Le dissolution, un exercice d'«autodestruction» ? L'analyse de Vincent Tremolet de Villers
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Vincent Trémolet de VillersFait
« On peut envisager la décision de dissoudre comme un exercice d'autodestruction et d'autodestruction à la fois de la politique française mais à la fois aussi de ce qu'était le macronisme. »
- 0:45Vincent Trémolet de VillersFait
« Il y a un an, le 9 juin 2024, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale. »
- 1:15Vincent Trémolet de VillersFait
« Le score triomphal de Jordan Bardella qui a poussé Emmanuel Macron à se dire il faut rendre la parole au peuple puisque le score des élections européennes nous indique une forme d'insurrection civique. »
- 6:30Vincent Trémolet de VillersFait
« La France doit faire face à plusieurs crises en même temps et pourtant l'Assemblée nationale fait du sur place. »
- 8:30Vincent Trémolet de VillersFait
« Derrière il faudra un premier ministre qui fasse passer le budget et là on arrive aux élections municipales en mars 2026. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On peut envisager la décision de dissoudre comme un exercice d'autodestruction et d'autodestruction à la fois de la politique française mais à la fois aussi de ce qu'était le macronisme. Et pourquoi ? Après avoir procédé aux consultations prévues à l'article 12 de notre Constitution, j'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote.
Je dissou donc ce soir l'Assemblée nationale. Il y a un an, le 9 juin 2024, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale. Vincent Trémolet de Viller, comment l'aviez-vous vécu à l'époque et comment l'expliquiez-vous ?
Nous avons appris la dissolution, il était 19h30 et certains dont je faisais partie ne voulaient pas y croire tant décision apparaissait comme déraisonnable voire complètement folle pour pour dire les mots. Donc qu'est-ce qui a présidé à cette à ce choix ? Plusieurs analyses s'affrontent.
Bon, il y a bien entendu le score triomphal de Jordan Bardella qui a poussé Emmanuel Macron à se dire il faut rendre la parole au peuple puisque le score des élections européennes nous indique une forme d'insurrection civique, mais ça n'est pas suffisant. Est-ce qu'il faut y trouver un élément personnel, quelque chose dans la psychologie du président ? Et donc là, il y a il y a vraiment quelque chose de tout à fait mystérieux parce que évidemment Emmanuel Macron, comme il ne peut pas se représenter selon la Constitution, son deuxième mandat était plus compliqué mais là il a accéléré le déclin de la force et de la forme politique qu'il incarne et il a accéléré volontairement.
Personne ne l'obligait. Je pense que si au soir des européennes il avait reconnu la victoire du RN qu'il avait décidé de remager son gouvernement voire de changer de premier ministre les Français partaient en vacances et peut-être même que le budget était voté l'année d'après parce que ça a été une autodestruction pratique de ce qu'était l'Assemblée nationale mais aussi de la politique française. L'instabilité est devenue le propre de la politique.
C'est-à-dire que on a quand même vu François Bairou se féliciter d'avoir fêté 100 jours à Matignon. Donc là, c'est une atmosphère de 4e République et nous vivons tous et les citoyens et les journalistes politiques avec l'idée que tout peut arriver à tout moment. Un an après, deux gouvernements plus tard, les objectifs sont-ils accomplis ?
Mais non, parce qu'on partait d'une d'une assemblée avec une majorité relative. Là, on est une assemblée fragmentée avec une minorité euh de gouvernement. La politique finalement euh s'est arrêtée ou s'est limitée dans son exercice législatif à des projets de loi très consensuel dont le plus emblématique est le narcotrafic qui a donc été voté au printemps dernier.
Pour le reste, Michel Barnier a tenté de faire passer un budget comme il y a plus. Il est pas il n'y est pas parvenu et François Baïou a sauvé ce budget et François Baou sait qu'il tombera au prochain budget et que là il y aura quelqu'un qui jouera son rôle. Donc, ce sont des ambitions politiques extraordinairement limitées, réduites et qui installent un climat qui est un peu décourageant, je pense, pour les citoyens.
Donc, la politique devient comme une espèce de théâtre d'ombre. On a un président de la République qui ne pourra pas se représenter. On a maintenant sa principale opposante qui voulait lui succéder, Marine Le Pen, dont on a compris qu'il y avait de fortes chances qu'elle ne pourrait pas non plus se représenter.
On a un premier ministre qui est à Matignon mais dont l'esprit est le plus souvent maintenant dans les montagnes du Béarne. On a l'impression qu'il a acté lui aussi le fait qu'il était en surcé, qu'il allait partir dans quelques mois. Et on a une assemblée qui euh hormis la loi fin de vie qui symboliquement euh donne une touche crépusculaire à cette assemblée s'épuise en en PPL hallucinante quoi.
C'est la foire à laisse sociétale. Je peux pas tout vous les citer mais vous avez une PPL pour savoir si on peut donner son sang dans l'entreprise, une autre sur le KM sexe, une troisième sur la discrimination capillaire, le fait de dire quelqu'un est chauve devient un acte de de discrimination. Enfin bon, des choses qui sont quand même tout à fait secondaires ou sinon ce sont des des PPL symboliques.
Donc on a une assemblée qui fait semblant de faire des choses et tout ça crée un climat fantomatique, sombre, finissant et sans que l'on trouve de perspectives d'autres autres et on se dit que il va falloir tenir dans cette atmosphère de délitement pendant encore 2 ans. Pourtant Emmanuel Macron redonner la parole au peuple. Ceci aurait pu être une bonne chose pour revitaliser la vie politique.
