Face à Philippe de Villiers (Émission du 10/07/2026)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Philippe de Villiers. Cher Philippe, bonsoir. Bonsoir Elliot, bonsoir Geoffroy. Geoffroy Lejeune est avec nous comme chaque vendredi. Depuis les élections municipales, on parle matin, midi et soir de cette fameuse Nouvelle-France. Chacun y va de sa définition. Quelle est votre définition de la Nouvelle-France, Philippe ?
Alors d'abord, c'est une escroquerie sémantique. Puisqu'il y a encore le mot France, alors que c'est l'anti-France, la post-France. Ils détestent la France et ils veulent qu'on la déteste. Mais allons-y quand même, puisqu'ils ont adopté le terme et qu'il a repris par la presse. Alors d'abord, la première caractéristique de la définition, c'est qu'elle intègre l'idée que s'il y a une Nouvelle-France, il y a une ancienne. Elle la désigne du doigt, l'ancienne. L'ancienne France vieillissante, l'ancienne France phallocratique, l'ancienne France rurale, l'ancienne France hétéronormée. Ensuite, cette ancienne France, ils la désignent comme étant stérile, alors que la leur est prolifique.
En effet, ils reprennent à leur compte la phrase de Boumédienne, l'enfantement est le djihad des femmes. Et c'est là tout le danger de cette fameuse Nouvelle-France, c'est qu'en fait, avec le no kid, la Macronie et la France ne fait plus d'enfants. No kid, pour ne pas polluer la planète et pour bien d'autres raisons, parce qu'en fait, ils ont tué la famille. Alors que les familles musulmanes, elles, sont prolifiques. C'est le coup de génie de Mélenchon qui un jour m'a dit, moi, la démocratie, c'est mon régime. Je lui ai dit, pourquoi vous dites ça ? Il dit, ah, le nombre, le nombre, le nombre. Eh oui, bien joué, effectivement. Et alors, la Nouvelle-France repose sur deux principes.
Le premier, c'est le principe révolutionnaire du prolétaire d'après. C'est-à-dire qu'en fait, le musulman remplace ce prolétaire dans sa fonction rédemptrice. C'est assez fort. Et ensuite, deuxièmement, c'est l'enjeu démographique. On dépeuple et on repeuple. Le grand remplacement. Vous vous souvenez que celui qui a parlé sur la place publique, sur le forum du grand remplacement, c'est Éric Zemmour. Tout le monde lui est tombé dessus en disant, ah, c'est pas vrai le grand remplacement, il n'y a pas de grand remplacement. Et tout d'un coup, Mélenchon arrive et dit, ah mais si, il y a un grand remplacement et je le revendique.
Donc, le grand remplacement a changé d'étiquette et changé de compartiment. Il était à l'arrière du train, il est passé dans la locomotive. Et tout le monde dit, ah oui, ah ben voilà, parce que c'est Mélenchon qui parle. Et il y a quelqu'un qui a très bien vu tout ça, c'est François Ruffin, qui a dit en fait que la vision globale de Mélenchon, c'est pas une vision sociale, les petits, les travailleurs. Ça, c'est une vision spatiale, les quartiers, les métropoles contre la ruralité. Et même, il dit raciale, en dressant des murs. Et il dit, en fait, Mélenchon dresse la France des Tours contre la France des Bours.
Et si vous me permettez d'embrasser 1500 ans d'histoire en quatre phrases, pour bien situer ce que veut dire la Nouvelle-France, je vous dirai ceci. Il y a eu l'ancienne France qui a été grand remplacée par la France Nouvelle. C'est ainsi qu'elle s'appelait. C'était le mot de Marat, c'était le mot de Robespierre. La France Nouvelle. Taboulorasa. Donc, l'ancienne France a été grand remplacée par la France Nouvelle. La France Nouvelle, au XIXe siècle, s'est appelée, sous la plume de Chateaubriand, la Nouvelle-Ancienne-France. Très attaquée par la gauche progressiste. Cette Nouvelle-Ancienne-France, elle a été grand remplacée quand elle est morte à Maastricht. Pourquoi je dis grand remplacée ?
Parce qu'il y a eu un nouveau changement de souverain. Le premier souverain, c'était le roi, l'ancienne France. Le deuxième souverain, la France Nouvelle, c'était le peuple. Le peuple souverain. Puis le peuple souverain a été liquidé, transféré, sans que personne ne dise rien, à Maastricht. Cette nouvelle, ancienne France est morte comme d'Artagnan, sous les murs de Maastricht. Puisque le souverain a encore changé. Maintenant, le souverain, ce n'est plus le peuple, c'est la technocratie de marché. Et puis voilà que la Nouvelle-Ancienne-France est en voie d'être remplacée par la Nouvelle-France. Et ce que je vous prédis, Elliot Geoffroy. Mais ça fera l'objet d'un chapitre nouveau.
Il faudra qu'on traite. Je pense, pour des raisons, je voudrais vous expliquer, que cette Nouvelle-France ne durera pas longtemps. Et qu'elle sera grand remplacée par la France de toujours.
L'économie mondiale, Philippe de Villiers, fait justement face à un choc, et vous en avez parlé, conjoncturel, suite à la fermeture du détroit d'Ormouz. Les prix des hydrocarbures s'envolent, les Français se plaignent de ce qu'on pourrait appeler un véritable nœud coulomb sur le pouvoir d'achat. CNews, d'ailleurs, hier, a proposé un documentaire inédit sur ces Français qui travaillent, mais ne parviennent pas à joindre les deux bouts, Philippe de Villiers. Marine, par exemple, et on va le découvrir ensemble, travaille dans un bar à Salade en Alsace. Elle est maman de deux enfants, elle gagne moins de 900 euros par mois, et elle ne peut plus faire le plein.
Illustration de cette France qui est à l'europrès.
Allez, c'est encore des couverts à laver ! Je vous dépêche parce que l'heure, elle tourne. Il est 14h30. Marine termine sa journée de travail. Avant de récupérer ses enfants à la garderie, elle fait les courses avec son nouveau compagnon. Et ça, j'achète pas beaucoup de trucs. Calculatrice en main, chaque euro compte. Donc là, faut pas que je dépasse 20 euros en général. Donc là, je suis à 20,86. Elle traque les prix et renonce à de nombreux plaisirs pour faire passer ses enfants avant tout. Mes enfants, je fais des repas. Et moi, le soir, je prends juste des trucs pas trop chers, genre pain de nid, jambon, tu vois. Le moment qu'on adore, on va à la caisse.
