Bruno Le Maire dénonce un nouveau clivage "extrême gauche / extrême droite"
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France Inter. Bonjour, ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée sur France Info, la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde. Ils ont été hier des centaines de milliers à se mobiliser contre le Rassemblement national. Entre 300 et 600 000 manifestants, est-ce que ce sera suffisant dans cette campagne accélérée des élections législatives ? Le RN, pour l'instant, fait la course en tête. La gauche n'a pas tout réglé, mais elle se montre à peu près rassemblée. Quant à la droite, écartelée, elle est aujourd'hui à deux doigts d'implosée.
Drôle de clarification politique en une semaine seulement, et qui voit la Macronie de plus en plus coincée, de plus en plus piégée par la dissolution du président Macron. Instant décisif, moment historique. Qui va l'emporter ? On en parle avec le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Notre invité ce dimanche, dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h. Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter. Bonjour Bruno Le Maire.
Bonjour Karine Bécard.
Merci d'avoir accepté de répondre à nos très nombreuses questions de ce dimanche. A mes côtés, pour vous interviewer, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour mesdames. Bonjour. Bonjour messieurs-dames. Alors une précision importante avant d'entamer cette émission, c'est compliqué de respecter le pluralisme et les équilibres de temps de parole dans une campagne aussi courte, dans une campagne qui va faire que trois semaines. Donc nous n'évoquerons aucune circonscription en particulier, ni aucun nom de candidat. Je vous en remercie par avance tous les trois, durant évidemment toute la durée de questions politiques.
Allez, on commence avec vos images de la semaine. Beaucoup de photos politiques bien sûr, beaucoup de photos politiques marquantes. Qu'est-ce qui vous a marqué en particulier, vous Bruno Le Maire ?
Ce qui m'a marqué cette semaine, c'est que j'ai fait figurer une photo sur une usine de véhicules électriques. Ça peut surprendre dans cette période de troubles politiques. Mais je pense que c'est le symbole de notre politique économique, de notre politique industrielle et de ses succès.
Alors attendez juste, il faut penser aux électeurs, aux auditeurs de France Inter.
C'est-à-dire qu'il ne voit pas, c'est un véhicule électrique, c'est une Renault. Je ne sais pas si j'ai le droit de citer la marque, mais je la cite quand même. Voilà, elle est blanche, on est dans une usine, effectivement. Le lion de Peugeot aussi, mais là c'est le losange de Renault qui apparaît. C'est le symbole de notre politique économique, industrielle et de son succès. Et c'est ce qui est en risque avec cette élection des 30 juin et des 7 juillet prochains. C'est le symbole des dizaines de milliers d'emplois d'ouvriers qui ont été recréés. Des 600 usines qui ont été ouvertes. Des 4 gigafactories de batteries électriques qui sont en train de ranimer la région de Dunkerque.
Et ce que je veux dire, c'est que tout ça n'est pas tombé du ciel. C'est le produit de 7 années de politique économique avec des décisions fiscales sur lesquelles l'extrême gauche comme l'extrême droite veulent revenir. C'est la baisse des impôts de production. La CVAE, la contribution sur la valeur ajoutée pour être tout à fait précis, qui réaugmentera si jamais nous ne gagnons pas les élections des 30 juin et 7 juillet prochains. Les impôts de production, ils étaient 7 fois plus élevés en France qu'en Allemagne. Ça expliquait que plus une usine n'ouvrait en France. On rouvre des usines.
C'est aussi le symbole, ces véhicules électriques, de la manière dont on a réussi à faire bouger l'Europe. Une Europe plus forte qui va mettre des tarifs douaniers sur les véhicules électriques chinois. Enfin, l'Europe se protège. Et je n'hésite pas à employer le mot. Et enfin, c'est le symbole aussi de la transition climatique. De cette accélération de la transition climatique dans laquelle la France peut jouer tout son rôle et occuper toute sa place. Je rappelle que le Rassemblement National, lui, veut garder les véhicules thermiques. Il ne veut surtout pas faire la transition vers les véhicules électriques.
Ce qui fait que dans 5 ou 10 ans, avec des décisions pareilles, vous roulerez tous en BYD chinois ou en Tesla américaine. Nous, nous croyons à une France de production, à une France industrielle, à une France qui crée des emplois, à une France qui innove, à une France de l'avenir. Et c'est ça, pour moi, l'enjeu économique des prochaines élections législatives. C'est pour ça que je voulais dire merci à tous les ouvriers, ingénieurs, constructeurs automobiles qui ont permis ce succès. Et surtout, ouvrez les yeux sur les programmes. Parce que ce succès, il est encore fragile. Il peut être détruit en un vote.
Vous voulez mettre les ados ? Non, non, on ne commence pas l'interview. On finit avec les images de la semaine. Pardonnez-moi, parce qu'effectivement, les programmes économiques... Moi, je suis à votre disposition. Oui, je sais bien, j'imagine, j'espère. Les programmes économiques vont être largement passés au crible pendant cette émission. Belle entrée en matière, en tout cas. Entrée en matière très offensive. Mais on va poursuivre avec les images de la semaine, notamment celle de Françoise Fresseau. Vous vous intéressez, vous, à ce qui s'est passé à gauche toute cette semaine ?
Oui, et avec le dernier rebondissement qui s'est produit hier, la candidature surprise de François Hollande en Corrèze. La Corrèze, c'est la terre du père Combe, c'est-à-dire comment on peut essayer de mettre un peu d'apaisement dans la vie politique. Qu'est-ce qu'il essaye de faire, François Hollande ? Il essaye de revenir. On le voyait tourner ces derniers temps. Il avait une certaine popularité, mais il restait absolument honni au sein de son groupe, puisqu'il était, au fond, le responsable de la défaite de 2017. Et puis, qu'est-ce qui favorise son retour ? C'est la grande union, le retour de la grande union de la gauche contre l'extrême droite.
Donc, on peut difficilement lui barrer la route. Et puis, les bêtises de Jean-Luc Mélenchon, qui fait la nouvelle Front populaire et qui, à peine conclut cette alliance, va commencer à faire de l'épuration dans ses troupes pour montrer qu'au fond, il reste le chef, qu'il ne délègue rien et que la coalition restera sous son joug. Alors, François Hollande, c'est une ambiguïté fondamentale, parce que le programme, c'est la rupture totale par rapport à ce qui a été fait, ce qui n'est évidemment pas son lien. Mais, en même temps, c'est l'idée de dire, je vais être là où ça compte, l'Assemblée nationale, où on ne sait pas s'il y aura de majorité, où il y a un vrai risque ERN.
Et puis, il y a l'idée aussi de sauver l'aile sociale démocrate qui, au fond, avait totalement disparu pendant la semaine qui s'est produite. C'est-à-dire que le score de Glucksmann avait été complètement bradé pour une union de la gauche de rupture. Et il essaye de faire vivre ça. Et ça peut avoir des conséquences pour l'avenir sur la façon de s'opposer et, au fond, de se comporter dans une situation extrêmement compliquée.
Alors, Nathalie a l'air d'en douter. Elle a fait une énorme moue. Du coup, j'en profite là, quand même, pour vous poser une question. On n'aura peut-être pas l'occasion d'en revenir sur François Hollande. Donc, vous avez été surpris ou pas par cet acte de candidature hier ?
On n'est jamais déçus par François Hollande, vous savez. Donc, je partage le scepticisme complet de Nathalie Saint-Cricq et l'illusion complète. Je note, quand même, au passage, que tout de même, pour quelqu'un qui a fait le choc de compétitivité, soutenir un Front populaire qui augmente passivement les impôts, c'est un peu surprenant. Pour quelqu'un qui a engagé une réforme des retraites visant à travailler davantage, soutenir à la retraite à 60 ans et le retour à la retraite à 60 ans qui figure en bonne place du programme du Front populaire, c'est aussi totalement surréaliste.
