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Discours / meetingyoutube.com· 14 juin 2018 22 minFond programmatiqueInstitutions & électionsBudget & impôtsCulture, médias & sportImmigration & asile

Discours David LISNARD

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 25 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:38David LisnardChiffre
    « qui alimente les cantines scolaires, avec 6 000 repas à servir par jour dans nos cantines scolaires, »
  • 7:27David LisnardChiffre
    « La ville de Cannes, c'est 1 980 hectares, »
  • 7:32David LisnardChiffre
    « c'est 75 000 habitants, »
  • 7:43David LisnardChiffre
    « Le taux de pauvreté à Cannes est de 19,2. »
  • 7:45David LisnardChiffre
    « La moyenne française est de 13,8. »
  • 12:33David LisnardChiffre
    « l'État voyait sa dette augmenter de 368 milliards, »
  • 9:18David LisnardChiffre
    « 38 pêcheurs professionnels, aujourd'hui encore, »
  • 10:01David LisnardFait
    « Plus grande communauté iranienne de France, »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Merci de ce propos introductif. Mais la ville de Cannes a-t-elle le choix ? Après cette évocation du darwinisme notarial, dans le propos introductif, les territoires étant eux-mêmes en compétition, le darwinisme territorial fait que notre petite ville a la nécessité d'être compétitive, a la nécessité d'être attractive, a la nécessité d'être belle, d'être accueillante. Alors merci d'avoir fait le choix de Cannes pour ce congrès de notaires que j'eus déjà le plaisir et l'honneur d'accueillir dans une vie antérieure lorsque je dirigeais cette société d'exploitation du palais des festivals et des congrès.

Merci, monsieur le président du conseil supérieur du notarial, de votre confiance et de la qualité des travaux qui sont engagés et qui ont été engagés et menés pour ce point d'orgue que constituera votre expérience cannoise, je n'en doute pas un instant. Merci, messieurs les présidents, et vous me permettrez d'adresser un salut particulier et amical à monsieur le président de la Chambre notariale des Alpes-Maritimes, maître Vouillon, maître Vouillon, on se décline au pluriel d'ailleurs, y compris dans cette salle, et je les salue bien chaleureusement.

Merci également à toute l'équipe, et je tiens à adresser un mot particulier à Elisabeth Lambien-Dupart pour la qualité du travail dans l'exigence réciproque et la confiance qui a été menée pour préparer le meilleur des congrès possibles dans notre ville de Cannes.

Alors oui, vous l'avez bien exprimé, notre territoire sont en compétition et les notaires sont des éléments essentiels de la chaîne de fiabilité qui doit accompagner la prise de décision en vue non seulement de la satisfaction de relations privées sous forme de contrat, mais également en vue de la recherche de l'intérêt général, l'intérêt général étant le haut dénominateur commun qui doit permettre de proposer de l'universalité dans le service public, de proposer le respect des principes d'égalité, de fraternité, de liberté, évidemment, qui font notre devise républicaine.

Et pour cela, eh bien il faut des élus, et j'ai plaisir à saluer tous les élus présents dans la salle, parlementaires, élus communaux, et il faut bien sûr des serviteurs de l'État, M. le sous-préfet, Mme le garde des Sceaux, bien sûr, que nous saluons et dont nous nous réjouissons de la venue. Je salue évidemment avec beaucoup de plaisir tous les hauts magistrats qui sont ici présents, M. le procureur général, Mme le procureur de la République, M.

le président du tribunal de grande instance, bref, tous celles et ceux qui, par leur implication, leur travail, font que le service public n'est pas une abstraction, que le service public est une réalité, réalité concrète, qui passe par le service au public, dans le respect de la base, qui est le principe de l'universalité du service, qui distingue le service public du marché, et les deux, devant trouver leur saine place.

