L'interview : Jordan Bardella - 14/06
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, RMC, l'interview Apolline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour, vous dites bonjour à Dépôt Trombiné avec une énergie.
Avec énergie, très en forme et très optimiste pour ces derniers jours de campagne.
Alors vous allez me dire pourquoi, parce que franchement quand on regarde président du Rassemblement National, bien sûr Jordan Bardella, votre parti arrive quand même troisième derrière Ensemble et derrière la NUPES. Vous ne pouvez plus dire que vous êtes le premier parti d'opposition.
Et nous sommes non seulement le premier parti d'opposition, parce que devant nous, nous n'avons que des gens qui ont appelé à voter Emmanuel Macron, je pense à la coalition de gauche, et non seulement le premier parti de France. Parce que ça ne vous aura pas échappé que tant du côté de la Macronie que du côté de la coalition de M. Mélenchon, on a une addition de partis, soit de partis ultra-libéraux, soit de partis d'extrême-gauche. Vous décidez qu'ils ne seraient pas légitimes à considérer qu'ils sont une même famille. Je ne parle pas de légitimité, je vous dis que non seulement nous sommes le premier parti de France, et non seulement nous sommes le premier parti d'opposition.
Et je dis aux Français ce matin, attention au rôle de faux opposant qui est en train de jouer de M. Mélenchon. Donc fin de la fable, il ne peut évidemment pas être premier ministre. En revanche, on a là devant nous des gens qui partagent des idéologies qui sont très dangereuses pour la France. Et donc je dis aux Français, c'est maintenant de votre responsabilité que de confirmer votre vote, et de nous doter du plus grand groupe puissant pour vous défendre à l'Assemblée nationale pendant cinq ans, et pour être les avocats du peuple face à une politique d'Emmanuel Macron qui va être très brutale, je le crains.
J'ai quand même l'impression que vous regardez les chiffres qui vous arrangent, Jordan Bardella. Vous regardez le nombre de voix, alors de ce point de vue-là, oui, vous avez parfaitement raison, vous avez gagné 1,2 million de voix. Nous sommes les seuls à gagner. Vous avez gagné des voix. Par rapport à 2017. Et la gauche, disons, aujourd'hui, je ne vais même pas pouvoir finir mes questions. Donc je précise les choses, Jordan Bardella. En effet, si on regarde du côté même de la NUPES, c'est une addition de voix qui donne un ensemble plus important, mais du point de vue du nombre de voix, la gauche n'a pas progressé.
Du côté d'ensemble, le parti présidentiel, en effet, a perdu des voix par rapport à 2017. Vous, vous en avez gagné, je le précisais, 1,2 million. Et pour autant, vous n'incarnerez pas l'opposition. Pourquoi ? Ce qu'on appelle l'opposition à l'Assemblée, ce ne sera pas vous.
Non mais, madame, Jean-Luc Mélenchon et la NUPES ont tous appelé à voter pour Emmanuel Macron. Donc on ne peut pas s'opposer à la réforme à 65 ans quand on a fait élire et appelé à voter pour celui qui va la mettre en œuvre. On ne peut pas s'opposer à la politique sociale d'Emmanuel Macron qui va être très dure quand on a appelé à voter pour celui qui va la mettre en œuvre. On ne peut pas s'opposer à Emmanuel Macron quand on partage avec lui la volonté de faire entrer des centaines de milliers de personnes chaque année dans notre pays. Il faut quand même se rappeler ce qu'est la France insoumise. La France insoumise, ce sont des gens qui défendent le Burkini.
C'est des députés comme madame Obono qui revendiquent le droit de pouvoir dire nique la France. Ce sont des députés comme madame Garrido qui considèrent qu'il faut se réconcilier avec les terroristes. Ce sont des gens comme monsieur Mélenchon qui a menti aux Français en expliquant qu'ils pouvaient être Premier ministre en prenant les Français pour des idiots et qui, il y a quelques mois, marchaient dans les rues de France avec le CCIF.
