L'interview d'Éric Zemmour très peu objective par Gilles Bouleau sur TF1
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
ou publié ce midi sur les réseaux sociaux. Il répondra à nos questions dans un court instant, mais revenons tout de suite sur cette vidéo, son message et ses images avec Célabou Griot.
La vidéo a été enregistrée il y a deux semaines dans le plus grand secret. Éric Zemmour lit son texte, le ton grave. La mise en scène fait référence à l'appel du général de Gaulle en juin 1940.
Il n'est plus temps de réformer la France, mais de la sauver. C'est pourquoi j'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle.
Dans ses neuf minutes de discours, Éric Zemmour oppose son idée d'une France heureuse, celle des années 60, à la France d'aujourd'hui, minée par le déclin. Un clip ponctué d'images de violence urbaine. Des thèmes qu'il décline et qu'il impose depuis la rentrée. Ses rencontres littéraires, qui ont déjà tout de meetings politiques, font à chaque fois sale con. Il dit la vérité. Il ne nous cache pas ce qui se passe en France. Mais la machine s'enraye. Une conférence de presse, improvisée le 13 novembre devant le Bataclan. Nous on n'est pas d'accord pour qu'il y ait de la com' comme ça. Moi je suis pas d'accord. Puis un déplacement à Marseille, rythmé par les manifestations hostiles.
Et conclu par cet échange de gestes, qu'il jugera lui-même inélégant. Cette déclaration de candidature, ses adversaires l'attendaient.
Une fois qu'on a vu ça, on a très vite envie de fuir, de prendre la poudre d'escampette. On n'a pas tellement envie de suivre ce candidat qui est très noir, très sombre, très lugubre. C'est une histoire de France, pardon. J'ai pas envie que ce soit celle qui soit enseignée à mes enfants. C'est une fausse histoire de France, c'est l'histoire des idéologues de l'extrême-droite.
Dimanche, le candidat sera au Zénith et lancera son mouvement politique. Mais pour faire campagne, il lui faudra aussi des financements, les parrainages et rallier des soutiens.
Bonsoir Eric Zemmour. Bonsoir Gilles Boulot. Depuis ce midi, vous êtes donc officiellement candidat à la présidence de la République. Dans cette vidéo de candidature, vous décrivez une France en état de quasi-guerre civile. Vous dites que vous voulez sauver la France. Est-ce qu'en faisant cela, vous n'exacerbez pas les tensions ?
Vous savez, moi j'ai l'impression que plutôt, depuis des années, je les dénonce, je les annonce. Et pour l'instant, l'histoire m'a plutôt donné raison. Vous savez, en France, j'ai l'habitude, on dit depuis le 18ème siècle qu'on persécute toujours ceux qui sonnent le toxin et au contraire, on est aimable avec ceux qui mettent le feu. Donc ceux qui me reprochent d'exacerber les tensions, ce sont eux qui mettent le feu en ne faisant rien depuis 30 ans, depuis 40 ans.
Revenons à vous et à votre personnalité. Est-ce que vous pensez avoir les qualités éminentes requises pour être président de la République ? On a vu dans votre clip, tout ressemble au général de Gaulle. L'appel du 18 juin. Le micro à droite, vous à gauche, les livres. Est-ce que ce n'est pas une captation d'héritage ?
Non, vous savez, j'ai trop de respect, trop d'admiration pour le général de Gaulle.
Mais ce n'est pas un accident, ça ressemble quand même furieusement à l'appel du 18 juin. Bien sûr, bien sûr, c'est une référence.
Vous savez, si vous regardez bien, il y a moult références. Il y a beaucoup d'autres références, mais il faut... Mais celle-là est écrasante. Celle-là est écrasante, mais vous savez, en même temps, qu'est-ce que j'ai voulu faire ? J'ai voulu faire un texte qui défendait... L'histoire millénaire de la France qui expliquait qu'il fallait la continuer malgré tout avec les moyens les plus modernes. C'est l'essence même de mon projet politique et c'est un projet qui s'inspire de ce qu'a voulu faire le général de Gaulle. Toujours l'histoire millénaire de la France, la continuer et en même temps avec des moyens technologiques, techniques les plus modernes.
