«Jean-Luc Mélenchon utilise des propos antisémites», dénonce Pierre Ouzoulias
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Questions et réponses
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- 0:39OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes surpris de voir le gouvernement soulever aujourd'hui des fragilités sur une loi qu'il a lui-même défendue?
- 1:23OuverteRéponse partielle
Vous êtes favorable à ce texte depuis le début.
- 1:30OuverteRéponse directe
Aujourd'hui, vous avez le sentiment qu'il n'y a pas de failles derrière ce texte?
- 2:05OuverteÉludée
Mais l'un des points soulevés par Sébastien Lecornu aujourd'hui, c'est par exemple la question de ce délai de 48 heures.
- 2:19OuverteRéponse directe
Irréversible, vous trouvez ça suffisamment protecteur?
- 2:54ComplaisanteÉludée
Et le Parlement a répondu, oui, c'est l'essentiel.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Invité politiqueFait
« C'est une grande loi laïque qui garantit la conscience de l'individu jusqu'à la fin de sa vie. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Et ça, c'est quelque chose de fondamental. »
- 1:35Invité politiqueFait
« Au Sénat, ils ont refusé d'en discuter. Par deux fois. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Moi, j'étais prêt à travailler avec l'opposition de droite, essentiellement, pour mieux encadrer le texte, sauf qu'ils l'ont refusé. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Il y a eu une opposition constituée qui est refusée par principe l'idée même du suicide. »
- 2:23PrésentateurChiffre
« Irréversible, vous trouvez ça suffisamment protecteur? »
- 4:17Invité politiqueFait
« Tout le monde se souvient que c'est le président qui a raté son mandat. »
- 5:41Invité politiqueChiffre
« La gauche fait 30%. »
- 5:48Invité politiqueChiffre
« Il lui en manque 20% pour pouvoir remporter l'élection présidentielle. »
Temps de parole
- Pierre Ouzoulias62 %
- Présentateur38 %
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Europe 1. 7h-9h. Europe 1 matin. Europe 1, il est 8h10. Jacques Serret, vous recevez Pierre Ouzulia, sénateur PCF des Hauts-de-Seine et vice-président du Sénat.
Bonjour Pierre Ouzulia. Bonjour à vous. J'aimerais commencer cette interview par le sujet, par l'enjeu de la fin de vie. On en parlait dans le journal de 8h. La loi légalise l'euthanasie et le suicide assisté. Cette loi a été définitivement adoptée le 15 juillet. Elle est maintenant devant le Conseil constitutionnel. Le gouvernement qui a soutenu ce texte reconnaît lui-même que certaines garanties peuvent être insuffisantes. Le délai de réflexion de 48h, la situation des majeurs protégés sous tutelle, la liberté des établissements de santé. Est-ce que vous êtes surpris de voir le gouvernement soulever aujourd'hui des fragilités sur une loi qu'il a lui-même défendue ?
Le gouvernement a toujours été ambigu par rapport à cette proposition de loi. Ce n'est pas un projet. Ce n'est même pas lui qui l'a déposée. Il a laissé faire un député, donc je ne suis pas surpris. Moi, je pense que l'essentiel est acquis. C'est une grande loi laïque qui garantit la conscience de l'individu jusqu'à la fin de sa vie. Et ça, c'est quelque chose de fondamental. Qu'il faille ensuite mieux encadrer, pourquoi pas, tout est ouvert. Mais je pense que l'essentiel est acquis.
Vous êtes favorable à ce texte depuis le début. Ceux qui attaquent ce texte démontrent qu'il y a certaines failles, que tout n'est pas cadré totalement. Ce n'est pas du tout votre sentiment. Aujourd'hui, vous avez le sentiment qu'il n'y a pas de failles derrière ce texte ?
Mais au Sénat, ils ont refusé d'en discuter. Par deux fois. Moi, j'étais prêt à travailler avec l'opposition de droite, essentiellement, pour mieux encadrer le texte, sauf qu'ils l'ont refusé. Et pour des raisons dogmatiques religieuses, disons les choses. Il y a eu une opposition constituée qui est refusée par principe l'idée même du suicide. Parce que derrière, il y a le tabou religieux. Et les choses auraient pu être dites comme ça, ça aurait été plus simple pour tout le monde.