Alors bienvenue, mes chers maîtres, chers notaires, vous qui apportez de la sécurité juridique, de la fiabilité dans les relations contractuelles, vous qui êtes des incarnations d'une chaîne de compétences territoriales, au service des habitants et en partenariat avec les pouvoirs publics. Et c'est bien ce terme d'incarnation physique qui, à mon avis, est le point pivot autour de ce très beau thème que vous avez choisi, « Demain, les territoires », avec exclamation, interrogation, suspension, c'est vous qui mettrez la ponctuation souhaitée au cours des prochaines heures. Oui, l'incarnation est essentielle à l'efficacité.

Et cette incarnation, elle doit se traduire par des objectifs portés par des femmes et des hommes qui doivent être sanctionnés, récompensés à l'égard de ces objectifs. C'est ce que nous essayons de faire dans cette ville de Cannes qui vous accueille. Vous êtes ici dans le palais des festivales et des congrès, dans cette salle qui accueille les stars. C'est vous, les stars du jour, évidemment, les stars des notaires, les stars notariales, les stars de nos territoires français incarnés par votre profession.

Et dans un palais des festivals et des congrès devenu le plus important en chiffre d'affaires hors Paris en France, et qui talonne d'ailleurs Paris, avec une succession d'événements dont certains renvoient directement à vos métiers. Je pense bien sûr au festival de Cannes, dont je plaisante, mais au MIPIM, par exemple, au MAPIC, qui pose la question des aménagements commerciaux. Et on pourrait citer le Tax Reward des Abitions et de nombreux autres événements qui sont accueillis ici.

Et Cannes a fondé son développement, a fondé à la fois sa réalité concrète et quotidienne aujourd'hui, sur l'événementiel professionnel, business to business, comme on dit en mot français, et notamment sur l'événementiel culturel. Il faut dire que notre ville, elle est devenue un carrefour international au gré des décennies et depuis plus de 150 ans. La ville qui vous accueille est une petite ville, c'est un village, bien évidemment, à l'échelle de l'humanité, mais comme on le dit souvent, c'est un village mondial, non pas au sens virtuel de Marshall McLuhan, au sens physique du terme. Pourquoi ?

Parce que cette ville accueille les plus grands décideurs du monde entier, de la création publicitaire, cinématographique, des séries télé maintenant, du monde du luxe avec le tax-free, du monde de l'immobilier, du monde de la promotion immobilière, du monde du tourisme avec l'ILTM, bref, d'un certain nombre d'activités porteuses de prospérité, porteuses de croissance, porteuses de créativité. Et dans les piliers de notre développement, il y a bien sûr le tourisme en général, dont le tourisme d'affaires, le maïs, dont vous êtes ici dans un des fleurons internationaux. Il y a également tout ce qui est traditionnel, l'industrie satellitaire, ce qui est peu connu.

La plus grande usine d'intégration de satellites, la seule usine en Europe d'intégration et de fabrication de satellites, elle est à Cannes, avec l'usine de Thales à Inia Space. Il y a l'industrie nautique, qui est un des fleurons de notre économie locale. Et il y a toute la filière d'économie créative que nous mettons en œuvre actuellement autour de trois axes. L'événementiel international culturel, qui normalement arrive en fin de chaîne, qui nous est en début de chaîne. L'accueil de studios de production, porteurs de valeur. Et je salue M.

le directeur général de la Caisse des dépôts, qui est un partenaire extrêmement fiable, compétent, qui a compris les enjeux de l'époque, y compris sur nos projets d'attractivité, de grandes filières de tournage, de long-métrage de films, de séries, ici. Et puis, le troisièmement, c'est la formation. Nous faisons de Cannes une ville étudiante. C'est la révolution actuelle que nous menons. Nous investissons sur l'intelligence, sur la formation, à la fois l'intelligence inductive, par un centre de formation d'apprentis qui est extrêmement performant, communal, un des derniers survivants, et bien adapté à la réalité du tissu économique local.

