisons diverses, il y a ceux qui, effectivement, n'ont pas travaillé et qui, eux, finalement, ont assez peu d'excuses, et il y a aussi ceux qui échouent pour tout un tas de facteurs, des facteurs sociaux, des facteurs personnels, des facteurs familiaux, et c'est ces gens-là qu'il faut accompagner, c'est ceux-là qu'il faut accompagner. Est-ce que vous avez fait en supprimant des postes ? Est-ce que vous avez fait en supprimant des postes ? Je n'ai supprimé aucun poste. Non, mais c'est la droite. Tu sais très bien. Alors, on peut refaire, encore une fois, on peut faire un départ. 80 000 postes d'enseignants a été supprimés par les républicains.

Je tiens quand même à le signaler. Tu es issu d'une famille politique, donc tu la soutiens. Tu soutiens donc son prise idéologique. Moi, j'ai envie de penser à l'avenir de mon pays et pas au passé de ma formation politique. C'est pas un passé, c'est une continuité. On nous annonce la suppression de 300 000 fonctionnaires, notamment en l'éducation nationale. Je suis très heureux d'être là pour parler de l'avenir de mon pays. Oui, moi aussi. Ce que j'ai envie de défendre dans l'avenir de mon pays, c'est qu'on en finisse avec cette lubie du collège unique. La vérité, c'est que le collège unique, c'est le collège unique qui a créé toutes ces inégalités qu'on a aujourd'hui.

Le jour où on individualisera le collège, où on permettra dès l'entrée en sixième à tous les étudiants de choisir un certain nombre d'options. On n'est pas édité en sixième, par exemple. En conservant un tronc commun, évidemment, avec les matières.

10:57
Présentateur

Mais il est très précoce, ces étudiants dont on parle.

10:59
Invité

Oui, on étudie. En conservant un tronc commun, mais en augmentant au fur et à mesure l'individualisation des choix pour qu'on puisse, dès la sixième, prendre des options. Oui, bien sûr, prendre des options. À 11 ans, toi, tu étais capable déjà de savoir exactement ce que tu voulais faire. Mais j'aurais trouvé passionnant qu'on m'offre la possibilité d'étudier, je ne sais pas moi, le cinéma, ou le codage, ou l'électro-technique. Je vois que c'est républicain. Ça aurait été très intéressant. Je vois que les républicains et les socialistes rejoignent, je suis heureux. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on est en train de parler... Bon, visiblement, vous êtes opposé au mérite, peu importe.

Mais toi, visiblement, tu es favorable. Seulement, tu ne te donnes pas les moyens qu'on puisse vraiment permettre aux jeunes... Parce que nous, ils avons fait les bourses au mérite. Vous avez fait les bourses au mérite, mais attends, vous êtes en train, visiblement, de cautionner l'ensemble des enseignements de complaisance. Oui, exactement, de complaisance. Parce qu'à mes yeux, les rythmes scolaires qui, pardonnez-moi, mais suppriment 45 minutes, 45 minutes quotidiens, par jour, 45 minutes par jour, en primaire, de temps de classe... On ne le supprime pas, parce qu'on est revenu à la semaine de fin. C'est aberrant.

Quand on voit votre réforme des collèges, qui est en train de mettre en place des soi-disant projets qui consistent davantage à du divertissement, au détriment de 4 heures d'enseignement de savoirs fondamentaux, comme le français, comme l'histoire géo, comme les mathématiques, ça se substitue. Vous êtes en train de substituer... Vous êtes en train de substituer le divertissement, l'amusement permanent, vous êtes en train de transformer l'école en centre de vacances, de colonies. Là, je suis d'accord, mais... Et aucune opposition de la part des Républicains.

Si je voudrais préciser un tout petit peu mon propos, ce que je disais, c'était plutôt une critique envers ce qui est justement fait par le gouvernement, parce que ce que je considère, c'est qu'il faudrait proposer aux élèves des options professionnalisantes dès le départ pour apprendre des compétences techniques qui vivent à des médias. Mais dès qu'on parle de compétences professionnelles au collège, dans l'école, le cinéma, on s'entend de son bac.

12:49
Présentateur

Il m'a dit qu'on va parler de l'orientation. Qu'est-ce que vous répondez à ces arguments ?

