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videoyoutube.com· 10 juillet 2026

Rencontre publique avec Xavier Bertrand

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir et merci à tous d'être là. J'ai lancé le chrono parce qu'en effet il y a des règles du jeu à ces rencontres. C'est ce qui vient d'être dit.

Nous allons essayer de tenir une heure pile et je vais essayer de poser à peu près les mêmes questions à toutes les personnes qui vont venir ici par souci d'égalité. Peut-être une première question, Xavier Bertrand. Est-ce que vous êtes parmi nous ce soir comme président du Conseil Régional des Hauts-de-France ou comme candidat à l'élection présidentielle ?

Alors si c'était comme président de région, c'était une heure plus tard parce qu'il y a la soirée des Hauts-de-France qui a lieu ici dans le village du Hof. Mais comme c'est bien pour les présidentielles, c'est bien en tant que candidat, même si je n'ai pas encore officiellement annoncé ma candidature. Je peux vous dire pourquoi je ne l'ai pas encore annoncé officiellement ?

C'est parce que quand vous annoncez officiellement votre candidature, ceux qui vous écoutent doivent comprendre ce qui peut changer, ce qui va changer avec vous. Et ce moment n'est pas encore venu parce que c'est aussi un travail d'écoute, un travail de dialogue. Encore tout à l'heure, avec Romarec Dorier qui est là, on a passé quasiment une heure avec Thiago, pardon, avec le directeur du festival.

Thiago Rodriguez. Exactement. De façon à ce que je frotte avec lui des idées que j'ai en tête.

Donc le moment de l'annonce n'est pas encore venu. Mais vous vous y préparez ? Ah, depuis un petit moment, oui.

Peut-être avant de rentrer dans le concret, on va essayer lors de cette rencontre de vraiment entrer dans le concret du spectacle vivant et de déployer vos idées et les programmes potentiels qui vont venir. Mais avant, une question plus tournée vers le sensible. Quel type de spectateur de théâtre êtes-vous, Xavier Bertrand ?

Qu'est-ce que vous aimez au théâtre ? Très éclectique. Mes choix sont très éclectiques, que ce soit en matière culturelle.

J'ai toujours beaucoup de mal à en parler. Il y a certainement une part de pudeur. Et puis surtout, je ne veux pas donner le sentiment que les choix que je fais, notamment de soutien, notamment à la région, depuis 10 ans, sont des choix qui seraient dictés par mes goûts, par mes envies, par mes priorités.

Je crois qu'en matière de culture, il faut toujours se méfier du réflexe du fait du prince. Donc c'est la raison pour laquelle tout m'intéresse. Je serai demain, je passe une bonne partie de la journée à Arles avant de revenir à Avignon.

C'est vrai que j'ai beaucoup d'intérêt pour le spectacle vivant, mais pas seulement. Après, tous les spectacles peuvent m'interpeller. Je me souviens notamment celui sur les femmes afghanes l'an dernier.

Et puis, j'ai hâte de voir, je sais qu'il n'est pas de la région, il est au théâtre de l'Odéon, mais le spectacle de Julien Gosselin demain soir. Dans la cour d'honneur qui a ouvert le festival. Dans une tribune publiée dans Le Monde en juillet 2025, vous écriviez que la culture n'est pas un luxe, mais un choix de société, un choix de civilisation.

Ce sont des mots forts. Xavier Bertrand, quelle place concrète occuperait la culture dans votre projet présidentiel ? Est-ce que ce serait un secteur parmi d'autres ou est-ce qu'elle aurait une place à part ?

Je n'aurai pas 50 propositions, je n'en aurai pas 100. Il y aura environ 5 priorités majeures, la culture en fera partie. La culture en fera partie, la santé en fera partie, l'école, l'éducation en fera partie, le logement aussi pour différentes raisons.

Et vous remarquerez que dans ce que je viens d'évoquer, il y a les services publics. Je suis un homme de droite qui pense que les services publics ont une importance toute particulière, parce que les services publics sont là pour les gens qui vont bien, les gens qui vont moins bien. Les services publics unissent.

Et la culture unit et elle rassemble. C'est la raison pour laquelle ça fait partie de mes priorités majeures. Et puis je l'assume totalement, le choix que j'ai fait dans la région, vous savez l'histoire qui est la mienne dans cette région.

Je suis élu, moi, un homme de droite dans une région qui votait à gauche, parce que je réussissais, c'est vrai, à élever le score qui est le mien, mais surtout parce que les responsables politiques de gauche et les électeurs de gauche votent pour moi, il ne m'aime pas, mais il déteste l'idée que Marine Le Pen soit justement présidente de cette région. C'est ça cette histoire. Six ans après, les choses sont un peu différentes, mais je n'ai jamais oublié ce qu'était cet acte fondateur.

Et ce que je sais, c'est qu'on fait reculer les extrêmes, là en l'occurrence je parle de l'extrême droite, mais on fait reculer les extrêmes en apportant à la fois des solutions aux problèmes, quand on fait reculer les causes de ce vote pour les extrêmes, et je suis convaincu que le combat que je mène pour la culture, qui est un combat politique, je l'assume et je le répète, est aussi une façon de faire reculer les réflexes de peur, l'enfermement, le repli sur soi. C'est pour ça que je crois autant à la culture. Peut-être un exemple concret, comment très concrètement un programme, un festival, un théâtre, peut faire reculer, là vous preniez l'exemple de l'extrême droite, dans une région comme les Hauts-de-France ?

Quand vous avez, par exemple, je prends un exemple, je vais faire exprès de ne pas choisir le spectacle vivant. Quand on décide de créer Série Mania, qui est aujourd'hui le festival le plus reconnu au monde en matière de séries, les séries ne sont pas là seulement, comme on peut le voir avec certaines séries, pour faire sourire, elles font aussi réfléchir. Quand vous avez des séries qui sont des séries du monde entier, qui vous permettent de voir justement le rapport à l'autre, quand vous voyez aussi, encore une fois, la montée des extrêmes dans certains pays, il y a notamment une sur les migrants qui va passer, là, à la télévision qui a été présentée en avant-première, méthode de sélection, où on bascule déjà dans une sorte de futur pas si lointain, et qui ne ressemble pas à de la fiction, c'est aussi les séries qu'ils font.

Et je pense que toutes celles et ceux qui viennent, et ils sont des dizaines de milliers, à ce festival, ça les divertit, mais ça les fait réfléchir aussi. En décembre 2024, Christelle Morancé, présidente du Conseil régional des Pays de la Loire, a fait voter une baisse de plus de 60% des aides au fonctionnement consacré à la culture, afin de recentrer ses moyens de la région, notamment sur les transports ou les lycées. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

Est-ce qu'en période de contraintes budgétaires, la culture doit passer après d'autres secteurs, selon vous ? Non. Je l'ai dit pas plus tard qu'il y a un an, ici même.

Et puis je vais tout vous dire, on a eu des moments très difficiles en matière budgétaire, comme toutes les régions, parce que l'État ne fait pas autrement avec les Hauts-de-France, et ne fait pas autrement avec les régions qu'avec les autres, c'est-à-dire que régulièrement, on nous retire le tapis sous les pieds. L'an dernier, c'était 120 millions d'euros qui nous ont été retirés en dotation, cette année, c'est 108 millions. Et à un moment donné, on m'a proposé des choix pour baisser différents budgets, y compris la culture.

Et un jour, je me suis énervé dans une réunion d'arbitrage, en disant à certains de ceux qui me faisaient ces propositions, ici, on ne bosse pas dans les Pays de la Loire, on bosse dans les Hauts-de-France, donc vous allez revoir la copie. Donc voilà, c'est aussi simple que ça, je l'ai dit l'an dernier, ici même, je ne fais pas ces choix. Et il y a une très belle phrase, il y a une très belle phrase de Churchill, vous la connaissez, on est en temps de guerre.

Il dit, si on ne se bat pas pour la culture, on se bat pour quoi ? Je l'ai souvent utilisé, j'évite de l'utiliser matin, midi et soir, mais elle résume tout. C'est la raison pour laquelle on a augmenté dans la région le budget culture de près de 50% en disant, mais attendez, vous faites oui, mais je ne partais pas d'une page blanche.