Je crois que sincèrement, vous faites un peu un raccourci, mais Jordan Bardella...
Madame Garrido a parlé de réconciliation et d'apaisement avec les terroristes du Bataclan. Donc on a là une double menace, une menace d'extrême-gauche d'un côté et de l'autre, des pleins pouvoirs pour Emmanuel Macron. Face à cela, vous avez raison de souligner que le Rassemblement national est, à mon sens et au sens des chiffres, le plus grand gagnant de ces élections législatives. Nous gagnons six points par rapport à 2017. En fait, tous les autres mouvements en perdent.
Mais Jordan Bardella, les Français choisissent, vous croyez, en la légitimité du peuple, en choix du peuple. Alors est-ce que les Français se seraient trompés ou est-ce qu'on les aurait trompés ?
Je pense que vous n'avez pas contribué à une campagne objective. Je ne vous vise pas personnellement.
J'imagine que vous visez les journalistes, vous n'allez pas sortir le grand classique.
Je pense qu'il y a eu effectivement une surreprésentation de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'ARCOM. Un 75% du temps de parole sur les deux premières semaines, par exemple, du mois de mai. Exactement, c'est une question de temps de parole. Moi, si j'étais arrivé devant vous, si Marine Le Pen était arrivé devant vous, en expliquant qu'on allait être Premier ministre d'Emmanuel Macron, vous nous aurez rionné et en deux jours, vous auriez décodé des fake news.
Et mis fin à la blague. Elle m'a fait exactement la même démonstration. Ça tombe bien parce qu'on est dans le même parti. Mais je vais vous répondre la même chose. Et nous pensons la même chose sur ce sujet. Et vous le savez parfaitement, Jordan Bardella, la campagne et les chiffres de la représentation des différents partis en temps de parole dans les médias, c'est sur quatre semaines. Là, vous prenez les deux premières semaines et vous savez que vous avez rééquilibré. Et que vous-même, vous avez au début été très peu présent. Marine Le Pen, elle a pris des vacances. Grand bien lui fasse. Après, vous ne pouvez pas vous plaindre de ne pas être dans les médias.
Beaucoup de vos confrères ont fait mine de croire que la fable qu'a raconté Jean-Luc Mélenchon était vraie et que Jean-Luc Mélenchon pouvait être Premier ministre. La question n'est pas celle-ci. La question de dimanche prochain, c'est quelle opposition à Emmanuel Macron en face de lui. Et moi, je dis aux Français, utilisez les bulletins de vote RN. Nous sommes au second tour dans 200 circonscriptions, c'est-à-dire plus du double que la dernière fois. Nous sommes arrivés en tête dans 108 circonscriptions. Et nous progressons, vous avez raison de le rappeler, dans près de beaucoup de circonscriptions. Et surtout, on gagne 1,2 millions de voix.
Ce qui fait que d'après les projections aujourd'hui, nous pourrions multiplier par 5 ou 6 à minima notre nombre de députés à l'Assemblée nationale.
Vous partiez de très bas.
Vous avez raison. Le RN avec 6 députés, ça fait 42% au second tour de l'élection présidentielle. Donc je dis aux Français, donnez-nous un groupe puissant et dans 5 ans, nous sommes au pouvoir.
Il y a un front anti-RN face à vous. Tout sauf le RN. Alors, ils ont mis un petit peu de temps du côté des macronistes. dans la soirée de dimanche soir. Mais enfin, ils en sont arrivés à l'idée qu'il ne fallait pas une seule voix pour l'extrême droite.
