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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 20 octobre 2017 7 minComplaisantFond programmatiqueTransportsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Karima Delli : "Demain, faire en sorte qu'il n'y ait plus de voiture individuelle"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Attaque 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Quels sont les principaux défis de la mobilité urbaine aujourd'hui ?

  • 1:06OuverteRéponse partielle

    Si tout le monde se mettait à l'électrique, ce serait la solution ?

  • 1:41OuverteRéponse partielle

    La voiture individuelle sera-t-elle dépassée ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    En quoi le numérique peut transformer les habitudes de mobilité ?

  • 3:05OuverteRéponse directe

    Comment éviter une casse sociale avec cette révolution des transports ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Que se cache-t-il derrière voitures connectées, partagées ou autonomes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueChiffre
    « Les transports, c'est 30% des gaz à effet de serre. »
  • 0:40Invité politiqueChiffre
    « La pollution de l'air, c'est la maladie du XXIe siècle, comme le rappelle l'ONU. On parle du chiffre de 500 000 morts prématurées en Europe. »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « Uber, c'est plutôt des services de partage professionnel, donc ils doivent respecter notamment la réglementation sociale avec des licences. »

Temps de parole

  • Karima Delli79 %
  • Présentateur21 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Hélène Roussel, le 5-7. 6h21, bonjour Karim Adéli. Bonjour. Vous êtes députée européenne Europe Écologie-Les Verts, présidente de la commission transport au Parlement européen. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Il y a en ce moment à Paris le salon Autonomie dédié à l'amélioration de nos déplacements en ville. En clair, on parle de mobilité urbaine, durable, de transport du futur. Quels sont les principaux défis, Karim Adéli, aujourd'hui ?

0:29
Karima Delli

Trois grands défis auxquels notre mobilité doit répondre. Tout d'abord, le défi climatique. Les transports, c'est 30% des gaz à effet de serre. Le défi sanitaire. On a de la congestion, mais on a surtout la pollution. La pollution de l'air, c'est la maladie du XXIe siècle, comme le rappelle l'ONU. On parle du chiffre de 500 000 morts prématurées en Europe. Et ensuite, le défi social, parce que la mobilité de demain doit être inclusive, c'est-à-dire accessible à tout le monde. Il n'y a pas d'un côté les jeunes bobos urbains connectés. Et face aux anciens qui sont dans les territoires ruraux et qui seraient déconnectés. Donc, c'est trois grands défis qu'il faut relever.

1:06
Présentateur

Parce que si tout le monde se serait déjà mis à l'électrique, si ce n'était pas si cher, vous êtes d'accord ?

1:12
Karima Delli

Il faut faire attention parce que l'électrique, tout le monde dit, oh là là, c'est la révolution de demain. Je crois qu'il ne faut pas seulement se fixer sur l'électrique parce qu'on aura des problèmes, notamment de recyclage. Il y a toute une économie circulaire sur laquelle demain, la voiture, c'est un cycle de vie de A à Z qu'il va falloir revoir. Et moi, je suis pour un mix énergétique. Demain, la voiture, elle sera électrique, elle sera à l'hydrogène, elle sera au gaz. Mais la première des choses, c'est faire en sorte qu'il n'y ait plus des voitures individuelles, mais réellement une voiture partagée.

1:41
Présentateur

La voiture individuelle, à mode dépassé, vous nous dites qu'il n'y en aura plus d'ici, on a une échéance ?

1:47
Karima Delli

Ce n'est pas qu'il n'y en aura plus, c'est que son utilisation, son usage ne sera pas le même. Demain, la voiture, elle sera beaucoup plus partagée et on ne sera pas tout seul dans sa voiture parce que le véritable problème de la voiture aujourd'hui, c'est véritablement les embouteillages, la congestion qu'il faut vite régler.

2:04
Présentateur

Alors, en quoi le numérique, le technologique va pouvoir transformer ses habitudes, justement ?

2:10
Karima Delli

Alors, l'innovation, elle est là, elle est incroyable parce qu'elle permet, justement, de faire en sorte de changer de mobilité parce que demain, les citoyens, les citadins, ne sont plus des consommateurs des transports, ce sont des conso-acteurs. Chacun va créer son propre trajet. Et donc, le défi, c'est aussi cette multimodalité. Vous sortez du train, vous voulez prendre un vélo, ou vous voulez faire de l'autopartage, ça doit être facile, ça doit être rapide. Et tout ça, vous pouvez l'avoir tout de suite grâce au numérique, notamment parce que vous avez accès aux informations, l'information aussi. Un coup de zappette sur le smartphone et on passe d'un moyen à un autre, c'est ça ?

D'un moyen à un autre. Et puis, vous avez réellement l'information à un temps T, donc aussi un gain de temps. Et il y a aussi le choix, donc une espèce de liberté qu'on ne vous enlève pas.

3:05
Présentateur

Karim Adéli, on connaît les conditions de travail pour les chauffeurs Uber ou les cyclistes de Deliveroo. Comment fait-on pour que cette révolution n'aille pas de pair avec une casse sociale ?