Je ne partais pas d'une page blanche, parce que ma région est celle où Martine Aubry a fait de l'île une capitale européenne de la culture. Et a marqué de son empreinte, justement, la ville de l'importance de la culture et de la vitalité de la culture. Or, c'est beaucoup plus facile de faire des choses intéressantes quand vous ne partez pas d'une page blanche.

Je fais partie de ceux en politique qui pensent qu'il y a des pages qui ont été écrites avant vous, vous en écrivez certaines, il y en a d'autres qui sont écrites après vous, et donc vous devez aussi, avec peu d'humilité, savoir ce que vous voulez marquer, transformer et surtout cranter. C'est-à-dire faire en sorte qu'après, ce soit difficile de revenir en arrière. Et Daniel Percheron aussi, à sa façon, a fait des choix importants.

Le Louvre-Lens, c'est la rencontre de Percheron et de Chirac. C'est ça qui compte. Et où ?

Au cœur du bassin minier, pas au cœur des grandes métropoles. Donc, vous voyez, c'est plus facile pour moi de mettre ça parce que je ne partais pas d'une situation qui était dérigeante. Pour être très clair dans ce que vous m'avez dit, je l'ai toujours dit, ce qui se pratique en Pays de la Loire, jamais dans les Hauts-de-France.

La situation est difficile, la culture n'est pas une variante d'ajustement. Et l'an dernier, on avait proposé, proposé-imposé, mais on avait eu un dialogue avec des grandes structures. Les plus grandes structures, celles qui bénéficient de plus de subventions de la part de la région.

On avait un effort qui se situait à 4 ou 5 % à peu près. Et pourquoi j'avais fait ça ? Parce que je maintenais le budget de la culture.

Parce que ça me permettait du coup de favoriser l'émergence. De façon à ne pas avoir seulement, chaque année, un budget où vous ne favorisez plus la création et l'émergence. Et cette année, ça a été aussi la tentation de dire, est-ce qu'on peut bouger le budget de la culture, le baisser ?

Et quand je voyais ce qui s'annonçait comme nuage noir de la part de l'État, on y a renoncé, de façon à ce que même ces structures, qui sont plus dotées que d'autres, ne connaissent pas de baisse. Est-ce que vous avez l'impression que cette expérience à la tête de la région et cette volonté, justement, que la culture soit une de vos priorités, peut être appliquée quand on dirige le pays ? On ne dirige pas le pays comme on dirige une région.

Comment cette expérience-là va pouvoir vous aider ? Évidemment que c'est possible. Évidemment.

J'ai répondu à votre question. Pas assez. Vous voulez que je développe ?

Je veux bien. Allez. Une rencontre m'a marqué.

Je crois que c'était quoi ? Voilà 4 ans à peu près avec Olivier Pie. Dans son bureau, le même que celui de Thiago Rodriguez.

Et à un moment donné, il me raconte une conversation qu'il a avec Emmanuel Macron. Et Macron lui dit, Olivier, qu'est-ce qui manque à la culture ? Et Olivier lui répond, ben vous, ben vous.

Parce que je pense que la culture est d'essence avant tout régalienne. Et il ne faut pas se tromper. Une élection présidentielle, on élit un président de la République.

Il semble une évidence que je dis, on n'élit pas un premier ministre, on n'élit pas un ministre de la culture. Et je pense, regardez bien, les moments les plus forts sont ces moments où il y a eu une osmose totale entre un président et certes un ministre de la culture, mais il y avait un président qui était là. Et qui était à la fois un garant et qui était aussi celui qui permettait aux acteurs principaux de la culture de pouvoir avancer.

Vous pensez à quel binôme ? Mitterrand Langue. Je pourrais vous dire, bien évidemment, tout le monde va penser à De Gaulle Malraux parce que je suis très attaché à la décentralisation culturelle.

Je pense qu'on va y revenir. Mais Mitterrand et Langue également. Je pense qu'il y a aussi Pidou du Hamel.

Mais je pense à cela. Je pense que c'est vraiment la clé. On a bien un président qui est dans son rôle de président, qui est un garant, surtout au moment où nous sommes, avec un certain nombre de nuages noirs politiques qui s'annoncent au-dessus de nos têtes, même si ce n'est pas une fatalité.

Je pense même qu'on peut les faire dévier. Mais je pense que c'est bien là le rôle d'un président. Mais il a intérêt à avoir les idées assez claires sur ce qu'il veut faire.

Et vous les avez, les idées claires ? Plus qu'il y a un an. Peut-être pas encore de la même façon que dans quelques mois.

Mais oui, je le pense. Vous voulez que je détaille ? Une idée claire ?

Il y en a plusieurs qui sont assez claires. La première, c'est la question de l'éducation culturelle et artistique. L'éducation culturelle et artistique ne peut pas être une option.

Ça doit être dans le socle éducatif français. C'est-à-dire de faire en sorte qu'il n'y ait aucun jeune qui passe dans son parcours scolaire à côté de la culture, à côté du spectacle vivant, ou du patrimoine, ou des artistes. Ça, c'est quelque chose qui, pour moi, est important.

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Il y a des familles qui seront tournées, certainement davantage, vers la culture. Il y en a d'autres qui ne le sont pas.

Alors je pense que dans ces cas-là, c'est l'école qui peut jouer ce rôle. Et l'idée sur laquelle nous travaillons, notamment avec Romaric, je suis désolé de le compromettre, mais c'est l'idée d'avoir une forme de passeport pour s'assurer que dans son parcours, il y ait cela. Et c'est la raison pour laquelle, notamment à la région, année difficile, comme pour toutes les régions, et de plus en plus, année après année, tout ce qui va concerner l'éducation culturelle, artistique, à l'école, il n'y a certainement pas de baisse.

On a un programme qui s'appelle les PEP, c'est le programme éducatif. C'est ce que je voudrais développer. Mais vous voyez, il ne s'agit pas de dire, allez, on va remettre une heure ou deux dans le programme.

C'est que ça rentre dans le socle et que ça en fasse partie. Et là encore, ça veut dire que c'est le président qui impose les choses. Parce qu'autrement, si vous êtes sur un arbitrage, ministre de la culture, ministre de l'éducation, vous avez une bonne idée de la façon dont ça va se finir.

Parce qu'il y en a un qui va dire, j'ai déjà plein de choses à mettre dans le socle, c'est bon, vous n'allez pas m'en rajouter. Et puis si vous voulez rajouter une priorité, dites-moi quelle priorité j'enlève. C'est dans le socle, dans le cœur, que ça doit figurer.

Parce que je pense que c'est là que se créent les inégalités, non pardon, c'est là que se créent les injustices. Et vous aurez du mal à les rattraper. Et si vous voulez, vous êtes déjà venu au Louvre-Lens ?

Oui. Vous êtes déjà venu en semaine ? Oui.

Vous avez vu dans le public qu'il y a...

Il y avait beaucoup de classes, beaucoup de scolaires. Exactement. Et quand on a eu l'occasion de fêter millionième visiteur, c'était une maman qui revenait avec sa fille parce qu'elle était venue au collège.

Et justement, toute cette partie à l'école, au collège ou au lycée, mon Dieu que ça a du sens. Et on peut commencer avant l'école. On a parfois entendu que les subventions à la culture bénéficient à une élite.

Certains de vos collègues politiques disent ça. Ce mot, il résonne particulièrement ici à Avignon, puisque Villard, lui, a souvent associé le mot populaire au mot élitaire. Est-ce que pour vous, cette notion d'élite et de culture veut dire quelque chose ?

Mais tout ça, c'est du pipeau de la part de ceux qui n'aiment pas la culture et qui ont envie de tailler dans les finances. Et qui disent également que les acteurs culturels sont des gens qui ne savent que tendre la main et qui ne savent pas gérer. Voilà ce qu'on entend de la part de ceux qui ont tout simplement envie de faire des économies sur le dos d'une culture qu'ils n'aiment pas.

Alors par contre, ils vont vous dire qu'ils aiment la culture quand il s'agit du patrimoine et autres, en oubliant que la culture, c'est un ensemble. Bon, la vérité, c'est que les acteurs culturels, j'ai appris à le savoir, sont des entrepreneurs culturels. Qui savent compter bien mieux que certains politiques.

