Rima Hassan lui vole la vedette : pourquoi Macron enrage contre la Freedom Flotilla
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Alors que pour la première fois dans l'histoire, une députée européenne a été illégalement arrêtée par une puissance étrangère, et que cette députée est française, alors que quatre citoyens français, dont notre collègue Yanis Mamdi, sont mis aux arrêts tout aussi illégalement par la même puissance, Israël. Au sommet de l'État français, on a opté pour le service minimum ou la politique politicienne. Emmanuel Macron, malgré ses déclarations contradictoires, reste réticents à condamner l'État d'Israël. Mais au cœur du pouvoir français, quelles sont encore les nuances qui s'expriment, ou pas d'ailleurs, sur le pouvoir de Tel Aviv et le génocide à Gaza ? Niels a enquêté.
Niels s'est également intéressé au retombé du complément d'enquête de France 2 consacré à Rachida Dati. Et il a publié le fruit de son travail chez nos confrères et amis de off-investigation, ce qui n'a, on l'imagine, pas plu à notre bien-aimé ministre de la Culture, laquelle s'est plainte du contenu de l'émission, après avoir tenté de tout faire pour l'empêcher de sortir. Niels nous racontera. Salut Niels.
Salut Fabrice. Salut à toutes et à tous.
Alors Niels, Macron s'est agacé, paraît-il, de l'initiative de la flottie de la liberté.
Eh oui, c'est le moins qu'on puisse dire. Un autre président a fait le service minimum sur le bateau des activistes qui a tenté de secourir les Palestiniens. Le président a simplement demandé de permettre le retour de nos six ressortissants français dans les plus brefs délais, je cite, après que ce navire composé de médecins, d'un journaliste, de parlementaires, de militants, tenté de rallier la bande de Gaza, a été arrêté, dérouté par les autorités israéliennes. C'est ce que fait savoir l'Élysée. Évidemment, tout ça a été suivi avec beaucoup de vigilance
par le Quai d'Orsay. Et je dirais deux choses très simples. D'abord, la France est vigilante et aux côtés de tous ses ressortissants lorsqu'ils sont en danger. Donc nous avons évidemment passé tous les messages pour que la protection soit assurée à l'égard de nos ressortissants, que la protection consulaire à laquelle ils ont droit soit assurée et qu'au plus vite, dès qu'ils auront eux-mêmes signé les autorisations, ils puissent retrouver le sol français. Et les liens entre nos ministères des Affaires étrangères sont constants. Ensuite et surtout, la France appelle à un cessez-le-feu au plus vite et à la levée du blocus humanitaire. Le scandale, l'inacceptable qui se joue à Gaza, c'est cela.
Et c'est ce qui, depuis début mars, est une honte.
Une honte. Voilà. Et à son bord, notamment, se trouvait l'eurodéputé LFI, donc Rima Hassan, franco-palestinienne. Alors, j'ai contacté mes sources. Le palais veut à tout prix, je cite, dépolitiser l'affaire, comme me l'a confié un contact de l'exécutif. Alors, ça veut dire quoi, dépolitiser, venant de Macron, un grand spécialiste en la matière ? Cela signifie feindre de se placer au-dessus des partis. À écouter l'Elysée, il s'agit presque d'un navire de plaisanciers, de touristes qui a été victime d'une banale opération de police. Or, il faut quand même rappeler que les militants de la cause palestinienne sont réprimés en France au quotidien, presque.
Les manifestations sont souvent interdites. Ça ne date pas, d'ailleurs, de Macron. C'était déjà le cas sous le quinquennat Hollande avec le gouvernement Valls, qui se disait pourtant de gauche. Les associations, elles sont aussi visées au prétexte de la lutte contre le séparatisme. C'est une loi qui est de plus en plus utilisée pour baïonner la liberté d'expression et la liberté associative. Et le soutien au terrorisme figure en bonne place parmi les arguments les plus récurrents pour justifier des mesures liberticides.
