Rachida Dati répond à Manon Aubry : "Le voile n'est pas un bout de tissu, c'est un symbole !"
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La grande interview sur CNews et Européens, mon invitée ce matin, et la ministre de la Culture, également candidate à la mairie de Paris. C'est peu dire que la bataille s'annonce intense. Bonjour et bienvenue Rachida Dati.
Bonjour Sonia Mabouk. Merci de votre présence. Beaucoup de sujets à évoquer avec vous ce matin.
En Iran tout d'abord, les manifestations contre le régime des Mollahs prennent de l'ampleur et sont réprimées dans le sang, avec aujourd'hui des exécutions par pendaison qui sont prévues. Alors que Donald Trump laisse planer la menace d'une intervention militaire, que le Moyen-Orient est en ébullition, que le monde s'enflamme avec de nombreux rassemblements. Emmanuel Macron a finalement réagi hier soir en condamnant, je cite, la violence d'État.
Que répondez-vous à certains qui affirment que c'est trop peu, c'est trop tard ? Pourquoi une telle prudence, une telle retenue ? D'abord, vous l'avez dit, dans un Moyen-Orient et une région très inflammée, j'allais dire, et très inflammable.
Et moi je pense que ceux qui disent oui, il faut agir tout de suite, il faut tout faire, tout et n'importe quoi, on est dans les responsabilités. Ce sont des chefs d'État, ils agissent en responsabilité, ils font aussi des déclarations en responsabilité. Ce qui se passe en Iran est inacceptable, intolérance.
J'allais dire, c'est un crime de masse. C'est une violence à l'aveugle que nous devons dénoncer et qui ne doit pas se poursuivre. Et évidemment, vous avez le chancelier allemand qui a pris position, le président français, et c'est une réalité, il faut prendre position.
Je rappelle aussi que nous avons encore deux otages, évidemment, en Iran, et tout ça doit se faire avec aussi beaucoup de, j'allais dire, de discernement. Malheureusement, on est obligé, nous avons aussi nos compatriotes qui sont retenus en Iran, et donc tout ça se fait en considération de tous ces éléments. Donc il faut condamner fermement.
Et ce n'est pas parce qu'on fait une déclaration publique une seule fois qu'il n'y a pas d'action ou d'agissement ou de réaction ou évidemment des relations qui se tissent pour pouvoir évidemment enrayer, empêcher, et empêcher évidemment cette violence à l'aveugle. C'est une réalité. Et le combat, Rachida Dati, c'est aussi celui des iraniennes, des femmes iraniennes qui se battent pour échapper aux joues des fondamentalistes religieux.
Hier, à votre place, l'eurodéputée La France Insoumise Manon Brie estimait que le voile, alors elle dit que le voile est un bout de tissu. Très vite, par ce côté obscur et noir, c'est-à-dire que c'est arrivé à enfermer immédiatement les femmes. Les femmes sont toujours les premières victimes d'une dictature, d'une autocratie, de violence, j'allais dire, de ces meurtres.
Ce sont les premières victimes. Et de dire que ce voile est un bout de tissu, je vais vous dire, y compris pour les femmes qui le portent en conscience, j'allais dire, pour certaines, elles disent en liberté, ça n'est pas un bout de tissu, c'est autre chose. C'est un symbole pour certains religieux, pour d'autres politiques.
Et quand les deux sont combinés, c'est très dangereux. Et donc j'ai trouvé assez irresponsable cette déclaration de dire que c'est un bout de tissu. Ça n'est pas un bout de tissu.
Ça emporte beaucoup de choses. D'ailleurs, quand vous avez face à vous une femme qui porte le voile, vous-même, dans votre comportement, vous n'avez pas le même que si c'était un bandeau ou un petit fichu sur la tête. Vous-même, vous n'avez pas la même attitude ?
Quand je vais dire que je n'ai pas la même attitude, parce que je sais qu'il y a un message qui est donné par cette personne quand elle est face à moi avec un foulard qui n'est pas qu'un bout de tissu. En tout cas, l'enlever en Iran, on sait malheureusement ce que ça conduit et ce que ça donne et soutient, on peut le dire, aux Iraniens. Bien sûr, aux Iraniens en particulier.
On revient sur le plan strictement politique en France, Rachida Dati, tandis que la colère des agriculteurs ne faiblit pas. Des tracteurs sont prévus dans la capitale. La semaine s'annonce également compliquée sur le plan politique.
