Le rapport qui annonce l’apocalypse ? Valérie Masson-Delmotte et Pierre Larrouturou
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 24 %Défensif 11 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Mesdames, bonsoir. Pouvez-vous vous présenter succinctement ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Vous avez fait récemment une grève de la faim non ?
- 2:36ComplaisanteRéponse directe
Vous êtes aussi paléoclimatologue. En général, quand on discute avec une paléoclimatologue, ça craint du boudin.
- 3:06OuverteRéponse directe
Ce fameux rapport du GIEC qui sort, c'est le combienième déjà ?
- 3:27RelanceRéponse partielle
Quand on parle d'un scénario à 1,5 degré, on est actuellement sur 1,5 degré, c'est ça ?
- 4:03RelanceRéponse directe
Sur les continents, ça veut dire plus que ça, non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« J'ai récemment supervisé le rapport sur le climat qui est sorti le 9 août dernier et qui fait le point sur l'état des connaissances, qui donne finalement l'image la plus claire qu'on a du climat tel qu'il a varié dans le passé, comment il fonctionne, comment il est en train de changer aujourd'hui et les évolutions futures possibles. »
- 1:37Invité politiqueChiffre
« Isoler une maison c'est 40 000 euros, on ne va pas demander à chaque famille de trouver 40 000 euros. »
- 1:46Invité politiqueChiffre
« Donc il faudra mettre des milliards dans les transports en commun. »
- 1:59Invité politiqueChiffre
« Il y a 70% des députés européens de toutes les tendances qui ont voté ce rapport en disant oui on peut taxer la spéculation, on peut mettre une taxe carbone aux frontières pour aider les familles, pour faire l'isolation, pour aider les collectivités. »
- 3:02PrésentateurFait
« Donc en général quand on discute avec un paléoclimatologue, c'est que ça craint du boudin. »
- 3:38Invité politiqueChiffre
« Alors en fait on en est à 1,1 degré à la surface de la Terre, continent et océan. »
- 4:12Invité politiqueChiffre
« Donc en Europe, en France, on en est déjà en fait à 1,5 de réchauffement par rapport à la fin du XIXe siècle. »
- 4:38Invité politiqueFait
« C'est également des cyclones tropicaux de catégorie 3 à 5 plus fréquents. »
- 4:52Invité politiqueFait
« La montée du niveau des mers, elle a accéléré au cours des derniers 30 ans. »
- 6:02Invité politiqueFait
« L'évolution future du climat, elle n'est pas actée. Elle n'est pas actée parce que si on mettait tout à zéro aujourd'hui, il n'y aurait pas de réchauffement supplémentaire en surface. »
- 6:12Invité politiqueFait
« La montée du niveau des mers, elle, elle est inéluctable. »
- 7:02Invité politiqueFait
« Si ça continue comme ça quelques décennies, on va dépasser un degré et demi autour de 2020-2040, en moyenne sur une vingtaine d'années. »
- 7:07Invité politiqueFait
« On dépassera 2 degrés à horizon 2050 et puis 3 degrés au début du prochain siècle. »
- 7:39Invité politiqueFait
« Le niveau de CO2 dans l'atmosphère qui augmente du fait de nos activités, essentiellement charbon, pétrole, gaz, déforestation, il atteint un niveau qui, la dernière fois qu'il a été connu, était il y a environ 2 millions d'années. »
- 10:36Invité politiqueChiffre
« 7% de plus de quantité de précipitation sur les records par degré de réchauffement global. »
- 27:51Invité politiqueChiffre
« 700 morts au Canada cet été dans les canicules »
- 27:54Invité politiqueChiffre
« 200 morts en Belgique et en Allemagne »
- 29:02Invité politiqueChiffre
« la récolte de blé a perdu moins 32% en France et en Belgique »
- 32:07Invité politiqueChiffre
« nous on met 40 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère »
- 32:13Invité politiqueChiffre
« l'océan la végétation les sols ça en récupère à peu près la moitié »
- 35:21Invité politiquePromesse
« il n'est pas trop tard pour agir »
- 39:43Invité politiqueFait
« la sécheresse qu'on vit en ce moment au Sahel c'est la plus grave sécheresse jamais vue depuis 1600 ans ou 2000 ans »
- 40:16Invité politiqueFait
« un des scénarios les plus probables c'est des récoltes qui sont divisées par deux d'ici 30 ans si on ne fait rien »
- 48:21Invité politiqueFait
« il faut foutre un coup de pied dans la fourmilière »
- 48:55Invité politiqueFait
« le Conseil d'Etat dit qu'il n'a rien repris »
- 48:58Invité politiqueFait
« le Conseil d'Etat a deux reprises dit qu'on est complètement à côté de la plaque »
- 50:02Invité politiqueFait
« Merkel en 2014 est allée à Londres pour dire aux anglais arrêtez votre veto, il faut créer la taxe sur la spéculation »
- 50:11Invité politiqueFait
« c'est la France qui a bloqué »
- 50:50Invité politiqueFait
« on sait que l'argent va arriver au bout d'un an »
- 57:59Invité politiqueChiffre
« nos émissions c'est en gros 10 tonnes de CO2 équivalent par personne et par an »
- 58:06Invité politiqueFait
« quand on regarde ce qu'on importe de pays qui produisent les choses avec du charbon, ça stagne »
- 1:09:56Invité politiqueChiffre
« on peut créer 900 000 emplois en France »
- 1:09:56Invité politiqueChiffre
« on peut créer 900 000 emplois en France »
- 1:10:20Invité politiqueChiffre
« on peut créer 1 600 000 emplois »
- 1:10:30Invité politiqueChiffre
« tu crées au total 2 500 000 emplois »
- 1:11:22Invité politiqueChiffre
« je gagne 800 euros chaque année pour mes dépenses de chauffage »
- 1:15:05Invité politiqueChiffre
« il y a un facteur 4 en gros des émissions de gaz à effet de serre entre les 10% les plus démunis et les 10% les plus aisés »
- 1:17:11Invité politiqueChiffre
« ils ont passé en revue 14 000 publications scientifiques »
- 1:17:17Invité politiqueChiffre
« on a reçu plus de 78 000 commentaires »
- 1:19:53Invité politiqueChiffre
« 700 kg de CO2 »
- 1:27:02Invité politiqueChiffre
« le chômage tue 15 000 personnes chaque année »
- 1:27:11Invité politiqueChiffre
« le nombre d'événements climatiques extrêmes a été multiplié par 5 en 50 ans »
- 1:29:54Invité politiqueChiffre
« on était à 5,6 »
- 1:31:36Invité politiqueFait
« la prochaine crise peut être 10 fois plus grave que 2008 »
- 1:31:32Invité politiqueFait
« le FMI nous prépare 5e d'une nouvelle crise mondiale »
- 1:31:37Invité politiqueFait
« la prochaine crise peut être 10 fois plus grave que 2008 »
- 1:31:57Invité politiqueFait
« miser sur la croissance c'est juste se moquer du monde »
- 1:32:11Invité politiqueFait
« le PIB ne veut rien dire »
- 1:32:35Invité politiquePromesse
« 900 000 emplois avec un vrai plan climat »
- 1:32:44Invité politiquePromesse
« on crée 2 millions et demi d'emplois et on peut vivre mieux »
- 1:33:34Invité politiqueFait
« le but est de vivre mieux »
- 1:40:09PrésentateurChiffre
« 58 ou 58 000 morts par an en France ? »
- 1:40:40Invité politiqueFait
« un des facteurs qui augmente fort en ce moment c'est les émissions mondiales de méthane »
- 1:45:33Invité politiqueChiffre
« on s'attend par degré de réchauffement supplémentaire à perdre en gros un quart des sols gelés sur 3 mètres de profondeur de l'Arctique »
- 1:47:36Invité politiqueChiffre
« la montée du niveau des mers c'est 20 cm au XXe siècle »
- 1:47:40Invité politiqueChiffre
« c'est maintenant au rythme de 3,7 mm par an »
- 1:50:08PrésentateurChiffre
« le courant se ralentissait il était à son plus bas depuis 1600 ans »
- 1:55:19Invité politiqueFait
« L'agence internationale de l'énergie en juin, c'était un électrochoc pour beaucoup de gens. »
- 1:55:38Invité politiquePromesse
« Il faut immédiatement arrêter les nouveaux investissements dans les énergies fossiles. »
- 2:00:01Invité politiqueFait
« Le fait qu'on va vers le chaos si on ne change pas, c'est une évidence. »
- 2:05:16Invité politiqueFait
« Je suis d'un parti qui s'appelle Nouvelle Donne, en référence au New Deal de Roosevelt. »
- 2:11:11Invité politiqueFait
« On n'a jamais été aussi riche humainement financièrement. »
- 2:16:13Invité politiqueFait
« on est vraiment dans un moment crucial »
- 2:16:16Invité politiqueFait
« on est dans un moment historique parmi l'humanité »
- 2:16:44Invité politiqueFait
« il y a des milliers de jeunes dans tous les pays d'Europe qui se sont mis en mouvement »
- 2:17:26Invité politiqueFait
« le rapport du Haut Conseil Climat sur comment réduire l'empreinte carbone de la France »
- 2:18:03Invité politiqueFait
« vous avez la chance d'avoir accès à l'information, à l'éducation, les réseaux sociaux »
Temps de parole
- Invité politique48 %
- Pierre Larrouturou35 %
- Présentateur16 %
≈ 3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Thinkurview. Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
Alors moi je suis Valérie Masson-Delmotte, je suis chercheuse en sciences du climat à l'université Paris-Saclay, dans la banlieue sud de Paris. Et je suis aussi co-présidente d'un des groupes de travail du GIEC, le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat. Et donc j'ai récemment supervisé le rapport sur le climat qui est sorti le 9 août dernier et qui fait le point sur l'état des connaissances, qui donne finalement l'image la plus claire qu'on a du climat tel qu'il a varié dans le passé, comment il fonctionne, comment il est en train de changer aujourd'hui et les évolutions futures possibles.
Pierre Larout-Touroux. Moi je m'appelle donc Pierre Larout-Touroux, je suis ingénieur agronome, très engagé depuis longtemps dans la lutte contre la pauvreté, la lutte contre le chômage et contre l'exclusion. Et puis depuis 7 ans j'ai eu la chance de beaucoup travailler avec Jean Jouzel, qui est un des collègues et amis de Valérie, un très grand climatologue. Et puis depuis 2 ans je suis député européen, rapporteur général du budget au Parlement européen et co-responsable du financement du climat au Parlement européen. Donc j'essaie d'écouter les scientifiques et d'apporter des solutions parce qu'ils sonnent l'alerte et qu'il est temps qu'on passe à l'action.
Vous avez fait récemment une grève de la faim non ?
J'ai fait une grève de la faim, donc j'ai d'abord fait voter un rapport par le Parlement européen qui dit que si on veut gagner la bataille du climat, il faudra isoler les maisons, il faudra faire des transports en commun, il faudra aider les agriculteurs. Tout ça c'est possible et ça peut être génial, on peut vivre dans une société beaucoup plus équilibrée, on peut encore éviter le chaos. Mais isoler une maison c'est 40 000 euros, on ne va pas demander à chaque famille de trouver 40 000 euros. Faire des transports en commun, dans mon coin des Pyrénées tout le monde prend sa voiture parce que pour aller au boulot il n'y a pas de transport en commun.
Donc il faudra mettre des milliards dans les transports en commun. Donc j'ai fait voter avec d'autres un rapport qui dit comment on peut trouver de l'argent en écoutant les gilets jaunes, c'est pas en augmentant les impôts sur ceux qui gagnent 1 000 ou 2 000 par mois, en particulier en taxant la spéculation. Il y a 70% des députés européens de toutes les tendances qui ont voté ce rapport en disant oui on peut taxer la spéculation, on peut mettre une taxe carbone aux frontières pour aider les familles, pour faire l'isolation, pour aider les collectivités. Et j'ai vu que le lobby bancaire bloquait tout.
Donc j'ai fait une grève de la faim pendant 18 jours pour dire on ne peut pas rester comme ça. Déjà Nicolas Hulot quand il avait démissionné avait dit que le lobby bancaire, le lobby pétrolier gênait son action. Et je pense qu'il est important qu'un maximum de citoyens comprennent vraiment les enjeux et sachent qu'il y a des solutions. Et que ce n'est pas grave si on demande une taxe sur la spéculation, les traders ne vont pas en mourir si on leur prend 0,1%. On pourrait créer des millions d'emplois et gagner la bataille du climat.
Valérie, j'ai étudié un peu votre profil, vous êtes aussi paléoclimatologue. En général quand on discute avec une paléoclimatologue, c'est soit dans un scénario hollywoodien, soit sur un documentaire arte qu'on aime bien regarder avant de s'endormir. Donc en général quand on discute avec un paléoclimatologue, c'est que ça craint du boudin. Donc on va aujourd'hui en discuter un peu plus longuement. Ce fameux rapport du GIEC qui sort, c'est le combienième déjà ?
C'est le sixième cycle d'évaluation, ça a démarré en 1990.
Donc en 1990, vous commenciez déjà à tirer la sonnette d'alarme. Là j'ai un peu investigué sur vos perspectives, sur la concentration de savoir que vous avez pu faire dans ce rapport. Et ça craint vraiment. Quand on parle d'un scénario à 1,5 degré, on est actuellement sur 1,5 degré, c'est ça ? D'augmentation de la température mondiale.
Alors en fait on en est à 1,1 degré à la surface de la Terre, continent et océan.
C'est une moyenne ?
Oui c'est ça, c'est la moyenne planétaire par rapport à 1850-1900. C'est quelque chose qui est en fait déjà massif. C'est une rupture par rapport à la variabilité naturelle du climat au cours des derniers 2000 ans.
Donc moi ce que je reproche un petit peu à ce rapport-là, c'est dire 1,5 ou 1,1 degré, c'est une moyenne sur la Terre. Mais sur les continents, ça veut dire plus que ça, non ?
Oui, en fait le réchauffement il est plus prononcé au-dessus des continents que la moyenne planétaire. Et particulièrement marqué autour de l'Arctique. Donc en Europe, en France, on en est déjà en fait à 1,5 de réchauffement par rapport à la fin du XIXe siècle. Et puis ce n'est pas seulement une histoire de moyenne. C'est une histoire en fait d'un climat qui change, qui affecte aussi les conditions météorologiques partout. Et donc également des extrêmes chauds plus fréquents, plus intenses. Des événements de précipitation intense, plus intense, plus fréquents.
On a vu cet été à New York.
Exactement. C'est également des cyclones tropicaux de catégorie 3 à 5 plus fréquents. C'est une montée graduelle du niveau des mers parce que les glaciers fondent, parce que l'océan gonfle, parce que les calottes de glace du Groenland et de l'Antarctique s'écoulent plus rapidement. La montée du niveau des mers, elle a accéléré au cours des derniers 30 ans. Et c'est aussi une rupture sur plus de 3000 ans.
Alors, ici sur cette chaîne YouTube, on a la chance d'avoir une communauté qui se tient vraiment au fait de ce type de données, de data. Là, j'aimerais qu'on pousse le vice en disant aux gens ce que ça a comme répercussion à court terme sur l'approvisionnement en eau, l'approvisionnement en énergie, l'approvisionnement en nourriture, comme le poisson ou la viande, et la température qui va faire chez nous, et les répercussions sur nos infrastructures, les répercussions sur notre système bancaire. D'ailleurs, on va peut-être en parler avec Pierre. Qu'est-ce que ça veut dire en termes de migration, par exemple, un réchauffement climatique sur un scénario à 3 degrés ?
Alors, je vais juste rappeler en fait ce dont on parle. Donc, on en est à 1,1 degré. Notre meilleure estimation, c'est que ce réchauffement, depuis 1900, il est intégralement dû aux conséquences des activités humaines, avec des gaz à effet de serre, du dioxyde de carbone, du méthane et d'autres, qui piègent de la chaleur, qui ne partent plus vers l'espace. Cet effet-là, un petit peu masqué par l'effet des particules de pollution. L'évolution future du climat, elle n'est pas actée. Elle n'est pas actée parce que si on mettait tout à zéro aujourd'hui, il n'y aurait pas de réchauffement supplémentaire en surface. La montée du niveau des mers, elle, elle est inéluctable.
Parce qu'avec le temps de mélange dans les océans, la réaction des glaciers et des calottes qui vont s'ajuster, même au climat d'aujourd'hui, ça, ça va continuer à monter. Le rythme va aussi dépendre de l'ampleur du réchauffement de surface et de nos émissions de gaz à effet de serre. Alors, qu'est-ce qu'on peut dire ? À horizon des prochaines décennies, il y a une poursuite de réchauffement qui va avoir lieu. Pourquoi ? L'inertie, ce n'est pas celle du climat. L'inertie, c'est celle de nos infrastructures. Les voitures, les systèmes de chauffage, les usines, les pratiques agricoles, etc. C'est ça qui fait de l'inertie.
Donc, si on arrive à avoir des émissions de gaz à effet de serre qui stagnent au niveau actuel, c'est à peu près les promesses que les États ont mises sur la table. En 2015, des engagements, s'ils se réalisent, des émissions qui stagnent jusqu'en 2030. Si ça continue comme ça quelques décennies, on va dépasser un degré et demi autour de 2020-2040, en moyenne sur une vingtaine d'années. On dépassera 2 degrés à horizon 2050 et puis 3 degrés au début du prochain siècle.
3 degrés, ça veut dire 6 degrés sur les continents ?
3 degrés, ça veut dire davantage sur les continents, un réchauffement très prononcé du côté de l'Arctique. Ça veut dire une accélération continue du rythme de montée du niveau des mers. Des événements chauds qui sont aujourd'hui rares qui deviendront beaucoup plus fréquents. C'est en fait disproportionné par rapport au niveau de réchauffement. Et pour donner un ordre de grandeur, si on prend le climat passé, on est en train, nous, de refaire une atmosphère en rajoutant plein de gaz à effet de serre en brûlant des énergies fossiles qui a eu lieu à l'échelle géologique.
Le niveau de CO2 dans l'atmosphère qui augmente du fait de nos activités, essentiellement charbon, pétrole, gaz, déforestation, il atteint un niveau qui, la dernière fois qu'il a été connu, était il y a environ 2 millions d'années. La dernière fois qu'il y avait un niveau de réchauffement autour de 2,5 degrés, c'était il y a 3 millions d'années. Il n'y avait pas l'espèce humaine telle qu'on la connaît aujourd'hui. Et c'était des changements en fait très graduels. Donc on est dans une situation où on est aujourd'hui presque 8 milliards d'humains, plutôt sédentaires, la plupart d'entre nous.
Et donc l'ensemble des caractéristiques d'un climat qui change, des tendances, des extrêmes, et puis des valeurs qui dépassent des seuils de tolérance pour les organismes, pour les espèces que l'on cultive, pour nos sociétés, on le voit déjà. On vit déjà avec les impacts d'un climat qui change. Ça touche toutes les régions. Et donc plus le curseur sera important au niveau planétaire, plus en fait dans chaque région, en Europe comme partout ailleurs, on devra faire face à ces changements complexes. Mais les risques, ce n'est pas que l'évolution du climat. Les risques, c'est aussi, est-ce qu'on est particulièrement vulnérable ? Est-ce qu'on est plus exposé ?
Quelles sont nos capacités en fait à anticiper, à tenir compte de cette information scientifique pour développer des stratégies de gestion de risque, d'adaptation ?
Vous répondez déjà à vos questions, c'est-à-dire est-ce qu'on est vulnérable ? Oui, 80%. Alors en France,
deux tiers des gens sont directement concernés par les aléas climatiques.
Parce qu'on vit sur des terrains côtiers. Oui. Parce qu'il va y avoir la salinisation des sols. Par capillarité, l'eau de mer va remonter dans les terres agricoles. On ne pourra plus vivre sur place sans climatisation ou sans vivre dans un trou. Donc revenons à la question initiale. En termes de chaînes alimentaires, de chaînes énergétiques et de chaînes d'approvisionnement en eau, quelles vont être les conséquences ?
Les conséquences en fait, elles vont dépendre de ce qu'on pourra faire, de ce qu'on aura les capacités de faire en termes d'adaptation. Et en fait, dans toutes les régions du monde, on n'est pas égaux par rapport à ça. On n'a pas les mêmes ressources, on n'a pas les mêmes compétences. Et donc l'enjeu en fait, c'est si on regarde, non pas la physique du climat, ce qui est le contenu de notre rapport, mais les conséquences, les impacts, les risques, les enjeux, ils touchent tous les secteurs d'activité. Alors je vais donner un exemple, celui de la gestion de l'eau. L'eau, c'est vital en fait. Donc dans un climat qui change, le réchauffement, il est quasi global.
Par contre, les conséquences sur la répartition des pluies, elles sont très hétérogènes. Dans les régions froides, c'est plus chaud, plus humide en moyenne. Donc plus de précipitation en moyenne annuelle. Par exemple, plus de pluie dans le nord de l'Europe, le nord de la France en hiver.
Plus de moustiques, plus de malaria.
