Grand Débat avec les élus d'Île-de-France et les acteurs associatifs de l'Essonne
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... -S.
Beaudet : Bien, chers amis, me revient le redoutable honneur d'ouvrir cette séquence de débat. M. le président de la République, nous sommes évidemment heureux et fiers de vous accueillir ici à Evry-Courcouronnes dans cette salle Claude Nougaro devant ce parterre dont je crois comprendre qu'il est un petit peu nouveau dans le cadre de vos débats, puisqu'il est constitué, pour partie d'élus, à peu près 150, et pour partie, de représentants du monde associatif d'ici, de notre territoire, mais également de l'ensemble du territoire national avec une volonté aujourd'hui qui est celle d'aborder les questions de ce que l'on appelle les quartiers populaires.
On est heureux de pouvoir prendre part ainsi à ce débat. Je répondais ce matin à des médias qui demandaient si les quartiers populaires avaient véritablement envie de participer. Je leur dis puisqu'ils sont là "Nous y participons." De très nombreux maires ici, de très nombreuses associations organisent et déclinent le débat à leur échelle dans leurs territoires.
Et je crois qu'on peut en être fiers. Alors évidemment, pour tout un tas de raisons qu'on évoquera sans doute dans ces 3, 4, 5 heures de débat qui vont s'ouvrir à nous, les...
Je préviens tout le monde. Soyez...
Voilà. Les gilets jaunes ne s'expriment pas de la même façon dans nos quartiers que dans les territoires de ce que l'on appelle la France périphérique. Et pourtant ici, les problématiques de ségrégation sociale, les problématiques éducatives d'intégration, d'accès à l'emploi, de mobilité sont parfois exactement les mêmes.
Peut-être que la différence qui peut distinguer, c'est cette ségrégation territoriale qui fait qu'on est peut-être moins loin du centre de la métropole que les territoires dits ruraux. La particularité de nos territoires urbains, de cette richesse qui va s'exprimer tout à l'heure, notamment de la part du monde associatif, mais aussi de l'engagement des élus locaux, cette particularité, c'est d'avoir, M. le président, le sentiment de n'avoir pas toujours été écouté à la mesure.
J'ai moi même siégé au conseil national des villes dans l'association Ville et Banlieue. Et on a le sentiment, sur cette thématique de la politique de la ville, de revenir quasiment toujours au même débat, de revenir quasiment toujours aux mêmes attentes. Peut-être parfois d'ailleurs avec ce sentiment assez désagréable que finalement 6 millions d'habitants habitant dans les quartiers populaires sur 67, 2 millions d'habitants à l'échelle nationale, c'était peut-être pas à la mesure de l'engagement politique, surtout quand on sait qu'ici, l'abstention est beaucoup plus forte qu'ailleurs qui permettait de s'engager.
Donc je suis heureux que vous veniez nous voir. Je suis heureux que l'on puisse ouvrir ce pan de la discussion et que nous puissions, chacun à notre tour, nous exprimer, avec, si je peux me permettre de le dire ainsi, j'avais eu cette conversation avec plusieurs maires d'ailleurs, au titre de Ville et Banlieue avec le président Hollande, de bien comprendre la difficulté majeure qui est la nôtre. Je vais pas rentrer dans le détail, puisque chacun, en prenant la parole, tout à fait librement, aura l'occasion de revenir sur notre quotidien.
Mais c'est un sentiment un petit peu particulier qui pourrait d'ailleurs confiner pour nous à l'usure d'une certaine manière, d'accompagner, de traiter le problème, d'être des territoires d'une certaine manière d'intégration. D'être, pardon cette provocation, d'être une forme de lessiveuse, qui fait qu'on est une forme de finalement de salle d'attente d'un médecin, vous voyez, où, à chaque fois, on entasse les malades et où on essaye de les accompagner et de les soigner. Et dès qu'on en a soigné un, on le voit d'ailleurs dans nos enquêtes sociales, dès qu'on a accompagné une famille, dans les 6 mois, un an, elle quitte le quartier.
Et celle qui la remplace est dans une situation encore plus difficile, ce qui pour nous, pose une question majeure que j'adresse à l'Etat, que j'ai adressée à d'autres présidents de la République au cours de ces 18 années de mandat qui ont été les miennes. Est-ce que, in fine, nous souhaitons pour nos quartiers populaires, une véritable mixité sociale ou est-ce que, in fine, nous considérons que nous sommes des territoires d'intégration ? C'est une vraie question qu'il faut oser poser.
Et en fonction de la réponse que l'on y met, à ce moment-là, on y met les moyens. J'ai donc pas forcément, en dehors de cette question-là et de cette interrogation, de questions à vous poser. Beaucoup vont l'être faites tout à l'heure.
J'ai juste 2 remarques. D'abord évidemment en tant que maire, ici à Evry-Courcouronnes. Je ne crois pas, M. le président, nous ne nous connaissons pas beaucoup, que vous soyez complètement venu par hasard.
Vous êtes sans doute ici parce que Evry-Courcouronnes est une toute nouvelle commune qui a à peine un mois née de la fusion de 2 communes de taille différente, de familles et d'apparences politiques différentes, mais qui ont décidé de se retrousser les manches pour, d'une certaine manière, montrer aussi un petit peu l'exemple sur ce que l'on peut faire en matière de mutualisation, se dire que toutes les problématiques de politiques publiques, de problématiques sociales que nous vivons finalement sur le terrain peuvent trouver les mêmes réponses dès lors que l'on est ensemble pour être plus forts. Des territoires comme les nôtres, ce sont des territoires de difficulté. Mais attention, et j'espère pour le coup que le débat d'aujourd'hui ne confinera pas à cela.
Pas de misérabilisme. Nous sommes évidemment des territoires avec d'énormes difficultés sociales. Mais nous sommes aussi des territoires avec d'immenses richesses.
Cette fusion que nous avons portée avec Francis Chouat, elle avait pour but évidemment de se doter de moyens, d'être plus fort pour répondre à la détresse sociale. Mais aussi de dire comme plein d'autres villes que je connais ici, nous avons des atouts incroyables. Troisième biocluster de France, une université de 12 000 étudiants, 3 grandes écoles.
Des atouts qui font que peut-être, que d'une certaine manière, on devrait plutôt positiver le message de la banlieue avec quand même une alerte particulièrement importante : c'est que toutes les réussites qu'on battit ici de façon sans doute beaucoup plus difficile qu'ailleurs sont sur le fil, et que sans arrêt on doit remettre le coeur à l'ouvrage pour éviter qu'elle bascule du mauvais côté et qu'elles disparaissent. Ces universités, ce biocluster, ces grandes écoles qui peuvent à tout moment finir par partir. Et puis un dernier mot, j'avais promis à Sébastien Lecornu d'être court.
Sous ma casquette de président de l'association des maires d'Ile-de-France, nous avons 150 maires d'Ile-de-France (Inaudible) ...très fiers.
Je voudrais vous dire, et pardon de cette provocation, mais d'une certaine manière, elle lancera le débat. Après tout, je représente aussi dans cette association mes collègues maires que nous sommes en train de terminer...
Nous sommes à un an de la fin du mandat, un mandat assez particulier in fine. D'abord il a commencé avec l'annonce, une semaine après notre élection, du pacte de responsabilité. 11 milliards d'économie.
Pour faire assez simple, pour que tout le monde comprenne, une semaine après une campagne électorale où nous avons pris des engagements devant les habitants, on nous a enlevé les dotations qui nous permettaient de rendre compte et de faire ce pour quoi les habitants nous ont élus. Et puis ensuite, on a été assez régulièrement, mais pas exclusivement par cet exécutif, M. le président.
Ca fait des années que ça dure. Mais brocardés, comme dépensiers, sans se poser la question de la raison pour laquelle nous faisons le tampon social sur le terrain. Mais on a quand même été mis à l'index.
Et puis avec la crise qui s'est faite jour depuis octobre, d'un seul coup nous revoilà à la lumière. Pas pour jouer les super-héros, mais parce que ce lien social que nous sommes montre bien que nous avons une importance particulière dans le dispositif démocratique qui est le nôtre. Alors, M. le président, c'est pas une question. c'est plutôt une invitation, y compris pour la tenue du débat de ce soir.
Vous avez évoqué, vous évoquez toutes et tous, l'acte 2 du quinquennat. Eh ben, je vais vous dire, c'est la bonne occasion pour qu'on repasse ensemble un pacte. Merci à vous. (Applaudissements) ... -E.
Macron : Merci beaucoup, M. le maire. Président... et merci à toutes et tous d'être là.
Moi, je vais être très, très bref. Simplement pour dire que je suis très heureux d'avoir l'opportunité en effet de cet échange libre. Et ici en effet, des maires, des présidents d'associations.
Il y a un fil constant. Cette logique territoriale que vous évoquiez, francilienne, mais aussi celle des quartiers dits "politiques" de la ville. On pourra d'ailleurs en débattre, vous avez commencé à le faire.
Il y a toujours des critères... (Inaudible) des conditions qui sont mises en termes de richesse et autres.
Ce qu'on sait dire, si je devais faire simple pour tout le monde, ce sont les quartiers qui concentrent les difficultés : économiques, sociales, éducatives avec le défi que vous avez parfaitement évoqué, question qu'on a déjà plusieurs fois abordée et on y reviendra. Donc je vais pas ici la traiter, qui est de savoir si ce sont des quartiers qui sont au fond assignés à cette difficulté ou si on considère que ce sont des quartiers où on doit bâtir une nouvelle mixité. Et donc aussi assumer d'avoir du côté de l'Etat, de l'ensemble des collectivités, une autre façon de gérer collectivement les difficultés qui sont celles de la nation et pas de tel ou tel endroit de la République uniquement.
Nous traversons un moment difficile, aujourd'hui, dans le pays. Il ne date pas d'hier. Mais remonte aujourd'hui, et peut-être moins dans certains endroits que d'autres, cette difficulté profonde qu'on a vu poindre à la fin de l'année dernière.
Vous disiez : "Peut-être nous, nous sommes plus urbains que d'autre, "alors on a eu moins à la vivre." C'est vrai que pour m'être rendu dans certaines communes ici représentées, on est parfois plus loin de Paris centre que quand on est au fin fond de l'Aisne. (Inaudible) ...sujet de proximité soit forcément le bon.
Je pense qu'il y a un travail aussi qui s'est fait dans ces quartiers, dans les villes que vous représentez, par un maillage associatif. Il y a quelque chose d'une pâte humaine républicaine qui s'est, malgré tout, construit à travers le temps, parce que les problèmes se sont vus et se sont exprimés peut-être depuis plus longtemps encore. Et ça a tenu quelque chose.
Mais c'est pas parce qu'il n'y a pas eu forcément les mouvements les plus perceptibles que je considérais que... les quartiers dits "politiques" de la ville, les villes que vous représentez, les associations dont vous portez les engagements auraient dû être en dehors du débat, au contraire.
Le Grand Débat national, il concerne l'ensemble de la nation française, de toutes celles et ceux qui portent ces engagements. Et moi, je considère que ce qu'on doit ensemble sortir de ce moment républicain, ce sont des changements de méthode profonds, mais pas méthode au sens technique du terme, c'est-à-dire c'est, et pas seulement avec les villes, un nouveau contrat... (Inaudible) C'est-à-dire une nouvelle capacité à penser nos manières de décider, nos manières justement de faire société, de porter ce qu'on appelle les politiques publiques, c'est ce qui fait la République.
Et donc c'est rien moins que ça pour moi cette fabrique que nous sommes en train aujourd'hui de faire au concret et au terrain. Donc moi, ce que j'attends de vous, c'est vraiment qu'on puisse échanger de manière très libre, il y a pas de tabou. Les ministres interviendront évidemment autant qu'ils le veulent et qu'ils le souhaitent.
D'ailleurs moi, je suis là aussi pour entendre votre part de vérité et pas du tout pour répondre systématiquement. Il y a aussi des choses que vous voulez porter qui n'ont pas été suffisamment entendues. Il y a des choses qu'on doit revoir, il y a des choses qui datent de très longtemps.
Il y a peut-être des erreurs qui ont été commises, mais moi, je souhaite qu'on puisse avoir en vérité un débat utile pour construire ce contrat avec la nation dont on a besoin et qui est à mes yeux le point essentiel sur lequel ces mois de débats doivent déboucher. Voilà. Je ne serai pas plus long.
Je vous vais laisser M. le ministre animer les choses et puis j'interviendrai quand vous le souhaiterez. -S.
Lecornu : Merci, M. le président. Merci beaucoup.
M. le président de la République, mesdames, messieurs, merci à M. le maire de la commune nouvelle d'Evry-Courcouronnes pour son accueil et également effectivement son accueil en tant que président des maires d'Ile-de-France.
Je tiens également à saluer, M. le président de la République, la présence en nombre des parlementaires d'Ile-de-France, députés et sénateurs qui sont venus assister eux aussi à ce débat entre vous et les acteurs associatifs et les élus locaux de la région Ile-de-France autour des questions, entre autres, de la politique de la ville, et au-delà, on va entendre quelques interventions au début qui traduisent la pluralité géographique, la région est grande, bien évidemment, politique, puisque ce débat est national, et donc nous respectons l'usage de la République, et donc toutes les sensibilités politiques s'exprimeront, et puis bien sûr, et c'est peut-être là une grande nouveauté dans ce débat ce soir, c'est une parité aussi entre les élus locaux, d'un côté et les responsables associatifs, de l'autre. Alors le président de la République est endurant, nous le sommes aussi, néanmoins, je vais être rigoureux sur les temps de parole.
Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement. Donc en 2 minutes, en tout cas, c'est le temps que nous, on nous donne, les ministres à l'Assemblée nationale et au Sénat pour répondre. Mesdames messieurs les parlementaires, en 2 minutes, vous aurez le loisir de pouvoir intervenir très librement pour interroger le président.
Alors nous allons commencer avec Mme le maire d'Orly. Mme Christine Janodet pour deux minutes, et on vous apporte un micro. En tout cas, je l'espère.
Sinon je...
Voilà. Le président de la République vous a apporté son micro. -C.
Janodet : Et il marche pas. (Rires) C'est une blague. -Prenez celui-là. -Donc merci, M. le président de ce débat.
Messieurs et mesdames les ministres, merci. On m'a demandé de participer à ce débat. J'ai hésité.
J'ai hésité, parce que je me suis dit : "Est-ce que je vais faire la claque "ou est-ce que je vais poser des bonnes questions ?" Et je me suis dit que j'allais peut-être poser des bonnes questions, au travers les permanences que j'ai dans ma mairie ou au travers les débats qu'on peut avoir dans les quartiers. Alors ce que nous disent les Orlysiens...
Ils me disent : "Il faut améliorer notre cadre de vie." On y a travaillé. Mon prédécesseur Gaston Viens a signé un contrat ANRU en 2005 avec M.
Borloo qui est en cours de finalisation, et nous allons signer avec M. Klein, je l'espère, avant la fin du 1er semestre, un deuxième contrat ANRU. Et donc, on va améliorer le cadre de vie.
Qu'est-ce que nous disent également les Orlysiens ? "On veut dans nos quartiers le maintien des services publics", j'y reviendrai tout à l'heure, "On veut également un accès au logement "puisqu'à Orly, 23 500 habitants, 1 800 demandeurs de logement", et bien évidemment, je finirai par "On veut accéder à un emploi." Sur l'amélioration du cadre de vie, ça on peut dire que l'ANRU a mis le paquet.
Et tout est quasiment en bonne voie pour finaliser l'ANRU 1. Le seul petit bémol que l'on a dans cette signature d'ANRU, c'est le côté un peu schizophrène d'Action Logement qui finance l'ANRU, mais qui nous demande aussi de mettre à disposition de façon souvent un peu exagérée je pense, dans certains quartiers en tous les cas, des terrains, et donc bien évidemment, les bilans s'en trouvent fortement impactés. Donc problème pour les villes qui doivent bien évidemment financer les espaces publics, les équipements publics qui faisaient défaut dans ces quartiers et qu'il faut moderniser.
Le maintien des services publics, pour ce qui concerne Orly, en tous les cas, la Poste est indispensable. C'est le 1er lieu de vie des gens. Bon.
On parle de RSA, on parle de minima sociaux. C'est vraiment quelque chose d'important, et il faut se battre, même dans les quartiers politiques de la ville pour obtenir de la Poste ce service essentiel. Je vous cite que celui-là.
D'autres en citeront certainement d'autres. L'accès au logement. L'accès au logement, on est en métropole, on est sur des territoires, on est sur des communes, il faut absolument...
Je partais moi, en 2005, à 60 % de logement social. Avec le renouvellement urbain, j'espère arriver à 54 % de logement social. Il est pas possible que ce soit toujours les mêmes villes qui consomment et qui construisent du logement social.
Il faut absolument faire appliquer de façon beaucoup plus régulière la loi SRU pour que l'ensemble du territoire de métropole soit accessible à... aux Franciliens pour y loger.
Accéder à un emploi, bien évidement, dans ces quartiers, la formation est souvent la plus difficile. Je dois admettre que le dédoublement des CP et CE1 est une très bonne chose, même si ça a prévalu pour les villes un peu d'argent et un peu de moyens, parce qu'on ne peut pas dédoubler des classes. Il faut construire des Algecos, etc.
Mais le résultat va être là, Et en tous les cas, les 1ers éléments au niveau des enseignants sont plutôt encourageants. Sur l'accès à l'emploi, je voudrais juste zoomer sur quelque chose qui me tient à coeur : c'est l'apprentissage. On a dans nos quartiers, dans nos villes, souvent, des jeunes qui peuvent pas accéder forcément à des diplômes de niveau supérieur : université, etc.
L'apprentissage est très important. Vous avez donné un accent très fort lors de votre campagne, M. le président.
Aujourd'hui les CFA sont en danger. Ils sont en danger dans le cadre du financement, le retrait de la région et il manque pratiquement un tiers de financement pour les CFA, et je voudrais vraiment revenir là-dessus. Ecoutez.
Si on améliore le cadre de vie, on maintient les services publics, on peut loger tout le monde. Avec un emploi, je pense que la lessiveuse que Stéphane mettait en avant tout à l'heure, on va l'enrayer. Merci. -S.
Lecornu : Merci beaucoup, madame, le maire. On laisse le micro à votre voisin, Philippe Rouleau, maire d'Herblay, dans le 95. Allez-y, M. le maire.
Vous avez la parole. -P. Rouleau : Herblay-sur-Seine. -Oui. -Voilà.
Depuis peu. Alors, M. le président, depuis des années l'Etat impose à ses territoires des réformes, des lois, des réorganisations sans véritable concertation avec les collectivités territoriales.
Et du coup sans prise en compte de nos spécificités. En 10 ans, des villes comme la mienne ont connu la création d'une communauté de communes d'abord avec un rapprochement volontaire des villes. A l'époque, on nous demandait encore notre avis.
Puis une extension subie et enfin, une fusion également subie avec une autre intercommunalité pour constituer un ensemble de près de 300 000 habitants. L'obligation en Ile-de-France est de constituer des intercommunalités de 200 000 habitants. En parallèle, on a entendu parler de la fin des départements.
On a assisté à la création du Grand Paris avec un périmètre très discutable où les citoyens de la grande couronne participent financièrement dans leurs impôts locaux, alors qu'ils n'en font pas partie. M. le président, est-ce que tout cela permet d'offrir un meilleur service à nos concitoyens ?
D'être plus à leur écoute ? De faire des économies ? Je suis bien évidemment pour la mutualisation des moyens et pour les économies d'échelle, mais pas au détriment de la proximité avec nos concitoyens.
Tout est fait depuis des années pour amoindrir le rôle des communes et des départements, alors que ce sont des maillons essentiels de la cohésion sociale de notre pays. J'aimerais, M. le président que l'Etat soit plus à l'écoute de ceux qui sont à portée de baffe...
Je le dis souvent. Et maintenant, on a quelque chose de formidable, ce sont les réseaux sociaux. Il y a une blague qui circule dans nos communes.
C'est : " De toute façon que fait le maire ?" Donc on est toujours, nous, vraiment en proximité. Et on connaît mieux que personne les spécificités de nos territoires.
Et je pense qu'on devrait travailler ensemble pour trouver des solutions. Nous, les élus de terrain, nous souffrons cruellement d'un manque de considération. Je parlais tout à l'heure...
J'ai été invité ce soir car Herblay-sur-Seine...
Oui. J'ai été invité ce soir, car Herblay-sur-Seine...
J'ai depuis 2014 un quartier politique de la ville. Pas parce que la situation a évolué, mais parce que les règles ont changé. Je parlais tout à l'heure de manque de considération.
C'est la presse qui m'a annoncé que j'avais un quartier politique de la ville. C'est pas l'Etat. Et d'ailleurs, pour la petite histoire, je venais juste d'être élu en 2014, et j'ai appelé le maire de Pierrelaye qui est un maire qui est très...
C'est même le doyen du département du Val-d'Oise. Il m'a dit : "Ecoute, Philippe, c'est pareil. "je n'ai pas été prévenu, et je l'ai découvert aussi"...
Non, c'est même moi qui lui ai appris. Lui, il a pas encore lu la presse. Voilà.
Pour terminer mon propos, M. le président, je veux vous poser deux questions simples : Que comptez-vous faire pour évaluer et adapter si besoin les politiques publiques mises en place depuis des années ? Que comptez-vous faire pour mieux tenir compte des spécificités de nos territoires ?
La loi SRU est par exemple inapplicable dans de nombreuses villes. J'ai deux exemples que je connais bien. La Frette-sur-Seine, où il n'y a pas de potentiel foncier et où le maire de La Frette-sur-Seine serait obligé de détruire des pavillons pour construire des logements sociaux.
Ou alors on n'arrête pas de le taquiner en disant qu'il pourrait peut-être faire des logements sociaux sur pilotis. Et l'autre exemple que je connais bien, c'est la ville d'Herblay-sur-Seine où là aussi, là, c'est plutôt l'inverse, on a un potentiel foncier très important et on ne maîtrise pas l'ensemble du foncier. Et il faudrait que je fasse 100 % de logements sociaux. pour arriver à notre obligation de réaliser 25 % de logements sociaux d'ici 2025.
Donc c'est pas ce qu'on souhaite de faire 100 % de logements sociaux. J'en fais 37 %. Mais en tout état de cause, je ne peux pas atteindre l'objectif qui est fixé par l'Etat.
Donc je ne forme qu'un seul voeu ce soir. C'est plus de pragmatisme et moins de dogmatisme. Merci, M. le président. -S.
Lecornu : Merci, M. le maire. On va laisser le micro à Philippe Rio, le maire de Grigny qui se trouve ici.
On lui passe le micro. Allez-y, M. le maire. -P.
Rio : Merci. M. le président, chers collègues, chers responsables associatifs, M. le président, je me joins aux collègues.
Je suis heureux de cette invitation. La dernière fois que nous nous étions rencontrés, c'était un 22 mai. Je ne vous cacherais pas qu'il y avait... et il y a toujours un peu d'amertume et d'incompréhension de ce moment-là.
C'est la recette pour laquelle je suis là aujourd'hui, et puis aussi heureux de voir Julien Denormandie. On ne se quitte plus quasiment. Toutes les semaines.
Il connaît Grigny presque comme sa poche. Nous travaillons sur les copropriétés à requalifier, sur le défi éducatif, que nous nous sommes fixés collectivement, des cités éducatives ou encore sur les questions de formation, des invisibles et d'un certain nombre de sujets. Je suis tellement heureux, M. le président de la République que je vais vous offrir un livre.
Il est un peu gros. Il vient de sortir. Ca s'appelle Les Abandonnés.
Donc je vous l'offre. Ce livre, travail d'enquête journalistique, dit rapidement deux choses : La première...
La République française a une dette vis à vis des quartiers populaires. Nous ne demandons pas charité, mais justice. Ce travail journalistique retrace cette histoire qui comprend la situation dans laquelle nous sommes.
Et il dit autre chose sur laquelle nous sommes tous d'accord ici. C'est qu'il y a une profonde rupture d'égalité républicaine dans les quartiers populaires. C'est je crois le sens du débat qu'il y aura demain à l'Assemblée nationale suite à un rapport parlementaire sur la Seine-Saint-Denis.
Et donc c'est extrêmement important. Deuxième sujet, je me devais de donner parole aux habitants, même si j'en suis un. Mais comme j'ai un statut un peu particulier, je voulais vous dire, Amadou, par exemple : "Il faut améliorer, M. le président, "la vie des personnes pauvres. "Donner aux pauvres, et pas toujours aux riches." Il y a aussi Alain de la Grande Borne qui dit : "Nous, on n'existe pas de toute façon. "Liberté, égalité, fraternité "est réservé à une certaine caste." Il y en a beaucoup d'autres.
Mais il me semblait important de donner cette parole. Et puis pour terminer quand même quelques solutions avant que le maître du temps me rappelle à l'ordre, à juste titre. Une personne bien connue ici à Evry avait parlé d'apartheid territorial.
Je partage l'idée que ça existe. C'est la raison pour laquelle le travail que nous avons mené avec quelques-uns, qui vous a été remis ce 22 mai, abordait la question d'une cour d'équité territoriale. M. le président, je vous demande, puisque vous n'avez pas fermé la porte sur ce sujet-là, quel calendrier de travail nous pouvons avoir sur cette cour d'équité territoriale ?
D'autant plus qu'ici sur ce territoire, lorsque les collectivités locales portent des projets d'excellence, Francis Chouat le sait, Stéphane Beaudet, Stéphane Raffalli, Michel Bisson sur un cluster sport, nous ne comprenons pas que l'Etat ne joue pas son rôle d'aménageur du territoire en n'imposant pas... l'installation de l'agence française de lutte contre le dopage, par exemple.
C'est un élément déterminant. Et une cour d'équité territoriale, au-delà de la géolocalisation des données, d'avoir une lecture très claire, je crois permettra de résoudre cela. Et puis très rapidement, deux dernières choses, deux questions.
Quid du plan pauvreté dans les quartiers ? On est un peu concernés. Et puis un secrétaire d'Etat a été nommé sur la protection de l'enfance.
Nous sommes des territoires extrêmement jeunes. J'ai vu Mme la procureur de la République de l'Essonne. Les moyens de la justice sont navrants dans nos territoires.
Et donc on ne peut pas protéger nos enfants si notamment la justice n'a pas les moyens. Merci de votre attention. -S.
Lecornu : Merci à vous, M. le maire. Et on va enfin en Seine-Saint-Denis.
On laisse la parole à Olivier Klein qui se trouve ici et qui est maire de Clichy-sous-Bois. -O. Klein : Merci, M. le président, Madame et messieurs les ministres, mesdames et messieurs, M. le président, si vous le permettez, je vous parlerai pas de renouvellement urbain aujourd'hui.
Je laisserai probablement mes collègues le faire et avec votre soutien et celui de Julien Denormandie, -S. Lecornu : Précisez, pour ceux qui nous écoutent votre autre casquette. -O.
Klein : Je suis aussi président de l'agence nationale du renouvellement urbain. Je vous parlerai de cohésion sociale, d'emploi et d'école. Et la cohésion sociale dans nos villes, et je crois que vous l'avez vu juste avant, elle est liée à la vie associative vraiment de manière très importante.
Et je l'ai déjà dit. Je crois que la vie associative est extrêmement fragilisée dans nos villes avec la fin des emplois aidés. Nous n'avons pas réussi encore à trouver des éléments de substitution à ces emplois aidés.
L'EPEC est probablement une très bonne idée, mais ça prendra du temps à faire que ce parcours emploi compétences permette à des gens de rentrer dans des emplois pérennes. Mais je crois vraiment qu'il est extrêmement important qu'on aide nos associations à retrouver une capacité à embaucher. C'est pas les villes, ça a déjà été évoqué, qui peuvent se substituer financièrement à la disparition des emplois aidés, et aujourd'hui, les associations souffrent vraiment de cette disparition, et je pense qu'il faut qu'on invente ensemble un dispositif.
Appelons-le comme vous voulez, M. le président. Les emplois francs associatifs ou que sais-je.
Et ces emplois aidés, ils n'étaient pas que dans les associations. Je parlais de l'école. Nous, dans nos écoles, à Clichy-sous-Bois, 100 % des écoles en REP+, nous avions des personnes qui aidaient les directeurs d'école à faire l'aide administrative.
Et je peux vous assurer que ces personnes étaient extrêmement importantes. Et là encore, l'Etat est pas forcément vertueux parfois et c'est vrai que ces personnes ne trouvaient pas de débouchés, mais elles étaient fondamentales dans l'école, parce qu'elles permettaient aux enseignants, même s'ils sont déchargés, d'avoir plus de temps pour mieux accueillir les parents dans l'école. Et là encore, je crois qu'il faut qu'on travaille ensemble à retrouver une capacité à faire que dans nos écoles, dans nos villes si particulières, eh bien les directeurs d'école aient tous une capacité à être accompagnés, à être aidés pour mieux accueillir les parents et forcément les enfants.
Et puisque je vous parle de l'école, on a parlé de la formidable réforme des CP à 12. Je crois qu'il serait très intéressant de réfléchir ensemble à une idée pour les plus grands et à l'entrée dans les études supérieures. Nos lycées font un formidable boulot d'accompagner les lycéens vers la réussite Le lycée de Clichy-sous-bois, ou d'autres, sont souvent classés en tête des classements de l'Express dans ceux qui permettent la réussite à ceux pour lesquels on pensait que ça serait le plus difficile.
Et malheureusement, l'entrée dans les études supérieures, c'est aussi le prof qui parle, est souvent extrêmement difficile. et je crois qu'il faudrait qu'on réfléchisse dans nos villes à un dispositif, éducation nationale ou autre, qui prépare cette entrée dans les études supérieures soit pendant l'été soit pendant un période d'un an. C'est pas grave de prendre un an pour réussir.
Et puis dernier point, les classes préparatoires aux grandes écoles. Je crois qu'il y aurait un vrai symbole de faire qu'enfin tous les lycées des villes populaires, des villes en éducation prioritaire, aient une classe préparatoire aux grandes écoles. C'est pas normal que Clichy-sous-Bois n'ait pas de classe préparatoire aux grandes écoles et les villes voisines, que je ne citerai pas, un peu plus bourgeoises en aient toutes.
Voilà, M. le président. -S.
Lecornu : Merci beaucoup, M. le maire. On va maintenant entendre d'autres citoyens engagés, mais eux, sans mandats locaux, mais dans le monde associatif, avec notamment quelques citoyens qui sont des locaux de l'étape.
On va laisser la parole à Aïsseta Cissé, qui se trouve ici même qui est habitante de la commune nouvelle d'Evry-Courcouronnes et qui est directrice d'une association qui s'appelle Génération II, citoyenneté et intégration. Vous avez la parole, madame la directrice. -A.
Cissé : C'est pas facile de prendre la parole en 1er, mais je vais essayer. Donc, M. le président de la République, tout d'abord je vous remercie de votre présence sur notre territoire pour écouter et échanger avec nous.
Je profite de cette occasion pour vous dire même s'il y a des problèmes... même si les problèmes sont réels et nombreux et nombreux, il y a aussi des aspects positifs à présenter et voir une expérience que l'on pourrait transposer sur d'autres territoires.
Je rejoins les propos de M. Beaudet. C'est par exemple notre façon de travailler ici tous ensemble en associant les services de l'Etat, en particulier, ceux portés par notre préfet, notre préfet délégué, les délégués du préfet nos élus, les forces de l'ordre, la justice, La CAF, l'université d'Evry, le transport, la société (inaudible) et nous les acteurs associatifs.
Ils sont si nombreux. Je ne peux même pas tous les citer. Nous traitons ainsi ensemble des questions de la parentalité, notamment de la responsabilité et le rôle et la place des pères, la question des relations police/population pour déconstruire les préjugés, celle des droits et des devoirs des citoyens mais des modalités d'accès aux droits.
Nous sommes aussi très présents sur le terrain pour faire de la médiation pour qu'on se parle et qu'on s'entraide plutôt que de se replier sur soi et s'affronter sans fin ce qui permet de prévenir des situations violentes. C'est ce modèle et cette synergie, entre les acteurs que j'ai cités, qui nous permet ici de considérer de façon globale chaque situation difficile dans son environnement afin d'y apporter des solutions concrètes en mutualisant nos moyens et nos ressources. Ce maillage territorial avec un partenariat fort entre les acteurs est exemplaire à nos yeux et c'est une source de réussite.
Mais néanmoins, tout n'est pas rose ici aussi. Vous le savez, j'aimerais qu'on trouve ensemble, M. le président, une solution à cette question sur laquelle nous n'avons pas de prise et qui gagne en ampleur et qui impacte négativement et directement toutes les familles.
Il s'agit des difficultés à trouver des stages et de l'alternance. L'offre est soit insuffisante, parce que les entreprises ne sont pas toujours là, chez nous, ou plus grave, les jeunes très souvent, n'ont même pas de réponse quand ils font 30, 40, 50 demandes aux entreprises et même au secteur public. Le résultat est une incompréhension et la construction du sentiment de ne pas exister et qui est très destructeur.
Et ainsi, beaucoup de nos jeunes ne peuvent pas faire aboutir leur projet d'études ou professionnel. Et cela touche aussi des femmes en reconversion professionnelle des adultes en reconversion professionnelle, en particulier les femmes en situation de monoparentalité. Aujourd'hui, dans ce contexte, il nous est difficile, en tant qu'acteur de terrain, d'avoir un discours de persévérance pour ces jeunes et leurs familles quand ils se trouvent dans l'impossibilité de valider ces projets et qui sont les espoirs de leur vie.
Et pour en finir, M. le président, nous considérons que lorsqu'il faut retrousser les manches, il faut le faire pour tous et toutes, quelle que soit l'origine, le sexe, la couleur de la peau ou la religion. C'est ce que nous tentons de faire quotidiennement ici, car l'entraide est ce qui nous unit ici sur ce territoire.
Et ça, aussi, c'est un modèle. Je vous remercie, M. le président de la République. -S.
Lecornu : Merci beaucoup, madame la directrice. On cède le micro à une autre directrice d'association locale, Génération femmes, avec Mme Isma Hocini qui est ici. Vous avez la parole, madame la directrice. -I.
Hocini : Merci beaucoup. Bonjour, M. le président.
Donc oui effectivement, nous sommes basés sur le quartier des Pyramides. Donc Génération femmes, qui est une association qui date aujourd'hui depuis 92. Donc 27 ans.
Je voulais intervenir aujourd'hui sur les modalités d'intervention de la politique de la ville, à travers l'élaboration du contrat de ville. Alors c'est vrai que ça date aujourd'hui, mais les modalités aujourd'hui, je trouve qu'elles ont beaucoup évolué. Et on nous demande...
L'élaboration du contrat de ville se fait par des thématiques. On nous demande aujourd'hui de rentrer des ronds dans des carrés pour pouvoir bénéficier de subventions. Et ça devient de plus en plus difficile.
Donc effectivement, en tant qu'association de proximité, de quartier, nous bénéficions de subventions par le biais d'appels à projets annuels, voire pluriannuels, pour ceux qui ont de la chance, mais ça devient de plus en plus compliqué. Donc nous, aujourd'hui, nous avons la chance effectivement d'avoir une convention pluriannuelle d'objectifs sur 3 ans, mais nous bénéficions également de contrats aidés pour les postes et les emplois que nous avons sur le dispositif d'adultes-relais, en l'occurrence. Aujourd'hui, ces modalités effectivement d'intervention deviennent de plus en plus difficiles.
Et nous constatons et nous estimons qu'à l'association Génération femmes, nous rendons des missions de service public. Alors nous l'estimons, pourquoi ? Parce que nous sommes sollicités de plus en plus par les services de l'Etat, en l'occurrence, l'Education nationale.
Nous intervenons dans les établissements scolaires. du 1er degré, du 2nd degré pour faire de la prévention, de la sensibilisation et dans des endroits géographiques de plus en plus éloignés. Donc ça veut dire que nos interventions sont professionnelles, crédibles et gratuites, puisque nous sommes financés pour ça par l'Etat.
Donc nos interventions... nos champs d'intervention, en tout cas, prennent de l'ampleur.
Nous étions effectivement, avant, une association de quartier, et aujourd'hui, nous intervenons sur l'ensemble du département. Nous sommes également sollicités par d'autres organismes sociaux d'insertion tels que Pôle emploi, l'OFII, la MDS, les mairies qui nous orientent des personnes dans le cadre des ASL : des ateliers de socialisation à composante langagière. Et, à ce jour, nous avons, donc pour vous donner un chiffre concret, plus de 500 inscriptions dans nos ASL à l'association, ce qui est énorme.
Donc comment accueillir ces personnes ? Comment faire en sorte qu'ils soient bien accompagnés ? Comment faire en sorte qu'ils aient une bonne insertion et une intégration en France avec des contrats aidés en situation de précarité ?
Donc pas des contrats pérennes, pas des subventions pérennes, sur 3 ans maximum, donc on ne peut pas se projeter sur du long terme, et idem pour les contrats. On a des personnes sans qualification, sur le dispositif d'adultes-relais. Donc on est déjà dans de la formation pour des personnes en insertion qui eux-mêmes accompagnent des personnes en difficulté et en grande précarité.
Ca devient très compliqué. Alors effectivement, on ne renie pas notre mission d'insertion. Ces dispositifs sont très utiles pour des personnes sans qualification, et nous souhaitons les maintenir.
Mais nous avons besoin d'avoir quand même des postes pérennes et pour tout ce qui touche aux encadrants des associations et aux personnels qui forment et qui font de la coordination d'activité. Ca, c'est essentiel pour maintenir et avoir un bon fonctionnement de ces associations qui sont quand même structurantes sur nos territoires. Je ne parle pas, effectivement, il y a des associations de bénévoles, de militants qui font très bien leur travail.
Mais des associations comme Génération femmes ont besoin vraiment d'avoir un cadre structurant et structurel au sein de la structure pour pouvoir accompagner au mieux ces personnes en grande difficulté. -S. Lecornu : Merci beaucoup, Mme la directrice.
On donne la parole à un autre citoyen de la commune engagé avec Michel Desbruyères, qui est conseiller citoyen, qui est ici. Monsieur, on vous apporte le micro. Vous avez la parole pour deux grosses minutes. -M.
Desbruyères : Merci. Alors je suis citoyen d'Evry depuis 44 ans, et j'ai enseigné 35 ans sur cette commune dans un collège public. M. le président de la République, mesdames et messieurs, au début de mon intervention, je voulais vous dire combien nous sommes heureux d'habiter dans nos quartiers.
La diversité des cultures, des origines, des croyances peut être source de richesse si nous prenons le temps de nous rencontrer. Richesse des habitants qui font preuve de solidarité, d'attention aux autres, d'engagement, de créativité. Richesse aussi des intervenants, professionnels ou associatifs, qui, avec les habitants, essayent de construire des ponts, de soutenir des initiatives, de permettre de dépasser les préjugés, de régler les conflits, malgré les grandes difficultés sociales rencontrées par beaucoup.
Difficultés mises en avant par les mouvements sociaux actuels, mais aussi par les élus, les corps intermédiaires et le rapport Borloo d'une grande richesse d'où nous regrettons qu'il ait été abandonné en grande partie. Nous regrettons aussi que le gouvernement cherche à réformer la loi fondatrice de la laïcité qui nous permet de vivre ensemble avec nos grandes diversités. Et je connais bien sûr les difficultés de vivre cette laïcité.
Pour que nos richesses s'épanouissent, il faut des espaces de rencontre et de vie commune. Ils existent déjà dans nos quartiers au niveau de la petite enfance, de la scolarité, des centres sociaux, de la ludothèque, des théâtres de quartier, des commerces, des associations, des conseils citoyens, entre autres. Les territoires de nos banlieues ne sont pas un problème, mais des lieux où les familles et la jeunesse doivent pouvoir s'épanouir et se construire.
Et nous savons que ces quartiers constituent des laboratoires de l'avenir car nous savons inventer. Pour s'épanouir, la première condition est d'avoir un logement. Beaucoup de familles n'ont pas accès à un logement décent.
Des marchands de sommeil essayent de s'infiltrer partout et les bailleurs ne font pas toujours le travail d'entretien et de construction dont ils ont la charge. Mais leur donne-t-on les moyens ? Et la mixité sociale qui était un objectif de nos villes nouvelles est de plus en plus remise en cause.
Au niveau de l'Education nationale, certains établissements ne sont pas classés en REP qui leur permettrait d'avoir des moyens suffisants pour faire progresser les élèves. Mais malgré le travail admirable des enseignants, la charge est de plus en plus lourde. Des personnels nombreux découragés démissionnent et les personnels médicaux et paramédicaux nécessaires sont très insuffisants.
En ce qui concerne la culture, malgré l'engagement des collectivités locales et des établissements scolaires, malgré la grande richesse des habitants, nous comptons à Evry des musiciens, des peintres, des grapheurs, des photographes des écrivains, etc., les professionnels doivent se battre en permanence pour survivre. Nous en avons un exemple dans notre quartier du Champtier du Coq. ou le théâtre du Coin des Mondes a dû réduire le nombre des permanents malgré la place centrale dans ce quartier.
Les associations, en particulier celles qui s'occupent d'insertion, les éducateurs souffrent de la réduction des subventions et de la suppression des emplois aidés. Pourquoi au niveau de l'emploi, ne pas généraliser les territoires zéro chômeurs de longue durée qui ont fait preuve de leur efficacité là où ils ont été créés, que ce soit dans les zones rurales ou dans les villes ? Oui, tout de suite.
Enfin, sans avoir été exhaustif, le commerce de nos proximités souffre, entre autres, comme partout en France, de la prolifération des zones commerciales. Evry, outre le centre commercial historique, est entourée de ces zones, à Corbeil, à Villabé, à Sainte-Geneviève-des-Bois, au Carré Sénart. Toutes ces zones ont été construites sur des terrains agricoles qui auraient permis de développer une agriculture de proximité dont nous manquons cruellement.
Je termine. Juste une petite phrase. La plupart de ces sujets sont traités dans le rapport Borloo qui pourrait être repris et suivi de nombreuses actions.
Je vous remercie. -S. Lecornu : Merci à vous, cher monsieur.
On laisse la parole à une dernière intervention citoyenne, bien sûr avant d'y revenir, avec Nadir Adrar qui est membre du conseil national des villes et qui réside je crois à Sarcelles. Allez-y monsieur. Vous avez la parole. -N.
Adrar : M. le président, rebonjour. Merci de permettre à des citoyens lambda, de surcroît des habitants des quartiers, de participer à cet échange avec vous aujourd'hui.
J'ai 41 ans, M. le président, dont 34 passés dans ce qu'on peut appeler un QPV, une ZUS...
Donc l'étymologie a changé avec le temps. Mais par contre, je peux vous affirmer que les principales difficultés des habitants sont toujours les mêmes : la scolarité, l'emploi, la sécurité, le pouvoir d'achat. Alors certes, M. le président, vous n'êtes pas responsable de cet héritage, mais ils vous appartient, il vous incombe d'oeuvrer pour apporter des solutions et améliorer notre quotidien.
Alors j'ai regardé les quatre thématiques du Grand débat national. Il y en a au moins trois sur lesquelles je souhaiterais revenir rapidement. La première, c'est sur les dépenses publiques.
Alors depuis des décennies, donc la politique de la ville permet de limiter les déficiences du droit commun. A mon parcours au CNV, j'ai appris ce que c'était, le formidable droit commun. Donc je ne suis ni élu ni technicien, mais il me paraît clair qu'avec moins d'argent, on peut pas faire autant et surtout pas plus.