Mais merci de confirmer que Jean-Luc Mélenchon est la béquille d'Emmanuel Macron. Enfin, je veux dire, quand le parti au pouvoir choisit son opposition et appelle à voter pour l'extrême gauche. C'est-à-dire, quand moi, je vois des ministres comme Olivier Grégoire ou comme Clément Beaune appeler à voter, appeler à retirer leurs candidats, comme c'est le cas en Lot-et-Garonne, où la République en marche retire l'un de ses candidats pour appeler à voter pour l'extrême gauche. Mais quel jeu de dupe ! Ils appellent donc à voter avec des gens avec qui, au fond, ils sont d'accord. Mélenchon-Macron, c'est la déconstruction de la France. C'est plus d'imposition.
En fait, c'est l'UMPS, vous refaites l'UMPS, Mélenchon-Macron. Ce sont des copains. Voilà, c'est un jeu de dupe. Ce sont des gens qui se partagent le pouvoir. Tu votes pour moi à la présidentielle, Mélenchon vote Macron. Je vote pour toi à la législative et je t'aide à incarner une fausse opposition pendant 5 ans. Donc, je dis aux Français, si vous voulez des gens qui vous défendent pendant 5 ans, faites entrer des avocats du peuple à l'Assemblée nationale. Faites entrer des gens qui vont défendre à l'Assemblée nationale l'inquiétude des fins de mois difficiles pour les Français.
Des gens qui porteront à l'Assemblée nationale la question de l'insécurité et des violences qui sont aujourd'hui partout dans notre pays.
Avocats du peuple, mais représentants du peuple, quand vous regardez les candidats de la NUPES, ils ont été chercher des personnalités. Alors, c'est sans doute assez symbolique, mais n'empêche que c'est relativement nouveau. Le boulanger dans le Doubs, Stéphane Ravaclay, la femme de chambre, Rachel Kéké, dans le Val-de-Marne. C'est des incarnations aussi de la France. Quand vous vous dites, nous, on connaît cette France des fins de mois, pourquoi n'en voyez-vous pas des personnalités comme ça ?
Parce que vous croyez d'où viennent nos candidats ?
Ils m'ont l'air plus institutionnels.
Nos candidats, ce sont des salariés, ce sont des fonctionnaires, ce sont des artisans, ce sont des étudiants, ce sont même des hauts fonctionnaires, ce sont des gens qui ont été diplomates. Nous avons, je dirais, dans nos candidats, toute la diversité de la population française et la diversité du peuple français. Il y a aussi, effectivement, derrière les candidats de la France insoumise, des islamo-gauchistes. Il y a des gens qui défendent, effectivement, le port du Burkini. Il y a des gens qui défilent aux côtés du CCIF dans cette marche de l'armée.
Mais ils le revendiquent.
Comme M. Katnens.
Vous avez l'air de le dire comme si c'était...
C'est très inquiétant. Et Jean-Luc Mélenchon n'a peut-être pas la possibilité d'être Premier ministre. En tout cas, il va transformer l'Assemblée nationale en un gigantesque squat, en une ZAD, avec les idéologies les plus dangereuses pour la France et les plus dangereuses pour la République française. Donc, entre des gens qui défendent le Burkini et des gens qui veulent faire de la France la City, eh bien, moi, j'appelle les Français à faire entrer des gens...
Ça, c'est les macronistes ?
Exactement. Qui défendent la République française à l'Assemblée nationale. Le modèle de M. Mélenchon, c'est le Venezuela. Donc, si vous voulez le Venezuela, vous voulez Cuba, vous votez pour les candidats de la France insoumise. Si vous voulez que la France devienne une salle de marché, où on continue de jouer au casino avec votre argent, où on continue d'affaiblir votre pouvoir d'achat, où on continue le chaos sécuritaire et migratoire, vous votez pour la République en marche. Si vous voulez des gens qui défendent la sécurité, l'autorité, le travail, le mérite, le pouvoir d'achat pour les Français les plus modestes, alors il faut voter pour les candidats du RN.
Et croyez-moi, c'est la première fois depuis 1986 que le Rassemblement national peut obtenir un groupe à l'Assemblée nationale. Donc, nous ne cessons de progresser. Ça sert à prendre un groupe ?