Et en faisant de Cannes une ville étudiante, avec un campus universitaire, qui est en train de sortir de terre sur le site dit de Bastide Rouge, près d'une plaine, en plein Cannes, où nous venons d'installer six agriculteurs, pour répondre à un de vos défis, et avec une production locale, qui alimente les cantines scolaires, avec 6 000 repas à servir par jour dans nos cantines scolaires, 100% faits maison, sans vouloir nous laisser imposer de taux de bio, qui est une des grandes verroteries à trappe-couillon de l'époque, comme on dit là aussi en bon français local.

puisque le haricot vert bio du Kenya dégradera beaucoup plus la planète que le haricot vert local, qui ne sera pas forcément bio, mais qui sera en circuit court. Nous, on privilégie le circuit court, l'agriculture locale. Bref, un modèle économique ancré dans notre territoire. Donc une ville qui bouge, une ville qui innove, une ville qui essaie d'être fidèle à ses racines, est d'être tournée vers le monde, en tenant compte de la particularité de son ADN. La ville de Cannes, c'est 1 980 hectares, c'est 75 000 habitants, mais classé 150 400 000 par l'INSEE. C'est la ville des contrastes.

C'est certainement la ville la plus contrastée de France, avec un taux de pauvreté historiquement très élevé. Le taux de pauvreté à Cannes est de 19,2. La moyenne française est de 13,8. Mais également un nombre, monsieur le directeur des finances publiques, d'assujettis à l'impôt sur la fortune, qui est équivalent à Neuilly, avec un revenu moyen qui est très élevé, mais un revenu médian qui est extrêmement faible. Et donc avec toutes ces disparités qui font que le maire, et on parlait d'incarnation tout à l'heure, doit au quotidien recoudre le tissu social, apporter de la liberté d'accès aux services publics, apporter de l'égalité d'accès aux services publics.

Et tout l'enjeu de votre débat, à mon avis, et de votre congrès, il est là. Comment trouver les sources de performance dans le service public, dans la fiabilité qu'on apporte dans les territoires de demain, de prospérité, de croissance ? Mais la performance ne suffit pas. Comment apporter du sens, du sentiment d'appartenance ?

Lorsqu'on est maire d'une ville qui est fière d'être française, parce qu'on est fière d'être français ici, qui est fière de ses racines provençales, parce qu'on est fière de nos racines provençales, qui est fière d'être une ville cosmopolite, ouverte sur le monde, qu'on a dépassé depuis longtemps, le débat qui pollue la vie politique actuelle entre d'un côté ceux qui voudraient fossiliser l'identité, une identité fossilisée, c'est une identité morte, et ceux qui voudraient faire des êtres humains des sortes d'émanations désincarnées de la mondialisation.

Aujourd'hui, dans ce territoire, nous avons des racines, nous avons des traditions, nous avons un héritage, ce mot d'héritage doit vous parler, à transmettre, à assumer, la transmission est au cœur aussi de vos débats, et nous sommes tournés vers l'avenir, tournés vers le monde. L'autre fait partie de nous-mêmes, et nous sommes avec l'autre, et l'autre devient cannois. Cette ville de Cannes, c'est la plus grande prudommie de pêche du Var et des Alpes-Maritimes réunies. 38 pêcheurs professionnels, aujourd'hui encore, exercent à Cannes. La plus grande prudommie de pêche, ce qui est peu connu.

C'est une ville qui est une ville d'immigration économique, comme beaucoup de villes de l'Est de la France, et comme toutes les villes françaises maintenant, immigration italienne, très pauvre, espagnole, puis polonaise, puis portugaise, puis maghrébine, puis cap-verdienne, et aujourd'hui, donc, nous sommes un réceptacle d'immigration économique. C'est une ville aussi, et c'est plus original, de villégiatures. Les Anglais, les Russes, avant 1917, puis la plus grande, communauté scandinave de France, c'est l'État Canne, donc de villégiatures très argente et très fortunées, qui viennent ici chercher, notamment l'hiver, la douceur de vivre et une qualité de lumière et de vie.