Plus de précipitation. Et puis plus de pluie torrentielle. 7% de plus de quantité de précipitation sur les records par degré de réchauffement global. Donc ça veut dire une augmentation du risque d'inondation si on n'anticipe pas ça. Ça peut être exacerbé dans les villes par exemple, parce que plus on urbanise, plus ça ruisselle vite. Mais dans les régions semi-arides, dans les régions de climat méditerranéen, dans un climat qui se réchauffe, il y a un changement de la circulation atmosphérique de grande échelle. Et une des conséquences, c'est une baisse de la quantité de pluie en moyenne annuelle et en particulier pendant les saisons sèches.
Donc on le voit déjà autour de la Méditerranée et ça ne va faire que s'accentuer à mesure du niveau de réchauffement global. Donc une des conséquences directes, c'est une augmentation de la sévérité des sécheresses. Et une des régions particulièrement concernées, c'est tout le tour, rive nord, rive sud de la Méditerranée.
Ça représente combien de millions de personnes ?
Ça représente en fait des dizaines de millions de personnes et par ailleurs des populations qui sont parfois très jeunes sur la rive sud de la Méditerranée. Donc ça pose des questions d'anticipation de la gestion de l'eau, d'une gestion durable de l'eau. Ça touche bien sûr les pratiques agricoles mais aussi l'approvisionnement pour l'industrie, pour les villes. Donc ce sont des enjeux qui sont extrêmement importants en Europe comme partout dans le monde. Et puis, c'est pas simplement ça en fait, c'est pas que des moyennes.
Donc le dernier constat que l'on dresse avec dans ce rapport pour la première fois un chapitre entier dédié au cycle de l'eau, c'est que dans un climat qui se réchauffe, le cycle de l'eau en fait en moyenne il s'intensifie. Donc ça veut dire une atmosphère qui contient plus d'humidité, donc parfois des épisodes plus intenses. En moyenne, plus on met des gaz à effet de serre, plus les pluies de moussons par exemple sont intenses. Mais quand l'atmosphère est plus chaude, en fait elle peut aussi vider plus vite les sols de leur humidité en renforçant l'évaporation, la transpiration des plantes.
Et donc, en fait, ce dont on parle, c'est un cycle de l'eau plus intense, plus variable, plus variable d'une année à l'autre, d'une saison à l'autre, avec des saisons très sèches, très humides et des événements très secs et très humides exacerbés. Et c'est aussi le cas pour l'Europe de l'Ouest.
Si je vous comprends bien, ça va faire des événements plus extrêmes concernant la chaîne alimentaire.
Exactement. Donc on avait rendu en 2019 un rapport spécial sur les enjeux croisés climat-sécurité alimentaire. Donc le constat, il est très net. Quand on a, par exemple, des sécheresses sévères qui touchent certaines régions ou des vagues de chaleur qui dépassent les seuils de tolérance des espèces cultivées ou des animaux qu'on élève, des animaux d'élevage, on a des chutes de rendement. Pour le moment, c'est quelque chose qui est plutôt concentré et qu'on arrive à gérer par le marché mondial d'approvisionnement.
Plus le climat se réchauffe, plus on risque d'avoir des chocs mais qui ne sont pas seulement pour une seule région, mais qui pourraient toucher plusieurs greniers à blé en même temps. Donc ça, ça fait partie des enjeux critiques. Par exemple, pour l'Europe, dans notre analyse, on montre qu'à plus de 2 degrés, on risque en fait de souvent dépasser les seuils de tolérance qu'on connaît aujourd'hui pour la santé, pour le travail en extérieur ou pour certaines espèces cultivées aujourd'hui.
Donc on n'est pas complètement coincé au sens où finalement les enjeux pour la sécurité alimentaire, ce n'est pas simplement le niveau de réchauffement, c'est aussi en fait l'évolution des revenus des agriculteurs partout dans le monde. Si en fait on les aide à sortir de la pauvreté, si on renforce leur capacité d'adaptation, ça permet de réduire ce risque. Et d'un autre côté, si on maîtrise la demande alimentaire, on peut aussi limiter les risques. La demande alimentaire, c'est tiré par l'évolution démographique
et les types d'alimentation. Est-ce qu'on doit maîtriser l'évolution démographique ?
Nous, on explore en fait un ensemble de scénarios très contrastés pour la partie physique du climat.
Ça s'appelle un effet de manche pour ne pas répondre à une question.
En fait, je décris ce qu'on fait pour le climat, pour comprendre comment le climat va évoluer. On explore en fait cinq grands scénarios, cinq grandes familles de scénarios très contrastés. Je vais décrire les deux extrêmes, comme ça, ça donne une idée.
Dans ces scénarios, vous avez inclus la cupidité des lobbies et l'impuissance des politiques.
En fait, c'est vraiment des narratifs complètement contrastés. On va prendre le scénario curseur maximum sur la soutenabilité, donc forte volonté politique, mise en œuvre de politiques publiques pour la maîtrise démographique, c'est l'éducation des filles en particulier, maîtrise de la consommation, donc des modes de consommation soutenables pour l'alimentation, les matières premières non renouvelables, maîtrise de la demande d'énergie. Ça, c'est le scénario le plus bas en fait, en termes d'émissions de gaz à effet de serre. Et c'est celui qui permet d'assurer la sécurité alimentaire, même pour un réchauffement qui atteindrait 2 degrés sans choc majeur.
Et puis, des scénarios intermédiaires, poursuites de tendances actuelles, et puis des scénarios en fait, d'augmentation des rivalités régionales, un développement en fait, où la population continue à augmenter, et non seulement elle augmente, mais les inégalités explosent. Donc ça veut dire, d'un côté, une partie importante de la population mondiale qui a les moyens en fait, de consommer beaucoup, donc ça exerce une pression très forte sur la demande en matériaux, la demande en énergie, ça exerce également une pression très forte sur la demande alimentaire, par exemple la consommation de viande ou d'huile végétale, donc qui exerce une pression croissante sur les terres et sur le climat.
Et de l'autre côté, une partie importante de la population mondiale qui est très pauvre, très peu de capacités d'adaptation, pas de filets de sécurité, pas de système d'assurance, extrêmement vulnérable. Et donc en fait, en fonction de ces familles de scénarios, les impacts sur le climat à travers les émissions de gaz à effet de serre, la pression sur les terres et la biodiversité sont très différents, mais aussi les vulnérabilités, les expositions, les capacités à agir.
Et donc nous, on regarde l'effet climat et en février 2022, nos collègues en fait qui travaillent sur les impacts, les risques et les options d'adaptation vont utiliser les mêmes types d'informations pour avoir une vision beaucoup plus claire sur l'ensemble des risques par secteur, par région, y compris les questions de déplacement de population à l'intérieur des pays, entre les pays, parce que bien sûr, cela fait partie aussi des enjeux.
Je vais vous poser une question qui n'est pas très simple. Qu'est-ce que ça veut dire maîtrise et comment c'est applicable ? Je vois que ça vous fait sourire. Maîtrise dans la bouche d'un scientifique, je comprends. Mais dans la bouche d'un politique, ça se traduit comment ? Ça se traduit par une dictature verte ? Si je vais voir Xi Jinping, je lui dis bon maîtrise, ça veut dire quoi chez toi ? Il va me dire on sait faire. Maîtrise en Europe, ça veut dire quoi ? Ça veut dire des quotas ? Ça veut dire on vous envoie la police quand vous faites n'importe quoi dans votre entreprise ? On vous fait payer des amendes ? C'est quoi la maîtrise ?
Et quand on dit maîtrise de la démographie, ça veut dire quoi ?
Alors, dans ces scénarios, c'est par exemple des choix politiques dans toutes les régions du monde, dans tous les pays, où on choisit de mettre l'accent sur l'accès à la santé reproductive, l'éducation des femmes, le fait de permettre, par exemple, d'avoir des systèmes de sécurité sociale, de retraite, qui permettent d'éviter de dépendre du nombre d'enfants qu'on a pour assurer ses vieux jours. C'est des choses de ce type-là.
Maîtrise de la demande en matériaux, par exemple, ça peut être comme en Norvège, le choix, par exemple, sur les véhicules, de taxer les véhicules en fonction de leur maf, par exemple, de sorte à encourager ceux qui vont acheter des véhicules plus légers, dont l'empreinte à la production est plus réduite que des tanks. Voilà. Donc, en fait, les formes de l'implémentation peuvent être très variées selon le type de pays, la gouvernance, le niveau de développement aussi du pays.
Nous, en fait, pour la partie, disons, évolution du climat global, physique du climat, ce qui compte pour nous, en fait, c'est la manière dont ça agit au niveau planétaire, sur les échanges de rayonnement entre la Terre et l'espace, et puis sur les puits de carbone, c'est-à-dire la capacité des sols, de la végétation à absorber une partie de nos rejets de gaz à effet de serre.
Vous, en tant que scientifique, vous pensez que nos politiques sont à même de gérer ça quand on voit qu'ils n'ont pas été capables de maintenir un stock de masques, un stock de casques, un stock de quoi que ce soit, nous, la cinquième ou sixième puissance mondiale. Est-ce que vous pensez que le réchauffement climatique, en fait, ça va faire faire un burn-out à toute notre classe politique ?
Alors, je vais parler franchement. Effectivement, la pandémie, elle a montré que devant une situation qui était inédite, on va dire, mais qui était attendue. Les rapports de l'OMS sur l'occurrence de nouvelles zoonoses, ils étaient déjà là.
Alors,
la zoonose, on va en discuter.
Des maladies qui passent des animaux aux humains et qui peuvent se répandre très vite au niveau mondial. On en a vu une, quoi.
Un accident industriel.
Oui. Et par ailleurs, les systèmes de gestion, d'alerte, etc., on a vu que les différents pays du monde n'étaient pas au même niveau. Et certains pays asiatiques qui avaient déjà eu un coronavirus il y a quelques années, ils avaient mis en place des systèmes de réaction, des stocks, etc., un peu différents de ce qu'on avait dans d'autres régions du monde. Donc, ça montre en fait l'importance des dispositifs de préparation, la culture de gestion de risque, l'anticipation. Et quand on n'est pas prêt, qu'on a un événement de ce type-là qui se produit, on est le dos au mur, on doit prendre des mesures brutales de privation de liberté et ça fait un an et demi qu'on vit avec ça.
C'est ce qui nous attend avec le climat ?
Pour la question climat, le constat scientifique, il n'est pas tout jeune en fait. Le premier rapport qui décrit comment le climat réagit quand on rajoute des gaz à effet de serre, les degrés de réchauffement, si on double la teneur en CO2 de l'atmosphère, c'est un rapport de l'Académie des sciences américaines, le premier qui a construit un consensus scientifique de 1979.
Ce constat en fait, il a été renforcé, rendu de plus en plus robuste au cours du temps et dans le dernier rapport de cet été, on a pour la première fois une estimation plus précise d'ailleurs de cette sensibilité du climat en combinant toutes les sources d'informations, la compréhension de chaque boucle de rétroaction, ce qu'on tire des observations récentes, ce qu'on tire des climats passés, donc on a une meilleure estimation et une plage qui a été divisée par deux par rapport à ce qu'on savait à la fin des années 70. Mais quand on regarde du côté du monde politique, moi ce qui me frappe c'est l'inertie. Alors dans les exemples
d'inertie... C'est que ça qui vous frappe ?
Non, non, dans les exemples d'inertie, c'est par exemple, est-ce qu'il y a eu des plans de formation dans les administrations publiques de sorte à ce que les éléments de connaissance scientifique sur deux dimensions, les enjeux et puis les actions à mener et comment les mener, ça n'a pas eu lieu.
Je n'ai pas compris le départ. Des actions de...
En fait, les actions de formation. Oui, d'accord.
Il y a un défi nouveau. D'accord, mais pour entrer dans la fonction publique, il faut avoir fait le collège, non ? Non, non. Là, on est en train de brasser... Je parlais de l'action publique. D'accord.
Après, on peut remonter sur la formation, l'éducation et tout le reste, mais simplement sur l'action publique, la formation des fonctionnaires, en fait, ceux qui sont chargés de mener les politiques publiques, on peut aussi parler de la formation des élus, sur ces questions-là, je pense qu'il y a beaucoup de choses à renforcer. Là, cette année, le gouvernement français met en place un tronc commun de formation pour les écoles de la fonction publique, de la haute fonction publique, sur un certain nombre d'enjeux, dont les enjeux climat pour la première fois. On est en 2021.
Si on prend les programmes maintenant plus en amont, ce n'est pas simplement ceux qui mènent les politiques publiques, mais c'est aussi la formation de tout un chacun, en fait, à l'école, au collège, au lycée, il y a encore beaucoup à faire. Et si ça monte, en fait, sur la sensibilisation, on va dire, sur les enjeux climat, biodiversité, à l'école primaire, au collège, au lycée, il y a un tas d'enseignants qui font un travail formidable, ce qui manque, je pense, aujourd'hui, c'est le fait d'acquérir des compétences pour agir, pas simplement de comprendre vaguement les enjeux. Et agir, c'est quoi ?
C'est utiliser des informations scientifiques pour pouvoir anticiper et limiter les conséquences négatives d'un climat qui change. Donc, identifier les vulnérabilités, l'exposition aux aléas climatiques et agir pour le réduire. Vous y croyez ? Oui, je pense que c'est possible. Et il y a des retours d'expérience de différentes régions du monde.
De quoi ? En Papouasie ? En quoi ?
Non, ça peut être le cas, par exemple, en Chine ou dans certains secteurs aux Etats-Unis ou dans d'autres régions européennes. En Chine, il se passe quoi ? Il y a la prise de conscience d'une grande vulnérabilité par rapport à un climat qui change. Et donc, il y a des enjeux, par exemple, d'accès à l'eau, d'approvisionnement en eau.
Quand ils ont vu leur petite rivière qui était devenue violette, ils ont dit quand même qu'on va repasser à vert.
Il y a toute une réflexion. La Chine a subi une urbanisation très rapide comme beaucoup de pays émergents. Et les villes, elles exacerbent à la fois l'effet des vagues de chaleur et puis elles exacerbent aussi le ruissellement de l'eau. Donc, il y a toute une réflexion sur transformer les villes en en faisant des éponges, par exemple, de sorte à pouvoir amortir l'effet de pluie torrentielle. C'est un exemple de réflexion qui a lieu en Chine, qui a lieu ailleurs. Dans toutes les régions du monde, il y a des retours d'expérience.
Mais si on prend le cas de la France ou de l'Europe, je pense que sur la question de l'adaptation, c'est-à-dire pas regarder dans le rétroviseur, pas se dire je vais gérer les risques en regardant ce qui s'est passé il y a 30 ans, il y a 100 ans. Mais quels sont les événements nouveaux, inédits ? En quoi ça me concerne et qu'est-ce que je peux faire pour en limiter la casse ? Ça, ce n'est pas encore fait. Et ce n'est pas fait, par exemple, dans les plans de prévention des risques aujourd'hui. On regarde dans le rétroviseur et on n'intègre pas cette information sur des risques nouveaux, pourtant connus.
Vous connaissez le système financier un peu ?
Mal.
Vous connaissez comment ça fonctionne le système financier ?
À court terme.
À court terme. Pour résumer trivialement, notre système financier, il repose sur quoi ?
Vous me posez la question à moi ? Sur la rentabilité. À court terme.
Sur une fonction exponentielle.
Oui.
On va passer la parole à Pierre juste après. Moi, je vous pose un commentaire Internet.
Sur le monde de la finance, ce qui monte en puissance par rapport à mon domaine à moi, qui est celui de la physique du climat...
C'est le bullshit de CO2.
Non. C'est l'utilisation d'informations climatiques fines pour être capable de faire des stress tests et en particulier le secteur des actuaires. C'est les gestionnaires de risques. Et chaque fois qu'il y a un gros projet d'investissement, des infrastructures critiques, ils évaluent les risques associés à ces investissements. Et de plus en plus, ils utilisent cette information-là.
Les actuaires travaillent beaucoup avec les assureurs. Oui. Et grâce à de la big data, ils sont capables de dire « Toi, tu vas payer plus cher ton assurance parce que tu es à 17 cm moins haut que ton voisin, donc tu vas avoir 1,50 m de flotte en plus. » Donc ça, ils savent très bien.
Il y a des enjeux majeurs dans ce secteur. Par exemple, le système de mutualisation de risques avec la gestion des dispositifs catastrophes naturelles. Est-ce qu'il va tenir avec un climat qui se réchauffe ? Bien sûr. Et ce n'est pas seulement les grosses extrêmes. C'est aussi des sécheresses modérées, plus fréquentes avec des enjeux majeurs avec les mouvements de sol sur le bâtier existant. Et ça, ça demande une réflexion de fond pour ne pas avoir une exacerbation des inégalités et que chacun soit laissé seul devant des coûts et des dommages croissants. C'est le cas en France. C'est le cas partout dans le monde.
Il y a un commentaire Internet sur la bétonisation des sols. Exemple récent des JO de 2024. Destruction des jardins d'Aubervilliers pour un solarium pour les athlètes. En tant que scientifique, préférez solarium ou les petits potagers à Aubervilliers ?
Personnellement, ce n'est pas en tant que scientifique que j'ai un avis là-dessus. C'est en tant que citoyenne.
En tant que citoyenne ?
En tant que citoyenne, je pense qu'en particulier dans un contexte de pandémie, avoir accès à des espaces verts et une convivialité liée à la production de légumes, c'est plutôt bien.
Pierre ?
Je partage cette opinion comme citoyen aussi.
Parlons un peu finance et écologie. quand on voit un système financier qui fait de la cavalerie à longueur d'année, qui nous fait du window dressing pour nous mettre des lunettes roses à longueur d'année, que tout va bien et que c'est bien géré, que nos banques nous disent que tout va bien, que les fonds garantis des dépôts bancaires vont tout régler en cas de petite crise. que l'État fait un effet de levier sur le fonds de garantie des dépôts bancaires au cas où, engage sa signature pour pouvoir protéger votre épargne à hauteur de 72 000 euros par compte et par établissement bancaire.
Est-ce que tu penses qu'on va s'en sortir entre des politiques qui sont les rois du sculptage d'air chaud et de brassage de fumée, un système financier qui est gangréné par des intérêts nécessitant de faire des pressions à gauche ou à droite ou de changer des lois pour pouvoir survivre ? Quand on voit par exemple l'Italie faire pression en disant vous comprenez Lamborghini, Ferrari ne sont pas prêts à faire la transition tout de suite, on va où là, Pierre ? Parce que tu es politique, toi, non ?
Je suis un citoyen et puis j'essaie de faire bouger les politiques et je suis moi-même politique et je suis même peut-être candidat à la présidentielle et à la primaire populaire mais effectivement c'est compliqué de parler après Valérie parce qu'elle a dit vraiment le plus important. Elle a encore plein de choses à dire mais voilà, c'est compliqué de passer. Effectivement, on ne va pas s'en sortir a priori c'est foutu s'il n'y a pas une réaction massive des citoyens.
