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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 mai 2021 25 min

Brevets des vaccins, policier tué à Avignon, régionales, vaccination des enseignants... Le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Clémentine Autain.

0:05
Clémentine Autain

Bonjour Marc Fauvel.

0:06
Présentateur

Énorme surprise cette nuit aux Etats-Unis. Le président Biden se prononce désormais pour une levée des brevets sur les vaccins, ce qui permettrait peut-être leur production à une plus grande échelle, notamment dans les pays en développement. Le patron de l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, salue une décision historique. Est-ce que c'est votre cas également ?

0:23
Clémentine Autain

Oui, c'est une excellente nouvelle. C'est le signe aussi que la mobilisation mondiale, qui vient de mobilisation sociale, citoyenne, politique, pour exiger ses brevets libres, et en fait le fait tout simplement que la santé échappe à la marchandisation du monde. Et Joe Biden, qui décidément, on n'a pas fini de nous étonner, avec un certain nombre de mesures qu'il annonce et de prise de position qu'il prend, et là c'est en effet historique, parce que c'est un tournant qui peut modifier la décision de l'OMC. Il faut savoir qu'il y a déjà eu ce débat au sein de l'OMC. L'Inde et l'Afrique du Sud avaient proposé qu'il y ait ces brevets libres.

1:05
Présentateur

Une centaine de pays également les ont rejoints. Pas la France. Pas la France.

1:09
Clémentine Autain

Et je ne décolère pas. La France n'a pas soutenu cette position à l'international, alors que le Président de la République, dans un certain nombre de ses interventions, nous a dit que la santé devait être un bien commun. Bon, si la santé est un bien commun, le brevet qui permet à tout le monde de produire des vaccins et de sortir de logique financière, le vaccin Pfizer, aujourd'hui, vous le savez, vend très cher, il n'y a que des pays très riches d'ailleurs qui peuvent se fournir, et n'arrête pas d'augmenter ses marges. Après la France, il suffit de son vote en disant qu'elle envoie elle-même des vaccins aux pays les plus pauvres, grâce à l'initiative COVAX. Il ne doit pas marcher comme ça.

Regardez l'Inde. Regardez la situation en Inde. C'est un carnage. C'est épouvantable.

1:50
Présentateur

Et pourtant, l'Inde est l'un des premiers producteurs de vaccins au monde.

1:52
Clémentine Autain

S'ils avaient la licence, ils pourraient le faire. Ils pourraient le faire eux-mêmes. Pas simplement attendre. Les laboratoires estiment que la décision... La proposition que vous dites, c'est que la France peut donner. Mais voyez cette logique. Moi, je ne suis pas d'accord. Je suis pour que chaque pays puisse lui-même produire ses propres vaccins.

2:08
Invité

Les laboratoires disent, ok, vous voulez lever les brevets, sauf que le problème, c'est les technologies. Ces pays ne disposent pas des technologies nécessaires pour produire ces vaccins.

2:17
Clémentine Autain

Donc, ça va mettre énormément de temps. Certes, mais il y a des pays qui ont les technologies et qui, aujourd'hui, ne peuvent pas produire le vaccin correctement. La France en particulier, mais plein d'autres pays. Bon, ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est qu'il faut aider à avancer pour que tous les pays puissent avoir ces technologies. Mais le préalable, c'est la licence libre sur ces vaccins. Voilà.

2:39
Présentateur

Et donc, vous souhaitez que la France revoie sa position ? La France et l'Europe, parce que la France toute seule, ça ne change rien.

2:44
Clémentine Autain

Et l'Europe et l'Union européenne. Pour l'instant, ce sont les valets du système financier. Il faut dire les choses franchement. Ce sont les valets du système financier. Est-ce qu'enfin, ils prennent une position courageuse, logique, si l'on veut combattre le virus sérieusement ? Parce que la pandémie est mondiale, l'urgence est là sous nos yeux. Et nous savons en France quel est le coût humain, le coût humain en nombre de morts, mais le coût aussi social, le coût psychologique de toutes les mesures qui sont prises parce que nous ne sommes pas capables de vacciner correctement tout le monde aujourd'hui.