Non, mais aujourd'hui, c'était une journée en goison, je suis allée à la station et à la caisse. Donc là, 20 euros, oui, je les dépasse un petit peu, 1,57 euros en plus. Mais bon, écoute, c'est comme ça que je te dise. Merci mon patron.
Au revoir.
Et quelques heures plus tôt, elle était allée à la station essence et elle voulait faire, non pas un plein, mais mettre 20 euros d'essence. Et sa carte bleue a été refusée. Geoffroy Lejeune.
Philippe, face à ces situations qui se multiplient pour de nombreux Français, comment jugez-vous la réponse du gouvernement ? Qu'est-ce qu'elle vous paraît à la hauteur des enjeux ?
La réponse du gouvernement, elle me rappelle un mot que vous connaissez bien, qui est magnifique. Le mot de Gorbatchev avant de mourir. La France est le seul pays communiste qui a réussi. Et je vais essayer de vous le démontrer en quelques instants, en quelques phrases. Hélas, j'ai vu ce reportage d'hier soir sur CNews qui était splendide, remarquable, très émouvant, terrifiant. Aujourd'hui, la France est structurellement appauvrie. Dimanche soir, j'ai regardé votre émission, remarquable, comme d'habitude. Xavier Marc Touati, le brillant économiste. Et il a dit ceci, qui résume tout. Emmanuel Macron a ajouté 1300 milliards à la dette publique.
Pendant ce temps-là, on a fait 800 milliards de PIB. Vous faites la différence, 500 milliards. Tout est dit. Et pendant ce temps-là, on a une charge de la dette, qui est un budget en soi maintenant, qui est l'équivalent de l'éducation nationale. Je crois que c'est 64 milliards cette année. Et pendant ce temps-là, les charges de fonctionnement pour faire tourner la machine administrative ont augmenté de 24%. Je dis la France est structurellement appauvrie. Les Français sont structurellement appauvris. Et on peut prendre une métaphore que je connais bien pour l'avoir vécue. Pendant les 30 glorieuses, le pouvoir d'achat doublait tous les 15 ans.
Depuis les 30 piteuses, pour parler comme Nicolas Baverez, le pouvoir d'achat double tous les 80 ans. En d'autres termes, le pouvoir d'achat stagne ou régresse. En ce moment, il régresse, comme Marine l'a fait remarquer dans le reportage. Alors, vous me direz, c'est bien gentil tout ça, mais... Alors, vous avez une solution ? Oui. La solution, c'est de baisser les taxes et les impôts. Ça suppose qu'on sorte de l'Union Européenne, puisque l'Union Européenne nous interdit de baisser la TVA. Les Espagnols le savent. Ils ont essayé, ils ont été immédiatement repris par la commission de Bruxelles. Mais bon, on peut dire à Bruxelles, mène-toi de tes oignons, l'impératrice de la norme.
On est chez nous. Donc, baisser la TVA. Alors, vous allez me dire, ah oui, mais attendez, Philippe de Léa, vous baissez la TVA, mais ça veut dire que vous amputez le budget de l'État, et c'est pas une manière de desserrer le nœud coulant. Je réponds, bien sûr, vous avez raison. Pour pouvoir baisser les taxes et les impôts, c'est-à-dire rendre du pouvoir de charge aux Français, il faut faire baisser les prélèvements, qui sont aujourd'hui de 47%. C'est du jamais vu, c'est l'Union soviétique. Et pour les faire baisser, il faut donc couper dans les dépenses. Et là, je voudrais m'offusquer devant vous, et en appeler à tous les téléspectateurs, auditeurs.
Est-ce que vous savez ce qui se passe en ce moment ? Personne n'en a parlé. Personne n'en a parlé. C'est dire à quel point la classe politique, la classe médiatique dans son ensemble a l'esprit obscurci et est dans la soumission. Hier, à Chypre, a été décidée la subvention pour l'Ukraine, 90 milliards d'euros. On nous parle de prêts. On sait très bien qu'il ne sera jamais remboursé. Ce n'est pas l'Ukraine qui va le rembourser, ce n'est pas la Russie qui va le rembourser. Et ça veut dire que pour les Français, c'est 17 milliards d'euros à débourser.
C'est-à-dire qu'hier, pendant que Marine se plaignait en larmes, parce qu'elle est au centime près, on a accordé 17 milliards d'euros à l'Ukraine. Alors ensuite, ce n'est pas fini, il y a un autre sujet que personne n'aborde, personne n'aborde sur aucune chaîne, c'est les pompes aspirantes de l'immigration. Parce que là aussi, on peut récupérer de l'argent tout de suite, il suffit de couper les pompes aspirantes. Bon, par exemple, ce qu'avait proposé Sarah Knafo, elle a fait le calcul, ancien membre de la Cour des comptes, et connaît son sujet. Si vous réservez du jour au lendemain les prestations sociales non contributives aux citoyens français, vous faites une économie de 14 milliards.
Si vous arrêtez l'aide au développement, l'aide à l'Algérie, etc., tous les pays qui refusent de prendre leurs UQTF, vous faites une économie de 7 à 10 milliards. Si vous arrêtez la politique de la ville, qui est en fait une politique d'immigration compensatoire, 7 milliards. Si vous arrêtez l'AME, 1,3 milliard. L'AME, c'est l'aide médicale d'État pour les clandestins. Sachant qu'il y a énormément de Français, et j'en connais tout près de chez moi, qui ne peuvent plus se soigner. Ils n'ont plus les moyens de se soigner. Ils n'ont pas de couverture. Et on couvre les clandestins.
Et on leur permet de venir se faire soigner et se faire installer des prothèses avec des oreilles artificielles, etc. J'ai vu ça dans la presse cette semaine. Et enfin, l'hébergement. Est-ce que vous vous rendez compte que la France héberge à ses frais les clandestins pendant des mois ? Elle les héberge dans des hôtels. Et donc, ils sont blanchis, nourris, logés. Alors, je m'arrête là, mais simplement pour dire aux hommes politiques et aux journalistes, vous ne faites pas votre métier. Vous avez la trouille. Parce qu'en fait, tout le monde se maintient dans un ordre d'apparence. Tout le monde a peur, en fait. Tout le monde a peur des gilets jaunes.