Et plus grave, avoir été le président de la République, et je lui rends hommage de ce point de vue-là, avoir conduit la grande marche contre l'antisémitisme, avoir conduit la grande marche contre l'islam radical, contre le terrorisme, pour ensuite s'acoquiner avec un Front populaire dans lequel vous avez la NPA, qui a été poursuivie pour apologie du terrorisme, s'acoquiner avec la France insoumise.
Mais est-ce que ça ne la rééquilibre pas, cette alliance ?
Les relents antisémites, vraiment, je trouve ça pas surprenant de la part de François Hollande, mais profondément décevant. Quand au rééquilibrage, mais c'est une illusion complète. Dans le fond, François Hollande croit qu'on peut rejouer 1981. Vous savez, ce programme commun de la gauche, où François Mitterrand avait fait venir les communistes et quand Ronald Reagan, le président américain de l'époque, s'était inquiété, il avait dit, ne vous inquiétez pas, je dévorerai les communistes. Il l'avait fait trois ans plus tard.
Donc François Hollande va dévorer Jean-Luc Mélenchon.
Sauf que l'histoire ne se répète jamais. Et nous sommes à un moment historique où il faut comprendre les ressorts historiques, pas penser que l'histoire se répète, l'histoire, hélas, se renouvelle. Et l'histoire, hélas, est tragique. Cette fois-ci, c'est l'extrême-gauche qui dévorera les sociodémocrates. Et donc j'en appelle aux sociodémocrates qui se font moins d'illusions, qui ont moins d'orgueil que François Hollande. Rejoignez le bloc central. Faites attention à ce qui se passe. C'est la France insoumise, antisémite, destructrice d'emplois, hostile aux ouvriers et aux catégories populaires, qui dévorera les sociodémocrates. Ce front populaire n'est ni un front, ni populaire.
Il est profondément déjuni et il fera mal au peuple français.
Je ne souriais pas, parce que je ne comprenais pas ce que disait ma camarade, je pensais simplement à la tribune de Jean-Yves Le Drian, Bernard Cazeneuve, Richard Ferrand, Olivier Dussopt et d'autres qui considéraient que pour rester sociodémocrate et pour essayer de peser, il fallait être du côté du parti socialiste et des écologistes et qu'il y avait peut-être une voie sans LFI.
Oui, mais pardon Nathalie, parce que nous sommes à un moment important, mais je sais qu'il ne faut pas s'engager trop tôt dans la politique, mais malgré tout, il y a des blocs qui se sont reconstitués. Il y a un bloc d'extrême-gauche qui figure sous la bannière du Front populaire. François Hollande et d'autres se sont engagés sous cette bannière. Et donc, ils siégeront à l'Assemblée nationale dans ce groupe.
Par conséquent, une fois encore, j'appelle tous les sociodémocrates responsables, raisonnables, attachés à leur pays, attachés au peuple français qui ne veulent pas le mal des ouvriers, de tous ceux qui travaillent dans les usines, de ceux qui ne veulent pas cautionner les discours antisémites de la France insoumise, à rejoindre le bloc central. Je le répète parce que c'est un message important.
D'accord.
Nathalie,
votre image,
allez-y. Ma photo. Vous, c'est la droite. Vous avez choisi. Pour emprunter un terme de Rieula Rochelle, même si ce n'est pas le moment, c'est un homme à sa fenêtre, Éric Ciotti, qui est là absolument, il a, bonheur. Bon, ça, ça fait partie des rebondissements de la semaine qu'on a eu avec une espèce de psychodrame totalement. Ça peut nous faire rire. Était-il enfermé avec des stocks de nourriture dans son siège de l'UMP ?
LR, on est passé à LR.
Ah oui, je n'ai pas dit RPR déjà, donc on faisait steamer.
Au début, à l'Elysée, on s'est dit, ben voilà, c'est le début du cul buteau, du chamboletout, on fait exploser LR et puis après, on s'est vite rendu compte que finalement, c'était simplement quelque chose qui déstabilisait totalement des alliés virtuels et que comme Éric Ciotti était passé, si j'ose dire, à l'ennemi, 10 ans en soi et Nicolas Sarkozy le laissent entendre éventuellement qu'il était d'accord avec sa base et que sa base était pour ou favorable un rapprochement avec le Rassemblement National et que ça, ça pouvait se faire mais pas comme ça, on a atteint une espèce de dissolution des choses, des idéologies et qui me semble ne pas aller dans le sens du grand centre que certains ont qualifié de mou, d'autres de pôle de stabilité et ces péripéties, à mon avis, ne donnent pas forcément envie aux gens d'aller voter même si on sent en ce moment qu'il y a une mobilisation qui monte par notamment le nombre de procurations.
Voilà, mais c'est...
On reviendra sur cette clarification sauf si vous voulez intervenir tout de suite, Bruno Le Maire, clarification efficace ou pas ?
Non, c'est juste sur l'image d'Éric Sotis et surtout l'image d'un forcené, il y a un côté un peu grand-lignolesque, il y a aussi un côté tragique parce que dans le fond, ce qui est remis en cause, c'est surtout les valeurs. Il n'y a plus de valeurs dans la vie politique française. Vous pouvez être socio-démocrate et vous dire c'est pas grave que je m'allais avec des antistémites.
qui était dans votre gouvernement.
Bien sûr. On le retrouve... Exactement, mais...
Il ne fallait pas le dire. Si, si, si, non, mais vous pouvez tout dire, Nathalie.
Il n'y a plus de valeurs. Et donc, quand il n'y a plus de valeurs, tout est permis. Vous pouvez venir de la droite gaulliste qui a toujours fait obstacle et qui s'est toujours opposée frontalement au Rassemblement National, hérité du Front National, héritier de l'OS. Il y avait une digue qui paraissait totalement un franchisseur. Mais s'il n'y a plus de valeurs, effectivement, vous pouvez franchir la digue, il n'y a pas de problème. Je voudrais que nous remettions les valeurs fondamentales de la République, de la nation, de l'engagement politique au cœur des années qui viennent.
Ça fait du bien de marcher, de voir qu'on est nombreux et nombreuses. Et l'émotion aussi, c'est la peur, il ne faut pas se cacher. Depuis une semaine, c'est difficile de ne pas penser au pire.
Une manifestante dans le cortège parisien hier pour dire non au Rassemblement National à Matignon. Votre réaction, tout simplement, pour commencer à cette mobilisation, Bruno Le Maire, à ces Français qui disent non au RN à Matignon.
Je salue cette mobilisation mais j'appelle surtout au combat.
Vous n'en étiez pas dans cette mobilisation ?
Non, parce que je suis sur le terrain à soutenir nos candidats aux élections législatives. Ils ont besoin qu'on les soutienne et au bout du compte, la seule chose qui va peser, c'est le nombre de parlementaires qui appartiendront à ce grand bloc central avec ses valeurs, ses convictions et surtout sa clarté dans son programme et dans ses valeurs parce que c'est le seul bloc quand je regarde à l'extrême droite ou à l'extrême gauche, le seul dont les valeurs, les convictions, les idées, le projet pour le pays sont clairs. Et je pense que cet effacement des valeurs dont je parlais tout à l'heure crée une immense confusion chez les gens.
Moi, ce qui me frappe le plus dans les discussions que j'ai, c'est que les gens sont paumés, ils cherchent un point fixe, ils cherchent une référence, ils disent le bien, le mal, ça compte, les valeurs, ça compte, on ne peut pas à la fois être social, démocrate et antisémite, on ne peut pas à la fois être au Rassemblement National et être gaulliste, ce n'est pas possible. Si toutes ces valeurs s'effacent, tout tombe. On a besoin de points fixes, de clarté, de références, c'est ce que nous devons proposer avec la majorité.
Dans ce contexte-là où ce que vous décrivez, c'est-à-dire l'effondrement des valeurs, la dissolution, c'était quand même un risque majeur, non ?
Voir un fiasco ?
Oula, ça veut dire quoi ça, ce petit geste de mains et de sourcils ?
