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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 21 juin 2026 12 min

Interview de François Kalfon, député européen PS

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour François Calfon.

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François Kalfon

Bonjour.

0:03
Présentateur

Bienvenue sur Europe 1, merci d'être avec nous. Plusieurs départements sont donc placés aujourd'hui en vigilance rouge. Canicule 35 au total, c'est un record. 41 degrés attendus, notamment à Cahors. Et en ce jour de la fête de la musique, le gouvernement a pris une décision. Pas de vente d'alcool dans ces départements en rouge pour éviter de surcharger les services d'urgence. Mais ma question ce matin, François Calfon, elle est plus large. En 2003, la canicule avait provoqué près de 15 000 morts. 23 ans plus tard, on découvre encore des écoles, des EHPAD ou des bâtiments publics mal adaptés aux fortes chaleurs.

J'ai vu qu'à Paris, le maire socialiste Emmanuel Grégoire a commandé un peu dans l'urgence plus de 1300 climatiseurs. Gouverner, c'est prévoit François Calfon. Comment, 23 ans après le drame de 2003, on a encore le sentiment d'agir dans l'urgence ? C'est un peu des mesures pansements en fait.

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François Kalfon

Écoutez, déjà il y a beaucoup de gens qui pendant très longtemps, il faut avoir l'honnêteté de le dire, au-delà des responsables politiques, n'ont pas cru au changement climatique. Donc ça n'aide pas pour les mesures de politique publique. Vous voyez, moi je suis au Parlement européen, et actuellement on est en train de faire la revoyure du pacte vert, qui prévoyait la transition écologique des voitures vers l'électrification. Vous avez quand même la moitié du Parlement pour retarder, voire refuser, cette électrification, alors qu'on sait pertinemment que 25% du CO2 produit dans l'atmosphère l'est par les transports, et que cette part ne cesse d'augmenter.

Donc vous voyez, il y a une forme de résistance. La deuxième chose sur la climatisation, moi je ne suis pas un expert, je suis un homme politique, mais on sait très bien que la climatisation est mauvaise pour le climat. C'est-à-dire que sur le moment, elle vous protège, et moi je suppose qu'elle nous protège, mais sur le moyen et long terme, finalement ça ne fait qu'aggraver de problèmes. Non, la réalité c'est qu'il faut absolument, finalement, adapter, et vous avez raison de poser la question, la ville du changement climatique, en ce qui concerne la ville de Paris, elle a toutes ces années-là, finalement, débitumé les cours.

Je crois que beaucoup de collectivités locales le font, et c'est vrai que si vous végétalisez des espaces publics, vous pouvez gagner jusqu'à 4, 5, 6 degrés. Mais ce qui interroge François Calfons,

2:16
Présentateur

ce qui interroge, c'est les 23 années qui sont passées, il y a eu un gouvernement socialiste avec François Hollande, il y a eu d'autres personnes, je ne pointe personne du doigt, mais les Français se disent ce matin, c'est la parole du politique qui est en jeu. En 23 ans, on a encore l'impression de faire du bricolage, 23 ans plus tard.

2:31
François Kalfon

Écoutez, parce que pendant très longtemps, on n'a pas eu des conséquences en termes d'augmentation, et les gens, par rapport au changement climatique, comme Saint-Thomas, ils ne croient que ce qu'ils voient. Et maintenant, nous y sommes, et même au-delà même de certaines prévisions des scientifiques, nous sommes bien dans des changements climatiques absolument structurels. Et là, nous sommes en été, pardon, mais les épisodes méditerranéens, c'est-à-dire qu'à la fin de l'été, notamment sur la façade méditerranéenne, nous aurons, comme on a eu à Valencia, comme on a eu dans la Roya, des inondations dantesques. Donc, il s'agit bien, bien sûr, de permettre de fournir des climatiseurs aux EHPAD.

Aujourd'hui, puisque vous parliez de 2003, on n'a pas cette épidémie de mort, de surmortalité. Souvenez-vous, c'était des dizaines de milliers. Mais sur le plan scolaire, oui, il y a une difficulté. Mais je pourrais rajouter aussi, pour aller dans votre sens, parce que quand la SNCF décide, ex-Nilon, de supprimer 80 trains avant même que l'épisode, finalement, caliculaire, n'intervienne, je pense que la solution n'est pas de faire payer les usagers, les citoyens, les consommateurs. Elle est dans un changement à la fois plus profond et plus durable.