12:52
Invité

Ça me stupéfait d'entendre des choses pareilles, parce qu'en l'école, en fait, on n'apprend pas que des maths du français et de l'histoire. C'est très important et on continuera à le faire. On parlait des inégalités qui se creusent, qui se creusent déjà dès le plus jeune âge. Qu'est-ce qui se passe ? C'est qu'on a une différence d'accès à la culture, à des pratiques sportives. Ce qui se passe, c'est qu'à la fin du CM2, 20% des élèves ressortent sans savoir parler convenablement français. À la fin du CM2, 30% des élèves ne savent pas... En l'espace de quelques groupes,

13:22
Présentateur

on va sauter quelques classes, on va dire qu'on a eu le bac déjà, on va voir la suite de l'orientation, je vais vous faire réagir Camille-Len. Puisque vous parlez beaucoup de réformes, on va revenir sur les principales réformes de l'éducation nationale qui sont passées dans la douleur. Regardez. Avec 90 milliards d'euros, l'État a fait de l'éducation nationale son premier poste budgétaire. Une priorité, mais des résultats mitigés. Depuis le début de la Vème République, la France a connu 32 ministres rue de Grenelle. Des réformes qui s'empilent et souvent contestées. Le plus emblématique restera sans doute Claude Allègre, le ministre qui voulait dégraisser le mammouth.

En 1997, sa réforme de l'enseignement supérieur l'aura juste obligée à démissionner. En 2007, même sanction pour Xavier Darkos, suppression de postes, fin des IUFM, puis grande réforme du lycée. Face aux manifestations, la réforme est reportée, puis retirée. Depuis 2012, Vincent Payon, puis Najat Vallaud-Belkacem se sont lancés dans une loi de refondation de l'école de la République. Réforme des rythmes scolaires, du collège, de l'éducation prioritaire. Face aux grèves et manifestations, le gouvernement n'a pas fléchi. Mais pour quel résultat ? Niveau en baisse, salaire des enseignants trop faible, inégalité qui se creuse.

De nombreuses études dénoncent un système éducatif français à la traîne qui aurait sans doute besoin de plus de stabilité pour réussir à se réformer. Camille Hélène, on ne va pas reprendre la comparaison de l'éducation nationale et du fameux mammouth qu'il faudrait dégraisser, mais il est vrai qu'il y a quand même beaucoup de difficultés, de complexités quand il s'agit de transformer les choses dans l'éducation nationale.

14:58
Alexandre Loubet

De toute façon, tout est compliqué à transformer si on prend comme ça. Particarement en France.

15:02
Invité

Parce qu'on est manifesté dès qu'on touche à quelque chose.

15:04
Alexandre Loubet

Oui, dis donc. En fait, en même temps, si on y touche mal, voilà. Mais après, quand il y a une volonté, il y a un chemin. Donc, tout est une question de volonté. Je pense que si on veut correctement changer les choses, on peut le faire. Donc, à un moment donné, il faut aussi se donner les moyens et voir ce qu'on veut faire de notre éducation. Et je pense que c'est ça la priorité.

15:25
Présentateur

Et la question de l'orientation, justement, qui est essentielle. Alexandre Loubet, on va parler des choix. Mais est-ce qu'il est temps désormais même de changer de mentalité ? Qu'est-ce que vous en pensez par rapport aux formations manuelles, artisanales ? Est-ce qu'il est temps de dire, de rappeler que ce ne sont pas des sous-métiers ? Au contraire, c'est l'inverse.

15:40
Invité

Bien évidemment. Bien évidemment. Moi, ce que je souhaiterais mettre en avant, c'est que, vous en avez parlé tout à l'heure, on est en train de plus en plus, au niveau du lycée, de discréditer, je ne comprends pas pourquoi, les baccalauréats professionnels. Les baccalauréats professionnels, c'est le moyen pour un étudiant, un élève, pardonnez-moi, qui se reconnaîtrait peu dans certains types de matières, et je le comprends totalement, et qui se reconnaîtrait plutôt dans d'autres, de pouvoir concrétiser ses choix. Et le vrai problème du collège unique, tu en as parlé, c'est que, alors, sixième, je trouve ça vraiment précoce.

