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interviewfranceinfo· 11 mai 2026 14 min

Egypte, Kenya et Ethiopie : Emmanuel Macron en tournée en Afrique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Emmanuel Macron est au Kenya pour le sommet Afrique-France et c'est la première fois qu'un tel sommet ne se déroule pas dans un pays francophone. Ce n'est pas un hasard. Emmanuel Macron veut tisser des liens avec de nouveaux pays anglophones tant l'influence française recule sur tout le continent.

Marc de Chalevron, Yan Moine, David Fossard. du choix du pays d'accueil, le Kenya anglophone. Au nom donné à l'événement anglais lui aussi Africa Forward, rien ne laisse deviner que c'est un sommet entre la France et l'Afrique qui vient de s'ouvrir à Naérobi.

Une volonté de rupture assumée de longue date par le président de la République. C'est un continent que je ne veux plus que la France regarde d'un côté comme étant un précarré. Pour son premier déplacement en Afrique en 2017.

Tout juste élu, Emmanuel Macron rencontre des étudiants au Burkina Faso. Voilà. Il leur promet alors de mettre fin aux ingérences françaises dans les affaires africaines.

Faut pas répéter les vieux. Il ne se doute pas que l'histoire va brutalement s'accélérer. Sous l'effet d'un puissant ressentiment à l'égard de la France et de l'arrivée au pouvoir de jeintte militaire au Sahel, l'armée française est obligée de se retirer dans l'urgence de ses bases militaires.

D'abord au Mali en 2022 puis au Burkina Faso et au Niger. En 3 ans, elle rétrocède toutes ses emprises en Afrique de l'Ouest et rapatrie des milliers de soldats. La rupture est subie.

La France quitte le Mali, les Russes arrivent et donc aujourd'hui militairement, il y a cette équation là de la perte de l'influence militaire qui est nouvelle. Alors la France adapte sa stratégie. Quelques dizaines de militaires sont maintenus dans des bases partagées en Côte d'Ivoire et au Gabon.

L'armée française multiplie les missions de formation. Au Bénin en décembre dernier, une tentative de coup d'état est déjouée notamment grâce à l'intervention des forces spéciales françaises. La France reste présente militairement.

Il y a pas d'implantation avec des bases présentes, très visibles de la population. Ce sont des forces spéciales prépositionnées et qui interviennent de manière beaucoup plus discrète. Pour ne pas se laisser distancer par des concurrents économiques de plus en plus présents sur le continent.

La France regarde donc désormais vers l'Afrique de l'Est et anglophone. Une manière également de sortir d'un tête à tête parfois pesant avec les anciennes colonies d'Afrique de l'Ouest. Et justement gros plan sur un pays qui symbolise à lui seul le recul de l'influence française, le Sénégal.

Et ce chiffre qui dit tout, les entreprises françaises ne représentent plus que 5 % des contrats publics au Sénégal contre 30 % pour la Chine. Reportage à Dakar, Nicolas Bertrand, Fabien Fouger, Thbo Renault. C'est un projet pharaonique.

Ici va naître le premier port en eau profonde du Sénégal construit sur l'océan pour accueillir les plus grands navires porte-conteneur. Typiquement le genre d'infrastructure qui aurait pu être construite par des géants français du BTP. Le projet est piloté par une entreprise de Dubaï.

Absolument. Cela va absolument tout changer pour le pays en terme de logistique, en terme de création d'emploi, en terme de connectivité. Ça va propulser le Sénégal dans le futur.

Coût des travaux, plus de 2 milliards de dollars. La construction a été confiée à un consortium international. Bonjour, vous allez bien ? dominé par des entreprises chinoises, nous avions des compagnies du monde entier en compétition dont de nombreuses entreprises françaises mais à la fin elles n'ont pas gagné.

Selon nos informations, le consortium emmené par FH était 20 % plus cher. Il n'a donc pas été retenu. À côté, autre chantier colossal, une ville nouvelle est en train de sortir de terre pour désengorger la capitale Dakar.

Elle s'appelle Diamnadio. Ici, ce sont principalement des entreprises turques qui ont remporté les appels d'offre. Elles ont construit le stade, la gare et la plupart des hôtels et des immeubles d'habitation.

À côté, une plateforme industrielle a été créée pour attirer les investisseurs étrangers. Mais là encore, c'est le même constat. Ici, on a une entreprise tunisienne.

À votre droite, on a le entreprise aussi chinoise. Il y a pas du tout d'entreprise française sur la plateforme. Non, à ma connaissance non.