Et qui savent diriger une entreprise culturelle, alors que la plupart des politiques parlent très bien de l'entreprise sans jamais avoir mis les pieds dans une entreprise autrement que pour serrer des mains. Donc il y a une question d'entreprise culturelle, d'entrepreneurs culturels, et qui font face depuis des années, des années, aux difficultés pour réunir des budgets. Donc là, c'est l'un des points, ce que vous entendez là, ça s'appelle un procès à charge.

Là où on a un sujet, dans les années qui viennent, c'est sur la question du financement. L'argent public ne coulera plus à flot. Je pense sincèrement, ce que je fais dans ma région, dans la région la plus pauvre de France avec la Corse.

C'est que c'est quand même pas impossible d'avoir augmenté le budget de la culture et de le maintenir. Je pense que l'Etat doit montrer l'exemple. Et je pense, je serai très précis dans quelques mois, le budget de la culture doit progresser au niveau de l'Etat, en matière publique.

Mais il faut aussi revoir la question du financement pour aller solliciter davantage le mécénat et d'organiser ce mécénat. Donc le secteur privé, mêler les subventions publiques...

Pas à la place, en plus, pour apporter des garanties. Non, non, je ne vous dis pas qu'il faut du privé à la place du public, vous m'avez bien entendu. C'est-à-dire, le public est là et le budget public doit se développer.

Je pense, pour ma part, qu'à 5 ans, moi j'ai pour ambition, je veux affiner les choses, de pouvoir arriver à 1%, ce qui veut donc dire clairement 1 milliard d'euros, ce qui veut donc dire une marge de 200 millions de plus du budget de l'Etat chaque année. 200 millions la première année, 200 millions, et sur la fin d'un quinquennat, vous arrivez donc à 1 milliard de plus, et donc à 1%. Mais, je veux absolument que l'on puisse organiser, solliciter, susciter davantage de mécénat.

Et je vais vous expliquer pourquoi. On a aujourd'hui, vous le savez, beaucoup d'entreprises qui ont le statut d'entreprise à mission. On a la RSE, la responsabilité sociétale et environnementale, qui a vraiment trouvé sa place.

Et je pense, mais ça encore une fois, c'est le rôle d'un chef de l'Etat, qu'il faut montrer aux entreprises que dans cette responsabilité sociétale, il y a davantage la culture. Et la culture, qui donnerait aussi sa place dans les entreprises, pour les entreprises, au spectacle vivant. Pas seulement des expositions, c'est très bien ce qui se fait, mais qu'on peut aussi avoir d'autres formes de la culture.

Et j'en parlais dernièrement également, il y a des entreprises qui l'ont comprise et qui décident de faire venir des oeuvres, des créations. Et qui sont très étonnés de voir que leurs salariés acquis ont besoin, qui ne sont pas forcément allés voir un spectacle, sont complètement bluffés. Et ont un rapport différent.

C'est ça aussi faire vivre la culture partout. Je pense que la culture en entreprise a du sens, et qu'elle peut être aussi une façon, notamment pour tous un secteur coopératif, mutualiste, de s'engager vraiment, pas eux seulement, mais pour montrer la voie. Donc de montrer très clairement qu'on pourrait susciter ce mécénat, d'aller plus loin, de montrer que dans cette RSE, il y a aussi la place pour ça, ça peut nous permettre de le faire.

Est-ce que je peux vous expliquer pourquoi je vous dis tout cela ? Oui. Dans les années qui viennent, j'ai plusieurs craintes.

J'ai la crainte qu'à un moment ou un autre, notre pays ne soit dirigé par des extrémistes. C'est la raison pour laquelle, moi qui sais les combattre, je me présente. Mais j'ai conscience aussi qu'il ne s'agit pas de retarder l'échéance de 5 ans en 5 ans.

Je pense qu'il faut être capable d'éloigner justement les extrémistes du pouvoir par une pratique du pouvoir différente qui lève les injustices. Et donc derrière ça, il faut qu'on fasse très attention. Si un jour notre pays, et j'ai eu cette crainte en 2024 au moment de la dissolution, était dirigée par les extrêmes, comment nous nous organiserions pour justement éviter qu'il y ait une sorte de crépuscule démocratique, un crépuscule républicain qui pèserait sur la culture en premier ?

Et donc il faut être capable de trouver d'autres financements. En plus, et pas à la place. Et maintenant j'ai un autre sujet.

C'est que si au niveau de l'État, les Français décident de ne pas basculer, il y a des collectivités qui basculent. Et vous le voyez dans ces cas-là, vous avez besoin de garantir que la création pourra être présente sur l'ensemble du territoire. Et c'est la raison pour laquelle on a absolument besoin dans les années qui viennent de pouvoir relever le budget de l'État accordé à la culture, mais de susciter en plus d'autres financements de façon à éviter que si à un moment ou à un autre des dirigeants politiques décident de faire reculer la création, on soit capable de continuer à pouvoir l'assurer.

Alors j'ai bien compris l'apport du mécénat et du privé, mais vous l'avez dit, il y a aussi les subventions publiques qui, elles, aussi augmentent. Et vous désirez atteindre ce chiffre symbolique du 1% du budget pour la culture. Vous l'avez dit, il n'y a plus d'argent, l'argent ne coûte plus à flot.

Où est-ce qu'on le trouve ce 1% ? Comment on augmente concrètement ce budget de la culture ? On va le chercher où ?

Je n'ai pas 36 priorités. Je n'ai pas 36 priorités, je vous l'ai dit. Il y a la question de la santé, où si les Français me font confiance, les dépenses de santé augmenteront avec moi.

J'entends que c'est la variable d'ajustement permanente pour les uns et pour les autres. On vous dit que les dépenses sociales sont trop importantes. Il faut juste savoir de quoi on parle.

Et après, si c'est sur la réduction des dépenses publiques, oui, j'ai des idées très précises en la matière. Mais c'est ce que j'ai fait dans ma région. Je fonctionne par priorité.

Il y a des budgets qui baissent. On est dans la région des Hauts-de-France avec le taux de chômage le plus bas aujourd'hui depuis 35 ans. Je ne suis pas un magicien.

On se bat et on embarque le monde économique pour se battre. Nous avons besoin de former moins de demandeurs d'emploi. On a aussi fait des réductions très importantes sur frais de gestion de la région.

Voilà. Je suis un peu radin concernant les dépenses de la région. Mais tout ça nous permet de conserver des priorités.

Et je vous le dis, le sport et la culture, parce que ce sont des liens, ne sont pas des variables d'ajustement. Et tant que je serai à la tête de la région, ça n'en sera pas. Alors on l'entend beaucoup ces derniers temps, encore plus, de nombreuses collectivités réduisent...

Pardon, j'ai oublié de le dire. Le budget de l'État, vous savez combien ça représente. Là, j'ai parlé de 200 millions d'euros de plus.

Vous voulez dire que ce n'est pas beaucoup ? Bien sûr. Bien sûr.

À la région, on est au-dessus de 1%. Pourvu que ça dure sur l'État. Il y a de nombreuses collectivités qui réduisent leurs dépenses culturelles.

On l'a encore entendu récemment. Il y a des compagnies qui ne pourront plus survivre d'ici quelques mois. Des lieux qui ne pourront plus ouvrir.

On entend beaucoup d'annulations de spectacles, des festivals qui sont raccourcis, des équipes également qui sont fragilisées. Comment on fait, en fait ? Est-ce qu'il faut proposer un pacte financier entre l'État et les collectivités locales, par exemple, pour sécuriser ces financements pour le spectacle vivant ?

Oui, je le pense, mais dans ces cas-là, si on sécurise, on le fait de façon pluriannuelle. Parce que les acteurs culturels ont besoin de prévisibilité et ont besoin d'y voir clair et de pouvoir s'engager sur plusieurs années. Ça, je pense que c'est vraiment l'une des clés.

Et aujourd'hui, on ne peut pas fonctionner avec une logique année après année, parce que ça vous amène quand même à vivre en permanence dans l'incertitude. Donc, il y a cette question, très clairement, qui est aujourd'hui posée. Convention avec tous les acteurs.

Ce que me demandent d'ailleurs les acteurs de la région, c'est aussi ce que j'ai pu expérimenter. Vous savez, vous me disiez tout à l'heure, oui, mais bon, président de région, c'est une chose, président de la République, c'est autre chose. Oui, comme on dit chez moi, ce n'est pas non plus Antioch-Région. 6 millions d'habitants, on a un budget de 4,3 milliards.