Mais c'est pire que les gilets jaunes, ce qui va se passer. C'est un soulèvement, si on continue comme ça. Parce que, malheureusement, il n'y a pas assez de gens qui tirent la sonnette d'alarme comme moi. Mais les gens, ils réfléchissent. Ils voient bien la différence. Ils voient bien ce qui est en train de se passer. Et je vais vous dire ce qui est en train de se passer. Eliott, je crois. Il y a une grande partie des Français qui voit son train de vie fixé par l'État. Vous avez 18 millions de retraités en France. 4 millions d'allocataires de minima sociaux. Vous avez 2 600 000 allocataires du chômage. Et vous avez 6 millions de fonctionnaires.
Vous calculez, ça fait 52% des Français qui vivent éloignés de la société, de l'économie de marché. Et qui vivent de l'économie administrée.
Voilà, tout est dit. Parlons à présent des conséquences économiques et notamment la capacité de la France à faire face à ces crises successives. Les Français paient au prix fort le renchérissement des hydrocarbures. La classe politique avoue son impuissance, ligotée par l'endettement accumulé depuis des années. Quoique, ce vendredi, Sébastien Lecornu a promis un paquet d'aides pour le mois de mai. Je vous propose d'écouter le Premier ministre sur le perron de l'hôtel de Matignon.
J'ai donné cet après-midi justement instruction aux différents membres du gouvernement de préparer un prochain paquet d'aides. Pour le 1er mai, précisément, pour le mois de mai, on avait dit que nos aides étaient renouvelables avec toujours la même philosophie. Un soutien à l'activité par filière. Vous avez en tête les agriculteurs, vous avez en tête les transporteurs, vous avez en tête les pêcheurs. Je souhaite même que pour certaines professions on aille sans doute un peu plus loin parce que l'endurance devient difficile. Vous voyez les pêcheurs, certains commencent à verbaliser le fait que ça va devenir compliqué de ressortir en dépit de l'aide que nous avons déjà mise sur la table.
Il y a un enjeu sur le BTP, globalement ce qu'on appelle le rouge, le GNR, sur lequel je souhaite que les ministres puissent faire des propositions. Le ministre Serge Papin est ici. Il va rencontrer, et je demandais à l'ensemble des ministres, de rencontrer les différents acteurs et les différentes filières.
19h16, on poursuit évidemment notre émission avec Philippe Devilliers et Geoffroy Lejeune.
Philippe, d'où vient selon vous l'incapacité du gouvernement à répondre aux urgences de la situation mondiale ?
Oui, ça vient du piège dans lequel la classe dirigeante s'est mise il y a 50 ans. Si vous voulez, on peut faire un petit voyage pour vous répondre en quelques étapes clés pour affaîchir la mémoire de ceux qui ont connu cette période, qui ont plus de 50 ans, et pour dire aux jeunes gens, aux jeunes Français, regardez tout ce qu'il ne fallait pas faire et tout ce qu'ils ont fait. C'est terrible. Ça commence... Alors en fait, j'ai envie de commencer autrement. J'ai envie de dire... En fait, on a perdu le pire pour une nation qui se veut prospère et libre. On a perdu la conscience nationale et l'indépendance nationale.
La conscience nationale, c'est-à-dire que nos politiciens, quand je parle avec eux, ils pensent marché, ils pensent global, ils pensent monde, ils ne pensent pas France. Plus du tout. Ils pensent chaîne de valeur globale. Ils ont une vision planétaire. Ils n'ont plus du tout la vision des intérêts vitaux. Et c'est ainsi qu'ils se font rejoindre par l'événement. Et ensuite, l'indépendance nationale. Vous vous souvenez, au moment du Covid, il y a eu un moment à traumatisme. Pourquoi ? Parce que tout à coup, la classe politique a découvert que le paracétamol, il n'y en a plus chez nous. Et il fallait aller chercher le doliprane en Chine. Et même les masques.
Et donc là, on s'est dit, en fait, les chaînes de valeur globale, le globalisme, ça marche quand la mondialisation est heureuse, qu'on est dans la paix perpétuelle par le doux commerce. Mais quand la mondialisation devient malheureuse, alors le concept de l'indépendance nationale devient vital. Alors maintenant, le petit voyage. Première étape, 1973. c'est le premier choc pétrolier. Pompidou répond avec fermeté le plan Mesmer. Le plan Mesmer, c'est quoi ? 54 ou 58 réacteurs et l'hydroélectricité. C'est-à-dire une énergie pas chère, bon marché, et décarbonée déjà à l'époque. Ensuite, deuxième étape, la haute trahison, c'est 2011.
c'est Hollande qui traite avec les écolos et qui fait trois promesses. Première promesse, d'ici 2025, on supprime 24 réacteurs. Deuxième promesse, le tout éolien. Et la troisième promesse, on en finit avec les autres énergies, hydroélectricité, etc. 2020, troisième station du voyage. 2020, c'est en fait la fermeture de Fessenheim. Qu'est-ce que ça veut dire pour nous, pour la France ? Ça veut dire qu'on va devenir petit à petit un protectorat climatique chinois. Panneau photovoltaïque et éolienne. Je vous donne un petit détail, mais qui dit tout, que personne ne sait, c'est que dans une éolienne, il y a les rotors et les aimants.
Et dans les aimants ou les rotors, il y a des terres rares, au moins trois. Et les terres rares, elles viennent de Chine. Donc, en fait, on est pris à la gauche. quatrième date du voyage, 2023. Très important. C'est la date clé. Pourquoi ? Parce que là, on bascule dans l'Europe allemande. Pourquoi ? Parce qu'en fait, l'Allemagne, après Fukushima, a décidé d'en finir avec ses 20 centrales nucléaires et elle ferme la dernière en 2023. Et à partir de cet instant, l'Allemagne se dit on va tuer l'avantage comparatif de la France. Donc, la stratégie est la suivante. La stratégie allemande est la suivante. On arrête le nucléaire et on prend le gaz russe à la place. Nord Stream, etc.