Et si on continue effectivement à compter sur les chefs d'État et de gouvernement il y a un énorme risque qu'on aille vers la catastrophe et dans 20 ans ce sera trop tard on sera sur le toboggan tout ce que les climatologues nous auront dit ça va se réaliser et c'est plutôt en train de s'accélérer et on va tous se détester on va tous se détester en disant mais putain on a été nul on a été nul on était au courant ils nous ont dit des choses très précises la nature nous a envoyé plein de messages 700 morts au Canada cet été dans les canicules 700 morts 200 morts en Belgique et en Allemagne donc il faut ne pas lire les journaux il faut même au moins le rapport peut-être tout le monde ne va pas lire les 300 pages je ne sais pas combien de temps mais au moins les condensés pour décideurs la plupart de nos dirigeants ne les lisent pas je voyais encore à midi un autre climatologue qui me disait qu'il était effaré par l'incapacité des dirigeants à le comprendre donc et Valérie l'a très bien expliqué c'est pas juste un petit réchauffement la température moyenne qui augmente de 1 degré ou 1,5 degré ce sont des événements climatiques extrêmes qui se multiplient tu parlais des sociétés d'assurance c'est une courbe qui est assez impressionnante que j'ai montrée un ambassadeur il m'avait dit qu'il n'avait que 20 minutes j'ai commencé avec cette cour il m'a gardé 1h30
un ambassadeur d'où ?
je ne donnerai pas son nom mais c'est un monsieur très important à Bruxelles de quel pays ? je ne donnerai pas le nom parce qu'on crée des relations de conscience un pays d'Europe un ambassadeur non mais c'est juste pour dire le nombre d'événements à Bruxelles ils parlent presque tous français le nombre d'événements climatiques extrêmes a déjà été multiplié par 2,5 les événements climatiques extrêmes c'est les grandes canicules c'est les inondations dont Valérie parlait c'était quoi ?
il y a 5 ans il y a eu des inondations à Paris c'était rigolo on allait voir la scène qui débordait pour les parisiens c'était rigolo mais la récolte de blé a perdu moins 32% en France et en Belgique moins 32% heureusement que l'Ukraine on a tous appris dans le cours de SVT qu'il y a deux grands greniers qui nourrissent l'Europe heureusement que l'Ukraine n'a pas été touchée par les mêmes inondations parce que si la même année crêne qui sont touchée par les inondations ou par une grosse canicule une canicule au mois de juin elle empêche le grain de blé de se remplir et bien on aurait des tickets de rationnement on est quand même des petits mammifères on est tous contents de faire 2 ou 3 repas par jour et le stock de céréales il ne représente pas un tiers de la consommation annuelle donc si on a dans les deux zones ou deux années de suite on peut avoir de très gros problèmes un autre graphique que je voulais vous montrer c'est aussi ce que nous dit les climatologues c'est si on continue comme ça dans 30 ans quand on va amorcer les années 2050 on aura de plus en plus ces canicules à répétition le corps humain il est fait pour fonctionner à 37 degrés s'il fait 40 degrés on se met à l'ombre on boit de l'eau on évite voilà mais si on nous explique qu'il y aura souvent des canicules qui pourraient monter à 54 météo France on dit des canicules qui monteront à 54 55 degrés et c'est tous les 2 ou 3 ans 56 là je vois 56 oui non 55 degrés dans la partie de l'Est de la France voilà et c'est pas c'est pas dans 3 siècles c'est à partir de 2050 2060 si on continue à faire du blabla et à ne rien changer radicalement et ce qui m'énerve c'est que pour le moment on ne change rien et deux derniers graphiques c'est tout ce qui vous explique non mais c'est juste pour illustrer quand les climatologues parlent des cercles des boucles de rétroaction des cercles vicieux dans le langage certains vous disent au moins avec le virus le CO2 ça s'est calmé toutes nos économies ont été à l'arrêt et c'est vrai que le CO2 qui vient de nos usines et de nos camions a diminué en 2020 c'est vrai mais les feux de forêt ont pris une telle ampleur les feux de forêt en Australie 440 morts en Australie et ça c'est en Californie en Californie vous voyez tous les grands feux de forêt depuis 90 ans et l'année 2020 une seule année représente un tiers des surfaces cramées donc le CO2 qui est mesuré à mon alloi je suis honteux de parler de ça devant toi tu connais ça mille fois mieux que moi mais je le vois au Parlement européen des gens qui il y a deux ans me disaient oui le climat c'est important et qui maintenant disent non non c'est bon le climat on peut attendre un peu parce qu'au moins avec le virus ça s'est calmé qui c'est ça qui dit ça y compris une partie de la droite du groupe du PPE qui était d'accord il y a deux ans qui avait applaudi le discours de madame Andalayan pour dire le climat est notre priorité et qui maintenant nous disent écoutez au moins avec le virus le CO2 s'est calmé donc je le répète très calmement en France comme en Allemagne le CO2 qui vient de nos industries et de nos voitures a baissé de 8% l'an dernier mais le CO2 qui vient des feux de forêt des feux de forêt en Sibérie quand j'étais petit il faisait froid en Sibérie donc ça fait plus que compenser et le CO2 qu'on mesure dans l'ensemble de l'atmosphère à Monaloa il n'y a hélas aucun ralentissement je peux te couper ?
oui bien sûr
Valérie je te vois donner de la tête
ouais deux choses donc dans un climat qui se réchauffe des extrêmes chauds plus fréquents plus intenses dans certaines régions une augmentation des sécheresses vous croisez les deux c'est des conditions propices aux incendies qui sont plus fréquentes sur des saisons plus longues sur des régions nouvelles on le voit en France on le voit partout ailleurs donc c'est un des effets d'un climat qui se réchauffe alors pour l'instant c'est pas quelque chose qui est dominant sur le cycle du carbone donc nous on met 40 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère et l'océan la végétation les sols ça en récupère à peu près la moitié c'est à peu près stable depuis 50 ans par contre ce service qui nous rend c'est 56% ce service que l'océan la végétation les sols nous rendent ce sera limité dans un climat qui se réchauffe si on continue à déverser des quantités colossales et croissantes de CO2 dans ce cas là en fait les puits naturels de carbone vont continuer à augmenter mais ils seront proportionnellement moins efficaces et un gros point d'interrogation c'est effectivement l'effet sol plus chaud avec plus de respiration des sols et effet des feux de forêt sur le puits de carbone terrestre
commentaire internet le problème des forêts primaires qui éjectent plus de CO2 qu'elles n'en absorbent point d'interrogation
alors les forêts primaires jusqu'à présent stockent du carbone qui s'accumulent en fait qui se décomposent dans le sol dans les racines etc par contre avec une dégradation de certaines forêts du fait des pressions locales par exemple au Brésil ou ailleurs là en fait on peut perdre la capacité de stockage de certaines forêts avec en plus les effets climat et je voulais dire un mot sur la pandémie donc il faut imaginer l'atmosphère c'est une baignoire nous on a ouvert grand le robinet croissant et on déverse des quantités colossales de CO2 dans cette baignoire il y en a une partie qui repart océan végétation et sol la pandémie c'est quoi on prend les mêmes infrastructures on les utilise moins surtout les transports un peu les usines au niveau mondial c'est en gros 5% de moins sur le débit puis on est reparti à la hausse l'effet rebond il est déjà là l'économie en Chine ailleurs elle accélère et donc du coup on a réduit le débit de ce qu'on met dans l'atmosphère puis on le réaugmente le niveau dans la baignoire il continue à monter le niveau du CO2 dans l'atmosphère il continue à monter pour avoir un effet mesurable c'est pas quelques mois c'est pas un an c'est une baisse de plusieurs pourcents des émissions partout dans le monde chaque année et là on enverra assez vite les bénéfices sur la composition de l'atmosphère sur la qualité de l'air mais il faudra attendre quasiment une vingtaine d'années pour en voir l'effet sur le climat
Pierre désolé de t'avoir coupé
non non mais c'est pour ça qu'il faut maintenant prendre les décisions c'est juste pour illustrer que le problème n'est pas linéaire ta question c'était sur les dirigeants politiques la plupart des dirigeants politiques ont l'habitude de gérer les problèmes de façon linéaire ils arrivent au pouvoir en général ils savent qu'ils ont 5 ans et puis ils font une réforme ou deux et puis ils laisseront le bazar au successeur qui laissera le bazar au successeur et en général au pouvoir ils n'ont pas le temps de réfléchir de prendre voilà hélas ils vous reçoivent donc je trouve qu'ils n'ont aucune excuse donc et encore un point juste pour illustrer je suis là pour apporter les graphiques qui confirment ce que dit Valérie c'est vraiment scandaleux pour être poli l'inertie de nos dirigeants parce que si le GIEC a été créé il y a 33 ou 34 ans à peu près c'est qu'il y avait déjà quasiment un consensus des scientifiques voilà et qu'à la une du New York Times en juin 88 à la une du New York Times il y a la courbe sur le réchauffement climatique parce que la veille un grand scientifique un de ses collègues avait été reçu au Sénat et avait scotché tout le monde par hélas de façon dont son argumentaire était archi convaincant donc déjà en 88 il y avait quasiment un consensus enfin il y avait un consensus de quasiment tous les scientifiques et qu'il disait qu'il était encore possible qu'on avait 20 ans pour sortir des énergies des énergies pétrolières mais que c'était tout à fait possible et le lobby pétrolier tous les lobbies ont tout fait pour dire peut-être que oui peut-être que non on verra plus tard donc maintenant il est urgent de dire il n'est pas trop tard pour agir je vois aussi des gens qui sont prêts à se flinguer qui pensent que c'est foutu qu'on va vers le chaos
on appelle ça la solastalgie
c'est des choses mais je vois y compris dans la génération de mes enfants des jeunes qui dépriment complètement heureusement des jeunes qui sont dans la rue et qui nous aident pour réveiller les plus vieux mais il y a aussi certains qui pensent que c'est foutu et qu'ils auront une vie de merde entre le dérèglement climatique l'effondrement de la biodiversité le chômage la précarité voilà donc moi si je suis ici comme toi c'est que je pense qu'il n'est pas trop tard mais qu'on n'a pas 15 ans pour réfléchir et que la bonne nouvelle c'est qu'on sait ce qu'il faut faire tout le travail qui a été fait par les climatologues maintenant le diagnostic est super précis quand Claude Allègre avait fait son bouquin plein de mensonges Valérie et quelques autres femmes et hommes scientifiques avaient dit on ne peut pas accepter n'importe quoi et donc je crois que tu as vu un rôle important Valérie pour obtenir que l'Académie des sciences fasse six mois tranquille non pas s'enguiler devant les caméras mais il y a eu six mois passionnant à l'Académie des sciences et à la fin le pauvre Claude Allègre avait dû bouffer son chapeau parce que lui-même avait voté un texte qui disait donc à l'unanimité l'Académie des sciences avait dit il n'y a plus aucun doute sur la réalité du réchauffement climatique et le fait que le réchauffement climatique pour la quasi-totalité vient des activités humaines et c'est plutôt une bonne nouvelle parce que ça veut dire que c'est nous si nous sommes responsables on est capable d'agir c'est pas comme la fin des dinosaures les pauvres dinosaures c'est un astéroïde énorme c'est mille fois c'est un milliard de fois Hiroshima donc les pauvres dinosaures même s'ils avaient eu un cerveau un peu plus s'ils avaient été plus flûtés ils ne pouvaient rien faire ils n'étaient pas responsables du problème et une fois qu'il y a eu le choc c'était foutu tandis que là nous sommes responsables de ces émissions de CO2, de méthane et donc il est possible de changer nos modes de vie et ça suppose je vais me faire l'avocat du diable ça suppose une volonté politique et des financements massifs mais on y reviendra quand tu me pondras la question
volonté politique dans la même phrase quand même t'es culotté
non mais la volonté politique ça peut être aussi que les citoyens poussent les politiques à bouger d'accord parce que certains politiques n'ont pas compris le problème et d'autres sont effarés par l'immensité ils ne savent pas voilà et un parallèle qu'on peut faire c'est Jules Ferry certains disaient il est temps qu'on donne l'éducation gratuite à tous les enfants en France d'autres disaient c'est pas possible le pays n'est pas encore assez riche donc les citoyens ont foutu une pression on ne le sait pas assez mais il y a eu 1 500 000 personnes qui ont signé la pétition pour demander à Jules Ferry qui est l'école laïque gratuite et obligatoire 1 500 000 pétitions on voit les gens qui remontent des charrettes à Paris alors à l'époque il n'y avait pas internet donc pour récupérer
c'était peut-être un peu moins con à l'époque non ?
oui voilà et donc il demande à Jules Ferry qu'on fasse cette loi pour dire que l'école est libre et laïque gratuite et obligatoire et après ça pendant 20 ans le pays se transforme partout dans n'importe quel village de Bretagne ou des Pyrénées on fait l'école des garçons l'école des filles la maison pour les maîtres on forme des milliers d'instituteurs entre l'architecte et le maire qui ne sont pas toujours d'accord mais ce qu'on retient c'est qu'en 20 ans en 20 ans la France a réussi le pari de faire de l'éducation pour tous et que d'ailleurs on en a tous profité alors que certains pensaient que c'était une idée utopique pareil quand Kennedy on va bientôt fêter les 60 ans du beau discours de we choose to go to the moon nous avons décidé d'aller sur la lune certains pensent que Kennedy est frappadingue mais il a décidé effectivement pour des raisons politiques d'aller sur la lune il y met les moyens on va créer 400 000 emplois le Kennedy j'ai raconté ça l'autre jour au Parlement européen Kennedy il sort le chéquier on va multiplier par 15 le budget d'un hasard il crée 400 000 emplois et on est capable d'envoyer des gens sur la lune plus vite que ce que pensait Kennedy donc là sur la question du climat est-ce qu'on a compris la gravité on va vers des scènes d'horreur nos enfants vont nous détester et par contre on pourrait vivre dans une société tout à fait équilibrée
explique ces scènes d'horreur
mais les scènes d'horreur si j'ai fait la grève de la faim tu as dit tout à l'heure que j'avais fait la grève de la faim si je suis vraiment engagé comme d'autres Valérie passe des mois et des nocturnes pour faire les rapports du GIEC il travaille on ne le dit pas assez les scientifiques une fois tu m'avais dit que ton mari partait en Antarctique pour faire des prélèvements parfois vous travaillez dans des conditions très difficiles physiquement et après ça il passe des mois pour vérifier que toutes les informations sont justes voilà mais moi si je suis comme d'autres engagé sur le climat c'est en particulier j'avais passé deux jours à Bamako au Mali et j'avais vraiment été frappé après ça il m'a fallu plusieurs semaines pour retrouver le sommeil parce que les scientifiques de Bamako qui m'avaient invité parlaient du sida climatique ils ne parlaient pas du réchauffement climatique ils parlaient du sida climatique en disant si on ne fait rien et bien le dérèglement climatique va faire autant de morts que le VIH que le sida l'un des jeunes scientifiques qui était là son papa avait un troupeau au Sahel il me disait tout le monde s'en fout mais la sécheresse qu'on vit en ce moment au Sahel c'est la plus grave sécheresse jamais vue depuis 1600 ans ou 2000 ans et je voyais des scènes d'horreur quand je suis revenu je faisais des cauchemars vous voyez cette photo très connue au Vietnam une petite fille qui traverse avec des flammes derrière concrètement ça veut dire quoi quand Valérie dit qu'il y aura des problèmes d'accès à l'eau la Banque mondiale ou la FAO dit qu'il y a des grandes régions d'Afrique où les récoltes vont être divisées par deux parce que quand l'eau arrivera elle sera de façon très violente et elle ne rentre pas bien dans les sols et il y a des périodes de sécheresse donc globalement il faudrait détailler l'Afrique c'est immense il y a plusieurs scénarios mais globalement un des scénarios les plus probables c'est des récoltes qui sont divisées par deux d'ici 30 ans si on ne fait rien si on ne fait rien des récoltes divisées par deux alors que la population va doubler donc il n'y a pas besoin d'être des génies pour comprendre le problème s'il y a deux fois moins de nourriture et deux fois plus de population on n'a pas encore parlé des problèmes de la chaleur humide souvenez-vous quand Nicolas Hulot a démissionné il a dit la terre devient une étuve mon ami Nicolas quand il démissionne a trois reprises sur France Inter il dit la terre devient une étuve le mot étuve c'est pas par hasard là aujourd'hui on avait tous très chaud à Paris 31 degrés mais je pense il n'y a pas eu de mort parce que le corps humain est fait pour évaporer on boit de l'eau et on évapore et comme ça on reste à 37 degrés le cerveau le foie ne disjoncte pas mais si l'air est trop humide ce système ne marche plus et donc même si vous buvez de l'eau vous n'arrivez plus si l'air est en même temps chaud et humide vous n'arrivez plus à évaporer et le corps remonte en température et en trois heures c'est foutu les pompiers ne peuvent rien faire pour vous et donc le MIT nous dit qu'il y a des grandes zones et là c'est des zones très très peuplées l'étude du MIT qui était sortie juste avant que Nicolas Hulot donne sa démission elle disait que des zones où il y avait 350 millions de chinois allaient avoir si on ne faisait rien je le répète si on ne fait rien allaient avoir des étés des périodes chaudes chaudes et humides qu'une grande partie de l'Arabie serait pareil qu'une partie de l'Afrique si on ne fait rien et donc si vous dites à des gens dans 20 ans votre terre vous risquez de crever vous ne pouvez pas mettre la climatisation
vous risquez de mourir avant vous allez souffrir
il faut leur dire mon but n'est pas d'insister sur ce qui ne va pas mon but est de dire réveillons nous nos pays ont déjà été capables de réussir des gens de challenge c'était l'école pour tous c'était de faire le métro tout le monde se foutait quand vous arrivez à Montparnasse appelle Montparnasse bienvenue parce que c'est un breton qui est monsieur bienvenu quand il s'est dit il faut qu'on fasse un métro les ouvriers n'arrivent pas à se déplacer dans les bonnes conditions il faut faire un métro à Paris on lui a dit ça fait 50 ans qu'on en parle il y a des lobbies qui bloquent ça tu te fatigues pour rien et bienvenue est un peu têtu il a réussi à convaincre et en quelques années on a réussi à faire le métro je te stoppe donc c'est une volonté politique et si on a les moyens financiers ça va être un joyeux bazar mais on a les moyens d'isoler les maisons d'isoler tous les bâtiments publics et privés de faire des transports en commun d'inventer des voitures qui consomment moins d'aider les agriculteurs à changer leur pratique et on peut rattraper le temps perdu tout le temps qu'on a perdu
alors isoler les maisons t'as vu en début d'année plus 40% sur les matières premières pour les habitations donc ça va bien se passer
c'est pour ça qu'il faut le planifier excuse moi c'est pour ça que quand on travaille les gens du bâtiment ils disent que c'est tout à fait faisable mais il faut se donner un calendrier sur 20 ans c'est pour ça qu'au niveau du parlement européen on demande qu'il y a des financements pendant 20 ans que chaque famille sache qu'elle aura des aides pour isoler sa maison et du coup le site club du bâtiment il va recruter 300 000 personnes on va les former on sait qu'on aura du boulot pendant 20 ans
je te lis un commentaire que j'attrape au vol un commentaire internet un commentaire de Shiba il dit c'est pas mal de ne pas sombrer dans le désespoir et de dire qu'il y a un plan mais à combien de pourcents de réussite il pense que son plan va marcher honnêtement sachant qu'il faut que tout le monde entier le suive dans l'état actuel du monde donc je développe un peu son commentaire on est tous à couteau tiré dans la guerre économique celui qui refuse de l'accepter est soit borgne soit un menteur on est doucement bercé par le langage diplomatique aussi doux que ronronnant mais derrière il faut dire qu'on a tous les couteaux tirés entre le renseignement économique l'espionnage économique le renseignement invasif je vais être très vulgaire mais les coups de couteau dans le dos de nos propres alliés sur nos marchés comment veux-tu que ce scénario avec des lunettes roses on va se donner la main on va prendre conscience que tout va mal qu'on est sur le mauvais chemin alors que quand le GIEC sort son rapport le seul truc qui fait la une c'est le transfert de Messi et quoi d'autre ?
le pass sanitaire
ah le pass sanitaire
en France parce que Lionel Messi est arrivé à Paris ce qui est quand même un événement important mais moi j'étais en Espagne et bien tous les journaux espagnols même les plus conservateurs ont fait des pages entières sur le rapport du GIEC avec les feux de forêt en Turquie et en Algérie donc je crois qu'il y a une évolution des mentalités il y a 4 ans avec Jean-Joselle on a été invité pour l'événement de rentrer de tous les jeunes d'agriculteurs de France des milliers ça s'appelle Terres de GYM à Fougères en Bretagne des milliers de jeunes agriculteurs qui venaient là pour échanger pendant 3 jours et le grand débat de l'après-midi c'était que peut faire l'Europe pour sauver le climat et l'agriculteur qui lançait le débat disait ce débat était inimaginable il y a 10 ans il y a 10 ans tous les agriculteurs étaient climatoseptiques Claude Allègre c'est ce qu'il disait Claude Allègre était notre héros et les écolos nous cassaient les pieds et puis là quand il y a une inondation qui fait que nos amis qui font du blé ont perdu 30% de la récolte et puis après ça il y a 3 années de suite où il y a des canicules et des sécheresses ce qui fait que ceux qui sont éleveurs dans l'Est de la France ils vont tuer une partie du troupeau parce que quand tu as des canicules pendant 2 années ou 3 années de suite tu manges du foin tu manges du foin et puis le prix du foin augmente et donc tu as des agriculteurs qui doivent tuer une partie de leur bête et donc l'agriculteur disait maintenant il n'y a plus aucun climatoseptique chez l'agriculteur la question est de savoir comment est-ce qu'on fait la transformation et donc j'ai expliqué quel était le plan qu'on avait pour trouver de l'argent au niveau européen sans taxer monsieur et madame tout le monde voilà c'était avant les gilets jaunes on savait déjà qu'il y avait une demande de justice fiscale
au bout du coup c'est nous qui allons être taxés
ben non pardon si on taxe la spéculation je ne sais pas si tu as beaucoup d'actions moi j'ai zéro action voilà donc il y a quand même 85% des français qui n'ont aucune action et il y en a 3% par contre ou 1% qui spéculent comme des cochons et le nombre de milliardaires a triplé en disant je ne vais pas voilà on peut demander un effort quand j'ai fait ma grève de la faim j'ai eu Nicolas Hulot Edgar Morin qui m'ont soutenu Hervé Le Treut et des climatologues mais même un des plus grands banquiers belges un des plus grands banquiers belges est venu à la surprise en disant qu'il parlait à titre personnel mais qu'effectivement demander 0,1% de prendre 0,1% sur les transactions financières ce n'était pas la mort je rappelle pour celles qui nous écoutent le principe c'est que
je me fais l'avocat du diable mais tu fais bien je me fais l'avocat
soit du bon Dieu soit de ses enfants en disant que l'idée c'est tout simple d'une taxe sur la spéculation c'est que le taux normal de TVA quand on achète un téléphone quand on achète n'importe quoi c'est 20% 20% le taux réduit pour que les gens les plus pauvres puissent manger quelqu'un qui est SDF quand il aura accumulé 5 euros il va aller chez Carrefour ou chez Leclerc il va payer quand même 5,5% de TVA même les plus pauvres pour manger payent 5,5% de TVA et sur les marchés financiers c'est 0,0 0,0 est-ce que c'est des gens encore plus pauvres que les SDF est-ce que c'est encore plus important que de manger non c'est juste que le lobby bancaire bloque tout ça et donc on a je répète 70% des députés ont voté ce rapport et j'ai fait la grève de la faim pour expliquer que c'était possible de trouver ces sous et donc ça permettrait en même temps de créer massivement des emplois si on a de l'argent qui arrive pour isoler les maisons si on a de l'argent pour les transports en commun dans mon coin des Pyrénées il y avait pas mal de gilets jaunes et je les comprends très bien parce que si tu as du boulot à Pierre-Fitte ou Argelest tout le monde doit prendre sa voiture il n'y a pas de transport en commun bien organisé et les gens ont conscience du problème climatique pardon je finis j'étais parti je les jeunes agriculteurs excusez-moi tu m'as posé une autre question la conclusion c'est que les jeunes agriculteurs disaient maintenant tout le monde a compris la gravité du problème climatique et on en souffre et voilà et simplement par exemple pour faire et le gars qui m'avait invité ou qui a animé le débat disait moi je suis éleveur je sais que le lisier de mes animaux il abîme la nappe phréatique et qu'il abîme l'atmosphère mais je sais que maintenant on peut faire du biogaz que c'est efficace mais l'investissement dans le biogaz c'est 500 000 euros la plupart des paysans n'arrivent pas à se verser le SMIC n'arrivent pas à gagner 1000 euros par mois donc on ne va pas leur demander un investissement de 500 000 il dit par contre s'il y a des aides européennes qui payent au moins la moitié ou les trois quarts de la somme et qu'on sait qu'on a un débouché et bien on se met avec trois ou quatre collègues agriculteurs on crée un ou deux emplois et ça doit faire un revenu supplémentaire donc la question de comment on débloque sur la convention citoyenne tu en avais parlé il y a quelques mois il y a eu 150 citoyens et Valérie et d'autres climatologues les avaient beaucoup aidés à réfléchir 150 citoyens qui venaient de toute la France qui étaient représentatifs de toute la population française au début il y en a qui n'en avaient rien à foutre du climat mais juste en prenant deux jours ou trois jours de réflexion avec les climatologues ils ont tous compris ils ont débouché sur les solutions et hélas le gouvernement n'a pas repris l'essentiel de ces propositions donc c'est pour ça que je pense qu'il faut foutre un coup de pied dans la fourmilière j'ai dit tout à l'heure qu'il y avait une primaire populaire voilà on a tout fait pour être clair il y a des moments où Valérie dit qu'elle parle à titre perso donc moi aussi je parle comme citoyen on a tout fait depuis quatre ans pour qu'Emmanuel Macron et son équipe fassent des choses sur le climat et la biodiversité
c'est quoi la prochaine étape c'est une radicalisation de Pierre ?