Et puis, c'est une ville de diaspora. Plus grande communauté iranienne de France, après la chute du champ en 1979. Grande communauté libanaise, communauté juive, communauté arménienne. C'est une ville de diaspora. Or, comme nous sommes républicains, nous devons faire en sorte de trouver les hauts dénominateurs communs. Faire en sorte que chacun, quelle que soit son origine, quelle que soit sa condition sociale, quel que soit son niveau de vie, se sente bien, se sente cannois. Et, si possible, à terme, se sentent français et porteurs, dépositaires des valeurs de la France, de la laïcité, de l'égalité homme-femme. Et ces valeurs-là, on doit les porter.

Et c'est pourquoi nous avons fait de l'éducation artistique et culturelle l'élément déterminant de la politique communale. Nous sommes la seule ville française 100% à l'éducation artistique et culturelle. Il y a une culture française, nous en sommes fiers. Et chaque enfant, chaque gamin, de la maternelle jusqu'à l'enseignement supérieur, c'est 17 800 enfants étudiants qui sont concernés, reçoit chaque année une éducation verticale, classique, d'éducation aux arts, de pratique de l'art, et horizontale de partage d'une émotion artistique. Parce que ça, c'est du haut dénominateur commun. Ça, c'est ce qui fait sens dans un territoire.

Et nous, notre mission, c'est de faire sens et de faire lien, les deux dimensions de la civilisation. Alors, ce territoire, c'est un territoire aussi qui a mis de la lutte contre l'incivisme également en objectif de mandat. Je crois profondément au renouveau civique. Je crois que la performance publique et le sentiment d'appartenance, le sentiment du bien commun qu'il faut réhabiliter, dépendent, et c'est presque une tautologie, du sentiment de responsabilité individuelle qu'on a dans l'espace public. Nous sommes libres, donc nous sommes responsables.

Donc ici, on verbalise les gens qui jettent des papiers, y compris de notaires, pardonnez-nous par avance, pour ceux qui pourraient s'abandonner, qu'on soit riches, pauvres, qu'on soit notaires, charcutiers ou hommes au foyer. Oui, je fais attention à ce que je dis maintenant. C'est inclusif des femmes au foyer. Eh bien, on a la même responsabilité dans l'espace public et c'est aussi un dénominateur commun. C'est aussi une façon de défendre les contribuables.

Contribuables que nous défendons dans une ville qui, depuis 4 ans, a baissé sa dette sans transfert de dette vers l'intercommunalité, de 50 millions 300 000 euros, sans toucher au taux d'impôt de la commune et sans revenir sur les abattements fiscaux, nous pratiquons la sobriété fiscale. Nous avons baissé les dépenses de fonctionnement bien avant de recevoir des injonctions bureaucratiques et technocratiques telles qu'on les a actuellement, mais c'est une tendance lourde depuis 15 ans. Et cette défense du contribuable, elle est aussi au cœur des territoires de demain. J'ai vu que ça figurait d'ailleurs dans les thèmes de votre jolie vidéo introductive.

Pendant ce temps-là, pendant que nous baissions la dette de 50 millions 400 000 euros, l'État voyait sa dette augmenter de 368 milliards, mais certains ici ne le savent plus que moi, sur la même période, les mêmes qui nous expliquent aujourd'hui comment gérer nos finances. La ville de Cannes n'emprunte que pour son investissement. Elle n'emprunte, comme toutes les collectivités, comme toutes les entreprises, que pour investir. Elle emprunte moins qu'elle rembourse, puisqu'on se désendette. Et le fonctionnement, bien sûr, est autofinancé. Et nous dégageons un excédent budgétaire chaque année. Et nous gérons la ville comme une entreprise à une nuance près.

C'est qu'on ne distribue pas du dividende, ou plutôt que le dividende, c'est de l'intérêt général, c'est de l'éducation, c'est du service social, c'est de la culture, c'est de la propreté, c'est de la sécurité. Et c'est là que la politique a toutes ses grandeurs. Alors face à cela, le territoire demain, c'est effectivement la capacité des territoires d'être fidèles à leurs racines, à leurs traditions, pour être accueillants, pour que ceux qui rejoignent un territoire, quel que soit leur parcours de vie, se disent « je suis dépositaire de quelque chose, je suis dépositaire d'éléments de civilisation ».