Et en même temps, on verrouille les institutions européennes avec le couple germano-allemand. Van der Leyen, Nertz. C'est du beau travail. Ensuite, on décide de détruire le monopole d'EDF. demander à monsieur Proglio ce qu'il en pense. Lui qui était un président si talentueux avec le sens de l'intérêt général. Et enfin, on infiltre Bruxelles avec des lobbies écolos pour pouvoir parvenir à la situation actuelle. 60% des éoliennes sont mises en oeuvre par des entreprises allemandes. C'est une manière d'occuper le territoire français avec la présence allemande à travers l'énergie 22. Et puis, enfin, dernière date, là aussi, 2023, coup de génie de Trump.
Premièrement, Trump accueille l'explosion de Nord Stream 2 comme une bénédiction. On ne sait pas qui a fait le coup, mais en tout cas, ça bénéficie aux Américains. Ensuite, les Américains auparavant ont infligé des sanctions russes pour nous obliger à prendre du gaz déguéfié américain qui est trois fois plus cher que le gaz russe. Donc, en fait, c'est une manipulation gigantesque dans laquelle on s'est laissé bercer la France est tombée dans un piège incroyable. Elle n'a pas pensé à sa liberté, à son indépendance. Et donc, aujourd'hui, premièrement, il faut sortir du marché de l'électricité qui est indexé sur le prix du gaz, donc le gaz allemand. Donc, c'est l'Allemagne qui commande.
Et non seulement ça, mais il faut absolument sortir de l'Union européenne pour avoir une indépendance complète et avoir une vraie politique énergétique fondée sur le nucléaire et à nouveau l'hydroélectricité.
Autre sujet à présent, Philippe De Villiers, il y a eu, au début de cette semaine, une véritable déferlante qui s'est abattue sur CNews. La France insoumise et de nombreuses personnalités de la Macronie, le Premier ministre Sébastien Lecornu ou encore la ministre de la Culture Catherine Pégard, ont rivalisé zèle pour dénoncer ce qu'ils ont appelé le racisme de CNews. Jusqu'à ce vendredi où Mediapart, très inspiré, relayé par son ancien patron, appelle à débrancher CNews. Il est urgent de débrancher CNews, chaîne de déconstruction de la démocratie. Rien que ça, il ne s'agit pas de l'interdire mais de supprimer son autorisation de diffusion sur un bien public.
La TNT par non-respect de ses obligations. sur Geoffroy Lejeune.
Alors, ça fait longtemps qu'on voulait vous poser la question mais quelle est, Philippe, votre analyse de cet emballement autour de CNews et vous paraît-il un tant soit peu justifié ?
Alors, je connais bien Michel Onfray, très bien, c'est un ami, je l'aime beaucoup, je le connais depuis longtemps. Faire passer Michel Onfray pour un raciste, c'est pas sérieux, dont je ne réponds pas. Sur cette... sur cette pluie d'insultes, je n'ai pas de réponse. Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse. En revanche, ça m'a fait penser à ce que m'avait dit un jour François Furet, qui avait dit à l'âge Vendienne que je connaissais bien, que j'ai eu l'occasion de rencontrer longuement sur le bicentenaire de la Révolution française. Et il m'a dit « Nous sommes à la veille d'une entreprise de vitrification. » Il tenait le mot de Staline, la vitrification.
La vitrification, ça consiste à vous fixer au sol. Et ça marche. Ça marche encore mieux aujourd'hui que du temps de Staline. Et il m'avait développé les quatre armes de la vitrification. En devenir, me disait-il. On peut les passer en revue rapidement. La première arme de la vitrification, qu'on connaît bien ici, c'est la fascisation. Alors là, c'est du Staline, tout craché, c'est lui qui a inventé ce mot en disant « Qui est contre Staline et pour Hitler ? » Alors aujourd'hui, ça pose un problème puisqu'il n'y a plus Hitler ni Mussolini. Donc comment on fascise l'adversaire ? On fascise tout adversaire qui se réclame d'une forme d'hétéronomie. C'est-à-dire, si je dis « Je suis patriote.
» Oh là ! Extrême droite. Si je dis « J'ai une conscience nationale. » Oh là ! Fasciste. Si je dis « Une famille, c'est un père et une mère. » Oh là ! Fasciste. Si je dis « Il faut rétablir l'autorité. » Oh là ! Fasciste. Etc. Donc toute hétéronomie dans la société est considérée comme une marque de fascisme. Alors le fascisme, cette dialectique fasciste-antifasciste, elle permet de disqualifier et elle permet de tuer puisque c'est au nom de l'antifasciste que Quentin de Ranck a été tué. Et là, on a vu la force de l'excuse absolutoire. Oui, mais d'accord, il est mort. D'accord, on peut le regretter. C'était quand même un fasciste. Ah bon ? D'accord. Ah oui.
Et donc, l'excuse absolutoire qui devient la victimisation accusatoire. Donc, c'est l'antifasciste qui est la victime et le fasciste qui est toujours le coupable. Deuxièmement, l'islamophobie inventée par Khomeini au moment de la fatwa Salman Rushdie qui recommande à tous les occidentaux d'utiliser cette arme l'islamophobie. L'islamophobie, c'est non seulement toute critique des musulmans mais toute critique de l'islam.
C'est-à-dire si vous critiquez les minarets, si vous critiquez le halal, si vous critiquez si vous dites qu'il faut qu'on puisse serrer la main des femmes, si vous dites que les femmes peuvent aller dans un bistrot, si vous dites que vous êtes contre le voile des petites filles, etc., vous êtes islamophobe. Et donc, le danger, c'est que là, on est sur un délile. C'est le début de la judiciarisation. Si vous dites que vous êtes christianophobe, aucun problème, c'est un exercice ludique. Recommandé. mais islamophobe, vous allez au tribunal. Donc, chacun reste sur ses gardes. Troisièmement, troisième vitrification, c'est le colonialisme.
