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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 1 octobre 2025 6 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & élections

Nicole Gnesotto : "Il y a une incertitude sur la stratégie à adopter" face aux survols de drones au Danemark

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:14Invité politiqueFait
    « Le Danemark qui préside ce sommet en tant que président de l'Union Européenne et qui préside aussi demain la grande réunion dont vous avez parlé de la communauté politique européenne »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Le Danemark, qui n'a aucune frontière commune avec la Russie, est la cible de plusieurs incursions de drones, attaques de drones, je ne sais pas comment le dire. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Il y a une petite incertitude encore sur l'origine des drones, mais en fait je crois qu'il y a surtout une incertitude sur la stratégie à adopter. »
  • 2:38Invité politiquePromesse
    « Il y a deux hypothèses. Il y a l'hypothèse que moi je pense logique qui est effectivement des drones venant de Russie. »
  • 4:01Invité politiquePromesse
    « En tout cas il n'y a pas de stratégie commune. Mais je ne crois pas que ce soit, enfin si on brouillait, ne serait-ce que le brouillage de ces drones, qu'ils les mettraient complètement perdus et peut-être qu'ils iraient s'écraser quelque part. »

Temps de parole

  • Invité politique76 %
  • Présentateur24 %

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0:00
Présentateur

France Inter, 5-7. Il est 6h21, pas de drone dans le ciel du Danemark aujourd'hui et demain. Les vols sont interdits alors que Copenhague accueille un sommet européen informel, européen au sens large car les pays voisins de l'Union ont été invités. Il y a une quarantaine de dirigeants qui vont y participer dans un contexte de tensions extrêmes avec la Russie, justement à cause des incursions récentes et répétées de drones russes dans plusieurs pays. Bonjour Nicole Niezoto. Bonjour. Vous êtes vice-présidente de l'Institut Jacques Delors, professeure émérite au Conservatoire National des Arts et Métiers. Vous publiez aujourd'hui même un livre sur la fracture dans l'Occident.

Comment en est-on arrivons là et comment en sortir ? C'est quoi l'enjeu de ce sommet ? Est-ce qu'il y a des objectifs précis ?

0:49
Invité politique

Alors c'est un sommet informel tout à fait habituel. Ce n'est pas un sommet d'urgence, mais il est informel, c'est-à-dire qu'il n'y a pas vraiment de prise de décision attendue ni d'ordre du jour très fixe. Mais il y a un ordre du jour quand même qui est la défense et le soutien à l'Ukraine. Donc c'est un rendez-vous très important parce qu'il doit préparer les décisions du 24 octobre.

Ce qui est intéressant aujourd'hui effectivement, c'est que le Danemark qui préside ce sommet en tant que président de l'Union Européenne et qui préside aussi demain la grande réunion dont vous avez parlé de la communauté politique européenne, il y a à peu près une quarantaine d'États qui sont invités à s'associer à nos discussions sur l'Ukraine. Le Danemark, qui n'a aucune frontière commune avec la Russie, est la cible de plusieurs incursions de drones, attaques de drones, je ne sais pas comment le dire. Et donc on voit bien que même si ça n'est pas un sommet d'urgence, c'est un sommet de l'inquiétude parce qu'il y a quelque chose de menaçant qui se trame au-dessus du ciel danois.

1:55
Présentateur

Pourquoi personne ne dit clairement que ces drones sont russes ? Il y a une vraie incertitude ? Est-ce que le Danemark visiblement a les preuves que ces drones viennent de trois bateaux fantômes qui croisaient au large de ses côtes ? Ça a été pareil pour les autres pays. Il y a une vraie incertitude ? Les Européens n'osent pas dire clairement que c'est Poutine qui nous envoie ces drones ?

2:15
Invité politique

Alors il y a une petite incertitude encore sur l'origine des drones, mais en fait je crois qu'il y a surtout une incertitude sur la stratégie à adopter. Et tant qu'on ne s'est pas mis d'accord sur une stratégie, on dit qu'on ne sait pas trop ce que c'est, d'où ça vient, qui les envoie en fait dans le débat, le grand débat, pas le débat uniquement entre les chefs d'État. Il y a deux hypothèses. Il y a l'hypothèse que moi je pense logique qui est effectivement des drones venant de Russie. Et puis il y a une autre hypothèse qui viendrait peut-être de manipulation de certains Ukrainiens qui voudraient nous forcer la main pour qu'on s'implique davantage dans la défense de l'Ukraine.

