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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 25 juin 2023 18 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉducation & rechercheTravail & emploi

"Tout ce que dit Élisabeth Borne est insensé" | Manès Nadel

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 80 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu t'y attendais à la dissolution des Soulèvements de la Terre ?

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des craintes pour un jeune militant comme toi ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Au sujet de l'écologie et de la jeunesse, qu'en penses-tu ?

  • 4:20OuverteRéponse directe

    Les réactions de Mme Stadel ?

  • 6:15OuverteRéponse directe

    Difficile de ne pas penser à la manière dont le gouvernement traite les mouvements de jeunesse.

  • 7:17OuverteRéponse directe

    On revient sur la question du SNU.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51InvitéFait
    « on s'y attendait oui parce que la volonté avait été affichée par le gouvernement depuis quelques semaines déjà »
  • 1:15InvitéFait
    « on continuera de se mobiliser pour soutenir cette organisation qui s'est créée et qui a été dissoute de manière abjecte »
  • 2:24InvitéFait
    « aujourd'hui non, les soulèvements de la terre n'est pas une organisation terroriste »
  • 4:23InvitéFait
    « Tout ce que dit Mme Borne est insensé »
  • 4:35InvitéFait
    « on est déjà surveillé aujourd'hui, il y a des moyens de répression policière »
  • 4:55InvitéFait
    « la majorité des Français, évidemment qu'ils sont bridés dans leurs trajets d'avion »
  • 5:30InvitéFait
    « cette stratégie de faire des taxes soi-disant pour la transition écologique, c'est ce qu'ils avaient essayé de faire au moment des Gilets jaunes »
  • 9:07InvitéFait
    « Ah oui, mais ceux qui veulent abroger Parcoursup, qu'est-ce qu'ils nous proposent ? »
  • 10:56InvitéFait
    « je suis choqué, encore une fois, de voir ce genre de propositions »
  • 13:13InvitéFait
    « il ne faut pas croire qu'ils ont renoncé parce qu'ils sont trop sympas »
  • 14:17Locuteur non identifiéFait
    « à partir de janvier 2024 on pourra passer le permis de conduire à partir de 17 ans et conduire à partir de 17 ans »
  • 15:23InvitéFait
    « nous sommes favorables effectivement au permis à 17 ans »
  • 16:46InvitéFait
    « déjà il n'y a pas une seule revendication, il y en a toutes mais qu'elles s'agrègent entre elles »

Temps de parole

  • Invité59 %
  • Présentateur18 %
  • Locuteur non identifié17 %
  • Locuteur non identifié 25 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le mardi 20 juin, Elisabeth Borne a donné une interview en direct aux médias en ligne brut. L'angle principal, le plan jeunesse du gouvernement, SNU, écologie, parcoursup, les sujets essentiels ont été évoqués mais rien de spécial n'en est sorti si ce n'est une séance d'auto-congratulation au sujet de réformes et de dispositifs à l'instar de la réforme des retraites contestée par le plus grand nombre. Pour revenir sur cette séquence médiatique et surtout ce moment de communication, j'accueille sur le plateau du Média Manès Nadel, responsable fédéral de la voie lycéenne. C'est l'entretien d'actu. Bonjour Manès. Bonjour.

Alors j'aimerais commencer tout de suite avec toi sur une des questions centrales de l'actualité, la dissolution des soulèvements de la terre. Est-ce que tu t'y attendais ?

0:48
Invité

Alors on s'y attendait oui parce que la volonté avait été affichée par le gouvernement depuis quelques semaines déjà et que ça va avec toute l'idéologie du gouvernement qui est de museler la contestation dès qu'elle s'affiche un peu trop fort ou pas dans les carcans que le gouvernement veut nous donner. Et donc nous on s'est montré solidaires avec les soulèvements de la terre. Nous étions présents à la manifestation de soutien hier à Paris. Et donc on continuera de se mobiliser pour soutenir cette organisation qui s'est créée et qui a été dissoute de manière abjecte.

Et donc on va continuer à soutenir parce que voilà comme ils l'ont dit et comme on l'a partagé aussi, on ne dissout pas un soulèvement. Et dans la période historique actuelle que nous sommes en train de vivre, dissoudre les soulèvements de la terre c'est à la fois un non-sens mais c'est dangereux et c'est dangereux pour la démocratie.