Ça veut dire que la décision de la dissolution est la décision d'un seul homme, le président de la République. C'est sa prérogative.
Mais vous n'auriez pas pris la même décision ?
Exercer. Je suis ministre de l'Économie et des Finances. C'est la décision du président de la République, c'est sa prérogative, c'est la décision d'un seul homme. Ce que je constate, c'est qu'elle a créé dans notre pays, dans le peuple français, partout, de l'inquiétude, de l'incompréhension, parfois de la colère, c'est ce que je vois chez nos électeurs.
Et vous, vous la comprenez ?
J'ai envie de leur dire, mais je suis là pour écouter et comprendre ce que nous disent nos électeurs. Je suis là pour leur dire, il y a un espoir, il y a une campagne, il y a un chef de campagne, le Premier ministre, il y a des hommes et des femmes qui sont engagés sur le terrain. Il y a des candidats qui sont extraordinairement courageux à qui je veux rendre hommage, je ne peux en citer aucun. Mais tous nos candidats aux élections législatives sont des hommes et des femmes de courage dont je salue l'engagement. Nous avons un projet qui a le mérite de la grande clarté, l'autorité, la prospérité, et j'ajouterai un point qui est trop négligé, la défense de la culture française.
Parce que nos compatriotes ont assez d'être coincés entre la culture wokiste d'un côté et l'islam politique de l'autre. Ils veulent juste qu'on défende notre culture nationale. Donc je dis une seule chose, au combat. Au combat matin, au combat à midi, au combat le soir, au combat partout sur le territoire, au combat parce que nous pouvons gagner cette élection législative. La victoire est possible. Allez chercher dans votre... Mais pourquoi vous, vous n'êtes pas dans le combat ? Laissez-moi juste terminer parce que c'est vraiment un sujet majeur et je veux qu'on nous entende. Je veux qu'on nous entende. La victoire est possible.
Allez chercher dans vos tripes le courage d'aller au combat pour ces élections.
Vous, directement, puisque vous n'êtes pas candidat, il faut qu'on le précise. Il faut qu'on le précise aux auditeurs pour qu'on n'êtes pas candidat.
Une chose que je mets au-dessus de tout, c'est les valeurs et le respect de la parole donnée. Quand on a dit il y a quelques années qu'on ne ferait que trois mandats législatifs parce qu'il faut du renouvellement politique, on n'en fait pas un quatrième. Quand on dit qu'on démissionne de la haute fonction publique, quand on fait de la politique, on fait comme j'ai fait. On démissionne de la haute fonction publique.
Mais la situation exceptionnelle, décision exceptionnelle, a dit François Hollande hier.
Oui, mais ça justifie justement toutes les compromissions dont celles de François Hollande. Je ne suis pas un homme de compromission, je suis un homme qui tient parole.
Avant de passer à la suite parce que c'est quand même un acte majeur ce qui s'est produit, on a l'air d'être tous d'accord sur ce fait. Et avait-il une alternative ? Alors je me fais l'avocat du diable, majorité relative, risque de monter d'un certain nombre de choses, risque d'immobilisme, de paralysie, le jeu n'en valait pas la chandelle, ça n'était pas un jeu. Qu'est-ce qu'on pouvait bien faire ?
Je ne suis pas là pour étudier les scénarios de fiction.
Non mais attendez, vous êtes un homme politique, vous pouvez avoir... Oui, mais un homme politique... Certains disent qu'on aurait dû tenter une coalition, on aurait dû tenter quelque chose, c'est-à-dire tenter cette fameuse coalition en gardant les gens qu'on a.
Je pense que la première responsabilité d'un homme politique, surtout dans ce genre de circonstances, c'est d'affronter la réalité. D'accord. Et pas de bâtir des scénarios de fiction. Il y a une réalité, elle est dure. Je suis là pour me coltiner à la réalité comme tant d'autres dans la majorité. Donc je ne ferai aucun scénario de fiction, je prends la réalité telle qu'elle est, telle qu'elle a été décidée par le président de la République et je suis au combat tous les jours auprès de notre ministre.
La réalité telle qu'elle est, c'est qu'au fond, la reconstitution des blocs gauche-droite, c'était aussi pour avoir des accords électoraux dans le cadre des législatives, scrutin à deux tours. Comment peut-il y avoir encore une perspective de victoire pour la majorité présidentielle qui est au fond assez isolée et qui n'a pas de réserve de voix pour le deuxième tour ? Prenons le scrutin législatif tel qu'il est.
D'abord, je pense qu'il peut y avoir une prise de conscience. Une prise de conscience de la gravité du moment et une prise de confiance de ce à quoi nous mènerons inéluctablement les projets de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite. Oui, mais ça compte parce que ça permet de mobiliser aussi tous ceux qui vont regarder et qui vont dire est-ce que franchement le retour à la retraite à 60 ans, c'est possible, c'est crédible ? Non. Est-ce que ça ruinera notre pays ? Oui. Est-ce que ça empêchera de payer les pensions des petits retraités qui nous écoutent ? Certainement.
Donc, je disais juste ça parce qu'on peut toujours s'enthousiasmer avec la flamme en se disant c'est le retour du haut de la gauche. Non, c'est le retour de la destruction méthodique et rapide de l'économie de notre pays et du pouvoir d'achat de nos compatriotes. À l'extrême-droite, c'est pas beaucoup mieux. Je ne prends même pas les baisses de TVA qui vont faire notre pays à nouveau un pays de consommation au lieu d'être un grand pays de production, de production de biens matériels, d'aéronautiques, de véhicules automobiles, d'industries.
Je regarde juste le climato-scepticisme complet, complet, du programme du Rassemblement National qui tourne le dos à la lutte contre le changement climatique. Moi, je crois à l'intelligence collective et je pense que cette prise de conscience, elle peut avoir lieu dans les jours qui viennent. Et puis, de notre côté, il faut qu'on reconnaisse des choses qu'on n'a pas faites suffisamment bien.
C'est quoi le médecin de Bruno Le Maire aujourd'hui ?
Quand je regarde ce qui s'est passé depuis sept ans, on a vu monter une inquiétude sur l'insécurité, la délinquance, l'immigration illégale. Gérald Darmanin a apporté des réponses qui sont fortes, qui sont de bonnes réponses, mais sans doute qu'aujourd'hui, nos compatriotes veulent davantage d'autorité partout, dans les services publics, dans les transports en commun, à l'école, à l'hôpital, partout. Sans doute que sur la question de la santé, de l'accès aux soins, il faut aller encore beaucoup plus loin. Le premier déplacement que j'ai fait, c'est évidemment dans ma circonscription pour soutenir... Je ne donnerai pas le nom du candidat.
Mais ça fait 20 ans que je me bats pour la lutte contre les déserts médicaux dans la première circonscription de l'heure, qui est un des déserts médicaux les plus forts dans notre pays. On a ouvert des maisons de santé, nous avons augmenté le numerus clausus, nous avons pris des décisions fortes, mais est-ce que ça suffit ? Non ! Non, et la première personne que j'ai vue quand je suis retourné à ma circonscription, c'est une femme âgée qui a des problèmes cardiaques et qui doit attendre encore 8 mois, 8 mois, avant d'avoir son rendez-vous chez un cardiologue. Si elle habitait 90 kilomètres plus au sud dans le centre de Paris, elle attendrait à peine 3 semaines.
C'est une injustice qui est inquadifiable, qui est insoutenable. Donc il faut faire beaucoup plus et réfléchir à des propositions. J'en ai sur la santé, sur les médecins, sur l'accès aux soins que je développerai à un autre moment. Mais ce que nous devons comprendre, c'est à quel point nous devons aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort sur nos idées. Et je rajoute le dernier point, la défense de notre culture nationale qui est un point clé pour rassembler nos compatriotes.