Et la question que vous posez, elle pose une question fondamentale sur l'avenir de la démocratie, qui passe forcément par la formation du citoyen, et qui passe par du service public universel et la capacité de sécuriser aussi bien l'action publique que l'action privée. Et pour cela, pour être à la fois efficace et sécurisé, je crois que la notion de base est la notion de confiance. Vous inspirez confiance. Lorsque l'on a un acte de vie qui fait qu'il y a une cession, une transmission, la nécessité de sécuriser, sous sein privé ou pas d'ailleurs, un acte juridique, le notaire inspire la confiance. Et la confiance, elle est à la base de l'avenir des territoires.

C'est la confiance dont ont besoin les maires de France. C'est la confiance dont ont besoin ceux qui rendent des comptes aux habitants. C'est la confiance dont ont besoin ceux qui permettent précisément de développer le sentiment d'appartenance. La performance publique, elle passe nécessairement par la confiance. Cette confiance, elle nécessite de la liberté et de la responsabilité. Elle nécessite que l'on cesse de brimer ceux qui portent la transmission. Lorsqu'on atteint en France aujourd'hui un taux de prélèvement obligatoire sur les propriétaires de 68 milliards d'euros, 68 milliards d'euros, est-ce que cette confiance est encore là ?

Lorsqu'on réforme la fiscalité, que l'on supprime à juste titre ce que l'on appelle l'impôt sur la fortune, qui est une notion variable et relative selon d'ailleurs les territoires, s'il y a de telles disparités territoriales, mais qu'on crée à la place, qu'on laisse une sorte de distorsion fiscale au détriment de l'immobilier par cette fiscalité sur la fortune immobilière, quel message on adresse ? On adresse que simplement l'enracinement dans le territoire par la propriété, par la transmission de valeur, serait devenue une approche obsolète, ringarde, du monde d'avant.

Moi, je crois que le monde de demain, c'est le monde de la responsabilité individuelle, de la transmission et de l'égalité d'accès et du mérite. Et je crois que ce monde de demain, il est porté par les notaires et par les maires en particulier. Et ce besoin d'enracinement, c'est un besoin fondamental de l'homme. Je vous ai apporté une citation de Simone Veil, avec un W, la philosophe. La femme politique est très bien aussi, nous lui rendrons hommage bientôt à Cannes en baptisant notre grand hôpital. On a un grand hôpital, c'est ça le service public, du nom de Simone Veil au mois de juin, fin juin.

Simone Veil, la philosophe, si je retrouve la note que j'ai prise, j'avais plein de notes en fait. Vous voyez à quoi vous avez échappé ? Attention, parce que je peux... Donc, dans son ouvrage qu'elle avait écrit en 1943 à Londres et qui avait été publié en 1949, qui s'appelle « L'enracinement ou prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain ». Donc, et vous le trouvez chez Folio, Gallimard, enfin, des bonnes références. « L'enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l'âme humaine. C'est un des plus difficiles à définir.

Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l'existence d'une collectivité qui conserve vivant certains trésors du passé et certains pressentiments d'avenir. Participation naturelle, c'est-à-dire amenée automatiquement par le lieu ou par la naissance, par la profession, par l'entourage. Chaque être humain a besoin d'avoir de multiples racines. Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle par l'intermédiaire des milieux dont il fait naturellement partie. Ce qui signifie très simplement que l'enracinement, c'est pas le droit du sang ou le droit du sol.

C'est le rôle que l'on se donne dans la collectivité à laquelle on adhère, à laquelle on appartient, quels que soient nos parcours de vie. Ce qui veut dire que celui qui nous rejoint en provenance de l'Afrique subsaharienne, on doit faire en sorte qu'il se sente chez lui et lui-même doit être dépositaire. Il doit se sentir enraciné dans la terre qu'il accueille. C'est bien plus subtil que les débats auxquels on assiste aujourd'hui.