Il y a deux motions de censure, LFI et RN, sans compter les discussions sur le budget, toujours ardues. Emmanuel Macron a émis l'idée d'un haut commissariat à la diversité pour, dit-il, mobiliser les diasporas avec des figures telles que Christiane Taubira, Papendia, Lilian Thuram, Najat Vallaud-Belkacem, Amel Bint, nous qui pensions que la République était une et indivisible, que pensez-vous d'une telle initiative ? À quoi elle renvoie ?
Alors, je n'ai pas été consultée sur ce sujet, donc je ne suis même pas au courant de cette initiative, parce que ce qui se dit, moi je fais toujours très attention à ce qui sort et autre dans la presse, d'abord, soit c'est faux, soit ça peut être déformé. S'agissant d'un commissariat à la diversité, ça a existé. Moi, je me souviens, sous Nicolas Sarkozy, avec le commissariat à la diversité, qui était présidée par Yazid Zabek, qui a d'ailleurs fait long feu, et c'est très vite arrêté.
Moi, je veux dire, je ne suis pas favorable. Regardez, Sonia, vous-même ou moi-même, est-ce que quelqu'un a une lecture ethnique de notre parcours ? On a une autre lecture de nos parcours personnels.
C'est grave, c'est le président de cette lecture-là. Nous avons, justement, c'est pour ça, parce que ça a été décrit comme cela dans la presse. Est-ce que c'est pas le cas ?
Quand vous voyez qui en fait partie ? Non, parce que, d'abord...
Ils sont tous français, d'abord. Non, il n'a pas été créé. C'est une rumeur, et c'est une phrase dans la presse.
Alors, si tel était le cas, qu'est-ce que vous diriez ? Si vraiment, à Mel Bens...
Non, je n'y suis pas favorable. Je veux dire qu'on ne peut pas...
Qu'il y ait des discriminations en France, oui. Qu'il y ait des inégalités en France, oui. C'est contre cela qu'il faut lutter.
Moi, j'ai trop souffert, rappelez-vous, de l'arrivée de SOS racisme dans certains quartiers. Le droit à la différence. Ce droit à la différence a créé beaucoup de dégâts.
Le droit à la différence a été une manière d'exclure certains. De dire que, finalement, vous n'êtes pas un citoyen français comme d'autres. Peut-être, pouvez-vous le dire au président de la République ?
Mais bien sûr, mais je ne crois pas que ce soit dans son projet. En tout cas, moi, je n'ai pas été consulté. Et ce que j'ai lu dans la presse, je l'ai découvert comme vous-même.
Honnêtement, est-ce que ça vous étonne de la part de quelqu'un qui avait dit qu'il n'y a pas une seule culture française, mais des cultures, qui parfois a un penchant pour le communautarisme et pas forcément l'universalisme ? Alors, c'est un procès d'attention ? Plus nuancé que ça.
Vous allez me dire que je défends le président de la République parce que c'est le président et que je suis ministre. Je suis plus libre que ça. Et la qualité qu'il a, c'est qu'il laisse une vraie liberté.
Regardez sur ses ministres. Moi, j'ai été ministre. Je peux vous dire qu'on n'avait pas à prendre position sur le portefeuille d'un collègue du gouvernement.
Là, tout le monde peut parler, dire ce qu'il veut sur le portefeuille du voisin, sur la politique nationale, internationale. Chacun dit ce qu'il veut. Nous, à l'époque, on ne fonctionnait pas comme ça.
Donc, il laisse une vraie liberté en responsabilité à chacun. Si demain, il me venait à me consulter sur ce sujet, je lui dirais ce que j'en pense. Vous lui direz quoi ?
Vous lui direz que la France n'est pas l'exaltation des différences ? Non, exactement. Moi, je trouve qu'on peut...
Je vous dis, il faut lutter contre les discriminations et les inégalités, de pouvoir donner un critère qui n'est pas objectif pour faire une différence entre les individus. Ça conduit au communautarisme. Ça conduit au séparatisme.
En préparant cela, Rachida Taddy, j'ai trouvé une vidéo de vous-même il y a une dizaine d'années. Vous disiez, moi, je ne suis pas une icône de la diversité. Moi, ça ne veut rien dire.
Je ne me revendique pas comme tel. Le critère, c'est le social, c'est la maritocratie, c'est le dépassement de soi. Je ne sais pas ce que vous voulez...