Voilà. Donc tant que l'application du droit commun ne sera pas respectée, je pense, à mon sens, qu'il y a des dotations, des budgets sur lesquels il faut pas taper. Il y a pas d'économies à faire sur les dotations accordées aux plus pauvres.
Voilà. (Applaudissements) Ensuite, je voudrais revenir sur le thème qui concerne la démocratie et la citoyenneté. Donc contrairement à ce que l'on pourrait penser, M. le président, le besoin de reconnaissance et d'appartenance à la République est très fort chez les habitants des quartiers.
Nous nous saisissons d'ailleurs de toutes les opportunités qui nous sont offertes pour affirmer notre rôle. Les jeunes conseils citoyens sont un exemple récent de démocratie participative. D'ailleurs on se rend compte que ça fonctionne, plus ou moins, selon les territoires et les volontés politiques.
Mais on se rend compte que ça permet notamment d'améliorer le Npnru, ce nouveau programme de rénovation urbaine qui, du coup, est plus cohérent et plus efficace. Ensuite toujours sur l'aspect citoyenneté, M. le président, vous n'êtes pas sans savoir que vivent dans les quartiers un nombre important d'étrangers.
Donc ces gens-là, je vais les appeler ces gens-là, qui vivent dans un même quartier, une même ville, depuis des années 6, 7, 10, voire plus. 10 ans pardon, voire plus. travaillent, payent des impôts et dont les enfants fréquentent l'école de la République doivent pouvoir s'exprimer.
A minima... au travers des élections locales, par exemple.
Alors ça serait les investir davantage vers une notion de citoyenneté. Ensuite sur le thème organisation de l'Etat et des services publics. Alors qu'on attend dans nos quartiers, dans nos villes, plus de présence de l'Etat, on se rend compte qu'avec la dématérialisation des services publics, c'est un véritable fléau qui s'annonce, M. le président.
D'après les chiffres, c'est officiel. 13 millions de personnes que l'ensemble du territoire...
Voilà, 13 millions de laissés-pour-compte du numérique. Donc le Conseil national des villes, donc le CNV, a d'ailleurs fait plusieurs recommandations pour limiter ces écarts. Ca passe par la mise en place d'un droit d'accès au numérique pour tous.
Le financement de politiques publiques de médiation numérique et sociale et sur la formation des publics surtout. Ensuite concernant les services publics, M. le président, celui sur lequel, les familles notamment, sont les plus attentives, c'est l'école, l'éducation.
Alors le dédoublement des classes de CP et de CE1, c'est une très bonne chose. (Un téléphone sonne) Et... (Rires) -S.
Lecornu : La touche silencieux du téléphone est la bienvenue. ... -N.
Adrar : Je disais que le dédoublement des classes de CP et de CE1 est une très bonne chose et les résultats sont palpables. Je suis parent d'élève élu. Effectivement, c'est une chose qui est adoubée par tous. même si c'est pas parfait partout, parce que dans certaines écoles, on manque encore de locaux et de classes, donc ce qui fait que c'est pas encore optimum partout.
Mais c'est bien de permettre aux enfants en école primaire de partir sur un bon socle. Mais si c'est pour ensuite atterrir dans un collège puis un lycée avec moins de professeurs, avec un niveau qui sera celui du collège ou du lycée finalement, et surtout sans mixité, à quoi bon ? Donc il faut continuer dans cette perspective-là.
Je crois que c'est Olivier Klein qui le disait tout à l'heure. Il faut continuer avec le collège, le lycée et puis les études plus tard. -S.
Lecornu : Il faut penser à conclure. -N. Adrar : Toujours, pardon... toujours sur cet aspect d'école, je tenais juste à signaler qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de familles, M. le président, qui se saignent financièrement, justement, pour inscrire leurs enfants dans le privé.
Et ça, c'est très néfaste pour la mixité. Et en fin de compte, c'est l'échec de l'école de la République. Juste 10 secondes.
Je conclus. Enfin, M. le président. s'il devait y avoir un fil rouge sur ces thématiques ou sur votre programme, eh bien, je proposerai que ce soit l'exemplarité et l'égalité.
L'exemplarité de l'Etat et de ses représentants, il n'y a pas de pire injustice ressentie que celle d'une élite intouchable et au-dessus des lois. Bon, surtout quand on est en difficulté au quotidien. C'est très difficile à digérer pour dire les choses clairement.
Ensuite l'égalité. Pourquoi ? Parce qu'à mon sens, c'est l'équilibre d'un pays, sa colonne vertébrale.
Il faut oeuvrer pour que les quartiers, en fin de compte, ne soient plus des quartiers, mais ils soient la France, tout simplement. Merci. (Applaudissements) ... -S.
Lecornu : Merci, monsieur. M. le président, est-ce que vous souhaitez commencer un stand de réponses ou est-ce qu'on entend encore quelques maires qui souhaitent s'exprimer ?
J'ai vu des doigts qui déjà me faisaient signe. Le maire de Nanterre notamment. Ne vous inquiétez pas.
L'exercice désormais est connu de tous. Tout le monde pourra parler dès lors que tout le monde respecte...
A vrai dire, c'est vous qui décidez, M. le président. -E.
Macron : On va continuer un peu. -S. Lecornu : On continue.
Le maire de Nanterre. J'ai noté quelques prises de parole et rassurez-vous. Si tout le monde respecte les 2 minutes, tout le monde pourra parler.
Si on ne respecte pas les 2 minutes, tout le monde ne pourra pas parler. C'est une autodiscipline, la démocratie. Allez,-y, M. le maire. -P.
Jarry : M. le président, mesdames, messieurs, Nanterre, c'est une ville dynamique. C'est une ville dans laquelle il y a beaucoup de talents, beaucoup d'associations, beaucoup d'engagements citoyens.
Mais c'est aussi une ville dans laquelle 7 000 enfants vivent dans une famille pauvre au regard de l'Insee. Et dans une ville comme ça, on ne peut pas comprendre que les gouvernements successifs aient diminué à ce point les dotations de l'Etat. Mais la question sur laquelle souvent les élus, les maires sont je crois les plus interrogés, c'est la question du logement.
Dans cette région parisienne et même dans le coeur de cette métropole parisienne. J'ai regardé les chiffres avant de venir. En 2010, il y avait 395 000 familles qui étaient inscrites au fichier régional des demandeurs de logements sociaux.
En 2018, il y en a 705 000. Il y a 705 000 familles inscrites, et il se libère chaque année en Ile-de-France environ 80 000 logements sociaux. Donc mathématiquement, chaque famille doit attendre presque 10 ans pour passer d'un 2 pièces à un 3 pièces, d'un 3 pièces à un 4 pièces ou pour partir de chez soi quand on est jeune et qu'on souhaite évidemment avoir son indépendance.
Je suis franc avec vous. Moi, je considère que toutes les lois ou toutes les mesures que vous-mêmes, votre gouvernement et votre majorité a pris en matière de logement, ne vont pas conduire à une amélioration dans les mois et les années qui viennent. Je pense même l'inverse.
Et je parle des logements sociaux, mais je pourrais évidemment parler de l'habitat insalubre, je pourrais parler des loyers des logements privés inaccessibles et je pourrais même parler de l'accession à la propriété qui devient quasiment impossible dans toute une partie de cette région Ile-de-France. Et j'ai envie de vous dire ma conviction profonde, M. le président.
Je pense que le prochain mouvement de révolte dans cet espace métropolitain, dans cette région parisienne, il sera sur la question du logement et que nous avons devant nous, et je pense que je peux vous en parler, parce que Nanterre est une ville qui construit, elle construit, y compris tout type de logement, avec cette idée d'une ville pour tous, d'une ville du mélange, de la mixité. Et je pense que ce sujet est en train de miner l'espace régional dans lequel nous sommes. Voilà. -S.
Lecornu : Merci beaucoup, M. le maire. L'Ile-de-France, c'est aussi Paris qu'on n'a pas encore entendu, et comme il y a une maire adjointe de la ville de Paris qui est ici, je tiens aux équilibres.
On vous apporte le micro et on vous laisse la parole. -P. Véron : M. le président, messieurs les ministres, mesdames, messieurs, je suis donc maire adjointe de Paris, chargée de la démocratie, de la participation citoyenne, de la jeunesse, de la vie associative.
Et à Paris, nous avons de nombreux quartiers en politique de la ville. C'est pas forcément toujours su. Ceux qui ne vivent pas à Paris n'ont pas forcément conscience de ça.
Quartier politique de la ville et quartier en veille active. Alors moi, je voulais profiter de ce débat pour parler du Grand Débat justement... et de démocratie.
J'ai le sentiment, en tant qu'élue chargée de ces questions-là, et à Paris, on a essayé depuis 4 ans de mettre en place de nombreux dispositifs de participation citoyenne, que cette question de la démocratie est au coeur de ce que nous vivons dans cette crise depuis plusieurs mois. Ca fait partie d'un des principaux sujets de revendication, et ça fait partie aussi, en tant qu'élue locale, des choses dont j'entends le plus parler. De comment on arrive à construire les choses ensemble au niveau local, mais aussi au niveau national, comment est-ce qu'on construit ces politiques publiques avec les habitants ?
Pourquoi c'est important ? De mon point de vue, c'est que non seulement dans ce cas-là, on va faire des politiques publiques qui seront meilleures, parce qu'elles vont être issues du vécu des gens, et je regrette, comme certains autres de mes collègues, que le rapport Borloo qui était un vrai exercice de démocratie participative avec les associations, avec les citoyens sur le terrain, pour répondre aux préoccupations des quartiers populaires n'ait pas été mieux pris en compte. Donc j'espère que ce débat permettra de rouvrir la question.
Mais ça permet aussi... la démocratie participative, donc l'efficacité de meilleures politiques.
Mais ça permet aussi à l'ensemble des citoyens de se sentir partie prenante, et donc d'être pleinement intégrés dans notre démocratie, dans notre République. Et c'est particulièrement important dans les quartiers populaires. Et il y a des outils que nous avons développés au niveau local.
A Paris, par exemple, nous avons fait un budget participatif. Nous avons créé une carte de citoyen de Paris qui permet d'être un citoyen actif. Aujourd'hui, plus de 200 000 personnes l'ont prise.
Je sais pas si vous l'avez, M. le président, votre carte de citoyen de Paris. En tant que Parisien, je vous invite à la prendre.
Mais en tout cas, je pense que sur cette question de démocratie participative et de Grand Débat, la question de ce que vous allez faire de toutes ces interventions, de toutes ces contributions, doit, je pense, être clarifiée pour créer de la confiance, pour créer de la transparence et pour réellement faire de la démocratie participative parce que sinon, je crains que ça ne soit perçu que comme un outil de communication. Merci beaucoup. S.
Lecornu : Merci à vous. Paris a pu s'exprimer. Madame le maire, vous me demandez la parole depuis tout à l'heure.
Je vous laisse la parole mais vraiment pour 2 minutes. -P. Tordjman : Oui, 2 minutes.
M. le président de la République, j'ai souhaité vous rencontrer pour vous faire part des doléances des citoyennes et citoyens de ma commune de Gentilly, petite ville aux portes de Paris qui a la plus grande part de logements sociaux dans des quartiers qui ont été rénovés depuis longtemps grâce à une fiscalité économique que nous ne percevons plus. Cet immense investissement public pour le logement qui donne droit aux familles modestes de vivre aux portes de la capitale, on en est fiers.
Il est regrettable que la loi Elan, comme ça a déjà été dit, lui inflige de tels reculs. Il y a quelques années, Gentilly avait 5 quartiers sur 7 en politique de la ville. Elle n'en a plus que 2.
Est-ce à dire que les habitants se sont enrichis ? Que nos retraités, nos très nombreuses femmes seules avec enfants, nos jeunes commerçants se sont enrichis ? J'aimerais bien.
Mais voyez-vous, M. le président, 45 % des foyers fiscaux de ma ville sont toujours non imposables sur le revenu. Et ce n'est pas, je vous l'assure, parce qu'ils ont placé leur argent dans les paradis fiscaux.
Ils tirent plutôt tous les jours le diable par la queue. Et pourtant, ils s'investissent au quotidien, jeunes et moins jeunes dans des associations, qui participent de la diversité et de la cohésion sociale. Mais les moyens qui leur étaient dédiés au titre de la politique de la ville fondent comme neige au soleil.
Alors l'immense colère qu'exprime aujourd'hui le peuple français devait trouver un moyen d'expression locale. C'est la raison pour laquelle j'ai ouvert, dès le 15 décembre, donc avant le Grand Débat, les cahiers de doléances. Je suis fière, M. le président, aujourd'hui de vous les remettre, ces cahiers, et je suis fière de me faire le porte-voix des citoyens qui ont tant de mal à être entendus du gouvernement.
Peut-être... peut-être, j'ose une suggestion, peut-être vous êtes-vous placé trop haut, à trop longue distance, de celles et ceux qui constituent la force vive de notre République.
Alors, je vais pas lister les doléances et les mesures. Je vais vous remettre ces cahiers de doléances. Voilà. -E.
Macron : Merci, madame. -S. Lecornu : Il faut conclure. -P.
Tordjman : Et je vais conclure en vous disant juste quand même une chose. -S. Lecornu : Vraiment rapidement, c'est pour les autres.
Vous savez, c'est pas pour vous ennuyer, mais si on veut vraiment donner la parole à tout le monde, il faut que tout le monde se discipline. -P. Tordjman : Je voudrais simplement dire que la version de la construction métropolitaine qui nous a été imposée avec la loi NOTRe, une loi qui n'est pas la nôtre, n'a fait que mettre à mal ce que nous avons construit depuis près de 20 ans maintenant avec mes collègues maires des villes voisines qui était une coopérative de ville et donc je pense qu'il est maintenant temps de revenir aux fondamentaux de notre République : la commune et le peuple la liberté, l'égalité et la fraternité.
Merci, M. le président. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. Et un autre collègue maire demande la parole depuis tout à l'heure Puis ensuite on essayera d'entendre des représentants des associations. Il y en a quelques demandes par là.
Je vais vraiment alterner et faire attention à ça. Allez-y, M. le maire. -M. le président, Guillaume Le Lay-Felzine, maire de Torcy.
Je voudrais vous parler de trois choses. Alors je veux pas parler de logement. Je vais parler d'un mot qui choque, mais de politique de peuplement.
Et quand vous aviez fait votre discours à l'Elysée, vous aviez parlé de politique de population. Tous les jours, je me bats dans mon quartier avec les élus, l'agglomération pour recréer de la mixité sociale pour attirer des nouveaux logements d'accession à la propriété. Tous les jours je me bats avec mes bailleurs sociaux pour réhabiliter le parc de logement locatif social.
Et tous les jours, je n'ai aucune information, je n'ai aucune prise, sur les logements qui sont attribués dans ma ville qui sont attribués dans mes quartiers prioritaires. Et vous aviez dit une formule que j'avais beaucoup appréciée. Vous aviez dit : "L'Etat a continué "à emmener dans ces quartiers difficiles "des populations en difficulté sociale." Faites quelque chose, M. le président.
Quand je suis maire d'une ville qui compte 37 % de logements locatifs sociaux sur la commune, je pense que l'Etat peut faire confiance à ces communes pour, dans le cadre des conférences intercommunales de logement, gérer l'attribution des logements locatifs sociaux, parce qu'il est important que ceux qui ont subi pendant des années des quartiers dégradés bénéficient de ce qu'on fait avec l'ANRU bientôt à l'Arche Guédon, bénéficient de toutes les réhabilitations. La deuxième chose dont je veux vous parler, M. le président, et je sais que vous êtes passionné par ce sujet-là, c'est la réussite éducative de notre jeunesse.
Je suis pas classé en Rep, je suis pas classé en Rep+. Ca viendra peut-être. Mais j'ai des super enseignants, des super groupes scolaires.
Je vais vous donner deux exemples, et j'espère que vos collaborateurs et ceux de vos ministres présents pourront m'aider. L'école maternelle du Bel Air, une école passionnante dans le quartier de l'Arche Guédon en QPV. Des enseignants depuis 10 ans ils ont monté une ferme dans l'école en plus de ce qu'ils font pour les enfants.
A la rentrée prochaine, encore une fermeture (inintelligible) qui est annoncée Et peut-être 28, 5 enfants en petite section, voire 31. Je vais vous donner un autre exemple, M. le président, et vous allez m'aider.
Le collège de l'Arche Guédon, en QPV, quand les enfants rentrent et font les évaluations en 6e, le collège de l'Arche Guédon figure parmi les résultats les plus mauvais de toute l'académie. Quand les élèves sortent du collège en 3e, ils sont sur les rails de la réussite. Qu'est-ce que vous croyez qu'il advint aujourd'hui, M. le président ?
L'inspection vient de classer ce collège en IPS1 comme les collèges des banlieues favorisées au lieu de l'IPS3. Résultat des courses, des heures de cours en moins, des professeurs désabusés, des classes surchargées. Et puis je ne reviendrai pas sur les propos de mes collèges maires sur les emplois aidés.
Je voudrais vous citer, parce que vous êtes très fervent de football, une superbe association sur Torcy qui est connue dans toute l'Ile-de-France, Evasion urbaine. Je finis. Il y a un an, 9 emplois aidés, équivalant temps plein.
Une année plus tard, 4 emplois aidés, dont 4 temps partiel avec des taux de subvention qui sont passés de 65 à 45 %. Qu'est-ce que je fais des 405 enfants jeunes, familles qui sont toujours dans mes collèges, dans mes installations sportives ? Cette association, elle a le droit de vivre.
Et j'ai besoin, on a besoin de la solidarité de l'Etat à ce niveau-là. Il y a une rigueur drastique de suppression de ces emplois aidés. Mais je pense que les habitants de mes quartiers prioritaires, de ma ville, mais de nos villes, je pense à mes collègues élus de Chelles, de Roissy-en-Brie, de Noisiel, qui sont présents, ils ont besoin de considération, ils ont besoin d'être entendus, ils ont besoin d'être suivis.
Ils sont prêts à beaucoup d'efforts. Ils en ont vécu beaucoup. Ils savent qu'on y va.
On signe bientôt avec l'ANRU la convention Npnru sur un quartier comme l'Arche Guédon. Et je rejoins Mme la maire d'Orly sur la difficulté à l'accès au logement. Mais on a besoin de vous.
Alors j'espère que ce débat-là, il va avoir une suite et une suite favorable. -S. Lecornu : Merci beaucoup, M. le maire.
On laisse la parole à un habitant. Monsieur là-bas dans le fond, avec la chemise à carreaux, et ensuite, on avancera comme ça. et M. le président de la République, quand vous souhaitez commencer à prendre des réponses, évidemment...
Allez-y, monsieur. -Bonjour. Je me présente.
Marcel Dufour, cofondateur d'une association d'accès aux droits et aux démarches dans un quartier de la Prairie de l'Oly qui compte à peu près 3 000 habitants, qui est sur 2 communes : celle de Montgeron et celle de Vigneux-sur-Seine, 3 000 habitants, 60 % de gens actifs. C'est bien. On doit se dire : "C'est bien pour un quartier." mais 65 % de gens qui vivent sous le seuil de pauvreté.
Notre gros problème actuellement, c'est la dématérialisation des démarches. Nous avons été obligés de faire des ateliers d'initiation à l'informatique pour, tout simplement, parce que les gens ne connaissaient pas, étaient en position d'échec scolaire et se retrouver devant un ordinateur, c'était totalement catastrophique. Et quand on parle d'éducation et qu'on voit que ce sont les enfants qui font les démarches à la place des parents, où est la dynamique familiale ?
Où est après l'autorité parentale ? Deuxièmement, je suis aussi président du conseil citoyen. Nous n'avons aucune existence structurelle et reconnue que ce soit par l'Etat ou par, je dirais, les élus.
Nous nous battons pour tout simplement avoir des locaux, nous nous battons pour avoir du matériel à disposition, alors que les gens, dans les conseils citoyens, sont des forces de proposition très importantes. C'est pourquoi M. le président, et je conclurai là-dessus, la seule question que je pose : donner aux conseils citoyens des pouvoirs de collaboration, de propositions et que l'on marche main dans la main avec les élus, et non pas cette défiance en disant : "Nous, on est plus légitimes que d'autres." Non.
Nous sommes là, et que pour les questions qu'il y a dans les quartiers tel que l'accès au logement, pourquoi les conseils citoyens ne sont pas dans les... commissions d'attribution de logement ?
Pourquoi les conseils citoyens ne sont pas consultés sur les dispositifs de transport en commun ? Parce qu'ils représentent, je dirais les premiers intéressés. Voilà les questions. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. On laisse la parole à madame, ici. Allez-y, madame le maire. vous avez la parole.
Et après, on reprendra un citoyen là-bas. -M. le président de la République, Meriem Derkaoui, maire d'Aubervilliers et vice présidente au conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.
Merci pour votre invitation. Mesdames et messieurs, Aubervilliers est une des grandes villes, des 10 grandes villes de la métropole du Grand Paris. C'est une ville qui a beaucoup d'avenir, une ville où ça bouge beaucoup.
Une ville jeune, dans un des départements les plus jeunes de France. Vous savez, la jeunesse d'Aubervilliers, ces derniers temps, s'est pas mal mobilisée sur la question de la réussite. Sur la question de l'école, sur les inégalités dont elle souffre et pas seulement à Aubervilliers.
Toute la Seine-Saint-Denis, M. le président de la République, non seulement attend des réponses concrètes aux mobilisations, aux différents rapports des rapports de parlementaires des études sociologiques, des enquêtes, tous le disent. Le département, Aubervilliers, les villes de la banlieue, mais je n'aime pas le terme quartier, parce que nous sommes de vraies villes.
Nous sommes des villes qui sont assoiffées d'égalité. Nous voulons l'égalité républicaine, parce que dans des villes, de même taille, je vous laisse, M. le président de la République, regarder attentivement à quoi ressemble une ville de 90 000 habitants qui n'est pas Aubervilliers.
Vous verrez que les inégalités dont souffrent les jeunes, dont souffre la population depuis des décennies sont toujours là. Non seulement, elles sont toujours là, mais elles s'aggravent. Elles s'aggravent dans tous les domaines.
Je tiens à saluer ici l'ancien secrétaire d'Etat qui est désormais ministre du Logement, qui est venu nous rendre visite lors des incendies meurtriers qu'a connus notre ville cet été. Je tiens encore une fois à vous le dire : "Revenez vite", parce que nous avons besoin d'actions concrètes. Nous avons besoin de mesures fortes assez rapidement.
Moi, je ne dirai pas sur le logement social qu'il y en a trop. Vous savez pourquoi ? On devrait d'ailleurs plus l'appeler logement social, parce que je pense que nous l'avons assez stigmatisé.
On devrait l'appeler simplement logement public. Revenez, M. le président de la République.
L'Etat doit revenir à l'aide à la pierre, parce que dans ces logements, celui qui croit que ceux qui sont victimes des marchands de sommeil va y habiter, il connaît pas leur dossier. Ceux qui vont y habiter, ce sont les enseignants, ce sont les employés, ce sont les jeunes couples, toutes celles et ceux qui sont relégués des grandes villes et qui viennent dans les villes de banlieue, et bien c'est ceux-là et celles-là que nous recevons dans nos permanences et qui n'en peuvent plus. 8 000 demandeurs de logement à Aubervilliers.
On va en construire bien sûr, mais il faudrait qu'ils puissent y accéder. Mais pour construire des logements, pour accueillir encore et encore des habitants, je lance un appel solennel à l'Etat pour faire la lumière sur le scandale de la ligne 12. Nous sommes au énième retard, M. le président.
Au énième retard. A chaque fois qu'il y a un retard, c'est pas 6 mois, c'est deux ans que vous devez attendre. Alors je veux bien que dans nos villes nous accueillons, nous continuons à accueillir, parce que je l'ai dit tout à l'heure, une ville d'avenir, mais une ville d'espoir aussi.
Mais nous en avons assez des bus saturés. Bous en avons assez des problèmes de circulation. Assez de la mal-vie au quotidien, pour les étudiants, les employés, les salariés et toutes celles et ceux qui viennent chez nous.
D'ailleurs vous-même, M. le président, vous viendrez certainement dans quelques mois inaugurer le plus grand campus : le campus Condorcet, puisque c'est la plus grande université d'Europe en matière de sciences humaines et de sciences sociales. Eh bien, nous ne pouvons pas accueillir 15 enseignants, chercheurs et salariés au Landit, au Front populaire avec ce scandale de la ligne 12.
Un scandale tant les défaillances de l'Etat, de IDF mobilité, de la RATP, du groupe Vinci sont flagrants. Il s'agit de l'argent public, plus de 150 millions d'euros...
Je veux absolument que cet audit de ce que je vous ai écrit, mais c'est pas à vous de répondre, je le sais bien. Ce sont vos services à le faire. J'attends toujours d'être reçue par la ministre des Transports.
J'attends toujours d'être reçue par la PDG de la RATP. C'est un scandale ce qui se passe avec la ligne 12, à l'arrivée...
Je vous donne un exemple, M. le président. Comme ça toute personne pourra savoir... il s'agit de l'argent public !
Donc c'est l'argent de tout le monde. Moi, je veux avoir à quoi il sert aujourd'hui. Eh bien, pour 1,5km, pour deux stations, il faudra 10 ans.
Vous savez ce que disent les habitants ? "S'ils veulent qu'on descende et qu'on pompe nous-mêmes, "on va pouvoir le faire sans problème." Donc on vous invitera, M. le président, à venir visiter le chantier de la ligne 12. -S.
Lecornu : Merci beaucoup, madame le maire pour votre expression. On laisse la parole à monsieur pour 2 minutes. Allez-y, monsieur. -Oui.
Bonjour. Olivier Grignon le suis le directeur, le responsable du Secours populaire français dans l'Essonne. Voilà.
M. le président, le Secours populaire sur le département, c'est environ 37 000 personnes aidées et 3 millions de personnes en France. Ce que je voulais vous faire part, c'est faire part d'un constat.
C'est-à-dire que je suis au Secours populaire depuis 35 ans maintenant d'une manière permanente, et nous constatons une aggravation constante régulière, linéaire presque, de la pauvreté. C'est vrai en France. C'est aussi vrai dans le département.
A tel point qu'en 1989, nous avions édité des cahiers de doléances, avec le bicentenaire de la Révolution, pour que les personnes puissent s'exprimer sur ce sujet. Nous avions après fait des cahiers "Le dire pour agir" quelques années après. Hier, les personnes aidées, c'était des personnes sans emploi, sans qualification, et où les enfants souvent héritaient de cette pauvreté.
Aujourd'hui, c'est différent. Aujourd'hui, il y a bien évidemment ces personnes-là mais il y a aussi les travailleurs pauvres. Avant un CDI protégeait de la pauvreté.
Plus aujourd'hui, plus en Ile-de-France et d'ailleurs plus certainement dans d'autres départements pour des tas de raisons que je vais pas... 2 minutes.
Une catégorie aussi nouvelle : les étudiants, les étudiants pauvres. Avant, c'était une catégorie, qui était protégée. Elle ne l'est plus.
Nous avons plusieurs centaines d'étudiants qui viennent nous voir, que ce soit sur Evry, que ce soit sur Orsay, et il y en a de plus en plus. Excusez-moi. Nous avions aussi des familles monoparentales qui sont de plus en plus importantes, là-dessus.
L'Etat aujourd'hui, dans toutes ses composantes, a de plus en plus de mal à faire face à ses responsabilités pour les raisons qui sont aussi évoquées par les différents maires et les différents responsables départementaux et régionaux. Et les associations sont les derniers filets pour ces personnes. Mais le problème, c'est que nos mailles aussi s'élargissent, de plus en plus.
Et nous avons de plus en plus de mal. Il y a notamment un sujet qui va être très brûlant pour les grosses associations. C'est la fin du FEAD.
C'est-à-dire le risque de ne plus avoir de produits alimentaires de la part de l'Union européenne. Et si nous voulons rester les derniers remparts de la République, il faut absolument que l'Etat, dans toutes ses composantes, nous aide. -Merci, M. le président. -S.
Lecornu : Merci à vous. Je vois Vincent Jeanbrun qui demande la parole. Allez-y.
De toute façon, on va tourner. Donc que tout le monde soit patient et calme. Ca va bien se passer.
Allez-y, M. le maire. J'arrive, j'arrive, j'arrive... -V.
Jeanbrun : Bonsoir, M. le président. Vincent Jeanbrun, maire de L'Hay-les-Roses, la sous préfecture du Val-de-Marne.
J'ai la chance, comme Stéphane Beaudet d'ailleurs, qui nous accueille ce soir, d'être le maire de la commune qui m'a vu grandir. J'ai grandi dans un quartier HLM. Un grand ensemble de 800 logements dans des tours de plus de 18 étages.
Depuis ma plus tendre enfance, ce quartier est appelé quartier prioritaire, mais n'a jamais été la priorité de personne. Au fil des années, il a beaucoup changé. Je l'ai vu peu à peu sombrer et peu à peu sortir de la République.
Insécurité, communautarisme, radicalisation, désert médical, fermeture des commerces. Petit à petit, tous les ingrédients de la ghettoïsation étaient là. Avec plus de 75 % de logements sociaux, déjà à l'époque, c'était pas le paradis, mais c'était un quartier rempli de rêves.
Avec les copains à l'époque, on avait envie de dévorer le monde. On y croyait. On croyait en nos chances.
On croyait à l'ascenseur social d'où qu'on vienne. Et force est de constater qu'aujourd'hui, il y a plus d'ascenseur et il y a plus d'espoir. Alors avec mon équipe on se bat pour essayer de redonner de la vie dans ces quartiers.
On se bat pour essayer de redonner de l'espoir à des habitants qui n'en ont plus. Mais que peut-on faire seul ? Que peut-on faire quand d'ailleurs l'Etat revient sur les subventions de programmes de réussite éducative qui étaient de véritables remparts laïques et de véritables tremplins pour la réussite dans ces quartiers.
Alors, M. le président, moi, je pense qu'il est temps de faire un grand plan pour la banlieue, un plan anti-ghetto. Un plan qui permet d'aller au-delà de ce que fait l'ANRU.
Je salue Olivier Klein. Mais il est vrai aussi que l'ANRU est parfois sous dotée financièrement au regard de l'ampleur des enjeux et parfois d'une complexité repoussante. Alors là où l'ANRU se contente d'attaquer essentiellement le point de l'urbanisme, moi, je pense qu'il faut attaquer sur tous les fronts.
Il faut donner au maire la capacité de réunir autour de lui toutes les thématiques : l'éducation, la culture, l'intégration le développement économique, l'emploi. Qu'il puisse être le président d'une cellule dédiée à la reconstruction de ces quartiers, et je terminerai simplement en vous suggérant, M. le président, de réunir autour de vous un collectif de maires, une poignée de maires ancrés sur le terrain qui soient capables de vous aider à bâtir le grand plan Marshall dont les quartiers populaires ont besoin.
Merci. -S. Lecornu : Merci beaucoup, Vincent.
On laisse la parole à monsieur, puis madame, et on avance comme ça et on reviendra par ici ensuite. -Merci, M. le président.
Bonjour à vous toutes et tous. Alors, je suis Gilles Leproust, maire d'Allonnes. En Sarthe, on n'a pas intégré l'Ile-de-France.
Je suis là, parce que je suis membre du CNV puis aussi secrétaire général de l'association des maires des villes et banlieues. Peut-être, rapidement, première chose, certains s'étonnent que les habitants des quartiers sont peu mobilisés dans le Grand débat national. Certains l'ont dit ici.
C'est qu'on a été un peu échaudés. On a beaucoup travaillé pendant plusieurs mois après l'appel de Grigny. Vous nous aviez reçus, M. le président, on avait échangé d'ailleurs en novembre.
Vous aviez désigné Jean-Louis Borloo et puis le 22 mai, pour nous, c'était une douche froide. Et pas que pour nous, y compris pour les associations et les habitants des quartiers qu'on avait beaucoup mobilisés. J'avais fait des réunions publiques en mairie avec les associations.
On avait porté, développé les propositions, y compris avec vos propres ministères. Voilà. Donc voilà.
Donc je souhaite qu'après le 15 mars, on se retrouve pas dans la même douche froide que nous avons vécue le 22 mai, notamment pour les quartiers populaires, parce que la colère, parfois, elle peut se traduire de mauvaise façon et que donc nous avons tous intérêt à travailler ensemble pour permettre de répondre aux besoins, aux attentes des habitants, parce que nos quartiers, il y a beaucoup de richesse, d'intelligence, mais il y a aussi beaucoup de difficultés, de souffrance, de pauvreté. Et je voudrais aborder deux questions. La première, la question de l'emploi.
C'est un cancer dans nos quartiers, dans nos villes et nos quartiers populaires. Et malheureusement, le nombre de chômeurs est toujours important. Dans ma ville, on est passés, en 10 ans, de 20 % à 18 %.
Mais derrière ces 20 et 18 %, c'est 1 200 habitants qui sont au chômage. Des familles qui ont du mal à vivre, à finir les fins de mois. Et en plus quand vient en début d'année dans les villes comme Allonnes, une entreprise américaine, 161 salariés annonce 140 surpressions d'emplois.
Un émoi terrible, la souffrance des hommes et des femmes, leurs familles. Je vous ai écrit, M. le président il y a plus de 15 jours.
Pas de réponse. Même pas un accusé de réception. D'ailleurs, j'ai amené une copie de la lettre.
Je vais vous la remettre, parce que comme ça, on va faire du circuit court, pour reprendre l'expression. Je dis ça parce que parfois aussi lorsqu'on écrit au ministre, -Court aussi la question. -D'accord.
OK. Quand on écrit au ministre, des fois, on a des réponses 2 ou 3 mois après. C'est le mot de confiance qui est posé à un moment donné.
Parce que ça, après quand les citoyens nous disent : "Mais elle est où, la réponse ? "Comment on vous a répondu ? "Eh bien, attendez.
On n'a pas encore reçu. "Ils ont peut-être perdu l'adresse." Je dis ça en mode de boutade, mais c'est difficile à vivre.
Dernière chose et très court sur le dédoublement des CP, très bonne mesure, très bonne mesure, mais le problème, c'est concrètement dans les villes, dépenses pour les collectivités, 35 000 E la ville d'Allonnes, le budget dernier, et puis on va recommencer avec le dédoublement de CE1. Mais en plus, on avait dans le cadre du dispositif "Plus de maîtres que de classes", 2 enseignants en plus pour aider. Ils ont disparu.
Ils ont disparu. Donc il y a eu une amélioration pour 125 gamins de CP. Très bien.
Mais les 580 gamins des autres classes du CE1 au CM2 ont vu leurs conditions d'études se dégrader. Voilà. Donc nous avons des questions urgentes à trouver.
J'arrête là, parce qu'il faut laisser parler tout le monde. Et c'est l'avenir de notre République qui est en jeu. -S.
Lecornu : Merci beaucoup, M. le secrétaire général. On laisse la parole à Mme le maire de Noisy.
On lui apporte un micro qui arrive derrière. -M. le président, je suis sûre que vous allez m'écouter, parce que je m'appelle Brigitte ! (Rires) (Applaudissements) Je suis Brigitte Marsigny maire d'une commune que vous connaissez, puisque c'est le siège de l'ATD Quart Monde.
Vous êtes venu chez moi, tout à fait confidentiellement. C'est dommage parce que j'aurais pu vous présenter les trois quartiers prioritaires de villes que nous avons. 67 000 habitants, 15 000 habitants pour les QPV.
Nous sommes dans une logique d'intégration complète. Nous travaillons avec l'ensemble de ces habitants, avec un seul conseil citoyen mélangeant à la fois les gens des QPV et les gens des autres quartiers, et nous essayons de faire en sorte d'être une ville extrêmement dynamique. M. le président, ne nous lâchez pas.
Ne nous lâchez pas au niveau de la politique de la ville et des budgets, parce que c'est très important pour nous. Ne nous lâchez pas sur l'urbanisme. Nous faisons partie de ces maires bâtisseurs qui essayent effectivement de faire du logement social, mais aussi du parcours résidentiel dans des quartiers qui ne sont pas forcément des quartiers en QPV où on peut faire venir des gens.
Donc j'en ai terminé. Vous voyez, j'ai pas été trop rapide. mais M. le président, je vous en supplie, ne nous lâchez pas. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. On laisse la parole à votre collègue maire. On avance.
Allez-y, madame. -Merci, M. le président de la République. chers collègues, je suis Sophie Rigaud, Je suis maire de Saint-Michel-sur-Orge, en Essonne.
Une locale de l'étape. Je voulais vous parler de la réussite éducative même si mon ami Vincent Jeanbrun en a très rapidement parlé. Vous dire que ce dispositif, il a été lancé en 2005 et qu'il a fait ses preuves, en Essonne, et plus particulièrement à Saint-Michel-sur-Orge.
Alors ce dispositif, il est complémentaire du droit commun, ce qui est d'ailleurs finalement un problème, puisqu'il devrait être partie intégrante du droit commun, et il souffre beaucoup aujourd'hui. Depuis 2009, les crédits baissent et depuis 2009, la ville de Saint-Michel compense ce désengagement de l'Etat et elle fait des efforts puisque la mode, c'est de faire des efforts. On fait toujours plus avec toujours moins, et à Saint-Michel, nous finançons d'ailleurs les clubs coups de pouce.
Alors les clubs coups de pouce pour les initiés, ce sont des petits groupes de 5 enfants qui sont en CP et qui apprennent à lire, parce qu'on n'a pas tous la chance d'avoir une famille ou un entourage qui nous permet d'être à l'aise et d'être aidés, et donc finalement, on vient faire un peu de justice et d'équité sociale. Alors ce dispositif, il est clairement en danger. Il pourrait être amené à fermer dans je pense un certain nombre de collectivités, parce que le rééquilibrage qui a été voulu par l'Etat par vous, M. le président, est finalement en défaveur maintenant est au détriment de l'éducation, puisqu'on met en concurrence de façon très regrettable l'emploi et l'insertion et l'éducation.
Alors moi, je le dis souvent à la préfecture de l'Essonne, à notre député essonnien qu'en fait à un moment, ces enfants, on va les perdre, et on les retrouvera pas sur le chemin de l'insertion, parce qu'on les aura perdus au moment de l'éducation. Alors parce que je pense que les territoires sont les lieux et les laboratoires des bonnes pratiques, je voudrais vous demander de nous laisser un peu de marge, de travailler intelligemment, comme on sait le faire à chaque fois, pour pouvoir ajuster en fonction des territoires. Merci de votre écoute. (Applaudissements) -S.
Lecornu : Merci beaucoup. On va laisser la parole à M. le maire au 1er rang qui demande le micro depuis tout à l'heure.
Juste je vois Robin Reda qui me demandait la parole. C'est pas que je ne veux pas donner la parole aux parlementaires, C'est que les députés et les sénateurs ont bien évidemment dans leurs prérogatives le soin, le loisir et la possibilité d'interroger les membres du gouvernement et le 1er d'entre eux, le Premier ministre, chaque semaine aux questions au gouvernement et que bien évidemment les autres habitants qui sont ici n'ont pas le même loisir de le faire, et donc c'est pour ça que vous êtes invité à assister à ce débat et à ne pas prendre la parole, monsieur le député, Robin Reda, ça me permet de répondre à votre tweet. Allez-y, M. le maire. (Rires) -M. le président de la République, bonjour, mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs les maires, chers collègues.
Alors merci, M. le président d'aborder ces débats avec nous. C'est très utile et j'espère qu'on trouvera des solutions.
Alors je suis Grégory Garestier, maire de Maurepas, située dans les Yvelines, entre Versailles et Rambouillet. Une ville de 19 000 habitants et qui fait partie de l'agglomération Saint-Quentin-en-Yvelines dont je suis l'un des vice-présidents. Alors moi, j'ai une question qui concerne la loi SRU.
Alors je vous rassure tout de suite. C'est pas pour débattre des 25 %, qui sont utiles, ce n'est pas pour débattre également de la loi Elan qui a apporté un certain nombre de changements positifs, en tout cas lorsqu'on peut le mutualiser à l'échelle de l'agglomération. Moi, ma question, elle est simple.
Et c'est une proposition que je souhaite vous faire, M. le président, de réflexion. Quand je suis arrivé aux responsabilités en mars 2014, jeune maire, 31 ans, j'ai hérité de 15 % de logements sociaux, alors que la loi demande d'aller jusqu'à 25 % de logements sociaux.
Et j'ai un quartier qui est en politique de la ville également avec 1 800 habitants. Donc à peu près 10 % de la population. Aujourd'hui, je suis un maire bâtisseur.
Je construis plus de 1 000 logements, dont 400 logements sociaux. La problématique, c'est que je n'ai toujours pas 25 %. J'ai 17 %.
Mais depuis le début du mandat, M. le président, l'Etat m'a ponctionné sur ma section de fonctionnement, 1,2 millions d'euros de pénalité, que je n'ai pas. Et vous savez que quand on construit du logement, on doit faire face à des dépenses nouvelles, il faut accueillir les nouveaux habitants, il faut construire des places en crèches, il faut rénover les routes, les agrandir, il faut recruter des Atsem, des animateurs...
Voilà des dépenses supplémentaires, et moi, ce que je voudrais vous proposer, M. le président, c'est de construire un contrat de confiance territoriale. C'est-à-dire de changer et d'être positif.
Ne plus être dans la pénalité, ne plus être dans la sanction. C'est-à-dire que pour les maires qui répondent à leurs obligations triennales de remplir du logement social, de construire du logement social, qu'au lieu que ce soit une pénalité qu'on verse auprès de l'Etat, que cet argent reste dans les comptes de la collectivité et que cet argent soit fléché pour les nouveaux habitants, comme pour les habitants des quartiers politiques de la ville, parce que c'est beaucoup plus interne en interne. Voilà la proposition que je souhaitais vous faire. -S.
Lecornu : Merci, M. le maire. Vous avez tenu vos deux minutes.
On laisse la parole à monsieur, dans le fond, avec les lunettes que je vois. Levez-vous, comme ça, on avance. Ne vous inquiétez pas.
Nous sommes là. Ensuite on prendra monsieur et on commencera par ici. Allez-y.
Deux minutes. Vous m'entendez ? Patrick Curmi, président de l'université d'Evry.
M. le président de la République, je souhaiterais vous faire part de ce besoin immense de réconciliation, besoin d'un regard nouveau, d'un regard différent, neutre et bienveillant, qu'appellent de leurs voeux les femmes et les hommes qui font la richesse silencieuse de nos villes et qui veulent traduire en réalité les espoirs qui secouent leurs rêves et traversent leurs vies. Il y a ici en effet une humanité qui porte des trésors de volonté, d'opiniâtreté et de persévérance.
Une humanité solidaire dont l'ambition est d'être considérée sur un pied d'égalité et sans préjugés comme tout un chacun pour avoir une vie digne dans la sécurité et dans la paix dans le but de voir se construire des lendemains meilleurs. Pour preuve, j'en prendrai l'exemple de l'université d'Evry, que j'ai l'honneur de présider, et qui s'est fixée une double mission de service public, pas ordinaire, hier regardée comme impossible, celle de candidater pour rejoindre l'université Paris-Saclay de rang mondial et qui sera une fierté pour la France, chose que nous avons réussie par notre attachement à l'excellence républicaine et, en même temps, d'ouvrir ses portes sans distinction aux étudiants quelles que soient leurs origines, pour faire de l'acquis qui est le droit aux études supérieures représenté par le baccalauréat, un passeport ouvrant le chemin d'une réussite effective. Nous avons fait ce pari fou de ne pas dire : "Oui si.", mais : "Oui avec." Avec la jeunesse, parce que nous croyons en elle et en sa force.