Et là, vous n'êtes pas dans l'inspiration, vous êtes presque dans l'imitation. Aucun des héritiers du gaullisme n'avait osé faire ça, se mettre dans une sorte de mise en scène.
C'est une vidéo. Oui, la vidéo, c'est une mise en scène. Donc c'est tout à fait normal.
Parlons de cette vidéo. Il y a des emprunts, il y a déjà des procès qui vont peut-être vous être faits. Il y a des emprunts, des images, des extraits de films. Apparemment, vous n'avez pas demandé les droits. Est-ce que c'est une maladresse ? Est-ce que c'est un oubli ?
Vous savez, les querelles de juristes doivent s'intéresser aux juristes. Moi, je ne m'occupe pas de cela.
Concernant votre statut, est-ce que vous pensez que vous garderez votre sang-froid en toutes circonstances ? Si demain, vous êtes président et que vous avez un différent sur les ondes de pêche autour de Jersey avec le Premier ministre britannique, est-ce que vous lui ferez un bras d'honneur, comme vous l'avez fait dimanche dernier ?
J'ai souvenir de gestes, de mots de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et bien d'autres. Des doigts d'honneur ? Ils étaient des hommes d'État. Vous savez, je ne suis pas encore président d'abord, mais vous me faites bien d'honneur. Et deuxièmement, c'est un geste, on dirait... ... ... Ce qui ne sera pas très élégant, mais en tout cas qui correspondait bien à l'exaspération de cette folle journée. Vous savez, j'ai été harcelé pendant 24 heures.
Cette femme vient, s'approche de mon officier de sécurité qui voulait la repousser et moi, par gentillesse, parce que c'était une dame, parce que je ne voulais pas être rude avec elle, j'ai ouvert ma fenêtre et j'ai dit à mon officier de sécurité de la laisser, et elle me fait ce doigt d'honneur. Il y a de quoi un peu être exaspéré.
Vous avez compris, ce doigt d'honneur, cette main, c'est ça ? cette main, c'est symboliquement celle du Président, c'est le doigt sur le bouton nucléaire aussi, non ?
Est-ce que vous avez posé cette question à Emmanuel Macron ? Il n'a pas fait de doigt d'honneur. Ah bon ? Mais on lui a fait un doigt d'honneur, c'est pire. Il s'est fait prendre en photo avec deux jeunes hommes qui lui faisaient un doigt d'honneur. Je ne sais pas quel est le mieux. Mais enfin, on ne va pas passer toute l'interview là-dessus.
Bien sûr. Pour mener une campagne présidentielle en France, il faut des appuis, des parrainages, de l'argent. À combien de parrainages êtes-vous en ce moment ? Il en faut 500.
Je sais bien que c'est le dernier espoir de mes adversaires, que je n'ai pas les parrainages. Vous savez, depuis des mois, je sillonne la France, je rencontre des maires. Mes équipes y travaillent aussi et nous en avons déjà un grand nombre. Et je pense que les maires, même s'ils ne sont pas d'accord avec moi, ne voudront pas priver les Français de leur élection. Et ils ne voudront pas priver des millions de Français de leurs candidats. Et donc, par simplement respect de la réalité, par les règles démocratiques, ils me donneront leurs parrainages. J'en suis convaincu. En tout cas, je les appelle ici à le faire.
Et à ce jour, 30 novembre, combien en avez-vous ? Vous en avez une idée approximative ? Oui, entre 250 et 300. Cet après-midi, peut-être l'avez-vous vu, la France a rendu hommage à Joséphine Baker. Le président de la République dit « c'est moi la France, c'est moi Joséphine Baker, c'est la France ». Vous adhérez à cela, vous auriez pu l'écrire, vous auriez pu rendre hommage à Joséphine Baker. Joséphine Baker, c'est la France ? C'est ça qu'il a dit ?
Il a dit « la France, c'est Joséphine ». Oui, bien sûr, il a raison. Vous savez, moi j'ai un souvenir très tendre avec Joséphine Baker. Je vais vous expliquer pourquoi. Quand j'étais enfant, dans les années 60, elle passait régulièrement dans les émissions de télévision. Et on la voyait, cette grande dame très belle, très élégante, avec sa ribambelle d'enfant. Et elle disait qu'elle avait un château qui était un peu délabré et qu'elle n'avait pas les moyens d'entretenir ce château et ses enfants. Et donc, elle réclamait de l'argent aux Français qui lui donnaient volontiers. Et on était toujours admiratifs devant cette dame. On ne se souciait pas de savoir s'il y avait un privilège blanc.