Le colonialisme, c'est la clause de la honte du grand-père. Parce que le grand-père, en fait, était un esclavagiste, un colonialiste. Et donc, c'est l'idée d'une mémoire pénitentielle infligée à chaque petit français pour qu'il se taise et pour qu'il cesse de croire un seul instant que son pays vient de loin et vient de plus grand que lui. En effet, la France est un pays inventé par l'esclavagisme et le colonialisme et il faut éradiquer ce qu'ils appellent le privilège blanc. Et puis, arrive le racisme en deux temps. Et là, c'est intéressant. Premier temps, octobre 1984, SOS Racisme. Là, l'idée, c'est de dire le droit à la différence, la fin de l'assimilation. Et ça marche très bien.
C'est-à-dire qu'avec SOS Racisme, ils fabriquent le communautarisme dont ils se plaindront pour certains d'entre eux. Les inventeurs, évidemment, seront les arroseurs arrosés. Trop tard. Avec SOS Racisme, ils ont fabriqué le communautarisme. Et puis, deuxième étape, on en a parlé au téléphone, Elliot. Ça m'avait beaucoup frappé quand vous m'avez dit SOS Racisme a été sifflé à la manif de Saint-Denis. J'ai réfléchi, je me suis dit, j'ai compris pourquoi. Parce qu'en fait, on a franchi un cran, on est passé de la dialectique racisme-antiraciste à la dialectique racisé-racisant.
Ce qu'a très bien dit le professeur Jean Travoilow, qui est un homme très brillant, qui a parlé de ce sujet avec quelques fulgurances. Alors, qu'est-ce que ça veut dire racisé-racisant ? Ça veut dire qu'en fait, c'est les blancs et les noirs. Donc, un blanc, s'il ne fait pas d'efforts, il peut être très facilement raciste. De toute façon, c'est un racisme systémique. Donc, ça ne dépend pas de sa mentalité. Et les racisés, vous vous rendez compte, les racisés, ce n'est pas moi qui invente ça. Les racisés, c'est la France insoumise qui parle des racisés et qui a dit, d'ailleurs, il faut qu'il y ait des mers racisés pour ressembler à la population. Voilà. On en arrive à cette dialectique.
Et quel est le but de cette vitrification ? À partir de ces quatre armes de vitrification, le but, il est triple. Premièrement, faire taire celui qu'on considère comme un adversaire, lui couper la parole, fermer ses news. Deuxièmement, déraciner les petits Français, s'assurer que la clause de la honte du grand-père fonctionne. Et troisièmement, faire de la France un espace cosmique.
Et vous aviez prophétisé les sifflets pour SES Racisme il y a deux semaines. Vous aviez eu cette formule « Un pur trouve toujours un plus pur ».
C'est la formule de Saint-Just.
C'était laquelle ? Rappelez-la nous.
Saint-Just disait à propos des révolutionnaires qui se coupaient la tête. La révolution dévore toujours ses enfants. Voilà, c'est ça. Et il disait « Un pur trouve toujours un plus pur qu'il est pur ».
Parlons à présent Philippe Devilliers mais dans la continuité de la gastronomie française. L'actualité des deux dernières semaines a été marquée par plusieurs informations qui ont provoqué ce cri d'alarme du chef étoilé Thierry Marx, le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. Il a déclaré que la gastronomie française est en danger de mort et il est revenu sur la polémique autour de Master Poulet qui s'installe sur le cadavre de la restauration traditionnelle. C'est Thierry Marx qui le dit. Je vous propose de l'écouter d'ailleurs.
Quand un restaurateur en restauration assise qui paye des salaires, qui paye des charges, qui paye des loyers, qui paye des taxes, quand il fait un menu à 22 euros, il lui reste 40 centimes. Quand vous développez 60 restaurants de ce type Croustie, Poulet ou autres, vous avez des revenus qui sont bien supérieurs. À un moment donné, le restaurateur qui faisait du fait maison lâche prise. Et aujourd'hui, sur ce lâche et prise, finalement, s'installe une autre restauration. La nature n'aime pas le vide. C'est parce que c'est trop dur. Mais bien sûr, aujourd'hui, vous ne vous en sortez pas. Geoffroy. Cher Philippe, avez-vous le même sentiment que Thierry Marx ?
Oui. Et il a très bien dit les choses. Master Poulet s'installe sur le cadavre de la restauration traditionnelle. À Pâques, pour aller à Foncombeau, j'ai traversé une grande partie de la France, l'écharpe du désert. Et dans tous les villages que je traversais, La Roche-Posay, Bressuie, les restaurants, fermés, fermés, fermés, fermés. En fait, on avait 200 000 restaurants traditionnels, on n'a plus que 100 000. C'est une tragédie. Et en fait, dans la même semaine, il y a eu trois faits majeurs qui sont passés inaperçus. Le premier, donc, c'est la déclaration de M. Marx, qui est quand même un chef étoilé, représentatif, puisque c'est le président des métiers de l'hôtellerie.
Ensuite, il y a eu les paysans français qui ont eu connaissance d'un codicil scandaleux. Le Point a fait d'ailleurs un très bon article là-dessus. Sur la vision ultime du Mercosur qui accorde le Mercosur qui accorde désormais tout le marché européen de la viande à un géant brésilien. Exactement. Donc, ça veut dire la viande aux hormones arrive. Pendant que la viande, la volaille, traitée aux activateurs de croissance, arrive d'Ukraine. Et puis enfin, il y a eu une décision de la Commission de requalifier des OGM, des nouveaux OGM, des nouvelles formes d'OGM, avec des brevets pour les grandes entreprises de l'agrochimie. Pauvres paysans français, qu'est-ce qu'il leur reste ?
Eux qui sont si proches de la nature. Et en fait, en voyant tout ça, j'ai pensé à Bria Savarin, que je connais bien parce que j'ai inauguré avec Charles Millon, mon ami Charles Millon, maire de Belay à l'époque, député de Belay, la fondation Bria Savarin. Bria Savarin disait « La cuisine d'un peuple est le témoin exact de sa civilisation ». C'est-à-dire, on avait une grande cuisine, on avait un art de la table recherché dans le monde entier, on avait une grande civilisation. Et c'est Bria Savarin qui a défini l'identité culinaire de la France quand il dit « Dans tous les autres pays, on mange, en France, on goûte le goût français ».
