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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 18 mai 2011 19 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesRetraitesSolidarités & famille

N. Sarkozy s'adresse aux salariés de Novacarb

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:53Invité politiqueChiffre
    « Et c'est la raison pour laquelle nous avons supprimé la taxe professionnelle. Ça représente, si je me trompe, 800 000 euros en moins prélevés sur votre entreprise. »
  • 4:18Invité politiqueChiffre
    « l'État prend le tiers de l'investissement à sa charge. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « Les 35 heures ont été une catastrophe économique et sociale. »
  • 5:40Invité politiquePromesse
    « j'ai voulu que les heures supplémentaires, vous ne payez pas d'impôt sur le revenu dessus et l'entreprise ne paye pas de charge dessus. »
  • 7:07Invité politiqueChiffre
    « On a gagné 15 ans d'espérance de vie ces dernières années. »
  • 9:31Invité politiqueChiffre
    « En France, 10% des retraités, il y a 15 millions de retraités en France. Pour un million et demi d'entre eux, écoutez bien ce que je vais dire. »
  • 9:57Invité politiqueFait
    « On ne pouvait pas payer leur retraite, on va à la banque faire un emprunt. Aujourd'hui, hein ? Aujourd'hui. Je veux dire avant la réforme. »
  • 10:48Invité politiqueFait
    « Soit on augmentait les cotisations sur les entreprises, ça fait des délocalisations. »
  • 10:56Invité politiqueChiffre
    « Soit on augmentait la durée de vie au travail. 15 ans d'espérance de plus. »
  • 11:14Invité politiquePromesse
    « En 2018, le régime sera équilibré. »
  • 12:27Invité politiqueChiffre
    « Chômage, 500 000 chômeurs de plus. »
  • 12:47Invité politiqueChiffre
    « Ça fait trois mois que le chômage recule. La croissance au premier trimestre a été de 1% sur un trimestre seulement. »
  • 12:57Invité politiqueChiffre
    « Et sur le premier trimestre, on a créé 58 000 emplois. »
  • 16:35Invité politiqueChiffre
    « Ça représente 40 000 entreprises, si mon souvenir est exact, 8 millions de salariés. »

Temps de parole

  • Nicolas Sarkozy100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:03
Nicolas Sarkozy

D'abord, je voudrais vous remercier de m'accueillir. Je veux venir chaque semaine dans une usine parce que je crois qu'il n'y a rien de plus important pour l'économie française que de conserver sur notre territoire des usines. On parle mal des usines en France parce qu'on ne connaît pas les usines. Et moi, je pense que la place du chef de l'État, c'est de faire parler de ce monde industriel, sa richesse. Le jour où nous n'avons plus d'usines, il n'y aura plus d'emplois. Tout le monde parle des services. S'il n'y a plus d'usines, les services se mettront à la disposition de qui ?

Je voulais venir dans une usine du secteur de la chimie parce que déjà, les usines, les Français ne les connaissent pas. Mais la chimie, bien souvent, les Français en ont peur. Et ma visite, c'est une occasion de mettre en valeur le métier qui est le vôtre. On peut produire proprement. On peut rester une terre de production. On peut garder de l'emploi ici. C'est l'occasion pour moi de vous dire que lorsque je me suis présenté aux élections présidentielles, tout le monde me parlait des délocalisations. Parce que la peur, c'est est-ce que vous garderez votre emploi et est-ce que vos enfants pourront avoir ces emplois ?

Et c'est la raison pour laquelle nous avons supprimé la taxe professionnelle. Ça représente, si je me trompe, 800 000 euros en moins prélevés sur votre entreprise. Comprenez-moi, nous étions le seul pays d'Europe à avoir gardé la taxe professionnelle. Ça veut dire que les gens qui gardaient des usines en France en étaient récompensés par un impôt qui n'existait nulle part ailleurs. Pas une question de gauche ou de droite. Qu'est-ce que ça veut dire ? Vouloir garder une usine et la taxer plus si elle reste en France que si elle part à l'étranger. Je parle sous le contrôle de mon ami André Rossino. Ça n'était pas facile de l'expliquer au maire.