3:13
Karima Delli

Tout simplement, c'est ce qu'on est en train de faire au niveau européen, c'est-à-dire que certains secteurs se revendiquent de l'économie collaborative. Alors nous, au niveau européen, on le dit bien, il y a deux types. Dans l'économie collaborative, c'est un service non professionnel. Non professionnel, c'est véritablement du partage entre amis, exemple Blablacar. Ça, c'est vraiment de l'économie collaborative.

Uber, c'est plutôt des services de partage professionnel, donc ils doivent respecter notamment la réglementation sociale avec des licences, faire en sorte que leur chauffeur soit payé correctement, avoir réellement un suivi pour éviter justement ce dumping social, cette casse sociale. Quel moyen on a ? A l'heure actuelle, le problème, c'est qu'on n'a pas de définition de l'économie collaborative, ce qui est un véritable problème parce que tout le monde se revendique de l'économie collaborative. Ça va être le défi au niveau européen et ça va être aussi le défi des assises de la mobilité en France.

4:04
Présentateur

On parle de voitures connectées, de voitures partagées, de voitures autonomes. Qu'est-ce qui se cache derrière tous ces termes concrètement ?

4:12
Karima Delli

Alors, il faut faire attention parce que voitures connectées, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce sont deux véhicules qui se parlent entre eux. On s'échange notamment des informations concernant le fait que dans 50 mètres, il y aura un accident. Cette année, c'est la voiture semi-autonome. Semi-autonome, c'est-à-dire sur des lignes droites, la voiture va conduire toute seule. Et ensuite, la voiture autonome, elle n'arrive pas tout de suite. Elle arrive au niveau de la réglementation dans les années 2030 parce qu'il faut régler trois grands problèmes de la voiture autonome. Le premier, c'est la question des cyberattaques.

Dire un hacker peut vous détourner de votre voiture, ça, c'est pas possible parce que derrière les questions d'accident, de la question de la data. Aujourd'hui, c'est le bon data. Une voiture autonome doit reconnaître que le feu va devenir rouge, vert, etc. Elle doit essayer d'anticiper toutes ces questions. Et la troisième chose, c'est la question de la responsabilité en cas d'accident. Qui est responsable ? Est-ce que c'est le constructeur d'automobile ? Est-ce que c'est le créateur du logiciel ? Ou est-ce que c'est le conducteur lui-même ? Et tout ça fait en sorte qu'on ne pourra pas avoir la voiture autonome si nous n'avons pas des infrastructures qui s'adaptent à cette voiture.

Et donc, elle est là, elle arrive, mais elle n'est pas encore sur nos routes. Il y a encore du pain sur la planche. Et ensuite, c'est surtout, à quoi elle va rouler la voiture autonome ? Il ne faut plus les énergies fossiles. Il faut sortir du diesel et de l'essence.

5:36
Présentateur

Encore beaucoup de questions. En France, le gouvernement a lancé les assises de la mobilité avec la priorité aux transports du quotidien. Une pause aussi dans les grands projets d'infrastructures. Ça va dans le bon sens pour vous ?

5:46
Karima Delli

Alors, il faut que cette pause se traduise par un gel ou un arrêt total. Mais il faut proposer des solutions alternatives. Aujourd'hui, en France, la grande habitude depuis 30 ans, c'était de faire des très, très gros projets en pensant que ça allait créer de l'emploi. Non, ce n'est plus le cas. La mobilité de demain, ce sera de la mobilité de proximité. Et ce sera vraiment une volonté de répondre aux besoins du quotidien. Ça suffit aujourd'hui, les grands projets. Je pense à Notre-Dame-des-Landes, je pense au Lyon-Turin.

6:14
Présentateur

Lyon-Turin, Emmanuel Macron est revenu dessus en disant qu'on y allait.

6:18
Karima Delli

Moi, je trouve ça très dommage parce que malheureusement, ça va nous coûter environ 26 milliards d'euros. Le projet ne va avoir le jour qu'à partir de 2030. Qu'est-ce qu'on fait justement pour mettre les camions très polluants sur nos routes, sur le train, pour faire réellement du fret de marchandises ? On ne va pas attendre 2030 pour régler la pollution et notre fret de marchandises. Donc, il faut anticiper. L'alternative, elle est simple. C'est qu'il y a déjà une ligne existante. Il faut un peu la rénover et commencer à faire ce fameux report modal. C'est bon pour le climat. C'est bon pour les populations qui vivent à coups de pics de pollution.

Moi, je n'ai pas envie d'un monde où justement, partout en France comme en Europe, lorsqu'il fait beau et qu'il y a des pics de pollution, on dit les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, rentrez à la maison.

7:05
Présentateur

Karima Dely, merci à vous. Je rappelle que vous êtes députée européenne Europe Écologie Les Verts, présidente de la commission Transport. Vous intervenez d'ailleurs tout à l'heure au Salon Autonomie à Paris. Merci encore une fois d'avoir accepté notre invitation. On peut réécouter votre interview sur franceinter.fr. www.tabem.fr