Mais l'un des points soulevés par Sébastien Lecornu aujourd'hui, c'est par exemple la question de ce délai de 48 heures. Après l'accord du médecin, un patient peut confirmer sa demande deux jours plus tard. Deux jours pour confirmer une décision irréversible. Irréversible, vous trouvez ça suffisamment protecteur ?
Et quand il reste trois jours à vivre, s'il faut 48 heures pour confirmer la décision, à quoi ça sert le texte ? On est bien dans la situation de personnes dont les jours sont comptés. Il s'agit d'une question d'heures, de jours, mais même pas de semaines. Donc il ne faut pas vider de tout son sens tout le dispositif. Fondamentalement, c'est, est-ce que je peux décider, moi seul, de ma fin de vie ?
Et le Parlement a répondu, oui, c'est l'essentiel. Pierre Ouzolia, je rappelle que vous êtes sénateur communiste. J'aimerais vous montrer maintenant une image. C'est la une de Paris Match ce matin. Emmanuel Macron, lunettes noires, gilet de sauvetage, sur un jet-ski au large de Brégançon, le titre « Dernier été aux commandes ». Qu'est-ce qu'elle vous inspire, cette photo, ce matin, Pierre Ouzolia ?
C'est la politique, comme je l'aime pas mal, j'aurais préféré qu'il soit d'ailleurs un camion de pompiers à aider les pompiers pour éteindre l'incendie, ça aurait été sa place. Là, je trouve qu'il y a quelque chose d'indécent. Indécent. Oui, indécent. Après l'été que nous avons vécu, montrer que le président, finalement, est en vacances, je trouve que ça ne correspond pas au niveau d'inquiétude de la population, qui est général.
Le mandat d'Emmanuel Macron touche à sa fin. Il y en a qui pensent à l'après, et ils sont nombreux. Il y a notamment François Hollande, quasi-candidat pour 2027. Comment vous percevez cette quasi-candidature ? Est-ce que c'est une chance pour la gauche dont vous faites partie, ou est-ce que c'est la preuve que, justement, cette gauche peine sérieusement à se renouveler ?
Ce que j'entends dans son camp, ce n'est pas un enthousiasme débridé, quand même. Parce que tout le monde se souvient que c'est le président qui a raté son mandat, et qui n'a même pas réussi à se représenter. Fondamentalement, je ne suis pas sûr qu'en matière de politique, les Français aiment qu'on leur repasse les plats. Le poteau-feu, c'est très bon quand on le met plusieurs jours au frigo, mais un candidat à la présidentielle, je ne suis pas sûr que ça soit intéressant. Vous, vous soutenez la candidature de Fabien Roussel, j'imagine ? À titre personnel, parce que c'est les militants qui vont voter. Chez nous, on vote.
Fabien Roussel, vous souhaitez qu'il aille jusqu'au bout, qu'il maintienne sa candidature coûte que coûte, même si certains, comme Jean-Luc Mélenchon ou d'autres encore, appellent à une union de la gauche ?
Oui, parce que nous avons des idées qui nous sont propres, alors qui sont ancrées dans notre histoire, et que nous ne retrouverons pas défendues ni à la France insoumise, ni au PS. Donc, il faut que ces idées, les idées communistes, anciennes, soient représentées à l'élection présidentielle, et si c'est Fabien Roussel, c'est une très bonne chose. Mais encore une fois, je le dis à titre personnel, parce que nous, nous votons. Nous, nous appliquons déjà la démocratie en interne.
Mais aujourd'hui, les sondages indiquent, à huit mois de la présidentielle, un deuxième tour, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon, ce sera votre candidat par défaut, à vous les communistes, ou bien, est-ce que vous le mettez ce matin au même niveau, sur le même plan que le Rassemblement National ?