Moi, je me souviens d'un débat que j'avais eu sur une émission qui s'appelle Europe Express, qui était animée par Christy Gnokrent. Et j'avais un débat avec Krivine. Et il disait, oui, justement, ce droit à la différence.
Et il disait, oui, il y a plus de discrimination vis-à-vis des bas années. Je le cite, vous pouvez retrouver l'émission. Vous voyez, ça me revient en mémoire.
Et j'étais à côté de lui. Et donc, qu'il y ait une lutte contre les discriminations, c'est illégal, contre les inégalités. C'est mon combat depuis toujours.
Et je lui ai posé la question, je lui ai dit, mais j'étais magistrat, je lui ai dit, mais est-ce que vous me considérez comme une basannée ou pas une basannée ? Parce qu'il disait, mes amis basannés. Et il était très gêné.
Et donc...
On peut le comprendre, qu'il soit gêné, c'est...
Oui, mais voilà, on en arrive à ça. On en arrive à ça. Est-ce que bientôt, il y aura un haut commissariat au Blanc, alors ?
Ou au basané. Donc, c'est QFD pour l'émission. Donc, voilà.
Donc, moi, je ne suis pas...
Enfin, vous dites, Mme Abreu, que c'est une initiative du président. Ça n'a pas été évoqué. On n'a pas été consulté.
Et je suis ministre de la Culture, je pourrais être dans la boucle. Justement, pour ces raisons. Voilà.
Et donc, ça n'a pas été le cas. Et ce que j'ai vu dans la presse, que chacun a interprété, moi, je n'y suis pas favorable. En tous les cas, beaucoup vous considérez, il faut le reconnaître, Rachida Dati, comme le symbole de ce dépassement.
Dans votre parcours, un parcours qui pourrait vous mener jusqu'à l'hôtel de ville de Paris. En attendant, les récents sondages vous donnent au coude à coude avec le candidat socialiste, Emmanuel Grégoire. Après 25 ans de socialisme, qu'est-ce qui pourrait vraiment faire basculer la ville et la capitale ?
De sondage en sondage, quel est le premier enseignement de ces sondages ? C'est que les Parisiens, depuis 2001, c'est historique, veulent l'alternance. Ils veulent un changement.
Et donc, ça, c'est historique. Et donc, moi, je dis, nous avons une possibilité de changer Paris, mais radicalement. Et donc, c'est en votant, évidemment, pour cette alternance.
Je l'incarne. Vous êtes la candidate de l'alternance. C'est ça l'enjeu de cette bataille ?
Je suis la candidate de l'alternance. Mais, vous savez, certains se focalisent sur ma personnalité. Elles clivent, elles ne clivent pas.
Moi, je suis déterminée. J'ai de l'énergie. Je l'ai de l'ambition pour cette ville.
Mais je ne suis pas seule. J'ai une équipe. Nous avons des élus qui sont déjà implantés, qui ont une expérience, qui, évidemment, qui ont une vision et une ambition pour Paris.
Nous avons l'expérience. Nous avons les talents. Personne pourrait vous dire la même chose.
Emmanuel Grégoire, vous dire, moi, je suis implanté depuis longtemps. Attendez, justement, nous avons, nous répondons, si, de sondage en sondage, les Parisiens nous disent qu'ils veulent l'alternance, c'est que nous avons fait des propositions crédibles. En termes de logement, en termes de sécurité, en termes d'attractivité, en termes de propreté, en termes de mobilité, en termes de réduction de dette.
Vous avez raison de le mentionner. Alors là, le choix, il est simple. Il est basique.
C'est stop ou encore. Est-ce que vous voulez continuer...
Stop ou encore quoi ? Est-ce que vous voulez continuer avec cette équipe, la même, depuis 25 ans, la même. C'est un autre visage, le candidat.
M. Grégoire a été le premier adjoint de Mme Hidalgo. Mme Hidalgo, comme je l'ai dit récemment, elle a décidé, il a exécuté.
Il a été son premier adjoint. C'est fort d'être premier adjoint du maire de Nuttville. Il s'est associé à M.
Béliard, qui s'est associé à M. Brossat. Maintenant, il y a des transfuges de LFI.
Ils vont jusqu'à l'extrême-gauche, ils font les fonds de tiroirs pour pouvoir se compter, pour ne pas perdre leur siège. Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas perdre Paris, ils ne veulent pas perdre leur siège. Moi, je vais vous dire, il y a un élément majeur que j'invite les Parisiens à voir.