Et maintenant, avec ce "Oui avec", nous voyons que la confiance fait des prodiges dans la tête de cette jeunesse. Nous voyons que quand on dit oui, ce sont des coeurs de femmes et d'hommes qui se mettent à battre différemment sur un autre tempo qui s'appelle reconnaissance. Le résultat est que maintenant, il y a ici un chemin qui est pour cette jeunesse et les professionnels, un chemin de lumière.
Tout cela, M. le président de la République, pour vous dire que nous avons besoin d'un Etat qui se comporte en arbitre neutre, d'un Etat qui dit oui quand il s'agit d'attribution d'équipements ou d'infrastructures pour assurer dignement notre mission de service public au service de la jeunesse, de la science, pour construire la France de demain, car ici aussi, brille l'excellence brille aussi l'excellence et il y a aussi des premiers de cordée, mais que d'énergie perdue pour rassembler parfois 3 millions d'euros pour boucler un CPER quand ce ne sont pas des mois de négociation pour juste rappeler la légitimité de nos projets. Et pour finir, je souhaite vivement que l'Etat n'oublie pas, en matière universitaire, notre longue histoire d'accueil et de partage qui a fait de la France ce pays monde qui participe de la conscience universelle avec ses valeurs qui sont sa force en mariant la chimie de l'étrange et de l'étranger.
Je vous remercie, M. le président de la République. -S.
Lecornu : Merci, monsieur. On laisse la parole à monsieur, et ensuite le président de la République a demandé la parole pour répondre. Vous allez pas dire non.
Il est venu répondre à vos questions. Pour répondre aux premières interventions. Evidemment chose promise.
On redémarre par ici. Cela va sans dire. Allez-y, monsieur pour 2 minutes. -Bonjour à tous.
Je me présente. Je m'appelle Jamel Cherrad. Et donc je suis directeur d'un ensemblier d'insertion qu'on a monté sur Corbeil-Essonnes, une ville de 52 000 habitants. 44 % de population qui habite un quartier politique de la ville, avec une vraie poche de précarité.
Et j'aimerais profiter de ce petit moment qu'on a, et je vous remercie vraiment. C'est exemplaire. Et je pense qu'en termes d'exemplarité, pour toux ceux qui sont en train de nous regarder, je pense que c'est un signe fort, et donc je vous en remercie.
Ca, c'est très important. Je pense que pour être depuis 20 ans sur ces quartiers et travailler sur l'insertion professionnelle, j'ai vu quand même cette jeunesse, qui a beaucoup de potentiel, qui sait faire beaucoup de choses, mais dont les portes, de l'entreprise notamment, sont un peu trop fermées. Avec nous, des vrais exemples de vraies réussites.
C'est-à-dire, quand on l'entrouvre je demande même pas de l'ouvrir, l'entrouvrir, que par exemple, sur l'apprentissage, sur l'alternance, la meilleure mesure d'insertion, je suis d'accord, je sais que vous militez pour ça, mais il s'agit pas que de faire ça. Il faut être volontariste. Pour être volontariste, c'est comme avec les clauses sociales que l'on pilote aussi, on a fait plusieurs centaines de milliers d'heures d'insertion sur Corbeil-Essonnes, grâce à l'ANRU.
Il faut faire de l'insertion dynamique. Moi, je crois beaucoup au dynamique. Et au jour d'aujourd'hui, il y a pas de dynamique.
Et ça, il me semble que c'est le rôle des pouvoirs publics de donner une dynamique, de refaire rêver une jeunesse qui ne rêve pas. Dans les quartiers, on pense que tout est impossible. On passe son temps à leur expliquer que l'avenir est devant eux avec des entreprises qui cherchent du monde.
On passe son temps. Moi je passe mon temps à voir des entreprises qui me disent : "Oui, on a du potentiel, "on veut travailler." Mais à côté de ça, quand il s'agit de passer à l'acte, et notamment la mesure de l'apprentissage, moi, j'ai une proposition à vous faire.
Qu'on soit beaucoup plus drastique sur le fait que les entreprises puissent, c'est comme avec les clauses, être plus volont... et les obliger à prendre systématiquement selon leur chiffre d'affaires selon leur nombre des jeunes.
Nous, on outrepasse un petit peu notre vocation dans nos associations. Normalement une mission locale, elle a pas vocation forcément à aller dans les collèges. On y va, nous, on va aux Tarterêts.
On a monté une opération notamment dans le cadre d'un club d'entreprises. On fait venir des entreprises, mais les stages de collèges, qui est une véritable entreprise à décourager les jeunes de l'entreprise, parce que ça commence par un traumatisme, et après, nous, on les récupère, ils sont traumatisés. C'est 150 000 ou 160 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans rien, ou alors avec des cursus qui correspondent pas du tout à leur projet de coeur.
Donc nous, on a réussi à faire que, sur Corbeil-Essonnes, on arrive à faire qu'un jeune qui est issu d'un quartier, il est aussi bien inséré qu'un jeune qui vient d'un autre quartier. Mais pour ça, il faut être plus interventionniste dans les quartiers, il faut des équipes en points insertion au coeur des quartiers. Il faut aller vers les gens, il faut être beaucoup plus volontariste, il faut sortir de nos bureaux.
J'arrête pas de dire, moi, à ceux qui me connaissent : "Il faut renverser la table, "au niveau de l'insertion professionnelle." C'est une autre façon. Il faut changer le logiciel.
Les jeunes, ils ont changé, les quartiers, ils ont changé. Comment vous pouvez nous aider à faire ça ? Comment des bonnes expériences qui existent, on peut les démultiplier pour d'autres quartiers ?
Voilà. Si j'ai été entendu là-dessus, je pense qu'on aura fait un petit chemin. Merci beaucoup. -En trois minutes.
Merci beaucoup. M. le président de la République. -E.
Macron : Bien. Merci beaucoup. Et merci à vous.
Je vais revenir sur quelques points que vous avez soulevés. Alors, sur le cadre de vie. Point pris sur les difficultés que vous avez, et ça, on va l'intégrer à nos réflexions sur les sujets de mise à disposition de terrains et de mobilisation d'Action Logement, néanmoins, il y a un gros travail qui est fait, et je veux ici aussi les défendre avec Action Logement sur les mécanismes de refinancement de l'ANRU, comme sur cette action à plus de 9 milliards qui a été signée avec l'ensemble des partenaires sociaux, dont Action Logement.
On va regarder ce point-là. J'en profite, ce faisant, vous êtes revenu à plusieurs reprises sur l'ANRU. Ca a été une formidable idée.
La première génération ANRU, un formidable succès. Et puis... on est comme ça collectivement, on a stratifié les choses.
C'est devenu plus lent, plus compliqué, plus lourd. Les choses ont pris beaucoup plus de temps. On a aussi collectivement moins mis d'argent à travers le temps.
Donc on a tout fait pour qu'en ralentissant, on dépense moins. Bon. Les choses, là, pour le coup, c'est la suite directe des réflexions collectives qu'il y a eu.
C'est pour ça que je ne peux pas laisser dire qu'il ne s'est rien passé à partir du 22 mai dernier. Il y a juste eu l'idée de dire : "C'est pas tout ou rien." Et parmi les suggestions et ce qu'il y a eu, il y a eu une vraie révolution de l'ANRU. parce que 1, on a remis des milliards, conformément aux engagements que j'avais pris, et on a déjà engagé, sous le contrôle du président, dont je fais changer la casquette pendant 10 secondes, 4,3 milliards.
Donc là, les choses sont reparties très fort sur l'ANRU depuis 6 mois, parce qu'il y a eu aussi une mobilisation qui s'est faite, des suggestions. Le président s'est mobilisé avec l'équipe, et on va maintenant beaucoup plus vite. Donc ça repart avec cette même logique qu'on réduit la procédure, la bureaucratie, les demandes, avant de commencer à mettre la première pierre.
Je suis totalement d'accord avec ce que vous avez dit sur les services publics. Alors la Poste fait un travail remarquable de présence. Remarquable.
On développe avec la Poste ces maisons de service au public, qui n'a pas commencé en mai 2017, qui a commencé depuis plusieurs années, mais qu'on accélère, et on va continuer. Et au fond, moi, une des choses sur lesquelles je voudrais qu'on sorte de ce grand débat, c'est d'ailleurs de mettre fin à souvent une forme de controverse qu'il y a entre ce qu'on appelle les quartiers, moi, je préfère malgré tout dire les quartiers aux banlieues, parce que ça couvre pas la ville, mais ces zones qui sont la plupart du temps plus urbanisées avec beaucoup de pauvreté, et le très rural, même problème. On a fait les économies de l'Etat, je dis ça, c'est facile.
On l'a fait avant. On fait tous des erreurs. On les corrige.
Mais ça fait 15 ans qu'on fait des économies sur l'Etat partout dans le territoire. Et on les a plutôt faites sur la présence de l'Etat au plus profond du territoire, on l'a peu fait sur l'Etat dans les capitales régionales et les services de l'Etat à Paris. On besoin de remettre de la présence de services publics au plus près.
Et pour rejoindre ce que l'un ou l'une d'entre vous a dit, on a besoin de retrouver des fonctionnaires à portée d'engueulade et d'en avoir moins qui fasse de la circulaire. Parce que ça change tout, parce qu'on ne fonctionne pas de la même façon. Et donc ça, c'est une ligne, pour moi, qu'on va suivre et qui, dans l'organisation même de l'Etat, doit être un des points qu'on doit changer.
Sur l'apprentissage, on va regarder le sujet de votre CFA. Alors ils sont dans une situation qui, en fait, si on se dit les choses, est très diverse. On a passé là une réforme qui a été promulguée en septembre dernier qui n'a je...
Moi, je la défends beaucoup, est une bonne réforme, parce qu'elle met fin à un système qui fonctionnait pas bien. Le système de la formation professionnelle et de l'apprentissage était quand même un système en France où on mettait près de 40 milliards d'euros et où on mettait beaucoup d'argent pour former plutôt les gens qui étaient déjà bien formés, les gens qui étaient déjà dans l'entreprise et qui étaient pas au chômage ou pas loin de l'emploi en moyenne, quand on regardait comment on orientait les flux, et surtout on avait un système qui était un peu incestueux. C'est-à-dire ceux qui préconisaient les formations étaient bien souvent ceux qui les organisaient et qui étaient chargés de les évaluer.
Là, un, on fait une réforme, on dit : "l'apprentissage, l'alternance, "la formation professionnelle, "on rebat les cartes, les branches professionnelles ont beaucoup plus de places." Ce qui est normal. On sort de ces débats complètement fous qu'on avait.
On disait : "C'est dans un bureau à Paris, à l'Education nationale, "et c'est vous qui allez nous dire comment le gamin doit travailler, "à quelle heure il doit commencer pour faire de la boulangerie. Il a pas le droit de commencer à 5 h." Les fameuses histoires du tabouret, même si elles avaient été corrigées, ou quand on est dans la restauration, on ne peut pas travailler après 20 h.
Là, on remet le réel au coeur de ce qu'est l'apprentissage et la formation continue. 2, on définit des vraies maquettes et on dit : là-dessus, à 40 heures ou 50 heures, c'est pas une formation qualifiante, ça n'est pas vrai. Ce qui avait été commencé avec le plan 500 000 chômeurs, on va beaucoup plus loin en disant : "On doit former "au moins un million de chômeurs longue durée, "au moins un million de jeunes décrocheurs." Et donc c'est une réforme d'organisation.
Si vous voulez qu'on revienne sur tel ou tel détail, je peux le faire. C'est ce qui a été voté l'été dernier par les parlementaires et promulgué en septembre. D'organisation profonde, et on met les moyens, puisqu'on met, en totalité, sur formation professionnelle, alternance et apprentissage, 20 milliards de budget. 20 milliards.
Alors après, il y en a peut-être qui ont du mal à monter en charge. C'est du cas par cas. C'est pour ça que c'est pas vrai partout.
Il y a aussi des formations qui n'étaient pas qualifiantes. Il faut bien le dire. Il y a des centres où on faisait des formations...
Quand le résultat n'est pas au bout de la formation, on continue pas à les financer, parce qu'on emmène les gens au casse-pipe. Vous connaissez par coeur la situation. Ce sont tous ces demandeurs d'emploi ou tous ces jeunes à qui on dit : "Va faire une formation." Il est même découragé, il va plus faire la formation, parce que le grand frère ou le cousin, il a été à la formation, et il y a pas un job à la clé.
C'est quand même aussi ça, ce qu'on a eu pendant des années. Donc là, c'est : on évalue les formations en fonction de leurs résultats. C'est le but de l'agence France compétences.
Et en fonction de ça, on les développe, on les multiplie ou on arrête, ce qui me semble plus juste. Et puis c'est plus cohérent. L'Etat, il finance et il évalue.
Et puis les universités, d'ailleurs, peuvent s'y engager. Ca leur est ouvert. Les CFA, les structures publiques, parapubliques, d'autres écoles, pour pouvoir apporter ces formations.
Mais c'est ça l'esprit. Donc on va regarder en l'espèce si là, il y a un point particulier, mais c'est ça l'esprit de ce qui a été fait et il faut maintenant le laisser déployer et y mettre les moyens, parce que moi, je suis convaincu, beaucoup l'ont dit, que c'est un des leviers de transformation massifs. Vous êtes...
C'était vous, Herblay-sur-Seine, pardon, M. le maire, ensuite qui m'avez interrogé sur...
Bon. J'ai déjà ouvert ce point. Message pris sur les réorganisations forcées.
Je pense qu'il y a des choses, il s'agit pas de tout détricoter. Je vais être honnête avec vous. On va pas revenir sur tout ce qui s'est fait ces dernières années.
Il est vrai qu'il y a eu, dans les dernières mécaniques, parfois des choses qui étant forcées, subies, un peu incohérentes, ont créé des effets pervers. Et on le voit dans certains territoires. Donc là, j'ai demandé que, dans le cadre, justement, de ce grand débat, les ministres en charge puissent rouvrir le dossier pour qu'on puisse corriger des effets de bord.
Quand on a forcé des intercommunalités beaucoup trop grandes, où la pertinence n'est pas vérifiée, où on a telle ou telle commune qui se retrouve très loin, on peut peut-être ouvrir des choses de manière intelligente. Ca a conduit aussi à des bascules en termes de dotations, parce que, là-dessus, je veux quand même défendre le gouvernement. Il n'y a pas eu de baisse des dotations depuis les deux derniers PLF.
Certains ont peut-être vu leur dotation sur la DGF baisser, quand ils ont perdu de la population ou autre. Il y en a qui l'ont vu par les effets de bord de la loi NOTRe, quand ils ont rejoint des Intercos qui les ont relués, mais sur beaucoup de sujets, elles ont, en particulier quand elles gagnaient en habitants, vous avez vu aussi des dotations qui sont remontées. La DGF, en tout cas, montant France entière, elle a été maintenue durant les deux derniers textes.
Donc après, ce sont ses effets qu'il faut qu'on regarde. Sur la prise en compte des spécificités et la loi SRU, je laisserai le ministre, s'il veut me compléter, beaucoup y sont revenus. C'est un débat qu'on connaît depuis très longtemps.
Et il est pas né d'hier. Il y a à la fois des communes qui sont sous pression très forte, qui, elles, se disent : "Il faut pousser les autres maintenant à construire, "parce que je peux pas tout prendre", et il y a les communes qui sont dans des difficultés comme celles que vous avez évoquées ou celles, monsieur le maire, que vous avez rappelées. Il y a des cas un peu absurdes, je sais que certains les vivent, où, en raison même des contraintes d'urbanisme, on n'a plus de foncier disponible, on ne peut pas construire, donc on se retrouve avec des pénalités qu'on doit avoir.
Donc là, il faut qu'on rende le système plus intelligent. Les cas que vous évoquiez l'un et l'autre, où, au fond, on a les insuffisants efforts du passé à corriger et on prend pas en compte la bonne volonté contemporaine. Moi, je suis prêt à ce qu'on ouvre le sujet de la concertation, mais je ne voudrais pas décourager ceux qui en ont jusqu'au-dessus de la tête et qui ont à se battre avec des niveaux de logements sociaux qui sont déjà largement, largement au-dessus de ce qui est supportable, et qu'ils aient le sentiment qu'on relâche un peu la pression sur les autres.
C'est ça, la grande difficulté de ce débat. C'est ça, la grande difficulté. Et donc le contrat de confiance, 100 % d'accord, mais ça doit se faire à l'échelle d'un territoire.
Je pense pas qu'on puisse...
Moi, je crois pas trop qu'on arrivera à changer les critères dans la loi de manière abstraite et pour tout le monde. Donc il y a peut-être des choses intelligentes au niveau d'un département, une métropole, une région pour essayer d'avoir plus de fluidité. Ca se concerte, ça se construit de façon sûre plutôt avec vous.
Mais l'idée qu'on puisse changer dans la loi le critère ou assouplir l'un ou l'autre, pour avoir vu plusieurs fois jouer ce débat, et je parle sous le contrôle de plusieurs parlementaires et maires qui sont ici présents, qui les connaissent encore mieux que moi, si je vous faisais plaisir en disant : "On va bouger, M. le maire. On va réduire la pression sur l'un", tous ceux qui sont au-dessus justement de la moyenne, diraient : "C'est nous qu'on lâche." Bon.
Donc voilà. Il faut qu'on accompagne les gens dans un système intelligent à l'échelle d'un bassin de vie au sens large. C'est peut-être comme ça qu'on peut faire les choses de manière un peu plus souple, parce que, pour y avoir beaucoup cogité, c'est pas de manière mécanique par la loi.
Donc là, il faut qu'on regarde au niveau de ce qu'est un basin justement de population, un bassin de vie, une dynamique, comment on rend les choses plus intelligentes et comment on donne aux acteurs qui sont sur le terrain, les élus que vous êtes, les préfets, une marge de manoeuvre pour adapter les règles. Monsieur le maire, vous avez cité à juste titre, d'abord, merci pour le livre, le travail qui était fait en effet sur les copros dégradées, et puis les cités éducatives, qui est vraiment une initiative dont on va s'inspirer, qui était remontée du rapport Borloo et que vous avez beaucoup portée, et qui est un point...
Moi, vous avez dit une chose qui me plaît beaucoup sur cette demande de justice. Plusieurs y sont revenus. Moi, je n'ai jamais abordé le sujet des quartiers, le sujet de la politique de la ville, qui est d'ailleurs un concept qui est ambivalent, parce qu'il donne le sentiment qu'on est enfermés.
Je l'ai jamais abordé comme une logique de différenciation qui enfermerait ou capturerait. On a besoin d'avoir des dispositifs parfois un peu plus volontaristes, simplement parce que c'est ce qu'on doit à ces territoires et aux personnes. Et après, je pense que ce qu'on est collectivement en train d'inventer, c'est aussi un changement d'état d'esprit.
Alors ça prend toujours du temps. Il y a des incompréhensions, il y a des choses qui sont pas bien faites qu'il faut qu'on corrige, parce qu'elles ont nourri cette incompréhension, et je prends tout à fait ma part dans ce cheminement, c'est qu'il y a à la fois ces quartiers et ces villes, et puis il y a les personnes. Et c'est aussi une histoire d'émancipation dans la République.
Et à vouloir parfois trop sectoriser, on a aidé des secteurs et peut-être insuffisamment des habitants. C'est aussi la faiblesse, quand on regarde les choses avec le recul, c'est des débats indébrouillables, on l'évoquait en aparté avec M. le maire.
Il faut pas abandonner l'un pour l'autre totalement, évidemment. C'est pour ça qu'on remet des moyens sur l'ANRU, c'est pour ça qu'on a une stratégie de transport, une stratégie éducative et autre, mais il faut aussi permettre à toutes celles et ceux qui y vivent de s'émanciper et de choisir de rester ou de partir, mais d'avoir les mêmes chances qu'ailleurs. Et c'est ça le pire des scandales qu'il y a en effet dans les quartiers de la République qui sont abandonnés, pour reprendre le titre du livre que vous m'avez donné.
Et donc oui, il y a une rupture d'égalité, et elle se fait par, pour moi, une espèce de bouquet de dispositifs qu'on doit mettre en place, mais qu'on doit davantage centrer sur les personnes. A ce titre, vous m'avez interrogé sur plusieurs points. Le 1er, la Cour d'équité territoriale.
J'ai dit, moi, que j'étais totalement ouvert sur ce point, et pour moi, c'était un des sujets sur lesquels aussi on doit sortir du débat. Donc le calendrier, c'est maintenant. Je sais pas s'il faut une cour, parce que je sais pas s'il faut judiciariser ce sujet.
Mais ce qui est sûr, c'est qu'on voit que l'Etat, sur beaucoup de ces points, n'est plus l'opérateur premier. Mais il est le garant d'une justice qui doit être assurée partout. Et c'est vrai de politiques qui sont dans la main aujourd'hui de départements, de villes ou autres.
L'Etat lui-même porte beaucoup de dispositifs, et nous tous, on crée plein de solutions. Les élus que vous êtes, les associations qui font un travail extraordinaire, et les gens ont beaucoup de mal à se retrouver au travers parfois de tous ces dispositifs. Et en écoutant depuis plusieurs semaines, en travaillant, je me dis : il y a deux choses sur lesquelles l'Etat doit peut-être se reconcentrer.
C'est simplifier l'accès de chacun, et cette notion de guichet unique, en tout cas de point d'accès. Mais aujourd'hui, les gens qui sont en situation de détresse ne savent pas forcément où aller quand la famille ne sait pas se repérer. Et être sûr qu'en même temps qu'il y a un point d'accès, il y a un point de recours.
Alors ça existe à travers le défenseur des droits, quelque part, mais qui a un mandat beaucoup plus large, mais que l'Etat soit aussi celui qui, quand, sur un territoire ou entre des territoires, il y a une rupture manifeste d'égalité, sur un des sujets qu'on a évoqués, fasse que ce recours soit possible. Et je pense que c'est pas si compliqué que ça, parce qu'on a tous les instruments, mais simplement, c'est un vrai changement de pratique et d'organisation entre nous. Mais si l'Etat se reconcentrait dans beaucoup d'endroits sur ces deux missions, étant entendu que sur beaucoup d'autres, ce sont d'autres acteurs aussi qui les font, hormis les régaliens, je pense qu'on pourra avancer.
Donc oui, j'ai pas abandonné mon engagement sur ce sujet. Au contraire. Mais je suis pour qu'on le tricote ensemble au plus près du terrain.
J'ai noté aussi les demandes qui étaient faites par ailleurs et les engagements qui étaient demandés sur certaines installations. Sur le plan pauvreté des quartiers, le plan pauvreté, on le lance et il y a déjà les premières expérimentations qui sortent. Les quartiers, j'y reviendrai sur tel ou tel dispositif, sont évidemment totalement inclus dedans et bien pris sur les moyens de la justice.
Vous avez là aussi parfaitement raison. Ca fait partie d'ailleurs de ce qu'on met, vous avez eu raison de le rappeler, sur la protection de l'enfance, mais pas uniquement. Et c'est aussi pour ça que, dans certains quartiers dits de reconquête républicaine, on a aussi fortement augmenté les moyens qu'on leur attribuait face aux défis qui sont ceux également de la justice, comme de tous les services publics.
Et je reviendrai sur le sujet, justement, des dépenses et des services publics dans un instant. M. le maire, vous m'avez interrogé sur, au-delà de tout ce que vous avez apporté, sur la vie associative et les points que vous avez soulevés, et au fond, vous avez été plusieurs à l'évoquer, sur le sujet des contrats aidés.
Bon. Sujet qu'on connaît tous et toutes et qui a été un vrai problème pour beaucoup d'associations dont vous faites partie et beaucoup de villes, et moi, je l'entends, et les choses ont été très vite. Je le dis d'autant plus facilement que c'était pas un engagement que j'avais pris en campagne.
Je défends farouchement les engagements, parce que je considère que je suis débiteur devant les Français de ces engagements. Là, ça a pas été le cas, mais ça a été une mesure que le gouvernement a porté et qui a été accompagnée, et qui, je pense... dont la philosophie est bonne, dont la démarche est positive, et je vais essayer d'expliquer de quoi elle s'accompagnait, mais, force est de constater, dans des lieux où le tissu était fragile, qui a fait souffrir.
Et donc ça, il faut pas se voiler la face, et donc il faut qu'on accélère les mesures de compensation. De compensation, je devrais dire de remplacement. Moi, je suis pas un grand défenseur du contrat aidé.
Enfin, des emplois aidés, parce que d'abord, il faut se dire les choses entre nous, on les a utilisés collectivement de manière relativement utilitariste à travers le temps. Les emplois aidés suivaient le cycle électoral. Ca devenait un super produit pou réduire le chômage avant les élections et ça a été d'autant plus brutal en 17, 18 que ça avait beaucoup augmenté en 15, 16 mais comme à chaque fois avant.
C'est très transpartisan, mais ça a toujours été fortement augmenté. Je vous invite à regarder les chiffres. C'est évalué.
On le bougeait et on poussait les feux, et on demandait d'ailleurs au même préfet à qui on a demandé ensuite de les réduire, de les augmenter encore plus fort dans les temps où on avait besoin de baisser un peu la statistique du chômage. Ensuite, si on pense que c'est un bon dispositif, dans ces cas-là, ça peut pas être un contrat précaire tous les ans. Avec très peu de formations à la clé, et toutes les évaluations l'ont montré, très, très peu de débouchés dans le vrai emploi.
Or c'est ça, les contrats aidés. Donc la vérité, c'est que c'était un mécanisme de subventions déguisées, en très, très large majorité. Mais une fois que j'ai dit ça, je reviens et je vais encore en parler.
Il y a des tas d'associations que vous portez et il y a des tas d'actions que vous menez qui nécessitent de la subvention publique, mais je pense que les outils sont d'autant mieux utilisés qu'ils sont utilisés de manière directe à leurs fins. Il ne faut pas utiliser un outil qu'on présente comme de lutte contre le chômage pour faire de la subvention de l'action associative, qui, elle, en a besoin et qui suppose une ambition associative, mais c'est autre chose. Donc les contrats aidés, on les a fortement réduits, et c'est assumé, mais on a développé d'autres systèmes.
Ce qui est vrai, c'est que le système alternatif, en particulier, sur le Projet, justement, emploi compétences, le fameux PEC, a été plus long à monter en place. Ca s'est accompagné aussi d'une généralisation de la garantie jeune. Ca s'est accompagné de l'ouverture du service civique.
C'est à chaque fois des instruments différents et qui ne sont pas utilisés du tout de la même façon, mais enfin qui viennent donner un dispositif d'ensemble qui, pour les associations comme les collectivités, sont utilisables et sont des emplois qui sont accompagnés, qui sont aidés de manière variable, vous l'avez très bien dit les uns et les autres aussi, et qui ont une finalité. Moi, je préfère le PEC à l'emploi aidé. Pourquoi ?
Parce que 1, il est plus stable. C'est au moins 3 ans. 2, il y a une démarche de qualification du jeune ou du moins jeune, et 3, il a vocation à déboucher sur quelque chose, et pas à être renouvelé tous les ans.
Donc, là-dessus, moi, j'assume cette transition. Simplement, il est clair qu'elle a eu un coût, donc ça, il faut qu'on corrige ce point-là. Ce qui me permet de traiter d'un autre sujet qui a été évoqué ensuite, qui sont les plus petites associations.
Et donc la bonne manière, à mon avis, c'est de continuer à développer fortement le PEC, qui est pas assez utilisé, parce qu'il est pas assez connu, d'en faire la promotion, de l'utiliser, de le développer et de l'améliorer, de continuer à développer la garantie jeune qui a été généralisée et le service civique, et à côté de ça, d'avoir un vrai plan pour les petites associations d'accompagnement de ces dernières. Vous avez ouvert une piste, moi, je suis prêt à ce qu'on la regarde. Celles des emplois francs associatifs.
Les emplois francs, je crois beaucoup à cette idée. Elle avait été précédemment testée. Elle était mise sous beaucoup de contraintes.
C'est ce qui a fait qu'elle marchait pas. Là, elle ne marche pas assez, parce que les gens ne la connaissent pas assez. Donc il faut faire la promotion de ce dispositif d'emplois francs.
Il est aujourd'hui réservé au secteur marchand. Moi, je pense que, dans le cadre de ce qui doit sortir entre autres du débat, qui est l'idée de dire : on doit booster beaucoup plus le tissu associatif, en particulier dans les quartiers les plus difficiles de la République. Avoir un vrai plan d'ambition pour les petites associations, avec de l'emploi franc associatif, je pense que c'est une bonne idée.
Et c'est très complémentaire avec justement ce qu'on a évoqué là. C'est pas la seule disposition. Une autre que vous avez évoquée, madame, c'est la pluriannualité.
Vous l'avez très bien décrit. Les associations les moins structurées, les plus petites, qui sont de fait les plus fragiles, elles ont très peu accès à la pluriannualité. Et donc leur donner de la pluriannualité, c'est leur donner de la visibilité et la capacité à pérenniser justement aussi ces emplois.
Voilà ce que je voulais dire sur ce point. Sur les études supérieures, je pense que ça fait partie des très bonnes idées qu'il faut là-dessus pousser. On a, vous l'avez dit à plusieurs reprises, eu beaucoup d'ambition sur CP, CE1 et les maternelles.
Ce qui sera à la rentrée prochaine, parce que c'est là où tout se forge. Si on rate cette période, c'est pas la peine de toute façon de s'embarquer sur la suite. On va ensuite poursuivre l'effort.
Il y a le collège, le lycée. On a commencé avec l'orientation et le sup. Je pourrais y revenir, s'il y a des questions.
Moi, je crois beaucoup à Parcoursup, parce que je pense que c'est aussi un mécanisme de lutte contre l'assignation à résidence sociale et tous les dispositifs qui existaient jusque-là, mais sur les classes prépa aux grandes écoles, il y avait eu un texte de loi il y a 5 ans qui d'ailleurs obligeait que les meilleurs dans chaque lycée soient recrutés dans les classes prépa, mais c'est vrai qu'on a peu développé les classes prépa de manière plus équitable. Alors ça peut être classes prépa, ça peut être prépa intégrée. En tout cas, des dispersifs d'excellence et des dispositifs différenciés de manière plus large.
J'y suis totalement favorable, et je pense que, là-dessus, le débat doit permettre d'avancer. Vous avez très bien rappelé, madame la directrice, ce que faisait votre association, et j'ai bien pris note des différents points. Alors, sur le stage, les sujets stage, alternance, et ce qui a été évoqué par plusieurs, c'est-à-dire le rôle que l'Etat doit avoir pour permettre aux jeunes de trouver justement leur place.
Un des débats qu'on avait eus au mois de mai dernier, puis en juillet, c'était le stage de troisième. Le fameux "stage kébab", comme le disaient beaucoup de parents : "Moi, c'est formidable. Le stage de troisième, "c'est très bien.
Dans tous les endroits de la République, "ils en trouvent. Chez nous, ils vont au kébab de la rue. C'est la catastrophe." On a quand même, en se mobilisant tous, et je dis tous, public, privé, été même au-delà des 30 000.
Il y a un site qui a été créé. Et ça, c'est vraiment, pour moi, une des initiatives concrètes qui permet de la mobilité et qui est un des dispositifs. Il y a ça, il y a les emplois francs, qu'on veut développer.
On en a parlé tout à l'heure quand j'ai fait une visite impromptue dans votre association, le stage en alternance ou l'apprentissage, c'est la deuxième étape. Le stage de troisième, c'est celui qui permet d'ouvrir. Il y avait déjà beaucoup de barrières.
Mais c'est une semaine au mois de décembre pour une jeune. Là, on parle de la responsabilité d'un maître d'apprentissage et de quelque chose qui est forcément plus lourd. Alors la réforme, comme je l'évoquais, de l'apprentissage et de l'alternance allège cette responsabilité du maître de stage, parce qu'elle a aussi clarifié le cadre et elle rend plus attractif le dispositif.
Ensuite, on a clarifié les éléments financiers. C'est-à-dire que, maintenant, quand on prend un jeune sous 18 ans, je parle sous le contrôle des professionnels de la profession qui sont dans cette salle, La 1re année, c'est 70E par mois, ou quelque chose comme ça, le vrai reste à charge pour l'employeur, avec une aide unique et donc beaucoup plus lisible. Par contre, ce qui est vrai, c'est que le phénomène que vous m'aviez décrit et qu'on connaît en troisième, il vaut encore plus au niveau du stage d'alternance et encore plus lors de la demande d'embauche, C'est la ségrégation au début.
Et donc ce qu'on va faire maintenant tous ensemble, c'est la mobilisation de ces maîtres de stage, de ces entreprises, qu'elles soient dans les quartiers ou hors des quartiers, parce que la grande difficulté, c'est souvent qu'il faut aller chercher un peu plus loin et donc avec des gens qui ont peur de telle adresse, ont peur de tel nom. Il faut mettre le doigt sur ce qui crée aussi de la ségrégation. Et donc ne veulent pas prendre le jeune qui a un prénom ou un nom qui lui plaît pas ou qui vient d'un quartier qui a une mauvaise réputation.
Et donc, comment on peut enrayer ça ? Ben, en ayant une mobilisation de ces entreprises, en ayant une mobilisation de ces maîtres d'apprentissage, en apprenant aussi aux jeunes, comme des associations comme la vôtre, à aussi présenter leur projet et réussir à raccrocher l'offre et la demande. Je crois, sur ce point, qu'il n'y a aucune fatalité.
Je le crois d'autant plus que l'Etat lui-même n'est pas bon sur ce sujet. L'Etat n'embauche pas assez. Quand je dis l'Etat, c'est au sens large.
L'ensemble des employeurs publics. On n'embauche pas assez en alternance ou en apprentissage. On peut le faire dans beaucoup de métiers.
Et on n'en embauche pas assez justement venant de tous les quartiers de la République. Et on peut faire beaucoup mieux sur ce point et avoir ce même élément de déclenchement que ce que vous évoquiez. Sur ce que vous avez évoqué sur la pluriannualité, j'ai répondu, j'y suis totalement favorable, et sur la pérennité des postes, vous avez parfaitement raison sur ce point, et j'y ai répondu.
Sur la laïcité, puisque vous l'avez évoqué d'une manière qui traduisait une inquiétude. D'abord, je l'ai mis au débat, ce sujet. Et je l'ai mis au débat, pas pour réformer la loi de 1905 ou la laïcité, mais au contraire, si vous regardez comment j'ai exprimé cette question aux Françaises et aux Français, pour dire comment la renforcer.
La laïcité, c'est une loi de liberté. C'est une loi de liberté. C'est la possibilité de croire, de ne pas croire dans la société et de croire à la religion qu'on a choisie ou à aucune et de pouvoir le faire sans être ennuyé et de respecter absolument toutes les règles de la République.
Donc moi, je suis pas du tout en train de vouloir bousculer ça. Au contraire. J'attire votre attention aussi sur le fait que la laïcité est un mot qui est utilisé par beaucoup d'autres pour dire : "La laïcité, c'est devenu l'ennemi d'une religion." Et c'est aujourd'hui traduit d'ailleurs comme ça par certains et utilisé de manière très claire.
Et je ne veux pas qu'on enferme la laïcité dans ce concept. Ce n'est pas une religion laïque. Il y a pas de religion laïque.
C'est un cadre. C'est un cadre, la laïcité, de liberté. Et donc, dans ce contexte, je regarde simplement la société dans laquelle nous sommes.
Est-ce que ça fonctionne, comme le prévoyaient les législateurs de 1905 ? Non. Non.
Parce qu'au nom de la religion et plutôt de l'Islam, mais d'autres religions aussi, certains essayent de sortir des gens de la République ou utilisent telle ou telle religion pour dire : "Ne respectons pas telle ou telle règle." Et ça existe dans la société. C'est là.
Donc faisons pas comme si il suffisait juste de dire la loi de 1905 et tout va bien. Non. Comment la renforcer et se donner les moyens de faire que la fabrique du citoyen libre et raisonnable est maintenue dans la République ?
Comment lutter contre toute forme de déscolarisation au nom du fait religieux ? Comment lutter contre toute forme de substitution de telle ou telle association au titre de la religion contre la République ? Parce que ça existe.
Et comment s'assurer que dans tous les quartiers de la République, on puisse croire ou ne pas croire quelle que soit sa religion ou sa philosophie ? Ben, je pense qu'il faut malgré tout qu'on bouge un peu. Il faut qu'on bouge un peu.
Et je ne veux pas le faire en me laissant enfermer dans une espèce de face à face. Je ne veux pas qu'on soit dans la stigmatisation de certains, parce que c'est ce que nos ennemis essayent de faire ou dans tous les raccourcis. On pourra y revenir dans le débat.
Et donc, sur ce sujet, pour moi, c'est un vrai chantier que nous avons si on veut faire société et défendre la cohésion qui est la nôtre, qui est justement de recréer, je demande pas que la société soit neutre, ça n'a jamais été le cas. Il y a ici des femmes et des hommes qui portent des signes religieux. C'est tout à fait possible.
C'est un débat citoyen. Simplement, quand c'est le service public, c'est pas le cas. Et nous avons dans la société une civilité.
L'égalité hommes/femmes, ça ne se remet pas en cause. Il y a des principes de la République et les lois de la République qui ne se remettent pas en cause au nom d'une religion. Ca, c'est autre chose.
Et donc, ce travail, on doit le faire on doit poser le vrai débat et savoir comment on organise les choses sans doute un peu différemment, parce qu'aujourd'hui, c'est là, et ne pas vouloir le voir à défendre des principes que nous chérissons, c'est courir le risque d'une fracture. On aura les mots, et la réalité sera plus attachée aux mots. Vous avez ensuite rappelé beaucoup de choses sur lesquelles je suis revenu par ailleurs.
Sur les territoires zéro chômeurs. Je crois totalement, comme vous, à cette initiative. C'est pour ça que dans le plan Pauvreté, il est prévu le déploiement très fortement de cette proposition qui avait été faite par ATD Quart Monde, qui a été ensuite portée par un texte de loi sous la mandature précédente par le député Grandguillaume et qui a commencé à être évaluée avec des bons résultats.
Donc on réinvestit massivement sur cette initiative et quelques autres d'ailleurs assez similaires, et on va continuer. Simplement, généraliser à tout le territoire n'a pas de sens au regard même de la démarche. Moi, pour les avoir beaucoup écoutés, il faut que les territoires soient candidats, il faut que l'accompagnement qui va avec soit possible, parce que c'est très demandeur en accompagnement, ce qui est normal, et c'est d'ailleurs la clé du succès.
Mais on l'a fait, de même qu'on double les emplois par l'insertion à l'activité économique dans le cadre, justement, du plan Pauvreté. Je suis également d'accord sur les commerces de proximité et tout ce qu'on fait avec Action coeur de ville et cette capacité avec les maires par les maires à retricoter de l'urbain, ça va aussi avec un changement, on le voit bien, des choix contemporains. Je vais pas juger une période qui est passée.
Il y a eu une période d'aménagement de nos territoires en particulier, on le voit bien dans cette région d'Ile-de-France, où on a beaucoup développé des grandes zones industrielles et commerciales, où on a du coup fait quitter l'énergie des centres-villes qui sont plus devenus dortoirs. Mais c'est vrai aussi de ce qu'on appelle les villes moyennes. On l'a vu, ce mouvement, partout.
Je crois paradoxalement qu'avec la montée du numérique, nos concitoyens recherchent de l'humain à nouveau. Ils veulent une autre forme de sociabilité, une autre forme d'expérience. Et on voit ce désir de revoir du commerce en centre-ville, de la proximité, et donc, c'est en train de se retricoter.
Et donc nous, il faut qu'on accompagne ce mouvement et qui va plutôt dans ce sens-là y compris avec l'utilisation du coup au sein de l'urbain, de certaines zones à vocation agricoles qui peuvent être retrouvées. Je pense que c'est un des points d'équilibre d'ailleurs pour la métropole du Grand Paris. Sur les autres points, j'ai répondu.
Je suis totalement d'accord avec ce qui a été dit. Peut-être je prends en prétexte votre question pour répondre à ce qui a été dit sur les dédoublements de CP-CE1. Alors, j'ai bien pris note de ce que vous disiez, Mme le maire sur, par ailleurs, les fléchages et les blocages qui étaient induits.
Donc on va regarder, parce que ça, ça me semble un peu aberrant, qu'on choisisse l'un pour l'autre. Evidemment, cette flexibilité doit vous être donnée. Mais on a investi sur le CP-CE1.
Ca marche. On va investir sur la maternelle avec l'obligation scolaire à 3 ans et un plus grand accompagnement, c'est fondamental. On va même investir plus tôt, c'est le coeur et la mère des batailles, sur la très petite enfance, et c'est, là aussi, dans le cadre du plan Pauvreté dans le cadre de la PMI pour l'accompagnement de la parentalité, parce que c'est dans les premières heures, les premières semaines de la vie que beaucoup de choses se jouent.
Et on va poursuivre ce travail. Après, moi, j'ai bien pris note de ce qui a été dit par beaucoup, c'est-à-dire, au fond, "On a été ensuite lésés". M. le maire d'Allonnes le disait aussi sur, justement, les autres dispositifs d'encadrement hors REP, REP+.
Donc on va, là-dessus...
C'était vous, M. le maire. On va regarder cela.
L'idée, c'est de toute façon au maximum au-delà du zonage REP, REP+, de pouvoir déployer, développer et aller plus loin sur cette mécanique qui fonctionne et donc qu'il n'y ait pas, si je puis dire, des mécanismes, type, justement, 2 enseignants pour une classe ou tous ces mécanismes d'allégement qui soient lésés. Et donc, on va poursuivre en ce sens étant maintenant fort des démonstrations, si je puis dire, que lorsqu'il y a un besoin, plus on donne une capacité à encadrer, à accompagner de manière individuelle, mieux ça marche. J'ai été ensuite interrogé...
C'était vous. Par vous sur plusieurs points. Sur les dépenses publiques et de dire : "Il faut pas faire d'économie sur les plus modestes ou autres." Vous avez raison.
Mais je pense qu'on a infiniment besoin, sur tous les sujets qu'on évoque, et c'est ce que beaucoup, d'ailleurs, d'entre vous portez depuis des années, d'encore plus d'innovation. Et parfois, de changer les dispositifs. On a beaucoup de dispositifs qu'on a créés à travers le temps qui sont souvent devenus trop curatifs...
Enfin, pardon, correctifs et pas assez curatifs. C'est-à-dire qu'on a mis de l'argent public, et il faut l'assumer, pour corriger les effets, mais on n'en a pas mis assez pour investir sur les gens. Or, si on investit sur les gens derrière et sur nos concitoyens, on fait de véritables économies dans le temps.
On les fait pas tout de suite, mais on peut en faire. Moi, je suis convaincu que si on met l'investissement, qui n'est pas si élevé, sur la maternelle, le CP, CE1, la petite enfance, ensuite l'orientation, on mettra beaucoup moins d'argent pour corriger l'ensemble des parcours de vie de jeunes qui, en effet, sortent sans formation, sans emploi et c'était en moyenne 100 000 par an pour tout au long de la vie continuer à les accompagner et à essayer d'avoir des béquilles alors qu'on a pas fait ce qu'on devait dans les premiers âges de la vie. Et qu'il s'agisse de l'éducation, de l'emploi, du logement, on a construit à travers le temps beaucoup de dispositifs qui sont devenus des corrections de mécanismes absurdes.