Mais moi je pense qu'il y a une différence entre les mairies et les usines. C'est que les mairies, ça ne se délocalise pas les usines. Oui. Et si on veut garder nos usines, il faut leur créer des conditions économiques et fiscales qui font que les propriétaires de vos usines aient intérêt à les garder en France. Si tout le monde s'en va, qu'est-ce qu'il reste ? Et qui sera pénalisé le premier ? Les ouvriers. Comme d'habitude. C'est un enjeu majeur. Mais l'enjeu, ce n'est pas de faire un discours. L'enjeu, c'est de créer les conditions d'un environnement qui permettent de garder ces usines.

La deuxième chose que l'on a faite, je parle sous le contrôle de Nadine Morano et de Xavier Bertrand, la France souffre de quoi ? Pas assez d'investissement. Pourquoi c'est important pour moi d'être parmi vous ? Parce que je veux soutenir des gens qui décident de mettre 15 millions d'euros dans un agrandissement de votre usine. Plutôt que des gens qui considèrent qu'il faut délocaliser pour faire plus de profit ailleurs. Si on n'encourage pas ceux qui sont propriétaires de votre usine à mettre de l'argent dans l'usine, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des délocalisations.

Et nous avons créé le Crédit Impôt Recherche qui fait que chaque fois qu'une usine, qu'une entreprise investit, l'État prend le tiers de l'investissement à sa charge. Mais c'est une bonne dépense. Parce que vous resterez compétitif en investissant dans la recherche. Vous avez par ailleurs la chance de produire des produits dont le marché est exponentiel. Il y a un avenir pour vous. Troisième remarque. J'ai voulu tourner la page de la question des 35 heures et des heures supplémentaires. Je veux m'en expliquer devant vous. Ce n'est pas une question idéologique parce que je dirai un mot de la pénibilité ensuite sous le contrôle de Xavier Bertrand.

Les 35 heures ont été une catastrophe économique et sociale. Pourquoi ? Catastrophe économique parce que nous avons été les seuls dans le monde à prendre cette règle. Or, vos produits, vous les vendez dans le monde entier. Si vous produisez plus cher que les autres, comment vous garderez votre emploi ? Une catastrophe sociale. Parce que la seule façon d'augmenter les pouvoirs d'achat, c'est de laisser les gens qui le souhaitent travailler plus. Et j'ai voulu que les heures supplémentaires, vous ne payez pas d'impôt sur le revenu dessus et l'entreprise ne paye pas de charge dessus. Je ne suis pas un fanatique du travail.

Mais je pense qu'on a tort de poser la question en termes de durée de temps de travail alors qu'il faut la poser en termes de pénibilité du travail. Je m'explique. Travailler 30 heures dans un travail où on n'est pas respecté, qui ne vous intéresse pas et qui est dangereux, c'est bien plus pénible que de travailler 40 heures dans un emploi où on est respecté, où il y a moins de pénibilité et où on a un bon pouvoir d'achat. La question centrale, c'est celle de la qualité de vie au travail et pas simplement celle de la durée au travail. Elle est centrale. C'est pourquoi Xavier Bertrand a voulu qu'il y ait des accords sur la pénibilité qui soient signés.

Parce que votre métier, ce n'est pas le même que celui d'un collègue qui est dans une autre usine. Et c'est vrai, il y a des métiers physiquement plus pénibles que les autres. On va faire une cinquième remarque. J'ai voulu qu'on tourne le dos à cette destruction sociale qu'était le fait de mettre à la retraite systématiquement des gens qui voulaient encore travailler. On a gagné 15 ans d'espérance de vie ces dernières années. Qui paye vos retraites ? Ce n'est pas vous. Vous, vous payez les retraites de ceux qui sont déjà partis à la retraite. Et au moment où vous partirez à la retraite, c'est vos enfants qui cotiseront pour vous. C'est le système de la solidarité.

Si on vit plus longtemps et qu'il y a de moins en moins de gens qui travaillent, comment on paiera les retraites ? J'ajoute que si les seniors ne transmettent pas leur savoir-faire aux jeunes, comment les jeunes vont apprendre ? Et donc l'accord de votre entreprise qui consiste à dire que les seniors, progressivement, vont être dépostés pour contribuer à la formation des jeunes, c'est gagnant pour tout le monde, pour le senior comme pour le jeune. Je voudrais me faire comprendre là-dessus. Je crois que la seule façon pour nous de nous en sortir en France, c'est le travail. Le travail et l'investissement. Mais qui peut croire qu'en travaillant moins, on s'en sortira ?

