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interviewSUDRADIO· 7 juin 2026 4 min

Bruno Retailleau propose de créer une Cour disciplinaire de la magistrature !

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et bonjour mon cher Thomas Rannoud. Et bonjour Maxime, bonjour à tous. On passe à la revue de presse nationale. Forcément, dans nos journaux ce matin, on rend hommage à une personne décédée hier qui a marqué la vie politique des Français. C'est Bernadette Chirac, disparue à l'âge de 93 ans. Oui, forcément, chacun y va de son hommage. Le Parisien aujourd'hui en France en fait même ça. Une première dame de cœur, titre-t-il. Photo d'elle souriante sur la couverture, marquée d'une élégance assez naturelle qui la caractérise. Le journal parle d'une femme de pouvoir et de devoir. Il la qualifie d'une grande ténacité et d'un humour pince sans rire.

Il note d'ailleurs que d'un abord moins chaleureux que son mari, elle avait pourtant su elle aussi se faire apprécier des Français. Le quotidien rappelle aussi son engagement en faveur des pièces jaunes. Le pédiatre généticien Arnold Muni, qu'il a bien connu dans ce cadre-là justement, salue la mémoire d'une femme qui s'est engagée d'une manière d'autant plus forte qu'elle n'était pas de nature à se mettre en avant. Elle était la combinaison rare de la discrétion, de la fidélité et de l'engagement concret, résume-t-il. Dans les autres journaux aussi, bien sûr, on lui rend hommage.

Le JDD notamment s'émeut de la disparition d'une grande première dame, tandis que la tribune dimanche parle d'elle comme une femme de caractère et surtout d'influence unique. L'hebdomadaire estime que durant 12 ans, elle fut une première dame puissante comme nul autre avant et après elle. C'est clair que c'est indéniablement une page de la vie politique qui se tourne avec sa disparition. Et autre sujet dont on continue de parler ce matin, c'est évidemment la mort de Liana qui n'a pas fini de susciter la polémique. On en a beaucoup parlé hier, la presse n'était pas tendre que ce soit avec la justice ou l'exécutif, malgré les excuses de Gérald Darmanin.

Eh bien, ça continue ce matin avec notamment la tribune dimanche qui titre sur ce drame « Une honte nationale ». Vous voyez, ça a le mérite d'être clair. L'hebdomadaire déplore l'échec des autorités qui n'ont pas détecté la dangerosité du meurtrier présumé de la collégienne, Jérôme Barrella. Il retrace dans ses pages la chronique de ce fiasco avec une succession d'alertes qui ont été données. Plusieurs plaintes pour viol, dont la dernière en 2025, qui concerne en plus une fiette de 10 ans. Plus tôt, il avait aussi été renvoyé d'un groupe scolaire pour comportement inapproprié envers une collégienne. Et malgré tous ces éléments, Maxime, il se trouvait toujours dans la nature.

Naturellement, ça glace le sang. Et pourtant, il faut dépasser le cadre de cette affaire pour comprendre qu'en réalité, il s'agit d'un véritable problème systémique. Selon un porte-parole de la Fédération France Victime, 73% des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite. En 2024, ce sont plus de 34 000 agressions sexuelles sur mineurs qui ont été décomptées. Un chiffre qui, en plus, a doublé en 10 ans. Et sur les plus de 155 000 policiers que compte notre pays, à peine 555 sont formés au recueil de la parole d'enfant. Donc, vous voyez, ça fait un ratio vraiment très faible.

Autant dire qu'il est grand temps de revoir cette doctrine avant que d'autres cas similaires à Liana ne soient à déplorer. Et dans les pages du Parisien, il y a un homme, justement, qui revient sur cette affaire. C'est l'ancien ministre de l'Intérieur, candidat désormais à l'élection présidentielle. C'est Bruno Rotaillot. Oui, lui non plus, il n'y va pas de main morte. C'est abominable, une naufrage judiciaire a condamné Liana à la mort. Et ce n'est pas un cas isolé, déclare-t-il. Pour lui, ce drame appelle à une révolution pénale. Concrètement, il propose de créer une cour disciplinaire de la magistrature qui remplacerait le conseil supérieur de la magistrature.

Donc, pour prononcer des sanctions contre les magistrats, l'objectif pour lui, ce serait d'écarter toute tentation corporatiste de faire de fait que cette cour ne pourrait pas être présidée par un magistrat. Il souhaite qu'elle puisse être saisie par les citoyens. On a oublié que la justice est rendue au nom du peuple français. Je veux lui rendre la parole, affirme-t-il, pour justifier cette idée. Et on finit cette revue de presse avec le JDD qui, de son côté, fait sa une avec un homme qui revient sans cesse dans l'actualité. C'est Boilem Sansal. Avec un seul mot sur la couverture qui accompagne le portrait de l'écrivain, j'accuse.

Il se penche sur son nouvel ouvrage, La Légende, dans lequel il raconte sa captivité d'un an en Algérie. Comme à son habitude, il s'en prend violemment au régime d'Abdel-Majid Tebboune. J'ai été pris en otage par un bandit qui a le titre de président. L'une des motivations pour lui, à écrire, outre sa volonté de combattre le président algérien, c'est aussi de témoigner de la faiblesse diplomatique de la France face à l'Algérien, dont il a été la première victime. Il n'aurait jamais osé faire ça un Américain, un Russe ou un Chinois, estime-t-il.