3:13
Présentateur

Joe Biden, dont une partie de la gauche en France, une partie de la gauche radicale, une partie des insoumis disait pique-pendre pendant toute la campagne présidentielle. Finalement, c'est le nouveau patron de la gauche mondiale.

3:24
Clémentine Autain

Non, ce n'est pas le patron de la gauche mondiale.

3:25
Présentateur

Ce n'était pas votre choix.

3:27
Clémentine Autain

Non, ce n'était pas notre choix. C'était Bernie Sanders. Oui, et je continue de penser que Bernie Sanders, et pas seulement, aussi d'autres, Alexandra Ocasio-Cortez et bien d'autres, qui ont poussé aussi dans le rapport de force à l'intérieur de la gauche. Joe Biden, il a aussi gagné parce qu'il y avait une énergie, une originalité, une faussier, une radicalité.

3:48
Présentateur

Il a aussi une décision cette nuit.

3:50
Clémentine Autain

Non, ce n'est pas ça que je suis en train de vous dire. Je suis en train de vous dire que ce qui se passe aux États-Unis, bien sûr, il y a la parole de Joe Biden, mais la gauche américaine est aussi marquée par la présence forte de cette génération d'une gauche radicale qui, je pense, oui, joue. Après, moi, je suis très heureuse de voir Joe Biden relancer l'Amérique sur des bases qui rompent avec ce qu'on a vu ces dernières décennies. Bien sûr que c'est une bonne nouvelle.

4:18
Invité

Clémentine Autain, un policier de 36 ans a été tué hier alors qu'il intervenait sur un trafic de drogue. Le tireur est toujours en fuite ce matin. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est rendu sur place cette nuit. La lutte contre les trafics de stupéfiants partout sur le territoire national s'apparente à une guerre. Cette guerre, nous la menons grâce à des soldats. Ces soldats sont les policiers et les gendarmes de France. Aujourd'hui, un de ces soldats est mort en euros pour lutter contre ce trafic de stupéfiants. Vous êtes d'accord, c'est une guerre qui est menée contre les trafiquants et les policiers sont des soldats aujourd'hui ?

4:55
Clémentine Autain

Un policier est mort dans l'exercice de ses fonctions. C'est abominable. Franchement, c'est abominable. Et je dois dire la stupéfaction qui a été la mienne quand j'ai vu cette annonce. En plus, avec un corps du service public qui a été rudement mis à l'épreuve ces derniers temps par l'acte terroriste à Rambouillet, avec cette femme dans un commissariat qui a été assassinée. Donc, les temps sont difficiles. Et donc, je voudrais d'abord exprimer toute ma solidarité, mes pensées émues pour la famille. Elle est proche de ce policier et aussi pour tous ses collègues qui forcément sont durement affectés et touchés.

Maintenant, il faut qu'on analyse sur qu'est-ce qui pourrait permettre de mieux lutter contre le trafic de drogue, de protéger les policiers et de protéger les citoyennes et les citoyens. Et ce débat-là, je trouve qu'il n'est pas véritablement ouvert aujourd'hui en France. C'est-à-dire ? Je n'aime pas d'ailleurs le vocabulaire utilisé par M. Darmanin, de guerre, de soldats. Ce sont des policiers républicains. C'est quand même important. Il ne faut pas mener la guerre contre les trafics de drogue ? Bien sûr qu'il faut gagner. Non, c'est juste le registre guerrier en tout. On a bien été en guerre contre le virus. Voilà, on est en guerre contre le virus. Ça fait beaucoup de guerres à mener.

Le registre guerrier très viril peut impressionner, etc. Je ne suis pas sûre qu'il soit le plus efficace. Donc, est-ce qu'on peut réfléchir à ce qui peut être efficace en termes de santé publique, en l'occurrence, et de protection, protection des citoyennes et des citoyens, qui, en termes de deal, moi je suis élue de Sevran, de Villepinte et Tremblay, donc la question du deal, je la vois malheureusement de près. Et je sais la difficulté des policiers à arriver à bout de cette affaire, la place du trafic dans la vie quotidienne des habitants. Et il faut qu'on arrive à sortir de là en étudiant toutes les solutions.

6:48
Invité

1300 opérations de démantèlement de trafic depuis le début de l'année. Il faut continuer, il faut intensifier ces opérations ?