Alors je voudrais qu'on revienne un tout petit instant sur la question de Françoise, très intéressante quand même, sur la recomposition politique et sur la présence massive du Rassemblement national, surtout depuis les dernières élections européennes, donc depuis une semaine, et la présence donc de ce front à gauche organisé. et je voudrais qu'on écoute Jordan Bardella, le président du Rassemblement national qui était en campagne vendredi à Montargis dans le Loiret.
Il y a deux formations politiques qui seront amenées à remporter ces élections législatives et qui seront en capacité de composer un gouvernement. C'est la France insoumise et l'ensemble de ses alliés de gauche derrière M. Mélenchon où c'est l'alliance entre les républicains, le Rassemblement national que je conduis. Et donc le choix, il sera extrêmement clair.
Mon principal adversaire, c'est le nouveau front populaire, vient de dire Jordan Bardella. Est-ce que finalement cette dissolution est en train de se retourner contre vous, contre la Macronie, Bruno Le Maire ? Et est-ce que finalement c'est le retour du clivage classique gauche-droite ?
C'est un clivage extrême gauche, extrême droite. Ce n'est pas la même chose. Et je vois bien le renvoi d'ascenseur. Il est assez transparent. La ficelle est un peu grosse. On fait monter l'extrême gauche en disant c'est notre adversaire principal parce qu'on sait bien que le meilleur carburant de M. Bardella c'est l'extrême gauche, ses folies économiques, son antisémitisme chronique et sa destruction des valeurs françaises. Donc c'est tout son intérêt. Nous, nous ne devons évidemment pas rentrer dans ce jeu de ping-pong entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Nous devons faire appel à la conscience des Français. Le vote du 30 mai et du 7 juillet prochain est un vote de conscience.
Ce n'est pas un vote idéologique. Ce n'est pas un vote partisan. Ça doit être un vote de conscience. Chacun doit sonder sa propre conscience pour savoir ce qui est bon pour la nation française. Et c'est ça qui me donne de l'espoir. Parce que moi, j'ai confiance dans la capacité des Français à comprendre ce qui se joue à ces élections législatives et avoir ce sursaut dans les derniers jours pour nous donner une majorité.
Et d'un point de vue économique, vous mettez un trait égal, économique et moral ou politique, est-ce que vous mettez un trait égal entre les deux extrêmes dont vous parlez ? Est-ce que c'est la même impérissie d'un point de vue économique ? Vous avez parlé, les programmes ont été chiffrés de façon différente. Est-ce que vous considérez tout ça, c'est pareil ?
C'est une question d'intensité du point de vue économique et financier. Il y a 100 milliards de roues de dépenses supplémentaires du côté du Rassemblement national, 300 de l'autre. Donc c'est une question de multiplicateur. Mais l'un comme l'autre sont un désastre pour notre économie.
Certains électeurs vont se retrouver face à ce désastre. Ce que je veux dire, c'est que, à cause de la dissolution, et si... Mais Nathalie Saint-Cricq, ce n'est pas comme s'ils n'avaient pas une option. Ils ont une option, c'est celle que je défends. Mais on a une option au premier tour. Au deuxième tour, on ne peut pas l'avoir. Mais pour l'instant,
nous arrivons au premier tour. Et ce qui compte, c'est le premier tour, c'est le 30 juin. Et d'ailleurs, les marchés ne s'y sont pas trompés. Alors tout le monde vit d'y prendre des marchés, mais les marchés, c'est nos créanciers, c'est eux qui achètent notre dette. Vous savez que depuis 2022, l'écart de taux d'intérêt entre le taux d'intérêt de référence, le taux allemand, et le taux d'intérêt français a été remarquablement stable. Il n'a pas bougé, je le dis à tous ceux qui critiquent notre gestion des finances publiques. La réalité, c'est qu'il est resté remarquablement stable. Pourquoi ? Et là, ça se dégrade.
Parce que notre stratégie de rétablissement des finances publiques, fondée sur la croissance, la réduction des dépenses et des réformes de structure, les retraites ou l'assurance chômage sont crédibles. Qu'elles ont convaincu les marchés. Et par conséquent, l'écart de taux n'a pas bougé d'un iota. Depuis une semaine, que cette décision... Non, ce n'est pas que l'incertitude ou l'instabilité politique. C'est cette idée que le 8 juillet prochain, vous pourriez avoir un gouvernement qui, au lieu de réduire la dépense comme je m'y suis engagé et ce qui reste ma ligne de conduite, ouvrira tout grand, qu'il soit d'extrême droite ou d'extrême gauche, les vannes de la dépense publique.
On le voit déjà aujourd'hui, l'écart était de 0,5. En gros, quand il y avait 2,5 points de taux d'intérêt en Allemagne, c'était à 3% en France. 50 points de base d'écart. Aujourd'hui, ça bondit de 0,3. C'est plus 0,5 d'écart, c'est 0,8. Ça paraît l'épaisseur du trait. Tout le monde se dit on s'en fout, ce n'est pas grave, c'est 0,3. Qu'est-ce qu'il nous embête avec ces chiffres ? Sauf que ça veut dire pour les dépenses de l'État, c'est un petit 0,3 d'écart supplémentaire de taux entre l'Allemagne et la France. Un milliard d'euros de dépenses supplémentaires en un an. 5 milliards à la cinquième année.
10 milliards d'euros par an de dépenses publiques supplémentaires sur la charge d'intérêt de la dette. C'est totalement irresponsable. Et ça veut dire pour nos compatriotes que lorsque vous irez...
Mais c'est totalement irresponsable. Qu'est-ce que c'est irresponsable ? C'est d'avoir dit ça sans avoir pensé à tout ça ? Ça veut dire,
deuxième conséquence pour nos compatriotes que quand ils vont aller emprunter à la banque, le taux d'intérêt sera plus cher. Et pour les entrepreneurs à qui je demande de réfléchir à leurs décisions, quand ils vont aller emprunter pour investir, pour leur PME, pour leur TPE, pour leur commerce, ça leur coûtera plus cher. C'est la deuxième conséquence. Et la troisième, c'est le risque d'avoir une crise financière et une crise de la dette. Dans les semaines qui viennent, à un moment donné, nos créanciers vont dire c'est le grand n'importe quoi, on appuie sur le bouton stop.
Non mais là, c'est le même discours qu'en 1981 à la veille de l'arrivée de l'année.
Vous n'avez absolument pas. La situation financière n'était absolument pas la même. La situation politique n'était absolument pas la même. C'était François Mitterrand qui était candidat. ça n'était ni l'extrême-gauche ni l'extrême-droite. Vous avez appris cette semaine trois risques de conséquences. La première, sur le coût d'intérêt. La deuxième, sur le coût de vos intérêts à vous, ménages et entrepreneurs. Et la troisième, le risque d'un scénario à la liste rush où tout d'un coup, le tapis se retire et les créanciers disent...
Le problème, c'est que si on vous entend bien, on a le sentiment que finalement, Emmanuel Macron a dissous, il a enclenché la dissolution et derrière, maintenant il dit vous ne pouvez voter que pour moi.
Mais elle est prise, elle est prise la décision, et désormais, il faut faire fond, se battre et expliquer les enjeux des programmes défendus par l'extrême-droite et par l'extrême-droite. Ce n'est pas nous qui avons écrit ces programmes, ce n'est pas nous qui sommes responsables des délires financiers et économiques qui sont proposés par les uns et par les autres.
Françoise ? On vous entend depuis une semaine appeler les milieux patronaux que vous avez quand même beaucoup soutenus depuis ces temps en faisant une politique pro-business à se mouiller et à dire on ne veut pas du Rassemblement National. Vous trouvez qu'ils sont trop timides, qu'il n'y a pas de prise de conscience dans le pays qu'au fond...
Moi, je ne désespère pas de les convaincre heure par heure, jour par jour de ce qui se joue. La première chose, c'est le risque de perte d'attractivité de la France. Vous avez beaucoup d'investisseurs qui projetaient d'investir 3-4 milliards d'euros en France, d'ouvrir une usine, d'ouvrir une gigafactory qui vont dire et ils passent déjà un certain nombre d'appels. Désolé, si vous ne nous garantissez pas la stabilité fiscale et la stabilité du public et économique, on ira investir ailleurs. Je préfère le dire aussi clairement que cela.