Moi, je crois que sur la politique du logement, ça marche mieux. Alors ça prend du temps. Ca se fait pas tout de suite.
On va en reparler. Mais ça marche mieux si on arrive à davantage produire, à baisser le coût, qu'à continuer à monter les aides pour que les gens continuent à être subventionnés par la puissance publique pour accompagner l'inflation. Parce qu'à la fin des fins, il y en a toujours qui s'en mettent dans la poche, il y a des gens qui font de la spéculation foncière, il y a des gens qui construisent trop lentement pour être sûr que ce soit suffisamment cher.
Il y a des choses qui se sont structurées qui ne sont pas satisfaisantes et l'argent public n'est utilisé qu'à corriger. Alors parfois, on va trop vite. Donc il faut que progressivement, on enlève la morphine en même temps qu'on traite le problème.
Mais je pense que cette philosophie qui consiste à corriger la cause, à accompagner les personnes, plutôt qu'à corriger les effets, est une bonne démarche. Et sur l'ensemble de nos politiques sociales, éducatives, je suis convaincu de cette approche. Donc on peut faire mieux en dépensant moins à terme si on dépense aux bons endroits et si on protège non plus des statuts ou des états, mais des personnes en investissant sur les personnes.
Et je crois à ça pour la politique éducative, la politique de l'emploi, mais ça va nous prendre du temps. Là, on a les deux à faire en même temps. Et je crois que c'est possible.
Sur les conseils citoyens, vous êtes plusieurs à y être revenus. Un rapport a été rendu ou va être rendu au ministre à la CNDP sur ce sujet des conseils citoyens, et l'idée est évidemment de les consolider dans leur rôle. Après, c'est vrai que, je reviens à la question aussi qui m'a été posée tout à l'heure, il y a une grande variété, et donc après, ça dépend des maires et de ce qu'ils veulent faire de leur conseil citoyen.
Je pense que ça serait une mauvaise méthode que d'imposer par la loi aux maires de les mettre dans toutes instances. Ca serait une mauvaise méthode...
Pardon ? (Propos inaudibles) Je sais bien. Mais si les maires veulent les bouger davantage, moi, j'ai aucun problème. (...) Mais moi, j'ai aucun problème.
Si les maires veulent qu'on donne plus de place aux conseils citoyens, qu'on les mette dans des conditions d'attribution ou autre, c'est à débattre. Moi, je...
Ca se regarde. Après, il faut que...
Qu'il y ait de la participation, qu'il y ait de la délibération, après, il faut toujours qu'à un moment donné, ceux qui ont été élus aient des responsabilités, et que ces responsabilités s'exercent dans un cadre. Si vous considérez qu'à un moment donné, il faut adapter ce cadre, c'est pas moi, de là où je suis, qui doit le trancher. C'est à adapter. (Propos inaudibles) Alors je crois que cette reconnaissance, elle est réelle.
On en parle aujourd'hui. Après, ça dépend en effet de chaque ville. Il y a des villes où les conseils citoyens sont très mis en avant, d'autres, c'est moins le cas.
Mais on peut peut-être améliorer ça. Moi, j'y suis en tout cas totalement favorable sur la base du rapport qui a été remis et de toutes les suggestions qui peuvent être faites pendant le débat. Je pense que ça va dans la bonne direction.
Sur le droit de vote des étrangers, puisque que vous m'avez posé la question, même aux élections locales, moi, c'est pas un engagement que j'ai pris en campagne. Et au fond, le vrai sujet aujourd'hui, c'est l'accès à la citoyenneté. Quand on vit depuis des années, qu'on est là, on demande la nationalité française, on accède à la citoyenneté, on vote.
Et je pense qu'on est déjà...
Regardez dans quel état on est. Je veux dire, il y a tellement de gens qui ont le droit de voter qui n'y vont pas...
Si on commençait à jouer...
Ce problème, il s'est passé historiquement, parce qu'il y a eu une génération qui n'a pas voulu, pour des raisons historiques, demander la nationalité. On le sait bien. Moi, je pense qu'il faut un peu la convaincre.
Mais donner le droit de vote aux étrangers, même aux élections locales, encore une fois, moi, je lirai tout ce qui me remonte sur ce sujet, s'il y a des réflexions. Je crois que le sujet, c'est plutôt comment, pour toutes celles et ceux qui ont acquis la nationalité française ou qui l'ont depuis des générations et des générations, comment on s'assure qu'elle s'exprime à plein et qu'ils utilisent tous ces droits ? Parce que quand je vois parfois le taux d'abstention à certaines élections, je me dis que la bataille, elle est plutôt là qu'à donner le droit de vote à ces mêmes élections à ceux qui l'ont pas aujourd'hui.
Pour vous parler franchement. Il faut plutôt les accompagner dans un chemin qui consiste à demander, justement, la nationalité française s'ils sont là depuis longtemps, ce qui est quelque chose qui se fait. Je pense qu'il faut pas qu'il y ait, parfois, cette décision de ne pas le demander.
Donc je préfère être franc avec vous sur ce qui est une conviction personnelle, parce que c'est un sujet aussi où il y a ça. J'ai répondu sur les services publics et l'école. Vous avez totalement raison et plusieurs y sont revenus, sur la dématérialisation.
Ca date pas d'hier. C'est une procédure qui a été engagée il y a plusieurs années : celle de la dématérialisation des services publics. Pourquoi ?
Pour aussi faire des économies et faire que des titres soient donnés de manière dématérialisée, que...
Bon. Cette réforme qui a commencé il y a plusieurs années, elle est arrivée à maturité en 2017. Il y a eu un rapport du défenseur des droits qui a bien montré, et c'est là-dessus que vous avez, je pense, repris vos chiffres, qu'il y a des gens qui étaient très loin de ces services publics, parce qu'ils étaient...
Simplement, ils n'avaient pas la compétence numérique qui va avec. Alors certains n'ont pas accès au numérique lui-même, mais la plupart du temps, ils ne sont pas à l'aise avec le numérique. Et donc, ils sont loin de ces services publics.
Bon. Ben, ça, c'est pareil. C'était une bonne démarche de faire ça.
Je le dis d'autant plus facilement que c'est pas le gouvernement actuel ni moi-même qui l'ont initiée. Mais on voit bien que parfois, quand certains changements vont trop vite, auprès des populations qui sont déjà les plus fragiles, ça bouscule les choses. Et donc là, ça a peut-être recréé des failles dans l'accès, en effet, à ces services.
Donc c'est quelque chose qu'on va corriger. Alors on a commencé à le faire en mettant en place le passeport numérique, et donc accompagner sur le terrain avec d'ailleurs du tissu associatif en investissant pour former. Mais il faut peut-être rouvrir pour certains actes de la présence physique et de l'humain, parce qu'on voit bien que sur certains territoires, et c'est vrai pour des gens qui ont pas ces compétences donc qui sont parfois les plus loin de la formation initiale, ou c'est vrai pour les personnes qui sont les plus âgées.
Et donc, à chaque fois, ce sont des territoires, d'ailleurs c'est toujours les mêmes que j'évoquais tout à l'heure qui sont d'ores et déjà les plus vulnérables. Sur l'école, j'ai répondu par ailleurs à votre point. Vous avez totalement raison sur ces sujets et le fait que la mixité ensuite se construit tout au long des étapes, et ça, je le partage totalement, et ça fera partie des investissements qu'on doit continuer à faire sur ce sujet éducatif qui est absolument central.
M. le maire de Nanterre, vous m'aviez interrogé sur...
Alors, les dotations, j'ai répondu et je comprends. Il y a le passé, mais, enfin, là... sauf si vous avez perdu des habitants ou s'il y a eu tel ou tel critère.
Donc, vous avez votre DGF, elle a augmenté je pense. (Propos inaudibles) (...) Ah c'est la péréquation au rattachement ?
Donc, ça, c'est l'effet de bord que j'évoquais. Oui, oui, je connais le sujet, qui donne lieu chaque année à des débats parlementaires multiples que beaucoup des parlementaires ici présents portent pour essayer de corriger, justement, et de refaire de la péréquation sur un système qui fonctionne mal, mais c'est pas la baisse des dotations au niveau national. Bon, sur le logement, j'ai senti votre scepticisme.
Non, mais je pense qu'il y a pas de... d'ailleurs, là aussi, de miracle, hein.
Il y a des choses qui fonctionnent d'autres, moins bien. Et ça me permet peut-être de revenir sur beaucoup de sujets qui ont été évoqués. La démarche qui a été enclenchée, portée par le ministre, elle consiste, en effet, à faciliter au maximum la production de logements et elle a porté une réforme en profondeur avec beaucoup d'acteurs d'ailleurs du logement social.
Et, l'idée, si je prenais les choses dans le bon ordre, au fond, c'est le plan logement d'abord, c'est la réforme de l'hébergement d'urgence et l'investissement qui est mis en place, on atteint 2 milliards, là, logement d'abord pour essayer au maximum pour les personnes les plus vulnérables de les sortir de logements très précaires qui empêchent ce 1er accueil et de les installer et de leur donner un cadre qui permet, justement, d'être, là-dessus, pérennisés, et qui était, je rendais tout à l'heure hommage à l'ATD Quart Monde, une proposition de la fondation Abbé-Pierre. Ensuite, l'investissement avec Elan dans une réforme du logement social et de son organisation, puis, déclencher plus de productions de logements pour avoir véritablement le libre. La grande difficulté, il y a le cycle électoral qui n'est pas favorable à une extension de la production de logements.
Il faut se dire les choses. La réforme a créé beaucoup d'incertitudes et elle a bloqué à un moment les choses, parce que beaucoup de bailleurs ont dit : "Tant que je vois pas où on va, je vais pas produire tout de suite." La réforme de la taxe d'habitation crée aussi beaucoup d'incertitudes et d'angoisses.
Donc, c'est vrai qu'on est à un moment qui est compliqué, mais chacun des points qui a été touché est complémentaire de l'autre et peut aider à créer un continuum où on met les moyens sur ce qu'on doit à toutes celles et ceux qui arrivent ou sont dans le dénuement avec l'hébergement d'urgence et le plan logement d'abord, où on sort nos concitoyens d'une précarité installée, c'est-à-dire on ferme de plus en plus quand même de chambres d'hôtels ou autres pour essayer de les installer dans du logement qui est plus durable, mieux encadré, que ce soient les pensions de familles, que ce soient des mécanismes aussi portés par les associations, et, derrière, on recrée du parcours en aidant à fluidifier, justement, sur la sortie du social, avec les problèmes que vous avez évoqués ou l'un de vos collègues, c'est que les grandes difficultés dans les métropoles, c'est qu'il y a de plus en plus de gens éligibles au social, parce que l'accès au libre est devenu terrible. Dans ce mouvement, moi, je ne nie pas qu'il y ait des choses qui ont sans doute été faites trop vite ou pas assez bien. Et, là-dessus, pour moi, le débat qui doit se tenir doit permettre de les corriger.
Je vous ai entendu, comme plusieurs de vos collègues, sur l'APL accession. Sur l'APL accession, on n'a pas encore évalué l'effet de la mesure, mais, intuitivement, ça peut pas aller dans le bon sens parce que, ce mécanisme de fluidification que j'évoque, il marche si on peut sortir à un moment des gens du logement locatif social pour essayer d'accéder à de la propriété, et donc, permettre à d'autres de rentrer dans le logement locatif. Donc, là, il y a sans doute quelque chose à améliorer.
Je pense qu'on a raté une porte. Donc, voilà, il y a des choses qu'il faut améliorer dans ce qui a été fait. La philosophie de ce qui est porté par le gouvernement me paraît juste.
Et on peut dire que les moyens n'ont pas été mis parce que, à chaque étape, des vrais moyens ont été mis, mais je pense qu'on peut rendre les choses plus intelligentes quand on voit les effets de bord qu'ont eus de telles ou telles mesures. Donc, c'est plutôt dans ce sens-là qu'il faut s'installer. Et, après, je pense que, dans les zones les plus tendues, la clé, ça va être l'accélération de la production.
Plusieurs y sont revenus. Le débat des maires bâtisseurs...
Une maire me disait en chuchotant : "Un maire bâtisseur est un maire battu." Ca a été longtemps le cas, non, mais ça a été longtemps le cas. Dans une vie antérieure, c'était il y a plus de 20 ans, j'ai fait un rapport administratif, à l'époque, il y avait ce qu'on appelait le Didol, je sais pas si vous vous souvenez, délégué interministériel au développement d'offre de logements, et on était déjà dans ces mécanismes-là.
On l'était déjà. Donc, on voit bien qu'il y a une vraie réflexion à avoir dans les zones tendues pour essayer de regarder si on peut pas avoir une espèce d'impulsion portée de manière très large et très forte pour avoir beaucoup plus d'offres de logement. C'est un peu fait dans les grandes opérations qui sont prévues par la loi Elan, mais on doit aller beaucoup plus loin.
Si on ne développe pas de l'offre de logements dans les zones les plus tendues, on n'arrivera pas à faire baisser de manière substantielle le prix du logement. Donc, il y a des choses à corriger dans ce qui a été fait à coup sûr, mais on doit aussi regarder en face de nous parfois les effets de bords, les arrangements qu'on a pu faire territorialement et qui ont parfois bloqué la production de logements, qui aurait pu, elle, vraiment baisser les prix et avoir la fluidification de ce parcours, mais, moi, je suis preneur de toutes les suggestions concrètes. Simplement, il y a des choses qui ont été sans doute imparfaitement faites, mais dire : "Ca marchait super il y a 2 ans", C'est pas vrai non plus.
Non, non. Et donc la question, c'est comment on fait pour que ce qui marche pas depuis des décennies fonctionne vraiment. Et, moi, franchement, j'ai pas de droits d'auteur, je veux juste que ça marche.
Ensuite, Mme la maire, sur les budgets participatifs. Je pense que ça fait partie, en effet, des très bonnes initiatives qu'on doit continuer à développer et autres. Sur le débat.
D'abord ce qu'on fait là, c'est pas le coeur du Grand débat. Le Grand débat ce sont les citoyens entre eux, ce sont les maires facilitateurs organisant les choses, mais je pense que le 1er élément pour montrer que c'est un temps important de la vie démocratique citoyenne du pays, c'était de montrer que moi-même en tant qu'acteur décideur, je m'y engageais. Cet exercice ne se substitue pas aux autres et les autres ont, enfin, je veux dire, le coeur du Grand débat lui-même a une procédure, il y a un site, il y a des réunions, il y a des questionnaires, il y a des garants, il y aura ensuite les parlementaires qui s'en saisiront, les partenaires sociaux et les acteurs, justement, territoriaux.
Et donc, il y aura une maïeutique dans tout ce débat. Si moi, je disais : "J'attends juste "que le Grand débat se passe et je prendrai les choses comme telles," sincèrement, vous seriez les premiers à dire : "C'est pas sérieux. Il va prendre un rapport, on en a déjà eu tellement." Non.
J'entends des choses que je n'entendrais pas si je prenais juste un rapport à la fin. Et voilà, on est aussi acteur de cela. Donc les conditions d'expression de nos concitoyens, elles suivent un processus et après, moi, je pense que ces échanges qu'on a là de manière directe ont une vertu en soi.
Et après, moi, j'ai pas la solution révélée. J'ai des convictions, je les ai portées devant les Françaises et les Français. Et je suis là devant vous.
Il y a des choses qu'on doit améliorer. Il y a des choses qu'on n'avait pas suffisamment vues. Si tout avait été parfaitement, qu'on avait tout bien fait, sincèrement, il y aurait pas cette crise.
Et je parle pour nous tous collectivement depuis des décennies. Donc il faut avoir beaucoup d'humilité dans ces moments-là. Mais je suis pour ma part convaincu que cette forme de maïeutique, cette délibération dans la société, elle a une vertu.
Et donc, que ça ne se clôturera pas de manière classique. C'est-à-dire qu'on apprend collectivement quelque chose d'une autre façon de faire la démocratie au XXIe siècle. Et je crois que c'est fécond.
Donc voilà aussi, moi, ce que je découvre à travers les vertus de ce Grand débat. Madame la maire de Gentilly. Elle a disparu.
Elle a disparu parce que je lui aurais sinon dit que la sortie de ces quartiers des QPV, ça n'est pas la loi Elan, mais ça doit être la réforme de 2014 qui précédait, Mme la Ministre, votre arrivée. Pour vous rassurer. Mais vous allez, je crois, confirmer ce que je dis, c'était...
Le rezonage s'est fait en 2014. Et donc, je voudrais dédouaner, et madame la ministre et monsieur le ministre, qui ont suivi cette réforme, de la responsabilité, enfin, de ces choix. Sur la loi NOTRe, j'ai entendu les critiques.
Elles étaient claires. Et donc, ça fait partie des choses qui sont rouvertes au débat et j'ai bien pris le cahier de doléances. Monsieur le maire de Torcy.
Vous êtes revenu sur ce que monsieur le maire a dit au début, ce qui me permet peut-être de dire un mot sur ce point. On n'a pas bougé encore là-dessus suffisamment, mais c'est un sujet fondamental, en particulier pour des villes comme les vôtres. On a, en effet, un sujet qui donne le sentiment que pour avoir un maire heureux, il faudrait imaginer Sisyphe heureux là où vous vivez.
C'est qu'il y a peu de mobilité géographique et sociale, mais les 15 % à 20 % d'habitants qui sortent par le haut des quartiers, qui réussissent mieux, qui vont ailleurs et autres, on les remplace par 15 % à 20 % de manière systématique de personnes qui sont, soit des primo-arrivants, soit des gens qui sont en dessous de la moyenne éducative, sociale, économique, des mêmes quartiers. Et donc, on reprend tout à zéro. Et donc, c'est vrai que du coup, de fait, on a fait un choix.
Je ne vais pas vous mentir, M. le maire, vous m'avez demandé. De fait, on a des quartiers, des villes qui portent ces quartiers, des fabriques de la République en disant : "Il y a des gens, vous arriverez à les faire sortir "et ils vont essaimer ailleurs. "Les autres, vous allez les garder "et puis ceux qui sont en grande difficulté, on va vous en remettre." Et donc, ce qui pour beaucoup d'habitants est désespérant, ce qui pour les élus peut donner le sentiment qu'on reprend toujours à zéro les choses, et ce qui donne le sentiment d'une vraie trahison de ce qu'est la promesse républicaine.
C'est-à-dire que le progrès pour tout le monde n'est pas au rendez-vous. Ca, on ne peut le faire, très sincèrement, que, de même que je disais qu'il faut peut-être parfois reprendre la main sur des politiques de construction de logement, ça veut dire qu'il faut changer les règles que nous avons aujourd'hui sur les politiques de placement de nos concitoyens ou des primo-arrivants, qui sont les plus fragiles et qui sont aujourd'hui placés sur les contingents ou sur telle ou telle politique directive et c'est cette politique de peuplement que vous évoquez ou de population. La confiance, vous avez raison, mais la confiance, elle s'arrêtera à un moment malgré tout, qui va être la charge qu'on donne à telle ou à telle commune.
Elle vous permet d'avoir de la latitude entre telle ou telle cage d'escalier, de moins flécher le logement, ce qui peut être une chose. Elle vous réglera pas le problème de la répartition plus juste. C'est un sujet qu'on doit traiter et qu'on doit vraiment gérer.
Alors, après, là où je pense qu'il faut qu'on soit cohérents, c'est qu'on doit enlever de la pression sur la région Ile-de-France sur ce sujet. Ca commence à être fait depuis plusieurs mois. Vous voyez peut-être parce qu'aussi on a une pression qui est très forte.
Et on a véritablement l'arrivée de beaucoup, en particulier de mineurs non accompagnés et de jeunes qui, par l'Espagne, viennent d'Afrique subsaharienne, maghrébine, et ce qui crée beaucoup de pression sur beaucoup de villes, ce qui est une difficulté et qui viennent dans des villes, qui sont déjà les plus en difficulté. Donc là, on a une répartition un peu différente qui commence à se faire. Mais ce qui est vrai, c'est que ça vient rajouter de la difficulté.
Et moi, je souhaite que, à l'issu du débat, on puisse avoir des propositions très pragmatiques sur ce point, qui passeront peut-être par plus de pouvoir laissé aux maires, peut-être aussi par des décisions d'une répartition plus égale sur le territoire, qui permet aussi de répartir la charge. Mais ce point est tout à fait juste. J'ai bien noté, par ailleurs, la classification de votre collège, et ça, c'est un des problèmes qu'on a quand on a des dispositifs discriminants en sens positif du terme dans les politiques publiques, c'est qu'on pénalise celui qui réussit dans le dispositif.
Bien sûr. Et donc, c'est pour ça aussi que je crois plus à l'accompagnement des personnes et, de ce fait, à la pluriannualité. La règle a été appliquée, dans votre cas.
Vous avez un collège, vous avez une communauté pédagogique qui doit être mobilisée, ça marche bien, ils ont des bons résultats, et donc, ce qui était mis comme moyens supplémentaires pour accompagner un collège qui était en difficulté, on dit : "Il n'en a plus besoin, il est parmi les meilleurs." Mais compte n'étant pas tenu de l'environnement, et de se dire : "c'est parce qu'il a ça qu'il a réussi à être à ce niveau." Donc ça, c'est un point qu'on va regarder là aussi de près et je l'entends.
Bien sûr, M. le maire. -S.
Beaudet : Juste un petit point sur ce sujet qui est fondamental de ce que l'on doit réparer ensemble. Le carroyage, la classification en politique de la ville, la détermination des quartiers en politique de la ville et plus particulièrement la question de la réussite éducative, et donc des zones prioritaires...
Je ne sais pas si on peut essayer de nous trouver, on va pas le flageller en place publique, mais celui qui a inventé ça dans les textes, on en discutait d'ailleurs avec le ministre Blanquer lorsqu'il était à Courcouronnes l'été dernier. on ne classe pas une école en politique de la ville, on regarde où vont les enfants au collège. Je sais pas qui a été inventer ce machin, mais on fait le truc à l'envers.
Donc nous, on a le cas ici même, dans le quartier dans lequel nous sommes. Les CP ne sont pas dédoublés et la moitié des écoles ne sont plus en zone prioritaire parce que leur collège de destination, c'est le collège Paul Fort, à 4 km d'ici dans l'ancien quartier dit de Courcouronnes centre, qui n'est pas considéré comme étant à problème et de facto, ça a déclenché un effet complètement inverse, ce qui fait que dans ce quartier qui en a énormément besoin, on déclasse de la politique de la ville. Donc je sais pas qui a inventé ce machin à l'envers, mais alors, pour le coup, dans les trucs qu'on pourrait régler collectivement, ça, ça me paraît essentiel. (Applaudissements) -E.
Macron : Merci, M. le maire. (...) Merci beaucoup.
Mais ça, c'est un des points...
Oui, je sais. On l'a évoqué avec le ministre en venant. Donc, ça, ça fait partie des sujets...
Oui, pardon, j'ai cédé. Vous pouvez y aller. Sur le reste, j'ai évoqué...
Monsieur Dufour. Oui. J'ai répondu sur les conseils citoyens et sur la coopération.
Je crois que c'est juste...
Et sur la dématérialisation, c'est la réponse que je faisais aussi à monsieur. Là, vous avez parfaitement raison et donc, c'est un des dispositifs qu'on va corriger, qui a commencé avec le passeport numérique, mais qu'il faut réussir encore à étendre en remettant aussi dans quelques endroits et sur quelques actes du service physique. Madame le maire d'Aubervilliers.
Le rapport, je crois, sera discuté demain au Parlement ? Demain soir. Donc ça arrive.
Sur le logement, j'ai répondu. Sur le retard de la ligne 12, je viendrais voir, mais moi, je crois au contrôle sur ces sujets. Je crois à l'évaluation.
Je suis absolument pas juge sur ce point. Non, mais typiquement, je pense que les parlementaires pourraient se saisir d'une évaluation sur ce sujet. De regarder pourquoi il y a eu de tels décalages, le coût, qu'est-ce qu'il explique et autre.
Il y a des éléments techniques, mais au-delà de ça, d'avoir une vraie commission qui regarde le coût, les reculs, je pense que c'est une bonne chose. Il y a des travaux qui sont fait avec l'administration et les préfets, mais vous appelez à la transparence. Moi, je suis pour la transparence.
Et à cet égard, le Parlement a un rôle important à avoir sur ce sujet. Vous avez parfaitement raison. En tout cas, je ne peux que souscrire aux propos que vous avez eus par ailleurs sur cette soif d'égalité républicaine, Mme la maire, et je vous en remercie.
Ensuite c'était vous, monsieur le secours populaire, sur les nouveaux précaires, au fond. Et vous avez eu raison de citer la transformation de la précarité et le fait qu'on a le sentiment que les choses s'aggravent systématiquement. Ce qui est vrai, c'est que on a aujourd'hui, pour reprendre les deux...
Alors, les étudiants. La réponse, à mes yeux, elle se fait à travers plusieurs politiques. D'abord, de s'assurer que les étudiants sont bien orientés.
C'est la clé parce que si un étudiant n'est pas bien orienté, c'est, pour lui, pour sa famille, la certitude que l'argent sera mal dépensé, que les difficultés qu'il a à subir dureront encore plus. Et donc, c'est pour ça que je crois très profondément...
Quand on regarde les choses, d'ailleurs, la mauvaise orientation, elle est réservée aux classes les plus modestes et aux étudiants pauvres qu'on a aujourd'hui. C'est eux qui vont aller dans un cycle qu'ils ne finiront pas ou une année qu'ils ne termineront pas parce qu'ils ont souvent été mal orientés. Donc pour moi, le 1er élément pour prévenir ce phénomène, c'est de s'assurer qu'on oriente mieux.
Le 2e élément, c'est le logement. Et donc là, c'est le plan qui est en train d'être développé et un engagement qui a été pris pour 60 000 logements étudiants, il sera tenu. Le logement étudiant, c'est en particulier dans les zones métropolitaines où les jeunes et moins jeunes doivent aller dans certains cursus universitaires, quelque chose de terrible et c'est un reste à charge énorme pour les familles et pour eux.
La 3e chose, c'était les frais qui ont été fortement baissés en ce début d'année, puisque les étudiants ont eu...
La moyenne de la baisse a été, sous le contrôle des ministres, de 130E sur l'année, ou quelque chose comme ça. 150, les chiffres vous sont donnés. On est tout à fait lucide sur ce point, il y a un mécanisme d'accompagnement.
Mais c'est vrai qu'on voit ce phénomène émerger depuis plusieurs années. Vous avez parfaitement raison de le dénoncer. Ensuite, sur les travailleurs qui sont en situation de précarité, le vrai sujet, c'est que nous sommes devenus une société de statut.
C'est-à-dire que ceux qui étaient dans l'exclusion durable, c'était les publics de la pauvreté que vous évoquiez. Et puis à côté de ça, on a ceux qui sont fonctionnaires ou en CDI, qui peuvent s'en sortir. Et puis on a progressivement installé, selon les secteurs, selon les quartiers, selon les zones d'activités, eh bien, plusieurs millions de nos concitoyens qui travaillent, mais qui sont en CDD, en intérim, en temps partiel subi au niveau du SMIC et eux la réalité.
C'est qu'en effet, ils n'ont pas droit à l'accès au logement, ils n'ont pas droit à l'accès au crédit, ils n'ont pas droit à l'accès à une vie normale parce qu'on n'a pas changé les règles du reste de la société. Et donc, ça, c'est pas en un claquement de doigts qu'on le bouge. En faisant quoi ?
Du vrai dialogue de branche pour pérenniser la lute contre la précarité dans ces branches-là, ramener du CDD, de l'intérim, vers du CDI. Les réformes qui ont commencé à être portées qui, en quelque sorte, dédramatisent le CDI pour que les employeurs viennent casser des représentations dans lesquelles on s'était installés, vont, à cet égard, dans le bon sens. Et on le voit dans certains secteurs, on recrée de l'emploi stable.
Le système de bonus-malus, moi, auquel je crois beaucoup, c'est favoriser ceux qui, dans leur entreprise ou leur branche, vont davantage embaucher de jeunes ou de moins jeunes en CDI ou en contrat durable. C'est ensuite les mécanismes qu'on est en train de développer sur l'alternance, l'apprentissage, qui permettent d'aller vers ses emplois-là. Et après, c'est que nous soyons en situation, plusieurs partenaires sociaux ont commencé à proposer ça, de créer aussi des mécanismes de garantie collectifs pour ces personnes qui sont en situation de grande précarité.
Et donc là, il faut qu'on invente des mécanismes sur l'accès au crédit, au logement, à la voiture qui, aujourd'hui, quand vous êtes dans un grand groupe généralement, c'est l'entreprise qui le paie, quand vous avez un CDI, la banque vous accompagne et quand vous êtes dans ce no man's land de la société, vous êtes laissé pour compte. Et donc il faut qu'on ait, là, une mécanique qui vous permet de faire ce parcours et en tout cas de vous stabiliser davantage. Donc moi, je souscris pleinement à ce que vous avez dit, mais là-dessus, c'est bien parce que les mailles s'élargissent, pour reprendre votre formule, qu'on a besoin d'avoir une réponse pour mieux prévenir, justement, l'émergence de ces nouvelles formes de précarité et essayer d'y répondre.
Le FEAD, on se bat pour ne pas, comme vous le savez, que ça s'arrête. Je l'ai porté au niveau européen. Je sais l'engagement et vous êtes plusieurs associations dans la salle à porter cette volonté de continuer à avoir les aides européennes qui sont légitimes, et on continuera à le faire sur ce sujet.
Ensuite, monsieur le maire de L'Hay-les-Roses. Il est parti animer un débat. Mais je crois avoir répondu sur l'ANRU qui était sa principale question.
Et sur le plan anti-ghetto, chiche, c'est le but et c'est d'ailleurs ce sur quoi il y a eu aussi beaucoup de propositions, le conseil présidentiel des villes qui est ici présent et que je remercie pour son travail depuis un an, pare qu'il y a eu beaucoup de mesures, que ce soient les stages, que ce soit le redéploiement de l'ANRU ou autre, qui ont été poussées par le CPV, où il y a des élus, des associatifs et des gens très mobilisés qui sont allés dans ce sens. J'ai répondu au maire d'Allonnes sur les sujets d'emploi et de dédoublement, qui étaient liés à une autre question. J'ai répondu au maire de Bondy sur l'initiative ATD Quart Monde.
Il est où, le maire de Bondy ? C'est qui ? Non, j'ai déjà répondu au maire de Torcy.
Sur ATD Quart Monde et les maires bâtisseurs. (Propos indistincts) C'est Brigitte qui m'a troublé. Pardon, Mme la maire de Noisy.
Vous m'avez interrogé sur d'abord ATD Quart Monde et le déploiement des emplois, donc Zéro chômeurs, ça, j'ai dit qu'on prenait. Sur les maires bâtisseurs, j'ai répondu. J'ai essayé d'expliquer la philosophie de ce qu'on est en train de lancer et qu'on va continuer à porter, parce que ça s'arrête pas là et aujourd'hui, on est au milieu du gué.
Donc il faut qu'on corrige sans doute des éléments, mais il faut aussi qu'on arrive à déployer beaucoup plus fortement de la construction dans toutes les zones tendues. Et donc, comme je le redis, il y a sans doute les maires bâtisseurs, mais il faut aller au-delà. Il faut qu'on ait des opérations qui soient un peu plus d'aménagement et un peu plus larges, et je ne vous lâcherai pas.
Rassurez-vous. C'est pas mon tempérament. C'est pas mon tempérament. (Applaudissements épars) Ensuite, je vous ai répondu sur le coup de pouce.
Donc ça, on va regarder, Mme le maire, qui était une très bonne suggestion. Sur SRU, je l'ai dit et j'ai évoqué les contrats de confiance. M. le Président de l'université, merci du bel exemple donné et de ce que vous avez évoqué, à la fois sur la reconnaissance et la considération.
Vous avez en creux évoqué la réforme en cours portée par les ministres de l'Enseignement supérieur et des Affaires étrangères. Je crois que cette réforme, il faut lui enlever du dogme et l'expliquer de manière très prosaïque. C'est donner la possibilité aux universités qui le veulent de faire payer des droits aux étudiants extracommunautaires, avec un plafond qui reste extraordinairement inférieur à celui qui existe dans d'autres grands pays d'accueil comme le Canada ou d'autres.
Et je pense que c'est ça. Je pense que c'est ça. Parce que, typiquement, ce sont des personnes qui sont prêtes à payer quand elles vont étudier au Canada, dans d'autres pays européens, des montants nettement supérieurs à celui qui est au plafond, c'est même 10 fois plus quand je parle du Canada ou des Etats-Unis, pour un niveau qu'on détermine et qui est encadré.
A côté de ça, avec Campus France, on attribue des bourses, on attribue un accompagnement, on lance une dynamique avec les entreprises qui sont présentes dans ces pays d'origine pour accompagner. Je pense qu'il faut qu'on arrête aussi de faire croire à tout le monde venant de la Terre entière que l'enseignement supérieur n'a pas de coût. On paie le 1/10e du coût réel en faisant ça.
Le 1/10e. Et on a cette politique. Moi, je crois beaucoup à l'attractivité de la France en tant que nation éducative et universitaire.
Mais je vous dis très sincèrement, je peux pas regarder les établissements universitaires qui, aujourd'hui...
Durant le quinquennat, il y aura 50 000 élèves de plus par an à l'université. C'est la pression démographique du début des années 2000. C'est ce que vous avez vu dans vos communes.
On redonne des moyens, mais les moyens sont limités parce que ce qu'on donne là, c'est des impôts qu'on prélève de l'autre. Et c'est pas populaire, les impôts. Mais je peux pas continuer à dire : "On va attirer des étudiants du monde entier.
On va pas les faire payer." Rien. Que les plus méritants, avec une procédure de sélection, en les accompagnant avec des bourses, ce que nous faisons, on est parmi les nations qui donnent le plus de bourses, on les accompagne.
Oui. Mais qu'on dise partout de toute éternité, de tout temps sans condition, ça n'a pas de coût, c'est irresponsable à l'égard du contribuable français et ce n'est pas une vraie politique d'attractivité universitaire. Et donc là-dessus, sincèrement parfois, j'ai entendu des remarques.
On m'a fait de la mauvaise politique. C'est pas vous parce que vous avez été très sobre. Mais la vocation universaliste et d'attractivité de nos universités, c'est pas non plus de brader la qualité de celle-ci et de brader sa capacité à porter le fer de lance de l'excellence académique.
Encore une fois, moi, je regarde ce qui se fait partout. Les plus attractifs sont parfois 5-10 fois plus chers que nous. Donc il faut là-dessus qu'on fasse aussi notre aggiornamento et après, il faut bien utiliser cet argent, le faire de manière proportionnée, accompagner et s'assurer que des élèves méritants aussi...
Moi, je constate sur ce sujet qu'on a aussi trop peu développé les filières universitaires dans beaucoup de pays d'origine. Et on a commencé à le faire. Il y a parfois aussi beaucoup de pays d'origine qui ne veulent pas le faire parce qu'ils ont trop habitué leur jeunesse à dire : "Votre avenir universitaire, c'est d'aller en France." Ce qui est irresponsable à tous égards.
Développons plutôt de manière partenariale dans beaucoup de ces pays d'origine des cycles universitaires, 1er, 2e cycle déjà, pour qu'on puisse avoir...
Ce qui est clé pour que la jeunesse s'installe, ce qui est clé pour qu'il y ait un véritable avenir. Moi, je ne suis pas heureux de voir beaucoup de pays, en particulier en Afrique, où la jeunesse, pour pouvoir faire des études supérieures, dès le 1er cycle, doit quitter le pays. C'est pas leur rendre service.
Et je pense que c'est pas non plus un bon logiciel pour nous collectivement et pour le regard qu'on porte sur l'Afrique et que l'Afrique doit porter sur elle-même. J'ai été ensuite interrogé sur...
C'était vous. Sur les portes de l'entreprise qui restent fermées. Bon.
Sur ce point, je ne reviens pas sur ce que j'ai dit sur les stages en 3e, les stages d'apprentissage. Il y a un point qui, une fois qu'on a franchi tous ces obstacles, oui, quand on envoie le CV, on le sait bien, selon le prénom qu'on a, il y a eu toutes les études faites dans tous les sens, selon le quartier, le prénom, on a 2 à 3 fois moins de chance d'être pris en entretien d'embauche. Et ce qui est terrible, c'est que c'est une fabrique à désespoir, cette affaire parce que tous ceux qui, dans une famille, ont réussi, ont passé les études, tous ceux qui étaient les modèles au sein de la famille, à qui les parents disaient : "Fais comme lui pour réussir parce que tu verras, t'auras un emploi." Il arrive à la fin et puis rien.
Rien. Et parfois, on gagne mieux sa vie à faire des bêtises. Donc ça, c'est quelque chose qu'on doit casser avec les stages avant et en faisant quoi ?
Ben, du contrôle. C'est pour ça qu'on a lancé depuis plusieurs semaines une opération de testing. Elle rendra d'ailleurs ces conclusions en même temps que le débat entre mi et fin mars, et on va la systématiser sur l'ensemble des entreprises du SBF 120, tous les plus grands employeurs de France, et à côté de cette politique, ça, c'est la répression, si je puis dire, c'est le bâton, on a mis la carotte, ce sont les emplois francs.
Les emplois francs, c'est tous les jeunes qui viennent de ces quartiers ont l'aide, ont l'avantage. Jeunes ou moins jeunes, quelle que soit la nature du contrat, sans conditions. Et ça, il faut le dire, et pas uniquement dans les entreprises qui sont dans le quartier.
Et donc ça, c'est la chose pour, justement, réouvrir ses portes et montrer qu'il y a une incitation, un accompagnement pour les jeunes ou moins jeunes des quartiers, pour que la porte ne reste pas fermée. Mais ça, vous avez parfaitement raison sur ce point. Je ne saurais trop vous le dire.
Sur les stages du collège, j'ai répondu également avec l'initiative sur les 30 000 qui a été faite. Et sur le reste, je crois que j'ai répondu. Sous votre contrôle, j'ai à peu près répondu aux questions en même temps que j'ai pris note de toutes les suggestions.
Les autres, j'y étais revenu. On continue. -S.
Lecornu : Merci, M. le Président. On va prendre les questions désormais dans cette partie.
J'ai promis la parole tout à l'heure à madame, ici. Alors, allez-y, madame. Alors, on ne change pas les règles. 2 min maximum.
Plus on est discipliné, plus de personnes peuvent parler. Allez-y, madame. -F.
Ngo Nkeng Matip : M. le Président, je m'appelle Fidèle Ngo Nkeng Matip. Je suis présidente des associations Too High Spirit.
Danse, culture pour les enfants et les ados. Présidente de l'association des habitants dans le quartier de Noyer Renard, aide et soutien aux habitants des quartiers prioritaires parce que dans la ville d'Athis-Mons, il y en a plusieurs. Et je ne travaille pas seulement dans la ville d'Athis-Mons, je travaille aussi à Savigny.
J'ai vu le maire de Savigny tout à l'heure. Interlocuteur entre les bailleurs, animation de la ville, prévention et citoyenneté. Je suis la présidente du Comité des anciens d'Athis-Mons pour les retraités.
Animation, lutte contre l'isolement, soutien et aide. J'ai 3 questions à vous poser. Ma 1re question est sur le financement des associations dans le territoire.
Les délais de versement des subventions aux associations se rallongent d'année en année, mettant en péril la mise en place des projets et des actions pour la population sur le terrain et dans nos quartiers. (Applaudissements) En partie dû au nouveau découpage des régions. Pouvez-vous trouver une solution ?
Les décideurs à contacter et signatures à obtenir se multiplient et il faut faire le tour du département, de la région pour ne plus dire les services, les sous-services, pour déposer un dossier en 5 000 exemplaires des fois parce que un, deux, trois, quatre. Nous sommes des bénévoles, nous travaillons et on nous demande tout cela. En plus, on nous demande d'inscrire toutes les demandes de subvention dans des machines informatiques, qui ne fonctionnent pas des fois, et dans les délais, 48 h, demain, il faudra le faire.
Donc je crains que la prochaine simplification administrative, qui nous obligera à prendre l'avion pour obtenir le timbre adapté. (Applaudissements) Les financements arrivent des mois après que les actions aient été faites. Soit elles sont abandonnées, soit les bénévoles doivent, en plus, payer pour pallier à la défaillance de l'Etat.
Qu'allez-vous faire de concerte et appliquer demain ? -S. Lecornu : Merci beaucoup, madame.
La parole est à monsieur... -F.
Ngo Nkeng Matip : J'ai pas fini. -S. Lecornu : 2mn30.
Il faut que tout le monde se discipline. -F. Ngo Nkeng Matip : Je vais aller très vite, monsieur.
Mais il faut absolument que je le fasse. Le choix de la politique de la ville et leur cohérence. Quelques exemples.
Le fait de supprimer les subventions en cours d'année sur un dispositif, réussite éducative, entraîne la suppression des suivis et des postes d'accompagnement. C'est une nouvelle approche de l'intérêt de l'enfant et de sa famille. Multiplication des forums d'emploi permet d'employer des personnes sur l'accès de l'emploi qui disent tous la même chose, mais avec des mots différents.
A quand la création d'emplois et la réforme de la formation par le vrai professionnel ? Les bénévoles sont gratuits, mais ils ne sont pas des pions à disposition. Je finis, s'il vous plaît.
Le logement, c'est très important. -S. Lecornu : Oui, c'est très important. -F.
Ngo Nkeng Matip : Merci. -S. Lecornu : C'est pour les autres personnes dans la salle. -F.
Ngo Nkeng Matip : La nouvelle loi Elan a été votée le 24 novembre 2018. Et la loi rectificative est du 21 janvier 2019. L'habitat indigne sera mieux traité et résolu surtout avec la possibilité de facturation du permis à louer.
Qu'en est-il de l'entretien des collectifs par les bailleurs ? Ascenseur en panne, pas d'électricité dans les parties communes, pannes de chauffage ou d'eau chaude répétitives. L'utilisation de la TFPB permet à payer le fonctionnement à cause des critères inadaptés.
A quand une vraie protection des habitants des collectifs sociaux et non pas une aide au bénéfice des bailleurs ? Je vous remercie. -S.
Lecornu : Merci infiniment. La parole est à monsieur à l'extrémité. Allez-y, monsieur.
Vous avez la parole pour 2mn. -G. Bellanger : Guy Bellanger, président du SCA 2000 Evry, club omnisport de 2 700 adhérents.
Monsieur le Président, puisque je vois que vous êtes en tenue pour faire du sport, on va parler un peu sport. Le sport est un vecteur d'apprentissage de la vie sociale, de santé et d'épanouissement personnel. A ce titre, les actions destinées à favoriser le développement de la pratique sportive, font partie intégrante des politiques de la ville.
Ces actions ont pour objectif, en outre, d'offrir un accès égal et équitable aux équipements sportifs sur l'ensemble des territoires et pour l'ensemble des publics. Les activités physiques et sportives constituent un élément important de l'éducation, de la culture, de l'intégration et de la vie sociale. Elles contribuent notamment à la lutte contre l'échec scolaire et à la réduction des inégalités sociales et culturelles, ainsi que la santé.
La France qui organisera à Paris les Jeux olympiques en 2024, ce qui est une très bonne chose pour les sportifs, malheureusement, nous nous apercevons que nos espérances ne sont pas à la hauteur. Le CNDS se trouve amputé. Les emplois jeunes ou d'avenir sont supprimés, etc.