6:54
Clémentine Autain

Moi, quand je vous dis qu'il faut ouvrir le débat, c'est qu'il faut réfléchir à quelles sont les méthodes les plus efficaces. Moi, j'étais dans cet état d'esprit-là. Je vois que grandit l'enjeu de la dépénalisation du cannabis comme proposition pour justement casser les trafics. Je crois qu'il faut qu'aujourd'hui on ouvre ce débat-là et que le gouvernement accepte de peut-être réviser la doctrine qu'il a aujourd'hui puisque visiblement elle n'est pas efficace.

7:19
Présentateur

Même chez les partisans de la dépénalisation, de la légalisation du cannabis, il y a un fait, Clémentine Autain, qui est que la substance qu'on trouve aujourd'hui dans le cannabis, le THC, la substance qui rend euphorique, on va dire ça comme ça, il y en a beaucoup plus aujourd'hui que dans le cannabis d'il y a 20 ou 30 ans. Pour dire les choses de manière un peu privée, les joints d'aujourd'hui sont plus de ceux de mai 68. Ça ne change rien pour vous ça ?

7:41
Clémentine Autain

Si, pour moi ça change bien sûr et ça m'inquiète.

7:45
Présentateur

Mais si on dépénalise ?

7:47
Clémentine Autain

Justement, c'est pour aussi mieux contrôler ce qu'il y a dedans. Pardonnez-moi, mais c'est un des enjeux quand même. C'est-à-dire que c'est l'État qui contrôlera la qualité des produits et les taux de THC ? Bien sûr, bien sûr, c'est un des enjeux. C'est un des enjeux. Donc moi je vous dis juste que si on veut pas simplement montrer des muscles, avoir des propos qui sont inflationnistes, des lois répressives toujours plus fortes, mais la réalité que l'on voit, moi que je vois de près, c'est-à-dire l'impuissance à en finir avec ces trafics-là, eh bien moi je dis ouvrons sérieusement le débat pour trouver quelles sont les voies les plus efficaces pour en finir avec ça.

8:22
Présentateur

8h41, le fil info avec Mélanie Delaunay et on vous retrouve dans un instant, Clémentine.

8:25
Clémentine Autain

Merci à vous.

8:27
Invité

Une personne sur quatre a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid en France et pour montrer que la cadence ne se relâche pas, Emmanuel Macron inaugure ce matin un nouveau vaccinodrome à Paris au parc des expositions de la Porte de Versailles. Les lycéens sont de véritables cobayes pour une réforme qui se met en place à marche forcée, regrette l'Union nationale des lycéens sur France Info. Les épreuves du grand oral et de philo auront bien lieu le mois prochain avec des aménagements. Pour la philo, la meilleure note sera retenue, celle de l'épreuve ou bien du contrôle continu. L'homme qui a tué par balle un policier à Avignon est toujours recherché ce matin.

C'était lors d'une intervention sur un lieu de trafic de stupéfiants. La peur doit changer de camp, réagit le syndicat de police Alliance. Dans moins de deux semaines maintenant, la réouverture des salles de cinéma, mais toujours pas d'accord sur un calendrier de sortie des films. Échec hier soir lors d'une réunion entre les distributeurs. Avec un risque d'embouteillage, il y a plus de 400 films qui attendent d'être projetés. France Info.

9:29
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Bratia, Marc Fauvel.

9:33
Invité

Toujours avec Clémentine Autain, députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, et tête de liste au Régional en Ile-de-France pour le même mouvement. La droite... Et pour les communistes, et pour le parti animaliste, et pour la gauche démocratique et sociale.

9:44
Présentateur

Quittez la liste de tous les mouvements qui vous soutiennent. Ça, vous l'avez vu venir. Salia, honnêtement...

9:48
Invité

Et d'autres encore, oui. Un mot sur les régionales. En Paca, à la droite, a finalement trouvé un accord. Elle soutient donc Renaud Muselier. Et en échange, il ne doit pas présenter de ministre ou de parlementaire en marche sur ces listes. Est-ce que c'est un bon accord pour empêcher le Rassemblement National de gagner ?