non non au début on y a cru quand il a créé le Haut Conseil pour le climat quand il a fait le One Planet Summit je me suis dit je ne suis pas d'accord avec sa politique économique et fiscale mais sur le climat il va faire des choses et là on a vu que même quand 150 citoyens font des propositions très concrètes Emmanuel Macron avait promis il avait promis qu'il allait reprendre 146 propositions et même le Conseil d'Etat dit qu'il n'a rien repris vous avez vu que le Conseil d'Etat a deux reprises dit qu'on est complètement à côté de la plaque donc je pense qu'il faut que cette équipe qu'on arrive à faire une équipe il y a une primaire populaire tous ceux qui nous écoutent vous pouvez aller sur le site primairepopulaire.fr si on n'arrive pas à se rassembler on n'arrivera pas au mois d'avril prochain les élections présidentielles on peut dès le mois de mai faire un sommet européen extraordinaire ce sera la présidence française je rappelle je suis député européen rapporteur général du budget j'étais encore ce matin à Bruxelles avant de revenir pour vous rencontrer donc je suis persuadé et c'est la France qui bloque quand tu m'avais donné la parole j'avais montré même la lettre du ministre autrichien des finances pourtant un homme de droite qui disait que l'Autriche était d'accord pour taxer la spéculation mais que si c'était la version française qui l'emportait l'Autriche se retirait de la salle des négociations si j'ai fait ma grève de la faim c'était parce que tout le monde dit c'est la France qui bloque 4 à 4 reprises en un mois de sauver l'honneur non non pardon je m'en fous de sauver l'honneur je veux faire bouger les choses des dirigeants allemands m'ont dit Pierre on est d'accord le conseiller le conseiller climat d'Angela Merkel qui me dit Pierre ça n'est pas d'insister je suis un fan de la taxe sur la spéculation je vous rappelle que Merkel en 2014 est allée à Londres pour dire aux anglais arrêtez votre veto il faut créer la taxe sur la spéculation Angela Merkel aurait voulu un accord sur la taxe sur la spéculation et c'est la France qui a bloqué donc si on arrive à avoir la primaire populaire si on arrive à se rassembler je ne sais pas si je vais gagner ou si je ferai numéro 3 ou numéro 8 il faut une équipe il n'y a aucun homme ou aucune femme providentielle il faut faire une équipe avec un projet très clair et dire si on gagne au mois d'avril dès le mois de mai on fait un sommet européen on habite tous les chefs d'état européens dans la maison de Jean Monnet on prend trois jours et tous les sujets qui étaient bloqués par la France comme la taxe sur la spéculation ou comme la sortie des énergies fossiles on donne un nouveau départ à l'Europe et dès le mois de juillet on fait voter la loi climat qui a été préparée par la convention citoyenne on reprend l'intégralité on reprend l'intégralité des propositions proposées par la convention citoyenne parce qu'on aura eu des accords sur un financement et on sait que l'argent va arriver au bout d'un an donc moi j'y crois et vraiment j'ai tout fait si j'étais méchant je montrerais les sms qu'Emmanuel Macron m'a envoyé je crois à ton projet voyons-nous très vite
mais pas quand on va prendre son numéro de téléphone
je ne le donnerai pas mais voilà donc maintenant il y a des pays où les gens se font tuer pour avoir des élections démocratiques nous on est d'un pays où il y a des élections démocratiques donc on en profite on est nuls je l'ai dit l'autre jour j'étais dans une réunion avec Yannick Jadot avec Hidalgo avec Julien Bayou avec Olivier Faure je leur ai dit mais on est nuls à chier désolé d'être vulgaire mais je leur ai dit on est nuls nos enfants vont nous détester nos enfants vont nous jeter des cailloux si on n'est pas capable de se rassembler et d'avoir une autre politique
ouais donc là c'est un autre sujet c'est pas un sujet scientifique c'est un sujet d'implémentation finalement de projet c'est toujours intéressant
d'avoir une scientifique citoyenne
moi je lis toujours attentivement les programmes les promesses électorales à mon angle au climat je l'ai lu pour les régionales pour les municipales je vais le lire pour les présidentielles avant d'allumer le feu
c'est sympa
j'ai un espoir c'est que les journalistes politiques qui vont interviewer tous les candidats il y en a plein en fait il y en a une pléthore ils leur posent des questions très précises par rapport à leur plan d'action concret pourquoi ? parce que la France elle s'engage comme l'Europe avec à atteindre la neutralité carbone à horizon 2050 c'est quelque chose qui est important mais la question c'est pour que ça se produise il faut démarrer maintenant
je peux te stopper ?
oui
ok un exemple tous ces tombraux d'argent public qui ont été donnés à des entreprises pour déployer des projets de recaptation de CO2 il n'y a pas un kilo qui a été depuis 5 ans il n'y a pas un kilo qui a été recapté alors tout l'argent parce qu'il y a beaucoup de bullshit washing autour de l'écologie le chiffre d'affaires Tesla qui est intimement lié au crédit CO2 qui vend sur les marchés toutes les boîtes qui font des pseudo innovations pour le climat il y a beaucoup de bullshit ça va même pour les fausses les fausses lessives de machines à laver l'état il va faire quoi ?
un autre exemple dans 2 ans l'Union Européenne va imposer aux pays et aux entreprises qui ont plus de 250 salariés de publier leurs informations sur la consommation d'eau la consommation électrique tu as vu la même chose d'accord moi je te dis secret des affaires je ne veux pas publier ma consommation d'eau parce que secret des affaires ça va donner des éléments pour que mon concurrent me déboite sur les marchés alors qu'est-ce qu'ils vont faire les scientifiques et les politiques ils vont faire quoi ?
ils vont appeler les scientifiques ils vont dire maintenant vous allez contrôler ce que publient les entreprises qui ont l'habitude de pipoter autant que sur leur bilan et j'en passe on va faire quoi ? les politiques ils vont attendre ils vont faire des petites lois qui ne vont jamais pouvoir être respectées et est-ce qu'à la fin on ne va pas se retrouver avec une dictature verte ? est-ce qu'on ne va pas se retrouver avec une société complètement totalitaire ?
parce que là c'était la belle fête on avait la calorie accessible facilement l'eau accessible facilement les transports accessibles facilement les soins tout facile et là on va se retrouver la mer se recule même si le niveau des océans monte mais la mer se recule et on est tous en short nos infrastructures ne sont pas prêtes à encaisser le choc à très court terme nos infrastructures de transport nos infrastructures financières nos infrastructures alimentaires et j'en passe moi quand je vous écoute je trouve ça aussi pertinent qu'un filet d'eau tiède c'est-à-dire vous avez des données qui sont vraies tous les deux des constats qui sont vrais mais vous n'êtes pas assez radicalisés il faut arrêter de faire des rapports le sixième rapport là on est au courant qu'on est sur un scénario complètement morbide donc arrêtez de faire des rapports faites une grève de la faim au GIEC vous arrêtez tous de becquer et puis in fine c'est ce qui va arriver
alors moi ma position c'est de miser sur l'intelligence collective et je vais le dire franchement non non je le dis franchement il y a un intérêt sur ces enjeux pour s'approprier les éléments dans tous les secteurs d'activité ils ne sont pas foutus de respecter
le code de la route
non non je recommence il y a un intérêt qui est croissant c'est-à-dire autant il y a une lenteur des élus de certains aspects politiques pour s'approprier ces éléments et construire une vision l'intégrer à une vision avoir des projets ambitieux de transformation autant dans l'ensemble de la société civile pour moi ça bouge de tous les côtés j'interviens dans des écoles d'ingénieurs j'interviens dans des universités dans des écoles dans différentes formations c'est incroyable en fait
l'envie d'agir la dernière fois que tu as été intervenu sur l'université de Gros-de-Noble tu as fait 14 000 vues
l'envie d'agir après l'autre chose
il y a 3 mois
les sollicitations qu'on a pour ce nouveau rapport du GIEC moi j'étais là pour ça tu m'as invité pour ça les sollicitations c'est dans le secteur des entreprises et pas simplement parce qu'il y aura des inventaires à faire parce qu'il y a un tas de gens dans les entreprises qui veulent que ce soit pas que du greenwashing quelque chose qui fait joli mais quelque chose de structurant pourquoi ?
parce que ce dont on parle et en particulier en Europe c'est des transformations dans tous les secteurs d'activité l'énergie les infrastructures dans les villes c'est également des transformations complètes dans les systèmes agricoles et alimentaires profondes et puis c'est des enjeux en fait de compétitivité des entreprises c'est-à-dire celles qui vont arriver avec des choses crédibles sérieuses qui permettent des avancées majeures elles seront aux avant-postes
est-ce que la compétitivité c'est pas toxique pour le climat ?
pour ça c'est-à-dire la performance du service qui est rendu je parle pas de purement rentabilité financière ou économique mais le développement d'un service nouveau c'est quelque chose qui va bien sûr créer des opportunités importantes l'autre pression dans les entreprises et on me l'a dit à de très nombreuses reprises c'est la capacité à garder les gens brillants c'est-à-dire si une entreprise elle contribue à émettre toujours plus de gaz à effet de serre en cachant ça derrière des trucs jolis ça se voit en fait ça se voit ça se voit de plus en plus clairement et dans ce cas-là les gens qui cherchent un sens à leur travail ont envie de mettre leurs compétences leur énergie leur dynamisme au service d'autres choses ils cherchent en fait à porter des solutions et si dans une entreprise il reste que les mercenaires c'est-à-dire ceux qui restent là parce qu'ils sont payés ça marche nettement moins bien
ça marche nettement moins bien
et donc et donc ce que je veux dire je ne fréquente pas de partis politiques en fait de mon côté à Nouvelle-Dôme
on n'a que des gens convaincus mais ce que je voulais dire là-dessus voilà
mais ce que je voulais dire là-dessus c'est qu'il y a un rôle bien sûr pour l'action politique il y a un rôle au niveau européen il y a un rôle au niveau national il y a un rôle au niveau des régions au niveau des villes il y a un rôle important les leviers d'action ne sont pas les mêmes par exemple les régions elles ont vraiment un rôle de chef de file de l'action pour le climat par rapport à la formation par rapport aux investissements au transport aux politiques économiques au niveau européen il y a un enjeu qui est important c'est aussi celui des échanges internationaux et du fait de rentrer la question climat dans les traités commerciaux internationaux et c'est particulièrement important pour la France parce que nous en fait on a beaucoup désindustrialisé beaucoup perdu l'emploi associé à ça et si on prend les émissions de gaz à effet de serre par personne en France quasiment la moitié donc nos émissions c'est en gros 10 tonnes de CO2 équivalent par personne et par an ça baisse sur la partie nationale mais sur l'empreinte nette quand on regarde ce qu'on importe de pays qui produisent les choses avec du charbon ça stagne donc la question d'exercer
je suis là juste pour porter les graphiques
et on a des leviers d'action par exemple dans les entreprises s'ils rendent plus transparent l'empreinte associée aux chaînes de valeur s'ils exercent des pressions sur leurs partenaires commerciaux en Europe de l'Est ou en Asie ça a un effet s'il y a des règles commerciales s'il y a une fiscalité par exemple aux frontières alignées avec l'accord de Paris sur le climat par exemple ça peut avoir un effet qui est important il ne faut pas le sous-estimer il ne faut pas sous-estimer en fait la capacité aussi des entreprises à porter des transformations mais le cadre réglementaire le cadre fiscal il est bien sûr très important et tu as mis le doigt sur un truc fondamental on a parlé tout à l'heure du fait que agir pour le climat ça coûte cher ça demande des ressources ça demande des investissements mais d'un autre côté ne pas agir laisser l'évolution du climat toutes les analyses montrent que ça va être un démultiplicateur des inégalités c'est un peu comme
réduire les lits d'hôpitaux avant une pandémie c'est ça non ? si j'ai bien compris pas que c'est moins immédiat
je dirais c'est plus structurel
c'est réduire les lits d'hôpitaux et laisser les infirmières à 1500 euros
c'est ça ? c'est dégoûter les gens d'être infirmières
voilà
par exemple oui donc en fait la question c'est si on n'agit pas pour maîtriser l'ampleur du changement climatique c'est clair que ça va exacerber les inégalités partout dans le monde et en tout premier lieu dans les pays de la bande tropicale où les effets aujourd'hui sont les plus forts en fait c'est là où on est déjà sortis de la variabilité naturelle pour pas mal de choses et après donc la question c'est vraiment comment on arrive à mener des transformations profondes structurantes qui soient justes qui soient justes qui soient perçues comme justes ça ça demande aussi des modalités de prise de décision différentes ça demande des processus par exemple participatifs c'est pour ça que moi j'ai bien aimé l'exemple de la convention citoyenne pour le climat il y a eu l'équivalent au Royaume-Uni il y a eu l'équivalent en Irlande l'assemblée citoyenne et ce qui est frappant c'est qu'à chaque fois quand on fait ça et c'est aussi le cas dans plein de régions des citoyens de tous horizons politiques qui représentent un peu la société dans toute sa diversité en fait de formation d'avis de lieu de vie de revenus de tout le reste l'envie d'agir par rapport aux choses qui tiennent au coeur des gens ce qu'ils ont envie de conserver ce qu'ils ont envie de transmettre ce qu'ils sont prêts à changer c'est nettement en avance par rapport à la tièdeur des promesses politiques et puis de leur réalisation c'est quelque chose qui est très frappant
ce changement de paradigme je le vois différemment là en venant j'ai vu un gamin de 14 ans pieds nus en train de faire la manche j'ai vu un bidonville dans le nord de Paris j'ai vu je ne sais pas combien de chiens abandonnés j'ai vu je ne sais pas combien d'infractions est-ce que notre société elle n'est pas trop violente pour prendre conscience de ça est-ce que nous notre société occidentale on n'est pas trop intoxiqué par les énergies fossiles par la cupidité la télé-réalité et les connards qui vont faire d'évasion fiscale au Qatar des influenceurs j'en passe et des meilleurs est-ce qu'on n'est pas tombé dans comment formuler ça une société tellement schizophrénique que voir un Pierre Laroutou ou une scientifique renommée nous dire les choses en face en fait ce soir il y a le nouveau messie et il y a le nouveau machin
non je crois enfin vas-y je crois que non non je crois que je me fais l'avocat du Gabriel d'exprès mais je crois si moi je reste un petit peu optimiste je crois qu'on est des millions à vouloir vivre autrement et effectivement se dire visiblement ça ne va pas venir des grands chefs donc prenons nos responsabilités si un jour tu viens me voir au Parlement européen derrière moi j'ai une très belle photo du mur de Berlin qui est en train de tomber et j'ai fini mes études à Sciences Po en avril 89 et le plus grand spécialiste de l'Allemagne nous a dit que le mur de Berlin était encore là pendant 50 ans c'est à Sciences Po ça non ? pardon ?
c'était à Sciences Po et donc il en était persuadé le mur de Berlin n'allait pas tomber avant 50 ans et 5 mois plus tard le mur de Berlin est tombé mais ce n'est pas Gorbatchev ou El Moutoel qui l'ont décidé c'est des citoyens et la photo est magnifique on voit des jeunes et puis quelques moins jeunes mais qui font tomber le mur de Berlin parce qu'ils avaient marre de ce mode de vie ils voulaient vivre libre et je crois qu'on est des millions à lire à comprendre ce que dit le GIEC mais aussi à voir les canicules qui se répètent à voir qu'on va vers un monde vers le chaos alors qu'on pourrait vivre heureux on a tout pour vivre heureux et qu'il y a un choix à faire et visiblement ce n'est pas nos dirigeants qui vont le faire donc il faut qu'on les pousse et qu'on profite je le répète des prochaines élections
alors Valérie
juste pendant tout à l'heure je n'ai pas répondu quand on est dans un monde de plus en plus violent de plus en plus en compétition si la France est la seule à bouger d'abord je rappelle quand même que la France et l'Europe c'est quand même une des deux premières puissances économiques mondiales donc si nous on le fait c'est quand même pas marginal et je crois que la question du climat est peut-être la meilleure façon de parler de fraternité de façon très concrète ça m'a frappé au dernier sommet climat là il y a bientôt Glasgow le grand sommet mais à Madrid il y a 18 mois c'était émouvant de voir des femmes malgaches qui parlent avec des Irakiens avec des Israéliens avec des Indiens des Chinois des gens de tous les milliers le climat est le seul truc qui intéresse aussi bien des gens archi riches qui ont des maisons à 3 millions à Los Angeles et des pauvres du Bangladesh parce que tout le monde est concerné par le climat personne ne peut se dire moi ça ne m'arrivera jamais les 700 personnes qui sont mortes au Canada il y avait des pauvres il y avait des riches donc je crois que le climat est peut-être le seul truc agir ensemble pour le climat c'est peut-être le seul sujet qui peut rassembler des Israéliens des Palestiniens des Chinois des Indiens voilà on continuera à avoir des tensions mais ça peut être un objectif qui nous rassemble et je pense que
il y a un objectif qui te dîne la tête non non je comprends ce que tu dis je comprends ce que tu dis et en même temps ce que je vois aussi c'est il y a pour moi une prise de conscience mondiale pas simplement parce qu'il y a des rapports scientifiques mais aussi parce que les gens ils voient la réalité des effets d'un climat qui change et il y a également une prise de conscience que même si on a des revenus élevés même si on est dans un pays plus riche qu'un autre on est concerné aussi et on n'est pas prêt voilà donc il y a cette prise de conscience qui est là partout je pense et souvent ce qui manque c'est quand on a envie d'agir comment agir comment agir de manière efficace comment agir pas seul mais de manière collective donc ce que tu décris c'est un des exemples d'un cadre qui permet d'agir ensemble il y a eu plein de jeunes qui ont été marchés il y a quelques années dans les rues des marches pour le climat etc et quand je rediscute avec eux ce qu'ils me disent c'est maintenant nous on veut des compétences on veut avoir un cadre professionnel où on n'est pas simplement en train de marcher et puis dire ça va pas mais on apporte des solutions concrètes donc la difficulté c'est d'arriver à coordonner ça à le rendre visible pour surmonter l'espèce d'inertie que tu décris et autant il y a quelques années il y avait des discours de déni par rapport à l'ampleur des enjeux climat c'est encore là pour la biodiversité pourtant les enjeux sont considérables il y a encore des discours de déni de l'importance de garder des écosystèmes en bonne santé mais ce qu'on voit de plus en plus c'est des discours d'inaction c'est-à-dire c'est trop difficile il faut attendre que des technologies soient là il faudrait des solutions politiques parfaites donc on a en fait à surmonter ces discours d'inaction qui sont de plus en plus présents j'ai été très frappée quand j'ai sur les réseaux sociaux sur Twitter j'ai partagé certains aspects du rapport du GIEC et puis il y a eu un article dans Le Monde d'un journaliste scientifique qui a fait de la provocation en disant mais à quoi ça sert il faut démenter le GIEC à quoi il sert puisque finalement ça fait 30 ans qu'il y a des rapports et puis les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter donc j'ai posé la question est-ce que vous l'utilisez ?