Je ne crois pas du tout à ce scénario, mais il existe, donc je dois le citer. Mais ce qui me paraît très frappant, c'est l'incertitude effectivement des Européens sur la riposte. Et là il y a le débat, c'est est-ce qu'on a le droit d'attaquer ? Et en droit international, ce ne sont peut-être pas des drones agressifs, mais ce sont des drones illicites. Et donc comme le Danemark est souverain sur son espace aérien, normalement il aurait le droit de les détruire, à condition bien sûr de ne pas les faire tomber sur des zones habitées, etc. Donc ça c'est la première partie du débat. La deuxième partie du débat c'est de dire mais non, attendons, c'est pas sûr, ils ne font rien.

Et puis c'est un risque d'escalade, si jamais ces drones viennent de Moscou, c'est vraiment un risque d'escalade. On a vu que le président américain avait dit que lui, si c'était des avions, il n'hésiterait pas à les détruire. Mais les Européens sont visiblement divisés sur cette question.

3:47
Présentateur

Il y a un vrai partage au sein des pays européens entre ceux qui veulent donner encore une chance pour la diplomatie et ceux qui disent il faut riposter militairement. Il n'y a pas de réponse commune qui émerge pour le moment ?

3:58
Invité politique

En tout cas il n'y a pas de stratégie commune. Mais je ne crois pas que ce soit, enfin si on brouillait, ne serait-ce que le brouillage de ces drones, qu'ils les mettraient complètement perdus et peut-être qu'ils iraient s'écraser quelque part. Moi je ne crois pas que la riposte à ces drones soit le contraire de la diplomatie. Au contraire. Je suis très étonnée moi de la, disons, de la lenteur des décisions européennes raison de plus si on ne sait pas d'où viennent ces drones, une raison de plus, puisque le Danemark voit son espace attaqué, enfin en tout cas violé, raison de plus pour les abattre en se disant après tout ça pouvait venir de n'importe qui, du ciel ou de je ne sais quoi.

Et donc il n'y a pas de risque d'escalade. Il y a un risque d'escalade si on est certain que ça vienne de Moscou et qu'on les détruit. Mais comme on dit qu'on n'est pas certain, c'est vraiment très contradictoire la réponse des Européens. Moi je pense qu'on devrait au moins tenter de les brouiller. On a des moyens, enfin tous les Etats européens ont des moyens de brouiller, d'intercepter des drones de ce type. Donc ce qui est vraiment important.

5:03
Présentateur

Si ce sont bien des drones russes, quel intérêt aurait Moscou de faire ça ?

5:08
Invité politique

Alors ça c'est très intéressant effectivement, parce que comme je l'ai dit, ça n'est pas un pays qui a une frontière commune avec la Russie, mais c'est aujourd'hui le pays qui est le président de l'ensemble de la grande famille européenne. C'est la première fois, enfin ce n'est pas la première fois, c'est la septième. Mais en tout cas, c'est une grande réunion de tous les pays européens qui soutiennent l'Ukraine. C'est-à-dire aussi bien ceux de l'Union Européenne que les autres, y compris l'Azerbaïdjan, etc. Et donc le message c'est véritablement la Danemark, je crois, le Danemark en tant que président de l'Union Européenne qui est visé.

Et donc c'est quand même un message nouveau à l'Union Européenne. Jusqu'à maintenant les Russes disaient pas d'élargissement de l'OTAN, on n'aime pas l'OTAN, l'OTAN est une machine de guerre. Là c'est visiblement... Alors bien sûr le Danemark est aussi un pays de l'OTAN, mais il n'est pas en présidence du Conseil Atlantique, il est en présidence du Conseil Européen. Donc je crois que c'est une première, c'est un message hostile. Pas agressif, mais hostile à l'Union Européenne.

6:13
Présentateur

Merci beaucoup Nicole Niezotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors. Vous étiez en direct dans le 5-7.