Ça nous permet quand même de voir comment les choses peuvent être organisées. Donc, moi, je suis intimement convaincu qu'on a besoin d'avoir ce pacte. Et on verra qui joue le jeu, qui ne joue pas le jeu.

Mais en ce moment, force est de reconnaître que c'est l'État qui ne joue pas le jeu. Les dernières annulations, je le vois aussi, même si le drague chez moi fait ce qu'il peut. Là, en ce moment, les mauvaises nouvelles tombent comme un grave lot.

Et donc, là aussi, on a besoin d'avoir un État qui s'engage de façon pluriannuelle. Mais comme aujourd'hui, la plupart des ministères ont leur siège à Bercy, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, il faut que ça vienne d'en haut. Cette garantie est, encore une fois, sur le rôle d'un président garant.

Alors, puisqu'on parle de décentralisation culturelle, comment on fait, si vous augmentez cette décentralisation, pour que les régions soient sur un pied d'égalité ? Déjà, quelles compétences transférez-vous aux régions et comment faire quand une région est plus pauvre qu'une autre pour garantir que tous les artistes dans toutes les régions en France soient traités de la même façon sur le plan culturel ? D'où le rôle de l'État.

Vous savez, j'ai une triple expérience. J'ai été entrepreneur pendant un peu plus de 10 ans, j'ai été ministre pendant 7 à 8 ans, et je suis la tête de la région depuis maintenant 10 ans. Cette triple expérience permet de voir, je crois profondément, à une idée que s'appelle la République des territoires.

Jean-Louis Borloo, on travaille main dans la main sur ces sujets, parle-lui d'une France fédérale, c'est la même idée. C'est-à-dire que Paris s'occupe de moins de choses, mais s'en occupe mieux. Que l'État soit garant, qu'il puisse assurer une péréquation, mais qu'on sorte aussi de cette guerre qu'il y a aujourd'hui entre Paris et la province.

Oui, nous avons besoin d'une nouvelle décentralisation culturelle. Et ce n'est pas parce que la première maison de la culture était à Amiens, et que, effectivement, Malraux y a fait un discours formidable, qui nous imprègne encore aujourd'hui, il y a une nouvelle étape à faire. Alors, je suis plutôt jeune, je ne suis pas non plus nostalgique, mais je reste intimement convaincu que l'échec du référendum de 1969 n'a pas été de très bonne chose.

Enfin, les Français n'ont pas voté contre le référendum, ils ont voté contre De Gaulle à l'époque. Mais c'est ce fil-là qu'il faut pouvoir reprendre. Mais alors, très concrètement, ça se présente comment, une nouvelle décentralisation culturelle pour la culture ?

Ce n'est plus le ministère qui décide de tout ce qui se fait en région. Ça veut dire que, très clairement, c'est dans la région un alliage entre l'État et les collectivités où on met en œuvre cette politique culturelle. Et où on va sortir de ce grand débat sur...

Il y a les grandes institutions parisiennes qui trustent tous les budgets, ou une bonne partie des budgets, et le reste. C'est comme ça que vous organisez davantage les choses, avec un meilleur équilibre. Mais je vous dis ça pour la culture, je peux vous le dire de la même façon pour le logement.

Je peux vous le dire de la même façon pour la santé. Je suis dans une région où vous avez deux ans et demi d'espérance de vie de moins qu'en Ile-de-France. Ça ne dérange personne dans le ministère à Paris.

Confiez-nous cette responsabilité, vous allez voir comment ça se passe. Si nous avons la possibilité d'avoir, notamment, un directeur régional des affaires culturelles, préfet, qui ont davantage la main sur des crédits, je n'aurai pas le drame qui est en train de se nouer aujourd'hui sur les écoles d'art, parce qu'il y a des collectivités qui sont justement en train de se retirer. Et aujourd'hui, on ne peut pas faire à la place, mais si vous avez une répartition totalement différente, oui, vous envisagez les choses autrement.

Mais on n'empêchera pas le fait que certaines régions seront toujours plus riches que d'autres. Je vous l'ai dit, la péréquation. Les territoires sans l'Etat, ça peut être le bazar.

Vous avez raison. C'est pour ça que je crois à l'Etat. Je vous ai dit tout à l'heure que si le Président avait un rôle particulier en matière de culture, parce que c'est régalien, et vous devez faire attention à ce qu'il n'y ait pas des déserts culturels, c'est là la péréquation et le rôle de l'Etat aussi.

Vous ne pouvez pas laisser seulement les collectivités et les régions décider. Il y a ce rôle de l'Etat aussi. Ma République des Territoires n'est pas de dire l'Etat n'intervient plus.

Il y a une nouvelle répartition des rôles qui se fait, une clarification, et si l'Etat à Paris s'occupe de moins de choses, je pense qu'il peut s'en occuper mieux. Il y a eu une enquête qui a paru récemment ces derniers jours, c'est l'enquête de LAPAS, c'est une association spectacle vivant, qui montre que les compagnies ont assuré en moyenne 8,7 représentations pendant la saison 25-26, et n'en prévoient plus que 4,7 pour la saison 26-27. Est-ce que vous êtes prêt, Xavier Bertrand, à flécher une partie des aides publiques pour la reprise et la diffusion des spectacles plutôt que vers la seule création ?

L'action de la diffusion, c'est une grande question qui occupe beaucoup à vous. Oui, attendez. Mais faisons très attention là-dessus.

Je peux me permettre de vous titiller un peu ? Oui, vous pouvez. Oui, asséchez pas la création.

Pardon ? N'asséchez pas la création. Ah non.

Pourquoi je vous ai parlé, parce que je sais bien de quoi on parle, pourquoi je vous ai parlé de faire un effort supplémentaire au niveau de l'Etat ? La création est déjà mise à mal aujourd'hui, après les plateformes, par l'IA. Donc il ne s'agit pas de dire, il faut qu'on assure la diffusion, et donc si les crédits se font, c'est un budget équivalent, donc moins sur la création.

La liberté de création est en danger aujourd'hui. La liberté de création est en danger, il y a une question de moyens, et puis il y a une question d'ambiance, d'atmosphère. La presse régionale faisait état de la dernière commission permanente qui m'a opposé assez durement au Rassemblement national.

On voit bien la tentation qu'il y a partout. Parfois c'est sournois, parfois c'est direct, avec les méthodes qui sont habituelles, les fake news, les approximations, comme d'habitude. Et c'est un truc du courrier Picard d'aujourd'hui, où j'ai eu cette réponse en disant, il y a certainement des spectacles que nous finançons, des oeuvres, des créations, qui à titre personnel ne me plaisent pas.

On en revient à la question de tout à l'heure. Mais je ne vais certainement pas commencer à avoir un regard là-dessus. Parce que c'est à ce moment-là que vous mettez en cause très clairement la liberté de création.

Et vous avez besoin de politique publique en la matière. Je vous ai parlé du mécénat tout à l'heure. Vous ne pouvez pas laisser la culture à un certain nombre de mécènes ou de milliardaires.

Parce que ça, c'est ce qui s'appelle une politique à l'américaine. Et si vous avez du mécénat, vous avez besoin d'une politique publique très forte. Vous pouvez me citer le nom du ministre de la Culture aux Etats-Unis ?

Vous pouvez me citer le nom du ministre de la Culture même en Allemagne ? Ce n'est pas des figures. Parce qu'il n'y a pas justement des politiques qui sont aussi fortes.

Et nous, on doit ressusciter cela. Je n'ai pas dit ressusciter cela. Puisque vous parlez de création, je vous emboîte le pas.

Je n'ai pas terminé du coup. On reviendra peut-être à la diffusion après. Oui, on y revient tout à l'heure ?

On y revient tout à l'heure. Mais c'était intéressant sur cette histoire de création. Et justement, quand vous avez dit que vous ne programmiez pas par goût, on entend aussi beaucoup des compagnies nous dire qu'ils souffrent avec les élus locaux de censure, voire d'auto-censure, parce qu'ils ont peur que leurs élus, justement, ne programment plus, parce que ça ne leur convient pas.

Est-ce qu'il n'y aurait pas besoin, simplement, aussi, d'une formation des élus à la culture pour qu'on puisse dialoguer tous ensemble et dans tous les endroits de France ? On l'a fait à la région. Au début du mandat, c'est une proposition qui m'avait été faite.