3:46
Présentateur

François Calfon, vous êtes député européen. Je voulais quand même vous faire réagir aussi à cette fête de la musique qui va se dérouler sous une très forte chaleur, on l'a bien compris. Mais il y aura également ce concert de la France Insoumise qui est prévu Place de la République. Dans un premier temps, la préfecture de police avait interdit ce concert et les filles. Puis le tribunal administratif a retoqué la décision. Il va bien avoir lieu ce concert de la France Insoumise. Est-ce que cette fête de la musique, il faut qu'elle soit politisée ? Est-ce que vous trouvez ça bien qu'un concert La France Insoumise se déroule Place de la République aujourd'hui à Paris ?

4:17
François Kalfon

Écoutez, là-dessus, j'ai envie de vous dire, moi, je n'irai pas. Je vous le dis très tranquillement parce qu'effectivement, c'est les temps et les moments où on veut quelque chose fédère. Mais moi, ce que je note surtout, c'était la réaction de M. Mélenchon qui immédiatement est allé accuser le CRIF. Oui, il a accusé, vous avez raison,

4:37
Présentateur

le CRIF d'avoir pesé dans la décision initiale d'interdiction.

4:40
François Kalfon

Tout le monde était contre lui, le préfet, les autorités, les juges, parce que tous ces gens étaient manipulés, je cite, par le CRIF. On s'aperçoit que la justice agit, qu'elle rend des décisions et que ça ne se passe pas comme dans le monde complotiste et antisémite de M. Mélenchon. Voilà, raison de plus pour laquelle je n'irai pas voir ce concert.

5:05
Présentateur

Ça vous conforte d'ailleurs les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, les dernières en question. Plus jamais d'alliance avec la France insoumise. Je vous ai entendu d'ailleurs avec des propos assez durs aussi envers Bali Bakayoko, le maire de Saint-Denis, qui a dit qu'on avait le droit de siffler la Marseillaise. Bref, tout ça fait qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste a déjà pris sa distance lors des législatives, mais en vue de la présidentielle, il dit, attendez, là, c'est terminé.

5:28
François Kalfon

Pour moi, c'était terminé. Celles et ceux d'ailleurs de mes amis qui ont finalement...

5:33
Présentateur

On a vu quand même aux législatives encore quelques villes qui ont décidé quand même...

5:39
François Kalfon

Je vais vous répondre, vous êtes affûté. Celles et ceux qui ont fait ce choix-là, on a été pour leur grappe, puisque de toute façon, ils n'ont pas été élus. Le choix de soutenir la France insoumise à Toulouse ou dans d'autres n'a pas été couronné de succès. Par contre, je salue à votre micro l'élection de Catherine Trottmann à Strasbourg face à une coalition dans laquelle la France insoumise était présente. Je pense que les électeurs, et d'ailleurs les scores prêtés à Raphaël Glucksmann, montrent bien qu'il y a une voie pour une gauche universelle.

6:12
Présentateur

Justement, François Calfon, parlons-en de Raphaël Glucksmann, selon un sondage Opinion Web qui a été publié dans le journal du dimanche le week-end dernier. Il ne cesse de grimper et il recolle quasiment à Jean-Luc Mélenchon. C'est Raphaël Glucksmann qui est en train de devenir l'homme fort de la gauche sociale-démocrate qui vous tient à cœur ?

6:29
François Kalfon

Alors, à l'évidence, parce que très longtemps on a dit qu'il n'y a pas de place pour la gauche sociale-démocrate, il a réalisé un score, je le rappelle, bien devant Jean-Luc Mélenchon aux élections européennes. Alors, on aurait pu dire que c'est une petite bulle, mais à l'évidence, il y a une place pour cette gauche sociale-démocrate qui, à la fois, est ferme sur ses valeurs de solidarité, mais ne passe pas le bébé l'eau du bain de l'universalisme. Une société, finalement, où on cherche le commun plutôt que de chercher les antagonismes. Et oui, la proposition politique qu'il formule est plutôt un succès.

Moi, j'étais à son meeting, c'était très enthousiasmant de voir toutes ces personnes qui partagent des idées que je peux porter et qui refusent les impasses d'une gauche populiste.

7:18
Présentateur

François Calfon, je parlais de possibles débordements ce soir lors de la fête de la musique. On parle aussi beaucoup de nombreuses affaires de justice. L'affaire Liana, le journal du dimanche revient ce matin aussi sur d'autres affaires. L'affaire Lola, l'affaire Philippine, notamment. Est-ce que le Parti Socialiste, est-ce que vous ne craignez pas de souffrir parfois, disons, sur le côté régalien, sur le côté autorité ? Certains vous reprochent d'être un peu plus dans la société, dans l'excuse permanente, plutôt que sur des mesures très dures, très fermes, très rigides.