Et par ailleurs, nous constatons que le bénévolat se meurt, car les associations sont devenues des PME à gérer. Il devient de plus en plus difficile de trouver ou de mobiliser de bonnes volontés, qui, de plus, n'ont pas les compétences ou les formations nécessaires. Aujourd'hui, le nerf de la guerre, c'est effectivement le manque de bénévoles, et on constate que la relève n'est pas assurée.
Les raisons sont, entre autres, le manque de reconnaissance devant une telle charge et investissement personnel. Il faudrait un statut de protection individuelle face aux responsabilités et pourquoi pas un allégement fiscal du bénévole, comme on le fait pour les syndicalistes avec la déclaration des cotisations aux syndicats et aussi aux partis politiques. Des choses ont déjà été faites, comme la reconnaissance de la VAE.
Sur le plan financier, il faut absolument plus de stabilités et... -S.
Lecornu : Merci. -G. Bellanger : Et un engagement durable par projet, car on ne peut pas s'inscrire dans le suivi au niveau financier, quand on n'a pas au moins l'assurance financière sur le temps de la préparation, comme 4 ans pour les JO. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. Vraiment. Respecter la règle, c'est respecter les autres.
Comme dans le sport. -G. Bellanger : Voilà, exactement.
Ne peut-on pas envisager une déduction fiscale pour les bénévoles, aller plus loin sur la prise en compte des responsabilités morales et financières pour l'engagement public, aller plus loin sur la professionnalisation du bénévole par des détachements professionnels, comme si on pouvait aller vers la condition accordée aux syndicalistes et aux élus ? Et dernièrement, stopper la baisse des subventions ? -S.
Lecornu : Merci beaucoup. Madame, allez-y. Deux minutes.
Vraiment, je compte sur vous. -D. Ridereau : Deux minutes.
Bonjour. Je suis Danièle Ridereau, présidente du conseil citoyen d'Etampes et je travaille pour l'association Lumières des cinés, qui est une association qui fait de l'éducation à l'image, donc des films avec des jeunes des quartiers prioritaires. Alors je vais dire quelque chose qui ne va pas ressembler à cette action que fait Lumières des cinés.
Par exemple, quand on est à la Croix-de-Vernailles ou à Guinette, et qu'un jeune dit qu'il va au centre-ville, il dit qu'il va à Etampes. Or Guinette et la Croix-de-Vernailles, c'est à Etampes. Qu'est-ce qui se passe ?
Il ne se sent donc pas Etampois. Quand on lui demande : "Est-ce qu'il est français ?" Il dit : "Oui, je suis français, mais enfin non." En fait, il est né en France, quelquefois, ses parents sont nés en France, quelquefois ses grands-parents sont nés en France, et ils disent : "Je suis marocain".
Ou "Je suis autre chose", n'importe. Il y a vraiment des questions à se poser. La culture, et je sais que vous êtes sensible à cela, puisque vous aviez, dans votre jeunesse, pensé à prendre ce chemin de la culture.
La culture est très importante, parce que derrière la création d'un film, quand on invente une histoire, il y a le respect des idées de chacun, parce que tout le monde donne son avis. Il faut se respecter. Il y a l'égalité homme-femme, parce que dans les rôles, il faut bien des garçons et des filles.
Il y a plein de choses qui font que le jeune devient un citoyen. Et croyez-moi, je suis totalement d'accord avec Fidèle, avec ce monsieur. Nous avons des subventions qui arrivent au mois de juillet.
Moi, personnellement, j'avance quelquefois jusqu'à 6 000E de ma poche, vous entendez bien, pour que je puisse faire les projets. Alors, quand je dis j'avance, c'est ma banque qui accepte de...
Et je paye les agios. Et quand je reçois les subventions, je me rembourse. Eh oui, parce que je suis passionnée et que j'ai envie de faire les choses.
Ce n'est pas normal. Alors je ne sais pas ce que vous pouvez faire, parce qu'évidement, ces subventions, c'est le conseil départemental, c'est l'Etat, etc. Je sais pas, mais aidez-nous.
J'ai toujours rêvé d'écrire au président et je me suis dit : "Jamais il aurait ma lettre." Alors... je vous donne une lettre et quelques films que nous avons faits avec les jeunes d'Etampes.
Des documentaires fictions, des longs-métrages, des petits courts-métrages. Voilà. (Applaudissements) -S.
Lecornu : Bravo et merci à vous. On part dans le fond. On laisse la parole à madame, qui est là-bas, et ensuite à monsieur qui est là.
D'abord madame. Mais je sais bien, madame. Il n'y a pas de critères. -Bonsoir, monsieur le président. -S.
Lecornu : Allez-y, madame, pour deux minutes. -Bonsoir, monsieur le président. Je vais me présenter.
Je suis une maman de 5 enfants. J'ai eu la chance d'être un contrat aidé, si on peut appeler ça une chance, parce que, malheureusement, j'arrive à ma dernière année et je vais me retrouver sans rien, parce que je suis dans une réussite éducative qui est très active dans un quartier prioritaire, et en même temps je suis présidente du conseil du citoyen de ce quartier. La réussite éducative m'a ramenée beaucoup, parce que vraiment on travaille sur le terrain avec les enfants et avec l'accompagnement des mamans en difficulté et des familles en difficulté.
Je travaille pour la parentalité. Donc je sais qu'il y aura des subventions de la réussite éducative qui vont diminuer. Et malheureusement, c'est moi, le contrat aidé, qui vais payer un peu, parce que c'est tout à fait normal, les autres sont titulaires, mais pas moi.
Donc, c'est ma dernière année. Et aussi au niveau du conseil du citoyen, au nom de plein de conseils de citoyens, on a un réel problème au niveau des locaux. On n'a pas les locaux pour faire nos projets, parce qu'on n'a plein de projets, on monte des projets, on a des subventions, mais le problème qu'on a, c'est qu'on a l'impression qu'on a fait les choses à l'envers.
Ca veut dire qu'on nous a donné de l'argent, et après on a essayé de nous former comme on a pu, et après...
Moi, j'aurais voulu vraiment qu'on commence par le commencement : on nous forme, on nous donne des locaux et après on nous donne des enveloppes pour faire des projets. Ca n'a pas été du tout le cas. Et on se trouve avec des difficultés, comme a dit madame, à avancer.
Je vous dis chapeau, parce que vous pouvez avancer 6 000. Moi, c'est pas mon cas, parce qu'avec mon contrat aidé, je ne peux pas avancer 6 000, j'ai 5 enfants derrière. Donc je stagne, je recule, mais c'est vrai qu'à la fin, on nous donne un mois pour clôturer et finir un projet que normalement on doit faire pour une année.
Et on n'est pas du tout visibles sur le quartier, on n'a pas des locaux et on n'a pas les gens qui nous suivent et qui nous forment. Merci beaucoup, monsieur le président. -S.
Lecornu : Merci. Vous avez fait 2 minutes. Je vous en suis infiniment reconnaissant pour l'éternité.
Allez-y, monsieur. Allez-y, monsieur. Levez-vous, s'il vous plaît, monsieur.
Le monsieur qui est derrière. Voilà. Allez-y.
Excusez-moi, monsieur passe avant. Allez-y, on vous amène un micro. Le micro arrive, monsieur.
Et pour 2 minutes. -B. M'Baye : Monsieur le président de la République, permettez-moi de vous saluer et de vous remercier et de vous donner le bonjour.
Je vous dis bien bonjour. Mesdames et messieurs, merci aussi. La question que je vais poser... -S.
Lecornu : Présentez-vous juste, monsieur. Tout le monde n'a pas le bonheur de vous connaître. -B.
M'Baye : Je m'appelle Badiane M'Baye. Je suis coprésident et habitant du Conseil citoyen des Pyramides, d'une part, et d'autre part, je suis président de l'association Collectif de parents 91 aux Pyramides. Et cela fait déjà une vingtaine d'années que nous travaillons dans ce quartier.
Monsieur le président, la question que je vais vous poser, c'est que là, je vais prendre le contre-pied de tout le monde. On ne parle que des jeunes. Et les seniors, on n'en parle pas ?
Vous me suivrez, mais j'ai la liberté...
Au demeurant, nous sommes très actifs. Pensez à nous, de temps en temps. Remerciez les seniors.
C'est grâce à eux que vous êtes là. Eh oui ! (Applaudissements) Voilà.
Donc la question que je vous pose, c'est que je m'étonne un peu. L'employabilité des seniors. Je dis bien employabilité des seniors.
Dès qu'ils sont un peu âgés, ils ne travaillent plus, on ne s'occupe plus d'eux, on les ignore presque en totalité. Et cependant, c'est grâce à eux que le monde existe. La 2e chose aussi : je vais penser aussi à la difficulté qu'ils ont.
Par exemple, dans les quartiers difficiles comme les nôtres, il n'y a pas de sorties pour eux. Ils sont isolés. Tout à l'heure, quelqu'un a fait la remarque, l'allusion, mais c'est pire qu'un isolement, c'est de l'abandon total.
Il faudrait qu'on pense à eux. Les associations auront souhaité, parce qu'ils n'ont pas de subventions pour pouvoir les aider à sortir, il faudrait passer, là aussi, par les associations inclure une certaine somme pour que les seniors puissent sortir et travailler. Et 3e chose que j'ai demandée aussi, en ce qui concerne les transports.
La région qui s'appelle la région parisienne a pensé à la gratuité pour les seniors des transports. Est-ce qu'on ne pourrait pas penser à la gratuité pour les seniors à partir de 65 ans ? Ce serait intéressant, parce que nous avons beaucoup travaillé.
Il faut une récompense. -S. Lecornu : Merci beaucoup.
Il faut conclure, monsieur. -B. M'Baye : Ca y est, j'ai fini. -S.
Lecornu : Voilà. Bravo. Merci beaucoup, monsieur.
On laisse la parole au monsieur qui est derrière, et ensuite, on ira vers la dame qui est là-bas. La dame qui est derrière. Allez-y, monsieur, en 2mn. -N.
Méary : Monsieur le Président, Nicolas Méary, je suis le maire de Brétigny-sur-Orge, en Essonne. Dans une ville comme Brétigny, les habitants des quartiers en politique de la ville ont les mêmes problèmes que les autres. Ils ont des problèmes de pouvoir d'achat, de logement, d'emploi, de transport, de désertification médicale, mais ils se posent avec un peu plus d'acuité que les autres.
Ils ont aussi les mêmes espoirs, vivre bien, voir leurs enfants grandir. Et c'est parfois plus difficile pour eux que pour les autres de les voir se réaliser. Vous l'avez rappelé, c'est absolument essentiel, personne ne doit être assigné à résidence.
Tout le monde doit pouvoir, éventuellement, avoir la possibilité de penser à autre chose, de vivre ailleurs. Donc notre responsabilité, c'est que ça se passe bien pour ceux qui restent, ceux qui vivent dans ces quartiers. Et un des sujets qui n'a pas encore été abordé, c'est la question du respect de nos règles de vie collective.
Et c'est vrai dans la société française de manière générale. Et c'est peut-être un peu plus important qu'ailleurs dans les quartiers en politique de la ville. Récemment, une habitante me disait : "Monsieur le maire, ça fait 25 ans que j'habite ici, "dans un quartier en politique de la ville, mais aujourd'hui, c'est plus possible." La question : pourquoi ?
Parce que les problèmes de voisinage sont devenus de plus en plus importants, les problèmes, oui, de non respect. Quand on en fait la remarque, maintenant, on se fait insulter. Les problèmes de trafic sont devenus compliqués.
Et ce sont des problèmes qui existent pas seulement dans ces quartiers-là. Simplement s'est devenu plus compliqué qu'ailleurs et on arrive au constat qu'on ne peut plus vivre là, alors qu'on vivait bien avant, parce qu'on est très heureux pour plein d'autres raisons. Alors, ça pose évidement la question de quels moyens les pouvoirs publics ont pour faire respecter ces règles.
Ca passe par des questions de présence policière. Dans une ville comme Brétigny, il y a la question d'un commissariat de plein exercice. Mais c'est pas que Brétigny, le sujet.
Ca pose la question du soutien à la mise en place de dispositifs de vidéoprotection. Ca passe aussi par des règles, par la facilitation des procédures peut-être pour simplement faire respecter les règles qui existent. C'est-à-dire que, quand des locataires ne suivent pas l'usage du logement, quand il y a des infractions avérées, peut-être pouvoir faciliter les ruptures de bail, parce que cela met une responsabilisation sur chacun.
Ce n'est évidement qu'un des aspects du sujet, mais cette question du respect de nos règles de vie collective, ça se pose dans toute la société française et aussi dans nos quartiers en politique de la ville. Merci. -S.
Lecornu : Merci, monsieur le maire. J'ai promis la parole à madame, qui est dans le fond. Madame derrière, s'il vous plaît.
La dame qui est derrière. Mais bon, c'est pas grave. C'est vous qui décidez, mesdames.
La citoyenneté, c'est aussi la bonne entente. Derrière, derrière, pour le coup. Deux minutes, madame. -D.
Magassa Habibata : Merci, monsieur le président de nous donner la parole. Et je remercie les organisateurs de cette rencontre citoyenne et participative. Alors je me présente.
Je suis madame Diallo Magassa Habibata. Je suis adulte-relais de l'association APAJF à Massy. J'ai bien noté ce que vous venez de nous dire tout à l'heure sur les emplois aidés, sur les emplois francs.
J'ai bien noté ce que vous avez dit, mais moi, je suis là pour défendre mon poste. Je suis adulte-relais de l'association APAJF. Donc nous sommes dans un quartier prioritaire.
Je travaille sur le quartier Massy-Opéra, Bièvre-Poterne. Et je suis polyglotte. Je parle plusieurs langues.
Je fais de la médiation. En tant que médiatrice, en tant, si vous voulez, qu'adulte-relais, avec nos collègues, nous servons d'interface entre les familles et les enseignants, interface entre les familles et les institutions, tout ce qui est mairie, préfecture et ainsi de suite. Je suis étonnée que ce poste adulte-relais soit supprimé, alors que nous réussissons où les travailleurs sociaux ont du mal, parce que c'est des proximités.
Nous sommes à proximité des habitants tout le temps. Nous travaillons, on n'a pas d'heure, on ne compte pas nos jours, on ne compte pas nos semaines, les week-ends, de toute façon, moi, j'en ai pas. Chaque fois que je suis à la maison, on m'interpelle.
Donc je vis...
C'est mon emploi. Donc je suis là pour défendre ce poste. Alors nous sommes dans la ville, sur le terrain.
Nous tissons des liens de confiance avec les familles. Nous somme là aussi pour favoriser le vivre ensemble pour une cohésion sociale dans notre ville. Voilà. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. -Voilà, sur ce, merci de m'avoir écoutée, monsieur le président. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. On repartira dans cette zone. Je vais juste laisser la parole à madame le maire, qui me demande la parole depuis le début.
Le micro arrive, ne vous inquiétez pas. Tout se passe bien. Allez-y, madame, pour 2 minutes. -Merci, monsieur le Président.
Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple et vice-présidente à la politique de la ville de Grand Paris Sud. Tout à l'heure, vous nous avez donné plusieurs exemples en nous disant que votre volonté était effectivement de réduire les inégalités républicaines. Il y a du travail, monsieur le président, parce qu'elles sont très existantes encore.
En matière d'ANRU, par exemple, il y a plusieurs...
Et j'ai découvert, en étant vice-présidente à la politique de la ville de Grand Paris Sud, les différents niveaux d'ANRU. Nous ne sommes pas les mêmes, nous ne sommes pas traités de la même façon quand on est en ANRU régionale ou en ANRU nationale, pas les mêmes moyens et en plus les dossiers ANRU, c'est trop long. Tout un mandat pour monter le dossier et comment dire aux habitants de ces quartiers : "Vous vivrez mieux demain, dans 10 ans." C'est trop long.
C'est trop long pour les enfants qui vivent dans ces quartiers. De plaisir en déception, c'est beaucoup trop long. Et surtout, ne parlons pas que de bâti, dans l'ANRU, parlons aussi des gens, des personnes qui habitent dans ces quartiers.
Ensuite, on parlait tout à l'heure de l'éducation. Vous parliez de ceux qui sont à la bordure d'un certain nombre de choses. Savigny-le-Temple, 30 350 habitants, deux quartiers en QPV, pas de classement en REP plus.
La raison, nous ne sommes pas dans le décret de 2001. Je me bats depuis plusieurs années, mais je ne suis pas dans le décret. Et pourtant, tous les signaux de ces quartiers nécessitent un classement en REP plus.
Le pire, monsieur le président, c'est que la semaine dernière, j'ai reçu une lettre de la direction académique m'apprenant la fermeture potentielle de 7 classes sur ma ville, plus 3 sûres. Et je n'ai pas de classe de CP dédoublée. Alors optimisons, gardons ces classes et dédoublons les CP à Savigny-le-Temple.
Ensuite, quand on parle de l'école, on doit aussi parler de l'accès à la langue française. Nous sommes en train de mettre un GPS en place. Un service public d'accès à la langue française.
Il faut nous aider, bien évidement, sur ce sujet-là. Et quid de la mission aussi qui était menée par Thierry Lepaon ? Ensuite, nos villes.
On parle ici de quartier en politique de la ville, et quand on parle de villes, on les compare toutes en fonction de leurs strates de population. Par exemple, quand vous recevez la chambre régionale des comptes, ils vous disent : "Mais vous avez pas suffisamment de marge d'autofinancement. Mais en fait, vous n'êtes pas tout à fait dans les cases." Mais on y sera jamais.
On y sera jamais, dans les cases. On le sait. Puisqu'on a 60 % de notre population qui ne paie pas l'impôt, toutes taxes confondues.
La mobilité, vous le savez très bien. Nous avons dû nous battre de manière particulièrement citoyenne l'année dernière pour obtenir l'accessibilité à la gare de Savigny-le-Temple. Merci, Stéphane Beaudet, au passage.
Tout simplement, parce que nous étions prévus avant pour avoir des travaux à partir de 2017, puis ensuite repoussés aux calendes grecques. -S. Lecornu : Il faut conclure. -M.
Pichery : Et enfin, le maintien des services publics. Ca, je voudrais le dire, monsieur Lecornu, parce que ce n'est pas acceptable. C'est pas acceptable.
Si vous voulez, monsieur le président, c'est un petit peu, venez vivre notre vie de maire. Vous connaissez l'émission "Vis ma vie" ? Moi, je vous propose de venir vivre la vie d'un maire de grande banlieue, avec des quartiers en politique de la ville, en plus.
Tout simplement parce que nous rénovons un ancien centre commercial qui a 40 ans. Vous disiez la Poste fait beaucoup, mais nous, nous faisons beaucoup pour la Poste aussi, parce que, tout simplement...
Mais c'est vrai. Tout simplement, si nous n'avions pas demandé à être propriétaires des locaux et si nous n'avions pas aménagé la Poste pour 370 000E, ce quartier à la limite d'un quartier limitrophe de politique de la ville, où il y a des seniors, justement, monsieur, eh bien, il n'aurait plus de Poste. Je trouve ça vraiment pas acceptable.
Alors, monsieur le président, il y a des vrais sujets à traiter au concret. Nous avons besoin de réponses concrètes, sinon le pacte républicain, il n'existera pas et nous serons les humiliés de la République. -S.
Lecornu : Merci. On laisse le micro à votre collègue, maire déléguée de la commune d'Evry et première adjointe de la commune qui nous accueille. Allez-y, madame.
Evry-Courcouronnes. Maire déléguée de la commune d'Evry, commune associée. -D.
Valéro : C'est ça et 1re adjointe d'Evry-Courcouronnes. Depuis le 8 janvier, c'est-à-dire, il n'y a pas très longtemps. Monsieur le président, une incompréhension et une question.
L'incompréhension, personne n'en a parlé, c'est la façon dont vous avez permis aux villes de revenir en arrière de la réforme des rythmes scolaires, les quatre jours. Pour des villes comme les nôtres, c'était majeur. Quand les enfants vont bien, il n'y a pas de problème, on peut aller à l'école, 2 jours, 3 jours, peu importe.
Mais en quartier politique de la ville telle qu'on est, nous, tout le monde sait que la semaine des quatre jours, c'est-à-dire pas les 5 matinées qui se succèdent, creuse les inégalités. Et là, c'est de votre responsabilité, puisque vous avez permis et qu'évidement avec la somme des intérêts particuliers des enseignants, des parents, etc., eh bien, pratiquement plus de villes ne seront à 4,5 jours au mois de septembre.
Et ce qui s'est passé, c'est qu'on a perdu les dotations de l'Etat. Evry-Courcouronnes 800 000E en moins pour faire les ateliers périscolaires. Tout le monde nous a demandé de continuer les ateliers, évidemment, sans les sous que prend, dans ces cas-là, évidemment, la collectivité.
Dans le même temps, la réussite éducative. Ca a été beaucoup cité, la réussite éducative, et c'est très bien. A Evry-Courcouronnes, on suit 500, 600, 700 enfants sur tous les sujets, y compris les sujets de médecine auxquels ils n'auraient pas accès si on n'était pas là.
Hélas, la semaine dernière ou la semaine d'avant, la préfecture nous dit : "Vous aviez 100 % d'une certaine somme, vous allez faire 85. Cherchez les 15." Comment je fais, moi, pour choisir entre un Atelier santé ville, la réussite éducative, Alternative Suspension, où on s'occupe des enfants exclus des collèges, sinon personne ne s'en occupe et ils sont dans la rue.
Et monsieur le président, l'incompréhension du Réseau français des villes éducatrices, dont je fais partie comme d'autres, Orly et Clichy, c'est que, dans le même temps, vous nous dites : "scolarisation obligatoire à 3 ans." Très bien. Ici, pratiquement tous les enfants sont scolarisés.
On a des classes de TPS, des classes passerelles. Mais nous, au Réseau des villes éducatrices, on a très vite vu que ça c'était le cadeau aux écoles privées. C'est-à-dire que vous demandez aux villes qui ont des écoles, évidemment, sous contrat dans leur commune, vous demandez aux villes 180 millions d'euros pour financer les fameuses écoles privées.
Je parle de l'âge maternel. Ca commence à être un peu technique. N'empêche que sur les 180 millions, l'Etat ne va compenser que de 40.
Et voilà. Juste pour vous dire que l'école publique a tellement besoin que nous ne sommes absolument pas d'accord. Et donc, oui, à la scolarisions à 3 ans, mais non au financement de l'école privée par ce biais. -S.
Lecornu : Merci. On laisse la parole au maire de Viry-Châtillon, qui la demande depuis le début du débat. Deux minutes, monsieur le maire. -J-M.
Vilain : A peine 2 minutes. 2015, monsieur le Président, fermeture de la CPAM. 2016, c'est la fermeture du poste de police municipale. 2018, 31 décembre, fermeture de la trésorerie.
Et puis vous avez parlé de la Poste avec des mots sympathiques, j'allais dire. Pour ma part, c'est fermeture d'un bureau de poste, mais en QPV. Donc, quand on essaie d'expliquer aux gens que dans les années qui viennent, on va réussir à leur redonner confiance, je pense que c'est un très mauvais signe, justement, qu'on leur donne.
Le pire, c'est que là où on travaille dans un projet de MSAP, on nous annonce, dans le même temps, que les labellisations sont gelées. Donc il va falloir qu'on nous explique ça également. Et puis... difficile aussi de ne pas oublier que l'hôpital de Juvisy est en grand danger, que la désertification médicale, elle n'est pas simplement rurale, elle est aussi dans nos banlieues.
Moi, tous mes habitants passent leur temps, lorsque nous avons des permanences en mairie ou au téléphone, à me demander si je connais enfin un médecin qui voudra bien les recevoir. Ne serait-ce que ça, j'aimerais bien que vous nous donniez des réponses. Merci à vous. -S.
Lecornu : En une minute. Chapeau, M. le maire.
On laisse la parole à la dame qui est derrière vous, qui la demande aussi depuis très longtemps. Allez-y pour 2 minutes. -M.-C.
Nouhaud : Qui est maire d'Avon, commune de Seine-et-Marne tout prêt de Fontainebleau. Alors, M. le Président, déjà, merci beaucoup pour ce débat qui nous donne cette proximité avec vous.
Fontainebleau et Avon forment une seule agglomération. Je vais revenir, en fait, sur ce qu'ont dit mes collègues depuis le début de ce débat. C'est-à-dire avant tout pour moi, dans les quartiers politiques de la ville, la nécessité de structures et d'équipements publics qui donnent aux gens de ces quartiers la certitude qu'ils sont comme les autres.
Et j'ai bien aimé la formule qui avait été : "Ce ne sont pas des quartiers, ce sont la France." Chez moi, les gens, ils ont besoin d'avoir des bus qui fonctionnent, d'avoir des trains qui fonctionnent pour aller travailler, ils ont aussi beaucoup besoin de sécurité. La délinquance gangrène vraiment ce quartier, le quartier politique de la ville que j'ai, de plus en plus.
Ils attendent de la sécurité. Il y a un projet de commissariat qui doit être reconstruit sur notre agglomération. Je me bas depuis 4 ans pour que ça soit à proximité de ce quartier politique de la ville, parce que du coup, je suis sûre que ça réglera énormément de problèmes.
Et aujourd'hui, les familles qui quittent ce quartier, elles le quittent à cause de la sécurité. Vraiment. Donc, la réponse qui m'est donnée depuis 4 ans, j'ai le soutien pourtant de ma députée, Valérie Lacroute, qui est présente ici, c'est le gouvernement, votre gouvernement.
Enfin, ce n'est pas que le vôtre d'ailleurs parce que ça fait 4 ans. L'Etat ne tranchera pas entre 2 maires. Comment voulez-vous que j'explique ça à des habitants ?
Comment voulez-vous que je dise : "L'Etat ne tranchera pas entre 2 projets." Dont un est un million moins cher, celui d'Avon, et également nettement mieux adapté techniquement une étude de votre ministère de l'Intérieur que j'ai d'ailleurs apportée pourra vous le démontrer. Voilà, M. le Président.
Je me permettais quand même de venir sur ce point et puis vous dire que vraiment, les structures et l'équipement public... -S.
Lecornu : Merci, Mme le maire. Donnez le micro à la dame qui est derrière vous. Puis ensuite, on fera monsieur le maire qui est derrière.
On avance comme ça. Et je reviendrai par là, je vous l'ai dit. Non, mais...
ça va bien se passer. Allez-y, madame, pour 2 minutes. -M.-P.
Bouyika : 2 minutes. M. le Président, merci de... merci de nous retrouver dans cette salle de la toute nouvelle ville d'Evry.
D'Evry-Courcouronnes. Merci, monsieur Francis Chouat. Alors, nous retrouver dans cette salle nous permet, comme a dit madame qui est en face de moi, c'est une proximité.
Ca nous permet de nous retrouver entre institutionnels ou institutions et la société civile pour parler des questions de construction ou de correction pour le fonctionnement de la politique de la ville. Je suis Marie-Paule Bouyika. habitante des Pyramides, vice-présidente du conseil des Pyramides et coordinatrice des actions de citoyenneté et de cohésion sociale de l'association 402.
La 402-GVHa, c'est une association de défense des droits fondamentaux et des activités civiques. Nous puisons notre base sur les piliers de la politique de la ville en lien avec les contrats de ville en Essonne. Alors, ce soir, nous aimerions intervenir sur 3 questions.
Je vais pas prendre plus de 2 minutes. 3 questions. Premièrement, nous aimerions évoquer la question des contrats de ville.
Alors, les contrats de ville, depuis la signature en 2015, nous sommes en 2019, a-t-il eu une évaluation ? S'il y a eu une évaluation, le bilan qui a été fait a-t-il était public ? Dans les prochains jours, nous aimerions bien que la société civile qui bénéficie des actions de ces contrats de ville participe au comité de suivi et d'évaluation. 2e point, c'est la question de la jeunesse.
Alors, la question de la jeunesse, il y a des choses que je ne reviendrais pas dessus parce que... -S.
Lecornu : Parce qu'on n'a pas le temps. -M.-P.
Bouyika : Ca a déjà été évoqué. Alors, en tant que coordinatrice des actions citoyennes et de cohésion sociale. Ca vous va comme ça, monsieur ?
Et de cohésion sociale, nous travaillons avec les jeunes d'Evry et de Grigny, d'autres villes aussi, mais principalement ceux qui sont nombreux dans le dispositif sont ceux de Grigny et d'Evry. Nous travaillons sur les questions de citoyenneté et de cohésion sociale en mettant l'action sur l'intercommunalité. J'ai entendu parler des gares de ghettos.
Alors...
Alors, les ghettos, comment est-ce qu'on pourrait casser ces ghettos ? Comment est-ce qu'on pourrait faire la guerre... aux ghettos ?
Comment casser les ghettos ? Nous avons pensé à mettre les jeunes de différents territoires ensemble. Ceux d'Evry, des Pyramides, nous arrivons à les emmener à la Grande Borne les samedis quand toutes les structures sont fermées.
Nous allons à la Grande Borne avec ceux d'Evry pour parler d'action, pour parler citoyenneté. Aujourd'hui, quand j'étais conviée à cette action, j'étais en action avec les jeunes d'Evry à Grigny. Ils m'ont demandé : "Quand vous irez à la concertation, "enfin, au Grand débat ou au Débat national, "vous donnerez l'enveloppe à monsieur le président "en disant ceci, que nous sommes prêts "nous sommes prêts à nous mobiliser "pour échanger avec lui sur notre engagement citoyen au service de la République." M. le Président, je vous laisserai l'enveloppe. -S.
Lecornu : Merci à vous. Merci beaucoup, madame. On remet l'enveloppe au président et vous pouvez laisser la parole au monsieur qui est derrière, qui est maire.
Allez-y, monsieur. Je vous laisse vous présenter. Merci, madame.
Pour 2 minutes. -E. Mehlhorn : Merci, madame.
Merci, M. le Président de la République. Eric Mehlhorn, maire de Savigny-sur-Orge.
M. le Président, je me permets de vous interpeller parce qu'il y a eu une remarque tout à l'heure faite par l'un de mes collègues, mais à moins que j'ai manqué d'attention, je n'ai pas entendu la réponse. Savigny fait partie de ces communes dites carencées.
Nous avons aujourd'hui 16 % de logements sociaux. Nous sommes une commune qui bénéficie de l'ANRU. Et d'ailleurs, monsieur le ministre du Logement m'a fait le plaisir de nous accompagner il y a une quinzaine de jours pour la signature.
Cependant, on a tendance à penser que nous sommes un peu dans la double peine. Nous devons payer cette pénalité pour la loi SRU. Nous voulons revoir le visage de notre quartier difficile.
Et d'ailleurs, nous prévoyons d'y investir quasiment 18 millions. Ma remarque sera simple : pensez-vous modifier cette loi SRU alors que les communes souhaitent faire des efforts pour augmenter leur nombre de logements sociaux et bénéficier en parallèle de l'ANRU. J'ai tenu 2 minutes. -S.
Lecornu : Largement. Merci, M. le maire.
Madame, vous avez la parole. Allez-y, on avance. Allez-y.
Le micro arrive de l'autre côté. Pour 2 minutes, madame. -Bonsoir, monsieur le président.
Je suis Mme Ociby, membre du CNV. et je suis aussi conseil citoyen à Rouen, quartier Grammont. Donc j'ai fait le trajet pour venir de Rouen pour assister au débat.
Et en venant, je me disais : Est-ce que ça va être un débat comme celui que j'ai eu à Rouen ? Ben non. Là, c'est vraiment un vrai débat.
Bravo. Parce qu'à Rouen, on en a eu avec le député, mais impossible de parler, de poser des questions. On est arrivés, il y avait des questionnaires.
Il fallait répondre par oui ou non. Et que c'était depuis le sommet. Donc ce n'était pas vraiment un débat.
Si, monsieur le président, (Rire), vous pouvez faire... (rire) Si, monsieur le président, vous pouvez nous aider à faire suivre les choses pour qu'à Rouen ou dans d'autres villes, qu'on ait des vrais débats comme ça, ça serait bien.
Ca me permettrait de ne pas venir. J'ai laissé mon bébé de 4 mois à l'hôtel avec une amie qui s'en occupe parce que je voulais vraiment assister, participer à ce débat et que j'espère qu'à Rouen, on aura un vrai débat parce que, le citoyen...
Vous avez besoin de vous rapprocher du citoyen et de retrouver leur confiance. Donc je rejoins un des maires qui a dit...
Il faut vous entourer des bons maires, des bons élus pour pouvoir bien avancer et que les choses aillent très bien. -S. Lecornu : Merci beaucoup pour ce témoignage.
M. le maire d'Argenteuil. Cher Georges, tu demandais la parole... pour 2 minutes. -Merci.
Georges Mothron, maire d'Argenteuil, 3e ville d'Ile-de-France et 1/3 de ses 112 000 habitants en politique de la ville. Monsieur le président, 800 emplois risquent de disparaître d'Argenteuil. 800 emplois risquent de disparaître d'Argenteuil.
Je vous appelle au secours. L'entreprise Dassault Aviation envisage de quitter Argenteuil. Comment pouvez-vous laisser tomber notre ville que vous avez vous-même qualifiée de territoire d'industrie, c'est-à-dire de territoire prioritaire pour l'emploi ?
Comment pouvez-vous abandonner ce territoire si enclin à la radicalisation ? Comment pouvez-vous oublier qu'Argenteuil fut le berceau de l'aviation ? Alors, monsieur le président, je suis venu vous demander votre aide.
Je suis venu vous demander un rendez-vous pour sauver nos emplois. Je vous redis qu'à Argenteuil, nous avons toujours répondu présent à vos demandes que ce soit pour la modernisation des services publiques ou la lutte contre la radicalisation. Alors s'il vous plaît, accordez-moi un rendez-vous.
Merci d'avance, monsieur le président. -S. Lecornu : Merci, Georges.
On laisse la parole au monsieur derrière. Allez-y. -Bonjour, monsieur le président de la République.
Ahmed Imzil, du conseil national des villes, ex-leader du réseau Droit de cité, qui m'a apporté une bonne expertise dans les 4 coins de France, banlieue, ville et monde rural. Il ne faut pas opposer le monde rural et le monde de la banlieue. Juste, ça va être rapide.
J'ai énormément de choses à dire. La parole est libre, mais il y a une chose, un sujet que je n'aborderai pas ici pour des raisons de sécurité personnelle. Donc ce que je voulais dire par là, aussi, heureusement que la politique de la ville existe parce que sans la politique de la ville, je pense qu'on est tous d'accord ici, on ne sait pas comment les choses pourraient tourner.
Aujourd'hui, juste insister sur une chose. En fait, par rapport au contexte actuel, il faut que nous soyons tous responsables. La politique de la ville existe depuis 40 ans.
Vous n'êtes pas comptable de ce qui se passe aujourd'hui. Elle existe depuis 40 ans. QPV, c'est le critère du taux de pauvreté.
Là, tout est résumé. Il faut être responsable car, demain, dans notre pays, on ne sait pas, avec la montée des extrêmes, des identitaires, on ne sait pas où peut aller le pays aujourd'hui. C'est pour ça qu'il faut une certaine responsabilité aujourd'hui.
L'heure est grave et très grave. Si on est tous réunis ici, c'est que le sujet le méritait. Et donc...
Juste s'appuyer sur les associations de proximité, qui sont vraiment des courroies de transmission, qui sont des digues républicaines car la nature, elle a horreur du vide. Derrière 1 euro investi dans une assoce de proximité, c'est énormément de travail derrière, avec des bénévoles. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. Merci infiniment. Monsieur le maire, vous avez demandé la parole. -Merci beaucoup.
C'était Xavier. C'est pas grave. -Allez-y. -Tu l'auras tout à l'heure.
Monsieur le président, bonjour. Stéphane de Paoli, maire d'une petite bourgade en Seine-Saint-Denis où vous êtes venu 3 fois, dont la dernière fois était pour déclarer votre candidature. Voilà, Nous sommes... (rire) Nous sommes dans la métropole du Grand Paris. et comme d'autres métropoles, bientôt, la ZFE, la zone à faible émission, va être, comment dire, mise, et chaque maire va prendre sa responsabilité pour le mois de juillet, pour faire un arrêté.
Pour faire les critères...
Enfin, pour, comment dire, que les critères, 5 minimum, 5 et plus, soient, comment dire, bannis de leur ville et de la Métropole. Simplement, quand vous pensez que Bobigny est une ville de 52 000 habitants avec...
Je ne parle pas que de moi. Je parle de moi, mais d'autres villes en Seine-Saint-Denis, voire, comme je l'ai entendu, dans la Métropole et voire en Ile-de-France, ont des difficultés. Et nous sommes une ville de 52 000 habitants avec 73 % de QPV, 62 % de logements sociaux.
Et bientôt, en 2022, nous aurons 73 % de nos véhicules qui ne pourront plus rouler dans la métropole du Grand Paris, puisque les critères 3, 4 et 5 devront être bannis de la Métropole. Donc je vous demande, je pose une question pour savoir comment vont faire les Balbyniens et les Balbyniennes et tous ceux qui sont dans l'A86 puisque la ZFE, c'est surtout à l'intérieur de l'A86, pour acheter un véhicule pour une famille de, on va dire, un couple et 4 enfants qui gagne 8 000, 8 500 E, on va dire, par an pour pouvoir se payer une Zoe ou une autre, n'importe, alors qu'ils sont, comment dire, six dans un petit véhicule comme ça qui coûtera avec les primes... et encore s'ils ont une voiture à mettre à la casse, 10 000 E maximum.
Je sais, j'ai compris. Je fais vite. Il y a tellement de sujets à débattre.
Mais je sais. Voilà. Donc voilà, je vous annonce...
Je vous annonce que nous, nous faisons, comment dire...
Alors nous sommes OK parce qu'effectivement, il y a des malades et 5 000 morts par an, mais comment fait-on quand on n'a pas d'argent, quand on est dans une banlieue pauvre pour se payer un véhicule propre ? Je vous pose la question. Je pose la question à tout le monde.
Nous, nous avons fait une pétition pour dire non à la ZFE. Merci. -S.
Lecornu : Merci, M. le maire. La parole à un autre maire.
Monsieur Lemoine, vous avez la parole pour 2 minutes. -Monsieur le président, merci pour de cette initiative. Vous avez voulu pour parler des politiques de la ville être entouré de la société civile.
C'est une très bonne chose, mais également, les élus sont majoritairement des maires. Et je crois que ce sont les maires qui, au quotidien, dans la connaissance très fine qu'ils ont de leur ville, sont les meilleurs acteurs. Or dans le cadre de la Métropole et de la constitution des territoires, on a brutalement confisqué aux maires un certains nombre de prérogatives.
Si c'est les poubelles et l'assainissement, ça va, ce sont les syndicats techniques. Mais si c'est le développement économique, si c'est l'habitat, le logement, la politique de la ville, ça, c'est beaucoup plus embêtant. Pour les territoires qui sont issus d'anciens PCI, et qui ont mis 20 ans... -S.
Lecornu : Vous êtes en Seine-Saint-Denis. -Petite couronne. Pour ses départements, c'est dans l'histoire et sur une vingtaine d'années qu'ils se sont constitués.
Aujourd'hui, c'est extrêmement violent et extrêmement frustrant, et je pense que la réactivité et la proximité qu'ont les maires doivent être sauvegardées. Donc je suggère que l'on puisse trouver une souplesse dans les transferts de compétences qui sont intervenus dans la confection des métropoles. 2e sujet très rapide.
Les milliards que l'ANRU a investis, c'est une très, très belle chose à une condition, c'est qu'on fasse attention au service après-vente. Et la gestion urbaine et sociale de proximité nécessite des moyens. Autrement, dans 10 ans, nous aurons tous à recommencer, mais personne ne voudra recommencer parce que ça aura été un fiasco collectif.
Et la loi Elan a tout de même fragilisé un certain nombre de bailleurs qui sont en train de se rétracter concernant les équipes de terrain en termes d'entretien et de proximité. Vrai sujet. 2 minutes, ça passe vite. 3e élément, et je vais peut-être détonner dans l'assemblée.
Je suis assez critique sur les conseils citoyens, sur le principe même. J'étais vice-président du Conseil national des villes lorsque ça a été en discussion. Je sais idéologiquement d'où cela vient.
Et je pense que je n'ai pas moins ou pas plus de légitimité sur un quartier ou sur un autre. Ou alors tous les quartiers de ma ville ont tous des spécificités qui méritent une expertise des habitants. Et auquel cas c'est vrai partout, mais ce n'est pas vrai pour un type de quartier et pas un autre type.
Et là aussi, je suis un peu en décalage. C'est juste pour ouvrir le débat et je me tais. -S.
Lecornu : Merci, M. le maire. Le président de la République souhaite faire un cycle de réponses.
Oui. Alors, il y a plusieurs questions qui ont été posées et je laisserai, peut-être, le ministre dire quelques mots sur vos situations particulières. Parce que je ne voulais pas laisser passer les propos que vous avez tenus où vous parlez de vous et de ce que vous faites au quotidien, les unes les autres, les uns les autres.
Bon. Je crois que la réponse à ça...
D'abord, je comprends qu'il y ait une situation d'urgence qui sont les moins 15 % et la régulation budgétaire. Donc ça, il faut qu'on trouve une solution. Mais on ne va passe se mettre à faire en ce moment l'inverse de ce qu'on voit comme étant nécessaire.
Donc ça, il faut qu'on regarde. On va regarder avec les ministères et les préfets pour qu'on puisse ne pas avoir un dispositif qui tombe en plus du reste. Parce que de manière aveugle, on dit à tout le monde : c'est moins 15 %.
Ca, c'est ce qu'on appelle le coup de rabot. Ce n'est pas une bonne chose. Je vous ai dit que j'assume la part de transformation, le fait qu'il faut sortir du mécanisme des contrats aidés, aller vers des dispositifs qui sont plus adaptés où on forme, on accompagne, mais je ne vais pas vous dire qu'en même temps, dans l'année, on arrête tout ce qu'on a fait.
La vraie réponse au-delà de ce qu'on va cogiter, là, à très court terme, c'est la pluriannualité. Moi, ce que j'évoquais tout à l'heure, ce qui répond à votre, à ce que vous arrivez à faire aujourd'hui, ce qui est anormal, mais le fait que l'on s'appuie totalement sur vous, ou ce que vous, vous décrivez une hôte comme étant devenue insupportable Vous aussi, madame, qui avez posé...
C'était vous, pardon. ...la première question, c'est qu'on ne vous donne pas de visibilité.
C'est qu'au fond, vous, la maille est plus fine, pour reprendre les propos de monsieur du Secours populaire. Mais les toutes petites associations n'ont pas cette visibilité à travers le temps. Et donc ça, c'est ce qu'on veut pouvoir apporter.
Alors il y a déjà des travaux qui ont été fait par le gouvernement et les parlementaires pour les associations. Les associations vont bénéficier...
Elles bénéficient à partir du 1er janvier des allégements des charges, parce qu'on parle toujours de cet... du CICE qui est transformé en allégement de charges.
Les 1ers gagnants sont ceux qui ne touchaient pas le CICE. Le monde associatif, il n'est pas à l'impôt sur les sociétés. Et donc vous allez trouver...
Il y a le CITS, tout à fait. J'entends des spécialistes qui parlent de la chose. Donc quel que soit le statut, ils vont tous le toucher.