En décembre 1912, en décembre 2025, un budget a été voté par M. Grégoire, M. Béliard, M.
Brossat et Mme Hidalgo. Que contient-il ? Et que contient-il ?
Une baisse forte d'investissement sur les collèges et les lycées. Une baisse forte sur la sécurité. Vous voulez une police municipale armée ?
Elle n'existe pas. Vous voulez plus de caméras de vidéoprotection ? Ça n'existe pas.
Vous voulez plus de sécurité ? Ça n'existera pas. Vous voulez, évidemment, un périscolaire plus sécurisé ?
Nous avons un outreau du périscolaire aujourd'hui à Paris, avec des animateurs qui agressent et qui violent les enfants. Donc vous êtes la candidate de la fernance, dites-vous, de la crédibilité ? Pardonnez-moi.
Juste pour partir. On ne peut pas croire que le candidat en face il propose toujours moins de sécurité, plus d'impôts, plus de dettes ? Oui, je vous invite à regarder le budget voté en décembre par cette équipe.
Par cette équipe. Il y a 12 milliards de dettes. Le taux de désentêtement, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la Chambre régionale des comptes.
Aujourd'hui, pour désendetter Paris, il faut près de 40 ans. Le seuil d'alerte pour une collectivité locale, c'est moins de 12 ans. Donc nous sommes déjà en zone rouge.
Compte-t-il augmenter ? Il y a dans ce budget 800 millions d'euros pour du logement social préempté à prix d'or. On ne peut pas faire tout le budget.
Attendez. Non, ce n'est pas tout le budget, c'est des marqueurs. Est-ce que vous voulez...
Ce sera un budget qui sera mis en œuvre en 2026 par cette équipe qui est aux manettes depuis 25 ans ? 12 milliards de dettes, du logement social préempté à prix d'or, 2 milliards, près de 2 milliards pour des subventions à des associations clientélistes, moins de sécurité, moins de propriété. C'est le ministre d'un gouvernement qui a fait exploser tous les compteurs de la dette et ce matin, vous donnez des leçons pour pas.
Oui, mais alors je vais vous dire, le bilan de M. Macron, c'est quoi ? Le président Macron, c'est 1,4 milliard de plus pour la culture, pour une démocratisation beaucoup plus importante.
C'est 2 millions d'emplois industriels qui ont été créés. Je peux ajouter les 3 000 milliards de dettes ? C'est une prime de...
Mais attendez. C'est aussi votre bilan ? Mais je vais vous dire, on assume.
Il y a eu le Covid, il y a eu une crise financière, certains vous le disent en disant on a eu les amortisseurs nécessaires et il n'a pas été remis en cause la santé des Français, l'emploi des Français, tous ces amortisseurs, notamment la protection des Français, toute cette protection, elle a été financée. Pour autant, 2 millions d'emplois industriels créés, évidemment, une prime d'activité, un pouvoir d'achat amélioré...
Vous allez passer par la candidate Macron, mais ce n'est pas seulement de droite. Mais non, mais ce n'est pas ça. Madame Datiou.
Non, quand on n'est pas tout fait bien, oui, il y a eu des crises. Quand vous êtes un homme d'État, vous avez un projet, vous avez une vision, une ambition pour un pays et vous vous adaptez en fonction des crises. C'est comme ce qu'on disait sur l'Iran.
Ce n'est pas le tweet qui va résoudre ce qui se passe en Iran. C'est ce qui se passe derrière, en responsabilité. Parlons des actions.
C'est pour ça que, pour Paris, je le redis, Madame Mabrouk, nous avons une chance historique de faire basculer Paris. Je le redis. Non, ça n'est pas majeur, ça n'est pas mineur.
Simplement, le budget qui a été adopté en décembre 2025 va être mis en œuvre en 26 avec moins de sécurité, pas de mobilité, encore plus d'entraves pour l'attractivité et encore plus de problèmes de sécurité. Vous êtes la candidate de l'alternance, vous êtes la candidate de la crédibilité, mais est-ce que vous pouvez gagner seul ? Il y a eu l'entrée en campagne cette semaine remarquée.
Parce que Paris s'est vidé de ses forces vives. Près de 150 000 Parisiens ont quitté Paris. 50 000 enfants ont quitté les écoles parisières.
Non, mais Madame Mabrouk, vous êtes maire de famille. Vous êtes maire de famille. On ne peut pas accepter qu'une ville se vide de ses forces vives.