1:33
Présentateur

Est-ce qu'il y a quelque part des craintes pour un jeune militant comme toi ? Est-ce que tu t'imagines par exemple qu'un jour la voie lycéenne au sortir d'un conseil des ministres pourrait être tout simplement dissoute ?

1:44
Invité

Je ne sais pas, je ne fais pas de plan sur l'avenir là-dessus, je ne l'espère pas. Pour le moment le gouvernement fait quand même mine de vouloir dialoguer avec nous, même si à la fin ce qui en ressort ce n'est pas un véritable dialogue. Mais dans le fond oui je pense que c'est quand même un danger pour les libertés publiques qu'une telle organisation ait été dissoute alors qu'elle n'est pas responsable des violences qui a eu durant ces manifestations et que même ces violences-là ont été en grande partie déclenchées par un dispositif policier qui n'était pas du tout approprié.

C'était le cas lors de la manifestation sur les mégabassines où on l'a vu dans des vidéos en fait la police ne savait pas ce qu'elle faisait et ce qu'elle faisait n'était pas du tout approprié. Et ça a été la même situation sur la mobilisation contre le lion turin. Donc aujourd'hui non, les soulèvements de la terre n'est pas une organisation terroriste. Il faut aussi dire à quel point le poids des mots a été changé par ce gouvernement pour en faire à peu près n'importe quoi.

Donc aujourd'hui effectivement ce gouvernement mène une guerre, une guerre contre la gauche, une guerre contre tous ceux qui s'opposent frontalement à sa politique et à cet ordre social que le gouvernement fait tout pour préserver. Et donc nous aujourd'hui on se doit, comme la CGT, comme la grande partie de la gauche aujourd'hui, de soutenir les soulèvements de la terre face à cette attaque.

2:53
Présentateur

Alors au sujet de la thématique écologique et de la thématique jeunesse, Elisabeth Borne a été questionnée par le Média Brut sur le sujet. On l'écoute.

3:01
Locuteur non identifié

L'autre partie qui nous concerne aussi c'était sur les déplacements en avion. Là la personne suggérait une limitation à deux voyages en avion par an par personne. Comment on va faire pour réguler les déplacements en avion à l'avenir ? Est-ce que c'est une type intéressante cette idée de deux voyages par an ? Je ne sais pas si on doit en venir. Vous voyez peut-être là où je pense que ce n'est pas la voie que moi je privilégie, c'est que je pense que les gens peuvent aussi être incités à prendre d'autres modes. Par exemple on augmente les taxes sur les billets d'avion, on essaie de rendre le train plus accessible, on développe le réseau ferré.

Est-ce qu'il n'est pas parce que ça fait qu'un niveau du train ? Vous regardez, vous faites vite des comparaisons. Des fois un billet de train coûte plus cher qu'un billet d'avion. Oui, alors ce n'est pas complètement surprenant dans le principe parce que pour faire un train c'est beaucoup d'infrastructures et ça coûte de l'argent. Mais ça ne motive pas forcément les gens. Mais du coup, ça renvoie à ce qu'on évoquait tout à l'heure, l'intérêt qu'il peut y avoir à permettre notamment aux jeunes de découvrir le train et d'avoir accès à des billets moins chers.

Mais vous voyez, plutôt que de dire on va vous interdire, je ne sais pas dans quel monde on a envie de vivre, je ne sais pas si les jeunes ont envie de vivre dans un monde où on a son quota de billets d'avion et quelqu'un qui vous surveille, je ne suis pas sûr que ce soit formidable comme modèle.

4:20
Présentateur

Les réactions, Mme Stadel ?

4:22
Invité

Tout ce que dit Mme Borne est insensé, mais je voudrais quand même réagir surtout à la dernière partie de ce qu'elle vient de dire, enfin qu'elle ne vient pas de dire mais que je viens d'entendre en tout cas, qu'elle n'a pas la volonté qu'on soit dans une société où on est surveillé. Mais je veux dire, on est déjà surveillé aujourd'hui, il y a des moyens de répression policière, il y a avec les Jeux Olympiques des moyens qui vont être mis en œuvre qui sont extrêmement choquants et ce n'est pas avec le réchauffement climatique que ça va se déclencher. Donc Mme Borne, tout ce qu'elle dit aujourd'hui est un non-sens par rapport aux priorités qui sont celles de la jeunesse.

