Le sénateur Claude Malhuret revient sur son discours sur l'IVG
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« L'enquête n'avait pas été bien difficile et l'on me demandé désormais d'examiner la suspecte pour savoir si elle venait ou non d'accoucher. »
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« C'est pas un discours de droit constitutionnel. Même si c'était une réforme de la constitution, c'est pas un discours législatif à proprement parler, c'est un discours d'émotion lui-même. »
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« Des avortements clandestins qui se terminent mal, des condamnations, des stérilités définitives. »
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« Chez nous aujourd'hui, ces histoires n'existent plus depuis la loi Veil. »
Temps de parole
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Quand je le revois, je repense non seulement à l'émotion de ceux qui l'ont écouté, mais je repense à ma propre émotion parce que en récoltant cette histoire que j'avais jamais raconté, je n'étais pas sûr moi-même de pouvoir arriver à la fin de mon discours sans avoir un petit problème dans la voie. L'enquête n'avait pas été bien difficile et l'on me demandé désormais d'examiner la suspecte pour savoir si elle venait ou non d'accoucher. J'étais pétrifié. Il s'agitait d'un fanticide bien sûr et la loi me commandait de m'exécuter. Mais je savais aussi parfaitement pourquoi cette jeune femme était là dans un pays comme tant d'autres où fille mère, c'était le mot de l'époque signifiait bannissement social et déshonneur pour la famille où l'avortement était interdit et
sévèrement puni. Et d'ailleurs, comment cette quasi enfant aurait-elle pu se confier à quiconque pour trouver une faiseuse d'ange ? C'est un discours lui-même très particulier. C'est pas un discours de droit constitutionnel. Même si c'était une réforme de la constitution, c'est pas un discours législatif à proprement parler, c'est un discours d'émotion lui-même. C'était surtout l'histoire de cette jeune femme qui était appendante pas mon histoire à moi, des histoires comme ça ou des histoires pires. J'en ai vu comme tout médecin qui est confronté à cela et surtout dans les pays en guerre, dans les pays où je travaillais. Donc c'était c'est c'était émouvant pour moi de me rappeler le visage de cette jeune femme, de me rappeler le contexte. Des histoires comme celle-là, je
pourrais vous en raconter d'autres si nous en avions le temps. Des avortements clandestins qui se terminent mal, des condamnations, des stérilités définitives. Chez nous aujourd'hui, ces histoires n'existent plus depuis la loi veille. Je ne sais pas si ça a servi, euh si ça a changé une voix, mais j'ai vu quand même un certain nombre de mes collègues dont je pensais, dont je savais qu'il voterait non, s'abstenir en définitive. Si si on prend la parole dans ces conditions, c'est qu'on pense que c'est pas seulement par routine parce qu'il faut bien quelqu'un prendre la parole, c'est parce qu'on pense que ça peut soit changer quelque chose sur le moment, donc changer dans le vote, soit changer quelque chose dans les opinions des Français. Et aujourd'hui, comme ces
discours sont euh largement répandus sur les réseaux sociaux, sont largement visualisés, l'impact n'est pas seulement celui immédiat du Congrès, c'est aussi l'impact à plus long terme. Tous les grands lois sociétales euh sont passés à la fois à l'Assemblée et au Sénat, la loi veille ou de la loi badataire sur la peine de mort ou de la loi sur la fin de vie que nous venons de voter. Le Sénat est une chambre qui travaille à la fois dans le calme, dans le sérieux. ce qu'on peut de ce point de vue là comparer favorablement à l'Assemblée nationale d'aujourd'hui mais elle ne travaille pas dans la très grande visibilité et dans le spectacle c'est le moins qu'on puisse Bien.
Claude Malhuret