Pour arriver à faire face à tous ces défis, est-ce que vous avez besoin de candidatures, j'allais dire, amicales, entre guillemets ? Est-ce que vous les considérez ainsi ? Sarah Knafou, devant la course ?
Oui, mais tous les miettements, si on a un miettement des voix et des votes, au premier tour, je l'ai dit, c'est un chèque en blanc que nous donnons à la gauche et à l'extrême gauche. C'est-à-dire quoi ? Que Sarah Knafou et Pierre-Yves Bournazel risquent de vous faire perdre ?
Moi, je dis tout miettement au premier tour, l'alternance est compromise. Je le dis en responsabilité. Et puis, quand ils font des propositions, ils savent qu'ils ne peuvent pas gagner.
Les propositions, il faut faire attention à ce qu'on dit. C'est pour ça que moi, je dis aux journalistes...
Le monopole de la crédibilité dans cette bataille parisienne ? Oui, parce qu'on a une expérience. Aujourd'hui, on a une expérience, on a des propositions.
Nous avons fait des contre-propositions de Conseil de Paris. En Conseil de Paris, que vous avez observé, nous avons fait des propositions qui ont été rejetées. Il est vrai que vos saillies par rapport à Anne Hidalgo sont fait remarquées.
Mais vous avez un bilan...
Est-ce que M. Grégoire peut se départir du bilan de Mme Hidalgo ? Il a été son premier adjoint.
Est-ce que vous pouvez vous départir du bilan de M. Macron ? Mais moi, je suis élue de Paris.
Je suis élue de Paris. Je ne suis pas présidente de la République. Je ne suis pas Premier ministre.
Voilà. Je suis ministre de la Culture. Est-ce que le budget de la culture a baissé ?
Je me suis battu pour qu'il ne baisse pas. Bien au contraire. Est-ce que la démocratisation de la culture a reculé ?
Non, sur la protection du patrimoine, regardez, nous avons battu des records de visites sur les monuments historiques nationaux. Notre patrimoine, c'est un patrimoine commun, c'est une communauté de destin. On n'a pas répondu sur Sarah Knafo.
Elle, elle vous dit, elle assure ne pas vouloir faire perdre la droite. Et elle se dit même prête à travailler avec vous. Est-ce que vous dites ce matin, l'Union fait la force ?
Moi, j'appelle tous les Parisiens. Certains peuvent dire...
Moi, les Parisiens disent, je voterai pour vous au deuxième tour. Ou certains disent, je vais voter pour quelqu'un d'autre au premier, mais je vous assure que vous aurez mon vote au deuxième tour. Je dis aux Parisiens, ne perdons pas, il faut un vote utile.
Nous avons une chance historique de changer Paris. Mais c'est une alliée ou pas ? Nous avons une chance...
Moi, mes alliés, c'est les Parisiens. Vous savez très bien. Regardez sur la politique des partis...
Vous partez seule en bataille. Non, je ne suis pas seule, je suis avec une équipe. Nous avons des élus implantés.
Mais pas avec des candidats. Vous considérez qu'on n'avait pas de candidats ? C'est les Parisiens qui votent.
Vous savez, madame Mabrouk, le mode de scrutin a changé. Pour une fois, c'est historique aussi. Les Parisiens pourront voter directement pour leur maire.
Ils auront un bulletin Rachida Dati, quel que soit l'arrondissement. Je veux savoir, qu'est-ce qu'il y a en dessous du bulletin Rachida Dati ? Je m'étonne de voir, par exemple...
Bien sûr, Rachida Dati. J'ai des élus. On a bien compris que vous dénoncez les miettements.
Mais vous n'avez pas de scrupules à échanger, dit-on, lit-on dans la presse, vous allez nous confirmer si c'est le cas ou pas, avec madame Sophia Shikiru, candidate de la France insoumise, proche de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous avez noué une sorte de pacte non-agression ? Vous savez, madame Shikiru, monsieur Grégoire, voulait la rallier.
Elle n'a pas voulu. Donc, il me la renvoie. Moi, je ne suis pas à l'extrême-gauche, ça ne vous a pas échappé.
Je ne suis pas LFI. On n'échange pas sur la politique, pas du tout. On n'échange pas tout court, d'ailleurs.
Vous pouvez échanger, d'ailleurs, en train de faire la politique. Vous savez, ma force, je parle avec tout le monde, y compris avec des opposants. Je parle avec tout le monde.