Et il y a le mécanisme CITS qui permet justement d'accompagner. Mais au-delà de ça, ce qu'on veut mettre en place, c'est visibilité pluriannuelle, les idées qui ont été déjà suggérées...
Moi, je pense qu'elles sont sur la table dont l'emploi associatif. Mais redonner la possibilité d'aller de l'avant sur ce point. Ca, c'était le 1er sujet qui rejoint toutes vos prises de parole.
Mais on sera au rendez-vous. Je ne peux pas vous dire qu'on laisse détricoter les choses après ce que j'ai entendu de témoignages et d'engagement qui est le vôtre. Après, je crois profondément qu'on peut changer beaucoup de choses, mais il faut le faire dans le temps en accompagnant.
La liberté qui a été offerte dans ce cadre-là, moi, je l'assume totalement. C'est la liberté. Si on croit que... la conjugaison des choix, certes individuels, mais enfin, c'est ça, dans une société.
A partir du moment où l'autre solution reste possible et forcément mauvaise, on s'entend plus. Je pense que tout le monde avait contesté le fait qu'on avait poussé tout le monde à la semaine de 4 jours. Les études, objectivement, qui ont d'ailleurs, toutes été données, le ministre l'a longuement expliqué...
Aucune étude n'établit que c'est plus porteur qu'une autre. 4 jours, 4 jours et demi, c'est un débat interminable. Ca dépend de votre structure familiale, ça dépend...
Il y a des enfants à qui ça réussit, d'autres auxquels ça ne réussit pas. En tout cas, il n'y a pas de vrai élément scientifique là-dessus. L'élément scientifique, on l'a établi sur le...
Dans les milieux qui en ont le plus besoin, où les élèves arrivent avec moins de bagages, c'est de réduire le taux d'encadrement, pardon, d'avoir un taux d'encadrement plus important et donc d'avoir moins d'élèves par classe. Non, mais c'est 12 élèves. C'est ce qu'on a fait avec le CP-CE1.
Donc c'est ça qu'il faut généraliser. Mais le 4 jours, 4 jours et demi, sincèrement... j'assume totalement.
Il fallait laisser cette liberté. Et après, c'est un choix. Je sais la pression que vous avez, par ailleurs, de la part des parents pour continuer à assurer des services.
Et ça, ça s'explique. Il y a eu un mécanisme qui est descendu en sifflet. Mais je pense que donner la liberté n'était pas une mauvaise chose.
Après, le 3 ans à l'école maternelle, là, je suis preneur de la démonstration, mais ce n'est pas vrai que ça avantage le privé ou le privé sous contrat. C'est peut-être parce que vous avez une structure d'école toute particulière. Mais dans ce qu'on va faire, on va accompagner l'ensemble des écoles qui vont mettre en place, en effet, des dispositifs.
Alors on ne couvre pas la totalité, mais il y aura un dispositif d'accompagnement. C'est pour ça qu'on ne l'a pas fait dès cette rentrée. Oui.
C'est tout à fait vrai. C'est pour ça qu'il y aura un mécanisme aussi d'accompagnement qui sera fait dès la rentrée prochaine. Je ne voudrai pas qu'on rouvre une bagarre école privée sous contrat contre école publique sur ce sujet parce que ce n'est pas la réalité.
Mais la réalité, c'est qu'on a beau dire qu'il y a environ 97 % des jeunes entre 3 et 6 ans qui sont à l'école maternelle. D'abord, c'est dans les endroits les plus pauvres, encore plus ultramarins, d'ailleurs, qu'hexagonaux que les enfants ne vont pas à l'école entre 3 et 6. Et ensuite, dans beaucoup de quartiers qui sont en difficulté, la situation à laquelle on assiste, c'est qu'ils y vont le matin, mais ils sont repris par les familles l'après-midi.
Or c'est là que se joue l'acquisition du langage et beaucoup de choses. Donc cette reforme en termes d'investissement dans les jeunes est fondamentale. Après, on va regarder votre cas particulier.
Peut-être que vous avez sur votre ressort plus d'écoles privées ou autres. Mais en tout cas, il n'y a pas de billet de cette nature. J'ai répondu, par ailleurs, à la question sur la réussite éducative et la régulation qui a été faite et sur les rythmes scolaires.
Donc ça, c'était sur le sujet scolaire dont on a déjà beaucoup parlé. Sur les associations, le ministre reviendra sur d'autres points. Vous avez parlé du sport.
Bon. Le sport...
D'abord, vous avez totalement raison. Moi, j'y crois beaucoup dans le projet éducatif au sens large. Et d'ailleurs, pour moi, je dis souvent, il y a 2 investissements dans la République.
On a, toute à l'heure, parlé de dépense sociale. J'aime pas les mettre toutes au même niveau. La santé et l'éducation, c'est de l'investissement.
Parce que ce sont des dépenses où on investit dans les personnes et on leur donne une capacité à agir et à faire ou à se protéger des coups de la vie. Et donc, ces 2 piliers...
Pour moi, notre société, elle doit avoir un projet éducatif et un projet sanitaire extrêmement forts. C'est le coeur des reformes qu'on a lancées, de l'investissement qu'on met et des moyens que j'assume. Le sport, il s'inscrit complètement là-dedans.
C'est pour ça qu'on s'est battu tous ensemble pour avoir ces JO. C'est pour ça que ces JO, on les inscrit dans cette perspective. J'ai eu l'occasion, avec quelques-uns qui sont ici, dans la salle, lorsqu'on a ouvert la Maison du hand à Créteil, de le rappeler.
Bon...
Mais derrière, ça suppose aussi de la même manière que tous les territoires aient une déclinaison. Aujourd'hui, on n'est pas au rendez-vous de l'ambition que ce grand évènement de 2024 doit avoir pour les quartiers d'Ile-de-France qui sont les 1ers concernés. Donc on va travailler parce que là, je ne suis pas content.
On a une charte qui a été signée qui permet d'avoir des 1ers éléments sur, en effet, les garanties d'embauches et autres, mais ça reste trop faible. On doit avoir, avec l'horizon 2024, une vraie capacité à tirer, d'abord, le sport à l'école, à tirer le sport bien-être, à tirer et structurer toutes les fédés qui sont prêtes à jouer le jeu - elles sont toutes prêtes à jouer le jeu - avec une vraie réflexion sur le sport bénévole. Vous avez parfaitement raison.
Ce n'est pas une réflexion qui date d'hier, mais ça fait partie des engagements qu'a pris la ministre, avec en même temps une plus grande responsabilisation qui a été donnée aux fédés avec l'agence. On remet du pacte avec les territoires et on remet des fédérations qui sont plus en charge, mais avec également une retombée, quand il y a ce genre d'évènement, sur les territoires qui sont les 1ers concernés. Et aujourd'hui, il est clair que, si je puis dire, la région et particulièrement, la Seine-Saint-Denis, parce qu'elle est la plus impactée par quelques grands équipements n'a pas le juste retour.
Donc ça, c'est un point qu'on va retravailler. Mais le sport, il est au coeur de la logique que je porte, à laquelle je crois. Et le sujet des bénévoles, vous avez raison de le rappeler, fait partie des sujets qu'on va ouvrir, intégrer.
Il y a le sujet du statut, il y a le sujet de la responsabilité. Et les bénévoles dans les secteurs que vous avez évoqués, comme les aidants dans d'autres secteurs qu'on n'a pas évoqués, c'est la même chose. Qu'est-ce que c'est ?
C'est la part qu'on donne à la République. C'est comment on reconnaît dans son cursus de vie quelque chose qui est un engagement, mais qui fait que si la personne n'était pas là, on devrait avoir un permanent, on devrait avoir un fonctionnaire. La collectivité devrait dépenser.
Et donc il faut que dans le cursus de vie, ce soit intégré quand on est un bénévole, quand on est un aidant. Et donc on est en train de parler de cette grande reforme des retraites, je pense que c'est quelque chose qu'il faut intégrer à la réflexion et qui doit être intégré, justement, au débat et à sa préparation. Bon.
J'ai bien noté... les différentes fermetures.
On va regarder, là, précisément...
Ce que vous avez décrit, c'est ce contre quoi on veut se battre. Donc je ne vous demande pas de me croire sur facture, pour les choses que vous avez eues à subir. Je veux déjà que ça puisse s'arrêter et vous montrer que je crois en ce que je dis.
Mais vous avez, en quelque sorte, décrit la chronique de toutes les raisons de ne pas croire quand on vous dit que ça va changer. Je le déplore. Donc c'est à nous de nous battre, ensemble.
Vous avez...
Je vous connais. Vous vous battez. Mais je veux qu'on enraye cette fatalité, que ça se détricote de manière inexorable.
On va regarder le sujet, et j'ai votre lettre sur, évidemment, le commissariat. C'est évident et j'ai compris que les parlementaires étaient bien au fait du sujet. Sur...
Dassault, évidemment, on va regarder ça. On va s'en parler et régler le problème. C'est une entreprise dont nous sommes fiers.
C'est une entreprise que nous accompagnons beaucoup à l'export et ailleurs. C'est une entreprise dont nous sommes un grand client. Donc rassurez-vous, nous aurons un débat... constructif.
Monsieur le maire, j'ai répondu sur la SRU tout à l'heure. Je suis prêt à l'ouvrir. Je connais le problème particulier que vous avez et qui rejoint un petit peu la logique que M. le maire a défendue, qui est celle d'avoir, au fond, un contrat de confiance, qui est de dire : "Quand je n'arrive pas à atteindre "l'objectif fixé par la loi "de manière, peut-être, un peu mécanique, "ne me pénalisez pas en plus "parce que j'ai le sentiment de vivre la double peine." Si je vous disais : on va faire dans la loi quelque chose qui... vous dédouane de vos obligations, je créerais plein de situations chez les maires qui sont là qui seraient insupportables pour ceux qui sont, eux, au-dessus des seuils et disent: "Il faut qu'on en prenne un peu." Et donc c'est pour ça que je disais : "Je suis prêt à ce qu'on regarde ces situations au cas par cas." Sans doute avec les préfets, avec les autres élus du territoire.
C'est au niveau d'un territoire qu'on peut construire ça pour essayer de rendre la loi plus intelligente et l'appliquer plus intelligemment. Mais je ne pense pas que la réponse soit complètement uniforme et univoque. Je suis totalement d'accord avec vous sur les associations de proximité.
C'est l'esprit de ce grand plan... petites associations que je veux qu'on lance avec plusieurs dispositifs qui ont été pris parce qu'on a besoin, et c'est un complément aux grandes assoces qui sont ici présentes - et d'ailleurs, elles sont toutes présentes -, pour pouvoir, à la fois, donner de la visibilité et leur permettre d'agir sur le territoire.
Ensuite, au fond, les 2 dernières interventions étaient cohérentes en ce qu'elles interpellaient le sujet de la Métropole le comment ça fonctionne. Alors beaucoup de gens disent...
On me reproche, parfois, d'aller trop vite. Sur la Métropole et le Grand Paris, on dit : "Mais qu'est-ce qu'il fait ? "Pourquoi il ne se décide pas assez vite ?" Parce que ce n'est pas un sujet évident.
Et c'est un sujet où il y a eu beaucoup de débats essentiellement institutionnels. Et donc quand j'ai entrepris le sujet, pour tout vous dire, on a beaucoup travaillé. Je salue d'ailleurs le travail remarquable du préfet de région.
On a fait des choses dans tous les sens. Et je dois vous dire que la solution vers laquelle on allait, ça s'est su à un moment, c'était la suppression des départements de la petite couronne et autres. Je n'étais pas convaincu, donc je suis allé dans chacun de ces départements pour voir, sentir, écouter sans discours ou autre.
J'ai passé 1 h, 1 h 30 avec les présidents. Et j'ai été plutôt convaincu du contraire. Et j'ai été convaincu d'une autre chose, pas pour ne rien changer.
Je trouve que ça ne marche pas très bien aujourd'hui. On ne va pas se mentir. Ben non.
Bon. Ca pourrait être pire. On veut toujours faire pire, mieux vaut ne rien faire (rire) quand on n'est pas convaincu soi-même.
Et au fond...
Je me suis dit : on va essayer de l'aborder par le projet. Et c'est là que j'ai demandé, je peux citer Roland Castro, qui a fait ce travail, je dirais, plus poétique du Paris en Grand. Oui, mais qui est une vraie démarche parce qu'elle n'est pas institutionnelle Ce n'est pas la question de savoir s'il faut mettre les compétences ici ou là.
Les compétences ici ou là, honnêtement, c'est un jeu à somme nulle. On fait plaisir aux uns, on se crée des ennemis chez les autres. on met en travers les vrais projets pendant des années.
Au fond, quand le Grand Paris a été lancé il y a maintenant 10 ans, on voit bien que ce qui a avancé, parfois, trop lentement, avec des colères, c'est les infrastructures de transport, tant mieux. Et déjà, on va plus vite que ce qui allait avant. Ce qui ne va pas assez vite, c'est la rénovation des structures qui existent.
Mais se dire : on va faire un chemin parfait qui satisfera tout le monde, impossible. Partir des projets et de la vision, j'y crois beaucoup plus. C'est ce que je suis en train de finaliser et ça viendra, mais dans ce contexte-là, il est clair qu'on ne peut pas mettre les gens face, en quelque sorte, à des impossibles.
Et ce que vous avez décrit, c'est parfois des accélérations - je dis ça, on l'a parfois fait pour l'Etat - où on dit à telle ou telle commune où il y a déjà de la pauvreté, où il y a déjà des problèmes de mobilité : on vous met face à telles obligations sans possibilité de vous en sortir. C'est terrible. Donc là, il faut qu'on redonne de l'oxygène, mais ça veut dire qu'il faut qu'on embarque les gens dans des dynamiques de projet.
C'est un peu ce qu'on fait, là, concrètement, ce soir. La méthode française, c'est de réglementer par la norme. Et d'ailleurs, quand vous ne le faites pas par la norme, on vous le reproche, moi, le premier. "Vous n'êtes pas vraiment écologiste parce que par la norme, vous n'interdisez pas tout de suite telle ou telle chose." La belle affaire !
J'ai un agriculture, là, il dépose le bilan...
Il y a quelques semaines, j'étais avec le maire de Créances qui nous parlait de sa carotte : "Vous interdisez tel pesticide, moi, ça me tue 1 000 emplois." Quand c'est par la norme pour tout le monde, ça devient fou. Et on crée dans les moments de transition des répulsions.
C'est pareil pour le Grand Paris. On ne peut pas le gérer par la norme, il faut le gérer par le projet. Tout le monde a envie de respirer mieux, d'avoir une voiture qui consomme moins, d'avoir une mobilité plus douce, comme on dit.
Tout le monde. Si on donne la possibilité d'accompagner les gens et de les projeter dans un projet...
Donc moi, je crois plus au Grand Paris des projets, plutôt, au Paris en grand des projets qu'au Grand Paris des compétences et du mille-feuille. Parce qu'on a quand même mis aussi un joli mille-feuille. Sincèrement.
On a mis un mille-feuille sur un mille-feuille. Donc il faut qu'on arrive à simplifier la chose, mais pas la simplifier pour habiller l'un en déshabillant l'autre. Mais pour embarquer l'ensemble des élus avec les habitants dans des dynamiques de projets positives, qui peuvent être des dynamiques d'urbanisme, des dynamiques de mobilité, d'activités économiques et industrielles.
Il n'y a d'ailleurs aucun secteur qui est interdit à cela, mais... on doit redessiner les choses.
Et on est à un moment...
Je pense que c'est plus une question de dessin que de compétence. C'est plus une question de créatif, de citoyen que de norme et de procédure bureaucratique, cette histoire. Mais il en faut, des véhicules institutionnels.
Mais on réfléchit toujours d'abord avec nos véhicules institutionnels sans savoir même ce qu'on veut faire. Je suis d'accord avec votre point, on va le regarder. Et de la même manière, monsieur le maire, point bien pris sur les ajustements, les contraintes et tout ce qu'il y a.
Ce qu'il va nous falloir bâtir dans les prochains mois...
Et quand je dis ça, j'assume la part, comme on l'a, d'ailleurs, dans ce débat, aujourd'hui...
La part de créativité qu'il doit y avoir dans cette démarche. La part de créativité, elle appartient aux élus que vous êtes et aux forces vives qu'il y a sur le territoire. Mais elle n'est pas plaquée d'en haut ni par un véhicule législatif ou autre.
Il en faut. Mais il faut que le véhicule, comme vous dites, il accompagne un projet. Pas qu'on pense d'abord une forme morte, en disant tous les projets auront vocation à s'adapter à la forme.
Sinon ça marche moins bien. Je vais laisser le ministre compléter. -Merci beaucoup, monsieur le président.
Je voudrais juste compléter, en effet, sur 2, 3 petits sujets qui ont été évoqués. Le 1er, c'est le sujet des associations de petite taille. Je pense qu'il faut le dire très clairement, les associations de petite taille, ces dernières années, elles ont été souvent les parents pauvres des politiques de la ville.
Parfois, parce qu'on avait peur, il faut le dire, parfois parce qu'on a tellement rempli et accentué les contrôles qu'en fait, on a créé une impossibilité pour les assoces de petite taille de véritablement vivre. Aujourd'hui, c'est le même dossier qu'on demande pour faire une demande de subvention de 5 000 E ou de 500 000 E. Aujourd'hui, c'est la même chose pour faire le reporting de vos actions que vous soyez une association de très grande taille ou une association de petite taille.
Aujourd'hui, on résonne tout le temps, nous, Etat, sur des appels à projet. Mais donc, c'est quoi, la conséquence des appels à projets ? C'est dès que vous aviez des professionnels de la recherche de subventions, qui n'étaient pas chez les assoces de petite taille, vous étiez écarté des financements.
Comme le disait le président de la République, il faut évidemment mettre plus de pluriannualité, c'est-à-dire toutes les assoces qu'on finance depuis des années...
Mais il faut que l'Etat, les collectivités... parce que c'est souvent des financements croisés.
C'est parce que c'est des financements croisés que les décaissements sont lents. Dans ce cas-là, il faut qu'on puisse vous donner plus de visibilité. Mais au final, la philosophie du plan sur lequel on est en train de travailler, c'est simplement une chose très simple, c'est de se dire : les assoces de petite taille, c'est des bénévoles qui travaillent dedans.
C'est des bénévoles. Et quand on donne un rendez-vous à 11 h un mercredi matin dans les services de mon ministère, pour dire aux personnes qui travaillent dans les assoces de petite taille : "Venez." En fait, c'est une demi-journée de travail que vous devez déposer.
Et ça, on l'a peut-être, un peu trop oublié. Le 2e élément, c'est sur les adultes-relais. Madame qui...
Les adultes-relais. Là aussi, ce sont des personnes qui sont essentielles. Aujourd'hui, l'Etat...
C'est mon ministère qui les finance, j'en finance 4 000. J'ai obtenu, avec les parlementaires, que cette année je puisse en financer 1 000 de plus. Au moment où on parle beaucoup de types d'emplois, les adultes-relais, on augmente de 1 000 adultes-relais.
Les adultes-relais, il y a juste des conditions d'utilisation, si je puis dire, et notamment qu'on ne puisse pas rester plus de 9 ans dans le même poste d'adulte-relais. Alors je ne sais pas si c'est votre cas personnel, je regarderai, mais en tout état de cause, songez que ces adultes-relais, on veut pousser au maximum parce que, c'est, là aussi un outil très important pour les assoces de petite taille. On fait un dernier point sur la loi SRU, messieurs les maires.
Je crois que le débat a très bien été résumé. C'est toute l'ambition de la loi SRU. Et en même temps, de voir que dans un certain cas de figure, c'est vrai qu'il y a eu un découragement total.
Mais une fois qu'on a dit ça, c'est vraiment toute l'ambition de la loi SRU. Alors dans la loi logement, on a modifié quelque chose. Par exemple, aujourd'hui, quand vous aviez...
Evry-Courcouronnes n'était pas concerné, mais quand vous aviez une commune nouvelle qui se formait, tout de suite, elle avait la même obligation. Vous vous formiez en 2015, vous avez juste 10 ans pour atteindre le quota de logement social. Ce n'était pas réaliste.
On l'a changé. En Ile-de-France, par exemple, on avait haussé tous les seuils, donc dès que vous étiez une commune de 3 500 habitants, pardon, de 1 500 habitants, vous aviez les critères SRU de toutes les communes. Là aussi, dans les communes périphériques d'Ile-de-France, qui sont en zone rurale, ce n'était pas réaliste.
On l'a changé. Et dans votre cas, on a eu l'occasion d'en parler. C'est vrai que c'est un cas de figure très précis, assez singulier, qui témoigne du courage que vous avez eu dans le projet de rénovation urbaine et qu'il nous faut traiter par ce contrat de confiance, ce contrat de projet qu'on évoquait.
Parce qu'en gros, la situation dans laquelle vous êtes, elle est ubuesque. Vous allez détruire des logements sociaux et donc descendre en dessous de 25 %, pourquoi ? Parce que vous allez reconstruire encore plus de logements sociaux.
Et donc vous allez avoir un moment donné, où par pure mécanique, par pure technicité, vous allez être impacté. Evidemment, ce n'est pas acceptable. Donc on est en train d'y travailler pour trouver les meilleures solutions dessus.
Et enfin, un dernier point, mais je ne veux pas être trop long, sur l'ANRU, parce que vous l'aviez évoqué à plusieurs reprises. Voilà, madame la vice-présidente. L'ANRU, il faut avoir en tête un point très précis.
En mai 2017, l'ANRU, n'est pas à l'arrêt parce que ce serait caricatural, mais enfin, il n'y a plus d'engagement. De mai 2017 à mai 2018, avec Olivier Klein, avec des élus locaux, on travaille à essayer de chercher à chaque fois où sont les petits rouages qui font que ça ne peut pas marcher, qui font que c'est beaucoup trop long sur le terrain. Avec là aussi, des choses complètements ubuesques, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, un projet de l'ANRU, vous ne pouviez rien commencer tant que tout le projet n'était pas finalisé.
Et donc on savait très bien qu'on allait faire la rénovation de cette école, de ce bâtiment. Eh ben, non. On attendait tout le projet pour commencer.
Après, on donnait l'engagement financier. Là, on attendait de signer la convention financière qui souvent arrivait 10 mois, 1 an après l'engagement du conseil d'administration de l'ANRU. Et donc tout ça, on a changé, on a modifié, et depuis mai 2018, en 6 mois, on a engagé 4,3 milliards, une centaine d'écoles, 300 équipements publics, 40 000 rénovations et 25 000 constructions.
Alors voilà. Donc... -Vous deviez venir me voir, d'ailleurs. -C'est peut-être...
C'est peut-être pour ça. Exactement. Je prends l'engagement de venir avec grand plaisir... avec grand plaisir de vous voir. -S.
Lecornu : Merci, monsieur le ministre. Allez, on reprend...
On reprend nos échanges. On reprend là où nous nous sommes arrêtés. Mme le maire, puis Monsieur.
Allez-y. -Oui, merci. Merci beaucoup. -S.
Lecornu : Allez-y, je vous en prie. 2 minutes. -Merci beaucoup.
Donc Françoise Lecoufle, maire de Limeil-Brévannes dans le Val-de-Marne, une ville proche de Créteil, une ville dynamique et populaire, comme Evry-Courcouronnes, cher Stéphane, bien sûr, avec une particularité, c'est que nous avons augmenté notre population de 30 % en l'espace de 5 ans, ce qui finit de compliquer la situation quand on a aussi des quartiers prioritaires de la ville, des quartiers ANRU, etc. En fait, moi, je voulais, monsieur le président, m'interroger sur le fond, sur la capacité de dialogue de l'Etat dans la mise en oeuvre des politiques de l'Etat, des politiques publiques que ce soit avec les Français ou les élus locaux. En l'occurrence, là, avec l'élue locale que je suis.
Je vais juste vous donner un exemple : le 22 février 2018, c'est par un document administratif que j'ai appris que l'Etat souhaitait implanter une structure pénitentiaire dans ma ville. Donc c'était ni vu ni connu. C'était assez étrange.
Pas d'information, pas de consultation, des contours qui restent encore, aujourd'hui, assez opaques. Et ça fait 1 an qu'avec les Brevannais et la plupart, d'ailleurs, des élus du Val-de-Marne, tous bords confondus, que ce soient des maires, des parlementaires, des élus régionaux, etc. On essaie d'expliquer à l'Etat que en plus, on voudrait bien désenclaver notre ville, accueillir le câble A, donc le 1er téléphérique d'Ile-de-France.
Et malgré tout ça, on reste toujours planté, avec cette épée de Damoclès sur nos têtes, de l'arrivée d'une structure pénitentiaire. Et en fait, des initiatives comme celle-là, c'est vraiment pour décourager les maires qui se battent, qui essaient comme moi de faire arriver un transport, de développer économiquement pour obtenir des emplois dans ces quartiers qui sont un petit peu compliqués. Et ce qui est encore le moins compréhensible, c'est que des maires qui, eux, étaient volontaires, comme un certain nombre de villes : Cherbourg, Vannes, Lure, s'étaient portés donc volontaires pour accueillir ces structures.
Et voilà. Finalement, elles ne l'auront pas. Donc je veux juste poser ma question : "Est-ce qu'il y aura donc une structure à Limeil-Brévannes ? "Est-ce que le Val-de-Marne "va finir par être vraiment le département des prisons ? "Et est-ce que l'Etat ne pourrait pas arrêter d'imposer, et les collectivités, de disposer ?" -S.
Lecornu : Merci beaucoup. On laisse la parole à Monsieur qui est ici, en 2 minutes. Allez-y. -Monsieur le président, bonsoir.
Je suis Mathieu Viskovic, le maire de Noisiel en Seine-et-Marne. Alors Noisiel, c'est, évidemment, le chocolat Menier. C'est un patrimoine architectural de premier plan.
Malheureusement, c'est aussi, Noisiel, une ville qui se paupérise. Des habitants qui souffrent, notamment, à cause de trafic de drogue dans 2 quartiers, principalement au Bois-de-la-Grange, dans le quartier des Deux-Parcs. Aussi c'était avec un grand espoir que j'avais accueilli l'annonce de l'arrivée de la police de la sécurité du quotidien le 1er janvier.
Si je ne me trompe pas, nous sommes le 4 février. À aucun moment, l'Etat ne m'a informé des raisons motivant un tel report de la mise en place de cette police de la sécurité du quotidien. Vous voulez créer un nouveau contrat ?
Le 1er contrat, la 1re mesure à inscrire dans ce contrat, c'est le respect de la parole donnée, surtout lorsque c'est l'Etat qui s'engage, puisqu'ensuite, c'est nous qui sommes au 1er plan. De mon côté, j'ai pris mes responsabilités en gonflant les effectifs de la police municipale, police municipale armée, qui travaille tous les jours de la semaine, dont une bonne partie de la nuit en mettant en place de la vidéo protection. De mon côté, j'ai pris mes responsabilités.
Mais nous avons besoin de vous car un jour...
Moi, je ne suis pas pessimiste, mais un jour, il sera trop tard. Je ne suis pas du tout pessimiste. Vous aimez la philosophie, vous aimez donc Alain, et cette pensée d'Alain : "Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté." De la volonté à Noisiel, nous n'en manquons pas.
Venez vraiment dans nos quartiers voir la réalité sur le plan du trafic de stupéfiants parce que ça nous pourrit la vie au quotidien. et ça fait qu'on oublie les autres aspects positifs de Noisiel. Merci, monsieur le président. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. La parole est à votre voisine. -Merci beaucoup.
Merci, monsieur le ministre. Monsieur le président de la République, je voudrais vous parler d'un sujet qui n'a pas été très évoqué, mais, au fond, qui est souvent présenté comme l'un des problèmes de la représentation de la diversité sociale sur les médias audiovisuels. Alors nous avions travaillé avec vous, monsieur le ministre, avec M.
Mézard également, avec vous, madame la secrétaire d'Etat. Vous aviez fait clichés contre clichés. Nous avons essayé d'avancer ensemble.
Mais pour passer du cap de ces constats à un changement dans les télévisons, il y a un vrai problème de prise de conscience à tous les niveaux. Je pense que les patrons de chaînes, aujourd'hui...
J'ai été pendant 6 ans au CSA, je peux en parler. Les patrons de chaînes ont pris conscience, mais de là à faire en sorte que dans les unités de fiction et dans les rédactions, que la société, nous tous, comme on dit en créole de la Réunion : "Nous tous ensemble", nous tous ensemble, nous soyons représentés, il y a encore un problème. Je m'appuie...
Je termine. Je m'appuie sur le baromètre de la diversité à la télévision. Ce baromètre a été enrichi.
Il existe depuis 10 ans. Et depuis 10 ans, nous voyons se dessiner le visage de la France. Le dernier critère concerne justement les lieux de résidence.
Et sur les 6 millions de personnes qui vivent, notamment dans les quartiers périphériques, si on analyse les images entre 17 h et 23 h, toutes chaînes gratuites, et les journaux de la mi-journée, ces quartiers sont représentés pour 0,7 %. On vous voit pour 0,7 %. Idem pour les zones rurales.
Pour l'outre-mer, si on exclut France O qui n'est pas regardée, 0,5 % d'audience, les gens d'outre-mer sont vus en Métropole pour 0,3 %. C'est-à-dire, c'est tellement diaphane que l'épaisseur du trait, ça ne se voit pas. Ma question, monsieur le président de la République : ne serait-il pas possible de saisir la loi sur l'audiovisuel, qui sera présentée cette année, pour remettre à plat le cahier des charges de l'audiovisuel public, pour faire en sorte que les télévisions privées qui émettent sur le domaine public, donc qui doivent avoir une responsabilité civile, puissent dorénavant représenter un peu mieux notre pays car il s'agit, là, d'une question cruciale, de cohésion sociale, et ça nous permettra d'être mieux ensemble, non pas pour enjoliver, mais pour parler aussi des problèmes comme de la drogue et de la pauvreté. -S.
Lecornu : Merci beaucoup. Vous avez respecté vos 2 minutes. On laisse le micro à Monsieur.
Allez-y. Pour 2 minutes. -Je suis Alain Kasse, maire de Persan, ville du Val-d'Oise, bien sûr, en pleine expansion démographique (micro coupé) Je vais parler un peu plus fort. ...ville du Sud-Oise, qui, je sais, ne vous est pas inconnue.
Un des sujets préoccupants sur la politique de la ville est la question de la mixité sociale dans les quartiers et, par conséquent, celle du logement social où les maires n'ont que très peu de marge de manoeuvre, notamment dans l'attribution des logements. Comment faire de la mixité sociale dans des quartiers où se concentrent les difficultés socio-économiques où le foncier n'est que trop rarement rénové et où les services publics se font de plus en plus rares. L'ensemble de ces éléments peine à attirer dans ces quartiers une population plus favorisée, ce qui serait, pourtant, la garantie d'une réelle mixité.
Les conditions imposées dans le cas de l'utilisation des crédits politiques de la ville sont aussi, souvent, un frein au développement de cette mixité. Enfin, un redécoupage des QPV avec la mise en place des quartiers de veille, ne pouvant pas bénéficier de crédit politique ville, est également un problème. Par exemple, à Persan, un quartier inscrit historiquement QPV a basculé en quartier de veille uniquement pour une question de nombre d'habitants qui comporte maintenant 980 habitants alors que la limite est placée à 1 000.
Or il faut savoir que les habitants de ce quartier ont un niveau de vie, pour certains d'entre eux, inférieur à ceux qui habitent dans les quartiers toujours en QPV. Comment l'Etat compte corriger cet effet de seuil qui peut avoir pour conséquence l'aggravation de certaines situations ? Aussi, quelles sont les mesures envisagées quant au parcours résidentiel pour permettre aux personnes les plus modestes d'accéder à un logement moins social ? -S.
Lecornu : Merci beaucoup, monsieur le maire. On laisse la parole à Mme la ministre pour 2 minutes. Pour le coup, Mme la ministre, vous n'avez pas d'excuse.
C'est 2 minutes, comme à l'Assemblée. -H. Geoffroy : Je vais voir si la mémoire est restée.
Monsieur le président de la République, je vous parle aussi en tant que maire de Vaulx-en-Velin, aujourd'hui. vice-présidente de la métropole de Lyon et membre du CNV, ce qui explique que je sois ici en venant d'un peu plus loin. Je suis effectivement ancienne secrétaire d'Etat à la ville ce qui m'amène à beaucoup d'humilité dans mon intervention.
Vous avez fait un discours, M. le président de la République, à Tourcoing, qui a été vraiment le bienvenu puisque vous avez redit l'importance des villes populaires dans le pays. Mais je partage, avec d'autres collègues, l'idée d'un rendez-vous, malgré tout, manqué lors de la remise du rapport Borloo.
Parce que c'est vrai, M. le président de la République, que nous demandons beaucoup, nous, les maires de banlieues, à l'Etat, à la région, à la Métropole, dans mon cas, au Département, pour d'autres, mais nous demandons beaucoup parce que beaucoup nous est demandé aussi. Et, M. le président, même si je comprends les réticences que vous devez avoir sur les réussites de la politique de la ville, nous avons quand même besoin de plans.
Nous avons besoin de plans d'action parce que nous avons besoin du droit commun. Nous avons besoin, lorsque l'on parle de culture, que les artistes de nos villes ne soient pas renvoyés simplement à la politique de la ville. Nous avons besoin de plans sur les questions de la participation des habitants, nous avons besoin de plans sur l'éducation, sur les questions d'évitement dans nos collèges.
On en a aussi parlé. Nous avons besoin de plans pour nos jeunes diplômés qui trouvent plus de... plus difficilement du travail à diplôme égal.
C'est 8 à 10 mois de plus de recherche. Et enfin, M. le président de la République, je fais partie des villes contractualisées, ce qui est une nouveauté pour les villes les plus pauvres du pays.
Je l'ai fait, j'ai signé le contrat sans barguigner, M. le président de la République, mais je tiens à dire quand même quelques difficultés. Parce que j'embauche des policiers municipaux que j'arme parce que nous n'avons pas assez de policiers nationaux, et j'en sais les raisons, évidemment, et je l'ai fait volontiers.
Mais du coup, ce sont des frais de fonctionnement parce que j'accompagne les jeunes de la ville le soir pour qu'ils aient des activités parce que les fractures sont structurées dans les temps périscolaires, dans les temps des vacances, et ce sont des animateurs, donc c'est du fonctionnement parce que je mets une ATSEM par classe comme beaucoup de mes collègues. ce qui ne se fait pas dans les villes les plus favorisées. Et donc ce sont des postes.
Enfin, permettez-moi une dernière réflexion. Je crois que je suis quasi à 2 minutes 30. Une dernière réflexion sur les emplois aidés.
J'ai entendu votre réflexion. Permettez-moi d'être plus réservée. Bien sûr qu'il y a eu des dérives et nous ne sommes pas tous des clientélistes sur les emplois aidés.
Vous ne l'avez pas dit. Mais parce que parfois, ça a pu apparaître dans les débats. Je le dis parce que moi, quand j'avais des APS, des agents de prévention de sécurité qui sont des seniors, des personnes qui ne peuvent pas tout de suite prendre leur retraite, qui ont des soucis d'invalidité ou des difficultés, il n'y avait guère que les emplois aidés pour résoudre deux choses à la fois : mettre des humains devant mes écoles et dans le même temps, aider une famille.
Et pour tout cela, les emplois compétences ne sont pas dans ce viseur-là. Donc pour tout cela, monsieur le président de la République, je vous demanderai aussi de bien reconsidérer l'action sur les emplois aidés et je vous remercie. -Merci, madame la ministre.
Monsieur, vous avez la parole, dans le fond, allez-y. Le micro arrive. -G.
Villemot : Bonsoir, monsieur le président. Je suis Guillaume Villemot. J'ai cofondé il y a quelques années un mouvement qui s'appelle Bleu Blanc Zèbre avec Alexandre Jardin.
On était partis avec une idée...
D'abord, on est venus à Courcouronnes dans les 1res villes parce qu'il y avait un très beau programme sur l'éducation et que notre 1re mission depuis plusieurs années a toujours été...
Je rejoins ce que vient de dire Mémona Hintermann, de pouvoir mettre en avant des actions, montrer des choses. Vous avez parlé tout à l'heure, en reprenant vos termes, de l'épaisseur humaine, quelque chose comme ça, non, de la pâte humaine. Je veux bien être une bonne pâte, mais il y a des moments où la pâte, elle est un peu fatiguée.
C'est excessivement important ce qu'on fait ce soir. C'est excessivement important de parler de la politique de la ville. Mais je voudrais juste qu'on n'en parle pas uniquement quand il y a des choses qui vont mal ou quand les voitures brûlent ou quand il y a des choses comme ça.
Je vais vous raconter une histoire qui va prendre très peu de temps, je vous le promets. J'organise tous les ans un festival qui s'appelle le Festival des conversations. Et l'année dernière, on a fait une étape aux Mureaux.
Et je vois un journaliste, il y en a certains qui sont là, mais ce n'est pas grave, qui me dit : "C'est très bien." J'ai dit : "Vous pouvez venir, c'est une grande radio nationale." Et il me dit : "Ca dépend.
Est-ce qu'il y a des voitures qui vont brûler ?" Je lui ai dit : "Non." Il n'est pas venu.
Et je voudrais juste qu'on pense simplement, et c'est ce qu'on fait avec Bleu Blanc Zèbre depuis des années maintenant, qu'il y a des gens exceptionnels dans ces quartiers. Vous avez parlé d'innovation tout à l'heure, ils existent. Cette innovation, elle est quotidienne.
Il ne s'agit pas d'être angélique, il ne s'agit pas de penser que tout va bien, loin de là. Mais simplement, si on pouvait faire en sorte que toutes ces actions qui se passent, tous ces gens qui se battent, tous ces témoignages qu'on a pu avoir depuis tout à l'heure, enfin depuis il y a longtemps, maintenant, soient simplement davantage et naturellement mis en avant. Il ne s'agit pas d'aller montrer les gens qui sont plus ceci, moins cela, etc.
Je rejoins ce que disait l'autre jour Yassine Bellatar quand on parlait des quartiers, en disant : "Ce n'est pas uniquement montrer des gens qui sont en train de transpirer." Il y avait la une et un très bon article dans L'Equipe Mag ce week-end sur Bondy. Ce n'est pas que ça.
Et il terminait sur une action exceptionnelle qui existe à Bondy et ailleurs et qui s'appelle Passeurs d'art et qui fait de l'insertion par la musique classique. Soyons innovants, et laissez, de grâce, laissez à tous ces acteurs qui sont innovants une place pour qu'ils puissent réellement exister et avancer plus loin. Et en reposant sur le principe de confiance, on ira beaucoup mieux.
Merci. -Merci beaucoup. En 2 minutes top chrono, bravo.
Monsieur, et ensuite, M. Bénisti. -C.
Capillon : Merci, monsieur le président. -Tout le monde doit parler. Il y a aussi des prises de parole par ici.
Allez-y. Le pluralisme, c'est le hasard. Je ne peux pas faire beaucoup mieux, donc allez-y. -C.
Capillon : Claude Capillon, maire de Rosny-sous-Bois, une ville de 46 000 habitants en Seine-Saint-Denis. Deux questions et un sentiment. 1re question, c'est un sujet qui concerne les marchands de sommeil.
J'ai été amené à prendre un arrêté de péril imminent il y a 2 mois. Evacuation de 85 personnes. Bien sûr, le maire s'est substitué aux propriétaires qui n'étaient plus là pour reloger les locataires.
Problème important : que faire contre ces marchands de sommeil ? Bien sûr, la ville a relogé les personnes qu'elle devait reloger, a sécurisé les bâtiments avant de les démolir. 600 000 E engagés par la ville.
Par contre, je cherche des moyens juridiques, des moyens pénaux pour essayer de pourchasser ces marchands de sommeil qui sont une vraie plaie notamment dans nos communes. 2e point...
Et d'ailleurs, je vais écrire à monsieur le ministre sur ce sujet-là. 2e point : j'ai déposé en mairie un cahier de doléances fait par l'AMIF il y a 2 mois. A peu près 200 réponses.
J'ai regardé un petit peu les thèmes. Bien sûr, fiscalité, pouvoir d'achat. Ce qui m'a surpris dans une ville aussi jeune que celle de Rosny-sous-Bois, c'est l'inquiétude des retraités.
Il y a des retraités qui sont des gens qui, souvent, après avoir travaillé, s'engageaient dans le milieu associatif, aidaient justement à compléter les emplois aidés. Et du coup, ces gens-là se retrouvent dans une certaine précarité qui leur donne la possibilité de retrouver un emploi. Donc il y a une vraie inquiétude des retraités, de gens qui ont travaillé toute leur vie, qui ont l'impression, à chaque fois, de ne rien avoir et de payer tout, alors que certains ont droit à tout et ne payent jamais. -Merci beaucoup. -C.
Capillon : Un dernier point, un sentiment. Le sentiment d'un élu local qui est élu maire de sa ville depuis 10 ans. C'est un sentiment relativement amer dans la mesure où depuis 10 ans, j'ai l'impression que l'Etat nous abandonne au fur et à mesure des décisions qui sont prises.
Un exemple : la loi NOTRe. La loi NOTRe a été mise en place alors que 94 % des maires de la métropole avaient voté contre. Après, le transfert des compétences, on ne demande rien aux maires.
On doit appliquer ce transfert de compétences. Du coup, il y a un sentiment que je pense que beaucoup de maires en métropole pensent également, c'est-à-dire cet abandon de l'Etat au fur et à mesure du transfert de compétences qui fait qu'un jour viendra où les maires n'auront pratiquement plus de compétences dans leur ville. Merci, monsieur le président. -Merci beaucoup.
Il est 21 h 40. On essaye de traiter des sujets qui n'ont pas été déjà traités, s'il vous plaît. M.
Bénisti. -J.-A.
Bénisti : Bonsoir, monsieur le président. Je pense que vous avez entendu un certain nombre de maires vous dire qu'effectivement, il y avait une injustice. On employait même le terme de rupture d'égalité.
Pourquoi il y a cette rupture d'égalité ? Je vais vous le dire. Parce que notre belle région d'Ile-de-France est composée de villes riches et de villes pauvres.
Il y a des villes aujourd'hui qui sont pauvres, qui ont de faibles potentiels fiscaux et financiers. Et malheureusement, on ne les traite pas de la même manière. On traite les villes à l'égalité, notamment sur les interventions de l'Etat.
Bon nombre de maires se sont évidemment offusqués de ceci car nous, dans les villes qui avons justement ces QPV, nous avons 30 % de nos administrés qui ne paient pas l'impôt, 30 % qui sont écrêtés. Il ne nous reste que 25 à 30 % d'administrés qui paient l'impôt aujourd'hui et donc qui participent à nos recettes. Lorsque j'ai accepté, évidemment, les projets de l'ANRU, j'avais anticipé effectivement en créant l'Escale : bateau amiral s'occupant de l'insertion, de la réinsertion, de l'intégration de toutes les familles qu'on peut nous envoyer.
Eh bien au départ, on avait un certain budget, l'Etat nous aidait. Aujourd'hui, non seulement l'Etat ne nous aide plus, mais en plus, on nous demande de payer pour la ville de Villiers-sur-Marne. 3,5 millions de recettes en moins de dotations de l'Etat. 3,5 millions.