Personnellement, au niveau du mouvement de Debout la France avec Nicolas Dupont-Aignan, nous estimons qu'il faudrait, en sixième et en cinquième, un socle commun d'enseignement qui soit prodigué, et dès la quatrième, assumer une certaine diversité des choix en matière d'enseignement, pour pouvoir correspondre à la volonté, parce que c'est ça l'essentiel, à la volonté de l'élève. Et le vrai enjeu, aujourd'hui,

16:38
Présentateur

il faut la connaître, cette volonté d'élève. Pour l'instant, ce sont des mots, ce n'est pas idéal.

16:42
Invité

Et au marché du travail. Exactement. Il faut lier le monde de l'éducation et le monde universitaire également, j'en viens, avec le monde du travail, parce que, quel est le vrai problème aujourd'hui ? Prenons l'université, par exemple. Honnêtement, c'est très déconnecté du véritable monde du travail. Et, bon, j'en parlais la dernière fois que j'ai été invité sur votre plateau. C'est vrai qu'à aujourd'hui, on constate que même, en matière d'alternance, d'apprentissage, les réglementations à aujourd'hui sont de plus en plus absurdes.

17:08
Présentateur

Alors, on va en parler. Je voudrais vous faire réagir. Vous avez beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Et celle-ci de Christiane Latour qui vous dit, déjà, irréconciliable, en parlant de vous quatre, alors j'ai peur pour l'avenir de la France et je crains pour nos enfants. Non, mais moi, je trouve ça plutôt simple

17:21
Invité

qu'il y ait de la divergence entre la gauche et la droite. C'est que, finalement, peut-être que tout n'est pas perdu, et d'autant plus en termes d'éducation. Vous y voyez des dépenses dont on y voit un investissement. Non, moi, je ne vois pas des dépenses. Je vois des humains derrière. Donc, on a à tout prix renforcé la découverte professionnelle dès le collège. Donc, en créant deux collèges. Donc, deux collèges. Pas deux collèges. Donc, deux niveaux. Pas deux collèges. Mais vous êtes en train de créer une jeunesse à deux vitesses. Oui, mais c'est ce que vous voulez faire aujourd'hui. Une éducation à deux vitesses.

Parce que vous savez très bien qu'aujourd'hui, quand vous parlez de renforcer l'apprentissage, enfin, dès le collège, qu'est-ce qui se passe ? On vous dit, on commence par faire le constat de renforcer, en gros, la découverte d'autres filières technologiques professionnelles dès le collège. On sait très bien. Et d'ailleurs, on a commencé l'émission sur ce constat-là. C'est qu'on est le pays où le poids social, économique, culturel est le plus déterminant dans la réussite. Et vous voulez, après, derrière, nous parler de choix de l'élève. Aujourd'hui, l'orientation, elle ne se fait pas par choix. Elle se fait par... On l'a subi.

Et malheureusement, moi, je ne crois pas que beaucoup, et on le voit encore actuellement, parce que derrière le chiffre de 80% de bacheliers, il y a une autre réalité. C'est que sur une même génération, seulement 30% un bac général, que derrière, c'est des filières, effectivement, des bacs de l'économie. Je vais vous laisser réagir, je voudrais juste... Une question, c'est quelle est la réalité

18:33
Présentateur

de vos parcours à vous, si on peut vous poser la question, parce que c'est récent encore, peut-être, le cursus universitaire et le baccalauréat. Est-ce que vous avez connu ces difficultés ? Est-ce que vous les vivez également ? Évidemment,

18:43
Alexandre Loubet

on peut en parler. Parce que moi, évidemment, je ne veux pas qu'on dénigre les filières professionnelles ou technologiques, mais en fait, de fait, vu qu'on oblige des gens à y aller, alors qu'ils n'ont pas forcément envie d'y aller, elles sont dénigrées. À un moment donné, quand on force des gens en leur disant tes notes, elles ne sont pas convenables parce que la personne peut avoir X ou X raisons de ne pas avoir des bonnes notes, y compris un parcours difficile, etc., et qu'on lui dit de toute façon, tire à là, à un moment donné, ce n'est pas de l'orientation choisie, c'est de l'orientation subie.