Sciences Po avait créé un cycle de formation pour des élus régionaux à la culture et aux enjeux culturels. Et ceux qui l'ont fait, oui, ça les a un peu changés. Ça ne les a pas chamboulés, mais ça me les a changés.

Et je pense que ces cycles-là devraient pouvoir être ouverts, pas seulement pour les élus régionaux, mais aussi pour l'ensemble des élus locaux. Et après, vous devez trouver le moyen de protéger la liberté de création. Conversation que nous avions tout à l'heure avec Tiago, il y a un enjeu européen.

En France, la liberté de création est reconnue. Pas dans tous les pays européens. Ça, c'est un enjeu européen.

Et je pense que la France doit être aux avant-postes pour se battre pour cela. Je ne vous parle pas de la Hongrie d'Orban. Non.

D'accord. Mais pourtant, c'est ce qui s'est passé pendant des années. On ne vous parle pas de la tentation ou des initiatives qui ont eu lieu en Pologne.

Différents endroits, différents moments. Donc je pense que c'est clairement aussi un enjeu européen. Et si la liberté d'expression est reconnue dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la liberté de création est à protéger aussi juridiquement.

Mais alors comment ? Juridiquement, justement, quels sont les moyens possibles ? J'y travaille.

Créer une loi pour que la liberté de création soit protégée partout. Je pense qu'encore une fois, c'est comment vous vous assurez qu'à un moment donné, si un certain nombre de nos concitoyens font un choix, ceux qui, au titre de la libre administration des collectivités locales, ne vont pas flinguer la liberté de création. C'est ça le véritable enjeu.

Et que les artistes puissent continuer à créer et à dire ce qu'ils ont envie de dire. Créer et diffuser. Alors, diffusion, on en arrive là.

Les chiffres de la diffusion sont terribles, vous les savez. On apprend que les compagnies tournent de moins en moins. Comment on fait pour les aider à diffuser mieux partout, de façon plus harmonieuse ?

Ce que je vous ai dit tout à l'heure. Je ne peux pas vous faire tout un discours en disant on va travailler uniquement à budget constant. C'est la raison pour laquelle j'ai aussi cet objectif qui sera coûteux budgétairement.

Je vais me faire flinguer par toutes celles et ceux qui sont le petit doigt sur la couture du pantalon. Et vous savez, je sais compter. Je suis comme tout le monde.

Je sais compter. Et dans ma région, si je sais faire cela, c'est que je sais compter. J'ai aussi, en tant que ministre, fait un certain nombre de réformes qui montrent que je sais compter.

Il n'y a pas d'un côté les mecs qui ne savent pas compter et qui préparent l'arrivée du FMI. Et puis les autres qui nous promettent la sueur du sang et des larmes. Sans oublier que c'est Churchill.

Il y avait aussi la victoire derrière. Il y avait l'espoir. Ils ont complètement occulté cette partie-là.

Mais le vrai sujet sur la création, je vais plus loin, un budget plus important, c'est aussi pour renforcer la création. Puis je vais mettre un pavé dans la marme. Il y a quand même des moments dans l'année où on a des publics disponibles.

C'est notamment pendant l'été où on a nombre de structures qui n'ont pas la possibilité de pouvoir être ouvertes. Vous parlez des lieux, des théâtres, par exemple, qui finissent leur saison en mai ou en juin. Exactement.

Il y a de l'itinérance. Je sais aussi que c'est un moment...

Il faut aussi que les équipes puissent souffler. Mais il faut peut-être qu'on réinvente également sur l'année le moment où on peut diffuser. Peut-être que la forme festival était là aussi pour ça.

Oui, mais festival. Mais pas forcément pour tous. Je crois au festival énormément, mais il y a ceux qui ne partent pas.

Vous avez vu les chiffres, ils sont quand même terribles. On a officiellement 28% des Français qui ne partent pas du tout en vacances. Je pense que ce chiffre est sous-estimé.

Et donc on a aussi besoin d'imaginer d'autres choses, pas forcément dans les lieux, mais à partir des lieux, parfois hors les murs. Dans la région, il y a différentes opérations qui ont été suscitées comme ça. Je n'ai pas besoin de vous dire que ça rencontre un succès fou, bien évidemment.

Et puis, ce n'est pas seulement le spectacle vivant. Ça peut aussi être des expositions, c'est le cinéma, des choses comme ça. On a été notamment à Saint-Quentin quand j'étais à Jouan-Homère, l'une des premières villes, toute première, à être sur le cinéma en plein air.

Enfin, ça fait plus de 30 ans. Ça fait plus de 30 ans. Mais c'était des succès formidables.

C'est aussi cette part de culture. J'entends dans ce que vous dites sur les lieux et cette ouverture l'été et peut-être prolonger les saisons que vous entendez...

Ou hors les murs. Ou hors les murs. Que vous entendez quand même les lieux publics.

On parle des centres dramatiques nationaux, on peut parler des scènes nationales. On a un maillage incroyable en France de toutes ces structures-là. Et que vous les entendez, en fait, pas seulement comme des lieux où on voit des représentations, mais des lieux beaucoup plus ouverts, des agoras, finalement, citoyennes et politiques.

C'est comme ça que vous les envisagez ? Des agoras ou du hors les murs. J'insiste beaucoup sur le hors les murs.

Je serai de Marles où on a une exposition qui sera présentée par l'IPP, l'Institut pour la photo. Et au définitive, on avait fait un choix, je ne sais pas si j'ai le droit de le dire, mais je le dis comme ça, un choix architectural hasardeux avec les partenaires architecturaux. On en est sorti et du coup, on s'aperçoit quelques années après, c'est peut-être bien de penser le projet avec une partie dans les murs et une partie hors les murs.

Je crois beaucoup hors les murs dans les années qui viennent. Mais encore une fois, en plus, pas à la place. Justement, je reviens sur ce réseau de scènes nationales, de CDN, de théâtres municipaux, d'associations qui accueillent ces spectacles.

Est-ce que vous trouvez que cette carte de la politique publique en France, du spectacle vivant, est toujours adaptée ? Est-ce que ces labels ont toujours une raison d'être ? Et est-ce que vous allez les défendre en tant que président de la République ?

Bien sûr, mais je pense aussi que cette carte, elle peut être complétée. Pas pour vous dire qu'il y a une nouvelle scène nationale. Après, il y a quand même de nouvelles labellisations qui peuvent être faites qui ne se font pas pour quelles raisons déjà ?

Non, mais c'est ça, le vrai sujet. Ce n'est pas une question de compétence. Ce n'est pas une question de rayonnement.

C'est une question de financement. Et encore une fois, si je viens sur cette proposition du 1%, c'est parce que je pense qu'il n'y a pas la confiance, il n'y a pas la visibilité qui reviendront si à un moment donné, il n'y a pas cet effort qui est fait. Et sans parler des nouvelles labellisations potentielles, il y a aussi le fait que les scènes actuelles puissent fonctionner correctement, ce qui n'est plus le cas dans beaucoup d'endroits.

On a eu de nombreuses tribunes qui disaient qu'ils étaient obligés de fermer plus tôt parce que justement, il n'y avait plus les moyens de fonctionner. Surtout avec les décisions qui viennent d'être faites. Et donc, moins les moyens d'acheter aussi les spectacles.

On est ici à Avignon, c'est aussi un marché, les compagnies sont là pour se vendre et les lieux ont moins les moyens d'acheter. Donc on est dans un cercle. Alors attendez, quand vous dites produire et acheter, je pense qu'il faut avoir à l'esprit deux choses.

Je ne suis pas un adepte du en même temps, ce n'est pas mon histoire, ce n'est pas ma culture ou alors j'aurais été ministre ces dix dernières années, ça n'a pas été mon choix. Mais je voudrais aller un peu plus loin, ce n'est pas du en même temps. On a besoin de permettre la création dans les territoires, c'est-à-dire qu'elle puisse se faire aussi à partir de villes moyennes, ruralités.

Ce n'est pas seulement la résidence artiste et donner les moyens de la création, mais il ne faut pas qu'on se prive non plus de formidables productions qui nécessitent des budgets très importants. Et je vous dis ça, ce n'est pas parce que j'ai une estime particulière pour Julien Gosselin, oui, ça fait partie de mes choix théâtreaux, ce n'est pas pour ça, mais on a besoin d'avoir aussi des productions importantes. On a besoin, pardon, d'avoir des productions, peut-être des coproductions, c'est-à-dire où on doit permettre à ces productions-là de se faire aussi.