j'ai eu peu de réponses du monde politique mais beaucoup de réponses de citoyens d'enseignants de personnes qui travaillent dans plein de cadres professionnels différents qui disent oui moi j'utilise ça j'utilise ça parce que je veux comprendre les enjeux je veux savoir à quoi m'attendre je veux pouvoir anticiper je veux pouvoir en tenir compte dans ma vie professionnelle ça c'est nouveau c'était pas le cas il y a 5 ans c'était pas le cas il y a 10 ans et de la même manière c'est un pouillème non je pense qu'il y a un mouvement de fond il y a un mouvement de fond mais avec encore des effets de génération par exemple les plus jeunes parfois on grandit avec ça ils ont baigné dedans en fait pour eux c'est une évidence mais pour certains qui sont en fait beaucoup aux manettes c'est encore quelque chose qui est un peu à la périphérie des priorités des enjeux importants stratégiques de prise de décision et ce qu'on voit aussi c'est que que ce soit au niveau des élus que ce soit au niveau des décideurs dans les entreprises en fait ceux qui arrivent qui l'intègrent vraiment dans leur vision des choses et qui s'entourent des gens brillants ils arrivent à changer les choses très vite donc c'est pour ça que je dis moi je crois vraiment à cette forme d'intelligence collective qu'on a vu aussi dans le contexte de la pandémie quand on a bien vu que la préparation de l'état n'était pas là il y a plein de gens en fait qui se sont entraînés qui ont trouvé des solutions à un tas de problèmes nouveaux ensemble et donc moi je crois beaucoup à ça mais je crois aussi que si on avait des journalistes politiques mieux formés sur les questions climat qui posent des questions pertinentes aux personnalités politiques qu'ils interrogent pas simplement le blabla mais concrètement le plan d'action à un an à deux ans quel objectif pour la baisse des émissions de gaz à effet de serre est-ce que les lois elles tiennent le cap des engagements qu'on s'est donné ou pas ça ferait monter le niveau d'exigence pour tout le monde et cette année c'est particulièrement critique
tu es en train de me dire que les journalistes en fait n'ont pas leur boulot
sur les journalistes politiques qui interrogent les personnalités politiques sur leurs promesses leurs engagements les plans d'action non sur le climat non
je te rassure sur l'économie c'est pareil Pierre ça te fait rigoler
non ça me fait pas rigoler parce que là c'est effectivement si on entend dans certains médias mainstream c'est essentiellement la petite phrase c'est Darmanin qui répond à la petite phrase de Valérie Pécresse pour foutre de l'huile sur le feu et on oublie les grandes questions fondamentales alors que chez les français je répète ce que dit Valérie il y a une perception la question du climat j'ai vu une enquête un peu sérieuse auprès de 30 000 personnes qui dit qu'après la question de le virus et la santé la question du climat et le problème numéro bien devant même si les problèmes de sécurité sont importants donc il y a une perception et je répète d'un pays de plus en plus morcelé c'est sans doute un des sujets qui peut si on agit qui peut rassembler tout le monde il y a 3 ans avant d'être député européen on avait fait un événement à Jussieu pour présenter des juristes avaient rédigé le traité européen qu'on veut pour créer une banque du climat que l'argent de la banque centrale au lieu d'aller à la spéculation on voulait créer une banque du climat et on voulait avoir des ressources pour aider chaque famille et chaque collectivité on était 1000 personnes à Jussieu il y avait aussi bien Alain Juppé ou Laurence Parizeau du MEDEF que les gens d'Alternatiba ou les patrons des syndicats le conseiller du pape on avait ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas on avait des jeunes et des vieux avoir en même temps Alain Juppé Laurence Parizeau et des syndicalistes de Sud ou d'Alternatiba c'était pas évident il n'y a que le climat et il n'y a que le climat je pense qu'on est d'un pays très morcelé où les gens sont inquiets pour leur avenir au lieu de s'engueuler sur chaque sujet on pourrait se rassembler avec un vrai plan d'action pour le climat et la biodiversité mais ça suppose qu'on ait des financements et du coup si on a des vrais financements ça peut être une bonne nouvelle parce que beaucoup de politiques nous disent oui bien sûr le climat mais vous comprenez il y a une demande de justice sociale il faut qu'on choisisse ben non du schnock il ne faut pas choisir agir pour le climat est une façon d'améliorer de faire du progrès social aujourd'hui j'ai été je voyais un monsieur qui vit c'est très intéressant ce que tu dis sur la justice sociale pardon je voudrais donner mon exemple très concret je peux casser un peu la fête
d'accord donc la justice sociale la coopération entre les nations l'entraide la fraternité ça ça marche quand on mange facilement
je te parle de choses très concrètes pardon j'étais à Mulhouse l'autre jour avec une dame qui vit avec le RSA et qui m'a expliqué comment chaque fois que quelqu'un sonne chez elle elle a peur de se faire foutre dehors Isabelle c'est un scandale ça je n'ai jamais pensé qu'il fallait choisir entre le climat et la biodiversité et la justice sociale
elles en sont arrivées à ce niveau là
mais non mais parce qu'il ne faut rien sur les deux sujets parlons franchement ça fait 30 ans que je suis engagé sur les questions sociales le niveau du débat sur les questions économiques et sociales est aussi pauvre quand Antoine Riboud en 1993 le patron d'Anon a dit qu'il faut passer à 4 jours sans étapes intermédiaires c'était quand même un des plus grands patrons d'Europe en 1995 Jacques Chirac va chez Brioche-Pasquet en disant ce qu'il se fait chez Brioche-Pasquet la semaine de 4 jours pourquoi ça ne se fait pas ailleurs en 1995 à la une des journaux il y a le rapport Boissonna qui dit qu'il faut baisser de 20% le temps de travail et encore aujourd'hui le président de la République nous dit qu'il faut travailler plus c'est atterrant le niveau quand on voit les gains de productivité personne ne peut croire qu'il faut travailler plus et la meilleure façon de sauver les retraites la meilleure façon de sauver les retraites j'espère que Bruno Le Maire nous regarde au lieu de baisser les retraites c'est d'avoir un vrai plan pour le climat mettre le paquet sur l'isolation des bâtiments et les transports en commun on peut créer 900 000 emplois en France 900 000 et relancer la négociation sur les 4 jours tu disais que chez Brioche Pasquier chez Mami Nova chez Fleury Michon il y a des centaines plus de milliers de salariés qui sont passés à 4 jours sans baisser les salaires parce que l'entreprise si elle passe à 4 jours et qu'elle crée des emplois au moins 10% d'emplois derrière de payer les cotisations en chômage et si on a toutes les entreprises en France qui en quelques années passent à 4 jours avec le financement qu'on propose on peut créer 1 600 000 emplois donc un vrai plan climat l'ADEME dit qu'on peut créer 900 000 emplois sur tous nos territoires 900 000 emplois avec le climat et 1 600 000 emplois avec la semaine de 4 jours tu crées au total 2 500 000 emplois 2 500 000 emplois des vrais emplois et ça te fait 2 500 000 personnes qui ne sont plus au chômage et qui vont cotiser pour les caisses de retraite donc il y a deux façons radicalement différentes d'arriver à l'équilibre des retraites soit tu diminues les retraites de tout le monde des retraites une réforme courageuse comme dit Bruno Le Maire soit tu crées 2 500 000 emplois et tu as plutôt un excédent des vrais emplois je reviens sur la justice sociale pardon j'aimerais quand même placer cet exemple je sais que le dernier qui m'a fait le coup il sèche dans la cave il sèche dans la cave j'ai 30 secondes excuse-moi Sky parce que ça m'énerve vraiment y compris au Parlement européen des gens qui m'expliquent bien sûr le climat mais d'abord la justice sociale et en fait ils ne font souvent ni l'un ni l'autre je prends cet exemple de ce monsieur qui vit dans HLM qui depuis 15 ans était dans HLM et qui me dit depuis 3 ans ça y est on a isolé notre HLM et bien on a moins chaud l'été on a moins froid l'hiver et je gagne c'est lui qui parle je gagne 800 euros chaque année pour mes dépenses de chauffage voilà donc ça crée de l'emploi c'est bon pour la planète ce monsieur dit que c'est confortable et qu'il gagne pour sa famille 800 euros et la question est d'abord comment on le finance parce que le maire de la commune me dit j'espère que tu vas gagner ta bataille au niveau européen parce qu'on peut faire des trucs qui sont géniaux mais on en fait 3 ou 4 chaque année alors qu'on voudrait en faire 30 et donc si on arrive à créer la taxe et je le répète je le répète s'il y a une primaire populaire et qu'on arrive à se rassembler au lieu de jouer chacun dans son coin de façon suicidaire et qu'on gagne le pouvoir je continue à penser qu'on peut gagner le pouvoir en avril prochain on fait un sommet européen extraordinaire au mois de mai ce sera la présidence française et en mai on aura débloqué la négociation sur la taxe sur la spéculation ou sur un impôt sur les milliardaires et un an plus tard l'argent arrive le secteur du bâtiment aura le temps de former des gens si on sait qu'il y a de l'argent qui arrive pendant 20 ans le secteur du bâtiment pourra recruter des gens
je ne fais pas ton politique laisse moi parler
il faut dire qu'il y a de l'espoir il y a plein de gens qui se disent c'est foutu je pense qu'il y a de l'espoir
je vous pose une question à tous les deux croissance ou décroissance Valérie
en fait sur la partie sur la partie climat les évaluations qu'on fait nous elles sont vraiment à vocation mondiale et quand on regarde au niveau mondial il y a une immense partie des gens qui ne vivent pas dignement qui n'a pas un accès minimum à l'énergie qui ne disposent pas des infrastructures de santé donc il y a un besoin de croissance pour que chacun puisse vivre dignement et pour moi la question de fond ce n'est pas la question de la croissance en tant que telle c'est la question de la redistribution des richesses produites la question de la redistribution pour réduire l'extrême pauvreté c'est d'ailleurs en fait une question qu'on nous avait posée quand on a fait le rapport du GIEC qui portait sur 1,5 degré qui était le suivant qu'est-ce qu'on gagne si on limite le réchauffement à un niveau très bas qu'est-ce qu'on gagne par rapport à des impacts évités on comprend bien que l'investissement l'effort sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre c'est brutal dans ce cas-là c'est vraiment une baisse c'est des changements très rapides dans tous les secteurs d'activité et qu'est-ce qu'on gagne en termes de soutenabilité premier objectif d'un développement soutenable c'est éliminer l'extrême pauvreté c'est agir contre l'insécurité alimentaire c'est donner l'accès à l'eau à tout le monde c'est préserver la biodiversité marine qui te tient à coeur et terrestre voilà et donc quand on regarde un changement climatique non maîtrisé ça fout tout en l'air c'est clair sur tout ce qu'on appelle soutenabilité les choses actuellement critiques sont exacerbées si on agit de manière intelligente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour protéger les plus vulnérables et les plus pauvres en fait on peut construire un développement soutenable vraiment soutenable et ça c'est pas une question de croissance ou de décroissance c'est pas une question de croissance ou de décroissance c'est comment on mesure l'efficacité des politiques publiques et c'est pas seulement le PIB voilà et en France on a un certain nombre d'objectifs sur le développement soutenable qui en entend parler est-ce qu'on en prend est-ce qu'on en tient vraiment compte avec l'académie des technologies des sciences et de l'agriculture on a passé en revue par exemple les effets de la pandémie sur cela on a passé en revue les réponses à la pandémie sur cela et ce qu'on montre en fait c'est que c'était pas assez pris en compte c'est évident la pandémie elle le montre de manière très claire qui était le plus directement affecté par exemple les travailleurs saisonniers les pauvres les travailleurs saisonniers dans le secteur agricole
les livreurs Uber
voilà les gens qui sont les plus précaires qui n'ont pas pu se protéger qui étaient en première ligne on l'a vu de manière évidente et de l'autre côté au niveau mondial si on n'arrive pas à donner l'accès aux vaccins en particulier dans toutes les régions du monde on s'en sortira pas non plus donc la pandémie le montre et la question du changement climatique elle le montre aussi en première ligne c'est pas pour moi une question de croissance ou décroissance c'est une question de comment permettre à chacun de vivre dignement sachant qu'aujourd'hui en France il y a un facteur 4 en gros des émissions de gaz à effet de serre entre les 10% les plus démunis et les 10% les plus aisés donc c'est évident que la question de l'effort du juste partage de l'effort c'est quelque chose de fondamental moi je suis physicienne c'est pas moi qui peux apporter des réponses précises à la manière de faire mais les économistes par exemple quand ils analysent la possibilité d'agir s'ils ne prennent pas en compte les effets de redistribution ils vont se planter ils vont se planter comme on l'a vu avec la fiscalité sur les carburants ça ne peut pas marcher donc cette question en fait des inégalités de ce qui est juste perçu comme juste c'est quelque chose qui va être critique en fait dans la manière d'aborder les questions climat de plus en plus et moi je termine juste en disant moi j'ai un sentiment d'urgence j'ai un sentiment d'urgence parce qu'en fait on court derrière le changement climatique il est là il s'accentue il est comme on l'avait anticipé depuis longtemps en fait en science du climat mais il est là les pertes et les dommages c'est croissant et donc ça va prendre aussi des capacités d'action une partie de plus en plus grande donc plus on retarde l'action plus on sera le dos au mur et plus ce sera compliqué d'agir aussi sur la cause du problème c'est à dire les émissions de gaz à effet de serre l'action c'est sort du rêve
donc mettre une population en mouvement il faut les faire rêver ou les mettre derrière un dictateur oui donc attendez je ne suis pas d'accord en fait oui mais je suis très content d'ailleurs de toute façon on va pouvoir en discuter donc l'action sort du rêve qu'est-ce qui fait rêver en ce moment c'est de ne pas crever ou de vivre d'une façon différente et donc je rebondis sur un commentaire d'internet que font-ils pour garder le moral car personnellement toutes ces mauvaises nouvelles me dépriment quel guide pour faire les bons gestes au quotidien alors de ce point de vue là comment vous faites pour garder le moral quand on voit des politiques stupides quand on voit une inaction tout le temps qu'il n'y a pas de rêve que la marge de manœuvre est aussi grande qu'un trou de souris
il faut que je précise que depuis trois ans je suis à fond moi dans le fait de faire cet état des lieux scientifiques j'ai travaillé avec 234 chercheurs brillants de 65 pays absoudre son âme non non je veux juste dire ça ils ont passé en revue 14 000 publications scientifiques il y a eu plusieurs phases de relecture on a reçu plus de 78 000 commentaires c'est vraiment une oeuvre collective en fait avec le regard critique qui est essentiel parce que c'est ce qui permet d'être rigoureux exhaustif transparent donc moi j'étais dans cette dynamique là en fait pandémie on passe en virtuel on nous dit que c'est pas possible on y arrive des choses qui étaient perçues comme impossibles par exemple ne serait-ce que pour le GIEC faire nos réunions virtuellement on l'a fait l'approbation de notre rapport 195 pays leurs représentants des centaines de personnes on regarde ligne par ligne mot par mot figure par figure et en fait ce qui en sort c'est encore plus fort que ce que nous on avait rédigé au départ parce qu'on a rajouté des éléments deux semaines en virtuel on nous avait dit que c'était pas possible on l'a fait voilà par exemple les gens plus expérimentés qui pensaient que pour pouvoir s'accorder sur quelque chose on avait besoin de voyager d'un continent à l'autre et d'être dans la même pièce
ils étaient vieux
parce que c'était leur habitude voilà
ils étaient vieux
c'était leur habitude et donc la question c'est quand on a un choc on peut faire autrement on peut se réinventer on peut faire les choses et on peut les faire ensemble autrement et intelligemment ça prend plus de temps il faut beaucoup se coordonner il faut bien planifier mais ça peut être fait donc qu'est-ce qui me donne de l'énergie pas de l'optimisme de l'énergie c'est cette intelligence collective avec laquelle j'étais en prise tout le temps c'est le fait d'arriver à surmonter pas mal d'obstacles ensemble c'est quand on met en place des pratiques qui sont inclusives qui font que chacun se sent légitime quelle que soit son expérience son genre sa langue natale qui puisse s'exprimer participer en fait on voit vraiment un résultat qui est bien meilleur voilà donc moi c'est ça qui m'a porté pendant trois ans après est-ce que je suis optimiste ?
je suis particulièrement lucide sur l'ampleur des enjeux je les vois très clairement partout dans le monde mais je suis aussi responsable dans ma vie personnelle je mesure mon empreinte carbone j'agis c'est pas toujours évident il y a parfois des choix qui sont difficiles à faire des priorités des choses comme ça
c'était quoi le dernier ?
en fait les choix récents c'est je suis devenue végétarienne il y a quelques années parce que sur mon alimentation j'arrivais pas à agir autrement ben voilà c'est pas forcément compris c'est pas forcément évident dans une vie de famille et puis c'est voilà on a une vieille voiture qui a 12 ans on doit la changer qu'est-ce qu'on prend on a parfois des grandes distances c'est pas toujours facile et puis j'ai réussi à voir les chiffres sur un véhicule hybride rechargeable l'empreinte à la production j'ai calculé avec la manière dont on se déplace avec ma famille et on a réussi avec ce véhicule à la place d'un vieux à réduire en fait d'à peu près 30% à 40% les émissions de gaz à effet de serre associées à nos transports même problème
j'ai pas le même constat que vous si si
et le surcoût de la petite batterie ça a été effacé en 6 mois
120 kg c'est ça 120 kg ?
non c'est 700 kg de CO2 la batterie pour un véhicule rechargeable 50 km un peu profilé d'un constructeur français combien de kilos ?