Et pour cela, on a besoin de sécurité juridique, on a besoin de transmission, on a besoin de sens, on a besoin d'avoir des territoires incarnés, on a besoin pour les maires, dont je parle aujourd'hui, puisque François Baroin n'est pas là, hélas, et que j'en suis un modeste vice-président et passionné par ce mandat incarné dont j'ai compris toute la force lors de la tragédie du 3 octobre 2015 qui fait qu'il y a eu plusieurs morts et donc six morts cannois lors des inondations en cru et clair, qui sont des phénomènes très particuliers et qui renvoient à des logiques d'aménagement du territoire, d'urbanisation, de résilience territoriale, autant de sources d'avenir de la politique publique qui nécessitent de la responsabilité.

La responsabilité, pour un maire, c'est de pouvoir diriger l'urbanisme. Or, aujourd'hui, une fois de plus, on est en train de diluer les responsabilités tel que cela apparaît dans le projet de loi Elan. La responsabilité, vous savez, c'est la simplicité. La responsabilité, c'est de pouvoir lever l'impôt. Moi, je veux rendre des comptes à mes administrés. Et je déplore que les 26 milliards de suppression, entre guillemets, de taxes d'habitation, dont d'ailleurs personne ne sait où trouver la ressource équivalente, parce que là, c'est 26 milliards tous les ans. La taxe d'habitation, ce n'est pas les 35 milliards one-shot de la dette de la SNCF que nous faisons nôtre, vous l'avez bien compris.

C'est 26 milliards. Lorsque je ne rends plus de compte sur le taux de prélèvement sur ma collectivité, je perds en performance, parce que je perds en responsabilité, parce qu'un maire, c'est à portée de claque. Et c'est en cela que ce modèle fonctionne. Lorsqu'on surtaxe, surfiscalise les propriétaires, on alimente cette terre désincarnée. Et je crois que l'avenir, mes chers amis, l'avenir, il est bien sûr aux économies d'échelle, à la mutualisation des moyens. Beaucoup de choses sont intéressantes dans ce qui est proposé aujourd'hui, évidemment. Mais l'avenir, il est dans l'incarnation de l'action et dans la responsabilité individuelle. Parce que la responsabilité, c'est la simplicité.

Parce que la responsabilité, c'est la sanction potentielle. C'est la récompense potentielle. Parce que la responsabilité, c'est l'efficacité. Et parce que la responsabilité, c'est l'incarnation d'un territoire. C'est l'incarnation d'une mission, d'une mission auprès des familles, telles que vous la portez, et donc ses porteurs d'avenir. Mes chers amis, le monde d'avant, le territoire d'hier, c'est le territoire ultra-recentralisé. C'est le territoire bureaucratisé. Le monde de demain, le territoire de demain, c'est celui qui saura trouver des facteurs communs, d'universalité à l'échelle de la France et au-delà, à l'échelle européenne. Je suis un Européen convaincu.

Mais c'est un territoire où les maires, le fait communal, sera porteur d'efficacité, de proximité et de sentiments d'appartenance, donc, de sentiments d'appartenance, donc, là aussi, d'incarnation d'un avenir commun. Le territoire de demain, c'est un territoire, bien sûr, où il y aura des grands services publics, bien évidemment où on fera de l'agriculture raisonnée, bien évidemment où on valorisera les zones forestières.

Comment arriver dans le foncier à faire en sorte que des zones forestières qui ont un revenu à l'hectare au mètre carré très faible soient revalorisées d'un point de vue économique et marchand parce qu'elles ont une mission essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Et comment faire en sorte que les maires des zones forestières ne soient plus des maires aujourd'hui victimes de fractures territoriales, mais soient des maires porteurs d'un territoire riche, de sa qualité environnementale ? Voilà des thèmes fondamentaux que vous avez dû évoquer, monsieur le rapporteur général. Donc, l'avenir, il est là.

Le monde de demain, le territoire de demain, le territoire qui sera porteur de sens et de lien, le territoire qui sera porteur d'efficacité, le territoire qui sera porteur d'espérance, c'est le territoire dans lequel on trouvera, près de chez soi, un notaire et un maire. Merci à vous. Merci.

21:29
Locuteur

Merci.