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interviewPS - Parti socialiste· 6 mai 2026 18 min

"Je ne veux donner aucune carte blanche à l’extrême droite. Je veux la BATTRE !" - Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:03
Présentateur

Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Faure.

0:07
Olivier Faure

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:08
Présentateur

Merci d'être ici pour répondre à mes questions. Vous êtes le premier secrétaire du Parti Socialiste. J'ai plein de questions à vous poser et notamment sur les candidatures. C'est la première fois que vous répondez à une interview depuis l'annonce de candidature de Jean-Luc Mélenchon. Mais je voudrais commencer par cette histoire de Total. Vous voulez taxer Total et Total dit si vous nous taxez, on va remonter les prix à la pompe. Fini le plafond. Entre la taxe et le plafond, vous choisissez quoi ?

0:32
Olivier Faure

D'abord, la première chose, c'est qu'il ne s'agit pas d'une taxe Total. Il s'agit en fait d'une taxe qui vise toutes celles et ceux qui font des super profits liés à un conflit. Et donc, en réalité, quand Total et d'autres font des super profits, ils ne les font pas parce qu'ils ont augmenté leur production. Ils ne le font pas parce qu'ils ont créé des produits nouveaux. Ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier. Ils le font simplement parce que la crise géopolitique est là et qu'ils en profitent.

Et donc, dans un moment comme celui-là, où les Français sont amenés à voir leur pouvoir d'achat renier progressivement par la hausse des prix du carburant et de l'énergie de manière générale, il est logique, il est normal que celles et ceux qui font des profits, qui sont des profits induits, soient amenés aussi à contribuer. Mais vous avez vu ce que vous répondz, Patrick Pouyannet.

1:22
Présentateur

Hier, il dit d'abord sur ce que vous dites sur le fait qu'ils ont gagné de l'argent. Il dit que Total Energy ne va pas non plus s'excuser de performer et de réussir dans son domaine. Il faut en contraire, dit-il, en être fier. Et par ailleurs, il dit, si vous taxez, il n'y a pas de problème. Mécaniquement, je stoppe mon plafonnement des prix à la pompe.

1:39
Olivier Faure

Je ne demande à personne des excuses. Je dis simplement que quand on a un pays qui est menacé par une perte de pouvoir d'achat pour le plus grand nombre, eh bien, celles et ceux qui ont fait le plus de profits doivent contribuer. Mais ça s'appelle la solidarité, ça s'appelle aussi défendre l'intérêt général.

1:55
Présentateur

Il y a déjà une surtaxe sur une contribution qui était censée être exceptionnelle et qui a été renouvelée.

2:02
Olivier Faure

Pour ceux qui font une année d'ennemi, il la paye. Et je ne dis pas que Total ne paye pas d'impôts. Je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis au banc de la société française. Je dis simplement que le chantage...

2:16
Présentateur

Vous avez hésité à quoi ? A dire que c'était un profiteur de crise ? C'était ça le mot que vous ne vouliez pas vraiment sortir ?

2:20
Olivier Faure

Oh ben ça, je peux le dire. C'est un profiteur de crise comme d'autres.

2:23
Présentateur

Un profiteur de guerre ?

2:24
Olivier Faure

Bien sûr. Bien sûr. A l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale. C'est en réalité Donald Trump. Mais évidemment, il y a aujourd'hui des gens qui en profitent et d'autres qui au contraire le subissent. Les Françaises et les Français, dans leur immense majorité, le subissent. Total en tire des bénéfices.

2:43
Présentateur

Mais justement, ces Français, moi j'en avais plusieurs ce matin qui ont appelé sur RMC, qui sont notamment des gros rouleurs. J'avais un routier qui était dans la région de Rouen et qui disait « Mais attendez, moi, je fais mon plein chez Total et je n'ai pas du tout envie qu'ils remontent les prix. » Et il dit « Le problème, c'est que cette taxe, le temps qu'elle soit éventuellement rétribuée aux Français, il dit au moins là, c'est efficace. Entre la taxe et le plafonnement des prix, je choisis le plafonnement des prix. » Voilà ce que vous disent aussi une partie des Français.