10:04
Clémentine Autain

Moi, j'ai le sentiment que c'est encore une digue qui saute entre des partis politiques. Alors, c'est-à-dire là, en marche et la droite, au nom de la lutte contre l'extrême droite. Mais vous avez vu que les passerelles maintenant, entre la droite et en marche, mais aussi d'un autre côté, entre la droite et l'extrême droite...

10:23
Présentateur

Attendez, je reprends simplement vos mots. Vous dites que c'est une digue qui saute. C'est-à-dire que le fait que les marcheurs retirent leur liste pour que le RN ne gagne pas, c'est une digue qui saute. Oui.

10:30
Clémentine Autain

C'est-à-dire qu'en marche, c'était ni à droite ni à gauche. On est d'accord au démarrage. Je vous parle d'un temps et que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître genre combien. Mais vous vous souvenez, c'était au démarrage, on avait en marche qui devait être ni à droite ni à gauche. Et chemin faisant, on s'est rendu compte que dans la politique concrète d'Emmanuel Macron, la vérité des prix, c'est que c'était une politique très à droite. Et qu'en toute logique, les relations peuvent être de plus en plus favorables à des alliances qui peuvent être soit des alliances concrètes...

11:08
Invité

Mais est-ce que dans ce cas précis, le but, c'est de battre le RN ? Est-ce que dans ce cas précis, ça ne se justifie pas ?

11:15
Clémentine Autain

C'est en marche. Nous, nous avons une candidate, nous avons une gauche qui est d'ailleurs en grande difficulté pour s'unir en PACA, ce que je regrette profondément, parce que s'il y a bien un endroit, comme dans le Nord, où il aurait fallu trouver une solution, arriver à s'entendre, à se rassembler...

11:31
Présentateur

Il y a plusieurs régions désormais où le RN n'est pas très loin des listes, souvent des présidents ou des présidentes sortantes. Est-ce que partout où il y a un risque qu'une région bascule du côté du RN, est-ce que partout, les listes de gauche doivent se retirer au soir du premier tour ? Si elles ne sont pas dans les deux...

11:48
Clémentine Autain

Regardez ce qui s'est passé dans le Nord, c'est-à-dire que la gauche a été... Dans les Hauts-de-France, au dernier régional, la gauche s'est fait à Raquiri au soir du premier tour, en retirant tout, ce qui ne veut dire pas d'élus depuis. Ce ne sera plus la règle désormais ? Non mais écoutez, ça commence à être un vrai problème, c'est-à-dire que si maintenant il faut soutenir Xavier Bertrand pour empêcher l'extrême droite d'arriver, c'est sans fin. On peut se retirer sans soutenir. C'est absolument sans fin, cette histoire-là.

12:11
Présentateur

La gauche ne se retirera plus face au Rassemblement national, s'il y a un risque. C'est fini le barrage.

12:16
Clémentine Autain

Mais faire barrage, c'est aussi être capable de construire des majorités émancipatrices face à l'extrême droite. Ce n'est pas toujours de s'effacer.

12:23
Présentateur

Mais celui qui tronche, c'est l'électeur ou l'électrice. Je suis bien d'accord avec vous. Si vous êtes à 10, 11, 12, 15% dans une région, s'il n'y a pas d'espoir de victoire, vous vous maintiendrez partout jusqu'au bout.

12:33
Clémentine Autain

Si vous allez dans cette logique, c'est sans fin. Et moi, je vous dis déjà, en 2022, où on veut nous imposer un duel Macron-Le Pen, alors qu'on ne sait absolument pas quelle sera la situation au soir du premier tour. Et d'ores et déjà, on est sommés, toutes et tous, d'expliquer qu'on va aller voter pour En Marche, puis demain pour la droite, pour faire barrage à l'extrême droite. Moi, ce qui m'intéresse déjà, c'est qu'on fasse barrage dans les idées. Je n'en peux plus du débat politique aujourd'hui, où c'est un concours l'épine des idées d'extrême droite.

Et nous sommes sommés sur chaque pâteau d'aller expliquer que, oui, on doit être près d'En Marche pour éviter l'extrême droite, ou carrément se désister pour la droite, pour empêcher l'extrême droite. Mais est-ce qu'on se pose la question des idées, des projets et des alternatives émancipatrices face à l'extrême droite ?