700 kg de CO2 c'est le chiffre que m'a donné le constructeur pour la batterie d'accord de CO2 en tout cas c'est le chiffre que j'ai eu et qui est cohérent avec les chiffres que j'avais obtenus par ailleurs voilà donc c'est quelques exemples mais donc quand on veut agir de manière effective bien sûr il faut mesurer les gaz à effet de serre c'est invisible ça se voit pas quand on achète un produit on sait pas ce que ça fait donc il y a quelques outils l'ADEME met à la disposition des petits calculateurs qu'on peut utiliser dans sa vie de famille il y a des méthodes pour faire des bilans carbone dans le cadre professionnel on peut le faire à l'échelle d'une ville quand on gère des finances on peut avoir des outils de gestion verte en fait de la fiscalité des investissements on peut analyser le plan de relance de la France à l'angle de ce qui est positif ou négatif pour le climat on peut le faire sur l'ensemble des dépenses budgétaires en fait d'une année donnée et quand on a cette grille d'analyse ça guide la décision bien sûr sinon on est aveugle on peut avoir beaucoup de bonne volonté mais être aveugle
Juste une question je vous profite
parce qu'elle parle
d'un truc très intéressant le GIEC a pardon le GIEC a je suis en train de traduire la question en même temps en français parce qu'elle m'arrive en anglais Pose-la en anglais The IPCC released an interactive atlas showcasing pathway humanity and tech with global warming ranging from 1.5 to 4 degrees quel chemin on est à l'heure actuelle qu'est-ce que ça veut dire 4 degrés en plus et à quoi ça ressemble
Alors l'atlas interactif c'est un chouette outil parce que ça permet à quelqu'un qui a envie d'en savoir plus d'utiliser les informations scientifiques que nous on a évaluées donc les projections en particulier d'évolution future du climat sur des moyennes des indicateurs d'impact particuliers pas les conséquences mais les caractéristiques physiques région par région en fonction du niveau de réchauffement en fonction de l'horizon temporel les prochains 20 ans le milieu du siècle fin de siècle ou en fonction du scénario d'émission de gaz à effet de serre donc ça permet de récupérer les données ça permet de les visualiser de les manipuler et je pense que ta communauté elle peut être particulièrement intéressée nous on a besoin de relais on a besoin de gens qui s'approprient ces éléments et puis qui approfondissent les analyses et la communauté française en sciences du climat elle ne demande pas mieux en fait que de travailler davantage justement sur le partage des informations on a besoin de beaucoup plus de gens par rapport à ces données on a vu les trucs géniaux qui ont été faits pour la pandémie moi je rêve de choses similaires pour le climat qui permettent à chacun finalement de s'approprier ces choses là et donc où on en est ?
on en est avec des émissions mondiales qui ont augmenté une baisse transitoire éphémère de la pandémie qu'est-ce que ça va faire les plans de relance le rebond économique est-ce que ça va verrouiller des trajectoires fortement émissives est-ce qu'on va défendre mordicus les secteurs les plus pollueurs ce qui émet le plus de gaz à effet de serre quand on le produit quand on l'utilise est-ce qu'à l'inverse on va favoriser les choses transformatives qui vont permettre en fait d'avoir des entreprises qui vont rester dans la durée des emplois qu'on ne va pas délocaliser c'est une question qui reste ouverte sur les promesses qui avaient été faites en 2015 elles ne sont pas à la hauteur en fait si on veut vraiment réussir à limiter le réchauffement largement en dessous de 2 degrés ou près de 1 degré et demi il faut que les émissions elles commencent à diminuer maintenant pour aller vers net zéro pour le CO2 en 2050 ou 2070 en gros c'est ça la marge de manœuvre et les promesses qui avaient été faites elles impliquent que les émissions mondiales tout gaz à effet de serre confondue au lieu de continuer à augmenter elles stagnent jusqu'en 2030 donc la baisse elle n'est pas encore engagée mais on peut le faire on peut le faire en agissant plus vite les solutions elles sont là elles existent dans tous les secteurs le bâtiment l'agriculture l'industrie les transports ça existe en fait
est-ce que les organismes je te donne un peu juste après Pierre est-ce que les organismes de propagande officielle vous ont contacté genre les chrétiens les musulmans les juifs les bouddhistes est-ce qu'ils vous ont contacté pour en discuter ?
j'ai du mal à comprendre en fait la modalité exacte de la question
la modalité ça fait 2000 ans que l'église chrétienne romaine sont les maîtres de la propagande c'est la vérité si on peut faire passer à leurs oies et qu'il faut moins manger de viande ce serait bien non ?
alors sur ce côté là j'ai parfois des invitations à intervenir dans des cadres par exemple le Vatican de mouvements chrétiens alors moi pas le Vatican mais j'étais intervenue avec l'académie pontificale en fait qui est basée au Vatican lors de la conférence sur le climat en Pologne je suis souvent sollicité par exemple par des mouvements d'églises protestantes aussi plutôt en France j'ai des collègues dans d'autres pays qui travaillent sur le climat qui ont été sollicités par des mouvements religieux musulmans par exemple au Proche-Orient au Maghreb qui prennent très au sérieux cette question là voilà donc moi personnellement j'ai pas de religion c'est quelque chose qui est extérieur à ma propre
la science a tué Dieu mon propre rapport au monde vous n'avez pas d'amis imaginaires
mais par contre ce que je comprends c'est qu'il y a une dimension éthique il y a une dimension morale et finalement ce qui me frappe c'est que quelles que soient les convictions personnelles qu'on peut avoir sur des questions de vers quoi on veut aller ensemble ce qu'on veut préserver ce qu'on veut transmettre qu'on le voit comme le fruit d'une création qu'on le voit comme le fruit du hasard et de l'évolution il y a des choses qui nous rassemblent beaucoup plus que de choses qui peuvent nous diviser parfois
Pierre
nous on a été reçu par le pape je pensais répondre à la question sur la croissance non mais c'était assez émouvant parce qu'on a été reçu avec Camille Etienne avec Cyril Dion et le pape nous a dit qu'il fallait faire la révolution le pape nous a dit mais il faut tout changer qu'après 2008 après la crise de 2008 on avait dit qu'on allait tout changer on n'a rien changé et le pape c'est étonnant sa liberté de parole en expliquant qu'un système économique où l'argent domine tout où l'argent devient une idole où l'argent fournit à la cohésion sociale fournit à le climat la biodiversité il ne dit pas que c'est de la merde comme le dirait un adolescent mais le pape dit c'est le fumier du diable un système économique où l'argent
le fumier du diable
ça sent pas là c'est quand même dit bien mais ça dit et quand on l'a quitté il nous a dit mais il faut faire la révolution il faut effectivement tout changer donc je pense
il a eu sa fichesse il a eu sa fichesse on a balancé son IP son IP aux autorités
parce que non mais si je parle du pape et si tu poses la question c'est qu'effectivement on est sur une question spirituelle qu'on soit croyant ou pas croyant c'est est-ce que l'humanité va vers son suicide en le sachant on nous a dit à l'école qu'on a été des homos sapiens sapiens la branche la plus évoluée des primates mais parfois on se demande si on est des sapiens sapiens ou des débilus débilus parce qu'on sait qu'on va vers un suicide et c'est pas dans 3 siècles on espère tous être encore vivants dans 20 ans et dans 20 ans on vivra des scènes d'horreur le problème de l'accès à l'eau moi je pense et aucun climatologue ne m'a dit que je m'inquiétais pour rien je pense qu'il y aura des scènes d'horreur des scènes de violence absolue dans 20 ans et on se dira mais putain on nous l'avait dit c'est pas une surprise je suis désolé mais ils méritent des coups de bâton je suis vraiment un non-violent c'est pour ça que j'ai fait cette grève mais ils ont du sang sur les mains ils ont du sang sur les mains quand ils ne font rien contre le chômage je rappelle que le chômage tue 15 000 personnes chaque année l'Inserm dit que le chômage fait 15 000 morts en France et le dérèglement climatique on a parlé des travaux du GIEC mais l'OMM vient d'en tirer une étude qui dit que le nombre d'événements climatiques extrêmes a été multiplié par 5 en 50 ans et il y a des centaines de morts tous les mois question internet
est-ce que la bienséance et le ronron de ne jamais s'énerver nous empêchent de taper du poing sur la table pour exiger des changements des oligarques
je me suis tapé sur le front et tu m'as repris donc voilà je pense effectivement qu'ils n'ont aucune excuse que la violence n'est pas la solution à la castagne mais qu'il faut sans doute qu'on réfléchisse encore à des actions non violentes et surtout qu'on profite de la question non violente la plus efficace ce sont les élections on est dans un pays démocratique il y a une équipe qui aura eu tous les pouvoirs pendant 5 ans et qui manifestement je ne dis pas que c'est facile je ne dis pas qu'il y a une baguette magique mais quand il y a 150 citoyens qui ont travaillé par la convention citoyenne qui a travaillé pendant un an et demi qui débouche sur 149 propositions très concrètes Emmanuel Macron dit bravo il y en a 3 je sors mon joker mais il y en a 146 qui sont vraiment très bonnes je vais je vous promets je reprends les 146 propositions et qu'à la fin tout le monde dit qu'il n'a repris même pas 5% et le conseil d'état et le conseil qui dit non on n'est pas du tout à la hauteur et bien ça veut dire que ces gens là ont du sang sur les mains ça ne sert à rien qu'ils fassent des sommets extraordinaires pour dire qu'ils vont sauver la planète ou la biodiversité sur la question de la croissance tu avais posé la question d'abord je veux dire que j'étais d'accord à 100% avec ce qu'a dit Valérie et que j'ai bravo d'avoir commencé par les pays du sud parce que moi j'aurais commencé c'est comme un gros bourrin répondre pour les pays européens et je trouve que c'est important de dire que dans les pays du sud il y a un besoin effectivement de vivre mieux donc d'avoir un niveau de vie qui augmente ce qui ne veut pas dire une consommation de pétrole et de gaz plus importante c'est aussi pour ça que nous on veut un plan d'investissement massif et un nouveau partenariat avec l'Afrique mettre de l'argent et puis une nouvelle gouvernance parce que beaucoup d'Africains veulent avoir un niveau de vie qui augmente ça se comprend mais si c'est plus de pétrole
ils veulent arrêter de survivre ils veulent juste arrêter de survivre
il y a ça et puis il y a aussi le fait d'avoir un niveau de vie plus important ça dépend dans quelle zone l'Afrique tu es mais on peut avoir un niveau de vie plus important sans brûler plus de charbon et de pétrole en Afrique comme ailleurs on peut faire un travail de sobriété on peut avoir d'autres modes de cuisson d'autres modes alimentaires on peut avoir de la biomasse il y a tout ce qu'il faut comme ressources le soleil la forêt l'intelligence l'Afrique a toutes les ressources pour ne pas passer par la case pétrole et gaz comme l'Europe mais avoir un niveau de vie et un niveau de consommation d'énergie qui progresse sans faire je voudrais quand même sur la question de la croissance dire que dans nos pays je n'en peux plus de voir tous les dirigeants et je ne donnerai pas de nom pour ne pas vexer Bruno Le Maire mais qu'à chaque fois qu'on nous explique que ça y est la croissance revient mais je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer d'ailleurs le collectif Roosevelt avait fait une vidéo très drôle on voyait Raymond Barre qui faisait ça y est la croissance revient Pierre Moreau voilà la courbe de la croissance en France depuis 50 ans je suis désolé pour ceux qui me suivent depuis 25 ans je l'actualise voilà l'évolution de la croissance en France depuis 50 ans décennie par décennie on était à 5,6 voilà il faut être très optimiste pour penser que la croissance revient mais vous allez me dire un gros menteur vous allez me dire voilà vous allez me dire oui mais c'est pas en France l'état est obèse il n'y a pas de politique industrielle regardez l'Allemagne donc pour la première fois sur Thinkerview c'est là les nouvelles l'évolution de la croissance en Allemagne depuis 50 ans voilà la locomotive allemande la locomotive allemande voilà et comme rapporteur général du budget avant que le virus ne frappe j'allais deux fois par mois à Berlin et je me rappelle que la dernière conférence de presse du patron de la Bundesbank qui est Hans Weidmann juste avant Noël il y a presque deux ans il disait l'Allemagne en train de retomber en récession donc je rappelle pour Bruno Le Maire et autres ou pour Arnaud Montebourg qui nous dit qu'il suffirait d'avoir une politique industrielle il a raison il faut une politique industrielle il faut on s'est rendu compte que les masques viennent de Chine que des molécules importantes viennent de Chine donc oui il faut réfléchir à une vraie politique industrielle pour notre pays mais de là à dire que ça va suffire pour le plein emploi en Allemagne il y a 6 millions de petits boulots 6 millions de salariés qui ont 450 euros par mois mais donc voilà l'évolution de la croissance en Allemagne et dernier point qui va énerver un peu la légende du Front National comment l'Allemagne a évité la récession depuis 10 ans c'est juste parce qu'elle a accueilli 1,5 million de réfugiés syriens c'est les chiffres officiels si l'Allemagne n'avait pas accueilli 1,5 million de réfugiés syriens elle avait une croissance à 0,4 0,4 et voilà et n'importe quand les Etats-Unis peuvent s'effondrer je le rappelle avant que le virus n'arrive paradoxalement le virus a permis de mettre des milliers de milliards pour faire un plan de relance mais voilà la courbe tu m'avais invité il y a 3 ans je lui avais montré ça c'est la dette totale aux Etats-Unis on voit que c'est totalement flippant et il y a 3 ans à la une des échos qui n'est pas un journal conspirationniste le FMI qui dit attention le FMI nous prépare 5e d'une nouvelle crise mondiale la phrase reprise en gros d'après le FMI la prochaine crise peut être 10 fois plus grave que 2008 d'après le FMI la prochaine crise peut être 10 fois plus grave que 2008 et paradoxalement avec le virus il y a eu des centaines de milliers de morts c'était l'horreur du confinement mais du point de vue économique on a mis tellement de milliers de milliards pour faire un plan de relance qu'on a prolongé le système économique mais qu'on peut n'importe quand avoir la crise économique qui était attendue donc miser sur la croissance c'est juste se moquer du monde on ne peut plus la croissance ne veut plus rien dire déjà en 1970 le livre qui fait que Jacques Delors ait émergé dans le débat public en 1970 si Jacques Delors est devenu connu c'est parce qu'il a fait un livre sur les indicateurs sociaux où il disait le PIB ne veut rien dire le PIB ne veut rien dire sociaux et maintenant il dirait le développement durable mais donc miser sur la croissance pour financer les retraites ou pour l'emploi c'est juste une grosse blague la meilleure façon de créer des emplois et de financer les retraites c'est d'avoir un vrai plan d'investissement pour le climat y compris avec des financements européens mettre une taxe sur la spéculation une taxe sur les milliardaires utiliser autrement l'argent de la banque centrale 900 000 emplois avec un vrai plan climat et relancer la négociation sur la semaine de 4 jours on donne la parole au patron et au salarié de Maminova au patron et au salarié de Flary Michon et avec ça on crée 2 millions et demi d'emplois et on peut vivre mieux le but est de vivre mieux le but est d'éviter le chaos moi j'étais un ami de Stéphane Essel j'ai eu la chance de vivre avec des grands et ils étaient dans la résistance ils ont fait le conseil national de la résistance ils avaient un double objectif c'était buter les nazis libérer le pays et leur programme c'était magnifique les jours heureux leur programme c'était mettre en place une sécurité sociale améliorer le fonctionnement des médias donc en même temps éviter le chaos à l'époque c'était lutter contre les nazis et ils risquaient la mort s'ils se faisaient choper c'était une...
voilà et en même temps ils avaient eu le courage d'inventer un autre modèle pour vivre heureux et je pense que nous
notre objectif... ils avaient surtout des réserves de pétrole
ce que je veux dire c'est que l'objectif est double aujourd'hui le monde a changé mais l'objectif est double c'est éviter le chaos c'est pas les nazis c'est le dérèglement climatique et l'effondrement de la biodiversité qui peut nous amener au chaos et vivre mieux si vous allez sur le site les jours heureux 2022 les jours heureux vous trouvez quelques propositions
Valérie
tout à l'heure ça parlait de la question de vers quel futur on se projette qu'est-ce que c'est un futur qu'on veut pas la dystopie et qu'est-ce que c'est un futur souhaitable et ça pour ça en fait il y a besoin d'autres personnes que nous des physiciens du climat il y a besoin d'autres personnes qui finalement récupèrent nos informations et puis celles qui vont venir sur les impacts supplémentaires ou évités et puis l'ensemble des solutions qui permettent de permettre à chacun de vivre décemment tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et à partir de là en fait on peut créer ces visions du monde ces récits les partager ça peut créer un effet d'entraînement dans le rapport du GIEC sur 1,5 degré on avait fait ça dans un des encadrés à la fin du rapport on avait décrit trois futurs possibles un futur où on agit maintenant on réoriente les investissements c'est pas délirant en fait c'est beaucoup moins coûteux que ce qui a été fait pour la pandémie on transforme vraiment de manière importante un certain nombre de secteurs d'activité et puis on vit avec un climat qui change de manière minimale et on aide ceux qui sont les plus exposés à surmonter les difficultés et puis il y a d'autres évolutions futures possibles et puis ça ça peut se décliner ça peut se décliner à l'échelle d'une ville à l'échelle d'un pays mais il y a besoin d'autre chose que simplement le travail de physicien du climat ta communauté en fait elle peut aider à ça je pense que c'est important et tu posais aussi la question de est-ce qu'il faut taper du poing sur la table moi personnellement c'est pas ma façon de voir les choses c'est pas sur la table non non mais c'est pas ma personnalité c'est pas ma façon de faire je suis très consciente du fait que quand on fait ce rappel à la réalité c'est à dire là où on en est là où on peut aller le temps qu'on a perdu finalement la réalité des conséquences sévères d'un changement climatique dû à l'influence humaine qui est déjà là je sais que c'est lourd j'essaie de le partager de manière la plus bienveillante possible j'essaie de le partager de sorte à ce que les gens l'intègrent et que chacun à son échelle puisse contribuer à partager les connaissances et à agir et voilà et ce point là pour moi c'est quelque chose d'important c'est à dire le côté le discours apocalypse effondrement etc je suis pas sûre que ce soit un discours qui aide à agir à l'échelle nécessaire collectivement je suis particulièrement attachée à la vie démocratique c'est une chance en fait moi je suis une femme les femmes elles votent pas depuis tellement longtemps aussi voilà tout ça c'est des conquêtes tu sais pourquoi tu votes je vote jamais moi personnellement
tu votes pour payer des taxes
non mais personnellement je précise je n'ai jamais voté par adhésion j'ai toujours voté par minimisation sous contrainte on va dire personnellement c'est très bien dit voilà mais ce dont j'ai besoin pour pouvoir voter c'est d'avoir des programmes clairs sur des questions qui me tiennent à coeur et les questions qui me tiennent à coeur c'est sur les enjeux climat sur les enjeux biodiversité et sur la question de mettre en place des transitions qui soient justes qu'est-ce qui est proposé dans les années à venir pour moi personnellement comme citoyenne avoir une information précise là-dessus c'est quelque chose qui est critique et souvent je ne le trouve pas donc c'est pour ça j'insiste sur les engagements qui sont pris tu l'as dit clairement une fois que quelqu'un est élu il n'a plus le temps il n'a plus le temps parce qu'il gère les affaires courantes les crises les trucs enfin voilà donc ce qui est important c'est d'avoir au minimum un plan d'action précédemment
il n'a plus le temps quoi de respecter sa parole
non il n'a plus le temps de réfléchir à ce qu'il veut faire il est dans l'action
c'était avant ça non ?
voilà
non ? alors on parle d'anticipation après on parle d'anticipation désolé Pierre on parle d'anticipation on parle de tout ça il y a plus d'une dizaine d'années j'avais été foutre le bordel à l'armée du temps où ça s'appelait collège interarmé de défense mais vous comprenez avec l'époque qu'on est en train de traverser c'est devenu école de guerre
école de guerre oui où tu es intervenu l'année dernière voilà
donc à l'époque c'était les répercussions du réchauffement climatique sur le livre blanc de la défense française et puis je m'étais pris le nez avec un général et je lui avais dit un truc qui lui a été resté bien dans les dents parce que c'est quelque chose qui est bien connu chez les militaires je lui avais dit vous n'avez pas anticipé vous vous êtes fait surprendre donc vous avez perdu donc tous les militaires connaissent cette phrase là la question que je te pose c'est et tu as déjà répondu les militaires ils te consultent un peu parce que c'est eux un peu les femmes de ménage du réchauffement climatique parce que qui est-ce qui va être obligé de gérer les milliers de migrants qui vont débarquer parce qu'ils n'ont plus rien à bouffer ils se font cramer ils ont le soleil qui leur tape sur la tête ils se font ravager par les sauterelles ils se tapent la malaria ils se tapent les amibes dans la flotte et j'en passe et des meilleurs c'est les militaires qui vont gérer c'est rien d'autre ligne de la tête c'est les militaires qui vont gérer
en fait j'ai d'autre ligne de la tête parce que dans beaucoup de régions du monde le fait de se déplacer régulièrement en interne c'est une stratégie intelligente pour assurer des revenus pour sa famille voilà et le fait
se déplacer en interne là tu parles des flux migratoires qui ne se passent qu'en Afrique
non à l'intérieur de son propre pays d'accord d'une zone par exemple rurale vers une zone urbaine pour compléter des revenus en cas de mauvaise récolte etc voilà ça fait partie en fait des choses qui existent couramment ces déplacements là et ce dont tu parles c'est des déplacements qui sont souvent pilotés par l'absence de perspective économique en fait mais aussi par la manière dont notre mode de vie est véhiculé partout et puis incite tout un chacun à gaspiller autant d'énergie que nous d'une autre manière voilà et donc effectivement moi je vois une prise de conscience croissante des enjeux en fait plus largement de sécurité pas simplement pour les militaires mais des enjeux de sécurité qui sont croisés avec les enjeux climat sécurité en eau sécurité alimentaire sécurité par rapport aux risques de conflits ou de tensions pas uniquement les déplacements de population les gens qui partent à grande échelle c'est quand on a un gouvernement totalement incompétent et puis un truc qui s'effondre comme en Syrie ou l'absence de gouvernement dans d'autres régions du monde
comme l'hôpital en France quoi
donc c'est autre chose là c'est aussi des enjeux en fait à l'intérieur de chaque pays d'un cadre collectif voilà donc quand ça manque c'est chacun pour soi
Dieu pour tous
et je voulais rebondir aussi sur un point que tu as mentionné tout à l'heure parce qu'il me tient à coeur on sort d'une pandémie qui a posé beaucoup de questions
on n'est pas sorti
et toujours sur les enjeux croisés il y a des enjeux très importants croisés santé-climat et ce qu'on voit que ce soit pour la pollution de l'air que ce soit pour l'alimentation on travaille toujours en silo et il y a un manque d'articulation entre la vision qu'on a de ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre qui est parfois vu comme un fardeau alors qu'en fait on peut le voir comme une opportunité pour aussi améliorer de manière spectaculaire la qualité de l'air à condition de le faire bien donc c'est une chose qu'on a abordé dans notre rapport les enjeux croisés climat et qualité de l'air d'une manière beaucoup plus fine qu'avant et quand on regarde en termes de santé publique dans le monde les conséquences de la mauvaise qualité de l'air ils sont colossaux en fait les coûts
58 ou 58 000 morts par an en France
c'est en fait une durée qui se raccourcie c'est des maladies chroniques qui touchent les enfants qui touchent les adultes en particulier autour des grandes villes très polluées et puis dans les régions qui sont très polluées parce que l'industrie est très concentrée avec des normes peu strictes voilà et donc là il y a des enjeux qui sont extrêmement importants et ce qu'on montre souvent quand on parle de climat on met l'accent sur les émissions de dioxyde de carbone le fait de brûler moins de charbon moins de pétrole moins de gaz quand on brûle ça on met aussi des particules qui refroidissent qui masquent une partie du réchauffement et ce qu'on montre dans notre rapport c'est que un des facteurs qui augmente fort en ce moment c'est les émissions mondiales de méthane ça augmente en fait essentiellement par des fuites de gaz fossiles mais aussi par certaines activités agricoles d'élevage et autres et agir rapidement sur le méthane ça peut présenter pas mal de bénéfices il reste seulement une dizaine d'années dans l'atmosphère donc si on baisse les émissions on en a les effets rapidement sur le climat le méthane c'est aussi en fait un précurseur de l'ozone en surface qui fait les pics d'ozone et qui pose des problèmes en fait de pollution atmosphérique et donc si on décarbone donc on sort des énergies fossiles et qu'on baisse en même temps les émissions de méthane là vraiment on maximise les effets positifs en termes de santé publique et cette semaine il y a d'ailleurs l'ensemble des journaux médicaux du monde des journaux scientifiques médicaux qui ont lancé un appel en disant pour nous en termes de santé publique il y a des enjeux majeurs à agir par rapport au climat par rapport à la biodiversité et pour améliorer aussi la qualité de l'air voilà mais ça ça se retranscrit pas concrètement encore en action efficace et à l'échelle nécessaire
revenons à nos copains les militaires les militaires ils te posaient quoi comme question ?