3:11
Olivier Faure

Mais je les comprends. Mais moi, je ne donne pas un choix entre l'un et l'autre. Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui désormais dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire. Ce n'est pas admissible. Dans une démocratie, le débat doit exister. Et il est logique qu'il y ait aujourd'hui des mesures qui soient prises et qui permettent de redistribuer cet argent en direction des plus modestes. Ce que je vois, c'est que Total dit qu'il plafonne les prix. Ce qui est vrai.

Mais ce que je vois aussi, c'est qu'en dépit de ce plafonnement, il vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires. Il a augmenté son profit de 51%. Et on considère que ce serait tout à fait normal. Moi, je dis que ce n'est pas normal. Ça n'est pas lié. Quel est le génie particulier de Patrick Pouyanné qui a conduit à ce qu'il y ait un surprofit ? Il n'y a pas de génie particulier. Il y a simplement une crise dont il profite. Et donc, il n'est pas anormal que l'État dise à un moment à une entreprise française de dire « Écoutez, nous avons aujourd'hui une vraie difficulté pour les Français. Vous devez contribuer. »

4:11
Présentateur

Vous maintenez donc votre proposition de loi.

4:15
Olivier Faure

Oui, je la maintiens, bien sûr.

4:16
Présentateur

Et de l'autre côté, vous demandez à Total de maintenir son plafonnement du prix à la pompe.

4:22
Olivier Faure

Bien sûr. Le patriotisme, c'est ça. C'est d'accepter l'idée que quand on a... Je ne crois pas que Total soit en difficulté. On a là, en fait... À quoi ça, cet argent ? Soit il sert à servir les Français, soit il sert les actionnaires, celles et ceux qui voient leur dividende augmenter chaque année. Eh bien, il n'est pas tout à fait normal qu'il y ait des gens qui, aujourd'hui, se servent de la crise pour pouvoir augmenter leurs bénéfices personnels et que, pendant ce temps-là, tous les autres payent.

4:51
Présentateur

194 millions d'euros de rentrées dans les caisses en plus de ce qui était prévu, qui seront intégralement utilisées. Ça, c'est pour l'État. Ce que j'avais demandé, je suis très heureux de voir que le gouvernement... Donc, vous êtes satisfait de cette transparence, de la manière dont c'est utilisé ?

5:07
Olivier Faure

Bien sûr, je suis tout à fait satisfait du fait qu'aujourd'hui, il n'y a pas un euro supplémentaire qui rentre du fait de la crise géopolitique dans les caisses de l'État. Et il était normal d'assurer une transparence totale et de redistribuer immédiatement cet argent qui est collecté en supplément de ce que l'État aurait dû percevoir dans une situation normale.

5:28
Présentateur

Donc, on ne fait pas plus. On ne bloque pas les prix, on ne supprime pas les taxes.

5:32
Olivier Faure

Quel est le problème ?

5:33
Présentateur

Le cas des prix, c'est LFI, suppression des taxes ou réduction des taxes, ça, c'est plutôt l'ERN.

5:36
Olivier Faure

Mais on ne distribue pas plus d'argent qu'on en a. Pour une raison très simple, c'est que si vous dites, par exemple, comme le propose l'ERN, qu'on fait baisser la TVA, très bien, ça coûte 12 milliards. Ces 12 milliards, vous les cherchez où ? Après. Vous avez besoin de les trouver quelque part. L'ERN n'a jamais donné la solution. Ça veut dire que ce sont les Français eux-mêmes.

5:54
Présentateur

Cette trace, je voudrais l'encadrer, peut-être même l'enregistrer, en faire un gimmick. On ne distribue pas plus d'argent qu'on en a.

6:00
Olivier Faure

Bien sûr. C'est la raison pour laquelle... Pour tout. Pour tout.

6:03
Présentateur

Il va peut-être falloir faire des petits changements quand même dans le budget.