Mais sur les industriels
français, sur le patronat français, c'est bon d'être attractif et d'avoir de plus en plus d'usines. C'est comme une boulangerie dans une rue, plus il y a de boulangerie, plus chaque boulangerie marche. Plus vous avez de sites industriels en France, plus l'ensemble de l'industrie marche parce que ça crée des chaînes de valeur, ça crée de la prospérité collective. Donc moi, j'appelle vraiment chaque responsable entrepreneurial, qu'il soit patron de PME, patron de TPE, artisan, commerçant, grand chef d'entreprise, industriel. Je ne vous demande pas de prendre des positions partisanes. Je vous demande juste de dire la vérité économique aux gens, aux électeurs.
Si on revient sur la fiscalité du prélèvement forfaitaire unique, si on revient sur la baisse de l'impôt sur les sociétés, si on revient sur la baisse des impôts de production que nous avons engagés depuis 2017, si on revient sur ce qui est le bien le plus précieux d'une politique fiscale, la stabilité. La stabilité. C'est-à-dire la visibilité de votre investissement. Nous allons tous nous appauvrir. Nous risquons l'appauvrissement collectif. Nous sommes depuis sept ans dans la bonne direction. Enfin, je ne vais pas reprendre ce qu'on sait. Deux millions d'emplois, 600 usines qui sont ouvertes, un taux de croissance qui est positif. Vous êtes dans la bonne direction
et en même temps, les Français l'ont compris comme au fond la justice fiscale s'en fiche. Nous sommes dans la bonne direction
économique. Je pense que ce qui joue aujourd'hui, je vais vous dire, c'est que le travail, malgré ce que nous avons fait sur la prime d'activité, sur la prime Macron, le travail ne paye pas suffisamment. Et j'en prends toute ma part. C'est là-dessus maintenant qu'il faut mettre l'accent. Oui, il faut revoir le barème des allégements de charges pour qu'il y ait de la dynamique salariale. Mais vous voyez bien que la vraie question...
Mais concrètement, vous pouvez faire quoi ?
Parce que vous,
vous avez raison, là vous touchez vraiment le nerf de l'égal.
Vous pouvez revoir les allégements de charges pour que ces allégements de charges soient moins coûteux pour les salariés et que l'écart entre le brut et le net soit moins élevé pour que les gens se disent entre mon brut et mon net, je ne perds pas tant de ce que je perds aujourd'hui pour que tous les salariés, on sait bien qu'il y a un effet de seuil, pardon d'être un peu technique, mais un salarié qui est au niveau du SMIC, 1 398 euros net par mois, si vous l'augmentez de 100 euros, qu'est-ce qui va se passer ? Ça va coûter 400 balles à l'entrepreneur. Donc l'entrepreneur qui soit hôtelier, restaurateur, dit j'aimerais bien te donner 100 euros de plus par mois.
Je ne peux pas parce qu'il y a ces allégements de charges qui font que je suis coincé et toi aussi tu es coincé. Il faut qu'on fasse péter ce plafond de verre. C'est indispensable. Mais pardon, c'est là le cœur du cœur de la question du pouvoir d'achat.
Et donc ça fait 7 ans ? Pourquoi en 7 ans ce n'était pas possible de le faire ?
Eh bien la prise de conscience elle a lieu maintenant. Il faut aller plus vite. Quand je vous dis qu'il faut aller plus vite et plus fort, ça vaut notamment pour que tu as l'aide de mancheur. Mais c'est ça la bonne solution et la solution qui elle sera une catastrophe, je préfère le dire tout de suite parce que ça me fait mal au cœur d'entendre ça, c'est d'augmenter brutalement le SMIC de 200 euros et le passer à 1 600 euros net parce que là, qu'est-ce qui se passera ? Le même patron ira voir son ouvrier ou son salarié ou la personne qui travaille dans son restaurant, dans son hôtel, dans son cafédère. Écoute, j'aimerais bien te garder.
Je ne peux pas. Mais à 1 600 euros ce ne sera pas possible. Ce ne sera pas possible.
Je te licencie. Nous allons tout droit vers un chômage de masse comme on n'en a pas connu depuis 40 ans en augmentant brutalement les salaires parce que c'est des patrons qui payent et que le patron de PM ou de TPU n'aura pas les moyens et donc il licenciera. A nous aussi de prendre conscience que maintenant, il faut faire péter ce plafond de verre des allègements de charges pour qu'on recrée la dynamique salariale en France. Je prends toute ma responsabilité là-dedans. Je pense que le message a été reçu. C'est dans cette direction qu'il faut foncer.
Est-ce que vous croyez que les Français sont totalement rationnels ? C'est-à-dire que, un peu ce que disait Karine tout à l'heure, comme on dit toujours que ce n'est pas possible. C'est-à-dire qu'il a été dit. Moi, je ne fais pas le parallèle entre le Front populaire de 36 et le Front populaire d'aujourd'hui. Mais est-ce qu'on ne dit pas toujours que ça va être horrible, que ça va être une catastrophe économique et que finalement, avec vos mesures de pouvoir d'achat, vous apparaissez comme petits bras à côté de la sixième semaine de congés payés, à côté de toutes les augmentations ?
Ce qu'il voudrait dire en soi, c'est que les Français ont besoin d'espoir, de quelque chose et que même si on leur dit que ce n'est pas raisonnable, ils pourraient répondre que oui, on nous dit à chaque fois que ce n'est pas raisonnable. J'entends. Parce que finalement,
la dissolution
n'est pas un calcul sur la rationalité des Français. C'est-à-dire en se disant qu'ils vont se rendre compte que les extrêmes, ce n'est pas sérieux et ils vont faire... Vous voyez ce que je dis ? Il y a quand même une inquiétude à avoir sur...
Je pense que c'est un point très important du moment où nous sommes. Je rappelle juste que le grand espoir romantique de 1981 a fini deux ans plus tard par la rigueur de 1983.
Mais avec quelques acquis qui se restent quand même.
Les mêmes causes produiront les mêmes effets plus rapidement. Et je rappelle que c'est de là aussi que date le grand mouvement de désindustrialisation du pays, de fermeture d'usines, de suppression de la culture ouvrière qui a conduit à la montée du rassemblement national aujourd'hui. Pour moi, c'est une des causes principales. Donc, ce que je dis, c'est qu'effectivement, dans ces moments historiques que nous vivons, la passion peut l'emporter sur la raison. Les programmes peuvent être ignorés. On peut faire fi des propositions en disant que le sentiment global l'emporte sur ce qui va être réellement décidé à partir du 8 juillet.
Je pense qu'il est très important que c'est notre responsabilité collective au gouvernement, dans la majorité, de dépasser ce sentiment global, cette passion, comme vous le dîtraient justement, Nathalie Saint-Cricq, pour revenir à l'étude des projets et de ce qui est proposé par l'extrême droite comme par l'extrême gauche. Je rajoute que nous ne sommes pas dans n'importe quelle période. Nous avons la guerre qui est de retour en Europe. Nous avons une menace géopolitique. Nous avons l'agitation qui nous vient de Gaza et de la crise au Proche-Orient. Ne rajoutons pas la passion à la passion. Remettons un peu de raison.
Sur l'Europe, parce que depuis une semaine, c'est le grand absent des débats, effectivement. Est-ce que vous pensez que ce joue aussi, en ce moment, au fond, notre attitude par rapport à l'Europe ? Est-ce que c'est le sol de tous les référendums qu'on a connus sur l'Europe qui se sont toujours conclus, soit par une égalité entre le oui et le non, soit par un non en 2005 assez massif ? Est-ce que vous pensez qu'au fond, les Français sont en train de se dire non, on s'en fout de l'Europe ?