13:20
Invité

Vous êtes libre de faire campagne jusqu'au premier tour, le premier tour se déroule, il y a un résultat à la fin. J'imagine que vous y pensez vous-même. Est-ce que vous pouvez laisser le premier tour ?

13:27
Clémentine Autain

Au soir du premier tour, vous faites quoi ? Pardonnez-moi, est-ce qu'on peut laisser déjà le premier tour se dérouler ? Est-ce que ça, c'est possible ? Est-ce qu'on peut donner une chance à la gauche, et il le faut, qu'elle se remette sur pli, qu'elle se rassemble et qu'elle soit présente dans les assemblées régionales ? C'est aussi un sujet pour reconstituer progressivement une alternative véritable à l'extrême droite, à la droite qui lui marche dans les pas, et maintenant à En Marche, qui va prêter main forte au fond à la droite. C'est sans fin cette affaire.

13:55
Invité

Clément Timothée, vous regrettiez il y a quelques minutes qu'il n'y ait pas d'union en PACA, vous avez cité la région PACA. Vous-même, vous êtes candidate au régional en Ile-de-France, et il n'y a pas d'union aussi en Ile-de-France, alors que le candidat de l'extrême droite du Rassemblement National, Jordan Bardella, est bien placé. Celle qui est en tête, c'est Valérie Pécresse, la candidate qui est soutenue par la droite, par les Républicains.

14:21
Clémentine Autain

Pourquoi vous-même, vous n'y pensez pas à gauche ? Jordan Bardella est bien passé en Ile-de-France, trop bien placé à mon goût, et comptez sur moi...

14:28
Présentateur

19% dans notre dernière enquête, 32% pour Valérie Pécresse, les trois listes de gauche sont entre 10 et 13, dont la vôtre.

14:33
Clémentine Autain

Précisément, nous allons voir le résultat au bout du bout de Jordan Bardella, mais comptez sur nous pour lui tenir tête fortement, sur le fond, pendant toute la campagne. Ça, alors là, vous m'aurez... Et pourquoi il n'y a pas d'union ? Mais il n'y a pas, aujourd'hui, avec 19% et aucun partenaire, je pense qu'il est encore très très très loin de menacer de prendre la région à Valérie Pécresse. Nous sommes les seuls à pouvoir le faire. C'est-à-dire qu'il y a trois listes, mais les trois listes, au second tour, je l'espère, fusionneront.

Et en tout cas, moi, si je suis en tête, je l'ai toujours dit, je prendrai mes responsabilités pour qu'il y ait le rassemblement avec Julien Bayou et Audrey Pulvar. Et à ce moment-là, nous sommes en capacité, et nous sommes les seuls en capacité de battre la droite.

15:15
Présentateur

Si vous êtes derrière Julien Bayou, l'écologiste, ou derrière Audrey Pulvar...

15:19
Clémentine Autain

Je vous demande de poser la question, et je suis sûre que vous le ferez à Julien Bayou et Audrey Pulvar, pour qu'ils s'engagent à faire le rassemblement.

15:29
Présentateur

Mais vous, vous vous engagez à le faire dans l'autre sens.

15:31
Clémentine Autain

Exactement, je m'engage à le faire si je suis en tête.

15:32
Présentateur

Si vous n'êtes pas en tête de la gauche, vous rejoindrez les deux autres listes, vous fusionnerez.

15:35
Clémentine Autain

Je pense que c'est celui ou celle qui est en tête qui a la responsabilité de construire le rassemblement. Donc moi, je m'engage, si je suis en tête, à mettre toute mon énergie pour y parvenir.

15:44
Invité

Parce que ce qui est étrange, Clémentine Autain, c'est qu'aujourd'hui, par exemple, vous publiez un cours essai... Mais si on pouvait parler du fond sur les régionales, j'y arrive à... Vous publiez un cours essai qui donne les grandes lignes de ce que vous proposez pour la région. Gratuité des transports pour les moins de 18 ans et les plus précaires, construction de logements sociaux. Un plan vélo aussi, sur le fond. Qu'est-ce qui vous différencie d'un Julien Bayou ou d'une Anne Hidalgo pour pouvoir... C'est Audrey Pulvar. C'est Audrey Pulvar. Oui, je suis candidata.

16:10
Présentateur

Anne Hidalgo n'est pas encore candidate au régional.