Qui peut penser une chose pareille ? Quand vos enfants à l'école ont des problèmes, est-ce que vous leur dites « Travaille moins, ça va s'arranger ? » Et pourquoi la règle qui serait la bonne pour nos enfants, ne serait pas la bonne pour notre pays ? Alors je voudrais terminer sur deux sujets sensibles. Mais je m'en voudrais de ne pas en parler devant vous. Parce que ma façon de vous respecter, c'est d'évoquer toutes les questions, pas simplement de couper le ruban pour la... Honnêtement, ce n'est pas trop difficile. Je voudrais vous dire un mot des retraites et un mot de la prime. Pour vous dire que je ferai preuve de la même fermeté sur les deux sujets. Je m'en explique.

Je sais que vous avez été en colère à cause de la réforme des retraites. Et je le comprends. Ça revient d'ici à 2018, à travailler deux ans de plus, sans gagner plus. Mais je voudrais vous rendre attentif à une chose. En France, 10% des retraités, il y a 15 millions de retraités en France. Pour un million et demi d'entre eux, écoutez bien ce que je vais dire. On ne pouvait pas payer leur retraite, on va à la banque faire un emprunt. Aujourd'hui, hein ? Aujourd'hui. Je veux dire avant la réforme. Pour un million et demi de retraités, les retraites n'étaient pas payées. Je préfère faire face à votre mauvaise humeur qu'à votre colère.

Le jour où, partant à la retraite, on va vous expliquer, il n'y a pas d'argent pour payer la retraite. Il y avait trois solutions. Et toute personne qui le conteste ment. Soit on baissait les pensions. Elles sont déjà petites. Soit on augmentait les cotisations sur les entreprises, ça fait des délocalisations. Sur les gens, c'est le pouvoir d'achat. Soit on augmentait la durée de vie au travail. 15 ans d'espérance de plus. Quoi ? Depuis 1950 ? Vous vous rendez compte que depuis 1950, en moyenne, on vit 15 années de plus. Qui peut dire que ça n'a aucune conséquence sur le financement de nos retraites. En 2018, le régime sera équilibré. Chacun de vous, sa retraite sera payée.

Et d'ailleurs, je vais vous dire une chose. Personne ne reviendra sur la réforme que j'ai faite. Jamais. Et tant mieux pour vous, d'ailleurs. Et moi, je ne serai plus président depuis bien longtemps. Je me dirais, on a fait la réforme qui permet de payer les retraites. Je préfère la mauvaise humeur à la colère. Vous comprenez ça ? Ce n'est pas facile de prendre cette décision. Mais en France, il y a trop de gens qui disent depuis trop longtemps, c'est difficile, c'est pour demain, c'est pour l'autre. Ce n'est pas mon genre. Et d'ailleurs, je ne veux pas venir chez vous, dans votre usine, sans évoquer cette question. Parce que ça serait trop facile. Deuxième remarque.

Quand il y a eu la crise, et on a connu la crise la plus grave depuis un siècle, il y a un certain nombre de vos collègues qui ont dû serrer la ceinture durement. Chômage, 500 000 chômeurs de plus. Chômage partiel, c'est-à-dire que la paye à la fin du mois, elle est diminuée. On est en train de sortir de la crise. Ça fait trois mois que le chômage recule. La croissance au premier trimestre a été de 1% sur un trimestre seulement. Et sur le premier trimestre, on a créé 58 000 emplois. Et je veux dire à ceux à qui on a dit, au moment de la crise, il faut serrer la ceinture, que ce doit être les mêmes au moment de la reprise qui doivent être associés aux fruits de la reprise.

Sinon, ce n'est pas juste. Sinon, c'est toujours les mêmes. Alors, qu'est-ce qui va se passer ? D'ici une dizaine de jours, et peu m'importe les attaques, quand je crois que quelque chose est juste, je ne suis pas un homme qui renonce à ses convictions comme ça. Je pensais que c'était juste de faire la réforme des retraites. Je l'ai conduit jusqu'au bout. Je pense que c'est juste de poser la question du partage de la valeur et des bénéfices dans l'entreprise. Parce que l'entreprise, il y a du capital, puis il y a des hommes, des femmes, qui font la richesse de cette entreprise.