Et il disait « Les animaux se repèsent, les hommes mangent, l'homme d'esprit, lui, sait manger ». D'ailleurs, j'ai pensé à vous, Elliot, parce qu'il avait aussi un mot remarquable qui disait « Un dessert sans fromage, c'est comme une belle à qui il manque un œil ». Voilà. Et donc, je prends des images qui peuvent toucher mon public sur ce plateau. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'en fait, pendant longtemps, l'art culinaire à la française, la gastronomie française, était un moyen de gouvernement. la preuve. La preuve, Talleyrand, il va voir Louis XVIII et il lui dit, bon, il part au congrès de Vienne, 1814-1815. Il n'a pas d'argument, la France est vaincue.
Sauf que, il explique au roi, qui n'en croit pas ses yeux, que j'ai peut-être de quoi rétablir le prestige de la France grâce à l'art de la cuisine. C'est un amphitryon réputé, comme on dit à l'époque. Et il va réussir à compenser l'humiliation militaire par le triomphe culinaire français, c'est-à-dire qu'il amène avec lui des cuisiniers, des restaurateurs, les grands noms, et il séduit, avec les grands vins, il séduit tout le congrès de Vienne et il obtient tout ce qu'il veut. Après avoir dit à Louis XVIII, Sire, vous voulez me donner des instructions, ce ne sont pas des instructions, je veux, ce sont des casseroles.
Et donc, en fait, il faut savoir que le restaurant, c'est une invention française. Avant le restaurant, le privilège de la gastronomie était réservé à l'opulence. Et depuis le restaurant à la française, c'est tout le public, c'est tout le peuple qui peut manger au restaurant et donc goûter à ce qu'on appelle la gastronomie française. Il y avait un dicton quand j'étais petit, qui n'était pas de Saint-Ignon. Pour une fois. Qui était, l'insulteur qui disait, il n'est de bon bec que de France.
C'est magnifique. Revenons aux choses sérieuses, cher Philippe. C'est l'image de la semaine, du moins l'une des images, une image bouleversante, puisque le festival de Cannes a été marqué, et on va le découvrir ensemble, par les larmes. Les larmes de Michael Paty lors de la projection du film L'Abandon, sorti en salle mercredi et retraçant les onze derniers jours avant la Saint-Sinat islamiste contre son frère et professeur d'histoire-géographie, Michael Paty. Geoffroy Lezanne.
Cher Philippe, pourquoi selon vous ce film est-il d'intérêt public ?
Parce que, lorsque ce drame a eu lieu, il m'a semblé que toute la classe dirigeante prenait conscience du point de bascule. Et on nous expliquait, cette fois-ci, c'est fini. en rapport avec ce qui s'était passé avec le Bataclan, quelques années plus tôt. Cette fois-ci, c'est fini. Et en fait, il ne s'est rien passé. Ou plutôt, après, on a eu Dominique Bernard, un deuxième prof assassiné, et depuis, il ne s'est rien passé. Et non seulement, il ne s'est rien passé, mais toute la classe politique a peur. Il faut dire que il faut faire très attention à ce qu'on dit, avec le fameux concept d'islamophobie. C'est la peur qui règne alors qu'on nous avait promis le courage naissant.
C'est la peur qui règne et c'est l'islamisation qui progresse, qui avance, avec un plan mis en œuvre par les frères musulmans et qui est en train de nous gangréner. Il devait y avoir des collèges Samuel Paty. Il n'y a pas eu de collèges Samuel Paty. Et je pense en cet instant aux larmes de Mickaël, sa sœur. Ce film est une sorte d'ongan sur la plaie. Mais pourquoi je dis que c'est d'intérêt public ? Parce qu'il faut que tous les Français aillent voir ce film et qu'ils en tirent la conclusion que la société française doit être sauvée de l'islamisme qui nous conduit tout droit dans 30 ans
au califat. Philippe Devilliers, parlons littérature. Il nous reste 15 minutes. Le journal du dimanche a publié une tribune de Vincent Bolloré au sujet du départ de Grasset d'Olivier Nora, son directeur général, qui souhaitait publier le futur livre de Boilem Sansal seulement à l'automne. Toute la presse, toute la presse mainstream s'est emparée du sujet. Je fais l'impression qu'il y avait eu 1789 et qu'il y a eu la chute du mur de Berlin et puis il y a eu le départ de M. Nora.
Je crois qu'on a une revue de presse mais limitée parce que vraiment on n'avait pas le temps de tout mettre du Nouvel Obs en passant par Libération, l'Humanité, j'aurais pu vous citer France Inter, France Info, bref, tout le monde et cette semaine on a pu entendre et ça vous avait pensé à quelqu'un que vous connaissez bien, Solzhenitsyn qui avait été interrogé par un certain Jean Daniel. Revoyons cette archive.
Ma douleur et la douleur d'un certain nombre de mes amis, le mot douleur n'est pas une inflation sémantique, c'est pas un excès de vocabulaire, c'est de prendre tellement part à votre combat, d'avoir une telle admiration pour votre combat solitaire, pour votre témoignage et de voir que sur ce qui a correspondu à vos combats en Occident, il me semble et depuis quelques minutes je suis certain que vous vous êtes trompé que vous vous trompez peut-être par simple manque d'information. Geoffroy Lejeune.
Alors cher Philippe, vous avez accueilli Solzhenitsyn en Vendée au Puy-du-Fou, vous êtes l'ami de Boilem Sansal, quel regard portez-vous sur ce psychodrame littéraire qu'on appelle l'affaire Grasset ?
Il y a un parallèle à faire entre Solzhenitsyn et Boilem Sansal que je fais en quelques phrases. Premièrement, ce sont deux écrivains, deux écrivains célèbres, deux écrivains qui ont eu tous les prix. Solzhenitsyn a eu le prix de la littérature, le prix Nobel de la littérature et Boilem Sansal a eu le grand prix de l'Académie française. Donc dire que Sansal n'est pas un écrivain, c'est un peu exagéré, il a eu tous les prix. Bon. Mais ce ne sont pas que deux écrivains, ce sont deux écrivains qui ont été emprisonnés. Deuxième point commun. L'un a été emprisonné dans les geôles soviétiques, on a appelé le goulag, il a appelé le goulag et l'autre dans les geôles algériennes.