Ça va changer quoi dans la vie des Français si vous avez un groupe ?
Mais, madame, avec 6 députés sur 177, nous réunissons 13 millions de voix à l'Assemblée nationale. Et je pense que nous sommes de ceux qui,
depuis 5 ans, mais ça change que nous avons un groupe,
ça change que nous pouvons porter les inquiétudes des Français à l'Assemblée nationale, ça change que dès notre élection, dès notre arrivée à l'Assemblée dans quelques jours, nous allons proposer à l'Assemblée la baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur l'électricité, le carburant, le fuel, le gaz. Si les macronistes et les mélenchonistes ne veulent pas le voter, ça sera très révélateur. Mais nous allons faire ce travail exigeant. Nous allons continuer de travailler et surtout, nous allons préparer évidemment le socle des victoires futures parce que je pense que nous arriverons au pouvoir et que c'est peut-être au fond le sens de l'histoire.
Je vais vous interroger dans un instant sur justement la situation, notamment sur l'emploi, la pénurie de jobs et de saisonniers. Mais je voudrais que vous écoutiez les propos de Jean-Luc Mélenchon hier qui s'est adressé à vos électeurs. Écoutez, alors il avait jusqu'alors utilisé la formule inverse. S'il y a des fâchés, pas trop fâchaux, il les a invités à voter pour lui. Là, il a inversé. Je ne sais pas si c'est un lapsus ou non, mais c'est par prix.
Mélenchon, c'est l'outrance. Voilà, c'est l'outrance de l'extrême gauche. Je pense que l'extrême gauche est une menace aujourd'hui pour la France, c'est une menace pour la République française. Et je pense que face à cette menace, nous, nous sommes les garants des institutions. Depuis cinq ans, nos libertés ont beaucoup reculé avec Emmanuel Macron. Et moi, le programme de Jean-Luc Mélenchon, il me fait peur. Et je pense qu'il fait peur à énormément de Français. Non, mais moi, je n'insulte pas les Français. C'est une insulte, il les insulte. Je suis en désaccord avec les choix politiques de la France insoumise.
Je suis en désaccord avec Jean-Luc Mélenchon que je considère une menace pour la France, pour mon identité et pour la République française. Mais je n'insulte pas les électeurs, je n'insulte pas les Français.
Les traités de fachos, c'est les insulter.
Oui, bien sûr. Ça veut dire qu'on traite 13,5 millions de Français de fascistes, de racistes. On connaît tout cela. Donc, Mélenchon-Macron, c'est le même combat. Nous sommes au second tour, je le répète, dans 200 circonscriptions. Donc, j'appelle les Français à utiliser ces bulletins RN, à amplifier leur vote, à confirmer leur vote. Et je vais même vous dire, j'appelle les électeurs d'Éric Zemmour et les patriotes sincères de LR à venir travailler avec nous, à nous rejoindre. Je pense qu'il est temps de faire un bout de chemin ensemble et que nous partageons...
Mieux retard que jamais, dis donc !
L'essentiel. Pourquoi mieux retard que jamais ?
Ça fait un petit bout de temps que Marion Maréchal, qu'Éric Zemmour vous disent « Essayons de nous mettre ensemble pour avancer ».
Non, mais les accords de boutique, ce n'est pas le sujet. Moi, je parle aux Français, je parle aux électeurs français et je parle à tous les Français. Et je pense qu'il y a, effectivement, aujourd'hui, chez les déçus de LR comme chez les déçus d'Éric Zemmour qui s'aperçoivent que la stratégie qu'il a mise en œuvre est une impasse parce qu'elle est excessive, une volonté, une conscience d'abord qu'une course contre la montre est aujourd'hui engagée dans notre pays contre toutes les forces de déconstruction sociale, économique, d'identité.