Donc voilà la décision que défendra Xavier Bertrand et que nous présenterons au Conseil des ministres, pas demain, la semaine prochaine. dans les entreprises qui ne font pas de bénéfices. On ne peut pas les obliger à distribuer ce qu'ils n'ont pas. Ce serait irresponsable. Dans les entreprises qui font le même bénéfice distribué que les deux années passées, on ne peut pas les obliger à distribuer. Mais dans les entreprises où on distribuera aux actionnaires plus de dividendes que ce qui a été distribué dans les deux années précédentes, il y aura l'obligation de verser une prime exceptionnelle aux salariés.

Parce que j'estime en mon âme et conscience que si les bénéfices augmentent, c'est aussi grâce au travail des ouvriers et des salariés. Est-ce que je veux me faire comprendre ? Donc, à ce moment-là, voilà comment les choses vont se passer. Je veux rétablir la vérité, mais que les choses soient claires, je ne cèderai pas. Si on distribue à ses actionnaires plus de bénéfices que les deux années précédentes, l'entreprise aura deux obligations. Premièrement, d'engager une discussion avec les partenaires sociaux. Deuxièmement, de verser une prime aux salariés. Cette prime, c'est l'entreprise avec les partenaires sociaux qui en définira le montant.

Mais, jusqu'à 1200 euros, elle sera exonérée de charges. Vous avez compris le système ? Moi, je crois que c'est juste. S'il y a plus de bénéfices, vous les ouvriers, vous les salariés, vous devez avoir votre part du bénéfice. Alors, j'ai vu que certains patrons n'appréciaient pas. C'est leur droit. Mais moi, je pense qu'ils ont grand tort de ne pas considérer que c'est un élément de compétitivité que d'avoir des salariés dans l'entreprise qui se voient reconnus pour le travail qu'ils ont fait. On ne peut pas dire au moment de la crise, c'est normal de vous mettre au chômage partiel ou au chômage tout court.

Et au moment de la reprise, les bénéfices, c'est pour les actionnaires et pas pour vous. Pour les deux. Pour les entreprises, ça, ça sera la règle pour les entreprises de plus de 50 salariés. Ça représente 40 000 entreprises, si mon souvenir est exact, 8 millions de salariés. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, si les bénéfices distribués sont plus importants, il n'y aura pas d'obligation. Mais, tout chef d'entreprise qui distribuera une prime à ses salariés bénéficiera de l'avantage fiscal dans la limite des 1 200 euros par personne. Comprenez-moi bien, on présente ça comme une prime pour favoriser le pouvoir d'achat. Peut-être.

Mais pour moi, il y a quelque chose de plus important encore. C'est un meilleur partage de la valeur ajoutée dans l'entreprise. Vous aimez votre entreprise. Vous aimez votre travail. Et vous êtes à juste droit de réclamer que votre travail soit récompensé. Si l'entreprise va mieux, si les bénéfices sont plus importants, il est normal que vous en soyez récompensé. Et là, on ne peut même pas me dire que ça pose une question de compétitivité. parce que c'est lié à la distribution de bénéfices. Voilà. Je ne sais pas si j'ai été clair. En tout cas, dans ma tête, je suis clair.

Et je ferai preuve de la même fermeté pour ce partage de la valeur et cette justice que de la fermeté dont j'ai fait preuve pour la réforme des retraites. Parce que c'est l'idée que je me fais de mon travail de chef de l'État. Et un dernier mot. Tout le monde parle de la justice. C'est un idéal. Mais j'aimerais qu'on mette du contenu dans le mot. Juste, ce n'est pas créer une nouvelle allocation. Ce n'est pas développer la cistana. Juste, c'est que ceux qui travaillent aient la juste récompense de leur travail. Voilà. Et je voulais vous dire parce que pour moi, c'est extrêmement important. Extrêmement important. Et je sais bien qu'il y aura sans doute beaucoup de gens qui seront contre.

Mais il n'y a pas assez de gens qui réfléchissent à la communauté qu'est l'entreprise. Et une entreprise, on a le sentiment qu'on est traité avec justice. C'est une entreprise qui est plus compétitive et qui est plus forte. Je vous remercie de votre attention.