Le récit fou d'un militant barcelonais : "Comment le service d'ordre de Macron m'a maltraité"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:11OuverteRéponse directe
Comment allez-vous pour commencer ?
- 1:36OuverteRéponse directe
De qui venait s'est hué ?
- 1:54OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez pu échanger avec eux pour connaître la raison de cet accueil ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Quel était le message, en fait, clairement ? Pourquoi être venu avec ce t-shirt ?
- 3:14OuverteRéponse directe
D'ailleurs, on aimerait savoir comment ça s'est passé, parce que là, on vous voit sur cet extrait qu'on a pu voir tourner sur les réseaux sociaux, où on vous accompagne vers la sortie. Ça a été immédiat ? Le président a pu voir le message ou pas ?
- 6:32OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez donner suite à ce que vous vivez, manifestement, factuellement, comme une injustice ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50PrésentateurFait
« Le président Macron avait d'abord essuyé DUE, comme vous l'entendez. »
- 1:04PrésentateurFait
« Il n'en a pas fallu davantage pour qu'il se fasse évacuer par le service d'ordre. »
- 2:24Invité politiqueFait
« J'avais été invité par la présidence de la République, étant donné que j'avais contribué à la bonne teneur des élections législatives et présidentielles de 2022. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Je voulais tout simplement montrer à Emmanuel Macron qu'ici aussi, la communauté française en Espagne est concernée par cette réforme des retraites. »
- 3:40Invité politiqueFait
« J'ai été donc au bout de deux, trois minutes repéré par le service d'ordre et de sécurité présidentielle. »
- 3:54Invité politiqueFait
« Ils sont venus m'interroger, me demander de les suivre. »
- 4:29Invité politiqueFait
« On a procédé à une fouille assez musclée, étant donné qu'on a pris absolument tout ce que j'avais sur moi, mes cartes, mes différentes cartes d'identité, mes cartes de crédit, mon téléphone également. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Oui, on a récupéré mon téléphone et on a supprimé certaines données personnelles. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Toutes les photos qui étaient relatives à cet acte politique ont été supprimées. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Je n'ai pas troublé l'ordre public établi par la loi. »
- 5:25Invité politiqueFait
« La liberté d'expression date de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Elle est contenue dans son article 10. »
- 5:38Invité politiqueFait
« J'ai simplement arboré un t-shirt avec un message politique. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Le président s'exprimait devant la communauté française de Barcelone. »
- 6:09Invité politiqueFait
« L'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne précise que toute personne a le droit à la liberté d'expression. »
Temps de parole
- Invité politique72 %
- Présentateur22 %
- ?6 %
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On a procédé à une fouille assez musclée, étant donné qu'on a pris absolument tout ce que j'avais sur moi, mes cartes, mes différentes cartes d'identité, mes cartes de crédit, mon téléphone également.
Souvenez-vous, jeudi dernier, alors que les Françaises et Français battaient le pavé en France contre la réforme des retraites imposées par Emmanuel Macron, ce dernier et plusieurs membres de son gouvernement étaient en Espagne, à Barcelone, en Catalogne, pour être plus précis, pour signer un traité de coopération franco-espagnol. On vous avait déjà montré les images, dans le Toujours debout de jeudi soir, on vous les remontre. Le président Macron avait d'abord essuyé DUE, comme vous l'entendez. Un autre événement, peut-être plus préoccupant encore pour la liberté d'expression, s'est produit durant le discours du président.
À cette occasion, c'est l'histoire de Youssef Anayen, militant et co-référent LFI de la 5e circonscription des Français de l'étranger, du coup en Espagne. Il était venu assister au discours d'Emmanuel Macron, muni d'un t-shirt « hostile » à la réforme des retraites. Il n'en a pas fallu davantage pour qu'il se fasse évacuer par le service d'ordre. On l'accueille en visio pour cette nouvelle entreprise et que tu. Alors bonjour Youssef. Bonjour. Comment allez-vous pour commencer ?
Je vais très bien, je suis désormais à Géronne, je suis rentré chez moi. J'ai pu reprendre mes activités académiques et professionnelles et reprendre une vie normale.
Tout va bien. Alors, avant de revenir à vous, on n'en a pas entendu trop parler dans les médias français de cette séquence où Emmanuel Macron se fait huer par la foule à son arrivée. De qui venait s'est hué ?
Oui, donc il a été hué par certains militants indépendantistes catalans et donc des militants espagnols qui étaient venus l'accueillir. Et pourquoi ? Vous avez pu échanger avec eux ? C'était à l'arrivée d'Emmanuel Macron à Barcelone.
Est-ce que vous avez pu échanger avec eux pour connaître la raison de cet accueil ?
Malheureusement, je n'ai pas pu échanger avec eux, mais j'ai des amis qui sont en contact avec certaines plateformes, la plateforme pour la langue et d'autres plateformes indépendantistes et militantes ici en Catalogne.
Bien.
Alors, vous étiez donc venu, on l'a compris, manifester, enfin tout du moins exprimer un message, un message à faire passer, j'imagine, avec d'autres militants insoumis, vous allez nous le dire. Quel était le message, en fait, clairement ? Pourquoi être venu avec ce t-shirt ?