Et donc est-ce qu'on a envie d'être dans un monde où on est bridé sur nos trajets d'avion ? Mais je vais vous dire, la majorité des Français, évidemment qu'ils sont bridés dans leurs trajets d'avion. Enfin tous les Français ne prennent pas l'avion dix fois par an, surtout pas, et même deux fois, même une fois en fait.

5:03
Présentateur

Ils sont bridés par leur absence de moyens financiers.

5:05
Invité

Ben oui, mais en fait ce qu'on voit avec Mme Borne, c'est que plutôt que de demander aux personnes qui ont le pouvoir aujourd'hui de faire des efforts pour qu'on puisse sauvegarder notre planète, elles préfèrent dire non, on va contraindre, on va leur demander gentiment. Par contre, quand ça va être les gens qui travaillent, les gens qui eux n'ont pas les moyens, là on va passer avec un petit racloir pour aller leur prendre ce qui leur reste et faire des petites taxes sur tout.

Mais écoutez, cette stratégie de faire des taxes soi-disant pour la transition écologique, c'est ce qu'ils avaient essayé de faire au moment des Gilets jaunes, on s'en souvient, et on se souvient aussi de ce que ça a donné. Aujourd'hui, je pense que la majorité des Français est favorable à ce qu'il y ait un ralentissement dans ce système économique pour qu'on puisse enfin passer à autre chose et avoir une planète qui est vivable. Je pense que c'est une volonté générale dans la société. Peut-être pas générale, mais en tout cas majoritaire. Et aujourd'hui, ce n'est pas du tout ce que fait le gouvernement.

Et donc au bout d'un moment, on l'a vu avec les soulevants de la Terre, bon, il va se passer quelque chose, je ne sais pas quand, mais en tout cas, les gens vont finir par se révolter parce que ce monde est trop injuste pour qu'on reste à ne rien faire et que le changement climatique pèse encore une fois sur les plus pauvres. Donc les solutions qu'apporte Mme Borne ne sont absolument pas satisfaisantes en aucun point et je pense que tout le monde le voit.

6:15
Présentateur

Alors difficile de ne pas penser en écoutant Elisabeth Borne à la manière dont le gouvernement traite les mouvements de jeunesse, lycéens, étudiants, écologistes, puisqu'elle se fait là, en parlant de l'avion, une apologiste de la liberté. Mais effectivement, les mouvements de jeûne ne sont pas logés à une enseigne qui serait désirable.

6:34
Invité

C'est sûr. Ou alors c'est elle qui choisit. Parce que là, on en parlera peut-être après dans les annonces qu'elle a faites. Il y a notamment une volonté de faire un passe-train pour promouvoir l'engagement. Mais alors attention, c'est là qu'il y a la finesse, c'est quel engagement ? Parce que l'engagement, en fait, c'est Mme Borne qui va choisir quel engagement est légitime et quel autre ne l'est pas. Donc là, ce passe, ça va être pour ceux qui font le SNU. Donc le seul engagement, c'est le SNU.

Mais si Mme Borne veut vraiment être l'apôtre de la liberté et de l'engagement de la jeunesse, elle devrait promouvoir tout l'engagement associatif, syndical, citoyen, et pas juste être bornée dans sa logique qui est que pour être engagée, en fait, non, il faut faire ce que le gouvernement veut, c'est-à-dire un service national qui soit obligatoire ou pas.

7:14
Présentateur

On reviendra sur la question du SNU. Isabelle Borne, évidemment, a parlé chez Brut de Parcoursup. Écoutons ce qu'elle disait.

7:22
Locuteur non identifié

Une question notamment de Marion, elle sait sur YouTube qu'on salue. À quand une nouvelle réforme de Parcoursup ? On sait que ça engendre chaque année des frustrations, beaucoup de stress. Est-ce qu'il y a des évolutions qui sont à venir ou peut-être même une suppression d'une plateforme qui est parfois contestée ? Alors, ceux qui nous parlent de suppression, ils voudraient quoi à la place ? Parce que je pense que quand on se souvient de ce qu'il y avait avant Parcoursup, je pense qu'il y avait peut-être plus de défauts. Ça se terminait par un tirage au sort. Évidemment, chaque année, on essaye d'améliorer Parcoursup.