Et puis, Fabrice, il y a une raison moins avouable, mais qui ne va pas t'étonner, et qui explique cette volonté de Macron d'en faire le moins possible pour Ima Hassan et cette initiative, c'est évidemment son égo. Le président ne supporte pas qu'on lui vole la vedette parce qu'au même moment, il était à Monaco, puis à Nice pour son grand sommet des océans. C'est l'un des derniers grands rendez-vous marquants de sa présidence. C'est ce que m'explique l'un de ses proches. Et d'ailleurs, on l'a vu déambuler dans les rues de Monaco avant le sommet, donc avec son épouse Brigitte, par ailleurs. Voilà, donc petit test de popularité pour le président.
Dans l'une des villes les plus riches du monde, en tout cas, l'état de Monaco est celui où il y a le plus fort PIB, un des plus forts PIB dans le monde. Voilà, alors en plus, il n'était pas très content parce que ce sommet a été quand même très compliqué à organiser pour des soucis d'infrastructures, notamment qui sont propres à la ville de Nice, où se déroule ce fameux sommet des océans. Et l'Élysée n'a cessé de souffler aux journalistes qu'ils s'étaient très impliqués dans le processus. Alors, je traduis pour vous, il a surtout piqué des crises pour que tout soit prêt dans les temps. Voilà.
Mais Nils, pourquoi le président de la République se montre aussi frustré par cette initiative ?
Oui, parce que cette traversée représente, pense-t-il, une forme de parasitisme. Ça parasite ses efforts pour tenter de régler la guerre menée par Israël. Évidemment, parce qu'il veut absolument régler ça avant la fin de son mandat, n'est-ce pas ? Entre autres, la paix dans le monde, la fin du chômage, la fin des SDF qui dorment dans la rue. Bon, il y a aussi, évidemment, le conflit israélo-palestinien. Alors, une source au Quai d'Orsay m'explique, le président se veut actif, mais discret. Il veut dénoncer, évidemment, le blocus de Gaza, tout en évitant l'escalade diplomatique.
Le problème, évidemment, c'est que Macron, un bon adepte du en même temps, veut concilier à la fois la défense de nos ressortissants français et la condamnation du blocus de Gaza, tout en maintenant un lien stratégique avec Israël. On l'a vu, notamment, avec cette fameuse livraison d'armes qui a été bloquée par des dockers. Bref, c'est un peu mission impossible. Résultat, à force de vouloir contenter tout le monde, il perd sur tous les fronts, observe ce diplomate. Alors, évidemment, la France insoumise crie à la lâcheté. La droite et l'extrême droite, elles fustigent une ambiguïté dangereuse, voire un glissement idéologique en considérant que la France doit rester un allié clair d'Israël.
Alors, en plus, Macron est engagé dans un processus pour tenter d'acter la reconnaissance de l'État palestinien pour la France avec une deadline qui est fixée bientôt. On est le 12 au moment où nous enregistrons cette émission. Et donc, dans cinq jours, le 17 jusqu'au 21 juin, il y aura une grande conférence de l'ONU à New York sur le sujet. Et en tout cas, nous sommes en train de mobiliser largement
pour avoir d'autres pays qui viennent avec nous, pour aussi obtenir la libération des otages, un cessez-le-feu, la réouverture humanitaire à Gaza qui est la nécessité du moment absolu. Mais c'est surtout porter un travail diplomatique qui est de dire cessez-le-feu, libération des otages, démilitarisation du Hamas. Mais la solution à tout cela dans la durée, elle est politique. C'est la reconnaissance d'un État de Palestine vivant dans le respect et la reconnaissance d'un État d'Israël, reconnaissant sa sécurité et avec une architecture de sécurité.
Donc vous n'avez pas changé d'avis et vous allez le faire la semaine prochaine.
Et donc on va avancer tous ensemble.