On ne se souciait pas de savoir si elle subissait le patriarcat. Vous savez, Joséphine Baker avait un prénom français. Et surtout, c'est l'exemple même de la réussite du modèle d'assimilation à l'ancienne que je veux restaurer et que nos élites, et en particulier Emmanuel Macron, détestent et rejettent. Donc, vous voyez, moi, je dis oui. C'est la France.
Mais Emmanuel Macron ne dit pas exactement cela.
Bien sûr, mais moi, je le dis.
Est-ce que vous pensez qu'une majorité de Français, 50,1% pour être élu, est prête à voter pour un homme qui a été condamné deux fois pour provocation à la haine raciale par la justice de ce pays ? Mes chers messieurs, j'ai été condamné... En dernière instance ? Oui, oui, oui, tout à fait.
La première fois, je n'ai pas voulu faire appel. Parce que j'estimais que la justice n'avait rien à voir dans des querelles politiques et idéologiques. Il faut croire que j'ai eu tort, puisque depuis 10 ans, on me ressort cette condamnation. Maintenant, je tiens à vous dire que ce sont des délits d'opinion. Ce sont des délits de presse. J'ai été condamné sur le fondement de ma liberté d'opinion. J'ai été condamné sur le fondement d'une loi que j'estime liberticide. Et que je proposerai d'ailleurs d'abolir. Donc, je n'ai pas été condamné parce que j'ai volé, parce que j'ai tué, parce que... Vous voyez, non. C'est simplement la liberté d'opinion qui est en cause. Ma liberté d'opinion.
Ma liberté d'opinion. Et je sais qu'il y a beaucoup de Français qui pensent ce que j'ai dit et ce pourquoi j'ai été condamné.
Vous avez dit à plusieurs reprises que si vous vous présentez, ce n'est pas pour témoigner ou pour peser dans le jeu politique. C'est pour être élu, pour être président de la République. Projetons-nous dans le futur proche. Nous sommes le 24 avril 2022. Vous avez été élu président de la République. Qui choisissez-vous comme Premier ministre ?
Je verrai. Je n'ai pas à vous le dire maintenant. Vous avez une idée ? Non. La situation politique sera à ce moment-là. Qui m'aura soutenu ? Quels seront les gens qui seront venus sur ma ligne politique ? Vous savez, Emmanuel Macron, en fin novembre, n'avait pas de Premier ministre. Il l'a choisi après avec des gens qui venaient de chez Alain Juppé, qui étaient à l'époque en pleine primaire contre François Fillon et qui pensaient être le candidat de la droite à la présidence de la République. Tout ça est complètement anecdotique. On verra après.
Ces dernières semaines, vous avez fait une percée remarquable dans les sondages. Avec un petit bémol. C'est que les femmes, quand on les sonde, sont deux fois moins nombreuses que les hommes à dire être prêtes à voter pour vous. Est-ce que cela vous étonne ? Comment vous allez les convaincre, alors que dans ce que vous dites, dans ce que vous écrivez, vous laissez entendre que les femmes sont inférieures aux hommes, que leur intelligence est inférieure à celle des hommes ? Je n'ai jamais écrit ça. Les grands génies sont des hommes. Ce n'est pas fémininement correct de le dire. Mais c'est la vérité. Vous l'avez dit, vous l'avez écrit.
J'ai écrit bien sûr. Mozart est un homme, oui. Beethoven est un homme.
Les femmes sont le but et le butin de tout homme, doué qui aspire à grimper dans la société.
Écoutez, écoutez. Je l'ai revu il y a 10 minutes. Oui, oui, oui. Là, j'explique exactement les rapports entre les hommes et les femmes dans ce que les scientifiques appellent leur cerveau reptilien, c'est-à-dire le désir entre un homme et une femme. Pas dans la vie de tous les jours. Il faut distinguer les niveaux de lecture et d'écriture. Mais vous savez, vous n'allez pas comme ça ressortir mes phrases de mon livre. Je ne suis plus. Je suis plus le journaliste, l'écrivain. Je suis candidat à l'élection présidentielle. Donc ce que j'aimerais, c'est que vous m'interrogez sur mon projet et mon statut. Pas sur ce que j'ai écrit.