Je débourse 5 millions d'euros pour cette politique de la ville, pour aider nos populations en très grande difficulté. Donc je vous demande aujourd'hui de prendre une grande décision, de dire que tout l'argent qui a été pris à un moment donné à ces villes à faible potentiel fiscal, vous allez leur redonner pour qu'elles puissent assumer leur politique de la ville et aider les familles en très grande difficulté dont, malheureusement, les préfectures nous envoient je dirais les familles dans les plus grandes misères, qu'on est obligé de porter à bout de bras, malheureusement sans finances. -Merci beaucoup, monsieur le maire.
Allez, on repasse par ici. Madame, vous avez la parole, puis monsieur. Je vous l'avais dit tout à l'heure.
Allez-y, madame. -C. Rodier : Merci.
Oui, bonsoir, monsieur le président. Une question qui n'a pas été abordée et j'aimerais connaître votre position sur ce sujet, évidemment. Donc je confirme, le service après-vente...
Je suis maire d'une ville de 34 000 habitants Athis-Mons, dans l'Essonne. Nous avons eu, effectivement...
Nous venons de finir un programme ANRU. Effectivement, je confirme que le service après-vente devrait être un peu plus... on devrait être un peu plus vigilant.
C'est vrai que nous rencontrons des difficultés, Déjà, des propriétaires veulent vendre. Donc on essaie de tenir, mais c'est pas toujours facile. Je ne vais pas revenir sur tout ce qui a été dit.
Nous allons perdre, nous, de façon arbitraire sur d'autres choix, sur la réussite éducative, 20 %, ce qui représente 111 000 E pour la ville d'Athis-Mons. C'est quand même très important. Ce sont des enfants qui vont être encore sur le bord du chemin.
Nous, nous allons évidemment apporter notre contribution. Mais j'ai aussi une inquiétude, c'est que dans un quartier, j'ai plus de 300 familles de migrants qui sont venues s'installer illégalement avec beaucoup d'enfants que je dois scolariser. Alors évidemment, je suis déjà à plus de 200 000 E d'impayés de cantine.
Donc je n'ai pas besoin de vous dire, ça crée des crispations, ça crée des crispations autour. Il faut gérer, et croyez-moi que nous sommes quand même beaucoup accompagnés par la préfecture de l'Essonne. Nous avons les services de la préfecture qui nous accompagnent, qui nous aident.
Mais j'aimerais connaître ce soir clairement... comment vous comptez nous accompagner.
J'ai reçu 100 femmes qui étaient avec des enfants dans un autre quartier. On ne peut pas tout prendre et on ne peut pas être toujours les même villes à tout accepter. Je vous remercie. -Merci pour les 2 minutes, madame le maire..
La parole est à monsieur au 1er rang. Merci beaucoup. -C.
Sicart : Merci. Claude Sicart, président du PoleS et membre du Conseil national des villes, enfin jusqu'à cette heure, puisque l'arrêté n'a pas encore été publié. Et j'espère que la situation ne sera pas réversible après mon intervention. (Rires) Monsieur le président, la question de l'emploi et de la formation professionnelle est un enjeu majeur dans nos quartiers populaires, nous le savons tous ici, et ça a été traité et abordé à maintes reprises.
Pour répondre à cet enjeu, le Conseil national des villes, récemment, recommandait d'affirmer la place de l'économie dans les quartiers et de s'appuyer "sur des dispositifs existants, "d'en améliorer ou renforcer le fonctionnement "et de poursuivre les implantations d'activité au sens physique dans les quartiers prioritaires". L'insertion par l'activité économique, plus généralement l'économie solidaire font partie de ces dispositifs existants, comme ceux du PoleS, à nouveau labellisé Grande école du numérique pour l'ouverture de ses écoles du Web et FabLab à destination des demandeurs d'emploi et jeunes des quartiers populaires. Dans la même dynamique, nous allons proposer dans les semaines qui viennent un plan national de développement des fabriques numériques porté par des collectifs d'habitants parce que vous le disiez, monsieur le président, dans votre discours de Roubaix...
Alors je ne sais plus si c'est Tourcoing ou Roubaix. Il me semble que c'était Roubaix. Tourcoing ?
C'est la frontière. "Nous ne ferons pas sans eux." Or, monsieur le président, le rapport de la Cour des comptes sur l'insertion par l'activité économique publié il y a quelques jours met en évidence le sous-financement chronique de nos associations.
Or, monsieur le président, la reforme de la formation professionnelle dite "liberté de choisir son avenir professionnel", alors qu'il n'y avait pas d'enjeu financier, a d'ores et déjà fait une victime : le salarié en parcours d'insertion qui ne peut plus accéder à des fonds de professionnalisation inscrits dans la précédente loi. Sans nier les investissements massifs... -Il faut conclure. -Qui sont engagés...
Alors je vais conclure. Or, monsieur le président, le Conseil de l'inclusion par l'emploi qui a vocation à penser l'insertion par l'activité économique de demain n'a pas fait place aux associations des quartiers populaires. Il n'y a pas un seul représentant des quartiers populaires au sein de ce conseil.
Et je pense qu'il y a lieu de modifier. Et pour finir... -Merci beaucoup. -Et pour finir, or, monsieur le président, dans le cadre des cahiers de la construction publiés par le CGET, auxquels nous avons contribué, nous avons fait plusieurs propositions, notamment celle de Small Business Act en direction des collectifs d'habitants constitués et des acteurs socio-économiques implantés au coeur des quartiers afin de développer des activités par la commande publique.
Monsieur le président, sur les 3 premiers points, il est encore temps de rectifier et de modifier, sur le dernier, d'agir. -Merci infiniment. La parole est à monsieur, là-bas.
Tout dans le fond, plus loin. Pardonnez-moi, monsieur. Oui, on va tourner.
Il y a monsieur là-bas. Allez-y, monsieur, pour 2 minutes. -Vous m'entendez ?
Bonsoir. Alors il fait chaud, il est tard, je vais faire comme je peux. Je travaille pour Voisin malin.
Je suis responsable de l'association Voisin malin à Grigny. Voisin malin, rapidement, recrute des habitants dans les quartiers et les forme à faire des campagnes de porte-à-porte. En l'occurrence, à Grigny, ils sont 13 qui parlent une quinzaine de langues.
Ils ont un peu tous les profils : des jeunes, des vieux, des étudiants, des parents au foyer, etc. Ils font ça quelques heures par semaine. On va dans les tours où, concrètement, personne ne va.
Donc moi, je m'occupe de l'équipe à Grigny 2, qui est une grande copropriété qui est connue de beaucoup de personnes ici. Donc moi, ce dont je voulais vous parler, c'est du fait que nous, on va voir des personnes très isolées. Et donc, les gens qu'on va voir, c'est loin d'être des assistés.
Ils veulent travailler, ils se battent au quotidien. Mais par contre, ce qu'ils rencontrent, c'est vraiment un parcours du combattant sur les questions d'accès aux droits. Donc moi, je voulais vous parler surtout de non-recours puisque l'accès aux droits dans les quartiers, c'est surtout le non-recours et le non-recours, c'est une cause de pauvreté. 2 milliards d'euros d'indemnités chômage, 5 milliards d'euros sur le RSA, 1 milliard d'euros sur la CMUC-ACS, qui ne sont pas demandés à des gens qui y auraient droit, La dématérialisation, on en a déjà parlé.
La question du numérique, en fait, on voit que c'est un facteur d'exclusion. Nous, ce qu'on voit sur les campagnes qu'on a faites : 40 % de gens qui n'utilisent pas Internet, qui savent pas faire un virement, qui ne font pas d'achats. Alors j'ai entendu le passeport numérique, sauf que là, nous, notre sujet, il n'est pas vraiment là.
Il est plutôt sur le niveau d'exigence qu'a le service public vis-à-vis de ces gens puisque les gens, ils ont beaucoup d'injonctions à toujours mettre à jour, à toujours être bons sur tout, à avoir bon sur toutes leurs démarches quand ils ont MDPH, CPAM, Pôle Emploi, CAF, etc. CAF, juste pour l'exemple, c'est 15 prestations, 22 000 normes de droit. Donc je vous laisse imaginer les problèmes que ça pose pour des personnes qui galèrent, où il n'y a pas de service public et qui galèrent sur Internet.
Donc nous, ce qu'on aimerait pour avancer, c'est que si on veut aller vers la société de contrôle, qu'on s'éloigne de la tendance à toujours plus de contrôle, par exemple : être radié après les rendez-vous, devoir se connecter 2 fois par mois pour avoir moins de contrôles... -Merci. -Je finis.
Nous, on se passe dans l'équipe des exemples. Nous, on accompagne la dématérialisation pour Pôle Emploi et la CAF et on se montre les captures d'écran où on ne peut ni prendre le rendez-vous téléphonique ni prendre le rendez-vous physique. A un moment, il faudrait mettre en place un droit à l'erreur pour les usagers parce que c'est les premiers à en souffrir, et une interface qui soit commune aux différents services publics parce qu'aujourd'hui, on en est très loin. -Merci beaucoup, monsieur.
La parole est à monsieur qui est là, au 3e rang. Et ensuite, on ira là-bas. Je vais...
Oui. 2 minutes, monsieur. -Bonsoir, monsieur le président.
Je suis le président de 2 associations sur la ville de Courcouronnes, le président du football et d'une autre association sportive. Je ne reviendrai pas sur les baisses des subventions territoriales ni sur les contrats aidés, ni sur le bénévolat, où on est vraiment en manque. J'aurais simplement toute une question à vous poser.
Que prévoyez-vous comme changement dans l'accompagnement juridique et financier des associations et notamment sportif, en leur qualité de poumon de la démocratie locale ? Croyez-moi, je préfère voir des jeunes sur les terrains de sport que de les voir traîner dans la rue, en bas de nos bâtiments. Merci, monsieur le président. -Merci, monsieur.
Votre discipline permet à monsieur de prendre la parole. Allez-y, monsieur. Merci parce que 30 s, c'est...
C'est rare, surtout. -Bonsoir, monsieur le président. Bonsoir, mesdames et messieurs.
J'ai une petite remarque sur la soirée qui vient de se passer. Oserais-je vous dire, monsieur le président, que vous êtes le grand ordonnateur de ce merveilleux jardin pour lequel vous engagez les travaux et les réparations, ce grand jardin qu'est la France...
Alors vous savez, ici, la richesse totale du territoire que nous avons pu constater aujourd'hui, elle est merveilleuse car elle est le terreau de l'avenir de la France. Il va falloir savoir l'utiliser pour permettre à notre jardin de grandir plus qu'il ne grandit aujourd'hui. Je suis navré de revenir, vous demandiez à ce qu'on change de sujet, mais je ne peux pas ne pas revenir sur ce sujet de la loi SRU.
Ca va être court, ne vous inquiétez pas. C'est juste pour dire que je ne peux pas partager, monsieur le ministre, le fait que vous me disiez que cette loi SRU est une loi d'ambition. Vous ne pouvez pas parler d'une loi qui a de l'ambition lorsque le seul et unique point qui compte sur la loi SRU, c'est la punition avant même de faire quoi que ce soit derrière.
Je voudrais juste préciser une chose. Ne croyez-vous pas, monsieur le président, que cette notion de punition arrive beaucoup trop tôt dans le processus, avant même que les élus qui sont, et nous le remarquons, monsieur disait tout à l'heure que la grande diversité de ce territoire, c'est qu'il y a des communes riches et des communes pauvres...
Ne croyez-vous pas, avant même que les élus, fins connaisseurs de leur territoire, aient pu être et entendus et écoutés sur les spécificités qui sont les leurs...
Vous me parlez d'une loi, il faut qu'elle s'adapte. La justice sait adapter pour qu'elle soit totalement dans le cadre de ce qu'elle a prévu au début. Nous n'avons pas tous la même pointure et nous savons tous que nous pouvons avoir des chaussures avec des pointures différentes.
Et enfin, dernière question. Pourquoi l'administration ne s'attache-t-elle pas toujours à mieux appréhender ces spécificités de nos communes alors même que nous vivons une révolution technologique exceptionnelle qui nous offre des outils sans égaux pour procéder rapidement aux études nécessaires pour que nous puissions avancer intelligemment ? -Monsieur, vous avez la parole pour 2 minutes. -J.
Hartz : Monsieur le président, Jean Hartz, maire de Bondoufle président de l'Union des maires de l'Essonne. Juste un petit clin d'oeil. Je voudrais rapatrier Mme Cissé sur la commune de Bondoufle.
Qu'elle ne rhabite pas Evry-Courcouronnes, mais bien sur Bondoufle. Pour autant, à travers l'expérience que je peux avoir comme un vieil élu qui arrive quand même d'Aubervilliers, dont toute la famille a été à Aubervilliers...
Donc ça permet un peu un certain nombre de choses et d'expériences. Je voudrais revenir une seconde sur la loi SRU aussi, mais pas n'importe comment. Je ne dis surtout pas que les uns et les autres ont dit n'importe quoi, bien au contraire.
Ils ont dit ce qui était tout à fait réel. Mais j'aime bien, comme monsieur le président a parlé de pragmatisme, c'est lorsqu'on demande des choses, c'est aussi de se poser la question : "Et nous, on fait quoi ?" Et on en fait tous énormément, bien évidemment.
La commune de Bondoufle, c'est 10 000 habitants, 3 000 logements. J'en construis 2 000. Avec 30 % de sociaux.
Et dans ces 30 %, grâce à une dérogation que j'avais de la préfecture, donc de l'Etat, puisque j'avais un plan d'exposition au bruit du Centre d'essais en vol de Brétigny qui m'empêchait de construire quoi que ce soit, propriétaire ou locataire, je ne pouvais pas construire. Pour autant, dès que j'ai commencé à lancer des constructions, j'ai pris l'amende SRU. Une fois qu'on a fini de râler, on commence à regarder ce qu'on peut faire, on commence à regarder comment on peut s'intéresser aux choses.
J'ai pris également les maires bâtisseurs. Je dirais les maires bâtisseurs, je me sens, moi, plutôt un maire trahi parce que 350 logements fléchés sur une année et demie en en livrant 2 000 et pan ! Je n'ai plus la loi SRU.
J'ai juste l'amende. Je n'ai plus les maires bâtisseurs. Et en plus, une chose dont on n'a pas parlé les uns et les autres mais qu'on connaît tous, c'est l'INSEE.
Parce que l'INSEE vous prend votre population à N-2. Donc ma dotation, moi, je ne la vois pas. Par contre, les bâtiments, il faut les construire, par contre, un certain nombre de choses doivent être prises en compte.
Lorsque l'on parle également du logement et du logement social, vous le savez bien, lorsque j'ai lancé, moi, les constructions sur ma ville, j'ai eu des manifestations de mon électorat. Parce que le social, bien évidemment, ça ne peut être que des voyous qui nous arrivent. C'est évident.
Donc grosse problématique. Ce qui se rajoute à cette problématique-là, c'est un article de loi qui est tout bête sur le locatif. Lorsqu'un locataire prend un logement, s'il veut une place de parking, il doit la prendre en plus.
S'il la prend en plus, ça crée des problématiques sur la voie publique, ça crée des problématiques entre les propriétaires et les locataires. Ca devient une catastrophe. C'est toutes ces petites choses-là qu'on pourrait faire.
Juste pour conclure parce que je vais essayer de faire court pour respecter ce que vous avez dit. En tant que président de l'Union des maires, parce qu'il faut aussi qu'on travaille et qu'on vous propose des choses, depuis un an, on monte des groupes de travail avec différents thèmes. Et on essaie, dans la mesure du possible, grâce à nos parlementaires, entre Francis et d'autres, de vous renvoyer des propositions.
Je vous remercie, monsieur le président. -Comme les dotations, c'est mon ministère, je vous réponds. Pour l'INSEE, on a reformé ça dès cette année.
On ne le prend plus à N-2, on le prend dès l'année en cours, depuis cette année, monsieur le maire. Voilà. Il faut le dire quand c'est bien fait.
Allez-y, madame. Je crois que vous demandiez la parole ? -Oui, tout à fait. -C'est bien ce qu'il me semblait.
Bonjour à tous. Je siège au conseil citoyen de Saint-Michel-sur-Orge. Bonjour à tous, messieurs mesdames les élus, membres du gouvernement, parlementaires et à vous, monsieur le président.
J'aurais souhaité qu'on aborde un sujet pas abordé encore, il me semble : l'utopie. Car pour moi, sans utopie, sans idéaux, je ne pense pas qu'on puisse faire société. Monsieur le président, vous prônez une société de l'engagement et il me semble impératif de penser une politique du temps.
Dans l'utopie, nous aurions toutes et tous du temps pour créer et se recréer, avoir accès aux pratiques culturelles, aux arts, au sport, aux loisirs et aux vacances. Dans mon utopie, nous aurions toutes et tous du temps pour contribuer à la production et au travail pour une économie qui soit solidaire et écologique face à la transition à venir, face au changement climatique. Dans mon utopie, nous aurions le temps d'apprendre, de comprendre le monde et nous aurions accès au savoir et à l'éducation tout au long de la vie.
Et enfin, dans mon utopie, nous aurions toutes et tous le temps de nous engager, de participer à la chose publique et d'être au coeur de la politique en exerçant pleinement notre citoyenneté. Monsieur le président, comment peut-on s'engager sans en avoir le temps, sans partage du temps de travail et des richesses pour que toutes et tous, nous ayons accès à l'utopie de notre préambule de 1946 du Conseil national de la résistance ? Dans nos quartiers populaires de banlieues et des territoires ruraux, nous avons peu, pas ou moins accès au travail, à l'éducation, aux loisirs, au logement dans une France qui n'a jamais été aussi riche.
Les associations que je représente aujourd'hui sont conduites par des utopistes, des personnes qui donnent de leur temps pour faire vivre des idéaux et permettre un accès aux droits porté par notre Constitution. Aujourd'hui, nous faisons face à la désillusion des citoyens et des bénévoles face à la perte de notre utopie et de nos idéaux communs, à nos droits jamais acquis, sans cesse remis en question. Aujourd'hui, qui a le temps de s'engager, de faire société ?
Comment en avoir l'envie ? Comment y croire quand, parfois, c'est l'Etat lui-même qui abandonne nos idéaux et renonce à notre utopie commune ? Merci. -Merci beaucoup.
Monsieur, puis monsieur là-bas. Allez-y, monsieur là-bas. On va finir ça bien, mais faites court, voilà. -En fait, on va aborder un sujet qui n'a pas été beaucoup abordé ce soir, c'est l'accès aux soins et la désertification médicale dans nos quartiers.
On en a très peu parlé ce soir. Ca va peut-être prendre un peu plus de 2 minutes, donc. 2 minutes 30.
Je suis donc M. Alirol, coordinateur de la Maison de santé pluriprofessionnelle de Courcouronnes et vice-président de la CPTS Centre Essonne en cours de formation. Je voudrais dire quand même que de l'initiative locale de Courcouronnes est née une maison de santé au coeur de la cité.
Et c'est quand même un beau projet qu'on doit à M. Beaudet et à son équipe et aussi à l'Association des professionnels de santé du territoire qui était déjà présente. Ca ne s'est pas fait sans mal.
Il y a eu beaucoup de réunions, il y a eu beaucoup de travail, et surtout beaucoup d'espérance. Aujourd'hui, cette maison de santé, elle est ouverte, monsieur le président. Elle fonctionne à plein régime.
Elle met en place des actions de santé publique qui dépassent le cadre de la santé simple. Et pour ça...
Pardon, excusez-moi, je ne suis pas habitué. Et pour ça, monsieur le président, je voudrais que vous souteniez un peu plus ces initiatives. Tout le monde est gagnant : les patients, l'hôpital, les professionnels de santé de ville, et j'en oublie certainement.
Cette dynamique qui a permis de décloisonner, je dis bien décloisonner, donc d'uberiser les différents acteurs impliqués et d'être le lieu d'émergence aussi de la communauté professionnelle territoriale de santé de Centre Essonne et qui permet de s'y réunir parce que les locaux sont vastes et nous permettent donc de nous regrouper. Ici, monsieur le président, comme sur d'autres projets favorisant le renouveau de la médecine de ville, le soutien de l'Etat doit être plus important, plus clair, pour rendre pérenne la vie de ces projets. L'incitation est une chose, permettre de durer dans le temps est autre chose.
Voilà, vous l'avez compris, ce projet est la rencontre de volontés fortes d'acteurs locaux et impliqués et cette synergie d'objectifs et de moyens a permis un début de réussite. Mais pour aller plus loin, nous comptons sur vous, monsieur le président, et votre équipe pour soutenir dans le temps ce type de projets et surtout de les favoriser. Il me semble que c'est une solution sérieuse, sûrement pas la seule, mais innovante pour rendre un service essentiel à la population au coeur de nos quartiers défavorisés. -Merci beaucoup, en 2 minutes.
Monsieur, en moins de 2 minutes. Là, vraiment, je prendrai le maximum de questions à la condition que tout le monde se discipline sur le temps et fasse très bref. Donc allez-y, monsieur. -P.
Lefèvre : Monsieur le président, Philippe Lefèvre, je suis médecin de santé communautaire. Il n'y en a pas beaucoup qui doivent savoir ce que c'est. J'ai eu la chance et l'honneur d'être choisi par les habitants pour créer le centre de santé d'Evry, il y a...
En 1980, donc ça date. Avec les habitants, on a créé les premiers groupes de parole. Et là, je suis là en tant que président de l'association Pause, qui a été créée avec les usagers du centre de santé pour répondre à une souffrance psychique, la souffrance des gens blessés par les événements de la vie, parfois démolis par ce qui peut arriver, par le chômage, par plein de choses où, finalement, le stress prend sur tout le reste.
Une chose qui me semble...
Deux considérations d'abord. Une qui est de l'ordre de l'humanité. Je n'ai aucun doute sur votre conviction personnelle de l'importance de l'humain.
Par contre, les politiques que vous faites peut-être économiques, je n'ai pas l'impression que l'humain est toujours au centre quand c'est une variable d'ajustement pour les entreprises, pour pouvoir faire plus de bénéfices. Une 2e chose, c'est sur la notion d'inégalités sociales et notamment en santé. Depuis 2010, les ARS, on les trouve partout.
Il faut lutter contre les inégalités sociales. Moi, j'ai l'impression que dans le social, on est là pour réparer les dégâts de l'économique. Et je me dis : comment on fait ?
Non seulement, maintenant, on n'a pas forcément les moyens pour réparer l'économique, mais on ne devrait jamais envisager l'économique sans le social. Et le problème, on n'a pas parlé d'Europe encore, mais je crois que le problème, il est là. Si on perd confiance, c'est parce qu'il n'y a plus ce lien entre l'économique et le social.
Ca, c'était les 2 considérations. Je pense qu'en matière de santé, vous avez dit que c'était un des piliers avec l'éducation. Je pense qu'aujourd'hui, le système de santé, il est très malade. -Il faut conclure, docteur. -P.
Lefèvre : Oui. Mais je finis le diagnostic avant le traitement ? -En 2 minutes.
En 2 minutes. Allez-y. -P.
Lefèvre : L'hôpital, il déborde au niveau des urgences. Et c'est pas adapté, c'est pas là qu'on est le mieux soigné. Je crois que vous avez essayé d'entamer cette reforme.
Ce n'est pas pour diminuer. Il n'y a pas à être soit sur la médecine hospitalière, soit la médecine de ville, mais elle est à revoir. Le paiement à l'acte aussi bien dans la médecine de ville que le tarif à l'activité de l'hôpital, c'est quelque chose qui ne fonctionne plus.
En psychiatrie, pour être un petit peu plus précis encore, parce qu'on parle du désert médical, mais au niveau psychiatrie, c'est encore pire. Et il y a quelque chose qui pourrait se faire. C'est une proposition qui...
Peut-être que ça a un coût, mais en tout cas, c'est quelque chose de fonctionnel. C'est qu'aujourd'hui, les psychiatres n'ont pas le temps de faire de la psychothérapie. Ils ne peuvent que donner les médicaments. -Merci beaucoup. -P.
Lefèvre : Et donc on pourrait très bien financer sur prescription des psychologues. Il y en a, des psychologues, mais elles ne sont pas remboursées. Donc ça, c'est quelque chose qui peut être très vite fait en attendant que les psychiatres viennent en nombre.
C'est de financer les actes sur prescription médicale comme les autres. Mais là, je pense qu'il y aurait vraiment quelque chose à faire. -Merci beaucoup.
Merci beaucoup, vraiment. J'ai essayé de vous rattraper, mais il ne faut pas abuser. Merci beaucoup.
Madame, qui demande la parole depuis le début, également. Allez-y. Deux en même temps ?
C'est très bien. Ca fait mes affaires. -Bonjour. -Bonjour, monsieur le président.
Nous sommes la compagnie Nue comme l'oeil, une compagnie de théâtre. Je suis Euryale Collet-Barquero, autrice associée. -Et moi, Zmorda Chkimi, metteuse en scène.
Notre compagnie est basée à Sainte-Geneviève-des-Bois. Et nous travaillons dans l'agglomération Coeur d'Essonne en partenariat avec le conseil départemental de l'Essonne. On a écrit un texte qui devait faire 4 min, je vous promets qu'on a raccourci.
On a tout coupé parce que beaucoup de choses ont été dites. -Nous sommes des enfants de la République. -Des citoyennes. -Des artistes. -Des artistes qui considèrent leur art, le théâtre, comme un combat pour l'humanité. -Tous nos projets depuis 15 ans sont nés de la conviction que l'art, s'il infiltre les vies, sème l'espoir et l'ouverture, qu'il porte le commun. -Nous traquons donc le beau et le mieux dans tous les recoins de l'humain. -Nous le faisons humblement dans les quartiers politiques de la ville. -Accompagnées des associations qui ont survécu aux nombreuses coupes budgétaires. -Nous sommes les rustines de la République. -Nous faisons partie de ces citoyens qui croient en ce contrat social signé un soir au coin d'une révolution. -Pourtant, cette volonté généreuse s'abîme lorsque les relais politiques s'effacent d'année en année. -Les associations ont besoin d'aide pour continuer. -De votre aide, monsieur le président.
Les quartiers ont besoin de la République pour gommer les discriminations qui les étouffent. -Mais ne nous trompons pas, ils n'ont pas besoin de nous pour agir. -Non.
Ceux que nous croisons dans ces cités, ce sont des jeunes surdiplômés qui acceptent le moindre travail pour ne pas couler. -Uniquement parce que leur CV n'a pas la bonne adresse ou que leur étoile n'a pas la bonne trajectoire. -Ce sont des mères seules qui se lèvent aux aurores ou rentrent dans la nuit pour ramener un salaire qui ne suffira pas à vivre et qui les empêche d'être présentes. -C'est une insécurité due à une minorité qui laisse son empreinte trop souvent. -Mais c'est aussi une entraide qui n'existe quasiment plus en centre-ville. -Une belle histoire commune qui ne veut pas dire son nom : la solidarité. -C'est un trésor d'humanité créative qui persévère malgré les freins innombrables. -Voilà pourquoi nous continuons malgré tout nos projets. -Nous répondons bruyamment dans les quartiers, dans les collèges, dans les écoles la rumeur que notre République est belle, concrète et qu'elle est le meilleur outil qui existe pour obtenir l'égalité. -Sans cesse, nous éduquons au débat, le vrai, le libre, celui qui est la promesse du respect et du bien vivre ensemble. -Nous luttons contre toutes les formes de communautarisme en rappelant que notre commun, c'est la République. -Nous affirmons haut et fort que la laïcité est une liberté de conscience, pas autre chose. -Alors imaginez, monsieur le président... -Imaginez notre lassitude, notre isolement lorsque le politique disparaît des radars et oublie de confirmer que notre République peut mieux faire. (Applaudissements) -Merci.
Encore juste 2 petites phrases. Je suis désolée. Oui, "peut mieux faire", on en est là.
Que la République prenne en compte le nombre croissant des mères seules dans l'organisation même de ses services publiques. -Que les projets soient financés sur le long terme. -Que les emplois aidés soient rétablis. -Que la République censure le déterminisme et qu'il agonise en regardant la redistribution, la méritocratie et l'égalité s'épanouir. -L'avenir a rarement été plus incertain qu'aujourd'hui. -Et nous refusons qu'il soit bâillonné à cause d'une capitulation face à l'injustice. -Parce que les bruits des bottes ne sera jamais harmonieux. -Parce que la bête immonde ne sera jamais fréquentable. -Nous pensons que si, demain, une nuit sans lune arrivait... -Il faudrait rester dans la lumière.
Alors armés de poésie, de liberté, de notre mémoire... -Nous resterons sur le front du commun. -Nous serons les alliés du rêve, de la douceur et de ce nous que l'on appelle République, qui fonde notre engagement. -En somme, nous continuerons. (Applaudissements) (...) -Bravo, et à toutes les 2, vous avez fait moins de 4 min avec beaucoup de talent, en plus.
Monsieur, puis madame. -M. Zouaoui : Bonsoir, monsieur le président.
Bonsoir, tout le monde. Bonsoir, messieurs dames. M.
Mohamed Zouaoui, président du conseil citoyen de Corbeil-Essonnes. Encore une fois, on parle du conseil citoyen. Malheureusement, jusqu'à maintenant, on n'a pas été très, très...
Pas ici mais ailleurs. -On en a parlé ce soir. -M.
Zouaoui : Oui. Ce soir, on en a bien parlé, c'est pour ça que j'insiste. -C'est clair, alors. -M.
Zouaoui : Oui. Maintenant, j'ai un message à passer. Corbeil-Essonnes, vous connaissez, c'est une ville à côté. 50 000 habitants, 4 quartiers QPV : les Tarterêts, Montconseil, Rive droite, etc.
Je suis avec mes collègues, ici, de mon association et aussi d'autres associations. Mounira, ici même, des Mains de l'espoir. Si on savait qu'on restait jusqu'à cette heure-là, elle aurait fait un bon couscous, qu'elle sait très bien faire.
Elle est très connue sur la place de Corbeil-Essonnes. Ce sera pour une autre occasion. Donc le conseil citoyen de Corbeil-Essonnes existe depuis 3 ans.
J'en fait parie, j'en suis le président. Je remercie de m'avoir invité madame la déléguée du préfet, Mélanie Fouquet, monsieur le préfet, et tout le monde à me saisir cette occasion. Et puis donc malheureusement, on n'est pas très écoutés à Corbeil-Essonnes.
Je ne sais pas pourquoi. On bouge, on fait tout ce qu'on peut. On demande à monsieur le maire ici présent, M.
Bechter, de nous donner l'occasion, un rendez-vous pour parler un peu plus, pour toutes les démarches qu'on a commencées, qu'on fait avec les associations, les habitants, les citoyens. Le message de tous les habitants du QPV de Corbeil-Essonnes, surtout les jeunes qui sont sans emploi, qui sont dépourvus de stage et tout ça...
Je ne répète pas ce qui a été dit. Merci de nous soutenir, surtout tout le monde. Et puis voilà, tout simplement.
Merci beaucoup. -Merci, monsieur. On laisse la parole à madame.
Ensuite, je l'ai promis à deux messieurs. Allez-y, madame. -M.-C.
Letarnec : Monsieur le président, bonsoir. Je suis Marie-Christine Letarnec, maire de Guyancourt, une commune de 30 000 habitants dans les Yvelines. On est là aussi, dans les Yvelines.
Donc simplement vous dire effectivement que ma commune de Guyancourt a 50 % de logements sociaux. C'est 50 % qui sont voulus, qui sont assumés. Je n'en aurai pas au-dessus, mais je voudrais effectivement ne pas en avoir en dessous.
Donc nos 50 % de logements sociaux, c'est sur l'ensemble de la ville. Nous, les maires, on a toujours travaillé cage d'escalier par cage d'escalier quand on avait la possibilité effectivement d'intervenir sur le peuplement, ce qui n'est plus le cas maintenant. Donc il faut effectivement qu'on fasse très attention parce que moi, je n'ai pas envie de voir ma ville, d'ici quelques années, dans l'ANRU.
Et puis on a travaillé depuis très longtemps, mais en entendant tous les maires tout à l'heure, enfin depuis tout à l'heure, on a tous fait la même chose. On est tout à fait capables, nous, les maires, de savoir ce qu'on doit faire dans nos quartiers. C'est-à-dire que quand il y a trop de logements sociaux, on fait de l'accession libre ou de l'accession à la propriété, de l'accession sociale, pardon.
Et puis on essaie d'avoir effectivement le parcours résidentiel pour l'ensemble de nos habitants. Donc moi, je souhaiterais pouvoir continuer à faire du logement social. Ca m'est de moins en moins accepté de la part de toutes les collectivités qui sont autour de moi, qui ont effectivement possibilité d'intervenir sur ce que je fais.
Mais moi, c'est assumé, c'est voulu. J'ai quand même près de 2 000 personnes qui sont sur nos listes d'attente pour du logement social. Et nous, on fait ça, effectivement, le plus finement possible.
On est tout à fait confiants de ce qu'on fait et j'aimerais pouvoir le continuer. -Merci beaucoup. On laisse la parole à monsieur. -Merci, monsieur le président.
Bonsoir. Je suis le maire de Lagny-sur-Marne, une commune en Seine-et-Marne qui comporte 22 000 habitants et qui est au coeur d'un territoire, de Marne et Gondoire, 20 communes, 100 000 habitants. Nous avons la chance de n'avoir qu'un seul quartier QPV sur notre territoire.
Et c'est un quartier, en plus, dans lequel les habitants veulent rester. Ils ne cherchent pas du tout à partir, ils y sont bien. Evidemment, ils ont des difficultés de sécurité, parfois d'incivilité, et puis effectivement de pauvreté.
Donc la ville a décidé de se saisir de cette chance d'être qualifiée QPV dans la mesure où elle a des aides de l'Etat. Elle a donc mobilisé aussi ses services, elle a mobilisé son conseil citoyen. Et puis elle a un petit peu de mal des fois à mobiliser le bailleur.
Alors je voudrais, monsieur le président, que vous nous aidiez, je pense que c'est général sur les communes, à faire en sorte que le bailleur ne soit pas seulement un constructeur de logements, ne soit pas seulement un gestionnaire de logements, mais soit aussi un accompagnateur social de ses habitants et bien sûr avec la ville. C'est ce que nous souhaitons. On a parfois du mal à l'obtenir. -Merci beaucoup.
Merci beaucoup. Brice Rabaste, maire de Chelles, en une phrase. -B.
Rabaste : Merci, monsieur le ministre, monsieur le président. J'attire votre attention sur un projet très important d'infrastructure qui permettra de décloisonner l'Ile-de-France, cher Stéphane, c'est le métro du Grand Paris. Il est attendu, il a été repoussé.
Mais là, on est tous un petit peu inquiets sur le financement. Il faut qu'il soit vraiment assuré, on en a vraiment besoin. Merci, monsieur le président. -C'était court.
Merci, Brice. Monsieur là-bas dans le fond. Vraiment, pour la dernière ligne droite, je compte sur vous pour la concision. -O.
Dawson : Non, il n'y a pas de souci. Ce que je vais dire, de toute façon, je vous le dis : "Je n'aurai plus de subventions pendant au moins 3 décennies." Mais ce n'est pas grave.
Omar Dawson, habitant de Grigny. Ne rigolez pas, je vous assure. -En 2 minutes. -Coordinateur bénévole de l'association Grigny-Wood.
Monsieur le président, les médias m'ont souvent interpellé ces temps-ci pour savoir pourquoi les banlieues ne participaient pas aux manifestations de Gilets jaunes. C'est simple, ces manifestations sont concentrées sur des revendications, des problèmes des Français. Mais nous, en banlieue, ça fait belle lurette qu'on ne se sent plus français et que l'on ne considère plus ces territoires comme français.
Ils ne sont plus considérés comme tels. On a une politique de la ville qui a fait que plus on a versé des milliards dans les banlieues, plus elles se sont appauvries, comme Grigny. C'est un fait, ce sont les chiffres.
Donc n'écoutez pas ceux qui vous parlent de citoyens abandonnés et qui utilisent notre misère comme prétexte pour venir vous soutirer de l'argent. Ne donnez pas un euro, s'il vous plaît, parce que nous, les habitants, on sait qu'on n'en verra jamais la couleur. Les gens des quartiers ne souscrivent plus à une politique plus proche de la Françafrique que d'une vraie politique nationale et ne se sentent pas concernés par ces problèmes de Gilets jaunes.
Chiche, on change ça. Ce n'est pas faute d'avoir tiré la sonnette d'alarme. On vous a remonté les faits, monsieur le président.
Vous vous rappelez, M. Denormandie, on a mis une fessée à certains ex-ministres, à l'époque. On vous a même présenté des preuves des détournements de ces fonds de la politique de la ville par certaines municipalités.
Et j'ai les dossiers ici pour ceux qui veulent les consulter. Et qu'est-ce que vous avez fait ? Vous nous avez envoyé les mêmes grosses associations, les petits potes dans les domaines de l'accompagnement à l'emploi, par exemple, et au final, quel est le résultat ?
Parce que je donne des chiffres. 80 000 E sur la ville de Grigny pour un placement en entreprise sur 6 mois. Et pour une fois, ce fiasco n'est pas la faute du maire de Grigny.
Il faut le souligner. De rien, monsieur. Ces pseudo associations et fondations, comme la Fondation FACE, d'ailleurs récemment épinglée par la Cour des comptes, l'association Bleu-Blanc-Zèbre, qui sont des escroqueries intellectuelles, on ne les a jamais vues actives dans nos quartiers.
Alors, à un moment, messieurs, il faut avoir une culture du résultat. Et comme disait un grand homme politique qui va sûrement me laisser une minute de plus pour parler, "les enfants, il faut arrêter les carabistouilles." Alors, M.
Macron, le braquage de l'argent des banlieues par ces grosses structures pompes à fric, c'est fini. M. Macron, les braquages, c'est fini.
Donc chiche, ensemble, on change ça. Alors...
Je connais mes classiques, bien vu. A votre crédit, parce que ce n'est pas que de la critique, vous avez essayé de pallier cela en consultant les derniers représentants de la République dans les quartiers : les maires. Il y en a des formidables.
Je pense à Mme Janodet, je pense à M. Beaudet qui font un super travail sur leur ville. Et je vais vous donner, par contre, un exemple de certains de vos interlocuteurs principaux.
Alors à vous tous, chiche. Tous, là, sortez vos portables. Chiche, je vous lance un défi.
Il n'y a pas de raison pour que ce soit simplement monsieur le président qui s'en prenne plein la tête ce soir. Alors prenez le maire de ma ville, vous tapez son nom sur Google et vous tapez "trafic de drogue". Il y a plus d'occurrences de résultats si vous tapez...
Il a plus d'occurrences avec son nom... -Il faut conclure, monsieur. -O.
Dawson : D'un jeune qui galère en bas de ses tours. Est-ce que c'est normal ? Je vais conclure.
Monsieur le président, est-ce que c'est normal que vous donniez du crédit à ce type d'élus auxquels vous allez déverser des millions ? Alors notre association...
OK. J'arrête, j'arrête. -Je crois que c'est bien. -O.
Dawson : Notre association a mis en place un projet de développement de citoyenneté de l'échelle locale à l'échelle internationale. -On conclue, monsieur. -O.
Dawson : Je conclue vraiment vite, c'est très rapide. Et vous savez qui nous a aidés pour développer ce projet, y compris dans la francophonie ? Pas la France, excepté M.
Pierre-Alain Raphan, ni la région, désolé, Mme Pécresse, mais l'ambassade des Etats-Unis, malheureusement. On développe un projet de centre de formation dans notre quartier. Qui le finance ?
Le secteur privé et nos amis personnels. Quid de la volonté de l'Etat ? Chiche, on change ça.
Et j'arrête là-dessus. Promis. -Ce serait bien.
Merci beaucoup. -O. Dawson : On a demandé à votre staff, monsieur le président, si vous vouliez venir dans notre quartier à Grigny pour un vrai échange sur la banlieue, avec les associations, mais on nous a dit que vous ne vous sentiriez pas en sécurité.
Alors vous allez en Egypte, vous vous sentez en sécurité, vous allez au Mali, vous vous sentez en sécurité, mais pas à Grigny. Alors je vous invite pour un vrai débat avec nous, monsieur le président. Et je termine vraiment là-dessus.
Chiche, on change les choses. Et pour terminer mon allocution, Comme l'a fait un grand homme politique anglo-saxon, je m'appelle quand même Omar Dawson, Obamar... -Celles et ceux qui entretiennent encore la polémique en disant que les questions sont préparées à l'avance en sont désormais définitivement pour leurs frais.
Merci beaucoup. Rodolphe Thomas. En une phrase.
Rodolphe Thomas, maire d'Hérouville-Saint-Clair dans le Calvados, dans la Normandie depuis tout ce temps. Je vais essayer de faire court, monsieur le président... -Il faut faire court. -Simplement rappeler en rapport aux interventions d'aujourd'hui, au-delà de nos obédiences politiques, il est inadmissible de se comporter dans une audience pareille pour critiquer un collègue.
Au-delà de la gauche, de la droite, on a tous un même intérêt. Cet intérêt, c'est d'apporter et de répondre au plus proche possible de nos concitoyens. Je voulais rappeler aussi, monsieur le président, sur 2 points.
Par rapport aux services de proximité, c'est de rappeler aussi la situation des commerces de proximité, rappeler les services publics. Il faut aussi aider, accompagner les commerçants qui sont en zones urbaines sensibles, qui sont en ZFU, zones urbaines franches qu'on appelle les territoires entrepreneurs. On a appris il y a quelques semaines que le gouvernement reverrait sa position de l'accompagnement fiscal de tous ces commerces.
Ils font partie du lien social dans les quartiers en QPV. Je vous en supplie, monsieur le président, il faut continuer à les accompagner. Autre point sur les jeunes, et donc, c'est le maire de Honville qui parle de l'école de la 2e chance qui a été mise en place il y a maintenant un peu plus d'un an sur la Normandie, qui a des résultats très encourageants.
Mais malheureusement, monsieur le président, on est en concurrence avec la Garantie jeunes qui est suivie par la mission locale. Il faudrait peut-être harmoniser sur l'accompagnement de tous ces jeunes qui sont à la fois à l'école de la 2e chance et à la fois qui suivent, comment dirais-je, la Garantie jeunes. Autre dernier point, Sébastien, je te remercie, on parlait tout à l'heure des migrants mineurs.
Doit-on ou pas les accompagner ? En tant que maire, je crois qu'on est tous concernés par la même situation sur des familles qui ont des enfants, qui sont dans nos quartiers, dans les villes depuis 3 ans et qui, au bout des 3 ans, quand le dernier de la fratrie arrive à 3 ans, doivent quitter le territoire français, alors que nous avons mis tous les dispositifs d'accompagnement : social, éducatif...
Et on demande après 3 ans, après 4 ans, de quitter, de faire en sorte que ces familles quittent le territoire. Je trouve cela inadmissible. Et on nous demande parallèlement de faire des efforts pour accueillir des migrants mineurs, pour les intégrer, alors que je préférerais sincèrement accompagner toutes ces familles qui sont depuis un certain nombre d'années et qui n'ont aucune perspective d'avenir parce qu'on leur demande du jour au lendemain de quitter notre territoire, et cela, on ne peut l'accepter. -Merci, Rodolphe.
Les 2 dernières questions. Monsieur et après, monsieur là-bas, et on écoutera le président de la République. Allez-y. -C.
Nauth : Monsieur le président, mesdames et messieurs, je suis Cyril Nauth, maire de Mantes-la-Ville dans les Yvelines. Monsieur le maire d'Evry-Courcouronnes a quasiment posé les termes de ma question dans son discours liminaire et vous aussi, en un sens, monsieur le président, mais sans aller jusqu'au bout du raisonnement. Vous avez indiqué à juste titre que lorsqu'un administré ou une famille finit par réussir à accrocher l'ascenseur social, systématiquement, ces personnes quittent les quartiers de la politique de la ville.