Et je leur dis, travaillons ensemble, donnez-nous de la force, donnez-nous de la voix et aidez-nous à porter vos idées et vos convictions pendant cinq ans dans le paysage politique français.
Jordan Bardella, je voudrais bien comprendre ce que vous dites quand vous dites travaillons ensemble. Vous vous adressez aux électeurs d'Éric Zemmour ou est-ce que vous vous adressez aux équipes d'Éric Zemmour ? Je pense notamment à un certain nombre, Gilbert Collard, Stéphane Ravier, Marion Maréchal qui venaient de vos rangs. Est-ce que vous dites aujourd'hui bon allez, on oublie tout, on efface tout,
revenez bosser avec nous ? Je pense qu'on l'a été depuis d'ailleurs le début de cette campagne législative, donc des gens qui nous ont trahis, qui sont partis en pleine campagne en se comportant de manière pas très claire et pas très loyale. Si ils reviennent frappés à la porte, la porte sera fermée. La porte sera fermée, on a un minimum d'honneur. Mais en revanche, il y a beaucoup de gens d'électeurs parce que ce n'est pas les quelques cadres qui sont partis du RN pour se retrouver chez Éric Zemmour par opportunisme voyant que les sondages étaient mieux placés, etc. Ça, ça n'intéresse pas les gens.
En revanche, il y a, je pense, chez les électeurs d'Éric Zemmour la volonté de sauver la France et la conscience que se joue dans les 10, 20, 30, 40 prochaines années la survie de notre pays. Donc, je leur dis, travaillons ensemble, venez avec nous et voyez bien que nous sommes aujourd'hui les meilleurs avocats du camp patriote et du camp national.
Jordan Bardella, dans les aéroports, dans l'hôtellerie-restauration, dans les hôpitaux, il manque de bras. Il y a un grand nombre de postes qui ne sont pas pourvus. Chez les saisonniers en particulier, 100 000 saisonniers manquent à l'appel. C'est un chiffre que donne ce matin l'Union des métiers comment vous vous faites pour faire face à ça ? Est-ce que vous dites tant pis, il y aura moins de tourisme ou est-ce que vous allez chercher en Tunisie, par exemple, comme les accords proposés ?
D'abord, je pense que les salaires sont trop bas et il y a une concurrence des loyales qui s'est installée depuis maintenant plusieurs années. C'est le cercle vicieux de l'immigration, c'est-à-dire qu'à chaque fois on utilise l'immigration pour faire peser à la baisse sur les salaires. Donc, il y a d'abord une question de salaire. Ce que nous proposons, c'est deux choses. D'abord, d'arrêter la concurrence internationale des travailleurs d'Europe de l'Est, ils travaillent en France, ils paient les charges dans le pays de départ et dans le pays d'origine, ce qui crée une concurrence des loyales avec les travailleurs français. Donc, d'abord, on abroge la directive du travail détaché.
Deuxièmement, on passe un deal gagnant-gagnant avec les entreprises. On dit au patron de TPE-PME, vous voulez augmenter vos salaires, vous augmentez de 10% tous les salaires de votre entreprise. En contrepartie, nous exonérons de cotisations patronales ces 10% de hausse salariale. Ça, c'est une vraie mesure en faveur du pouvoir d'achat. Je vous donne un exemple. En attendant,
il y a quand même 100 000 personnes qui manquent à l'appel.
On ne peut pas résoudre en 48 heures
10 ans de concurrence des loyales. Je comprends parfaitement, mais là, je vous pose la question pour cet été. Cet été, vous faites quoi ? C'est-à-dire, cet été, est-ce que vous dites OK à tous les travailleurs tunisiens, puisque notamment les métiers de l'hôtellerie et de la restauration ont dit qu'on va faire un accord avec la Tunisie pour qu'ils nous envoient des travailleurs qui, eux, sont motivés, nombreux Français qui disent qu'on n'a pas envie de faire le job ou en tout cas ne répondent pas aux appels d'offres. Est-ce que vous êtes OK avec ça ?