alors les militaires ils posaient un certain nombre de questions qui sont par exemple liées à quelles peuvent être les implications du recul de la glace de mer en Arctique par rapport aux tensions géopolitiques dans le secteur donc des ressources nouvelles potentiellement disponibles et c'est pas simple non pas seulement ça les ressources empêchent un des enjeux d'un climat qui change c'est que ça affecte l'océan l'océan se réchauffe il y a des vagues de chaleur marine plus fréquentes c'est ce qui flingue les récifs de courreaux tropicaux parce qu'ils les dégradent plus elles sont fréquentes plus elles les abîment l'océan il s'acidifie conséquence directe de nos émissions et quand il se réchauffe l'eau de mer elle stagne en surface au lieu de se mélanger et on perd de l'oxygène tout ça ça affecte la vie marine et on s'attend à la poursuite d'une baisse du potentiel de prise de pêche en particulier dans les régions tropicales il y a un tas de gens dans le monde qui dépendent des protéines issues des produits de la mer pour la sécurité nutritionnelle et alimentaire donc les tensions pour l'Arctique il ne faut pas imaginer que ce soit seulement pour les minerais ou les énergies fossiles c'est aussi en fait beaucoup d'acteurs stratégiques du secteur de la pêche en particulier en Asie qui voient l'Arctique comme une des zones potentiellement importantes pour préserver l'industrie de la pêche et les effets associés donc c'est un des exemples des autres exemples portent des autres questions
qui posaient c'était quoi d'autre ?
c'est un exemple parmi d'autres d'autres portent sur l'évolution du cycle de l'eau des moussons d'Afrique de l'Ouest est-ce que ça peut impliquer sur ce que tu décrivais sur par exemple la cohabitation entre des éleveurs nomades et des agriculteurs sédentaires si la pression sur l'eau si on a des débuts de moussons plus tardifs si on a des variabilités plus fortes des sécheresses plus sévères qu'est-ce que ça peut impliquer en termes de tensions régionales et on sait que l'augmentation locale de sécheresse quand il n'y a pas un cadre de gouvernance pour l'accès à l'eau c'est une source de tensions très fortes
alors c'est marrant un jour j'ai eu une discussion avec des militaires et des gens qui travaillaient chez Total bon on les avait gibolinés un peu tu connais le gibolin ?
non c'est la boisson qui délie les langues et on les a fait discuter et il y a un militaire qui dit c'est dramatique les océans se réchauffent ça fait péter la glace de méthane vers le pôle nord alors nous ça nous affole parce qu'on croyait encore que c'était les russes qui faisaient des expériences sous-marines de bombes nucléaires et le mec de chez Total dit oui ça nous pose des problèmes parce que ça pète le réchauffement de l'eau les fait péter donc ça fait des grosses détonations sous l'eau et en fait après ça relâche énormément de méthane dans l'atmosphère donc là en début d'émission tu m'as dit les océans se réchauffent et il va y en avoir encore pour longtemps oui sur la glace de méthane qu'est-ce qui se passe en termes de prospective ça se passe bien ça se passe pas bien les hydrates de méthane c'est comment là ?
alors il y a plusieurs manières donc là ce dont on parle c'est des formes de stockage de méthane dans des sédiments marins sous forme d'hydrates de méthane qui sont situés à des profondeurs différentes et qui vont être potentiellement affectés par peut-être des eaux de mer un peu plus chaudes à des moments différents donc dans l'évaluation qu'on en a aujourd'hui c'est quelque chose pour lequel on n'anticipe pas un effet amplificateur majeur à l'échelle de ce siècle là où il y a des choses plus claires c'est du côté des sols gelés de l'Arctique donc les sols le permafrost ou le pergé-sol en français donc en fait dans le passé il y a eu des phases plus chaudes il y a eu de la matière organique qui s'est accumulée du fait de la végétation passée et puis c'est resté gelé pendant un moment et après ça pète donc quand ça dégèle ça ne pète pas c'est graduel donc on s'attend par degré de réchauffement supplémentaire à perdre en gros un quart des sols gelés sur 3 mètres de profondeur de l'Arctique et on a maintenant des estimations un peu plus fines qu'avant de ce que ça peut faire sur les émissions de CO2 on le prend en compte par exemple quand on dit qu'est-ce que c'est notre marge de manœuvre résiduelle il y a une relation en fait étroite entre le cumul de nos émissions passées, présentes et futures de CO2 et le réchauffement actuel et à venir c'est le truc le plus clair et on le prend en compte en fait la partie combien va sortir des sols gelés pour estimer finalement la marge de manœuvre qui nous reste en termes d'émissions humaines compte tenu de ce qui va se passer du côté des sols gelés et autre chose pour arriver à limiter le réchauffement à un niveau comme l'indique l'accord de Paris sur le climat un choix politique
Les hydrates de méthane vous avez vos informations d'où ?
Alors c'est des informations issues de l'ensemble des travaux scientifiques qui portent là-dessus publiés dans la littérature scientifique sachant que plus on va naviguer en Arctique plus on va observer ce type de situation donc aujourd'hui on navigue plus parce qu'il y a moins de banquises on l'observe davantage mais ça ne veut pas dire que ça s'accentue et quand on regarde l'évolution des flux de méthane on a un réseau de stations autour de l'Arctique ce n'est pas ça qui domine aujourd'hui le fait que les émissions augmentent ça vient plutôt des régions tropicales avec en particulier des rejets issus du gaz fossile et des rejets issus d'activités d'élevage en tout cas sur la dernière décennie c'est ça qui tire la concentration de méthane à la hausse dans l'atmosphère
Et les militaires au lieu d'avoir des questions dignes d'une première année à Sciences Po ils avaient des questions un peu plus touffues ?
Moi j'avais été particulièrement impressionnée par les questions qui étaient posées par les amiraux qui avaient beaucoup navigué sur les océans qui avaient beaucoup observé et qui avaient une vision vraiment des enjeux à l'échelle planétaire pas simplement pour les océans pour les aspects géopolitiques liés à l'océan et aussi pour les aspects qui touchent sur le littoral Pourquoi c'est important ?
Par exemple la plupart des infrastructures stratégiques les ports les aéroports beaucoup de grandes villes sont situées sur le littoral et donc ils avaient aussi réfléchi aux enjeux et aux implications liées à la montée du niveau des mers la montée du niveau des mers c'est 20 cm au XXe siècle c'est maintenant au rythme de 3,7 mm par an ça a accéléré c'est un des trucs qui a accéléré dans l'évolution récente du climat et puis la montée du niveau des mers ce siècle et dans les siècles suivants ça va vraiment dépendre des émissions de gaz à effet de serre qu'on va faire mais ça va monter et c'est pas simplement la montée graduelle comme pour d'autres choses ça veut dire que quand on a une forte marée et une tempête importante les records de haut niveau marin qui étaient précédemment rares vont devenir de plus en plus fréquents parfois annuels plusieurs fois par an ça va entraîner une érosion des côtes sableuses et ça va poser un certain nombre d'enjeux pour tout ce qui est stratégique qui est sur le littoral et quand je dis des enjeux ça veut dire soit on fait des ouvrages en dur mais on ne peut pas les mettre partout c'est cher soit on gagne sur la mer comme à Monaco ou Singapour quand on est très riche soit on fait des replis stratégiques et ça ça pose comme la capitale de l'Indonésie je crois Jakarta parce qu'en fait elle s'enfonce sous son propre poids le niveau des mers monte donc là c'est pas tenable et donc comment on fait c'est encore une question très importante qui touche à des enjeux de justice sociale sur la montée du niveau des mers pour le littoral qu'est-ce qu'on protège ce qui est stratégique un patrimoine culturel historique les plus riches comment on fait avec les plus vulnérables comment on fait pour que le positionnement de chacun soit entendu participe de la délibération comment est-ce qu'on fait si on doit déménager faire ce repli stratégique pour le faire de manière partagée il y a des enjeux majeurs en fait on ne fait qu'à peine en parler aujourd'hui mais graduellement ça va être quelque chose qui va être de plus en plus d'actualité et c'est ce que j'entends moi quand je parle d'anticipation d'adaptation à un climat qui change et certains militaires l'ont bien compris ils l'ont bien compris ils regardent des villes en Inde par exemple avec tous ces enjeux de bidonville de quartiers très aisés construits sur des zones marécageuses qui s'enfoncent le niveau des mers qui monte comment ça va être géré voilà
il parle un peu du golf stream ou pas du tout le golf stream qui s'arrête il parle de ça un peu ou pas du tout
alors ça c'est des questions qui nous reviennent souvent parce que alors pas les militaires en fait mais il y a beaucoup de gens qui se forment sur le climat en regardant des films d'Hollywood et donc à chaque fois nous on est obligé de rappeler la physique des choses et puis il y a souvent une question plus large sur voilà
là sur le golf stream c'était pas le scénario d'Hollywood là c'était des gens par de chez vous qui disaient que quand même le volume le courant se ralentissait il était à son plus bas depuis 1600 ans
alors ça c'est une publication scientifique du mois de juillet qu'on n'a pas évaluée elle est arrivée tard par rapport à notre évaluation
très très bonne réponse
ce que je peux juste dire c'est que on a des mesures alors c'est pas le golf stream le golf stream c'est un courant de surface c'est en gros lié à la rotation de la Terre c'est pas ça en fait qui compte pour le climat et ça va persister ce qui compte c'est en fait la circulation une espèce de grand tapis roulant en surface et en profondeur de l'océan Atlantique qu'on appelle la circulation méridienne de retournement on le mesure directement depuis une vingtaine d'années avec des réseaux d'observation on voit en fait une variabilité sur ces derniers 20 ans on peut pas conclure les estimations utilisées sur le temps long c'est des choses indirectes en fait par rapport à l'état de surface de l'océan qu'on estime par des indices dans les archives naturelles du climat c'est pas la même chose et dans notre évaluation ce qu'on montre c'est qu'en prenant en compte toutes les informations disponibles elles sont pas cohérentes on peut pas conclure s'il y a une tendance en ce moment par contre dans tous les modèles de climat quand ça se réchauffe cette circulation se ralentit on peut pas exclure que ça s'effondre et ça fait partie des choses qu'on aborde sous l'angle possibilité à faible probabilité d'occurrence mais potentiellement très fort impact c'est ça ?
j'explique on peut pas dire dans quelles conditions ça va se produire quel niveau de réchauffement quand ?
on peut pas l'exclure parce que ça s'est produit parfois dans le passé et puis ça peut se produire aussi dans le futur mais on n'a pas forcément confiance dans la représentation des processus dans nos modèles par contre ce qu'on peut faire c'est artificiellement le provoquer on rajoute beaucoup d'eau douce dans un modèle de climat autour de l'océan Atlantique Nord et on peut provoquer en fait artificiellement un arrêt de cette circulation et après on regarde les conséquences puis on regarde aussi dans les climats passés ce qui s'est produit dans le passé pour des événements similaires et là les conséquences elles sont très nettes c'est des conditions beaucoup plus sèches en Europe c'est des changements dans la répartition des bandes de pluie dans les régions tropicales des effets directs sur les moussons voilà donc nous on fournit cette information mais on ne peut pas dire la probabilité qu'elles se produisent et il y a plein d'aspects similaires pour le climat par exemple un effondrement de certains secteurs de l'Antarctique qui pourrait conduire à une augmentation peut-être deux fois plus forte que le scénario le plus haut du niveau des mers ce siècle on sait que ces processus peuvent exister mais on ne sait pas les seuils de réchauffement l'horizon temporel auquel ça peut se produire mais pour la première fois on peut quantifier dans ce rapport si ça se déclenche ce que ça peut faire en plus et on le fournit et pourquoi on le fait ?
ce n'est pas qu'une question de militaire en fait beaucoup en fait de gestionnaires d'infrastructures critiques qui prennent des décisions qui sont sur du temps long l'aménagement des villes côtières dans les pays émergents c'est un enjeu pas pour 20 ans c'est pour du temps très long la soutenabilité des villes une ville comme New York ou d'autres c'est une question majeure en fait les villes côtières qui concentrent les activités économiques pour leur attractivité aussi et donc on nous demande aussi nous cette information-là on ne nous demande pas simplement la valeur dans laquelle on a le plus confiance la moyenne de notre distribution mais on nous demande de regarder les queues de distribution les événements potentiellement rares mais qui auront le plus d'impact possible et ça vous le trouverez dans notre rapport
avant de repasser la parole à Pierre je vais lire une question internet que je ne comprends pas donc peut-être que tu vas la comprendre question les grandes entreprises françaises sont obligées de faire leur bilan carbone mais que sur le scope 1 et 2 80% de leurs émissions sont sur le scope 3 l'amende est de attention les oreilles 10 000 euros si elles ne respectent pas l'obligation ça c'est pas de la bonne rigolade ça ?
ça faisait partie de la question ça c'est un cadre réglementaire je ne peux pas tellement commenter en fait sur le fait en plus de transmettre des informations sur la santé économique de l'entreprise il y a une obligation d'être transparent sur les émissions de gaz à effet de serre mais effectivement par exemple si vous vendez des produits pétroliers vous avez en amont au moment de l'exploration vous avez votre propre activité interne de transport par exemple de par affinage ou autre puis après vous avez ce qu'on appelle le scope 3 c'est quand vous vendez vos produits vos clients ils brûlent le pétrole le gaz et en fait le gros des émissions est là donc effectivement il y a parfois des ambiguïtés et il y a parfois ce qui peut être perçu comme une déresponsabilisation des entreprises par rapport aux implications de leurs produits de leur stratégie économique sur l'ensemble du périmètre des activités et quand on prend le premier facteur d'évolution du climat l'augmentation de la teneur en CO2 de l'atmosphère 80 à 90% de ça c'est brûler du pétrole du charbon du gaz et le reste c'est détruire des tourbières détruire des forêts en fait Pierre ?
La question c'est est-ce qu'une amende de 10 000 euros est-ce que c'est sérieux ou est-ce que c'est pour une entreprise qui fait des milliards de chiffres d'affaires effectivement ça n'est pas suffisant ça n'est pas sérieux si on a compris la gravité du problème du climat et la biodiversité on devrait être beaucoup plus ambitieux et on a le même problème au niveau européen on a fait ce qu'on appelle une taxonomie donc il y a eu un groupe de travail non mais c'est important c'est une étape importante donc qu'est-ce qui est bon pour la planète qu'est-ce qui pollue qu'est-ce qui est marron quelles sont les énergies sales et voilà on a une taxonomie et nous ce qu'on dit c'est qu'il ne suffit pas d'en rester là il faudrait interdire complètement ce qui est mauvais pour la planète et on n'est pas les seuls à le dire il y a eu le rapport de l'agence internationale de l'énergie en juin c'était un électrochoc pour beaucoup de gens parce que l'agence internationale de l'énergie il y a 10 ans c'était un peu ou 15 ans le porte-parole du lobby pétrolier et là il y a une prise de conscience qu'ils ont écrite cette année c'est incroyable ils incitent sur la gravité du problème climatique ils disent qu'il faut immédiatement arrêter les nouveaux investissements dans les énergies fossiles et qu'il faut mettre 3000 milliards chaque année en plus au niveau mondial 3000 milliards d'investissements dans l'isolation des bâtiments dans les transports en commun dans l'efficacité avoir besoin de moins d'énergie et voilà donc c'est plutôt et c'est pas je le répète des climatologues ou des Greenpeace c'est l'agence internationale de l'énergie et 3 semaines après il y a tous les ministres de l'environnement et de l'énergie qui se retrouvent à Bruxelles et il y a 11 pays qui disent ben oui les climatologues nous alertent l'agence internationale on va stopper les énergies fossiles pardon pardon pardon excuse-moi et la France excuse-moi non non et la France n'en fait pas partie même la ministre allemande même la ministre belge même la ministre luxembourgeoisie on peut stopper tu vas t'en prendre une on peut stopper on peut stopper immédiatement les énergies fossiles et la France regarde ailleurs
question internet y a-t-il ne serait-ce qu'un pays qui respecte ses engagements climatiques depuis les accords de Paris ?
alors en fait ça fait l'objet d'un suivi qui est par le programme des Nations Unies pour l'environnement qui rend tous les ans au mois de novembre ce qu'ils appellent le Emission Gap Report en fait sur le décalage entre ce qu'on devrait faire si on voulait être cohérent avec l'accord de Paris sur le climat et puis les engagements pris par les pays et leur réalité et si je me souviens bien ma lecture du rapport de l'année dernière c'est qu'il y a peut-être une vingtaine de pays je crois qui ont une action concrète qui a permis d'atteindre une vingtaine ou une trentaine de pays qui a permis d'atteindre un pic d'émission et de diminuer par contre sur le suivi précis par rapport aux promesses de 2015 et à leur mise en oeuvre c'est pas quelque chose qui est évident et je pense que ce sera rendu encore plus délicat par l'effet de la pandémie et j'ai très peur que certains finalement utilisent la baisse transitoire due aux mesures pour freiner la pandémie pour se dire on a tenu nos engagements alors si on prend le cas de la France par exemple la France elle s'est dotée de budget carbone sur plusieurs années à partir de 2015 le premier budget carbone il n'a pas été tenu et le deuxième il a été revu à la baisse parce que c'était envisagé qu'il ne serait pas tenu voilà donc ça donne un peu une idée de l'absence en fait de rehausse d'ambition en n'ayant pas tenu le premier budget carbone du pays haute de l'accord de Paris sur le climat
Pierre tu as été coupé par la question internet vas-y continue ce qu'a dit Valérie tout à l'heure c'est que si on tient compte des produits qui viennent de Chine et d'ailleurs c'est le gratuit non mais pardon c'est juste pour dire on n'est pas là pour rigoler le bilan du CO2 émis sur le territoire national a effectivement baissé en France mais c'est les chiffres du ministère de l'environnement publiés dans les échos qui disent que si on tient compte des produits importés de Chine ou d'ailleurs il n'y a eu aucune baisse je suis désolé de le dire sinon je serais très heureux de dire que ça va mieux il n'y a eu aucune baisse du bilan carbone complet de la France donc il y a besoin d'un changement radical il faut arrêter les rutines est-ce que tu peux me lire la source de ton papier ?
source c'est les documents du PLF c'est-à-dire le projet de loi de finances 2020 INSEE Eurostat publié dans les échos
alors on peut le trouver aussi dans le Haut Conseil pour le Climat rapport sur comment réduire l'empreinte carbone de la France
voilà c'est pas un groupe de complotistes c'est le ministère de l'environnement et le Haut Conseil qui dit hélas le bilan complet on n'a fait aucun progrès donc il faut changer radicalement de braquet on a été capable de le faire moi ce qui m'énerve c'est que dans plein de domaines on a fait des changements radicaux on a tous des téléphones portables c'est pas en améliorant le vieux téléphone à fil qu'on a eu un saut technologique en matière médicale j'ai une copine qui est médecin qui travaille sur les cancers de l'enfant elle dit qu'on a fait des progrès fabuleux pour soigner les cancers de l'enfant et par contre sur le climat on fait des beaux discours on met des rustines j'ai dit Valérie premièrement ça coûterait pas tellement cher d'agir par rapport à ce que ça nous coûte l'inaction les centaines de morts et les milliards de dégâts je redonne les ordres de grandeur quand Nicolas Hulot a débitionné Nicolas il disait je voudrais 7 milliards chaque année 7 milliards pour isoler des bâtiments et faire des transports en commun on lui a dit 7 milliards c'est pas possible je rappelle que la banque centrale européenne en une journée a créé 1300 milliards d'euros 1300 milliards qu'on a donné aux banques à taux négatif voilà je rappelle aussi que quand le parlement européen je ne suis pas le seul demande une taxe sur la spéculation on a refait les calculs malgré le Brexit et malgré la crise une petite taxe à 0,1% on aurait presque 60 milliards au niveau européen ça ferait 10 milliards qui arriveraient en France et si on savait qu'on avait 10 milliards qui arrivaient en France on pourrait avoir une vraie loi climat donc vraiment ils n'ont aucune excuse le diagnostic il est clair le fait qu'on va vers le chaos si on ne change pas c'est une évidence le fait qu'on pourrait vivre bien si on avait tous des maisons isolées on pourrait vivre bien dépenser moins d'énergie il y a moins d'argent qui reste dans les caisses de M.