Pour Bumso qui dirige cette plateforme, les Chinois auraient mieux compris le marché sénégalais. Comme dans cette usine qui fabrique des emballages en carton où des Chinois forment des employés locaux. Voilà, je te cherché là.

Bonjour. Bonjour. Ça va ?

Ça va ? Et voilà un exemple que nous nous saluions. Ce type d'industrie n'existait pas.

Ils ont besoins spécifiques et quand même qui arriver à se diversifier. Donc le point positif c'est quoi ? C'est donc c'est la flexibilité.

C'est ça que vous diriez ? Voilà. Voilà.

Voilà. C'est très flexible. Depuis 20 ans, la Chine investit massivement en Afrique devenu un marché stratégique pour Pékin.

Résultat c'est leur drapeau qui flotte ici. C'est du gagnant gagnant parce que c'est du réel. Vous l'avez constaté.

Ce sont le Sénégal a besoin des infrastructures et la Chine l'a compris. Ça veut dire que les les temps ont changé, les partenaires aussi. Ouais, ça ça je vous le confirme.

Pendant des décennies, les entreprises françaises dominaient largement les grands marchés au Sénégal. infrastructure, énergie banque. Aujourd'hui, elle ne représente plus qu'environ 5 % des marchés publics contre plus de 30 % pour la Chine.

Mais il reste des entreprises françaises qui gagnent des marchés au Sénégal. Ces lampadaires solaires de dernière génération, c'est bon, c'est bon, sont installées par le groupe Radi, une entreprise familiale de cagne sur mer. Un contrat colossal, 36000 luminaires fabriqués en France.

Mais pour réussir ici, il a fallu changer de méthode, créer une filiale locale, transférer la technologie. Le directeur de la filiale est lui-même sénégalais. Ce n'est pas un expatrié.

Il y a eu d'abord la flexibilité, ensuite la qualité et le coût. Et ça a été la bonne composition et les emplois locaux surtout. Un projet d'environ 70 millions d'euros financé en partie par la banque de développement française pour qui les entreprises tricolor doivent à tout prix rester ici.

Je crois qu'elles vont continuer à croître et à gagner des marchés parce que les exigences montent. Or, les entreprises françaises sont très euh compétitives quand les exigences sont élevées. C'est ici qu'il y a des marchés de demain qu'il y a des potentiel de croissance important.

Derrière ces réverbères qui s'allument, un nouveau modèle et des entreprises françaises qui doivent désorber s'adapter pour exister. Vous l'avez compris, les entreprises françaises continuent de miser sur l'Afrique. Emmanuel Macron l'a annoncé tout à l'heure. 23 milliards d'euros vont être investis sur le continent.

Donc 14 milliards provenant d'investisseurs tricolores. Dorothé Lachot, bonsoir. L'Afrique reste un marché capital crucial pour nos fleurons industriels français.

Oui, à commencer Léa notamment par total énergie. Aujourd'hui, le groupe produit 17 % de ses hydrocarbures en Afrique. C'est l'équivalent de 430000 barils de pétrole par jour. total qui est implanté dans une quarantaine de pays africains comme au Mozambique, là où se trouve, vous allez le voir, son méga chantier de production de gaz naturelfié.

C'est un site Léa, qui pourrait permettre d'alimenter l'Asie et l'Europe sans dépendre complètement du détroit d'Ormouse. Oui, mais il n'y a pas que l'énergie l'Afrique reste capitale pour d'autres entreprises françaises, pour d'autres secteurs économiques. Oui, tout à fait.

C'est le cas de la téléphonie mobile par exemple. Regardez, l'opérateur français Orange compte 179 millions de clients dans la région avec une hausse de 14 millions de clients, rien que l'an dernier. Et aujourd'hui, plus de 20 % du chiffre d'affaires du groupe se fait sur le continent africain.

C'est aussi le cas pour certains géants de l'agroalimentaire comme le groupe Castel, vous savez, qui possède notamment les les cavistes maison Nicolas en France. Ce spécialiste des vins et bières réalise 80 % de son chiffre d'affaires en Afrique. C'est énorme.

Et puis par ailleurs, le continent africain compte de très nombreuses banques, des entreprises de logistique ou encore de BTP tricolore. Au total, 2440 filiales françaises sont implantées en Afrique et elles emploient directement 235000 personnes sur le continent. Merci à vous Doroté.