Et après, moi, titre personnel, j'ai fait une filière générale, j'ai un bac littéraire, et en fait, je ne savais pas ce que je voulais faire parce que je suis désolée, mais à 17 ans et demi ou 18 ans, c'est quand même compliqué quand on n'a pas d'interlocuteur en face de soi de trouver ce qu'on a envie de faire dans la vie et choisir comme ça à 18 balais pour toute sa vie, c'est très compliqué. Et moi, on m'a dit t'as des bonnes notes en langue, t'as qu'à aller là. Et en fait, je suis allée en langue et résultat, j'ai foiré mon année de fac. Donc voilà, je ne suis pas sûre que ce soit ça les bonnes solutions. Mais tout va bien,

19:35
Présentateur

vous avez atterri au mouvement jaune, comme il se devra. Je ne sais pas

19:38
Invité

si tout va bien.

19:39
Présentateur

Même question au personnel peut-être pour avoir...

19:42
Invité

Non mais la question de l'orientation...

19:46
Présentateur

Vous-même, juste la précision sur votre parcours et puis je vous laisse répondre.

19:49
Invité

Moi, j'ai un peu le parcours inverse. C'est-à-dire que moi, j'ai fait aussi un bac général ES dans le public et puis moi, je pensais savoir ce que je voulais faire et j'étais passionné comme j'ai toujours été et du coup, je voulais faire du cinéma. J'étais passionné de cinéma et je suis allé faire une école de cinéma. Et puis, il s'est trouvé que ça...

20:07
Présentateur

que vous vous retrouvez chez Les Républicains. Et vous voyez comme quoi... Je ne veux pas faire du bien.

20:11
Invité

Il y a beaucoup de cinéma et tout arrive. Mais non, j'étais passionné, j'ai aimé ça et puis je me suis réorienté à la fin de la première année parce que ça ne me correspondait pas et que j'ai aussi découvert autre chose. J'ai fait un cursus de droit tout à fait classique à l'université et je me suis, à la fin, spécialisé vraiment en MBA, en intelligence économique. Et là, pour le coup, dans le privé, pour la première fois. Mais je voudrais revenir sur cette question d'orientation.

20:34
Présentateur

Je voudrais juste avoir les deux parcours aussi d'Alexandre.

20:37
Invité

Pour rebondir sur ce que vous disiez, je tiens à noter que 36%... J'ai bien juste...

20:41
Présentateur

Non, non, mais c'est d'abord cette question. Après, je vous laisse réagir. Très bien.

20:44
Invité

Très bien. Moi, pour ma part, j'ai étudié dans un lycée à Toulouse, un lycée privé, pardon. Parce que... Pourquoi ? Parce qu'il y a énormément, énormément de nos jours et c'est grave d'établissements qui sont complètement abandonnés dans notre République. Des établissements...

21:00
Présentateur

Alexandre Loubet. Et après, qu'est-ce que vous avez fait ? Répondez sur vous-même.

21:03
Invité

Oui, non, mais c'est un vrai problème. C'est un vrai problème. C'est-à-dire qu'à aujourd'hui, les parents sont contraints d'envoyer leurs enfants quand ils le peuvent. Et après, qu'avez-vous fait ? C'est un énorme sacrifice. Ensuite, mais vous allez peut-être hurler parce que c'est peut-être aussi... Mais c'est pas honteux. Dites-nous ce que vous avez fait. Je vais vous lire. Une démonstration. Mais je suis désolé. J'ai passé un concours pour entrer dans une grande école et à mes yeux, c'est une démonstration... Mais c'est pas une honte. Désolé. Lorsqu'on fasse un concours, on est tous mis à égalité. Quels que soient les gens...

21:35
Présentateur

On ne va pas lui reprocher quand même

21:37
Invité

de vouloir accéder à une grande école. D'où que l'on vienne en matière de catégories socio-professionnelles. On est tous à égalité lorsqu'il y a de la sélection.

21:45
Présentateur

Et vous, la question plus personnelle

21:48
Invité

sur votre parcours ? Moi, je viens de mon département très, très rural, la Lauser. Donc, j'ai fait mon lycée privé aussi parce que c'était le choix de mes parents, famille d'immigrés qui pensaient qu'effectivement pour faire en sorte que les enfants réussissent, il fallait les mettre à tout prix d'un privé. Donc, j'ai plutôt bien réussi. J'ai fait des études en droit. Mais je refuse de prendre mon cas qui est pour moi une exception en fait. C'est de se dire bon, mais finalement, il y en a trois, quatre qui s'arrivent et que c'est bien. Donc, félicitations. C'est toujours important. C'est toujours un point d'exception. Ça peut être un symbole.