Donc oui, tout simplement, j'avais été invité par la présidence de la République, étant donné que j'avais contribué à la bonne teneur des élections législatives et présidentielles de 2022. J'avais été assesseur d'un bureau de vote à Géronne, justement. Et donc, je voulais tout simplement montrer à Emmanuel Macron qu'ici aussi, la communauté française en Espagne est concernée par cette réforme des retraites. Et comme disait Charb, la liberté d'expression n'est pas assez utilisée par ceux qui ont les moyens de s'en servir. C'est donc pourquoi j'ai décidé de me munir de ce t-shirt et de ce message politique.
Et j'ai simplement essayé d'utiliser ma liberté d'expression, ma liberté d'opinion pour faire passer ce message politique à Emmanuel Macron. Malheureusement…
Le service d'ordre est venu. D'ailleurs, on aimerait savoir comment ça s'est passé, parce que là, on vous voit sur cet extrait qu'on a pu voir tourner sur les réseaux sociaux, où on vous accompagne vers la sortie. Ça a été immédiat ? Le président a pu voir le message ou pas ?
Je ne sais pas si le président a pu voir le message. J'étais à peu près au quatrième rang, à peu près, il y avait quand même pas mal de monde ici présent. J'étais le seul à arborer un t-shirt hostile à la réforme des retraites, le seul à vouloir profiter de cet événement pour faire passer un message politique. J'ai été donc au bout de deux, trois minutes repéré par le service d'ordre et de sécurité présidentielle. Ils sont venus m'interroger, me demander de les suivre. Je leur ai dit pourtant que j'étais pacifique, que je n'avais absolument rien fait. Ils m'ont dit oui, mais on doit absolument vous poser quelques questions.
Et comme je vous le disais, moi, je voulais simplement faire passer un message politique. J'étais venu donc de manière pacifique. Je ne voulais pas interpeller le président, ni lui crier dessus, ni quoi que ce soit. Je voulais simplement qu'ils voient que certains Français de la communauté française de Barcelone sont opposés à cette réforme des retraites. Et malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion d'échanger avec lui, ni quoi que ce soit, étant donné que le service d'ordre m'a escorté très rapidement en dehors de la salle.
On a procédé à une fouille assez musclée, étant donné qu'on a pris absolument tout ce que j'avais sur moi, mes cartes, mes différentes cartes d'identité, mes cartes de crédit, mon téléphone également. Et ensuite, on m'a escorté. Oui, on a récupéré mon téléphone et on a supprimé certaines données personnelles. Toutes les photos qui étaient relatives à cet acte politique ont été supprimées. Heureusement, il y a eu la presse et d'autres personnes également qui étaient présentes, qui ont pris des photos. Et donc, tout n'est pas perdu, heureusement. Mais tout ça constitue quand même une entrave très importante à mes libertés politiques, telles que la liberté d'expression et la liberté d'opinion.
Donc, je rappelle que la liberté d'expression date de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Elle est contenue dans son article 10. Et on dit que nul ne doit être inquiété pour ses opinions, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. Or, je n'ai pas troublé l'ordre public établi par la loi. Je n'ai même pas interpellé le président. J'ai simplement arboré un t-shirt avec un message politique. De plus, j'ai reçu pas mal de critiques et d'insultes sur les réseaux sociaux de la part de militants de Renaissance du Parti présidentiel, en me disant que je souhaitais exporter un problème franco-français en Espagne.
Mais je rappelle que, premièrement, le président s'exprimait devant la communauté française de Barcelone. Et en plus de ça, l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne précise que toute personne a le droit à la liberté d'expression. Ce droit comporte la liberté d'opinion et la liberté de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir une ingérence d'autorité publique et sans considération de frontières. Alors que je sois en Espagne ou en France, ça ne change pas grand-chose.
Est-ce que vous allez donner suite à ce que vous vivez, manifestement, factuellement, comme une injustice ?
Pour être honnête avec vous, je discute avec certains militants, avec des personnes qui sont en contact avec des juristes. Il y a peut-être la possibilité d'exprimer un recours. On ne sait pas trop si on va le faire. Parce que vous imaginez bien, pour ce genre de procédure, ça prend énormément de temps. Et la récompense, peut-être, sera infime par rapport à tous les efforts engagés. Du coup, nous ne sommes pas sûrs encore des poursuites possibles et éventuelles.
Et ma dernière question, c'est plutôt sur vous, en tant que militant, finalement. Quel est votre sentiment aujourd'hui, après avoir vécu quelque chose qui bridait votre... Est-ce que vous avez envie de continuer à militer ? Ou alors, là, vous êtes un peu dégoûté et vous dites, bon, ça ne sert pas à grand-chose ?
Au contraire, ça renforce mon envie, ma volonté de militer. J'appelle même plus de jeunes, plus de personnes à s'impliquer. Même dans les manifestations, je leur demande de porter des t-shirts, non à votre réforme des retraites, prouver que le parti présidentiel veut toujours passer en force. Il revendique le dialogue. Mais au final, même quand on arbore un t-shirt, il ne dialogue pas avec vous. Il vous escorte dehors. On passe en force avec le 49-3. Il y a quand même de gros problèmes aujourd'hui dans nos sociétés occidentales. Il y a un affaiblissement de l'état de droit et démocratique. Et tout ça, c'est ce que je dénonce.
Et je demande à plus de jeunes, plus de personnes de s'impliquer et donc de dire non à cette réforme des retraites, de dire non à cette monarchie présidentielle et donc de s'engager, tout simplement.
Eh bien, merci. Le message est passé. Merci Youssef. Bonne journée à vous.
Je vous remercie énormément. Avec plaisir. Au revoir.
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