Écoutez, moi je suis pragmatique. Si demain matin, un chef d'entreprise me dit aujourd'hui, je n'ai pas d'autre possibilité que d'utiliser quelqu'un qui est tunisien, marocain, etc., évidemment qu'il le fait. Mais ce n'est pas un modèle viable. Et notre solution est de faire en sorte que les chefs d'entreprise français puissent embaucher des Français. Donc, il faut évidemment augmenter les salaires et nous préparons. Mais ce n'est pas le sujet.
Et nous préparons également, nous proposerons à l'Assemblée nationale une mesure pour tous les étudiants qui souhaitent accéder à des jobs saisonniers qui est une prime de 300 euros qui viendrait compenser les salaires actuels, aider les chefs d'entreprise aussi à augmenter les salaires. Prime de 300 euros pour tous les étudiants qui, sous couvert de validation de leur diplôme, accepteraient un job saisonnier. Et il y a un problème de prix des loyers aussi parce qu'aujourd'hui, un salaire moyen pour un saisonnier, c'est 4 mois. Le problème, c'est que quand un étudiant veut se loger, l'intégralité du salaire passe dans le loyer.
Et nous proposons notamment que 20 à 30 000 logements sociaux créés chaque année soient directement réservés aux jeunes, aux étudiants et également évidemment aux travailleurs. Note des renseignements
généraux qui dit « Incidence scolaire liée au voile islamique en très forte hausse ». Cette note des renseignements que l'on découvre aujourd'hui montre de 144 signalements pour incidents scolaires liés au voile islamique au deuxième trimestre contre 97 au premier trimestre. Alors attention, c'est 144 signalements pour 5,6 millions d'élèves et 10 000 établissements. Mais enfin, c'est presque plus, c'est au moins la moitié plus que le premier trimestre. Et l'explication qui est donnée par la police, c'est le contexte de la présidentielle avec des candidats anti-islam. Ce serait une sorte de bras de fer.
Je vais vous dire, le problème, ce n'est pas les candidats à la présidentielle. Donc, c'est votre faute, quoi. Le problème, c'est la démographie. Et le problème, c'est que tant qu'on continuera à avoir une politique d'immigration massive qui fait venir des centaines de milliers de personnes chaque année dans notre pays, qui parfois viennent de cultures différentes où le port du voile est légion pour les femmes, alors on aura ce problème. C'est la force du nombre. Et la démographie, si vous me permettez de rappeler une citation d'Auguste II, c'est le destin. C'est la seule science exacte.
Donc, si on continue à faire rentrer communautarisme, à autoriser le burkini, à autoriser les signes religieux ostentatoires dans l'espace public, alors on ne s'en sortira pas. Donc, il faut commencer, un, par arrêter l'immigration. Deux, par bannir de l'ensemble de la sphère publique, les mairies, les collectivités, évidemment l'université, les signes religieux ostentatoires. Ensuite, il faut soutenir aujourd'hui les enseignants parce que Valeurs Actuelles rappelaient ce chiffre il y a maintenant un an et demi. 52% des enseignants disent s'auto-censurer dans les classes. Il y a des passages de l'histoire de France qu'on n'aborde plus aujourd'hui. On n'aborde plus la Shoah.
On n'aborde plus la guerre d'adjuré. Non.
A la fois de vous mais aussi de quelqu'un comme Éric Zemmour pendant la campagne à avoir créé une sorte de bras de fer avec la population et notamment la jeunesse musulmane.