Ce seraient quoi les pistes aujourd'hui si vous en aviez, d'amélioration, s'il y en a ? Peut-être. Moi, je note que ça s'est plutôt mieux passé, qu'on a pu répondre à la plupart des étudiants plus tôt, qu'on donne davantage de visions sur ce à quoi les formations dans lesquelles on envisage de s'engager, à quel métier elles peuvent mener, quel est le taux d'insertion dans l'emploi. Je pense que mieux éclairer les jeunes au moment où ils font leur choix, ça me paraît quelque chose d'important.

On évoquait peut-être de façon plus ponctuelle avec des jeunes hier, le fait que si vous passez, vous avez votre bac et que vous faites un service civique, vous êtes pénalisé si vous vous réinscrivez l'année d'après sur Parcoursup. Donc, il y a certainement des améliorations qu'on peut apporter et je pense que c'est important qu'on continue l'écoute avec les associations qui représentent les jeunes pour apporter des améliorations qui leur semblent prioritaires.

8:57
Présentateur

Elle n'a pas l'air très à l'aise, notre Première Ministre, sur ce sujet Parcoursup.

9:00
Invité

Non, pas trop. Je n'ai pas très bien compris tout ce qu'elle a dit parce que c'était un peu flou, mais je pense que c'était volontaire. Par contre, il y a une chose que j'ai bien compris, c'est au début, c'est qu'elle a dit « Ah oui, mais ceux qui veulent abroger Parcoursup, qu'est-ce qu'ils nous proposent ?

» Alors, c'est quand même un peu osé parce que Mme Borne, quand on lui envoie des communiqués de presse, elle pourrait peut-être les lire comme ça, elle pourrait comprendre ce qu'il y a dedans et comprendre un peu ce qu'on propose et quand elle dit qu'elle dialogue avec nous, il faudrait aussi qu'elle arrête de s'écouter parler elle, mais qu'elle entende ce que disent, comme elle l'a dit, les associations qui représentent la jeunesse. Parce qu'aujourd'hui, effectivement, la jeunesse n'est pas satisfaite de ce qu'il y a sur Parcoursup et ce n'est pas des petites choses qu'on pourrait améliorer parce qu'avant, peut-être que c'était pire.

Non, c'est que Parcoursup, aujourd'hui, et ce n'est pas la première fois qu'on en parle sur ce média aussi, c'est en fait, c'est une machine à broyer les avenirs et encore une fois, à perpétuer une hiérarchie sociale. Donc le problème, il faut le prendre à la racine si on veut vraiment enlever ce stress qu'il y a sur les lycéens. Et d'ailleurs, elle n'a pas répondu à la question qui était plutôt bien posée, qui était sur l'angle, justement, le stress que ça apporte et les résultats qu'il y a ensuite. Parce que Parcoursup, aujourd'hui, est extrêmement inégalitaire et quand elle dit qu'elle va mettre de la visibilité ou je ne sais pas quoi, en fait, non, il n'y en a pas de la visibilité.

Ou alors, certaines universités disent, mais d'autres ne disent pas. Mais moi, je connais aujourd'hui, par exemple, des gens qui sont dans ma fédération à Paris de la Volicienne qui ont eu, je crois, ces 14 et 15 au bac et ils n'ont pas ce qu'ils veulent. Par contre, évidemment, comme on les a forcés à mettre des petits vœux annexes, bon, là, ils auront leurs vœux annexes, mais ce n'est pas du tout ce qu'ils veulent pour leur avenir. d'orientation aux jeunes et ce n'est pas Parcoursup en lui-même, c'est qu'il n'y a pas de place à l'université et c'est que la logique là-dedans, c'est la compétition à tout prix.

Eh bien, la compétition à tout prix, ça ne marche pas et Parcoursup, ça ne marche pas.

10:38
Présentateur

On avait déjà évoqué le sujet la dernière fois sur le plateau du Média, de Toujours Debout, cette enquête de politice concernant le SNU, notamment sur ce point selon lequel le gouvernement envisagerait de récompenser sur Parcoursup les lycéens qui acceptent de faire le SNU.