Les Français, ils aiment largement l'Europe, ils la soutiennent. Une grande majorité de nos compatriotes ont parfaitement conscience que l'avenir français se joue en Europe. Mais une petite majorité de Français s'est toujours jouée en Europe. Et je leur demande, là aussi, de regarder très concrètement ce qui se passera. Le programme du Front Populaire, moi, je l'ai lu attentivement. Je respecte tous les programmes, je ne les partage pas, mais je les lis, ligne par ligne.
Quand le Front de gauche, le fameux Front Populaire, qui n'est ni un Front ni populaire, est plutôt un Front délétère à mes yeux, commence par vous dire qu'ils ne respecteront pas les engagements du nouveau pacte de stabilité qu'ils appellent pacte d'austérité. Ce pacte, il a été signé par 27 États. Il a été signé par les 19 États membres de la zone euro. Il garantit le bon équilibre entre le retour au désendettement et l'innovation, l'investissement dans le futur. Mais ce n'est pas compliqué. Si vous renoncez à ce pacte de stabilité, vous sortez de l'Europe. C'est une sortie organisée de l'Europe qui est proposée par le Front populaire. Et pardon, mais même chose à droite.
Quand vous engagez des baisses de TVA pour 27 milliards d'euros et que vous faites fi complètement des déficits et de la dette, les résultats seront exactement les mêmes. Si nous voulons être forts en Europe, nous devons respecter les règles que respectent les autres Européens. Je vais aller encore plus loin dans mon raisonnement. Quel est le risque pour la France ? Pour les prochaines décennies, c'est que l'équilibre fondamental de la construction européenne, qui est la parité politique, économique, géopolitique, militaire, entre la France et l'Allemagne, qui fait que l'équilibre des forces en Europe tourne autour du partenariat franco-allemand, que ce partenariat soit brisé.
Et que demain, au lieu d'avoir une Europe dirigée, conduite, par ce partenariat franco-allemand, vous ayez une Allemagne qui retrouve son assise d'ici quelques années ou quelques mois, peut-être à la faveur de prochaines élections, qui aura les moyens d'investir dans l'innovation, dans la protection de sa population et qui laissera la France décrocher à côté. Je ne veux pas d'une Europe qui soit dirigée par l'Allemagne avec des satellites à côté. Je continue à croire dans un équilibre entre la France et l'Allemagne, mais ça suppose que la France ait la puissance militaire, économique, financière suffisante pour faire jeu égal avec l'Allemagne.
C'est aussi un des enjeux des prochaines élections législatives.
Eh bien, on va en profiter pour écouter un eurodéputé qui a été réélu dimanche dernier, Raphaël Luxman, qui revient justement sur la réforme de l'assurance chômage voulue par le gouvernement et qui pourrait s'appliquer à partir du 1er juillet. On l'écoute.
Monsieur Macron est responsable d'un RN aussi haut aujourd'hui. Mais en plus, j'entends hier Gabriel Attal à deux semaines d'une élection où peut basculer le destin de notre nation. J'entends Gabriel Attal annoncer que par décret ils vont faire la réforme de l'assurance chômage. Sérieusement, maintenant, maintenant, dans cette situation, c'est de jeter de l'huile sur le feu. Ils veulent servir de carburant au Rassemblement National ou pas ? Ils veulent envoyer le message que les institutions sont dirigées par des gens qui ont un mépris souverain pour les familles modestes de notre pays.
Raphaël Luxman invité vendredi matin sur France Inter. Est-ce que vous êtes en train de jeter de l'huile sur le feu comme le dit Raphaël Luxman ?
Les familles modestes pour répondre à Raphaël Luxman elles ont d'abord besoin d'un travail bien qualifié. Il y a aussi l'assurance chômage. Est-ce que vous jetez de l'huile sur le feu ? Non, je ne partage pas du tout ce raisonnement. Je pense que les familles modestes elles ont besoin de stabilité, de prospérité économique et d'emploi pour tout le monde. Le chômage de masse était un vieux souvenir en France, un vieux cauchemar. Ça peut devenir demain, à nouveau, la triste réalité de la France. Enfin, moi ça me désole. Et oui, l'assurance chômage doit être réformée.
Et cette réforme-là ce n'est pas du carburant pour le Rassemblement National ? Absolument pas. C'est ce que dit Raphaël Guxman également.
Elle nous met à peu près à équivalence avec les autres assurances chômage qui existent ailleurs en Europe, c'est-à-dire 15 à 16 mois d'indemnisation du chômage. Et vous pensez que les salariés se disent ça ?
C'est formidable, on sera dans la moyenne de l'assurance chômage et des Européens ?
Les gens se disent tout simplement que ce qui compte c'est qu'on puisse définitivement avoir le plein emploi dans notre pays qu'on n'a pas connu depuis 50 ans et qu'on rompe avec ces grands échecs français qui sont le chômage de masse. On est en train de sortir du chômage de masse pour aller vers le plein emploi et la réforme de l'assurance chômage permet d'arriver aussi à cet objectif avec plus de formation, plus de qualifications, avec la création de France Travail. La deuxième grande singularité française c'était la désindustrialisation.
On a réussi à inverser la tendance et la troisième grande singularité française depuis 50 ans c'est un niveau de dette très élevé et des déficits très importants. On est en train de rétablir ces finances publiques progressivement. Mais les salariés
sont en train de perdre des droits.
Mais les salariés ne perdent aucun... Ce n'est pas des droits importants qu'ils perdent. Est-ce qu'ils vont ne plus être indemnisés pour le chômage ? Non. Est-ce qu'on va mieux les accompagner ? Oui. Est-ce qu'on va donner de nouvelles qualifications ? Oui. Il faut juste savoir quel modèle social nous voulons. Nous, nous voulons un modèle qui incite au retour au travail et qui permette à chacun de ne plus être inquiet du chômage. Je trouve que malheureusement je n'ai plus 30 ans.
Donc j'ai connu cette période où les pères de famille, les mères de famille, les grands-parents avaient la peur au ventre parce que leurs enfants, leurs fils, leurs petits-fils, leurs filles, leurs petites-filles pouvaient ne pas trouver un travail dans une France du chômage de masse. On est sortis de ce désordre-là. J'ai connu une France où on se disait ouvrir une usine c'est impossible. On est sortis de ce moment-là. On ne va pas y retomber.
Françoise. Vous avez diagnostiqué quand même une très forte attente des Français sur le travail qui ne payent pas suffisamment. Les premières mesures du projet de la majorité présidentielle c'est porter la prime Macron à 10 000 euros exonérés de charges sociales. Est-ce que vous êtes sûr que ça suffit à répondre à... Vous vous dites qu'il faut faire péter le plafond des charges. Comment on fait ? Est-ce qu'il faut aller plus loin que ce qui est dit ? Comment vous pouvez, en respectant à peu près les équilibres budgétaires qui ne sont quand même plutôt dégradés, comment est-ce que vous pouvez répondre à cette attente très forte du travail qui paye plus ?
Juste une précision. La prime Macron pour le pouvoir d'achat c'était jusqu'à 3 000 euros et elle est portée depuis hier soir l'annonce du Premier ministre à 10 000 euros.
Elle est portée à 6 000 et là nous la portons à 10 000 euros.
Et donc il faut que les entreprises jouent le jeu pour que ça aille jusqu'à 10 000 euros. Exactement.
Je pense que c'est un excellent point de départ le programme qui a été présenté par le Premier ministre et présenté par Gabriel Attal. Est-ce qu'il y a une rupture
plus forte à faire sur toutes ces attentes ? Qu'est-ce que vous pourriez faire
pour répondre à ça ? Sur tous ces sujets il nous faut ce programme qui est un point de départ et il faudra de toute évidence aller encore beaucoup plus loin. Donc desserrer les cordons de la bourse en fait
c'est ça que vous êtes en train de dire ?
Non, ce n'est pas desserrer les cordons de la bourse. Là-dessus je vais être très clair. Mon objectif de retour sous les 3% de déficit en 2027 et de rétablissement des comptes publics est totalement inchangé. Ma responsabilité
Avec 20 milliards d'économies à trouver.