16:12
Invité

Qu'est-ce qui vous sépare sur le fond pour ne pas vous unir dès aujourd'hui ?

16:16
Clémentine Autain

Alors, d'abord, moi, je ne cherche pas le jeu des sept différences avec Audrey Pulvar et Julien Bayou. Et quand j'observe qu'il y a des convergences, en fait, je me réjouis. Parce que ça veut dire que le second tour, nous allons pouvoir nous rassembler. Est-ce qu'on aurait pu le faire dès le premier tour ? D'abord, comme vous le savez, nous avons des formations politiques différentes, des histoires différentes, des profils de candidatures différents. C'est une réalité. Julien Bayou, quand il est entré en campagne, comme partout en France, a affirmé le rassemblement des écologistes, point à la ligne.

Et Audrey Pulvar, quand elle a appelé au rassemblement à gauche, a exclu d'emblée les insoumis. Donc, c'est les partis qui ont pas pu rassembler ? J'en ai pris acte. J'en ai pris acte. J'ai toujours tendu la main. Nous sommes devant cette situation. Et le dépôt des listes est le 17 mai. Donc, je peux à nouveau tendre la main. Mais voyez bien que là, nous sommes... Voilà. On est dans cette situation. Donc, je me réjouis quand il y a des convergences. Et je pense que les électeurs et les électrices, en nous entendant, voient bien qu'il y a des nuances, mais pas d'incapacité à se rassembler au second tour. Mais ce qui compte, c'est sur le fond.

Moi, je suis convaincue d'être la meilleure antithèse à Valérie Pécresse. Je pense que j'ai le projet le plus cohérent pour faire basculer notre région et à la fois assumer le choc de solidarité que je propose dès juillet pour les franciliennes et les franciniens dans un moment de grand carnage social. Et ensuite, une bifurcation sociale et écologique qui signifie un changement en profondeur du modèle de développement francilien qui partirait des besoins véritables des habitants et non pas de l'obsession de la compétitivité, de la concurrence de tous contre tous que mène Valérie Pécresse avec en bout de chaîne des inégalités sociales et territoriales qui explosent en Ile-de-France.

Moi, les cités dortoirs d'un côté et les centres d'affaires de l'autre, je ne suis pas d'accord avec ce modèle de développement qu'a accéléré Valérie Pécresse. C'est pourquoi il faut ce changement et il me semble que je suis la mieux placée pour l'incarner dans cette campagne francilienne.

18:12
Présentateur

Clémentine Autun, tête de liste des Insoumis, mais pas seulement au Régional en Ile-de-France et l'invité de France. Il faut 8h51, Mélanie Delonnet pour le Filinfo. On se retrouve dans un instant.

18:21
Invité

Les Etats-Unis se positionnent pour lever les brevets des vaccins contre le Covid, partager les recettes de fabrication pour produire des doses dans les pays les plus pauvres. Tandis que la France, elle préfère des dons de vaccins, c'est l'organisation mondiale du commerce qui doit trancher. Sur France Info ce matin, le président de la région PACA, Renaud Muselier, réclame la perpétuité incompressible pour les assassins de policiers après la mort d'un agent tué par balle hier soir à Avignon. C'était lors d'une intervention sur un trafic de drogue. Le tireur est toujours recherché ce matin. Le gouvernement de Jersey se dit prêt à discuter directement avec les pêcheurs normands.

Une cinquantaine de bateaux manifestent en ce moment devant le principal port de cette île de la Manche. Les marins protestent contre les conditions de pêche qui leur sont imposées depuis le Brexit. La finale de la Ligue des champions de football se jouera entre deux clubs anglais. Chelsea a battu le Real Madrid 2-0 et affrontera Manchester City le 29 mai en Turquie. France Info

19:18
Présentateur

Clémentine Autain, la France va franchir aujourd'hui un cap sur la vaccination. Un Français sur quatre parmi toute la population sera vacciné aujourd'hui. Est-ce qu'il est temps pour vous de changer de critère, d'abandonner les critères d'âge ou de comorbidité et d'ouvrir la vaccination à tout le monde aujourd'hui ?

19:39
Clémentine Autain

Le problème surtout c'est le nombre de vaccins et la méthode pour vacciner. Évidemment qu'il faudrait vacciner tout le monde, mais nous n'avons pas suffisamment de doses.