Donc ils ont souffert et tous les deux en prison, ils ont eu un cancer et tous les deux, leur famille pensait que c'était fini. Ils s'en sont sortis miraculeusement. Troisièmement, ce sont des écrivains prisonniers qui sont des prophètes. Solzhenitsyn a prophétisé que le communisme était une désespérance de toute l'humanité et un danger majeur, un danger totalitaire par excellence. et Boilem Sansal a parlé de l'autre communisme, l'islam, l'islamisme, un danger pour toute l'humanité et spécialement pour la France. Et c'est là qu'arrive le quatrième caractère commun, ce sont deux parias.
À partir du moment où Solzhenitsyn a dit haut et clair que le communisme était un danger pour l'homme et pour l'humanité, il a été filipendé par la gauche française. Jean Daniel, nouvel observateur. En disant, non, c'est pas possible, il va trop loin. Et il l'appelait le Moujik mystique. Et pareil pour Boilem Sansal. Boilem Sansal, tant qu'il était un écrivain algérien, il disait, ah, quel écrivain ! Et maintenant qu'on dit écrivain français, voilà. Alors Boilem Sansal, en fait, c'est un amoureux de la langue française. C'est la preuve qu'on peut rentrer, quand on est français de désir, qu'on peut rentrer en France par la porte de la langue.
Et je ne sais pas si vous vous souvenez de la photo que vous avez faite à la rotonde. Et à un moment donné, il s'est arrêté et comme ça, il dit, ah, la langue française. Trois fois. Voilà, la langue française. Pour lui, la langue, c'est tout. Et c'est un résistant. Je vous rappelle un fait qui apparaîtra dans son livre, mais qui m'a beaucoup marqué. Il m'a dit, tu comprends, il voulait me traiter comme un otage. Et j'aurais été libéré. Mais j'ai envoyé une lettre, j'ai dit, je ne veux pas être traité comme un otage. Non, moi, je suis un combattant, je ne veux pas être libéré. Moi, je vais être libéré comme un combattant, pas comme un otage. Ça a de la gueule, quand même.
Voilà, il me semble sale.
Français de désir. Philippe De Villiers, dans l'actualité cette semaine, c'est l'histoire sans fin et ces violences urbaines après la victoire du Paris Saint-Germain en demi-finale de Ligue des Champions. policiers blessés, mobiliers incendiés, des Français honnêtes également agressés dans leur véhicule. Du moins, leur véhicule a été saccagé. On dénombre 127 interpellations pour une centaine de gardés à vue. Et l'image, dans l'image, c'est celle de l'exposition de Yann Arthus Bertrand sur le vivre ensemble, là aussi saccagé dans la nuit de mercredi à jeudi, place de la Concorde. Il a lui-même fait une petite vidéo pour expliquer ce qui s'était passé. Regardez.
Voilà comment je découvre une exposition sur la place de la Concorde sur le vivre ensemble ce matin. Manifestement, les supporters du PSG ont adoré l'exposition. Donc, je lance un appel à tous les gens qui aiment le foot, à tous les gens qui pensent que vivre ensemble c'est important, à tous les gens qui aiment la photographie, pour aimer cette exposition. Donnez-nous un petit coup de main ce matin parce que c'est un peu compliqué à remonter pour que l'exposition soit remise en état. Les photos sont un petit peu abîmées mais le sens restera. Voilà, si vous avez envie de nous donner un petit coup de main vous êtes le bienvenu place de la Concorde.
On est là, on vous attend et on va continuer l'exposition et continuer à croire au vivre ensemble plus que jamais. Je vous embrasse tous, je vous aime et je vous attends si vous avez envie de venir. Voilà.
Merci.
Que vous ferez le jeune ?
Alors, on va continuer à croire au vivre ensemble. La préfecture parle de débordement. Pour vous, Philippe, que veulent dire ces images ?
C'est extraordinaire parce que Yann Arthus Bertrand, c'est quand même un homme de la de la gouche caviar et il fait partie de ces grands bourgeois de la Macronie qui parlent du vivre ensemble et qui voient le vivre ensemble détruit sous leurs yeux avec leurs œuvres et qui continuent à parler du vivre ensemble. C'est-à-dire qu'en fait, c'est très inquiétant. Ça veut dire qu'ils sont imperméables à l'expérience. Mais en fait, si vous me permettez, Eliott, je crois, de prendre de la hauteur sur votre question. J'ai écouté chez Laurence Ferrari avant hier matin Laurent Nunez et je me suis dit au fond, il est très représentatif. Pourquoi ?
Parce que il me rappelle la phrase de Bossuet que vous connaissez tous mais je la répète parce qu'elle est admirable. Dieu se moque de ceux qui déplore les mots dont ils chérissent les causes. Et donc en fait, il a abordé trois sujets Laurent Nunez et sur les trois sujets il a parlé des conséquences. Il aborde le sujet des teuffeurs et il dit il faut réprimer, il faut sanctionner mais il ne se pose pas la question qu'on devrait se poser. D'où vient cette jeunesse décérébrée, déculturée, désarticulée, la cause ? On la connaît mais personne ne veut la dire dans le milieu politique. C'est l'écroulement des murs porteurs.
Ensuite, il parle de la drogue et il dit on va doubler l'amende pour les droguer mais il ne parle pas de la drogue, il ne parle pas de la marchandise. si on rétablissait la frontière on n'aurait pas toute la drogue qui vient d'Amsterdam. C'est ça la cause. En d'autres termes, il y a des consommateurs mais il y a des producteurs, il y a des transporteurs, il y a des importateurs, c'est là qu'il faut frapper. Donc on frappe la conséquence, on ne frappe pas la cause. Et j'arrive à votre question, la question des débordements. Ah ! Ne pas nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. Et débordement, ça veut dire quoi ? J'ai regardé la dépêche AFP. Débordement de joie. Ah oui, d'accord.