Oui, mais moi, je n'ai pas envie que ce soit une exception. J'aimerais que tous les élèves puissent avoir les moyens de réussir. Pas forcément de finir tous ingénieurs ou finir à l'ENA un parcours de réussite. Que chacun a le sien. Que chacun fasse ce qu'il a profondément envie de faire. Oui, mais c'est peut-être ça le plus important. Et qu'on donne à chacun les moyens de parvenir à ses fins. N'y parvenir par son travail, par son mérite, par son effort, mais d'y parvenir. Et qu'on lui donne les moyens d'y parvenir.

22:39
Présentateur

Mais qu'il y ait aussi une main tendue comme l'a dit Camylène parce qu'à un moment, il faut quelqu'un en face qui puisse vous orienter ou vous guider. Il y a toujours comme ça un référent, un professeur, quelqu'un qui sort du lot.

22:48
Invité

Justement, moi, je suis venu avec une proposition. J'ai lu avec grande attention le projet de loi de Vincent Péion qui avait proposé d'instaurer dans les filières sélectives la prime aux meilleurs bacheliers. Donc les 10% de meilleurs bacheliers de chaque établissement, de chaque établissement, ce qui est important parce que, évidemment, ça retire l'aspect social de la réforme, avaient une priorité d'accès aux filières sélectives, les BTS, les DUT, etc. Eh bien, ce qui avait à l'origine dans la réforme, là, actuelle, citoyenneté, je n'ai plus le nom exact. Projet de loi qualité citoyenneté. Voilà. Ce qui avait été remis, c'est d'appliquer ces mêmes 10% à l'université.

Et là, pour le coup, on est dans un choix intéressant parce qu'on ne peut pas reprocher l'absence de meritocratie. C'est pour tous les établissements. Voilà une proposition. C'est pour tous les établissements de manière plate. Je vais vous laisser coucure. C'était dans le projet du gouvernement. Non, non, non, non. Qu'est-ce seconde ? Je voudrais qu'on a fait quelque chose. C'était dans le projet du gouvernement. Ça a été supprimé par les députés socialistes.

23:46
Présentateur

Un mot, chacun et chacune d'entre vous. La jeunesse avait été au centre de la campagne, au cœur de la campagne de 2012. Est-ce que pour 2017, il faut également réenchanter la jeunesse ? Vous y croyez encore ? Imen Mirawi ?

23:57
Invité

Je pense que c'est de toute façon le gouvernement qui a fait le plus pour la priorité jeunesse. Donc on ne fait jamais assez. Il faudra en faire encore plus. Donc on n'entendra jamais les jeunes socialistes dire qu'on se contentera de ça.

24:05
Alexandre Loubet

Oui, oui. En fait, depuis 2012, on entend justement priorité jeunesse, etc. Ça ne vient pas là. Donc effectivement, il y a besoin pour les jeunes que ce soit au centre, y compris c'est quand même l'avenir.

24:18
Invité

Renchanter la jeunesse, oui, mais pas que dans les paroles comme l'a fait Hollande. Et je crains qu'avec la droite on se retrouve avec un Hollande bis.

24:23
Présentateur

Alors Clément Forestier ?

24:24
Invité

Cessons de croire que la jeunesse est la France de demain. Elle est déjà à la France d'aujourd'hui. Offrons-lui des solutions pour aujourd'hui. Et la première, c'est le marché de l'emploi.

24:30
Présentateur

Tout le cas, merci pour ce débat apaisé. Donc parole de jeunes. Vous avez marqué que je ne vous ai pas demandé si vous aviez eu des mentions au bac.

24:37
Invité

Moi, je n'en ai pas eu. Je n'ai pas honte de vous le dire.

24:39
Présentateur

Merci à vous en tous les cas et à très bientôt. Tout de suite, c'est le journal avec Paul Bouffard.

Alexandre Loubet invité du débat de "On va plus loin" sur Public Sénat. — Alexandre Loubet · Pourquijevote