Je veux qu'il y ait de la création qui puisse se faire dans les territoires, mais il faut aussi qu'on ait des grandes productions parce que la culture en France a besoin de ces deux niveaux. Puisque vous parlez justement de ces deux niveaux, les grandes productions ont des réseaux qui sont établis, même si eux aussi souffrent, mais...

Eux aussi, pour eux aussi, c'est difficile. Bien sûr, mais...

Je pense que des budgets, je ne sais pas exactement combien a coûté la dernière création de Julien Gosselin, je pense que, voilà, 20 ans, ça se faisait plus facilement, plus facilement qu'aujourd'hui, même pour des productions comme ça, même avec la puissance de l'Odéon, ce n'est pas simple. Vous avez justement parlé de l'émergence au tout début de cette rencontre, je voulais revenir là-dessus avec vous. Quelles seraient les mesures que vous prendriez pour que l'émergence puisse exister, et ce, partout en France ?

Et j'ai commencé par ça tout à l'heure. L'éducation culturelle et artistique, ce n'est pas seulement pour avoir, je dirais, des...

Comment dire ? Des gens qui vont à la culture, ce n'est pas seulement ça, c'est que c'est peut-être aussi comme ça que vous faites naître des vocations d'artistes, de comédiens, de metteurs en scène, c'est ça aussi. Si aucun enfant ne passe à côté de la culture, c'est peut-être aussi de cette façon que vous allez faciliter cette émergence.

Et après, il y a bien évidemment nombre d'outils qui existent, qui doivent être effectivement confortés, renforcés. Par exemple ? Je pense à la question des résidences d'artistes, je pense aussi aux bourses qui peuvent exister, au soutien d'un certain nombre de collectivités, mais en premier, je suis convaincu que si vous avez pour chaque enfant la possibilité d'être en contact avec la culture, c'est comme ça que vous suscitez des vocations.

Mais derrière, vous aurez besoin de cet accompagnement et on en revient toujours à la même chose. Vous avez été ministre du Travail, vous le rappeliez, le régime de l'intermittence constitue le socle économique. Ne comptez pas sur moi pour le flinguer.

Voilà. Une autre question ? Oui, comment vous allez faire pour le préserver ?

Est-ce qu'on se sacralise ? Comment ça se passe ? Oui.

Non mais attendez, et puis en plus, quand on fait la question du régime des intermittents, il faut bien regarder quelles sont aussi toutes les boîtes de production qui profitent allègrement du système. Voilà. Donc ça, ça fait partie du problème ?

Il faut régler ce problème-là pour pouvoir maintenir ce système en état de marche ? Oui, en partie, mais je pense que sur la question...

Alors si vous me demandez sur un domaine qui n'est pas de la culture, mais globalement tourné sur le retour à l'emploi et sur la formation, sur la vraie formation, mes forces sont de reconnaître que ce régime des intermittents du spectacle, ce sont ceux qui le connaissent le moins qui en parlent le plus. Voilà. Donc je vous l'ai dit, comptez pas sur moi pour le flinguer.

Mais donc c'est un bon système selon vous ? Est-ce qu'il y a aujourd'hui des voies d'amélioration ? Pour ne rien vous cacher, j'en discute avec des partenaires sociaux, mais en tout cas, c'est pas moi qui le foutrai par terre.

Et sur quel, justement, pan, il y aurait des systèmes d'amélioration ? C'est la raison pour laquelle je ne suis pas encore à annoncer ma candidature. Parce que le jour où vous l'annoncez, ça veut dire que vous avez fait le tour des concertations et que vous répondez.

Vous savez répondre. Il ne s'agit pas d'avoir réponse à tout parce qu'encore une fois, un président doit avoir les grandes orientations en tête, très clairement, mais il doit être capable de dire quels sont ses choix et mon choix, ce sera de conserver ce régime. Donc on vous reposera les questions plus précises d'ici quelques semaines quand vous serez candidat.

Non, mais si vous voulez savoir, effectivement, derrière, comment on va faire avec les sociétés de production, parce que c'est quand même aussi les donneurs d'ordre qui profitent allègrement du système, mais en tout cas, non, je l'assume. Alors on va dire, est-ce qu'il est vraiment de droite, Bertrand ? Oui, droite gaulliste, une droite sociale, mais je pense qu'il faut aussi arrêter de regarder les choses de loin.

Ça permettrait d'éviter d'entendre un certain nombre de conneries. Alors puisqu'on parle d'intermittence, on va quand même aider aussi, on va parler des aides publiques. Est-ce que vous pensez qu'il faut les conditionner à des engagements précis quand ça concerne la culture ?

J'entends le nombre de représentations, la diversité des programmations, l'accessibilité des tarifs, que sais-je ? Et qui va rentrer sur la question de la diversité ? Les élus ?

Donc c'est le début de la censure. Alors qui pourrait ? Comment ça marche ?

Est-ce que vous pensez, est-ce qu'il faut libérer ces aides publiques ou est-ce qu'on met des critères ? Mais qui va poser ces critères ? Je vais vous donner un exemple.

Je suis arrivé à la tête de la région et à la tête de la région, on a une politique cinéma qui est menée par Pictanovo, c'est le bras armé de la région. Et on m'a dit, M. le Président, est-ce que vous voulez des élus dans les comités pour justement valider les films ?

J'ai refusé de le faire. Parce qu'encore une fois, s'il y avait des élus, on faisait rentrer un choix politique. Il y avait aussi un sujet, c'est que si je faisais rentrer cinq élus au titre de la proportionnelle, je faisais aussi rentrer l'extrême droite dans ces comités.

Donc, j'ai dit effectivement qu'il n'y aurait pas d'élus, c'était beaucoup plus simple. Comme ce ne sont pas les élus qui décident du choix des compagnies qui sont aidées particulièrement par la région pour justement venir à Avignon. Ce ne sont pas des élus.

Parce qu'encore une fois, je me méfie du réflexe du fait du prince. Maintenant, je vais jusqu'au bout. On va tester à un moment donné, mais s'il y avait un film qui par exemple était ou parlait du Front National ou autre, traitait de la question des migrants, est-ce que vous êtes d'accord pour Pictanovoed ?

Ne me posez pas la question. Vous faites ces choix qui sont des choix faits par des professionnels, certains diront des techniciens ou des experts, ça n'est pas aux politiques d'intervenir en la matière. Mais alors, c'est à qui ?

Comment on choisit à qui on donne une aide publique ? Comment on fonctionne aujourd'hui ? C'est nous.

Il y a un comité, alors je ne sais pas s'ils adoraient qu'on les appelle des experts, ce sont des professionnels qui font ces choix. C'est aussi simple que ça. Faites gaffe à ne pas faire rentrer trop la politique, surtout par les temps qui courent.

Parce qu'il y a les dangereux et puis il y a ceux qui ne sont pas stables sur leurs appuis qui se font un peu trop influencer par les dangereux. Parfois, on entend quand même qu'une fois qu'on a donné une aide publique, il faut savoir si cette aide, elle a été, alors j'emploie des gros mots, mais efficace, bien utilisée. Est-ce que ce sont des termes On voit que vous jouez un rôle de composition là en disant ça.

Mais ça veut dire quoi efficace ? Concernant la création, je ne sais pas. Mais je ne rentre pas là-dedans parce que c'est le début d'une police de la pensée.

Et veillons quand même à ce qu'en 2027 et autres, on ne soit pas en train comme des somnambules d'aller vers un crépuscule démocratique parce que c'est ça qui est quand même en train de se passer aujourd'hui. Et c'est pour ça que les attaques contre la culture, je me combats contre, je combats ceux qui attaquent la culture parce que c'est ça. Vous voyez le niveau d'abstention, vous voyez la poussée des extrêmes, vous voyez aussi qu'il y a un nombre de nos concitoyens qui ne vont plus voter depuis longtemps et vous voyez en plus avec le rôle très clairement des plateformes et demain avec les risques qu'il peut y avoir avec l'intelligence artificielle si elle n'est pas maîtrisée et vous pensez qu'il y a encore beaucoup de gens qui vont penser un jour qu'aller voter va changer les choses.