Donc en fait, c'est le lit qui déborde. En fait, il faut appeler les choses par leur nom. Ce ne sont pas des débordements qu'on a vus. Il suffit de voir les images. Ce sont... C'est une guérilla urbaine. Et donc, il faut chercher la cause. Et la cause, c'est évidemment la faillite du vivre ensemble. C'est-à-dire d'une politique qui depuis 40 ans, 50 ans, nous coûte 200 milliards d'euros avec la politique de la ville, qui était un échec total, flagrant, sur lequel personne ne veut revenir. Parce que c'est ça qu'on a vu mercredi soir. Ensuite, la classe dirigeante ne veut pas regarder l'évidence. Elle ne veut pas qu'on dise la vérité. La vérité, c'est qu'on a changé de société.
par rapport à ma jeunesse, par rapport à mon enfance, je me souviens à l'arrivée sur les Champs-Élysées de la Sainte-Étienne après la finale de Glasgow. Il n'y avait pas de problème de gendarmerie, de police. Ils sont entrés comme ça en deux chevaux dans l'Élysée. Aucun problème. C'était une autre époque. C'était une époque où il y avait des codes, où il y avait des capillarités, des tissus conjunctifs, des voisinages affectifs. On est passé de cette époque-là, de cette société-là, qui était une société homogène, à une société tribale, multifracturée, multiconflictuelle, une société de pré-guerre civile. Et ce que ne veut pas avoir la classe dirigeante, c'est pire.
Elle ne veut pas faire le lien, et d'ailleurs personne ne l'a fait depuis le mercredi. je vais être le premier. Parce que c'est trop dangereux. Alors allons-y. Elle ne veut pas faire le lien entre ces violences, ces émeutes, ces émeutes, et une politique migratoire massive depuis 50 ans qui nous a mis dans la situation où nous sommes aujourd'hui. C'est-à-dire un territoire, le territoire de France, qui est désormais l'apanage des bandes, des hordes, des racailles
et du barbaricum. À plusieurs reprises d'ailleurs, en parlant de l'euthanasie, vous avez cité Claire Fourcade, qui est la présidente de la Société Française d'accompagnement et de soins palliatifs. Il s'avère que Claire Fourcade vient de publier un ouvrage chez Fayard, Pierre Geoffroy.
Alors Philippe, vous avez lu ce livre, Fin de vie manuelle de résistance de Claire Fourcade, et vous souhaitez vous adresser au président de la République ?
Avant de m'adresser au président de la République, je voudrais saluer Claire Fourcade parce que nous disions en aparté, à l'instant, pendant qu'on passait ces images, qu'elle aura peut-être changé la donne. C'est une femme exceptionnelle. Moi qui fais mon admiration, le livre est exceptionnel et le combat qu'elle-même est exceptionnel. Et en fait, elle nous dit deux choses essentielles. la première qui a changé la donne au Sénat, qui va peut-être changer la donne à l'Assemblée, elle nous dit premièrement les soignants sont de manière très majoritaire, presque unanime pour dire nous ne voulons pas de cette loi.
C'est quand même très embêtant, une loi qui est faite contre les soignants alors qu'il s'agit du soin ultime, c'est-à-dire la mort administrée. Et deuxièmement, elle nous dit je réponds à ceux qui ont peur de la mort, nous avons aujourd'hui pour répondre à cette peur les soins palliatifs. 20% seulement des Français peuvent en bénéficier, 20% des départements et c'est là qu'il faut mettre le paquet. Et plutôt que de mettre 17 milliards pour aider un pays corrompu qui s'appelle l'Ukraine, on ferait mieux de mettre quelques milliards pour aider Claire Fourcade à développer les soins palliatifs.
Vous souhaitez Philippe Devilliers adresser un message au président de la République. Oui. Laissez ce message.
Alors je voudrais lui adresser le message suivant. Monsieur le Président, nous avons correspondu à une époque et je me souviens de votre lettre du 4 juillet 2019 dans lequel vous me dites entre les lignes vous avez raison sur l'euthanasie. Cette lettre je l'ai gardée précieusement. Elle est écrite à la main. Elle est bien écrite. Elle est solennelle. Elle est personnelle. Elle vient du fort intime. Donc qu'est-ce qui vous est arrivé ? Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de faire là ? En plus c'est très serré. Ça va être très serré. De plus en plus serré. Ce n'est pas du tout le consensus que vous voulez appeler de vos voeux devant la grande loge.
Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? Vous êtes en train d'opérer un renversement, un basculement éthique, un renversement anthropologique majeur. Vous êtes en train de changer de code. Vous passez du code pénal au code de la santé publique avec la non-assistance de personnes en danger. La non-assistance de personnes en danger aujourd'hui, c'est un crime. Et la non-assistance à personnes en danger demain sera une vertu morale avec votre loi. Une vertu morale, familiale, civique. C'est intolérable. renversement anthropologique. Mais ça va plus loin.
C'est un retour en arrière, un bond en arrière de 25 siècles qui nous ramène vers l'âge pré-hypocratique du nom de ce médecin grec, Hippocrate, qui a défini la médecine et les règles éthiques de la médecine qui s'énumèrent ainsi, encore aujourd'hui, comme il y a 25 siècles à Athènes, premièrement, le soignant soigne, ensuite le médecin sauve et ensuite la mort sur ordonnance ne peut pas être le prolongement du soin. D'autant plus, comme le dit Claire Foucade magnifiquement dans son livre, la relation de soin entre le soignant et le soignant est une alliance asymétrique, asymétrique. C'est-à-dire qu'elle repose sur un acte de confiance ineffable.
Cet acte de confiance ineffable ne peut pas supporter le soupçon. Comme l'a très bien dit le professeur Juvin quand il a déclaré, moi quand j'entre dans la chambre d'un patient, il me regarde, il guette mes yeux, il guette mes mains et il se pose la question que vient-il faire ? Mais demain la question sera plus lourde encore. Que vient-il faire ? Me sauver ? Ou en finir ? Avec un calmant il vient ou avec une injection létale ? Donc le crime de meurtre va devenir légal. Le crime de meurtre va devenir légal. Appelons les choses par leur nom. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on pourra tuer son parent, qu'on pourra tuer son enfant, qu'on pourra tuer son patient. Et ça change tout.
Un grand merci Philippe Devilliers. Rendez-vous évidemment la semaine prochaine. Merci à vous Geoffroy Lejeune. Dans un instant c'est l'heure des pros 2. A tout de suite pour l'heure des pros. Restez avec nous.
Philippe de Villiers