Non, je ne crois pas du tout. La jeunesse musulmane, c'est les radicaux qu'on gagne aujourd'hui. Quand vous avez un sondage IFOP qui vous dit que 54% des jeunes musulmans des 18-25 ans considèrent que la loi de Dieu est supérieure aux lois de la République. Ce n'est pas de la faute de Marine Le Pen et ce n'est pas de la faute d'Éric Zemmour. Donc, on ne peut pas accuser si vous voulez en permanence ceux qui dénoncent les problèmes d'être ceux qui ont créé les problèmes. Moi, je pense que ce problème il vient de 30 ans de laxisme à l'égard de l'immigration et de 30 ans de faiblesse à l'égard de l'islam politique. Les radicaux aujourd'hui ont gagné.
Donc, nous avions défendu il y a quelques mois nous la porterons à l'Assemblée nationale une grande loi contre l'idéologie islamiste. Je note que la loi la faible loi qui a été votée par M. Darmanin est parfaitement inefficace. Il y a encore des lieux de culte radicaux qui ne sont pas fermés. Il y a 4500 fichiers étrangers qui ne sont pas expulsés et qui viennent évidemment je dirais engorger les services de renseignement. Donc, il faut les expulser. Il faut rendre la France invivable pour ceux qui la détestent et qui la combattent.
Et puis, il faut réaffirmer partout où nous pouvons et dès l'école la défense de notre histoire nationale de nos modes de vie de notre identité ce qui n'est plus fait aujourd'hui. Et les premières victimes de l'islamisme leur liberté reculée. Il y a des centaines de quartiers aujourd'hui où les femmes ne peuvent plus s'habiller correctement ne peuvent plus se maquiller comme elles le souhaitent et même certaines d'ailleurs et moi j'en connais beaucoup en Seine-Saint-Denis avec qui j'ai grandi qui sont contraintes de porter un voile pour pouvoir être tranquille et ne pas être harcelées par les grands frères dans ce qu'elles sortent
Jordan Bardella la semaine dernière je le disais je recevais Marine Le Pen et quand je l'ai interrogée sur votre destin à la tête du Rassemblement National elle était assez en colère et elle disait c'est pas le moment c'est pas le moment moi je ne voulais pas en parler mais enfin quand même parlons-en deux minutes l'avenir c'est vous ORN ?
Non mais ce n'est pas le moment nous sommes encore engagés Donc vous êtes vous
en train de mettre en place tout ça mais les Français ne veulent pas le savoir
Moi je ne mets rien en place du tout ne vous fiez pas à tout ce que vous lisez dans la presse je suis président par intérim jusqu'à la rentrée de septembre Marine Le Pen dira ensuite si oui ou non elle souhaite reprendre la présidence et si elle ne reprend pas la présidence du Rassemblement National il y aura un congrès moi je suis aujourd'hui vous serrez candidat mais je vous le dirai en temps voulu il y aura une forme je reviendrai avec plaisir vous expliquer ce qu'on fera à la rentrée mais il y aura une forme d'indécence à commenter ce qui se passera dans six mois et à parler de l'avenir du Rassemblement National alors qu'on est encore en élection non mais ce n'est pas indécence les élections ne sont pas terminées je veux dire laissez passer les élections chaque chose en son temps étape par étape on fera ça à la rentrée en tout cas Marine Le Pen a d'ores et déjà indiqué qu'elle prendrait la tête du groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale et qu'elle restera la leader de l'opposition je veux dire elle a réuni sur son nom 42% 13 millions et demi c'est à dire un nombre de voix historique dans l'histoire de notre mouvement je pense que il ne nous manque plus grand chose pour arriver au pouvoir aujourd'hui qu'il y a peut-être des craintes encore à notre égard moi j'ai conscience que certains français aujourd'hui peuvent avoir des craintes à notre égard et notre objectif est de faire en sorte que dans cinq ans il n'y ait plus un seul français qui nous perçoive au travers de la caricature qu'on a peut-être trop longtemps fait de nous
Jordan Bardella président du Rassemblement National au moins jusqu'en septembre vous viendrez nous dire si vous êtes candidat à cette présidence de manière plus pérenne il est 8h53 sur RMC BFM TV
Jordan Bardella