Vous ne parlez pas de la bataille à Paris. Vous ne dites pas que votre adversaire commun, c'est monsieur Grégoire. Je n'ai pas d'échange avec elle.
Ce n'est pas mon ami, ce n'est pas mon allié. Nous n'avons pas mené des combats communs. Ce qui nous rassemble, c'est pour tous les candidats.
On se présente à une élection. Voilà. On se présente à une élection.
On présente un projet. Mais il faut faire attention. Moi, je le dis, par exemple, des chambres d'entreprise, les commerçants.
Les commerçants à Paris, dès lors où vous êtes commerçant, vous pouvez voter à Paris. Inscrivez-vous. Vous avez jusqu'à la fin du mois.
Inscrivez-vous sur les listes. Vous êtes les premières victimes de cette politique de gauche, de ce chaos qui existe à Paris. Inscrivez-vous et votez.
C'est notre chance de changer Paris. Je parle à tous les Parisiens. Vous pourrez avoir un bulletin, Rachida Dati, pour le changement à Paris.
C'est important de le rappeler. Et je vous le dis, tout émiettement, c'est un chèque en blanc à la gauche et à l'extrême-gauche. Vous le dites, c'est à bon entente.
Vous le dites surtout à Sarah Tnafo et à Pierre-Yves Bournazel. Exactement. Mais je le dis à tout le monde.
C'est pour ça que M. Grégoire essaye de faire oublier qu'il est le premier adjoint de Mme Hidalgo. Et ce qu'il propose en ce moment, pourquoi il ne le met pas en œuvre ?
Regardez, il y a un scandale dans le périscolaire. Les animateurs scolaires, moi j'ai une politique sur le périscolaire. Je mettrai des animateurs.
Pour le périscolaire, c'est un métier d'être animateur. Vous ne confiez pas vos enfants à des agresseurs sexuels ou des prédateurs. Et donc, là, ils n'ont même pas reçu les familles.
Il est encore élu. Il est dans la majorité municipale. Il est donc important de le faire parler sur ce bilan.
Ce bilan, c'est aussi son bilan. Il ne faut pas l'oublier. Nous, nous incarnons le changement et l'alternance.
J'appelle tous les Parisiens à pouvoir se mobiliser et voter pour nous, pour Rachida Dati, pour mon équipe, pour un changement historique pour Paris. Vous avez d'autres dossiers. Après une interruption, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public va finalement reprendre le 19 janvier prochain.
Ces auditions. Mais son rapporteur, le député UDR, Charles Aloncle, sera sous étroite surveillance de ses collègues. Après les pressions, en tous les cas, la mise en garde, on va dire, de la présidente de l'Assemblée, Yael Broun-Pivé, voilà que le président de la commission, Jérémy Patrier-Léitus, qui a décrété de nouvelles règles, il est désormais interdit de communiquer en temps réel sur les réseaux sociaux.
Pendant les auditions, il est recommandé, dit-on, d'avoir une parole plus mesurée dans la presse. Alors ma question est simple. Est-ce qu'il a posé les bonnes questions qui dérangent, M.
Aloncle ? Quand vous êtes parlementaire et que vous demandez des comptes à toute institution, qui évidemment est financée par l'argent des Français, c'est sain. Les commissions parlementaires, ce sont des parlementaires qui demandent des comptes au nom des Français sur l'utilisation de l'argent public.
Mais le débat en ce moment sur l'audiovisuel public est totalement dévoyé. Moi je le dis, elle est totalement dévoyée, y compris par certains qui sont dans l'audiovisuel public. Je leur dis, vous vous trompez de combat.
Moi, ma position a toujours été claire, sans être ministre de la Culture. Moi, mon parcours culturel, si je puis dire, il a été fait grâce à l'audiovisuel public. Je veux que l'audiovisuel public reste fort et reste public.
Et cette polémique de s'opposer, de se bagarrer avec les médias privés et tout, c'est une fausse querelle. Aujourd'hui, qu'est-ce qui est important ? C'est d'avoir un audiovisuel public fort, renforcé, avec des moyens.
C'est moi, grâce aussi au sénateur Vial...
Et vous êtes transparent ? Bien sûr, c'est l'argent des Français. Attendez, pour finir, grâce au sénateur Vial et au sénateur Laffont, j'ai sanctuarisé le financement de l'audiovisuel public, ce qui ne devait plus être le cas à compter du 1er janvier 2025.