19:47
Présentateur

Un million d'AstraZeneca pas utilisées en ce moment.

19:49
Clémentine Autain

Voilà, donc dans le cadre, d'abord on a une pénurie. Alors AstraZeneca c'est particulier.

19:53
Présentateur

Oui, mais un million en ce moment et la courbe ne progresse plus sur l'AstraZeneca.

19:57
Clémentine Autain

J'entends bien, mais il y a un problème d'inquiétude des Français sur l'AstraZeneca, il faut quand même le dire. Mais globalement, la stratégie du gouvernement est quand même pas du tout opérationnelle. Nous n'avons pas été bons pour avoir suffisamment de doses et la stratégie de vaccination...

20:12
Présentateur

Nous c'est qui ? C'est la France ou c'est l'Europe ?

20:13
Clémentine Autain

La France, l'Europe, les deux, vous savez, moi je n'ai pas de soucis à dire que c'est l'un et l'autre. Idéalement, si on avait pu avoir une bonne stratégie européenne, ça aurait été bien. Mais visiblement, ça n'est pas le cas. Donc c'est le chacun pour soi et dans ce chacun pour soi, je ne trouve pas que la France a été particulièrement efficace, pour le dire avec euphémisme.

20:30
Présentateur

Ça a été l'inverse du chacun pour soi, pour le coup, les commandes de vaccins, puisqu'on a fait le choix de les commander à 27 plutôt que chacun.

20:35
Clémentine Autain

Oui, écoutez, il y en a qui s'en sortent un peu mieux que d'autres. Vous l'aurez remarqué. Mais j'ai l'impression qu'il y en a d'autres qui s'en sortent mieux, non ? Qui ça ? Vous ne trouvez pas ? Qui ça ? Non, mais allez-y, vous dites qui ? Oui, les Allemands par exemple, non ?

20:49
Présentateur

Ils ont exactement la même dose en proportion de leur population que nous.

20:51
Clémentine Autain

Et vous n'avez pas l'impression que globalement, ils s'en sortent mieux dans la crise ?

20:54
Présentateur

Vous parlez des vaccins, pardon Clémentine. Alors, revenons sur les vaccins. Les Allemands s'en sortent mieux que nous aujourd'hui en vaccination ?

21:00
Clémentine Autain

Là, ce qui m'intéresse et votre question, c'est la France.

21:02
Présentateur

Oui, mais vous me répondez sur l'Allemagne.

21:04
Clémentine Autain

Non, je vous dis que...

21:05
Présentateur

En quoi les Allemands s'en sortent mieux aujourd'hui ?

21:11
Clémentine Autain

Et le monde de la France, c'est de la façon dont...

21:12
Présentateur

Bon, on revient en France, alors allez-y, je vous en prie.

21:14
Clémentine Autain

Excusez-moi, mais de la façon dont le gouvernement s'y est mal pris quand même. Parce que c'est quand même ça le sujet le plus important. Je le vois du point de vue de la Seine-Saint-Denis, évidemment. Puisque avec le système Doctolib, on a une fracture numérique qui fait qu'un certain nombre de gens qui arrivent à se débrouiller, parce que c'est quand même un peu de la débrouille, de savoir celui qui va attraper le rendez-vous pour aller au vaccinodrome, etc. Pendant que d'autres sont laissés sur le bord du chemin.

21:39
Invité

Ça a été rectifié, ça. Le président du département de Seine-Saint-Denis, justement, était notre invité. Il nous a dit qu'il avait rectifié ce problème Doctolib en allant voir, justement, les maires aller voir les habitants.

21:50
Clémentine Autain

Bien sûr, parce que les maires et les collectivités se donnent beaucoup de mal. Mais je suis désolée, la responsabilité de l'État est engagée au démarrage, d'avoir fait ce choix, y compris de grands vaccinodromes, plutôt que d'espaces de proximité qui permettent de créer du lien, d'aller chercher les gens et non pas de passer par une plateforme qui n'est pas dans un rapport humain et qui, évidemment, implique une fracture numérique. Donc, c'est un choix qui, à mon avis, est contestable. Mais surtout, le problème, c'est le nombre. Parce que quand vous êtes face à une pénurie, vous êtes obligés de choisir des catégories alors que, bon... Et avec des promesses qui ne sont pas tenues.