10:55
Invité

Je suis choqué, encore une fois, de voir ce genre de propositions, c'est comme l'histoire des passes de train, etc. C'est extrêmement choquant, effectivement, surtout que là, de ce qu'on voit, et on en parlera peut-être après, mais de la nouvelle formule du Parcoursup qui a été annoncée par Madame El Haïry, en fait, ce seraient donc les classes qui choisissent ou pas de faire Parcoursup, évidemment, les classes des endroits où il n'y a pas de budget, où les profs ne sont pas remplacés, peut-être qu'éventuellement, ils seraient un peu moins aptes à se libérer deux semaines sur le temps scolaire pour aller faire des levées au drapeau, mais je dis ça comme ça.

Ensuite, effectivement, c'est extrêmement... Donc ça va être, si je comprends bien, les administrations qui vont choisir et les lycéens qui vont subir des choix qu'ils n'ont même pas faits eux-mêmes. Bon, déjà, qu'un SNU qui serait choisi par les élèves serait promu sur Parcoursup, c'est choquant, mais là, quand c'est dans cette formule-là, c'est juste inacceptable et je ne comprends pas que Madame Borne ne puisse pas s'en rendre compte et après, quand elle nous parle de dialogue, mais vous savez, nous, on a dialogué avec elle la semaine dernière.

Bon, elle prend ce qu'on lui dit, elle dit, oui, oui, j'entends très bien et ensuite, elle nous fait des annonces qui n'ont rien à voir avec ce qu'on a dit à part des éléments de langage. Donc non, ce n'est pas satisfaisant, on n'est pas écoutés et la seule chose qu'on nous propose, c'est de faire un service national universel mais ça ne va pas régler les problèmes de fond de la société qui est que la jeunesse aujourd'hui est révoltée et donc au bout d'un moment, comme j'ai dit, ça va ressortir.

12:10
Présentateur

En fait, ce que tu désapprouves, c'est ce dont Sarah Laheri a parlé dans l'interview au Figaro, le SNU serait d'une certaine manière intégré au temps scolaire.

12:20
Invité

Oui, c'est ce que Madame Laheri a annoncé, donc franchement, je ne sais pas quoi dire. D'annonce en annonce, soi-disant pour améliorer, il dégrade encore plus. C'est comme pour Parcoursup, elle nous dit que ça s'améliore sur la visibilité mais non, en fait, on sait encore moins ce qu'il y a. Les élèves ne savent pas, les parents ne savent pas, les profs ne savent pas, bref, il n'y a rien qui va et donc là, c'est pareil pour Parcoursup, donc ce serait effectivement intégré au temps scolaire dès la rentrée de...

12:44
Présentateur

Le SNU, tu veux dire ?

12:45
Invité

Oui, pardon, pas que c'est possible mais le SNU serait intégré au temps scolaire, je trouve ça encore une fois choquant et de toute façon, nous, on a des propositions alternatives là-dessus mais qui ne sont pas écoutées et qui ne sont pas respectées tout simplement.

12:57
Présentateur

Alors, le gouvernement a peut-être fait un effort, il a reculé manifestement sur le SNU obligatoire mais pas sur le SNU dans l'absolu. On pourrait penser qu'ils renoncent au fond, pourquoi la Macronie s'obtine à ce point ? Sur le SNU, ce n'est pas non plus

13:12
Invité

un pilier. C'est une forme de renoncement effectivement mais il ne faut pas croire qu'ils ont renoncé parce qu'ils sont trop sympas, non, ils ont renoncé parce qu'il y a eu au maximum 500 lycées bloquées pendant ce mouvement et un mouvement qui va ressortir je pense à un moment ou à un autre.

Donc, oui, il y a eu un rapport de force qui a été mis sur le gouvernement et ça nous a permis d'obtenir ça mais maintenant, ça ne veut pas dire que le gouvernement fait tout ce qu'il faut surtout pas et donc ce SNU, non, même dans sa forme originelle c'est-à-dire le SNU a toujours eu vocation à être obligatoire c'était dans le programme de Macron là-dessus on ne peut pas lui reprocher de cacher son jeu même si c'est ce que fait Sarah El Haïry mais par contre, le SNU, nous, dès qu'il a été mis en forme on a tout de suite dit que ça ne convenait pas parce que promouvoir l'engagement peut-être mais dans des associations à la limite permettre aux jeunes de faire des activités ok mais si c'est pour avoir encadré par des militaires et pour nous apprendre ce que c'est que la République je pense que ce n'est pas nécessaire.