On repart au Sénégal où il est de plus en plus dur d'être homosexuel. Un français de 30 ans a été arrêté chez lui il y a 3 mois et il est toujours en prison aujourd'hui. Plus largement des centaines d'hommes ont été interpellés ces dernières semaines quand ils ne sont pas lychés publiquement par la foule.

Les lois contre les homosexuels ont été durcis drastiquement. Il risque jusqu'à 10 ans de prison. Regardez ce document très fort signé Nicolas Bertrand et Fabien Fouger.

Sous les hué de la foule, cet homme est emmené par la gendarmerie en plein Dakar. Les voisins crient Gorgen, ce qui veut dire homme-femme en wallof. Il est soupçonné des hombosexuels et la scène se répète plus d'une centaine d'arrestations ces dernières semaines et parfois la foule se fait justice elle-même.

Cet autre homme est passé à tabac à cause de sa supposée orientation sexuelle. Alors, les homosexuels se cachent comme cet homme qui monte dans notre voiture. S'il est reconnu, il risque 10 ans de prison pour acte contre nature selon une nouvelle loi.

À tout moment, tu te dis que on peut venir t'attraper et tu ne peux pas vivre. Tu tu es obligé de vivre cacher tout le monde. Ça fait chier.

Ça c'est pas une vie. Avoir tout le temps, c'est pas possible. Vous ne rencontrez plus personne.

Personne depuis le début des événements, il y a plus de rencontres. Souvent les homosexuel préfère être arrêté que d'être pris à partie par la foule ou par leur voisin et risquer un lynchage sur la base de simples rumeurs. Là, quand on voit ces images, c'est plus que de l'homophobie.

C'est carrément de la haine. C'est de la haine. Et on les a nourris comme ça.

On les a fait croire que voilà, il faut détester un homosexuel pour être plus croyant ou si tu tu un homosexuel, tu vas aller au paradis. Tu aimes les femmes, tu aimes les hommes. C'est une truc personnel.

Ça te concerne ça concerne toi. Un français aussi a été arrêté pour la même raison mi-février chez lui à Dakar. Il a une trentaine d'années.

Il est ingénieur et vite au Sénégal. Voici la photo publiée par la police. Il est entouré par trois autres suspects arrêtés le même jour.

Il est toujours en prison aujourd'hui. Sa famille n'a pas souhaité s'exprimer. Son [musique] avocat non plus.

Tout le monde a peur de parler, ses amis sont bouleversés. Ça nous a beaucoup choqué et après quand on a pris les circonstances de la station, ça nous a choqué encore plus parce qu'en fait ils ont frappé à la porte, il a ouvert, ils l'ont chopé quoi. La tactique qui qui en fait la rafle quoi.

Au Sénégal, pays à 95 % musulmans, l'homosexualité a toujours été largement rejetée. Une loi existait déjà depuis 1966 pour réprimer les actes homosexuels, mais elle était peu impliquée. Le nouveau gouvernement aé un texte bien plus radical soutenu par tous les députés de franc.

Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays. Nous considérons que les valeurs LGBTQ constituent un poison culturel savamment inoculé dans notre peuple. Dorén avant les actes homosexuels sont punis de 5 à 10 ans de prison ferme.

Cette loi ultra répressive a été adoptée à l'unanimité. 135 voix pour, zéro voix contre. Il y a aussi eu trois élus qui se sont abstenus mais pas parce qu'ils étaient opposés au texte.

Bien au contraire, il demande des peines encore plus dures contre les homosexuels. Au milieu de cette homophobie généralisée, quelques voix s'élèvent pour demander un retour à la raison. Le docteur Safia Toutiam est l'une d'entre elles.

Elle dirige le Conseil national de lutte contre le sida. [musique] s'il y a des observations. Oui, car cette nouvelle loi prévoit également des peines pour ceux qui viennent en aide aux homosexuels.

Ces soignants qui travaillent avec les porteurs du VIH se sonent visés. Soigner quelqu'un de ces repositifs qu'il soit homosexuel ou non, c'est quelque chose qui relève de notre devoir de médecin. Nous n'avons pas le droit de baisser les bras.

C'est des personnes qui comptent sur nous, donc nous devons leur continuer à les soigner. Euh donc c'est c'est très compliqué pour nous. Vous êtes inquiète ?

Ça se voit. Oui, je suis je suis inquiète mais en même temps je suis confiante. J'espère que on reviendra à la raison.

Vu les menaces, de nombreux homosexuels porteurs du VIH n'osent plus venir prendre leur traitement [musique] de peur d'être arrêté. Cela fait craindre au spécialistes un retour en force de l'épidémie du sida au Sénégal.