6:06
Olivier Faure

Il n'y a pas un seul moment, Pauline de Malherbe, où vous m'avez entendu dire qu'on devait distribuer un argent qu'on n'avait pas. Quand on ne l'a pas, on le cherche quelque part. La raison pour laquelle je vous propose ce matin, à nouveau, de dire que sur ceux qui réalisent des super profits liés à une crise géopolitique, cet argent-là doit revenir dans les caisses de l'État pour qu'il puisse être redistribué aux Françaises et aux Français.

6:25
Présentateur

Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon est donc candidat.

6:28
Olivier Faure

Quelle surprise.

6:29
Présentateur

Oui, ça ne vous a pas surpris tellement. Non, mais ça n'a pas l'air même de vous ébranler, nous voir.

6:37
Olivier Faure

Écoutez, il est candidat permanent depuis des décennies. Donc je ne vois pas très bien ce qui a changé.

6:42
Présentateur

C'est un non-sujet, quoi. Ben oui. Il y a quand même un petit moment où la question va se poser de savoir qui est la gauche aujourd'hui. Est-ce que c'est eux ? Est-ce que c'est vous ? Est-ce que c'est vous ensemble ?

6:50
Olivier Faure

C'est les Français qui le décideront. Mais c'est son droit. Il est candidat. C'est la quatrième fois qu'il est candidat à une élection présidentielle. Moi, ce que je crois, c'est que Jean-Luc Mélenchon, à la fois a des qualités évidentes, c'est un tribun. Il a un charisme que personne ne lui enlève. Mais ce que je vois aussi, c'est qu'il est un candidat de premier tour qui est parfaitement légitime. Mais il est le plus mauvais candidat pour la gauche au second tour. Il est celui qui permet à toutes les droites et l'extrême droite de se coaliser. Et donc, quand on observe simplement les enquêtes d'opinion qui valent ce qu'elles valent à cette époque de l'année.

Mais ce que l'on voit, c'est qu'il est celui qui, vraisemblablement, serait le plus sèchement battu par l'extrême droite, ce qui conduirait à ce qu'on ait une extrême droite qui soit à son niveau le plus élevé et qui lui donnerait quasiment une carte blanche pour la suite. Et moi, je ne veux pas donner de carte blanche à l'extrême droite. Je veux même la battre à l'élection présidentielle prochaine.

7:46
Présentateur

Olivier Faure, ça veut dire que quand je vous interroge sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon, vous me dites que le problème, c'est que de toute façon, il ne peut pas gagner. Donc, il n'y a pas de problème sur le fond. S'il n'était pas candidat, vous auriez pu, s'il ne s'était pas annoncé dès le début, vous auriez pu peut-être faire alliance avec leurs idées, avec une partie des militants, des élus. Est-ce que vous auriez pu vous mettre ensemble s'il n'y avait pas Jean-Luc Mélenchon, mais s'il y avait ses idées ?

8:05
Olivier Faure

Non, ça dépend lesquelles. En fait, il y a des idées que je partage et des idées que je ne partage pas.

8:09
Présentateur

Alors, lesquelles vous partagez et lesquelles vous ne partagez pas ?

8:11
Olivier Faure

Ça va être long.

8:12
Présentateur

Quand il dit, l'une des premières promesses, c'est la retraite à 60 ans, le SMIC augmenté, le blocage des prix. C'est les trois formules qui ont été utilisées.

8:21
Olivier Faure

Le SMIC augmenté, je le partage. Je pense qu'aujourd'hui, notamment, tout ce que nous vivons et tous ces gens qui nous disent tout ce qu'on nous a évoqué dans vos journaux, dans les heures qui ont précédé, sur la question de la Malbou, sur la question, toutes ces questions-là, sont liées au poids d'achat. Et sont liées au fait qu'aujourd'hui, les Français vivent mal et vivent même mal alors qu'ils sont salariés, qu'ils travaillent. Et quand le travail ne paye pas, c'est un problème. Et donc, effectivement, oui, il faut aujourd'hui augmenter le salaire minimum.