Donner la parole au peuple, il y avait quelque chose, c'est toujours très sain de faire ça. Et si ça avait été programmé, organisé, réfléchi, il y avait quelque chose de plus pertinent. Ensuite, la l'Assemblée nationale qui a été dessinée par les élections législatives n'est pas tout à fait représentative en tout cas des des résultats du premier tour et des élections européennes parce qu'il y a eu cette fameuse alliance législative euh un peu baroque et un peu de circonstan qui a fait que de LFI au parti Renaissance, on a eu un accord tacite pour essayer de faire barrage au Front National.
Comme le seul programme était d'empêcher que Jordan Bardella soit premier ministre, bah une fois que cet empêchement a été euh réussi, ben on s'est retrouvé avec une chambre des députés très fragmentés sans aucune euh vision d'ensemble et avec comme seul rôle celui d'exprimer l'archipélisation du pays. Ça aurait pu être évité, je pense en tout cas. Mais là donc maintenant euh on est dans un système qui est appelé à durer avec trois grandes forces dont aucune ne dégage un une possibilité majoritaire.
Ce qui est très le nœud hein de la la politique française qu'on révélé ces élections législatives après la dissolution, c'est que vous avez une majorité de Français qui est favorable au grand point qui font le succès du Rassemblement national, c'est-à-dire la lutte contre l'immigration, la lutte contre l'insécurité et une forme de volonté de retrouver de la souveraineté industrielle et économique. Et puis vous avez dans le même temps une majorité de Français qui ne veut pas du rassemblement national à la tête de l'État. Et donc vous vous retrouvez avec ces deux impératifs majoritaires qui se contredisent.
Et c'est là où vous avez un la formule le nud démocratique et de Marcel gaucher, mais elle est très forte. C'est-à-dire qu'à bien des aspects, cette situation apparaît comme insoluble et malsine en fait. Je crois que c'est cette crise que la dissolution a provoqué, a révélé et que nous n'en sommes pas sortis et que on pourra en sortir qu'avec l'élection présidentielle.
Guerre, dette, immigration, insécurité. La France doit faire face à plusieurs crises en même temps et pourtant l'Assemblée nationale fait du sur place. Comment débloquèrent une telle situation ?
Le seul moyen de faire des choses dans cette situation, c'est d'aller au peuple. C'est la légitimité populaire. Alors, il y a deux façons d'aller au peuple.
Vous pouvez aller au peuple euh par le référendum. Bon, ça fait partie des scénarios envisagés par l'Élysée, mais il y a aussi euh répondre aux demandes évidentes des citoyens par des projets de loi ou des propositions de loi qui si qui si elles arrivent devant les députés, même des députés qui sont hostiles pour des raisons tactiques et cetera, serait bien embêté. On va prendre un exemple au lendemain de de de l'émeut que nous avons vu ce weekend après la victoire du Parissagin-Germain.
S'il y avait très vite une proposition de loi demandant de durcir la chaîne pénale pour les délinquants qui jettent des vélos sur le périf ou des mortiers d'artifice sur les policiers et je pense que beaucoup de députés même qui sont défavorables au départ se sentiraient obligés de voter cette proposition de loi parce qu'il y a un tel insentiment dans la population qu'il ne pourrai pas faire contre. Sur les questions de sécurité, c'est évident. Sur les questions d'immigration, ça me paraît évident aussi.
Malheureusement et Michel Barnier et François Baou ont envisagé leur poste comme un poste qui consiste à faire de la petite cuisine parlementaire. Et donc les décisions qui sont prises doivent pas être jugées en fonction de ce que veut l'opinion publique mais en fonction des équilibres très fragiles euh de l'Assemblée nationale. Et je pense que c'est cette distorsion entre les la vision microscopique euh du Premier ministre et les problèmes macroscopiques du pays qui crée aussi l'impression de de malaise, de désintérêt.
On doit quand même être frappé quand on a un observateur de la vie politique comme les Français s'intéressent de moins en moins à la vie politique. un exemple un peu frappant, c'est l'émission de Karine le Marchand Ambition Intime qui a été diffusée dimanche dernier avec Gérald Armanain, Jordan Bardella, Sandrine Rousseau, Fabien Roussell. C'est une émission qui a 10 ans faisait des très grosses cords d'audience.
Ça n'a pas été le cas là comme si les Français avaient décidé de changer de chaîne quand on leur parlait de de politique. Dans ce contexte, la France peut-elle vraiment attendre 2 ans avant 2027 ? Il faut passer le budget.
Donc si François Bayrou n'y parvient pas et là nettement il prépare son départ avec un budget très ambitieux avec 40 milliards d'économie et il veut comme Minds France était partir sur l'Algé Algérie lui partir sur le la question de la dépense publique. Derrière il faudra un premier ministre qui fasse passer le budget et là on arrive aux élections municipales en mars 2026 et à la sortie des municipales on rentre dans la précampagne présidentielle. Donc en fait euh c'est 2 ans de perdu pour des décisions qui doivent être prises pour le pays.
Mais politiquement il faut gagner 3 mois par 3 mois et à la fin on y arrivera. Mais c'est évident que ça va créer à la fois un sentiment de frustration, d'impatience, de lassitude et ça peut euh nourrir plusieurs choses ou de l'indifférence et de l'abstention ou une forme de colère froide qui s'exprimera par un un vote radical. C'est une société de très grande défiance.
Je crois que nos politiques parfois ne le mesurent pas assez, notamment dans les décisions qui prennent qui sont des petites décisions vexatoires, notamment les normes mais qui peut donner au aux élections présidentielles de 2027 un tour extrêmement impressionnant dans sa dimension que l'on peut qualifier de de populist selon les les termes que l'on donne, mais en politologie, c'est comme ça que l'on appelle l'expression civique d'un ral. et d'une volonté de renversement total de de l'ordre en place. [Musique]