Vous avez vu sur les enseignants. M. Blanquer expliquait, il n'y a pas si longtemps, le 28 février, qu'en mars, les enseignants seraient vaccinés. Puis, finalement, le président de la République nous a dit « Non, non, ce sera mi-avril ». Bon, mi-avril, moi, mon mari est enseignant, il n'est toujours pas vacciné. Ça a commencé, la vaccination. Et il est enseignant en Seine-Saint-Denis, il n'est pas vacciné. Et maintenant, on nous dit que la première dose pour les enseignants sera faite avant l'été.

22:46
Présentateur

C'est le cas pour les plus de 55 ans.

22:48
Clémentine Autain

Les enseignants de plus de 55 ans. Mais en Seine-Saint-Denis, je vous assure que les enseignants de plus de 55 ans ne sont absolument pas majoritaires. Absolument pas majoritaires. Donc, il y a un problème de nombre, de doses qui ne sont pas suffisantes. Et on en revient au sujet du début, c'est-à-dire les brevets, la possibilité de les faire nous-mêmes, etc. C'est ça, la faute initiale. Et ensuite, dans l'organisation, des inégalités qui sont générées. Hier, j'étais avec le maire de Nanterre. Il me racontait, il était fou de rage, il me racontait qu'il n'y croyait pas lui-même puisque Neuilly, juste à côté de chez lui, avait plus de vaccins qu'il n'en avait à Nanterre. De nombre de doses.

23:25
Présentateur

Vous savez pourquoi ?

23:26
Clémentine Autain

Eh bien, dites-moi. En tout cas, le maire de Nanterre...

23:28
Présentateur

Parce que les vaccins sont distribués en fonction des comorbidités et des publics qui sont ciblés et que les personnes âgées étant... Je ne connais pas parfaitement la démographie de Nanterre et Neuilly, mais j'ai une plus petite idée.

23:37
Clémentine Autain

Il a décidé que Neuilly, c'était des vieux et que Nanterre... C'est vous qui le dites.

23:41
Présentateur

Non, c'est vous qui le dites. Et l'une des explications qui fait que d'ailleurs, la Seine-Saint-Denis a reçu moins de dose que les autres départements, c'est que la population y est la plus jeune de France. Et donc, vous voyez bien qu'il y a un problème. Ce qui nous ramène à la première question, faut-il changer les critères ? Faut-il changer les critères ? Voilà, 6 minutes, c'était important, mais faut-il changer les critères de priorisation du vaccin pour les ouvrir à tous et pas seulement à l'âge et aux comorbidités ?

24:00
Clémentine Autain

Non, mais quand vous dites les ouvrir à tous, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris votre question. Parce que si vous dites, on les ouvre à tous... Aux plus de 18 ans, oui. Oui, j'entends bien. Mais il me semble quand même important que les plus âgés et les plus vulnérables soient les premiers vaccinés. Ça, c'est important. Mais ensuite, dans les deuxièmes critères, il faut aussi que les territoires les plus populaires, où il y a d'ailleurs les comorbidités, c'est une des raisons pour lesquelles en Seine-Saint-Denis, nous avons des taux plus importants. Mais il y a aussi des critères sociaux, les premiers corvées qui se déplacent davantage, qui ont des métiers...

Il y a 17 professions prioritaires aujourd'hui dans la vaccination, dont certains que vous avez cités. Sauf qu'on n'arrive pas à les vacciner. C'est pour ça que j'en reviens à ça. C'est-à-dire que moi, je veux bien qu'on fasse des priorités. Mais quand on dit que les enseignants sont prioritaires, mais qu'au fond, on n'est pas capable de les vacciner, moi, je veux bien qu'on ouvre plus avant, mais on n'est pas capable aujourd'hui de le faire. Donc c'est là la responsabilité majeure du gouvernement.

C'est la faute initiale sur le nombre de nos et les modalités d'organisation qui, au départ, n'ont pas suffisamment pris en considération les inégalités sociales et territoriales, me semble-t-il, et la fracture numérique. Merci Clémentine Autain. Merci à vous. Et bonne journée à vous.