Sur la question de la retraite, moi, je suis pour le retour à 62 ans, mais je ne suis pas favorable au fait qu'on aille à 60 ans, pour des raisons qui sont liées au fait que, d'abord, la durée d'existence, de vie de vie s'est allongée et qu'il est difficile, là aussi, de promettre des lunes qu'on ne sera pas financés. Donc, c'est la raison pour laquelle j'ai demandé avec succès la suspension de la réforme Borne.

Et j'espère bien que, lorsque nous serons arrivés au pouvoir en 2027, eh bien, nous pourrons non seulement suspendre, mais même revenir complètement sur cette réforme, l'abroger, et faire en sorte que nous puissions établir une réforme qui soit une réforme de justice, qui permette de distinguer entre les carrières pénibles et celles qui ne le sont pas.

9:33
Présentateur

Vous avez dit hier soir, Olivier Faure, alors que vous étiez en meeting avec une partie de la gauche non-mélenchoniste, je dirais, on ne peut pas faire l'alliance au prix de l'abandon de nos valeurs républicaines, de notre rapport à l'Europe, notre capacité à gouverner sérieusement ce pays. Mais puisque vous évoquez la question de la bouffe, de la malbouffe, ou de la fast-food bouffe, ou de tout ça, il y a effectivement une bataille qui est en train de devenir très politique, qui est cette bataille notamment autour de Master Poulet. Et je repensais à ce qu'était la gauche il y a quelques années, pas si lointaine, la gauche José Bové, qui allait détruire des McDo.

Aujourd'hui, vous avez Eric Coquerel, par exemple, qui lui va défendre Master Poulet, qui sont ses nouvelles enseignes avec des poulets très peu chers. Vous êtes quelle gauche ? Vous êtes plutôt dans la logique d'un José Bové qui était en train de détruire les McDo, ou aujourd'hui, vous défendriez Master Poulet, par exemple ?

10:23
Olivier Faure

Je suis très curieux que Eric Coquerel soit déjà désormais défenseur d'un capitalisme effréné, avec des gens qui utilisent justement le fait qu'il y a un problème de pouvoir d'achat pour déstocker de la malbouffe. Parce que la réalité, c'est que ces grandes enseignes, elles ne sont pas là pour offrir une notion de qualité, mais pour offrir en fait l'illusion de la quantité. Et donc, ce que nous devions...

10:49
Présentateur

C'est bien la satiété, c'est ce que disent certains spécialistes. Ce sont des poulets 100% pas français, ça c'est sûr.

10:57
Olivier Faure

Oui, absolument. Ce sont des poulets qui sont, enfin, tout sauf bio, qui sont tout sauf fermiers. Et on a notamment un public qui est un public captif, qui sont les plus jeunes, et je le vois bien, y compris mes propres enfants, qui sont attirés par ces enseignes. Et donc, qu'est-ce que nous devons faire ? Est-ce que nous devons accompagner ces mouvements-là, ou est-ce qu'au contraire, nous devons essayer de les réfréner et de dire qu'il y a un sujet...

11:22
Présentateur

Vous défendez donc le combat de Karim Bouamran, qui est maire de Saint-Ouen, qui dit que c'est une manière, en quelque sorte, de donner de la malbouffe, justement, à ceux qui n'ont pas assez de pouvoir d'achat ?

11:33
Olivier Faure

Il y a à Saint-Ouen, Thierry Marx, qui a monté une enseigne qui n'est pas justement une enseigne de malbouffe, qui doit s'appeler le boulon du coq, et qui, justement, offre à des populations modestes la possibilité de manger et de manger bien. Et donc, ce que nous devrions défendre tous ensemble, c'est effectivement la possibilité pour toutes les familles, y compris les plus modestes, de manger correctement et de ne pas être victimes de la malbouffe, parce qu'on sait aussi derrière ce que ça a comme conséquence en termes de santé alimentaire, en termes d'obésité, en termes de tout ce que nous combattons. Et donc, il faut offrir le meilleur à tout le monde.