7:53
François Kalfon

Vous posez beaucoup de questions sur les scandales pédo-criminels. Malheureusement, oui, ça touche tous les secteurs de la société. On se souvient, dans les Pyrénées-Atlantiques, d'un lycée qui était un lycée de châtiment corporel et sexuel. Ça touche l'Église catholique. Ça touche aussi, bien sûr, le périscolaire à Paris. Donc malheureusement... Dès qu'il y a des enfants,

8:16
Présentateur

effectivement, on y est confronté. Mais ce que je voulais vous faire dire... Enfin, ma question... J'ai bien compris ce que vous vouliez me faire dire, mais moi, je n'ai pas forcément envie de dire ce que vous vouliez me faire dire. Non, parce que c'est Christiane Taubira qui, par exemple, sous les années socialistes avec François Hollande, était pour la suppression des peines planchers. Par exemple...

8:31
François Kalfon

Oui, allez-y. J'ai bien entendu ce que vous disiez. Comme il y a une partie, pardon, mais sur les crimes sexuels et que tous les Français ont été choqués de l'affaire Liana, n'est-ce pas ? Il m'appartient de dire à quel point notre détermination, comme l'ensemble de la communauté nationale est totale, à lutter contre la pédocriminalité qui, malheureusement, touche tous les secteurs. Ensuite, est-ce que les pas-allées socialistes, je résume votre question, ce sont des personnes laxistes. Je vous invite à voir dans les collectivités, puisqu'on parle aussi des débordements en matière, finalement, des meutes urbaines, etc.

Il y a dans les 800 villes animées par le Parti socialiste, partout où nous en avons la possibilité, des polices municipales, le débat sur l'armement des polices municipales est derrière nous. Dans toutes ces villes, nous avons déployé la vidéoprotection. Donc, ce procès en laxisme qu'on nous fait n'a aucune espèce de raison d'être.

9:26
Présentateur

Très bien. Donc, vous avancez sur le sujet. J'ai une dernière question, François Calfon, et on doit conclure, malheureusement, mais vous êtes député européen, c'est important de vous entendre également là-dessus. Vous savez, l'Union européenne met progressivement en place les fameux hubs de retour.

9:40
François Kalfon

J'ai même voté contre, donc je suis parfaitement au courant. – Et pourquoi vous avez voté contre ? – Parce qu'à la fois qu'il faille des politiques migratoires où on accueille ceux qui doivent l'être et où ceux qui doivent retourner puissent le faire, ça ne pose aucun problème conceptuel. Par contre, l'idée que nous allons expulser des gens dans des pays tiers dans lesquels ils n'ont rien à voir et que les recours juridictionnels, finalement, peuvent se situer alors que les personnes sont retournées chez elles, alors qu'il existe des risques pour leur intégrité morale ou physique.

Alors, l'exemple que j'ai pris, c'est de prenez une personne homosexuelle entrée sans droit ni titre en provenance du Sénégal qui serait expulsée chez lui. Eh bien, je peux vous dire qu'en attendant que la justice statue, eh bien, je peux vous dire que cette personne prendrait effectivement un risque. Alors, est-ce que nous considérons, nous, en Europe, que l'orientation sexuelle, le genre, ce sont des choses qui, finalement, font partie de la protection et des droits humains ? Ben oui. Donc, si vous voulez, de temps en temps, pour régler des problèmes, on utilise des moyens qui, sur le plan humain ou sur le plan même de l'efficacité, ne sont pas au rendez-vous.

Je vous signale, par ailleurs, pour bien le comprendre, qu'on peut, sans, finalement, ces œufs de retour, avoir des meilleurs chiffres en matière de lutte contre l'immigration illégale, puisque, si vous prenez les chiffres de l'agence Frontex, donc l'agence européenne, finalement, la pression migratoire sous l'efficacité des politiques de réponse a baissé ces dernières années. Donc, vous voyez, attention au second.

11:20
Présentateur

En tout cas, il y a donc une réflexion, quand même, sur l'immigration au Parti Socialiste.

11:26
François Kalfon

Dans le projet du Parti Socialiste, il est entendu, finalement, d'avoir des sujets sur une immigration de travail. jusque-là, même le terme d'immigration de travail et tout ce que M. Sarkozy appelait des quotas n'était pas discuté. Et ce qui a été repris par François Ruffin. Le Ruffin, il n'hésite pas d'immigration. Nous, on assume une immigration de travail. Et Raphaël Glucksmann ne met pas la poussière sous le tapis puisqu'il dit qu'il faudra, une fois et une, finalement, une conférence citoyenne sur l'immigration.

11:55
Présentateur

On doit conclure. C'est la fin de cette interview. Merci, François Calfont, d'avoir été avec nous. Vous êtes député européen. Merci d'avoir été en direct

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