Je ne vais pas défleurer le 18 juin, mais on avance tous ensemble. C'est en effet à cette date que Emmanuel Macron doit en principe théoriquement annoncer la reconnaissance de l'État de Palestine par la France. Sauf que dans l'esprit du président, ce qui est toujours un sauf ou un mais, cette reconnaissance, elle doit s'inscrire dans un cadre collectif. La France doit avoir à ses côtés le Royaume-Uni, le Canada, voire le Japon. Ça, c'est pour les pays du G7, mais aussi l'Australie, pourquoi pas, la Nouvelle-Zélande, ainsi que des membres de l'Union européenne, pourquoi pas la Belgique, le Pays-Bas, le Danemark, le Portugal et le Luxembourg.
Alors évidemment, cette initiative diplomatique d'Emmanuel Macron, elle ne plaît pas du tout au gouvernement Netanyahou. Alors on l'a vu, il y a eu une escalade verbale d'ailleurs entre les deux dirigeants ces dernières semaines. Et évidemment, le gouvernement israélien tente par tous les moyens de faire capoter le plan français, comme l'ambassadeur israélien l'a fait comprendre au Sénat cette semaine.
La reconnaissance de l'État palestinien par la France la semaine prochaine sera un désastre pour les Palestiniens, pour les Israéliens, pour les relations franco-israéliennes et pour la possibilité de la France d'influencer les différents processus diplomatiques qui pourraient avoir lieu au Moyen-Orient dans le futur.
Quelles pourraient être les options d'Emmanuel Macron ? Faute d'engranger des soutiens internationaux, puisque nos alliés sont particulièrement frileux, Emmanuel Macron pourrait opter pour une formule graduelle, un engagement de reconnaissance d'ici à un an, par exemple, lié au désarmement du Hamas ou à une hypothétique réforme de l'autorité palestinienne. Donc on le voit, il n'est pas du tout certain d'ici quelques jours qu'Emmanuel Macron franchisse ce pas décisif d'une reconnaissance de l'État palestinien. Pourquoi finalement l'Élysée commence déjà un petit peu à amorcer des éléments de langage comme ça de déception en quelque sorte ?
C'est que Macron apparemment tente de rendre sa politique diplomatique plus concrète. C'est ce que me souffle un diplomate. Et c'est vrai que dans cette émission ou ailleurs sur le média et même ailleurs dans les médias en général, on a parfois reproché, souvent même au président, ces envolées lyriques qui sont souvent peu suivies des faits, que ce soit sur le continent africain ou en Ukraine par exemple. Autant dire que l'initiative de Mélenchon qui vise à faire du bruit autour de Rima Hassan exaspère particulièrement Emmanuel Macron.
Voici ce qu'il vous reste à entendre, monsieur le Premier ministre, monsieur le Président de la République, la personne de madame Rima Hassan, parce qu'elle est députée du peuple français, sa personne est sacrée. La République, c'est elle.
Pas vous ! Voilà, alors on a entendu effectivement Mélenchon expliquer que Rima Hassan est une personne, sa personne est sacrée, que la République, c'est elle. Alors évidemment, c'est une allusion assez claire à sa célèbre formule prononcée en 2018, quand des policiers étaient venus perquisitionner le siège de la France insoumise. Séance captée à l'époque par les caméras de quotidien qui avaient marqué les esprits. Et évidemment, les propos de Mathilde Panot cette semaine sur Rima Hassan et sur évidemment les engagements de la France vis-à-vis d'Israël ont aussi beaucoup contrarié l'Élysée. On réécoute la présidente des députés de la France insoumise.
Nous saluons leur courage immense et que les militants du Madeleine et notamment Rima Hassan, eurodéputée insoumise, ont fait plus en quelques jours que ce que Macron et les gouvernements européens ont fait en 20 mois de génocide. Je rappelle aussi que l'objectif de la flottille et du bateau est de briser le blocus illégal de Gaza avec un génocide qui continue maintenant depuis 20 mois et une famine qui est utilisée comme arme de guerre avec un blocus total et des images absolument insoutenables et encore ce lundi 13 personnes qui ont été tuées dans des distributions alimentaires qui deviennent des pièges mortels.