12:10
Présentateur

Donc, c'est un vrai combat de valeurs, en fait, de rapports au commerce, au pouvoir d'achat. Vous disiez une population captive, en quelque sorte. Pour vous, il y a tout ça dans cette bataille-là ?

12:21
Olivier Faure

Tout se mêle, effectivement, des questions de santé, des questions de pouvoir d'achat, évidemment, et de rapports qu'on a aussi à la restauration, à la convivialité, etc. Donc, il y a toute une série de sujets qui sont posés par cette bataille.

12:37
Présentateur

Olivier Faure, votre réponse, ou, disons, votre contre-candidature, ce sera qui ? Ce sera quoi ? Parce que quand Jean-Luc Mélenchon dit « Nous, c'est carré, on a un candidat, on a un programme », c'est vrai. Parce que, de l'autre côté, je ne sais plus compter le nombre de candidatures potentielles à gauche.

12:56
Olivier Faure

C'est vrai. Ça, c'est pour l'instant, effectivement, une situation que je déplore. Et je suis celui qui se bat depuis des semaines pour faire en sorte que, justement, on fasse rentrer un carré dans le rond et qu'on ait enfin la possibilité... Ça marche vraiment,

13:12
Présentateur

de faire rentrer le carré dans le rond.

13:14
Olivier Faure

Ça dépend de la taille du rond.

13:16
Présentateur

Oui. Pas vraiment que ce soit un tout petit carré.

13:19
Olivier Faure

Un carré qui rentre dans le rond. En tout cas, ce que je cherche...

13:22
Présentateur

Vous pensez que vous y arriverez ?

13:23
Olivier Faure

J'espère. Je ne suis pas le seul à mettre... Vous allez dire à François Hollande, écoute,

13:29
Présentateur

prie-toi à la primaire. Vous allez dire à Raphaël Guixman, prie-toi à la primaire. Vous allez dire à François Ruffin, à Jérôme Guet. En plus, vous, c'est l'enfer. Vous, vous ne pouvez même plus dire que vous êtes candidat parce que vous dites tellement qu'il y en a déjà trop que vous êtes complètement bloqué.

13:42
Olivier Faure

Mais je ne suis pas bloqué. Je dis simplement qu'il y a, évidemment... Non, mais vous n'allez pas me dire que vous êtes candidat. Non, je ne vais pas vous le dire.

13:48
Présentateur

Parce que vous ne pouvez plus le dire.

13:53
Olivier Faure

Je vois même un candidat supplémentaire par jour. Oui, c'est ça. Dans le week-end, on a entendu, en fait, Bernard Cazeneuve se rajouter à la liste. Et puis, Elisabeth Borne qui se tâte côté droit. Bon, bref. En fait, quand on aura...

14:06
Présentateur

Vous trouvez ça risible ? Enfin, je... Oui. Oui. Là, les dernières déclarations de Bernard Cazeneuve qui laisse entendre qu'il est prêt. Plus celui qu'un autre. De Elisabeth Borne qui se dit au fond pourquoi pas moi.

14:19
Olivier Faure

Je me prépare. Je suis déjà prêt. Je suis déjà volontaire. Je suis candidat. Je suis candidat à une primaire. Bon, on n'en peut plus. Ça suffit. Donc, vous leur dites quoi ? Il faut qu'à un moment, effectivement, on trouve tout simplement un moyen commun accepté par toutes et tous qui permette de sélectionner celui ou celle qui nous représentera. Quand ? Comment ? Moi, je me bats pour un candidat commun ou une candidate commune à l'élection présidentielle qui incarne cette gauche non-mélenchoniste et qui permette d'aller chercher le second tour et de l'emprunter au second dans le cadre d'un front républicain. Donc, les choses sont assez claires et assez simples de mon point de vue.

Maintenant, effectivement, il faut que les égaux, les ambitions naturelles, légitimes, etc., se plient à cette logique parce que nous ne pourrons pas nous regarder dans un miroir si nous avons contribué même indirectement à l'élection de Jordan-Bardéa.