On ne va pas refaire la dizaine d'émissions que j'ai déjà faites depuis deux mois.
Donc votre mue est en train d'être faite.
Ou peut-être même vous l'avez dit. Bien sûr, ma mue est faite. Et je tiens à vous dire que je pense, je pense que ma candidature est celle qui défend le mieux les femmes. Parce que trêve de plaisanterie. Vous savez, vous connaissez le mot de Richelieu. Donnez-moi trois phrases de n'importe qui. Et je vous le fais condamner. C'est exactement ce que vous venez de faire, Monsieur le Boulot. Donc moi... Je voulais vous poser une question avec des écrits qui sont à propos de votre livre. Non, non, non, je vous répète. Je vous répète. Je ne suis plus l'écrivain. Je ne suis plus le journaliste.
Donc aujourd'hui, on m'interroge sur mon statut de président de la République, de candidat à la président de la République. Et donc je voulais vous dire uniquement sur les femmes. C'est mon projet qui les défend le mieux. Parce que qu'est-ce qui menace aujourd'hui les femmes ? Qu'est-ce qui aujourd'hui crache sur une femme quand elle est en juge ? Quand elle est en jupe ? Qu'est-ce qui aujourd'hui menace les femmes qui veulent les voiler ? Qu'est-ce qui aujourd'hui menace la liberté des femmes ? Et souvent la vie. Souvenez-vous de la jeune femme chahinaise qui a été tuée par son conjoint uniquement parce qu'elle voulait vivre à la française. Donc c'est moi qui aujourd'hui défend les femmes.
Car le danger aujourd'hui pour les femmes, ce n'est pas un hypothétique patriarcat blanc.
Si vous êtes élu président de la République, est-ce que vous serez, comme l'ont fait tous vos prédécesseurs, comme en tout cas ils l'ont dit, le président de la République ? Est-ce que vous serez le président de tous les Français ? Est-ce que vous serez le président des 5 millions de Français musulmans, par exemple ?
Mais bien sûr, le président de la République est le président de tous les Français. Et moi, je serai évidemment le président des Français de confession musulmane. Vous savez, j'ai toujours dit, contrairement à beaucoup d'autres, je ne distingue pas entre l'islam et l'islamisme. Parce que ça, c'est la même chose, c'est une fausse distinction. En revanche, je distingue entre l'islam et les musulmans. Et j'appelle tous les musulmans à s'assimiler et à renoncer à la pratique de l'islam qui consiste à imposer un code juridique et politique.
Vous savez, je ne dis rien d'autre que la célèbre phrase dite aux juifs par Clermont-Tonnerre, le révolutionnaire, « Rien aux juifs en tant que nation, tout aux juifs en tant qu'individu ». Je dis exactement la même chose aux musulmans. Et je suis sûr qu'il y a beaucoup de musulmans qui peuvent entendre ce discours, car ils n'ont pas du tout envie, vu qu'ils ont fui leur pays, ils ont fui la misère, ils ont fui l'absence de liberté, ils ont fui la présence oppressante de l'islam. Ils n'ont pas forcément envie de revivre ici et d'imposer ici ce qu'ils ont fui là-bas.
– Merci Éric Zemmour d'avoir répondu à nos questions le jour de votre déclaration de candidature à l'élection présidentielle, comme 600 000, merci à vous.
– Non, non, je trouve simplement qu'il n'y a pas eu de questions sur mon projet politique et je le regrette. – Je vous réinviterai bien volontiers. – Non mais c'était le moment ou jamais.
– Je vous réinviterai bien volontiers. Une partie de ce que nous avons dit avait trait à votre programme. – Pas vraiment. – Il me semble que si. – Il me semble que non. – Merci beaucoup Éric Zemmour. – Merci à vous. – Les 600 000 Français qui ces derniers mois ont tenté de payer moins cher leur électricité ont peut-être choisi de quitter les tarifs réglementés. Si vous en faites partie, vous vous êtes abonné à un opérateur alternatif. Relisez bien votre contrat, vérifiez vos factures. Une association de consommateurs vient de déposer plainte contre plusieurs fournisseurs pour pratiquer…
Éric Zemmour