Voilà, donc les militants du Madeleine et notamment Rima Hassan ont fait plus en quelques jours que ce que Macron et les gouvernements européens ont fait en 20 mois. Alors là, c'est une formule qui a fait vriller l'Elysée. Alors, aux dernières nouvelles, Rima Hassan est attendue ce jeudi soir en France. Évidemment, le gouvernement israélien voudrait s'en débarrasser le plus rapidement possible en l'expulsant, ce qu'elle refuse. Effectivement, elle a refusé de signer un document dans lequel elle aurait reconnu que son initiative était illégale, ce qu'elle refuse, ce qu'elle conteste. Et évidemment, à la France insoumise, on refuse de baisser en tonalité sur la mobilisation.
Et d'ailleurs, la France insoumise annonce déjà de nouvelles manifestations ce jeudi soir, puis samedi, place de la République à Paris. Et évidemment, Jean-Luc Mélenchon veut jouer la bataille de l'opinion contre l'officialité, je cite, comme il l'explicite dans sa note de blog, baptiser un petit bateau pour notre honneur publié le 7 juin. Et il est évident que ça déplait à Emmanuel Macron parce qu'il considère que Jean-Luc Mélenchon, tourné vers la présidentielle de 2027, empiète sur ses prérogatives.
Alors, second sujet, Nils Rachida Dati, elle fait beaucoup parler d'elle ces derniers jours et il paraît que cela ne plaît pas beaucoup à l'Élysée.
En apparence, notre ministre de la Culture bien-aimée est en pleine forme, elle ne laisse rien paraître en public. On l'a vu cette semaine paradée, j'utilise le verbe à justesciant, participée, parader lors de la visite d'État du président brésilien Lula avec le couple Macron et d'ailleurs, Brigitte Macron et elle se sont embrassées devant les caméras, on rit ensemble, posées pour les photos complices. Elles ont chaleureusement accueilli la ministre brésilienne de la Culture et l'épouse du président Lula comme on peut le voir sur cette vidéo de la ministre de la Culture.
Voilà,
alors c'est une vidéo très chantante, en coulisses, l'ambiance est beaucoup moins à la samba, c'est plutôt une explosion de colère. Dati est en effet épinglé pour ses casseroles dans le dernier numéro de complément d'enquête sur France 2. La ministre de la Culture est soupçonnée d'avoir perçu d'importantes liasses en échange d'un travail de lobbying pour GDF Suez, désormais Engie, au Parlement européen. Alors évidemment, elle dément. France 2 révèle pourtant l'existence de plusieurs paiements intitulés, je cite, Dati, honoraire GDF Suez. Regardez.
Lors de notre enquête, nous nous sommes procurés des documents exceptionnels. Il révèle l'existence d'un lien entre Rachida Dati et le groupe GDF Suez, contrairement à ce qu'elle a toujours déclaré. Sur ses fichiers comptables, on peut voir en octobre 2010 un paiement à venir de 149 500 euros intitulé Dati, honoraire GDF Suez. Un deuxième du même montant, chèque Dati, suivra en février 2011.
Et pourtant, Nils, Macron l'a assumé, il le savait déjà avant de la nommer, il savait que Rachida Dati était mise en examen.
Oui, c'est vrai qu'elle a été nommée ministre de la Culture avec le soutien d'Emmanuel Macron dès janvier 2024, malgré sa mise en examen pour corruption et trafic d'influence. Par contre, c'est une autre affaire, c'est l'affaire Ghosn-Renaud. Elle est soupçonnée par le parquet national financier et les juges d'instruction d'avoir touché 900 000 euros de Renault entre 2012 et 2012, ce qu'elle nie aussi. Et elle a récemment aussi épinglé par Libération pour 420 000 euros de bijoux non déclarés selon l'enquête du journal. Le tout sans provoquer de réaction de la majorité des médias généralistes. Regardez cette séquence édifiante sur France Inter. Merci.