15:07
Présentateur

Vous dites la non-mélenchoniste. Hier soir, le même Jean-Luc Mélenchon qui, effectivement, y va de son côté a quand même proposé, je cite, une campagne unitaire, notamment pour les sénatoriales.

15:17
Olivier Faure

Mais Jean-Luc Mélenchon, c'est toujours la même histoire. Il est capable de prêcher le vrai et le faux. Non, toujours le faux, mais en tout cas, surtout la capacité à chercher à embrouiller et chercher à organiser le chaos.

15:35
Présentateur

À organiser le chaos.

15:36
Olivier Faure

Oui, mais ce n'est pas... En fait, la réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon n'a aucune intention de faire quoi que ce soit avec qui que ce soit.

15:44
Présentateur

Il n'a pas vraiment envie d'une campagne unitaire, en fait, c'est ce qu'on nous dit.

15:46
Olivier Faure

Mais il n'a jamais cherché l'unité où que ce soit. Il a cherché à plier ce qu'avaient été ses partenaires dans le cadre de la NUPES ou de l'UNFP. Il n'a jamais cherché à faire vivre ensemble des formations politiques différentes pour lesquelles il avait une légitimité à diriger. Mais cette légitimité, il l'a perdue parce qu'il n'a jamais fait autre chose que de chercher à imposer un point de vue à tous les autres.

16:12
Présentateur

On l'a appris ce matin. Un bateau affrété par la compagnie française CMACGM, qui par ailleurs est propriétaire d'ailleurs de BFM TV et d'RMC, a été touché dans le détroit d'Harmouze. Est-ce que la France, à un moment ou à un autre, doit participer, s'engager, d'une manière ou d'une autre, dans le conflit ? On a deux soldats qui ont été tués sous casque de la finule. Est-ce que la France doit continuer à rester spectatrice en quelque sorte ?

16:42
Olivier Faure

Mais nous ne pouvons pas nous engager derrière Donald Trump et Benjamin Netanyahou. C'est inimaginable. Ce que nous devons au contraire poser, c'est une solution diplomatique, c'est faire en sorte que la paix revienne. Vous vous rendez compte que ce problème que l'on évoque ce matin, c'est six Philippines dans un bateau, donc c'est de ces images qui ont été touchées, le sont pour quelles raisons ? Pour quelles raisons ? Ils le sont parce qu'il y a eu une guerre totalement illégale, sans mandat, qui a été enclenché par deux gouvernants d'extrême droite que sont Donald Trump et Benjamin Netanyahou.

Et donc, nous devrions, nous, maintenant, les suivre parce qu'ils nous ont entraînés dans une guerre illégale.

17:21
Présentateur

Et est-ce qu'on peut ne rien faire ?

17:22
Olivier Faure

Mais on peut, le moment venu, sécuriser les droits des droits d'hormouz, mais il n'est pas question de mettre un doigt dans l'engrenage, de devenir des co-béligérants et d'être de ceux qui participent à un conflit que nous n'avons pas voulu, que nous n'avons pas souhaité et qui ne permet rien. C'est quand même incroyable de voir à quel point ces gens improvisent des guerres et le font au détriment du monde entier.

La crise que nous allons connaître, une crise qui va être une crise mondiale, une crise sociale, une crise économique, elle est liée à l'inconséquence de deux dirigeants qui n'en font qu'à leur tête et qui considèrent que désormais, c'est la loi du plus fort qui doit s'imposer face aux droits internationaux.

Eh bien moi, ce que je défends, ce n'est pas la loi du plus fort, mais c'est la loi du plus juste et c'est très différent et ce que je crois, c'est que notre pays, qui est un grand pays, qui est un pays qui exprime aux yeux du monde entier une façon de procéder, qui exprime des valeurs particulières, etc., doit se comporter comme ce qu'il a toujours été et faire entendre la voix qui a toujours été la sienne, celle du droit.

18:21
Présentateur

Merci Olivier Faure d'avoir répondu à mes questions ce matin. Premier secrétaire du Parti socialiste et vous-même député socialiste de Sénégal.