Mais oui mais pardon c'est bien ça qui nous distingue des autres. Tous les autres proposent de dépenser plus et nous nous devons rétablir les comptes publics tout simplement pour protéger nos compatriotes si demain il y a une nouvelle crise sanitaire ou une vraie crise géopolitique et pour investir dans l'avenir c'est-à-dire dans la transition climatique dans l'intelligence artificielle et dans les nouvelles technologies et là-dessus je ne varierai pas d'un millimètre il est essentiel de rétablir nos comptes publics.
Vous promettez une prime et vous comptez sur les entreprises pour qu'elles jouent le jeu si elles ne jouent pas le jeu en fait les gens ne verront pas 10 000 euros. C'est pour ça que Donc il y a combien d'entreprises vous en avez déjà parlé avec elles ? Elles sont d'accord ou pas ?
C'est un excellent point de départ ça répond aux attentes de nos compatriotes je rappelle que cette prime Macron en moyenne c'est 860 euros c'est quand même beaucoup d'argent pour des millions de salariés si on peut aller encore beaucoup plus loin c'est une vraie réponse concrète immédiate au pouvoir d'achat qui me paraît plus intelligente que de baisser la TVA sur l'électricité le gaz l'essence et l'alimentation qui ira directement dans la poche du distributeur et qui ira pas à la poche des français mais vous pensez que les entreprises
seront d'accord ou pas ?
Quand on a baissé la TVA sur les restaurateurs il ne me semble pas que le steak frites le prix a beaucoup baissé quand vous alliez au restaurant donc c'est vraiment de l'argent jeté par les fenêtres nous on va investir dans la rémunération des salariés je réponds concrètement à la question de François Sfressoz est-ce que c'est un point d'arrivée ou un point de départ ? C'est un point de départ et oui
pour aller où ? Pour aller où ? Pour que ça reste crédible et que ça réponde à une vraie attente
pour revoir l'allègement des charges telles qu'il existe aujourd'hui et recréer de la dynamique salariale dans notre pays mais je pourrais vous dire ça sur d'autres sujets comme la santé à notre majorité sur la nécessité de la clarté et d'une certaine radicalité dans nos propositions
Mais vous voyez par exemple sur les déserts médicaux quand il a été question pendant l'Assemblée de dire on va obliger les médecins à s'installer dans les déserts médicaux il y a eu non il n'y a pas de pour aller vers la radicalité il faut y aller quoi
Je suis à 1000% en phase avec ce que vous dites et sur les déserts médicaux qui est une des choses qui me touche le plus parce que je l'ai vécu pendant 15 ans dans ma circonscription mais il faut voir ce que c'est quand vous avez un gamin qui souffre des troubles pédopsychiatriques une jeune fille ou un jeune homme et que vous n'avez pas de solution parce que vous avez le malheur d'habiter au mauvais endroit et que vous habitez à un autre endroit vous auriez une solution c'est déchirant moi je vais vous faire une proposition très concrète là-dessus elle est issue de toutes les consultations que je peux faire depuis des mois pour comprendre ce qui se passe essayer d'apporter des solutions à notre majorité aujourd'hui vous avez un système dans lequel on paye toutes les études de ceux qui font des études de médecine pendant 11 ans et à la sortie vous avez la liberté d'installation et la liberté de choix de votre spécialité quelle est la première spécialité qui sort aujourd'hui ?
c'est la chirurgie réparatrice et donc la chirurgie esthétique et liberté d'installation où vous voulez il n'y a pas de problème si vous choisissez votre spécialité et que vous choisissez de faire la chirurgie esthétique à Nice c'est très bien mais vous payez vos études si à l'inverse vous prenez une spécialité qui est difficile qui aujourd'hui n'est pas recherchée du tout la gériatrie ou la psychiatrie qui sortent dans les derniers de l'internat alors même que ça correspond aux besoins de la nation française et de nos compatriotes dans ce cas là parce que vous allez vous installer là où on a besoin de médecins et que vous choisissez des spécialités dont on a besoin pour nos parents nos grands-parents les personnes dans les situations de dépendance là on vous paye vos études le contribuable vous paye vos études
mais quand je vous dis
qu'il faut être clair et radical ça ne veut pas dire être extrême ça veut dire juste comprendre que la seule boussole qui doit être la nôtre c'est la souffrance les inquiétudes et les attentes de nos compatriotes
Juste une question pour qu'on comprenne le gaz va augmenter en juillet puis va rebaisser à Noël il n'aurait pas été plus simple de faire raccourcir
il est moins cher aujourd'hui il ne l'était début 2024 je le dis à tous ceux qui jouent avec les inquiétudes de nos compatriotes
mais il faut s'attendre à une hausse au 1er juillet
mais parce que oui le gaz il se trouve on n'en produit pas je le dis à tous ceux qui s'apprêtent à voter pour le rassemblement national qui soutient le gaz et le pétrole nous nous soutenons l'indépendance française contrairement au rassemblement national qui soutient la dépendance française à l'égard du gaz et du pétrole produit en Russie et dans le Golfe nous nous voulons produire plus d'électricité ça passe par plus de réacteurs nucléaires c'est un des grands absents d'ailleurs du front de gauche du front populaire on ne parle jamais du nucléaire parce qu'en réalité ils ne sont pas d'accord dessus et ils n'en veulent pas nous nous avons produit plus d'électricité nucléaire l'année passée nous prévoyons 6 plus 8 nouveaux réacteurs nucléaires moyennant quoi le premier ministre l'a rappelé ce matin le prix de l'électricité parce qu'on en produit plus baissera de 15% et vos factures d'électricité baisseront de 15% en février
le gaz va augmenter au 1er juillet de 11% est-ce que vous allez aider les français sur ce sujet
le gaz il est moins cher aujourd'hui qu'il était hier
on ne peut pas qui voit tout augmenter en permanence
vous savez qu'il y a un chèque énergie que ce chèque énergie il est financé par la taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité que cette taxe nous l'avons mise à zéro pendant la crise énergétique pour que les français voient leur facture d'électricité diminuée par deux par rapport au prix du marché que lorsque j'ai rétabli pas complètement partiellement cette taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité je l'ai augmenté à 21 euros le mégawatt-heure très précisément alors que c'était à zéro en février tout le monde a hurlé le rassemblement national l'a hurlé en disant c'est scandaleux cette TICFE elle sert à quoi ?
elle sert précisément à financer le chèque énergie pour les plus modestes donc quand le rassemblement national dit il faut maintenir le bouclier tarifaire pour augmenter la TICFE en réalité ils sont en train de fragiliser les plus modestes de nous empêcher de financer le chèque énergie nous nous sommes responsables nous voulons l'indépendance énergétique du pays donc plus de production électrique décarbonée avec des énergies renouvelables le RN n'en veut pas avec de l'énergie nucléaire le front de gauche n'en veut pas c'est ce qui fait je pense la force de notre proposition énergétique
une question politicienne à laquelle vous ne me répondrez pas allez-y on peut toujours tenter les projections sont relativement aléatoires en termes de nombre de triangulaires au deuxième tour ou nombre d'affrontements surtout si l'abstention régresse et que la participation augmente dans l'hypothèse les gens qui votent se retrouveraient face à deux extrêmes les deux extrêmes dont vous avez parlé pendant toute l'émission extrême gauche extrême droite ils font quoi ?