Un dernier mot. Ah, c'est fini ? Oui, c'est fini. Il n'y a pas les auditeurs ? Ah bah non, on a... Ah bon ? Avec toutes les questions et vos réponses... C'est vous ? Ah bah oui, c'est nous, oui. Un mot sur les révélations de Libération sur les bijoux. 400 000 euros oubliés. Vous avez régularisé ? Ça ne vous a pas échappé que Laurent Léger est un intime de Mme Hidalgo, que Libération est subventionnée par la mairie de Paris. J'en suis dans une vingtaine d'articles. Je vois qu'il publie un article. Maintenant, je suis habituée, je dépose plainte. Donc voilà. Vous avez régularisé ? Vous savez, moi, je vous dirais... Je n'ai rien à régulariser.
Je n'ai jamais été prise en défaut sur aucune déclaration. Donc, ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Merci, Rachida Dati, d'avoir été à notre micro ce matin. Il est 8h49 déjà.
Voilà. Alors, ce qui contrarie Emmanuel Macron, ce ne sont pas ces nouveaux soupçons de corruption que la diffusion d'un enregistrement datant de janvier 2024 où Rachida Dati révèle à ses alliés de la droite que les macronistes l'ont nommé ministre parallèlement à une promesse de la soutenir dans sa volonté de conquérir la mairie de Paris en 2026. Et c'est cette révélation-là qui agace particulièrement Emmanuel Macron puisqu'elle expose de manière très crue finalement que les macronistes sont prêts à tous les compromis pour permettre à la droite de battre la gauche au niveau municipal. Regardez cet extrait avec cet enregistrement.
J'en ai discuté aussi avec Eric et donc sur le groupe moi je voulais avoir évidemment votre avis les uns et les autres. Tu as mon soutien le plus total Rachida. Et comme d'habitude d'ailleurs on est souvent d'accord avec Jean-Pierre j'exprimerai la même opinion que lui concernant ta nomination. Moi je voulais te remercier Jean-Pierre et Philippe vraiment ça me touche que ce soit aussi spontané et donc on aura une assurance qui est un candidat unique et que l'alternance on puisse l'apporter. Ah oui. Ça tu as eu cette assurance ? Oui oui bien sûr Catherine ça a été tout le sujet de cet après-midi.
Simplement sur la conquête de Paris moi c'est une condition non seulement je voudrais être candidate à la mairie de Paris et surtout qu'on puisse être soutenu dans cette démarche.
Voilà donc on entend effectivement Rachida Dati expliquer fièrement à ses collègues LR à Paris que le chef de l'État lui a assuré son soutien au municipal alors qu'elle et le président ont assuré tout le contraire en public et c'est ce sujet qui agite les politiciens sur les réseaux sociaux et non les soupçons de corruption alors soupçons qui sont quand même assez graves puisque la ministre de la Culture risque théoriquement jusqu'à 10 ans de prison et dans les réactions politiques seule Marine Tondelier la patronne des écolos a dénoncé publiquement sur X des révélations consternantes et appelé à la démission de la ministre zéro réaction de la part du PS Olivier Faure pour effectivement le Parti Socialiste ou encore du communiste Fabien Roussel ou même de Jean-Luc Mélenchon chez LFI silence à gauche silence écrasant également évidemment à droite et surtout à l'extrême droite
Et je l'évoquais en introduction tu as eu vent aussi Nils de tentative de Rachida Dati d'empêcher la sortie de ce complément d'enquête
Et oui c'était un petit peu la panique à bord et c'est vrai que France Télévisions a eu beaucoup de mal enfin en tout cas les équipes de complément d'enquête ont eu du mal à faire accepter ce sujet à la direction de France Télévisions le sujet d'ailleurs initialement devait être diffusé avant les européennes donc ça remonte quand même et ça ne s'est pas fait selon mes informations alors Rachida Dati a aussi envoyé plusieurs coups de pression à la direction du groupe public selon mes sources elle est allée jusqu'à prétendre que les journalistes payaient leurs sources pour lui nuire alors évidemment au niveau de la direction on dément bien sûr mais elle a refait le coup lors du reportage de complément d'enquête observons la scène
Moi je n'aime pas le combat en dessous de la ceinture parce que quand vous envoyez quelqu'un payer un de mes frères aller chercher un de mes cousins vous voulez le payer j'ai tous les échanges j'ai tous les échanges très bien de prouver moi je n'ai jamais précédé à ce genre de méthode je ne peux pas vous laisser dire ça je vous le dis parce que c'est une réalité j'ai tous les échanges mais c'est une erreur montrez-les moi c'est une erreur moi je n'ai jamais fait ça vous faites ce que vous voulez monsieur mais moi je ne paye personne je ne paye personne vous payez des gens c'est faux vous avez proposé un paiement pour avoir des témoignages et vous tenez ça d'où ?