Poutine je rappelle aussi que du point de vue bêtement économique on a des dizaines de milliards des dizaines de milliards qui partent dans les pays pétroliers dans les pays gaziers donc c'est bon pour le pouvoir d'achat des gens c'est bon pour les créations d'emplois on a tous les maires ruraux de France qui nous soutiennent l'action qu'on a lancée avec Jean Jouzel pour avoir des vrais financements tous les maires ruraux disent nos villages sont en train de crever on voit les problèmes du dérèglement climatique on ne voudrait créer des emplois donc ils n'ont aucune excuse et Valérie disait que comme citoyenne elle votait souvent pour le moins pire tu l'as dit ça je le redis il y a des élections dans neuf mois tout ce qu'on a dit toutes les solutions qu'on porte c'est pas Emmanuel Macron qui va les mettre en oeuvre Emmanuel Macron a eu tous les pouvoirs depuis quatre ans il ne l'a pas fait c'est pas Macron c'est pas Marine Le Pen c'est pas Xavier Bertrand donc je pense qu'il est fondamental qu'on obtienne la primaire populaire qu'on se rassemble qu'il y ait une équipe et qu'on arrive à changer les choses et qu'il y a des millions de gens qui en ont marre il y a des millions de gens qui voient qu'on va vers le chaos social et vers le chaos climatique on est des millions à vouloir rompre avec des politiques mises en place depuis 40 ans et on est vraiment stupides on ne sait pas profiter des élections pour changer de politique et je pense qu'on peut le faire la France les citoyens ont déjà provoqué des surprises dans l'histoire de la France je pense qu'il faut qu'on crée une surprise pour le mois d'avril prochain et aller sur le site primairepopulaire.fr
avant de donner la parole à Valérie t'as vu le film d'Albert Dupontel Adieu les cons oui Valérie vas-y
moi je voulais dire en fait on parlait tout à l'heure des obligations de transparence et donc pour moi c'est important que ces chiffres là soient connus c'est à dire le bilan des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle d'une ville d'une région de la France d'une entreprise que ce soit transparent et que tout un chacun puisse se l'approprier et exiger aussi une action plus importante donc il y a un travail à faire je pense pour que ces informations soient de plus en plus partagées et qu'elles deviennent en fait une des grilles d'analyse des politiques publiques des ambitions publiques il y a un besoin vraiment de partage d'accès à l'information c'est quelque chose qui manque beaucoup aujourd'hui là dessus
question pour vous deux question d'internet finalement le transhumanisme et la conquête spatiale hâtive c'est pas la solution c'est une question provoque
vas-y
10 minutes de vacances dans l'espace c'est pas mal non ?
avec quel bilan kérosène et CO2 ?
ce sera fait avec du biogaz de machin du prout d'algues
on y croit
Valérie ?
qu'est-ce que je peux dire ? si c'est l'émulation la concurrence entre les milliardaires à qui s'enverra en l'air le plus haut possible tout seul et en remerciant les clients de son entreprise de lui permettre de le faire je suis pas sûr que c'est ça qui permettra le progrès de l'humanité voilà et ça pose la question de ce qui fait rêver les gens ça pose la question de qu'est-ce que c'est la vision du progrès ça pose aussi la question de comment on surmonte cette espèce d'enfermement planétaire puisqu'en fait on doit faire avec cette planète on pourra pas nous s'installer sur une autre planète
à court terme ça s'appelle le syndrome de l'île déserte
exactement
tu vois ça ?
donc ça joue sur un imaginaire
il faut expliquer vas-y je t'en prie je t'en prie alors ça dépend il y a la vision militaire et la vision romanesque tu l'as vu à quelle ?
romanesque romanesque non on va faire militaire je le savais alors imaginez-vous tous on est sur un bateau dans les caribes bon c'est un vieux bateau et puis mon pote à ma gauche il sait pas conduire moi non plus et puis on se prend un rocher et puis on arrive sur une île déserte et sur l'île déserte il y a 3 cocotiers 5 crabes et quelques petits buissons il y a 2 solutions soit on reste là on attend comme des cons qu'un bateau passe un avion passe on fait des signes sur la plage et on mange nos 3 drogues croquotiers nos 5 crabes et notre petit buisson puis après il n'y a plus rien et puis on crève la bouche ouverte puis la deuxième perspective qui est on est conscient qu'on a des ressources limitées on a 2 solutions soit on bute Pierre Paul et Jacques comme ça on a de quoi tenir un peu plus longtemps ce manque de solidarité entre pauvres bon Pierre t'inquiète on va pas te tuer tout de suite on va te manger d'abord soit on prend tous les palmiers on fait un radeau puis on se barre est-ce que les milliardaires mégalos qu'on a à l'heure actuelle ont le syndrome de l'île déserte ?
je peux pas répondre à la question mais ce que je trouve
c'est quoi la version romanesque ?
non en fait je suis pas sûre que ça réponde vraiment à la question parce qu'en fait on n'est pas dans une situation de bateau on n'est pas dans une situation d'absence de ressources et on n'est pas sur une situation où on a une échappatoire en fait donc là à mon avis ça contribue à quelque part comment dire quelque chose qui nous rassure l'idée que peut-être on va trouver une solution technologique qui permettra à certains d'échapper aux changements structurels pour aborder les réels problèmes moi tel que je le vois dans le narratif dans le fait que ça capte l'attention à ce point là au niveau mondial c'est que ça joue sur des mécanismes un peu inconscients de déni ou d'inaction voilà donc c'est cette espèce d'illusion moi qui me frappe
complètement d'accord là aussi avec Valérie mais moi ce qui m'inquiète c'est pas les milliardaires assis dans la tête c'est l'inaction de nos politiques c'est pas les milliardaires qui doivent guider une société je suis d'un parti qui s'appelle Nouvelle Donne en référence au New Deal de Roosevelt quand Roosevelt arrive le pays était sinistré par la crise après 1929 en 3 mois il fait passer 15 réformes fondamentales il fait la séparation des banques il fait un impôt sur les plus riches parce qu'il veut créer des millions d'emplois et les milliardaires sont furieux les milliardaires de l'époque expliquent que Roosevelt est un communiste qui va tuer l'Amérique mais Roosevelt parle à l'intelligence des citoyens il a les citoyens avec lui y compris parfois il dit aux citoyens allez dans la rue j'ai besoin que vous soyez nombreux pour m'aider à faire reculer le lobby bancaire et Roosevelt fait passer des réformes qui sont un succès et il a été réélu et au moment où l'Europe allait vers la barbarie Roosevelt avec sa politique a sauvé il a sauvé la cohésion sociale il a sauvé la démocratie et c'est pas les milliardaires il se trouve que quand on a créé le collectif Roosevelt le petit-fils Roosevelt était avec nous il nous a raconté comment les milliardaires de l'époque détestaient son grand-père mais son grand-père savait qu'il avait la bonne boussole c'était la justice sociale et tout le monde comprenait que Roosevelt travaillait pour le bien commun et le peuple était avec lui et tenait bon donc le fait qu'il y ait des milliardaires qui soient dans le délire qui soient prêts à dépenser des sommes colossales pour avoir juste 3 minutes en apesanteur c'est ridicule le bilan carbone il faudrait taxer beaucoup plus le kérosène encore il y a 3 jours je suis intervenu au parlement peut-être pas être Axel Kérosène mais ce qui m'inquiète c'est Martin Luther King qui disait le mal qui est dans le monde ne peut pas se comprendre sans l'inertie des gens de bien Martin Luther King le disait mieux que ça mais il disait quelqu'un qui n'agit pas contre le mal ça veut dire qu'il coopère avec lui donc mon problème n'est pas les milliardaires mon problème est comment est-ce qu'on accepte que des politiques qui n'ont pas les bonnes actions on les laisse au pouvoir et comment est-ce qu'on est assez bête pour ne pas se rassembler pour changer les choses c'est ça ce qui me pousse à agir
Pierre donne la parole
Valérie
moi j'ai une autre vision là-dessus c'est celle en fait de l'espace bien commun et il y a des enjeux qui sont très importants le fait de disposer de suivis par satellite de l'état en permanence de l'atmosphère et puis du reste de la machine climatique c'est quelque chose qui est essentiel c'est essentiel pour suivre l'évolution du climat c'est essentiel pour comprendre comment il fonctionne à terme par exemple discerner si on a plus de méthane qui sort de telle ou telle zone on n'y est pas encore mais on peut le faire mieux comprendre les nuages et leur rôle dans le climat c'est encore associé à une incertitude importante c'est essentiel pour les systèmes précoces d'alerte pour pouvoir se mettre à l'abri les progrès ils ont été considérables en fait sur la prévision météorologique et l'observation depuis l'espace l'intégration des données en temps réel dans les systèmes de prévision météorologique c'est quelque chose qui est fondamental et le fait de plus en plus d'avoir également une privatisation de l'espace des norias de petits satellites et leurs dégâts c'est quelque chose qui pose problème en fait qui va peut-être diminuer notre capacité d'observation de la Terre et donc pour moi l'espace c'est pas simplement quelque chose où on va faire du tourisme si on est plein d'argent puis on racontera ça à ses amis parce que l'Antarctique c'est trop près en fait il y a un peu de ça quand même c'est-à-dire le tourisme un peu ultime pour quand on a les moyens faire quelque chose qui a un impact carbone énorme pour pouvoir s'en vanter quasiment pour moi c'est pas ça l'espace c'est quelque chose qui nous appartient à tous qui est associé au progrès technologique au progrès des connaissances et qui pose des questions de gouvernance qui sont importantes
on essaiera de poser ces questions à Claudie Ignoré dans pas très longtemps Pierre tu veux rajouter quelque chose ? alors moi je vais vous poser une question le capitalisme tel qu'on le connait est-ce que c'est pas une idéologie tellement toxique qu'on arrive même plus à le voir ? est-ce qu'on a pas contaminé tout le monde sur Terre avec une idéologie tellement toxique qu'il va falloir tellement d'années pour se rattraper qu'on va se faire nous rattraper par le réchauffement climatique ?
non moi je crois vraiment qu'on est des millions à comprendre la gravité de ce qui se passe on est des millions à se dire qu'un modèle économique qui provoque autant de précarité de pauvreté de burn-out il y a des gens qui crèvent parce qu'ils n'ont pas de travail et puis il y en a qui crèvent parce qu'ils travaillent trop un modèle économique qui fout en l'air la cohésion sociale mais aussi la biodiversité et le climat c'est pas un modèle c'est un non-sens et donc je crois qu'on est des millions à le comprendre partout on va faire des débats avant le virus les salles étaient archi pleines les gens voulaient comprendre et agir tous les jeunes qui étaient dans la rue à Madrid j'avais dîner avec deux de tes collègues climatologues il y avait le trot et Jean-Guzel qui m'a dit le seul truc qui nous optimise c'est les jeunes qui sont dans la rue et qui vont obliger les politiques à agir donc je crois moi je suis moins pessimiste que toi Sky et je crois qu'on est dans ce moment critique à priori c'est foutu j'ai rien bu en arrivant à priori c'est foutu l'accumulation de la crise climatique de la crise sociale j'ai montré qu'on peut avoir n'importe quand une nouvelle crise économique le FMI dit on peut avoir une crise dix fois plus grave que 2008
c'est pas pour ça que c'est foutu
non mais par contre mais comme on est des millions à avoir un cerveau y compris à regarder des trucs intéressants sur les réseaux sociaux y compris à se dire mais putain pour moi et pour mes enfants j'ai pas envie d'aller vers le chaos non mais sans rire je refuse qu'on aille vers le suicide je sais qu'il n'y a pas de baguette magique je sais que ça va être compliqué je sais qu'on ne va pas stopper en trois jours le dérèglement climatique se remettre en mouvement dans mon bureau à Bruxelles tu viendras quand tu veux j'ai la photo du mur de Berlin et puis j'ai une très belle phrase de Vaclav Havel qui dit donc juste après que le mur de Berlin soit tombé Vaclav Havel dit le peuple s'est réveillé avec une rapidité bouleversante
on va pas là-bas tu sais pourquoi on va pas là-bas il y a trop de pouis
non laisse moi Vaclav Havel c'est quand même magnifique le peuple s'est réveillé avec une rapidité bouleversante il veillait il attendait le moment propice tous ceux qui ne mentaient pas dans leur vie quotidienne ont apporté leur contribution et Vaclav Havel dit chacun de nous peut changer le monde même s'il croit qu'il n'a pas la moindre importance chacun de nous peut changer le monde et c'est des gens sans importance c'est des gens comme toi et moi c'est pas Gorbatchev c'est pas Helmut Kohl qui ont fait tomber le mur de Berlin c'est des gens qui se disaient putain j'en ai marre de cette vie je veux vivre libre je veux vivre heureux et que mes enfants vivent libre et ils ont fait tomber ils étaient 3 ils étaient 30 ils étaient 3000 ils ont fait tomber le mur de Berlin et je crois aussi qu'aujourd'hui même si l'ennemi est moins visible que le mur de Berlin mais que le système capitaliste je répète qui provoque autant de pauvreté d'inégalité on est tous choqués quel est l'ennemi ?
c'est un système qui est gouverné uniquement par le fric pour les plus riches et c'est notre incapacité à le changer on aura tout pour vivre dans un pays de cocagne on n'a jamais été aussi riche humainement financièrement je donne la parole à Valérie
et tu prends la parole
et donc chacun de nous s'il reste tout seul je laisse la parole en 30 secondes si chacun et chacune 30 secondes si on reste chacun de chez soi à lire le rapport du GIEC à se dire putain c'est foutu à voir les groupes du FMI à se dire c'est foutu voilà il y a de quoi effectivement se flinguer mais si on se rassemble pour réfléchir et pour agir ensemble je pense qu'on peut gagner la partie
alors en fait moi je ne veux pas complètement adresser ta question mais mentionner que il y a eu des expériences de systèmes communistes à partie unique totalitaires productivistes qui ont conduit à des catastrophes environnementales également donc voilà c'est juste pour nuancer là-dessus ou l'Union soviétique en fait à l'époque sur les émissions de gaz à effet de serre un certain nombre d'autres choses ce n'était pas particulièrement remarquable voilà et donc ça pose des questions et sous l'angle en fait de l'impact des activités humaines sur l'environnement planétaire le terme qui est souvent utilisé c'est celui d'anthropocène pour essayer de discerner à partir de quel moment finalement la longue histoire de l'humanité elle s'est mise à dérailler et on a commencé à avoir une empreinte en fait sur notre environnement disproportionné finalement alors certains le datent du moment de l'invention de la machine à vapeur finalement qui a permis avec l'utilisation des énergies fossiles de changer complètement le système énergétique le rapport au travail et puis par l'utilisation croissante d'énergie fossile de conduire à la situation sur laquelle on vit d'autres sur par exemple le rôle des humains pour disperser des espèces vivantes d'un continent à l'autre met en évidence le début du commerce triangulaire comme jouant un rôle fondamental finalement sur les échanges disproportionnés entre les continents et leurs effets à échelle planétaire et puis d'autres en fait mettent en évidence un poids croissant du capitalisme financier effectivement avec une vision à très court terme qui perd complètement toute relation avec les conséquences à long terme puisqu'on ne paye pas pour les dommages qui sont considérés qui met à mal la gouvernance de long terme dans chaque pays par rapport au bien commun voilà donc ce sont ces angles là qu'on peut utiliser aussi pour lire mais c'est pas simplement à mon sens une histoire de système purement capitaliste c'est une question de gouvernance ensemble et en prenant en compte le long terme il y a quelques expériences intéressantes que je veux mentionner comment on prend en compte le long terme je sais que dans certains pays ils avaient fait l'expérience d'avoir un ministère du futur pour chaque décision qu'est-ce que ça implique sur le temps long qu'est-ce que ça implique je sais pas pour l'énergie pour les retraites pour l'environnement il y a d'autres endroits où on se rend compte que c'est très difficile d'avoir un débat démocratique sur des décisions importantes à prendre aujourd'hui parce que c'est clivant il y en a qui vont perdre plus que d'autres ou qui ont l'impression de perdre plus que d'autres et donc c'est très clivant et dans certains cas en fait on fait jouer aux gens le rôle de leurs enfants ou de leurs petits-enfants pour définir ensemble ce vers quoi on veut aller et après en fait c'est plus facile de s'accorder sur la manière d'y aller voilà donc je pense que ça pose des vraies questions de fond de prise de décision de gouvernance au-delà de la réflexion sur les systèmes économiques dans lesquels on fonctionne des questions vraiment de fond démocratique
on arrive à la fin de notre interview on a encore deux trois questions est-ce que vous voulez qu'on rajoute quelque chose est-ce qu'on a oublié quelque chose
non
non
ça c'est complet
alors le progrès des connaissances
peut-être le progrès des connaissances
le progrès des connaissances pour aller où c'est ça la question on arrive à la fin de notre émission Pierre connaît déjà la dernière question donc je vais te la poser d'abord à toi Valérie c'est pas une question c'est laisser un conseil pour les jeunes générations une bouteille à la mer quelque chose d'impérissable qui va rester sur les réseaux sociaux pour le futur qu'est-ce que tu veux laisser dans cette bouteille et bien sûr il faut nous conseiller trois bouquins trois bouquins maintenant trois bouquins maintenant à lire quelque chose qui doit qui nécessaire trois livres nécessaires et un conseil pour les jeunes générations
alors bien évidemment certains aspects du rapport du GIEC de 2021 par exemple les fiches régionales les questions fréquentes qui sont relativement faciles d'accès ça c'est la première chose un livre d'un philosophe qui s'appelle Pierre Charbonnier qui s'appelle Abondance et Liberté pour réfléchir en fait ce qui a finalement façonné la manière dont nos sociétés occidentales ont évolué avec le regard historique philosophique ça ça fait deux il faut que je trouve le troisième j'ai besoin d'un peu plus de temps
d'accord alors un conseil pour les jeunes générations alors on te laisse un peu plus de temps on va faire répondre Pierre ouais vas-y
non pareil je suis un peu fatigué j'ai fini ta réunion soir moi je voudrais juste donner le conseil aux jeunes générations c'est vraiment engagez-vous on peut prendre du plaisir à être avec d'autres à se tenir debout à réfléchir avec d'autres à agir avec d'autres on est vraiment dans un moment crucial on est dans un moment historique parmi l'humanité ce qui va se passer en France en Europe dans les prochaines années détermine notre vie pour les années futures et on dit souvent que c'est la jeunesse d'un pays qui fait bouger les choses qu'il y a beaucoup de gens qui ont 40 ans 50 ans 60 ans qui ont déjà été beaucoup déçus par les politiques ils ont voté ils ont été déçus ils ont été trahis ils ne s'intéressent plus à la politique la jeune génération a moins été trahie garde une énergie fabuleuse a beaucoup de temps pour s'informer un cerveau qui marche bien et moi je suis un des rares trucs qui m'ont optimiste c'est le fait qu'il y a des milliers de jeunes dans tous les pays d'Europe qui se sont mis en mouvement et j'espère qu'ils ne vont pas s'arrêter et j'espère qu'ils vont obliger les plus vieux à se mettre en mouvement et agir et je le répète ça n'est possible que si on travaille ensemble chacun dans son coin se sent désarmé il y a de quoi désespérer et se rassembler on peut avoir des victoires historiques vraiment s'il vous plaît prenez du temps avec d'autres pour agir faire des groupes locaux voilà on a des solutions si vous allez sur mes réseaux sociaux je ne suis pas le seul sur les diagnostics ce qu'a dit Valérie est fondamental lié à le rapport du GIEC et sinon sur les solutions vous pouvez aller sur nos réseaux sociaux il y a plein de vidéos qui expliquent les solutions et qui peuvent vous donner envie de vous engager
Merci Pierre Valérie
Oui la troisième lecture alors bon c'est un peu technique mais le rapport du Haut Conseil Climat sur comment réduire l'empreinte carbone de la France il est intéressant parce que justement il aborde la question en fonction des revenus en fonction des relations internationales et puis centrer sur le périmètre français et puis faire son empreinte carbone c'est une façon de rentrer dans un diagnostic disons objectif de la situation puis ça permet aussi de guider ce vers quoi on veut agir donc ça c'est la partie ce que je mets dans la bouteille en cas d'insomnie c'est très bien toutes ces lectures là et puis l'autre chose c'est la chose que je voudrais dire le conseil c'est dialoguer dialoguer et en particulier pour beaucoup des plus jeunes vous avez de la chance en fait vous avez la chance d'avoir accès à l'information à l'éducation les réseaux sociaux c'est une ligne d'informations formidable donc par votre propre parcours vous appropriez des connaissances des informations mais d'autres ne font pas forcément cette démarche là et le dialogue le fait vous-même de porter la discussion sur des enjeux liés au climat d'écouter les remarques des autres d'amener chacun à faire son cheminement sa réflexion c'est quelque chose qui est important et on voit aujourd'hui comme ça a été dit on est dans une société qui est parfois très morcelée très éparpillée avec des gens qui s'enferment dans des bulles de gens qui pensent comme eux traverser les bulles et avoir la capacité à créer un dialogue c'est quelque chose qui est essentiel
Valérie, Pierre merci beaucoup d'être venu nous voir merci
merci