La gauche fait 30%. Donc, si M. Jean-Luc Mélenchon arrive à rassembler toutes les voix de gauche au premier tour, il fait 30%. Il lui en manque 20% pour pouvoir remporter l'élection présidentielle. C'est à lui de nous dire comment il va œuvrer pour ce rassemblement. Aujourd'hui, il n'y en a pas. Jean-Luc Mélenchon nous dit, il y a un candidat, c'est moi, il y a un programme, c'est moi, je vais gagner seul et gouverner seul. Ce n'est pas comme ça qu'on peut gagner au second tour. Donc, c'est à lui de faire l'effort du rassemblement. Aujourd'hui, je ne l'entends pas. Et par ailleurs, moi, de nouveau à titre personnel, je veux une clarification absolue, totale, sur les propos antisémites.
Je ne les accepte pas, je ne les accepterai jamais. Là-dessus, il faut qu'il soit clair. Vous trouvez qu'il est ambigu ? Il n'est pas ambigu. Il utilise, vous l'accusez ce matin d'antisémitisme ? Il utilise des arguments, qui sont antisémites, de façon très nette, pour un argumentaire politique. Quand vous parlez comme Mélenchon du peuple juif, peuple déicide, vous renvoyez au pont stif antisémite qui dure depuis 2000 ans. Et Jean-Luc Mélenchon est quelqu'un très cultivé. Il sait très bien pourquoi il utilise cette expression.
Pour moi, c'est insupportable. On ne peut pas. Donc, vous ne pourrez jamais vous ranger derrière Jean-Luc Mélenchon.
Il faut qu'il clarifie sa situation. Il peut s'amender. C'est quelqu'un qui a une culture chrétienne. Il peut faire amende honorable et dire que sur ces points-là, il est allé trop loin.
Et après, on verra. Pierre Ouzulia, avant la présidentielle, il y aura les élections sénatoriales fin septembre. Alors, le Rassemblement National espère tripler ou quadripler son nombre d'élus. Mais il n'y a pas que le RN, il y a aussi la France Insoumise qui espère entrer pour la première fois au Sénat. Vous, communistes, vous redoutez l'entrée de ces insoumis, qui sont justement ambiguës à vos yeux sur la question de l'antisémitisme. Vous redoutez leur entrée au palais du Luxembourg ?
Vous utilisez un pluriel pour l'instant de ce que je sais. Il y aurait peut-être la possibilité de l'élection d'un sénateur, France Insoumise, dans le Rhône. Donc, c'est quand même plus modeste. En revanche, l'arrivée du RN, oui. Là, il risque d'être massive et c'est une forte inquiétude. Parce que dans l'histoire du Sénat, il n'y a jamais eu de groupe extrémiste représenté. Donc là, c'est une vraie inquiétude. Sur la France Insoumise, on verra au final. Si dans le Rhône, ils réussissent à faire élire un sénateur.
Pierre Ouzolia, pour conclure cet entretien, les sapeurs-pompiers se mobilisent aujourd'hui, sont en grève. Je sais que vous êtes historien, archéologue. Vous avez notamment travaillé sur l'histoire des grands massifs forestiers. C'est un sujet qui vous tient à cœur. Les sapeurs-pompiers, vous les soutenez ce matin dans leur démarche de faire grève ?
Totalement. Et je pense notamment aux bénévoles qui enchaînent la double journée. Les volontaires. Oui, les volontaires. Une journée dans leur boîte et après toute la nuit sur le terrain. Vous imaginez ce qu'ils ont vécu ? Ce qu'ont été leurs vacances ? Pour eux, il n'y a pas eu de Tchetsky. Ils étaient au charbon, comme on dit, tout l'été. Donc je pense à eux. Il faut vraiment aujourd'hui leur trouver un statut particulier pour les volontaires et qu'ils puissent être indemnisés. Normalement, ils ne le sont même pas. On ne peut pas continuer comme ça.
Merci beaucoup, Thierry Zoulia, d'avoir accepté notre invitation ce matin sur l'antenne d'Europe 1. Je rappelle que vous êtes sénateur PCF des Hauts-de-Seine et vice-président du Sénat. Très bonne journée à vous. A vous aussi, bonne journée.
Pierre Ouzoulias