j'ai des échanges montrez-les nous je ne sais pas vous le montrez je les montrerai en temps utile je suis très tranquille au revoir par déontologie nous ne proposons absolument jamais d'acheter un témoignage
voilà alors ma source à France Télévisions m'indique que c'est faux évidemment la direction a procédé à des vérifications et puis Rachida Dati elle a aussi brandi son arme ultime c'est la réforme de l'audiovisuel dont on a déjà un petit peu parlé dans cette émission et qui pise officiellement à créer une holding audiovisuelle pour regrouper les forces et les énergies je cite de l'audiovisuel public alors aux médias on sait ce que veut dire évidemment faire des regroupements des énergies pour les gouvernements successifs ça veut surtout dire faire des économies de moyens et de budget sur le dos des personnels évidemment de France Télévisions et de Radio France et donc ça évidemment ça provoque des remous en interne et puis dans le monde de la culture et politique en général Et les collègues de Rachida Dati au gouvernement ils en pensent quoi ?
Ils en pensent rien elle les terrorise c'est l'omerta totale Fabrice aucun collègue de la ministre de la culture n'a évoqué publiquement le sujet de la délinquance financière pourtant explosif pour ce gouvernement mais les phrases que judiciaires de leurs collègues font jaser en coulisses un ministre de plein exercice me confie je ne suis pas étonné par ce silence elle fait peur à tout le monde c'est ce qu'il m'a écrit Rachida c'est le président c'est l'Elysée c'est ce que m'explique un conseiller de l'exécutif au niveau du gouvernement donc comprendre François Bayrou s'en lave les mains il est vrai que notre premier ministre a d'autres sujets de préoccupation de son côté entre le budget l'affaire Betaram qui continue de le poursuivre et son propre procès dans l'affaire des assistantes du modem qui arrive bientôt donc un agenda judiciaire également chargé pour le chef du gouvernement alors en coulisses Rachida Dati serait furieuse loin des sourires de circonstances c'est des signes de main qu'elle fait en public ou même en s'affichant aux côtés des Macron je m'en fous cette affaire c'est prescrit aurait-elle réagi en privé c'est ce que nous explique le canard enchaîné de cette semaine en ajoutant j'aurai le scalp de Delphine Ernot avant de partir du ministère de la culture alors de ce côté là c'est un petit peu raté puisque Delphine Ernot comme tu le sais a été renommée à la tête de France Télévisions d'ailleurs c'est une première dans l'histoire de la télévision française une troisième fois que l'ARCOM effectivement la mise à la tête de France Télévisions et alors évidemment le cabinet de Rachida Dati a été sollicité par les journalistes pour savoir si effectivement elle avait prononcé ces paroles que le canard enchaîné lui prête et évidemment le cabinet de la ministre réfute je cite avoir exercé une quelconque pression à l'égard de France Télévisions on n'est pas obligé de les croire
merci beaucoup Nils et merci à vous d'avoir regardé cette émission n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé en allant en commentaire sur Youtube ou via l'adresse contactaobaslemédiatv.fr et si vous le pouvez soutenez-nous soutenez notre riposte contre l'extrême droite en allant sur le site internet campagne.lemédiatv.fr bonne suite des programmes sur le média et si vous en avez pensé
Rima Hassan