Qu'est-ce que vous entendez aujourd'hui ? C'est l'écœurement avant cette présidentielle et de se dire et même si on vote, est-ce que ça va changer quelque chose ? Et on ne va pas quand même commencer à venir avec des fondamentaux, à toucher, à s'attaquer aux fondamentaux.

Donc une police de la pensée, des critères bien définis, on les fait faire par l'IA ou par un tableau Excel ? Non. On va laisser de l'humain dans tout ça.

Dans le spectacle vivant, je crois que les gens qui nous écoutent ici seront les premiers à pouvoir témoigner. les conditions de rémunération sont vraiment souvent au minimum, que ce soit pour les artistes mais aussi je pense aux techniciens, enfin à toutes les équipes. Qu'est-ce qu'on pourrait proposer comme mesure pour améliorer justement les conditions de travail de tout ce milieu culturel, de tout cet écosystème du spectacle vivant ?

Vous pouvez être plus précise ? Oui, je pense que les techniciens, on est dans des conditions de travail, on est dans des revenus de travail qui sont extrêmement bas aujourd'hui. Comment on fait ?

Comment on fait pour améliorer la vie des artistes, des techniciens, des équipes, du spectacle vivant ? Vous êtes sur les conditions de travail, sur les conditions de rémunération ? Les deux.

Les deux ? Là, c'est aussi aux entrepreneurs culturels de me dire quelle est la bonne solution. Attendez, il ne faut pas se tromper.

Je ne suis pas en train de répondre pour être ministre de la Culture. Non, non, non, non, mais je tiens aussi à le préciser. De toute façon, vous ne commencerez pas le prochain mandat sans avoir à un moment donné non pas une remise à plat, on ne va pas dire un grenelle, mais d'avoir à un moment donné des assises pour savoir où la France doit être en 2032.

C'est exactement ça pour moi le sujet. Et donc, sur les conditions de rémunération, bien sûr que je les connais, les conditions de rémunération. J'ai siégé dans différents conseils d'administration.

Je sais ce qu'il en est. Et quand je vous dis que vous avez notamment beaucoup d'acteurs politiques qui pensent qu'on a affaire à des mendiants qui tendent la main, ils ne connaissent rien de rien. Donc, c'est aussi pour ça que je sais quelles sont ces conditions et que je pense qu'une augmentation du budget peut en partie correspondre à ça, mais en partie seulement.

En partie seulement. Le cœur restera pour moi la création de la création. Mais en partie.

Vous avez parlé tout à l'heure de l'EAC. De ? De...

Je ne parle que par sigle. De l'accompagnement justement des élèves, de toutes les mesures que vous mettez en place pour que tous puissent avoir accès à la culture dès le plus jeune âge. Mais pour l'instant, pas tous.

C'est pour ça qu'au bout d'un moment...

Est-ce que vous voudriez développer ? Si je suis candidat également, c'est parce que dans une région, vous pouvez le faire pour des dizaines, des dizaines de milliers de jeunes. Ce n'est pas tous.

C'est pour ça qu'au final...

Et on n'est pas aux Etats-Unis, vous avez une fondation qui vient avec son carnet de chèques et qui dit « Regardez, j'ai fait du bien pour quelques milliers de personnes. C'est bien. Mais moi, je veux tout le monde.

Pourquoi ? » Parce qu'on est dans une république en France. Et une république, c'est une politique pour tous.

Et donc, c'est la raison pour laquelle ce que je fais au titre de la région n'est pas suffisant. Et pas seulement au niveau de ma région par rapport à d'autres régions qui en feraient moins. Mais la question, c'est d'avoir une politique pour tous.

L'éducation artistique et culturelle. Exactement. Dans le socle, pas en option.

Et ce n'est pas pour vous dire « Et au final, soyez contents. On va sortir le champagne, applaudissez, on va faire une heure de plus par semaine. » Ce n'est pas ça l'enjeu.

C'est que ce soit au cœur. Et au-delà, justement, de cette éducation artistique et culturelle, au-delà des enfants, au-delà des jeunes, comment on fait pour attirer ce non-public vers la culture ? Comment on fait pour que chacun et chacune puissent avoir accès à la culture ?

Est-ce que vous avez des mesures là-dessus ? Je vous l'ai dit tout à l'heure. Le hors les murs, c'est quoi ?

Le aller vers, c'est quoi ? C'est toute cette idée. C'est d'élargir, justement, les saisons.

C'est de veiller à ce que vous puissiez avoir encore cette émergence. C'est tout ça qui est important. Et c'est toute cette logique-là.

Et avec, encore une fois, une création au plus près des territoires et donc une diffusion en tant que telle, mais aussi une création un peu hors norme. Les deux ensemble. C'est ça qui m'intéresse.

Et si avec ça, on n'est pas capable de toucher plus de public, alors il faut m'expliquer ce qui permettra de toucher plus de public. Il y avait une étude très intéressante. C'était l'Association des Scènes Nationales qui avait fait ça pour leurs 30 ans.

Et ils s'étaient rendus compte que l'un des principaux freins pour les non-publics pour aller justement assister à un spectacle, c'était simplement passer la porte très souvent. C'est-à-dire monter les quelques marges du théâtre, ouvrir la porte, se présenter, savoir où acheter son billet. C'est-à-dire juste l'entrée, que finalement, il suffisait parfois juste d'être accompagné pour pouvoir avoir accès et se dire qu'on avait le droit d'y aller.

C'est pas de la culture, mais il s'avère que...

Il m'est arrivé de faire des choses sérieuses dans ma vie d'élu. Et je suis celui qui a inventé l'idée d'une plage en plein centre-ville. Oui, oui, bien avant Paris.

Trois ans avant Paris. C'était à Saint-Quentin que cette idée est née. Et c'est moi qui ai eu cette idée folle.

Et quelle était l'idée ? C'était pas faire un détournement architectural de ma grande place de l'hôtel de ville. C'était d'offrir des vacances à des enfants qui ne partaient pas ou qui, en tout cas, ne partaient pas deux mois.

Et cette plage se lance au début sous les colibets. Ça marchera jamais et autres. Et le premier week-end, il y a une maman qui est là.

Elle est avec ses deux enfants. Et je suis adjoint au maire. Je suis sur place, tout ça.

Et je lui dis...

Venez pas, madame ? Elle dit...

Je peux ? C'est gratuit ou pas ? Je dis, bien sûr, madame.

Quand j'en parle, je me remémore tout ça. Parce que pour elle, la question de l'accès, elle ne savait pas que c'était pour elle. Parce qu'elle n'ait jamais été sur un espace de loisirs.

Et elle n'avait jamais été, j'en ai parlé un peu avec elle, après, dans un lieu culturel. Parce qu'on faisait des concerts, des petites représentations théâtrales. Elle pensait que ce n'était pas pour elle et qu'elle n'avait pas le droit.

Et quelle est la façon de peut-être changer les choses ? Je ne sais pas, j'en reviens à ça. Pardonnez-moi, je reviens en boucle.

Mais si l'un de ses enfants à l'école a eu accès à la culture et qu'il lui dit, reviens avec moi, c'était cette jeune fille qui avait ramené sa maman pour être, justement, je crois, la millionième au Louvre-Lens. C'est cette histoire-là. J'en ai une autre, également, au Louvre-Lens.

Il y a quelqu'un qui...

On a à la fois des bénévoles qui sont médiateurs à côté des médiateurs professionnels. Je crois énormément à la médiation. que ce soit dans le domaine du cinéma, bien évidemment, mais aussi, bien évidemment, des musées.

Et il y avait quelqu'un qui nous expliquait, il était près d'une oeuvre et il nous explique un personnage absolument terrible, ce monsieur, qu'au début, il amenait...

Je ne sais plus quelle était sa fonction. Il était dans une association. Il amenait les gens au Louvre-Lens.

Ils restaient dans la camionette et ils disaient, pas pour moi. Un musée, je n'ai rien à y faire. Et puis un jour, quelqu'un l'a obligé à pousser la porte.

Il est revenu quasiment tous les jours et il est devenu médiateur. Et sur mon temps de parole pour le dixième anniversaire du Louvre-Lens, je ne l'ai pas prévenu, je lui ai demandé de monter, de prendre la parole avant moi et d'expliquer son expérience. Lui aussi, il pensait que ce n'était pas fait pour lui.