Et donc, c'est important de le rappeler. Il faut que les forces soient rassemblées, mieux organisées, avec une stratégie plus cohérente, qui s'adresse à tous les Français, que cet audiovisuel soit pluraliste et qu'il soit financé. Représentatif des Français, financé, transparent.
Et pour ça, est-ce qu'il faut remettre des pièces comme celles qui ont été demandées, notamment par le député Charles Lalonde, comme les contrats de société de production, comme ceux de Nagui et d'autres ? Est-ce qu'on peut disséquer le budget production de France ? Vous savez, le ministère de la Culture a une tutelle, on demande des comptes, ça nous remonte.
Il est légitime que la représentation nationale demande, évidemment, où va l'argent des Français dans le financement de programmes de production. Par exemple, Radio France est plus intégrée, France Télévisions sous-traite beaucoup plus sur des maisons de production. C'est une autre manière de gérer leur production, que chacun puisse, évidemment, en transparence, fournir les éléments demandés par la représentation nationale.
Moi, ça me semble tout à fait légitime et sain. Rachida Dati, vous permettez trois questions vraiment courtes, si vous pouvez amener des réponses tout aussi courtes. Hier, le Louvre était fermé pour cause de grève, faute d'avancées suffisantes dans les négociations engagées avec le ministère de la Culture, apportent les syndicats.
Est-ce qu'on va venir au bout de cette grève, et de tout ce qui a secoué, surtout le Louvre ? D'abord, je rappelle que les opérateurs culturels, un opérateur comme le Louvre, c'est un établissement autonome. Le ministère de la Culture n'est pas en gestion directe du musée du Louvre.
Il y a effectivement un problème de gouvernance, il y a un problème, évidemment, de responsabilité, et simplement, aujourd'hui, nous sommes, moi, je suis en direct, je reçois les syndicats, les organisations syndicales, qui ont des préoccupations et des revendications qui sont légitimes, elles le savent, parce que je les reçois, et donc, évidemment, nous allons prendre nos responsabilités très prochainement. Pour conclure, procès de Marine Le Pen en appel, la présidente du Rassemblement national risque l'inégilibilité. Les magistrats, dont Rémi Eitz, affirment que les magistrats, dans cette affaire, agissent en totale indépendance, et que ce n'est pas un procès politique.
Il a raison ? Oui, non ? Moi, ce que je veux vous dire, il ne faut pas instrumentaliser la justice à des fins politiques.
Je vous le dis. Vous arrêtez de mettre votre cas avec des affaires à venir en septembre ? Non, moi, j'ai ce contrat Renault qui ne concerne pas de l'argent public, c'est un contrat privé, de droit privé, et donc, moi, je m'en expliquerai, je n'ai aucune difficulté là-dessus.
Moi-même, je suis magistrat, statutairement, je dis simplement, faisons attention à l'instrumentalisation de la justice. Cette institution est trop noble pour pouvoir l'instrumentaliser à des fins politiques, pour ne pas dire politiciennes, ou pour éliminer des candidats à des élections, et notamment à l'élection suprême. Et en fait, les 200 ans du Figaro, la ministre de la Culture a forcément un lien, évidemment, et la responsable politique étroit avec le Figaro.
Vous avez même dit qu'entre vous et le Figaro, c'est du sérieux, rappelant une phrase il y a quelques années. J'imagine que ça remonte au début de votre parcours. Moi, j'ai fait une petite vidéo pour eux, pour le Figaro.
Le Figaro a changé ma vie, parce que, comme vous le savez, j'ai été aide-soignante de nuit, pendant près de six ans, et il y avait une salle de soins où il y avait des journaux, il y avait un Figaro, et dans ce Figaro, j'ai trouvé une interview d'Alma Chalandon, et ce qui m'avait interpellé, c'était son prénom, j'ai lu l'interview, six mois plus tard, je l'ai rencontré, il a changé ma vie. Donc voilà. Fais à son âme, pensée à Catherine Ney, et puis au Figaro, à Alexis Brézé, Vincent Trémollet, toute l'équipe, évidemment.
Nous serons ce soir aux 200 ans. Effectivement, et demain, Europe 1, matinale spéciale depuis le Grand Palais. Merci Madame la ministre.
Merci à vous, Madame la ministre. Merci à vous, Madame la ministre. Merci.
Rachida Dati