14:06
Présentateur

Alors, autre sujet du moins autre proposition évoquée par Elisabeth Borne le permis de conduire à 17 ans on écoute.

14:16
Locuteur non identifié

Donc je vous confirme qu'à partir de janvier 2024 on pourra passer le permis de conduire à partir de 17 ans et conduire à partir de 17 ans.

C'est une mesure qui évidemment ne concerne pas tous les jeunes enfin en tout cas ça concerne tous les jeunes mais ça n'intéresse pas forcément un jeune qui habite dans une ville très bien desservie par les transports en commun mais par contre moi j'annonçais un plan France Ruralité la semaine dernière il y a des territoires dans lesquels le jeune qui doit aller par exemple dans un centre de formation des apprentis un CFA quand il a son domicile le centre de formation des apprentis et l'entreprise où il fait son apprentissage c'est une véritable galère et de permettre de passer plus tôt le permis de conduire je pense que c'est un vrai plus pour ces jeunes.

15:02
Présentateur

Alors Manes Nadel plusieurs commentateurs fustigent le fait que ce permis à 17 ans rendrait les jeunes plus disponibles entre guillemets pour les patrons notamment dans le cadre des contrats d'apprentissage est-ce que tu partages à ta vie est-ce que c'est une avancée entre guillemets qui est liée au désir des patrons d'avoir de la main d'oeuvre ?

15:21
Invité

Alors d'une certaine manière c'est quand même une avancée parce que nous nous sommes favorables effectivement au permis à 17 ans puisque ça permettrait quand même de donner un peu plus de liberté aux jeunes lycéens qui sont en zone rurale mais ce qu'on voit aujourd'hui c'est effectivement ça c'est que cette proposition là du permis à 17 ans a été déformée pour que finalement effectivement elle s'applique à tous dans la règle mais qu'en fait le permis c'est un poids aussi économique mais il y aura une aide pas pour les lycéens de zone rurale défavorisée non non pour les lycéens pas de zone rurale en apprentissage ou en lycée pro c'est à dire qu'en fait le but c'est qu'ils soient insérés sur le marché de l'emploi ou juste qu'on en fasse de la chaire à patron ça dépend du vocabulaire qu'on veut utiliser mais en soi oui c'est l'objectif maintenant de ce permis à 17 ans c'est de faire que les jeunes soient encore plus disponibles pour les patrons pour qu'ils peut-être peut-être qu'ils puissent venir un peu plus tôt repartir un peu plus tard et comme ça ils pourront travailler encore plus donc c'est effectivement encore une fois c'est une avancée qui sert les intérêts de la classe dominante que Mme Borne souhaite défendre visiblement et pas les intérêts des jeunes les jeunes ils ont besoin de services publics ils ont besoin de transports gratuits et ils ont besoin aussi d'argent parce qu'aujourd'hui de l'argent il n'a plus et donc ça ne permet pas de s'émanciper du tout

16:34
Présentateur

alors si tu devais te retrouver si tu pouvais te retrouver face à Elisabeth Borne là au lieu d'être face à moi quelles revendications pour la jeunesse mettrais-tu en avant

16:43
Invité

je lui dirais que déjà il n'y a pas une seule revendication il y en a toutes mais qu'elles s'agrègent entre elles et que grosso modo si Mme Borne souhaite vraiment régler les problèmes comme elle le dit qu'elles prennent le problème à la racine et la racine c'est qu'aujourd'hui toutes ces réformes elles ne sont pas dans l'intérêt de la jeunesse elles ne sont pas dans l'intérêt des travailleurs elles sont dans l'intérêt des patrons donc c'est tout donc c'est pas une mesure ou une autre qui de toute façon sera déformée par Mme Borne qui servira c'est une logique de fond la logique de fond que nous on porte c'est que l'éducation doit servir à émanciper et que c'est en changeant l'éducation qu'on arrivera in fine à changer le monde et bien c'est pas la revendication de Mme Borne on n'est pas d'accord là-dessus on ne défend pas les mêmes intérêts et donc on continuera jusqu'au bout à se battre contre tout ce qu'elle propose parce que jusqu'ici elle n'a proposé rien qui nous convienne

17:29
Présentateur

merci beaucoup d'être venu sur notre plateau Manès Nadel

17:32
Invité

et merci beaucoup

17:33
Locuteur non identifié

Sous-titrage ST' 501