Et puis à un moment donné, il a poussé la porte. Il faut trouver des occasions et des gens qui aident à pousser la porte. Peut-être une question sur l'intelligence artificielle.

Carly, ça plaît. Vous en avez dit un mot. Je sais que c'est un sujet qui vous préoccupe et qui vous intéresse.

Oui, mais je ne suis pas IABA. Je ne suis pas IAphobe. Je pense sincèrement que je ne vous pose pas la question tout le monde ou presque à l'IA en poche.

Faisons bien la différence d'ailleurs entre les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle. Mais je vois aussi les risques qu'il y a. Je vois aussi passer le message au seigneur de l'IA.

Continuer à vouloir assécher la création, elle ne sera pas remplacée. Elle ne sera pas remplacée uniquement par l'IA. Mais on doit faire attention.

Je vais certainement publier une tribune dans les jours qui viennent en expliquant. Aujourd'hui, vous le savez, vous allez sur les sites de streaming, plus de la moitié des œuvres sont conçues par l'IA et celles et ceux qui écoutent ne s'en rendent pas compte à l'oreille. Donc on doit faire très attention.

Encore une fois, on aboite dans la même région. Manon Desources, vous connaissez l'histoire. Oui.

Il ne faut pas laisser tarer à la source. Et ils ont intérêt à l'entendre aussi. Il faut peut-être négocier.

Puis si on ne négocie pas, il y a aussi la loi d'Arcos. Mais peut-être très concrètement, comment on fait pour se protéger justement des dérives de l'IA ? Est-ce que vous mettriez en place des mesures, notamment sur tout ce côté culturel, pour protéger les artistes ?

La loi d'Arcos a du sens. La loi d'Arcos actuellement, au Sénat, je ne vais pas vous faire de polémique ou de politique aujourd'hui, même si la tentation est là. Il ne faut pas qu'il y ait aussi un groupe à l'Assemblée nationale qui flingue avec moult d'amendements pour éviter que cette loi noie le jour avant la présidentielle.

Laure d'Arcos a entièrement raison. Elle a fait des choses remarquables d'ailleurs sur le livre. C'est l'un des autres combats.

La question de la lecture qui fait aussi partie de la culture. On prépare une feuille de route très ambitieuse sur la lecture dans la région. Mais je suis absolument convaincu que le travail qu'a fait Laure d'Arcos a vraiment beaucoup de sens.

Et si ça oblige aussi un certain nombre de plateformes ou de seigneurs de l'IA à venir s'asseoir à côté de la table pour comprendre qu'il y aura un mouvement de résistance, on aura déjà gagné la partie. Il nous reste 5 minutes dans cette rencontre. Peut-être revenir à des choses très concrètes.

C'est peut-être une question un peu large, mais je suis sûre que vous avez commencé à y réfléchir. Quelles seraient les 3 mesures phares ? Peut-être que vous avez déjà évoqué là, mais vous allez nous les dire de façon très officielle.

Que vous mettriez en place ? J'entends culturellement si vous deveniez président de la République. Éducation culturelle et artistique dans le socle éducatif français.

Le 1% est une véritable décentralisation culturelle. C'est-à-dire qu'on reprend un fil qui a été interrompu depuis bien longtemps. Et encore une fois, je ne vais pas vous faire le truc sur les grands établissements publics nationaux qui captent tout.

On sait quelle est la vérité, mais ça ne sert à rien de vouloir également les affaiblir. On a besoin de faire plus sur la décentralisation culturelle. Ce sont 3 des priorités.

Bien évidemment, je vous ai dit tout à l'heure, je ne ferai pas 100 propositions, mais encore une fois, il ne faut pas se tromper sur ce qu'est le rôle d'un président de la République. Et je vois la différence avec 2021 où j'avais l'intention d'être candidat, mais mon Dieu, que je n'étais pas préparé. Et mon Dieu, que mes amis de chez LR m'ont rendu un fier service en m'empêchant d'être candidat à cette élection.

Mais en quoi on peut se tromper ? Le premier...

Pardon ? En quoi on peut se tromper, justement ? Je n'étais pas préparé sur la question de l'adéquation de mon récit avec ce que peut être le moment, ce que les Français veulent.

Et puis il y a aussi autre chose. Le rôle d'un président, ce n'est pas de vous faire un catalogue de mesures. Un président, sa première...

Ou une présidente, sa première vocation, c'est d'être le garant de l'unité de la nation, l'unité du pays. Vous vous souvenez de cette phrase de Colomb qui dit à la fin on était côte à côte, on va finir face à face. Il y en a certains à qui ça ferait peut-être plaisir, sur certains médias ou sur les réseaux sociaux, mais la vérité, ce n'est pas ce que les Français veulent.

Et on a besoin d'unir les Français. Il y a trop aujourd'hui de personnes qui se sentent méprisées, oubliées, invisibles. J'ai eu l'occasion de le dire, que ce soit sur la question de la diversité, des discriminations, que ce soit celui qui habite au cœur de la ruralité, qui a le sentiment qu'il n'existe plus, mais il y en a aussi qui sont invisibles dans le cœur de nos métropoles.

Et tout cela, il faut leur montrer qu'il y a une place, ils ont leur place. On respecte la loi, alors on est respecté, mais vraiment respecté. Et derrière cela, je pense que pour donner aussi un relief de l'ouverture, pour permettre de s'accomplir, si vous trouvez mieux que la culture, il faut me dire.

Non mais c'est la raison pour laquelle si vous croyez à l'unité, si vous croyez encore au pacte républicain, alors vous mettez en place une république des territoires et une république de la création, parce que c'est ça la clé. Et je reste intimement convaincu qu'un pays comme le nôtre, qui a une formidable histoire, où la culture, pour ceux que ça intéresse, pense que ça va être important pour le soft power, eh bien ça vaut la peine de se battre pour la culture. Il y a quelque chose qui m'avait marqué, quand je suis élu à la tête de la région pour une idée de festival, les gens venaient me voir en me disant, vous savez monsieur le président, en plus ce serait bien que vous investissiez là-dedans ce que ça va faire des retombées économiques.

Je dis vous me dites ça parce que je suis un mec de droite, parce que vous pensez que c'est parce que c'est économique que justement je vais embrayer, je vais embarquer dans votre histoire. Dites-moi plutôt, par rapport à la carte, le mapping culturel dans ma région, qu'est-ce qui me manque, qu'est-ce qui va correspondre au cœur culturel de votre projet, avant de me parler des retombées éco. Mais pour ceux que ça passionnerait, la France est un pays dans lequel le soft power de la culture a véritablement du sens.

Mais j'en reviens à ça, l'unité de la nation se construira ou se reconstruira aussi à partir de la culture, des services publics mais aussi de la culture. Quand vous dites qu'il ne faut pas se tromper sur le rôle du président de la République sur la culture, vous voulez dire quoi exactement ? Pas se tromper avec quoi ?

Avec le ministre de la Culture ? Exactement, avec le ministre de la Culture ou du Premier ministre. Il est garant.

Mais il doit se fixer, peut-être parce que j'ai commencé avec lui, avec Chirac, mais c'était un président qui avait aussi des grands chantiers présidentiels. C'est-à-dire qu'il ne jouait pas à l'omni-président ou super-président comme d'autres l'ont fait après lui. Mais par contre, il y avait des sujets qui étaient pour lui des idées fixes, des boussoles.

Et quand vous étiez son ministre, vous étiez soutenu mais vous aviez intérêt à délivrer. Ce sera la même chose si les Français me font confiance pour le ministère de la Culture. Pour la présidence de la République ou pour le ministère de la Culture ?

Non, non, je vous l'ai dit. Je ne suis pas candidat pour être ministre de la Culture. Je suis candidat pour être président.

Mais je vous dis, quand vous en faites véritablement un grand chantier et l'une de vos priorités, vous êtes le garant et derrière, il faut que les choses se mettent en oeuvre. Ce qui est important, ce n'est pas ce que je vous dis seulement pour 2027. Les Français, vous savez, se fieront à leur intuition.

C'est où on sera notre pays en 2032 et est-ce que la culture pourra à la fois rayonner vraiment et est-ce qu'elle pourra unir à nouveau et vraiment ? C'est ça la clé. Merci beaucoup.

Merci à vous. Sous-titrage ST' 501