vous avez très bien vu Nathalie Saint-Crick parce que je ne vous répondrai pas et vous allez me dire pour l'instant je ne me place pas dans la position
mais vous pouvez donner une consigne de vote à ceux qui sont perdus et qui ne sont pas
oui moi je vais donner une consigne de vote très claire ce matin votez pour les candidats et les candidates de la majorité et je ne donnerai aucune autre réponse
donc c'est peste et choléra pour vous c'est un peu la question que j'ai essayé de vous poser au début vous renvoyez tout le monde aux ados
que l'extrême gauche comme l'extrême droite conduisent directement un appauvrissement de tous nos compatriotes sans exception et notamment les plus fragiles notamment les plus modestes ça j'en ai la conviction absolue ensuite ma consigne de vote est très simple votez pour les candidats de notre majorité
mais c'est une manière de dire qu'aujourd'hui en France il n'y a plus qu'un seul parti républicain le vôtre
je ne parle pas de parti républicain je regarde les projets je regarde ce qui est bon pour le pays et ce qui est mauvais pour le pays les projets du rassemblement national et les projets de l'extrême gauche sont mauvais pour le pays
donc vous nous montrez que vous êtes très engagé pour finir Bruno Le Maire mais vous n'êtes pas candidat pour devenir député et pour cheminer politiquement encore c'est quoi votre avenir
mais la vie politique française ne se résume pas à l'Assemblée nationale
donc ça veut dire qu'il y a d'autres options possibles et qu'il y a une option européenne
mais regardez l'histoire l'histoire longue il me semble que on peut avoir une vie politique sans être député à l'Assemblée nationale j'ai été 15 ans député à l'Assemblée nationale il y a une autre vie politique que dans l'enceinte de l'Assemblée nationale
mais il y a une vie politique pour vous
qui continue mais la vie politique et la vie littéraire chacun le sait font partie de ce que je suis de mon engagement le plus profond et ce n'est pas au moment où la France est traversée par une crise une interrogation extraordinairement violente qui est une souffrance pour beaucoup de nos compatriotes souffrance personnelle une inquiétude une angoisse sur ce que va être l'avenir sur ce que peut devenir notre pays qui a tout pour réussir qui est le plus beau pays de la planète pardon de le dire aussi simplement qui a des atouts économiques des atouts culturels qui emportent des Oscars au cinéma qui est capable d'envoyer Ariane 6 sous sa seule impulsion dans quelques jours à Kourou qui est capable d'avoir des produits manufacturiers les meilleurs au monde qui a 65 millions d'habitants mais qui produit les meilleurs avions de chasse de la planète qui a 65 millions d'habitants mais les plus beaux paysages les plus travaillés les plus épanouis les plus riches qui puissent exister partout à travers l'Europe et à travers le monde c'est ça la France et c'est ça notre ressource et notre ressource c'est la France et c'est les Français et croyez-moi pas besoin d'être à l'Assemblée Nationale pour montrer au peuple français à quel point ils sont un grand peuple d'une grande nation
Merci Bruno Le Maire vous restez bien sûr avec nous on va rester sur ce discours très positif vous allez voir avec notre second invité pour le livre de la semaine France Inter questions politiques Karine Bécard Bonjour Edi Fougier il est déjà en train de montrer son livre à l'invité merci de nous avoir rejoint sur le plateau de questions politiques vous êtes politologue et vous avez publié cette semaine un livre qui colle on ne peut mieux au contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui ne désespérons pas de la France et des Français voilà comment vous avez intitulé votre dernier ouvrage c'est un livre positif je le disais sur la France vous entraînez le lecteur dans une leçon d'optimisme puisque vous nous expliquez que contrairement au ressenti la France ne va pas si mal que cela et qu'elle ne manque pas de vitalité et d'inventivité Edi Fougier est-ce que vous pensez toujours la même chose que la France voilà est d'une grande vitalité d'une grande inventivité après le résultat des élections européennes de dimanche dernier est-ce que vous ne désespérez pas de temps en temps de la France tout de même et des Français
alors le timing est un peu étonnant effectivement ça fait neuf mois que la sortie du livre a repoussé parce que les libraires n'étaient pas très convaincus un livre positif sur la France voilà et on s'est dit tiens mi-juin il y a la perspective des Jeux Olympiques c'est il y a une fenêtre d'opportunité et quand j'ai entendu le président de la République annoncer la dissolution l'image qui m'est venue c'est Bourville au début du corneau avec le volant et qui dit ça va beaucoup moi même bien marcher et après c'est vous le corneau non après je me suis dit ben non au contraire s'il y a un moment où il faut rappeler que ce pays ne va pas si mal que ça non pas dans une optique politique politicienne et que ce pays fourmille d'initiatives et que quand on regarde un petit peu et par rapport au passé et par rapport à ce qui existe à l'extérieur il tient globalement son rang et que la situation n'est pas aussi désespérée
oui mais vous êtes aussi politologue Edi Fougier donc vous savez quand même que c'est plutôt un vote de désespoir ou je me trompe le rassemblement national le vote rassemblement national
mes fonctions de base c'est effectivement travailler sur la violence politique et sur les mouvements radicaux donc c'est pas quelque chose je ne me positionne pas du tout dans une forme de déni par rapport à la situation moi l'expression que j'aime bien et sur laquelle je me suis basé c'est un chercheur d'Oxford qui dit à propos du monde mais ça vaut pour la France qui dit le monde est horrible le monde va mieux et le monde pourrait aller encore mieux et je pense qu'on peut avoir les trois c'est à dire qu'effectivement les défis auxquels le pays est confronté on le voit bien actuellement sont absolument immenses mais il y a aussi c'est le message principal du livre le message principal du livre c'est pas de dire tout va bien dans le meilleur des mondes c'est de dire si on est réaliste il faut regarder aussi ce qui va bien ce qui va mieux et ce qui peut être source d'espoir et ce qui est assez intéressant quand on regarde un petit peu dans le détail j'ai essayé de faire le portrait de français de française et d'initiatives qui sont très très diverses d'associations jusqu'à des initiatives locales des start-up etc etc c'est que il y a une sorte de révolution silencieuse qui se produit mais elle ressemble à quoi
cette révolution silencieuse racontez-nous c'est quoi toutes ces initiatives
c'est très souvent le fait que l'on attend tout de l'état à un moment donné et là certainement par défaut parce que il y a une grande défiance vis-à-vis et de l'état et de beaucoup d'hommes politiques il y a cette idée que ce sont les français eux-mêmes qui vont essayer de trouver des solutions par leur inventivité leur créativité aux problèmes qui se posent à eux les français disent
on n'a plus besoin de la classe politique on va y arriver tout seul
mais c'est quelque chose d'assez neuf et d'assez rassurant alors après effectivement est-ce que la situation aujourd'hui est désespérante c'est évident c'est évident mais il y a malgré tout non pas de l'espoir mais en tout cas quand on regarde on élargit encore une fois le spectre on s'aperçoit que la situation est quand même assez assez positive dans l'ensemble alors ils nous donnent de l'espoir oui voilà c'est peut-être nous c'est un petit nombre c'est une catégorie ça irrigue la société et juste quel est l'adjectif qui qualifie leur courage leur enthousiasme mais c'est alors c'est difficilement là c'est pour passer une bonne journée voir une bonne semaine alors on finit avec une touche très positive allez-y j'ai essayé de prendre différents échantillons des exemples et moi ce que j'essaie de faire d'ailleurs au quotidien chaque jour sur les réseaux sociaux j'essaie de mettre une information positive c'est de dire il y a ça aussi dernièrement il y a eu un tournoi de foot organisé dans le sud de la France entre des policiers et des jeunes de banlieue ça existe ça aussi si je peux permettre
20 secondes pour rebondir sur ce que vous disiez il y a un point qui est très important qu'on n'a pas abordé pendant l'émission il faut rendre le pouvoir aux français je pense qu'une des solutions et le seul espoir le vrai espoir c'est aux collectivités locales aux entreprises aux PME comme vous voulez le faire avec la loi simplification aux chefs d'établissement scolaire aux chefs d'établissement hospitalier leur donner le pouvoir leur confier le pouvoir arrêtez de penser que nous responsables politiques on a toutes les réponses c'est eux qui les ont
merci à tous les deux merci à Edi Fougier je rappelle le titre de votre livre Ne désespérons pas de la France et des Français merci à vous également Bruno Le Maire je vous souhaite un excellent week-end et je vous dis bien sûr à la semaine prochaine
Bruno Le Maire