Et vous avez précisé que ces personnes sont systématiquement remplacées par d'autres personnes encore plus fragiles. Et vous avez ajouté, et c'est important de l'ajouter, ces personnes sont souvent issues de la migration. Vous avez parlé des primo-arrivants.
Tous les maires le constatent au quotidien. C'est, à mon sens, le coeur du problème des quartiers politique de la ville. Si la politique de la ville ne parvient pas à régler les problèmes, ce n'est pas parce qu'elle a été mal pensée ou parce qu'elle est mal mise en oeuvre, c'est parce qu'elle ne fait que traiter les conséquences de ces problèmes.
Si parallèlement, il n'y a pas, notamment une volonté politique de maîtriser l'immigration, la situation dans les quartiers politique de la ville ne fera que s'aggraver. Monsieur le président, vous avez abordé le thème de l'immigration dans votre lettre aux Français. Et vous avez dit ce soir, tout à l'heure, j'ai noté très précisément votre phrase, qu'il fallait "mieux repartir cette charge".
Puisque vous souhaitez connaître l'opinion des Français sur le thème de l'immigration, et puisque vous avez, paraît-il, des idées de référendum, je vous suggère de les interroger directement sur le sujet. Sans doute vous diront-ils qu'ils ne veulent ou ne peuvent plus supporter cette charge, comme vous dites. Je vous remercie. -Merci beaucoup.
Alors en une phrase, madame. Une phrase. -C.
Arenou : M. le président, ni question ni revendication. Quand on me connaît, ça surprendra.
Vous avez entendu des gens passionnés...
Catherine Arenou, maire Chanteloup-les-Vignes. Evidemment, moi, je me connais. Excusez-moi.
Vous avez entendu des gens passionnés, vous avez entendu des membres d'association qui donnent de leur temps, bénévoles parce qu'ils croient en l'être humain, ils croient en l'autre. Vous avez entendu des maires, peut-être pas tous, mais la plupart du temps, ils ne sont pas maires en politique de la ville par hasard. Ils sont maires en politique de la ville comme moi, comme Hélène, comme Philippe parce que naturellement, viscéralement, nous ne supportons ni les inégalités ni les injustices.
Or, nos territoires vivent d'inégalités et d'injustices. Moi, je ne supporte pas qu'un petit Chantelouvais, quel que soit son QI, arrive moins bien et réussisse moins bien parce qu'on ne lui donne pas toutes ses chances. C'est insupportable.
Et c'est insupportable au quotidien. Je veux juste vous dire, monsieur le président, je veux juste vous dire que cette espèce de désespérance que vous avez entendue, elle n'est pas supportable très longtemps. Et je voudrais juste être convaincue que si votre intelligence a compris beaucoup de choses et a eu la réponse, je voudrais que votre coeur ait absolument perçu le fait que dans nos banlieues, il n'y a pas que des problèmes peu s'en faut, il y a surtout beaucoup de solutions, mais il faut savoir les appréhender, il faut savoir aussi leur donner leur chance. -Merci.
Et le mot de la fin...
à monsieur là-bas. Levez-vous, monsieur. Allez-y. -Bonsoir, monsieur le président.
Vous m'avez gentiment invité lorsque je vous ai interpellé, ce qui n'est pas le cas partout. J'ai beaucoup entendu parler d'égalité aujourd'hui, mais je n'ai pas entendu le mot qui fâche, qui est la discrimination. C'est vrai que lorsqu'on est habitant de ces quartiers, on est souvent victime de discrimination, et ce n'est pas forcément que dans l'emploi ou...
Là, vous dites que vous aidez les gens à embaucher des gens issus des quartiers. Mais la discrimination...
Tout ça pour vous dire qu'il y a un sentiment de discrimination qui n'est pas que dans l'emploi. Il peut être dans de simples services publics comme par exemple lorsque je me présente aux impôts, on me demande si je sais lire. Si je me présente, c'est que j'ai un problème et je viens le développer.
Mais il m'est déjà arrivé, ici, au centre des impôts d'Evry-Courcouronnes, qu'on me demande : "Est-ce que vous savez lire ?" A la CAF, pareil, on a des soucis des fois. Et donc on a un sentiment de discrimination, et ce qui fait que, je pense, on ne puisse pas forcément se sentir citoyens à part entière.
C'est un problème qui dure depuis des années. C'est vrai que ça fait cliché, peut-être, mais c'est toujours les mêmes choses qui reviennent : se faire suivre dans les magasins, on nous demande si on est français, on nous demande pas mal de choses. Alors que moi, je suis né ici, à Courcouronnes, à l'ancien hôpital Louise-Michel.
Et désolé, je ne me suis pas présenté : Manuel de Courcouronnes, simple citoyen, ni associatif ni politique. Vous m'avez vu par la fenêtre, oui. -Ben c'est le mot de la fin.
Monsieur le président...
Madame. Une minute pour conclure ? Allez-y. -N.
Dutu : Excusez-moi de faire un peu le forcing, mais je ne peux pas faire autrement. Nelly Dutu, maire de La Verrière, une petite ville des Yvelines. On est très peu nombreux des Yvelines, donc on tient à témoigner.
Donc une petite ville de 6 000 habitants, la 3e plus pauvre du département des Yvelines. D'où le sentiment d'inégalité territoriale, quand même. Dans cette ville, on est 79 % de logements sociaux. 2 quartiers sur 3 sont en politique de la ville.
Ca, c'est... bon.
C'est l'environnement vite dit. Vous avez dit, monsieur le président, et on le sait, vous êtes attaché à la culture, moi aussi. L'année prochaine, je n'aurai plus de subventions du tout pour faire tourner ma salle de spectacle.
Je ne sais pas où on va chercher l'argent. Vous avez dit vouloir donner du poids aux PMI, développer les PMI. Dans notre département, ils ont été divisés par 2.
Je n'ai plus de PMI dans ma ville. Et ma... ma dotation générale a diminué d'un million depuis 5 ans.
Très sincèrement, aujourd'hui, je ne sais pas comment je fais, très concrètement, pour continuer à faire tourner mes services publics avec un million en moins et les subventions par ailleurs qui s'arrêtent de partout. Aujourd'hui, on a choisi de ne pas faire le choix d'abandonner des services, mais ça veut dire que les fonctionnaires qui travaillent dans ma ville travaillent beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et là, je voudrais remercier les fonctionnaires de la fonction territoriale.
Parce que dans nos villes, s'ils n'étaient pas là, je ne sais pas comment on ferait. -Merci. -N.
Dutu : Oui, je finis. Je n'ai pas de médecin non plus. Enfin, vous voyez, 6 000 habitants, 0 médecin.
Et des tas de gens qui ne vont plus se soigner parce qu'ils ne trouvent pas d'autre médecin même dans les villes environnantes. Donc problème de santé publique. Bon.
J'arrête là. Mais comme dans vos interventions, vous sembliez partager un certain nombre de nos problèmes, est-ce que vous pourriez me redonner mon million ? (Rires) -Merci, madame le maire.
Monsieur le président, vous avez la parole pour conclure avec vos réponses. -E. Macron : Bien.
Merci beaucoup, hein. D'abord, madame le maire, c'est votre million. Moi, je n'ai d'autre argent que celui des Françaises et des Français.
Et c'est vrai que dans tous les débats qu'on a en permanence tout au long de l'année, toutes celles et ceux, vous le vivez à l'échelle de la commune, ou de l'agglo, ou du département, ou de la région, ou de l'Etat, c'est des contraintes. Ca fait jamais plaisir de réduire tel ou tel budget. Simplement, il n'y a d'autre argent que celui qu'on a par les impôts, et donc c'est le vôtre, ou celui qu'on décide d'avoir sur la dette de nos enfants.
Voilà. Non, mais je dis juste parce que je voudrais pas donner le sentiment qu'il y a un argent caché de l'Etat qui serait enlevé aux communes ou autre. Alors, on va regarder le cas particulier qui est le vôtre, je vous assure, et regarder comment on peut accompagner comme les cas les plus criants qui ont été évoqués.
Et après, sur des sujets comme les PMI et le plan Pauvreté, il y a des financements ad hoc qui sont prévus dans le plan Pauvreté pour des initiatives supplémentaires. Je vais essayer d'apporter des réponses aux questions qui m'ont été posées. Je vous remercie surtout pour ce qui a été apporté, par ailleurs.
Sur les seniors, puisqu'on y est revenus, je ne vous avais pas répondu tout à l'heure totalement. Vous avez eu raison de rendre hommage aux seniors. Vous avez raison de souligner, alors il m'appartient pas, n'étant pas compétent sur les transports et la gratuité des transports, de vous emboîter le pas, si je puis dire, dans la politique que vous proposez, même s'il y a certains endroits où des dispositifs comparables ont été mis en place...
Mais reconnaître la part qu'ont les seniors, en effet, dans notre société aujourd'hui, est indispensable. Et aujourd'hui, le défi qui est le nôtre, c'est celui de la retraite et de ce qu'on appelle la dépendance. Quand on parle de ça, on l'a peu évoqué, là, mais vous allez voir que c'est un débat qui va venir dans la société, quand...
Quelle est l'angoisse des Seniors aujourd'hui ? C'est la 1re génération qui va vivre aussi longtemps en retraite. Leurs aînés vivaient beaucoup moins longtemps.
La guerre était passée par là, les progrès de la médecine n'étaient pas les mêmes. C'est un défi de finances publiques. Toutes les réformes successives ont conduit à essayer de le régler mais ça va se poursuivre.
Par contre, cette génération, elle vit avec ses parents et souvent à charge, surtout quand ils rentrent à l'EHPAD ou en situation de dépendance, et les enfants qu'il faut encore aider. Et l'angoisse vient de là, bien souvent, chez nos seniors. Et donc, ce qu'on doit réussir à faire pour les accompagner, c'est aussi leur donner de la visibilité et les rassurer sur qu'est-ce qui advient.
Le jour où ils vont devoir rentrer dans une maison de retraite, il suffit qu'ils aillent regarder sur la porte et ils voient que c'est supérieur aux revenus qu'ils ont chaque mois. Et le jour où ils auront besoin de rentrer dans une EHPAD, on rentre de plus en plus tard, mais il faut être de plus en plus accompagné et médicalisé, comment la collectivité les aidera ? Oui, mais parce qu'on l'aura financé collectivement donc on doit trouver le système.
Et là-dessus, je veux vous rassurer sur les propos qui ont été tenus. Je ne mets pas l'économique avant le social, mais il y a pas de social sans économique parce qu'on ne peut pas répartir quelque chose qu'on n'a pas produit. Et ça, c'est...
On a souvent ce débat. On pense que c'est plus sympathique d'avoir un débat uniquement social ou que ceux qui parlent de l'économie ou du budget seraient des sans-coeurs. Mais à la fin, l'argent qu'on donne, il faut que quelqu'un d'autre l'ait produit, qu'on l'ait pris à un endroit et que ce soit un consensus dans la société.
Sinon, on s'en sort tous avec une solution : celle qu'on a produite depuis des décennies dans notre pays. Mettons-nous d'accord entre nous, là, et oublions ceux qui ne sont pas là : les enfants ou ceux qui sont à naître. On peut se mettre d'accord très vite.
Ca s'appelle la dette. Aujourd'hui, on a une dette qui équivaut à peu près à l'équivalent de ce qu'on produit chaque année. Et c'est pas mettre l'économique avant le social.
Là, ça sera plus une utopie, ça sera un cauchemar si on ne fait pas attention à ça. Parce que ça veut dire que la génération qui vient, elle n'aura plus aucun choix possible, que les débats qu'on a aujourd'hui seront des luxes formidables. Elle les aura même plus parce que d'autres décideront de son avenir pour elle.
Moi, je veux pas ça. Donc je crois à cette réconciliation de l'économique et du social, mais il suppose de bien regarder les deux, de bien tenir les deux ensemble et j'y reviendrai. Donc voilà pour les seniors, ce que je voulais apporter.
Vous avez ensuite...
Vous êtes plusieurs à être revenus sur les sujets de sécurité, et j'avais pas répondu dans le train précédent, mais c'était une très bonne question. Je vais regarder le cas précis sur Noisiel, monsieur le maire. Et c'est pas normal qu'on soit pas au rendez-vous de l'engagement.
Il y a peut-être des explications, elles vous seront apportées, mais, moi, je suis comme vous, quand on donne sa parole sur quelque chose, il faut être au rendez-vous. La sécurité, vous êtes plusieurs à l'avoir évoquée, on n'en a pas tant parlé que ça, mais c'est un défi pour beaucoup de quartiers de la République. C'est un défi partout, c'est une angoisse et c'est, en effet, ce qui est au-delà de tout ce qu'on a déjà dit sur la loi SRU, les politiques de peuplement ou de population.
Un des éléments qui renforce la ségrégation parce qu'à un moment donné, dès que les gens peuvent échapper à la violence qu'il y a dans les quartiers ou aux trafics, ils s'en vont. Ils s'en vont. Et on a beaucoup de mal à en attirer d'autres.
Donc, la sécurité, il faut pas se voiler la face, c'est une priorité absolue aussi des politiques qu'on doit mener dans les quartiers qui sont les plus en difficulté. Alors, pas en un claquement de doigt. Moi, je crois beaucoup, en effet, à la police de sécurité du quotidien.
Pourquoi ? Parce que c'est remettre des forces de police, d'abord, c'est décloisonner police nationale, police municipale. Il y a déjà eu énormément d'avancées ces dernières années et je vous remercie d'être des maires qui avez décidé d'investir, mais c'est aller au bout de cette logique.
Ensuite, c'est de remettre des policiers qui sont sur le terrain en situation d'îlotier, comme on avait tendance à dire, donc qui sont connus, qui connaissent et avec lesquels un rapport se construit qui est pas un rapport juste d'autorité ou de répression, mais de construction de quelque chose d'autre, d'un vivre ensemble et donc dont la présence rassure et qui sont pas simplement là pour réprimer. Et ensuite, c'est développer cette pratique, qui va avec l'initiative PSQ - ça se fait aujourd'hui, mais c'est très inégal et là, c'est de le systématiser -, c'est de construire la solution de sécurité avec les élus, parfois d'ailleurs au niveau du quartier avec les associations d'habitants et donc de répondre aussi à ce que parfois on renvoyait aux gens qui était de dire : "C'est un sentiment d'insécurité que vous avez, mais c'est pas un vrai problème" et de pas s'intéresser simplement aux chiffres. Donc ça, c'est une première réponse.
Il y a une autre réponse, et vous l'avez évoquée à plusieurs reprises, ce sont les trafics. Ce qu'on doit préparer et continuer à préparer, c'est, pour moi, c'est un des objectifs des prochaines semaines que j'ai assignés aux ministres, sur la lutte contre les stupéfiants, les trafics, de reprendre le combat avec de nouvelles méthodes. Ce qui vient aujourd'hui gangrener trop de quartiers, c'est ça.
Alors, on se donne de nouveaux moyens, la loi Justice réorganise les choses pour éviter qu'à la fois les policiers, les gendarmes, les juges soient complètement thrombosés pour éviter d'avoir des procédures devenues inutiles, donner un pouvoir contraventionnel, aller plus vite sur celui qui détient pour se concentrer plutôt sur celui qui trafique. Mais derrière, on le sait très bien, les quartiers et les jeunes des quartiers sont, en quelque sorte, les otages d'un système plus fort qu'eux. Ceux qui s'enrichissent vraiment ne sont pas dans les quartiers.
Ceux qui sont à la base des systèmes les mieux organisés sont pas dans les quartiers. C'est la part émergée, c'est celle à laquelle on veut toujours s'attaquer, mais les racines, elles sont bien plus profondes. Ce sont aujourd'hui des réseaux dont les structures sont au moins nationales, elles sont d'ailleurs plutôt européennes et au-delà, ce sont d'ailleurs les mêmes réseaux qui organisent les trafics d'êtres humains et de personnes et qui organisent, aujourd'hui, de part et d'autre de la Méditerranée des trafics qui les enrichissent beaucoup.
Mais ils ont simplement des points de contact, des points de passage parce qu'ils utilisent le doute, la misère, les brisures de la République. Et nous, on voit, en quelque sorte, là aussi, le symptôme final. Et donc sur ce plan-là, on va reprendre aussi des initiatives fortes pour aller au bout en termes de réponse sécuritaire.
Donc c'était quelques éléments, je veux pas être plus long sur ce sujet qui est très important. Mais les guetteurs, c'est l'appât. Le gamin qui siffle et qui va se faire 100 E, 150 E parce qu'il siffle, c'est terrible.
D'abord, la réponse aujourd'hui, elle est bien souvent dans la politique qu'on va mener sur le plan éducatif et familial. Parce que quand il a 13 ans, est-ce que la seule réponse qui est apportée, elle est pénale ? Non, je crois pas.
C'est qu'il y en a derrière qui l'ont mis là et le paient et qui eux, font beaucoup plus. Ils sont souvent dans le quartier ou à côté et ils sont un peu plus grands et mieux organisés. Et puis, derrière ceux-là, il y a ceux qui l'amènent parce qu'ils sont pas allés la produire dans le quartier d'à côté.
Ou alors on m'a pas tout expliqué sur les filières agricoles de la région. Donc on sait bien que ça vient d'avant. Donc, je...
Oui. Mais enfin, c'est pas ça qui est le plus...
Pas encore commercialisé à ce niveau-là. A ce niveau-là. Je sais.
Vous avez raison de faire de la publicité pour une filière naissante, madame le député. Mais donc voilà, ce que je veux dire par là, c'est que vous avez raison, il y a ce problème. Ca entretient la peur, ça entretient les injustices, ça fait que dans une famille, on dit : "Lui, il gagne un peu plus que l'autre alors qu'il est pas allé à l'école comme il fallait".
Donc oui, mais le jeune qui est guetteur, il faut tout de suite réussir, par nos politiques, ce que vous faites, d'ailleurs, sur le terrain, vous, associations, vous, élus, le remettre dans le droit chemin. Mais ça ne marche que si derrière, on arrive à tarir la source et les tentations. Et donc, les politiques que l'on doit apporter sont pas uniquement à l'échelle du quartier, elles doivent remonter les filières et ceux qui se font vraiment de l'argent, qui amènent la production et qui réussissent à entretenir cette économie parallèle.
Je veux pas de naïveté, pas de simplification non plus. Ensuite, sur les autres questions qui ont été apportées...
Il y avait une question particulière sur la prison. Elle est où ? Ah, voilà, madame le maire.
Alors, il y a une concertation continue, hein. C'est ce qui m'a été dit. C'est pas possible de faire un référendum local comme ça a été, à un moment demandé, de par la loi, mais, à la fois, la ministre de la Justice, les services de la préfecture, donc, je considère que c'est pas arrêté de manière définitive.
On va continuer les concertations. Je suis aussi étonné parce que, comme vous l'avez dit, il y a beaucoup de candidats. Donc point pris.
Et la prison n'est pas exclusive du téléphérique, mais si vous n'en voulez pas et qu'il y a pas de consensus, on doit pouvoir trouver une solution différente. En tout cas, je veux pas vous donner le sentiment que la décision est imposée, d'ores et déjà définie et que tout ça serait réglé. J'ai répondu au maire de Noisiel, comme je l'ai dit.
Alors, sur la représentation et un audiovisuel, d'ailleurs, public et privé qui soit à la hauteur de vos attentes...
Oui, ça fera partie de la loi audiovisuelle puisque dans la réforme qui est telle qu'elle est envisagée, il est même prévu, comme vous le savez, la suppression de France O. On garde les chaînes premières pour l'outre-mer, mais on remet de la présence ultra marine dans l'audiovisuel public. De la même manière, l'ensemble des réalités qui font la société française que vous avez décrite doit retrouver une place.
La question, c'est est-ce qu'on le limite à l'audiovisuel public ou pas. Est-ce qu'on en fait une contrainte qu'on met sur d'autres chaînes ? Parce que ça n'est pas illégitime de considérer que de la même manière que l'on met des contraintes sur des chaînes qui utilisent, mais si elles le paient dans des enchères, et pas toujours, la liberté d'émettre, qu'elles aient un minimum de cahier des charges n'est pas choquant.
Donc moi, je souhaite que cela figure, et c'est aussi pour ça que j'ai assumé cette proposition qui avait été faite de dire "On supprime France O" pour remettre au coeur de l'audiovisuel public, pour ce qui est de la présence ultra marine, mais c'est pas exclusif du reste. Parce que je pense que c'est au coeur de la République. Il faut arrêter de créer des chapelles séparées en disant : "Ici, le public, il serait intéressé par la diversité".
Elle fait partie de notre société. Elle est là. Si on installe dans une ségrégation mentale, culturelle de représentation de nos concitoyens, il faut pas après leur demander d'accepter ou de vouloir avoir un monde harmonieux où la pluralité des origines, des accents se trouve au coeur de notre vie au quotidien.
Donc moi, j'y suis totalement favorable. Il faut trouver 2-3 règles simples, mais l'idée est bien 1 : que ce soit au coeur de l'audiovisuel public avec des contraintes qui sont supplémentaires et 2 : que ça puisse intégrer, en effet, le monde de l'audiovisuel dans l'ensemble. Je crois, d'ailleurs, que c'est son rôle très profondément.
C'est de contribuer à un projet qui éminemment politique au sens noble du terme. Monsieur le maire, nous passons sur la mixité sociale. Je l'avais évoqué, vous avez eu raison de revenir sur ce point.
Sur le parcours résidentiel, la clé, sur ce sujet-là, on l'a aussi évoqué, c'est de réussir à avoir une réponse adaptée à chaque moment. Je l'évoquais tout à l'heure en répondant au maire de Nanterre, à la maire d'Orly quand on a commencé à parler de logement. C'est là où on peut améliorer les choses.
En effet. Parce que, dans le parcours, à un moment, il y a l'accès à la propriété Mais si on regarde un parcours, le premier, c'est qu'on soit au rendez-vous de l'hébergement d'urgence avec une pression forte qui est liée à notre situation migratoire, aujourd'hui. Là, on rouvre des places, on réinvestit.
Contrairement à ce que j'entends, on n'a jamais investi autant parce qu'on a une pression migratoire très forte, mais c'est 2 milliards cette année. Ensuite, c'est dès qu'on peut stabiliser les gens dans ce parcours avec, justement, ces pensions de famille, avec des logements où on crée une stabilité, une adresse fixe qui permet de construire une vie normale dans ce segment-là. Ensuite, c'est l'accès au logement social, en particulier dans les zones les plus tendues.
Avec là, la thrombose qui avait été évoquée, j'y reviens pas, et que je décrivais tout à l'heure. Et la sortie par le logement social, elle se fait, au fond, de trois manières : soit l'accession à la propriété, soit l'accession dans le social, soit l'accession libre sans aide, soit la mobilité géographique, qui fait qu'on va s'installer ailleurs. Et c'est vrai que dans ce cadre-là, on doit améliorer des instruments qu'on a peut-être endommagés qui permettent de sortir les gens du social dans les zones les plus tendues.
Et la mère des batailles, c'est de produire plus pour avoir une offre qui diminue dans son prix en libre pour que les gens sortent plus facilement du social. Parce que sinon, dans des régions comme la nôtre...
Ben, ça marche pas parce qu'on a pas réussi cette bataille. L'Etat même a été mauvais. Parce que l'Etat a pas libéré suffisamment de foncier, parce que les établissements publics ont libéré trop peu de foncier, parce que les délais restent trop importants.
Et la réalité, c'est que l'attraction de la métropole, mais même des métropoles, parce que ce que je dis est vrai pour la métropole lyonnaise, la métropole bordelaise, c'est pareil et autres...
Les métropoles ont tellement attiré d'énergie et d'habitants que les prix ont monté, que les effets de rente ont accompagné d'ailleurs ces montées de prix qu'il s'agisse du foncier ou du bâti et elles ont exclu des populations du libre. Ca, c'est véritable. Et si on n'a pas un choc d'offres dans ces zones les plus tendues, on n'y arrive pas.
On n'y arrive pas. Mais l'encadrement des loyers, c'est une réponse qui a été apportée par la loi et qui existe. Il y a eu des endroits où ça a été censuré.
Là, où ça marche pas formidablement, c'est quand vous encadrez les loyers pour des gens...
Qu'est-ce qui coûte ? C'est généralement le foncier. Un promoteur, il va payer beaucoup pour le foncier.
Il ne construira pas si son projet n'est pas rentable. Si vous encadrez ses loyaux finaux, qu'est-ce qu'il va faire ? Ben, il dit : "Je construis pas de logements dans cet endroit".
Et donc l'encadrement des loyers est pertinent dans des endroits qui sont saturés en logements, où le problème...
Vous pouvez plus travailler sur l'offre, vous pouvez plus augmenter l'offre et où les prix se sont envolés. Moi, je suis pas dogmatique. Dans ces endroits-là, l'encadrement, ça a du sens, mais dans des tas d'autres endroits où on peut augmenter l'offre, l'encadrement, il tue l'offre nouvelle parce que personne ne viendra investir.
Ce qu'il faut faire, c'est libérer plus vite et plus fort du foncier, c'est réduire les délais parce que qui libère du foncier gratuit, qui réduit des délais, permet de rentabiliser davantage des projets et de produire moins cher et plus vite. Et...
Ca fait partie. D'ailleurs, dans la loi Elan, il y a une partie des réponses. Le recours abusif, c'est quelque chose qui augmente les coûts.
Le recours abusif qu'on voit partout, qui paie le prix final ? Ben...
Pire. Celui qui n'aura jamais accès au logement. Le jeune qui n'aura jamais accès au logement parce que, de toute façon, le promoteur, il va l'intégrer dans le prix final.
Donc, sur ce sujet, voilà pour moi la philosophie qu'on doit avoir sur le parcours résidentiel. et après, il faut qu'on répare, sans doute, des choses, je le disais, sur l'accession à la propriété. Il faut pas non plus faire de l'accession à la propriété la panacée de tout parce que, parfois, on l'a fait trop rapidement sur le social.
Parce que, d'abord, il peut y avoir des accidents de la vie et ensuite, on se retrouve dans des situations qu'on connaît où on a des copro privées et bon courage, c'est dix fois pire que quand c'est un opérateur public. Donc il faut, sur ce sujet, être, là aussi, pragmatique et c'est pour ça que ça a été très bien dit par plusieurs d'entre vous. C'est généralement l'élu de terrain qui sait le mieux comment accompagner.
Sur les différents points, madame la ministre, que vous avez cités, vous avez raison, et, au fond, dans ce que vous avez dit, moi, j'ai retenu la formule "Les dispositifs qu'on a mis en plus...", - on en parlait avec M. le maire - "sont devenus du droit commun".
Parce que la situation a tellement glissé en parallèle qu'on mettait des dispositifs qu'elle est absorbée. C'est pas vu comme un différentiel positif. Pourquoi, moi, je suis toujours prudent avec la notion de plan ?
On fait plein...
Ce qu'on dit depuis tout à l'heure, il y a des choses qui ne vont pas, il y a des choses qui vont. Il y a une série d'actions, d'initiatives. Le terme de "plan", je suis toujours prudent parce que... on l'a utilisé dans certains cas, mais ça donne le sentiment d'être plaqué d'en haut.
Mais après, ce qu'on doit vous donner, c'est de la visibilité, de la liberté, de la capacité à agir et, au fond, cette volonté d'égalité et de droit commun que vous avez été plusieurs à mentionner. Si à la fin, on veut appeler ça un plan, je suis partant. Mais je suis totalement d'accord.
Sur les emplois aidés, j'ai bien noté votre sujet. Je pense que...
C'est pour ça qu'on les a pas supprimés en totalité, les emplois aidés. Il y a une partie emploi aidé qui est substituable avec, que ce soit emploi franc, emploi franc associatif si on va dans cette direction et qu'elle apparaît pertinente, avec les dispositifs type PEC, avec les dispositifs contractuels qui étaient évoqués...
Après, sur certains publics, vous avez raison, ça reste une bonne réponse parce que ce ne sont pas des publics qui ont besoin de beaucoup d'années, les plus âgés, et donc c'est aussi pour ça qu'on laissera toujours un volant de contrat sur ce sujet-là. Je veux pas donner le sentiment que c'est l'attrition complète vers laquelle nous allons. Sur l'investissement et l'accompagnement, vous l'avez aussi très bien évoqué, je vous remercie d'avoir contractualisé, mais c'est vrai que les contrats, le but, c'est de les rendre intelligents et donc de les faire varier.
Et c'est vrai que quand on a une politique, en termes de sécurité, en termes éducatif qui créent cette différence, ça a des coûts de fonctionnement. Et donc, il faut que ce soit intégré dans l'ensemble même s'ils sont un moment et si, si je puis dire, ça ne dure pas éternellement, il faut pouvoir l'intégrer. C'est le but de cette contractualisation dynamique.
M. Villemot, c'était vous, sur les voitures qui brûlent et, au fond, l'image. Ce qu'on fait là, c'est l'antidote.
Là, on se retrouve, alors même que beaucoup disaient : "Mais, de toute façon, les quartiers, les banlieues, "ils sont pas concernés". Tout le monde est concerné. C'est la République.
On va dans tous les endroits de la République. Et tout le monde est concerné. Et il y a pas de voitures qui ont brûlé dans les quartiers.
Et on se retrouve-là avec une émotion, quand même, une volonté de faire, une vibration collective qui montre qu'il y a quelque chose à ceux qui en doutent. Et dans les quartiers, on n'attend pas que les voitures brûlent. D'ailleurs, les quartiers, certains l'ont dit aussi, les scènes qui ont édifié, parfois, ils les vivent au quotidien.
Ils les vivent au quotidien. La question, c'est de savoir comment cette capacité à innover, on arrive à en faire, à la fois, une exemplarité, mais à donner, en quelque sorte, un vrai parcours choisi. Je pense que ce qu'on est en train de faire, c'est une pierre parmi d'autres.
Ce que vous faites au quotidien, ce qu'on va continuer à faire, c'est ça, la meilleure réponse. C'est de casser une image, c'est pas simplement venir au chevet quand tout brûle, mais c'est donner la chance de pouvoir réussir. Du plus petit âge au plus grand.
Mais je vous dis souvent, si on regardait...
Quand on parle des quartiers ou des départements qui ont les réputations les plus dures, je vais faire cette plaisanterie. Donnez-moi le département le plus jeune, où on crée le plus d'entreprises, où il y a un stade de taille mondiale, des infrastructures culturelles, deux aéroports internationaux...
C'est la Seine-Saint-Denis. On regarderait de l'autre bout du monde, ce truc, c'est San Francisco. Il manque que la mer par rapport à la Californie. (Rires) Même à marée basse, président.
Non, mais si on regarde, les chiffres eux-mêmes. Et à côté de ça, on a concentré, en effet, la pauvreté, des difficultés...
Oui. Mais ça veut dire que derrière, il y a la potion qui fait que dans d'autres endroits, mis sous d'autres conditions, ça prend de manière extraordinaire. Parce qu'il y a aussi cette capacité d'innovation, parce qu'il y a cette dynamique, il y a cette énergie.
Et c'est ça qu'il faut savoir révéler. Il faut aussi que nous-mêmes, et c'est là où je salue ce que vous avez dit et ce qu'a dit Mme Hintermann, c'est une conversion du regard. Et ça va avec ce que vous disiez et ce que vous vivez au quotidien.
La bêtise humaine, je peux pas l'interdire, même par la loi. Si vous débarquez dans un service public ou privé et que les gens, parce que vous êtes noir et que vous arrivez et ils vous disent : "Est-ce que vous savez lire ?", ça s'appelle de la bêtise.
J'ai pas d'autre terme. Et donc, ça, je peux pas l'interdire. Il faut lutter contre. (Applaudissements) Il faut lutter contre.
Il faut donner la parole, il faut représenter, il faut montrer ce que...
Il faut faire ce que vous avez fait ce soir. Sans mauvais jeu de mots, vous avez traversé la rue, puisque je vous ai vu en face, vous étiez au balcon, et vous êtes venu le dire. C'est absurde.
C'est absurde. Et donc, ça, partout, c'est ce qu'on fait, on pénalise la discrimination, on lutte contre les employeurs, contre ce qui est rampant. Mais, à la rigueur, quand c'est dit, c'est presque de la bêtise à visage découvert.
Donc là, il faut...
Voilà. Il faut le traiter, il faut, nous-mêmes, qu'on gagne ce combat qui est un combat sur nous-mêmes, qui est un combat sur ce qu'est la République. Parce que ces barrières qui sont dans notre société, dans notre économie, dans nos quartiers, elles sont d'abord dans les têtes.
Et donc, ce que vous vivez et, à juste titre, ce que vous avez dénoncé, c'est ce contre quoi on continuera de lutter. Monsieur le maire, on reviendra vers vous, et le ministre vous apportera la réponse concrète avec le préfet sur l'accompagnement. J'ai compris que vous prévoyez de lui écrire, mais vous avez très bien fait de vous substituer au bailleur.
Et là-dessus, c'est une politique qu'on assume totalement. Et d'ailleurs, nous-mêmes, on a mis en place, dans la loi, des instruments pour pouvoir le faire partout où ils utilisent, enfin, ils utilisent, où ils contournent la loi et donc on souhaite le systématiser. Les préfets ont de nouveaux moyens de faire, il y a une politique d'accompagnement, donc on va regarder les choses avec vous.
Sur votre deuxième question, j'avais répondu tout à l'heure et je crois que c'est couvert. Monsieur le maire, monsieur le député... je pourrai pas réparer toutes les situations passées, donc je vais essayer de voir, on va regarder avec...
La DGF, elle a augmenté cette année. Un peu. Si, parce qu'il m'a donné les chiffres, le ministre Lecornu, vous savez.
J'ai fait vérifier. Et donc, donc... nous on a essayé d'accompagner, d'être là.
La DGF a un peu augmenté, la DSU a augmenté, la DPV a baissé. Donc après, les situations...
On peut pas être face à tous les défis qui sont les nôtres aujourd'hui et dire : "On va, pour tout le monde réparer ce qui s'est passé pendant quelques années" où il a fallu faire des efforts et où ça a été, peut-être, un peu homothétique et c'est aussi pour ça qu'on a fait cette contractualisation, c'est vrai, qui demande aux plus importantes de faire des efforts pour pouvoir donner, maintenir la DGF pour les autres. Donc je vais pas vous faire de promesses de Gascon, je vais pas vous... là-dessus, vous les corriger pour le passé.
Ce qu'on doit veiller à faire, par contre, c'est avoir une vraie politique d'accompagnement sur les dépenses de fonctionnement qui vont avec les investissements et les choix qu'on fait. Ca rejoint ce que disait madame la ministre. Ca, c'est vrai.
Et donc sur tout ce qu'on s'est dit. de l'éducatif au sécuritaire à la lutte contre la pauvreté. Et donc, il faut les aider.
Et tout ce qu'on peut faire, et d'ailleurs, on peut faire des contrats ad hoc, va dans ce sens-là et ça donne de la visibilité, mais c'est vrai que quand on investit ou qu'on corrige une situation, ça induit des frais de fonctionnement. Donc, pas pour le passé, mais je suis prêt à regarder l'avenir. Ensuite, j'ai été interrogé par la maire d'Athis-Mons sur les 300 migrants illégaux et les difficultés.
C'est la difficulté qu'on a dans la région, je l'évoquais tout à l'heure, avec aussi les hôtels sociaux, l'hébergement d'urgence dans des conditions qui sont... qu'on essaie de corriger parce que le plan Logement d'abord, c'est, progressivement, de changer ça pour éviter que tout le monde aille dans les... justement, dans ces hôtels sociaux.
Et, au fond, le contrepoint, c'est ce que vous disiez, monsieur, sur l'autre côté, c'est-à-dire, pendant 3 ans, on s'est battu, on les a remis dans le droit chemin, on voudrait les garder. Le défi de tout ça, c'est comment on a une politique qui est à la hauteur de nos droits, de notre humanisme, de notre constitution et comment on évite de placer nos territoires et nos habitants dans des situations insoutenables. Quand des personnes arrivent, quel que soit le pays, dans des situations qu'on ne connaît pas, on leur doit l'hébergement et il est inconditionnel.
Et ça, c'est dans notre constitution, c'est le...
ça va avec le droit d'asile parce que, généralement, ils demandent l'asile et ça, on ne transigera pas. La difficulté, c'est que cette pression migratoire est croissante et on a une très forte augmentation de cette pression en raison de la misère, des difficultés, des trafics, aussi, qui se sont organisés, il faut bien le dire, dans certaines régions africaines et, depuis un peu plus d'un an, de ce qui revient par l'Espagne. La réponse à ça, elle doit être dans un travail que nous devons mener avec les élus, les associations pour réduire ces délais.
Il y a eu sur ce sujet énormément d'incompréhensions, il y a eu cette fameuse histoire de circulaire, puis dans la loi Asile et Immigration, mais quel est le but qui a toujours été poursuivi ? C'est de dire ces personnes qui arrivent, elles prétendent avoir droit à l'asile. On doit les accueillir de manière digne.
C'était l'engagement que j'avais pris dès 2017 pour dire : "Je veux plus qu'il y en ait dans la rue". C'est très dur parce que la vague continue à monter. Mais, en même temps qu'on dit ça, on doit regarder qui elles sont.
Et il y a bien souvent eu une confusion chez les uns, un militantisme chez les autres, une démagogie chez certains pour dire : "Ah non, pas question, on vient pas contrôler, "on fait comme avant". Mais ça, c'est pas possible. Parce que les personnes qui arrivent, si elles viennent en demandant l'asile, qu'elles viennent d'un pays qui n'est pas un pays à risque, qu'il soit d'ailleurs d'Afrique ou d'Europe de l'est...
Quand quelqu'un vient, la plupart du temps, d'un pays qu'on reconnaît nous-mêmes comme sûr, avec lequel certains voudraient qu'on entame des discussions pour qu'il rentre dans l'Union Européenne, quand il vient d'un pays à qui on donne des centaines de milliers de visas par an, ce sont pas des gens qui peuvent venir demander l'asile. Et donc on reste dans cette espèce d'hypocrisie collective et donc, du coup, on met tout le monde dans le même sac et on est très lents. Il y a un an et demi, on est en train de réduire les délais par tout ce qui a été pris, on mettait 18 mois, en moyenne, pour instruire un dossier d'asile, presque 2 ans en région parisienne et on arrivait à la situation qu'évoquait M. le maire tout à l'heure.
Ce qui veut dire que des personnes en situation irrégulière, par définition, arrivent, on les loge, c'est ce qu'on leur doit, mais, parce que la procédure est trop longue, on les laisse s'installer. Les gens qui ont le droit vraiment à l'asile sont mal protégés, ils peuvent pas installer une vie normale parce qu'ils sont dans la précarité pendant 18 mois, 2 ans. Et les gens qui n'auront pas droit à l'asile, en quelque sorte, on les laisse s'installer dans une vie normale.
Et au bout d'un certain temps, soit ce sont des drames, ils doivent retourner, soit ils ont trouvé un travail, parfois établi une vie familiale normale et on va devoir les régulariser. Et là, plus rien n'a de sens. Et donc, le système qu'on a mis en place, maintenant, les textes de loi sont prêts pour ce sujet, c'est vraiment une question de mise en oeuvre, mais ça suppose la coopération de tous : des associations, des élus...
C'est dire, on les installe, on les loge, on les protège, mais très vite et tout de suite, les personnels de la préfecture peuvent venir dans le centre, là où ils ont logés, et là-dessus, je n'accepte pas les raccourcis qui ont été faits, ce sont pas des forces de police, ce sont pas des rafles, pas dans la République française, ce sont des personnes qui vont pour commencer le dossier et permettre que plus vite, on rentre, ensuite, le dossier dans l'OFPRA, qu'il soit instruit, qu'on réduise ses délais. On a commencé déjà, depuis que la loi est passée, à les réduire, mais il y a que comme ça qu'on y arrivera et c'est aussi que comme ça qu'une fois qu'on a constaté que ce sont des personnes qui ont pas droit à l'asile, il faut pouvoir les raccompagner. Sinon, c'est la porte ouverte à tous les trafics.
Ca veut dire le truc est formidable, vous pouvez toujours venir. Mais c'est en train de s'améliorer. Mais ça marche pas parce qu'on avait, jusqu'à présent, pas une vraie politique de contrôle, pas une vraie politique de contrôle.
Mais les choses ont changé. Il y a eu suffisamment de travail qui a été conduit. Mais je sais bien.
Mais le problème que nous avons, c'est que le flux est en train d'augmenter en passant par l'Espagne. Et donc il faut réussir à avoir une discussion, ce qu'on a enclenché, au niveau national, comme au niveau européen, avec les pays d'origine pour prévenir ces départs, de lutte contre les réseaux de passeurs et de trafiquants et aller beaucoup plus vite sur la réponse qu'on apporte. Si en 6 mois, vous savez répondre à ces situations, les gens ne reviennent plus.
Parce que les réseaux sont très bien informés, parce que ce sont des professionnels. Comme on s'était installé dans une situation qui était un peu grise, on mettait 18-24 mois à ne pas régler le sujet et à la fin, les gens n'étaient pas raccompagnables, ben, on disait : "C'est un pays où l'ambiguïté nous sert". Là, on a répondu avec, je crois, et maintenant, il faut le mettre en oeuvre, à la fois de l'humanisme et de la fermeté.
L'humanise, c'est tout le monde a droit à l'accueil, la fermeté, la rigueur, c'est que la règle doit être appliquée à un moment donné. Et donc en amont, mais aussi au retour. Et donc ça veut dire qu'on met en place des vraies politiques de retour, et on y est contraint, avec des politiques de réinstallation, c'est tout le travail que fait, en particulier, l'OFII, avec beaucoup d'autres.
On travaille, évidemment, avec les pays d'origine, l'Europe intervient aussi pour financer cela. C'est le retour, la réinstallation pour désinciter. Donc voilà la politique qui est mise en oeuvre, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, la difficulté, c'est qu'on a fait tous ces changements, ça commence à s'appliquer, les délais se réduisent, mais il y a une pression qui continue à venir, qui, elle, est un fait nouveau, renforcé, à laquelle on doit répondre avec nos amis espagnols pour mieux prévenir les choses.
Et après, le plan Logement d'abord, c'est une vraie réponse aux communes comme les vôtres parce que c'est sortir la réponse immédiate, systématique qu'on apportait jusqu'alors, c'est-à-dire : le placement immédiat de ces migrants illégaux dans les hôtels sociaux ou dans les solutions qui étaient les plus précaires. Sur ensuite, M. Sicart, sur ce que vous disiez, moi, je suis totalement favorable à votre approche.
Là-dessus, sur les suggestions qui sont faites, les éléments d'amodiation ou d'amélioration, 100 % d'accord, l'insertion par l'activité économique, j'y crois très profondément. Vous l'avez évoqué comme une des solutions. On a montré que ça marchait.
C'est comme Territoire zéro chômeur que j'évoquais. Pour la première fois, c'est tout le travail qui a été fait, d'ailleurs, là aussi, avec les élus, les associations dans le cadre du plan Pauvreté. On double le nombre d'IAE dans le cadre du plan.
Donc là, il y aura une vraie réponse qui va dans votre sens, L'idée ensuite de développer les fabriques numériques est complètement cohérente avec ce qui a été fait. Donc j'ai bien noté votre point et le sujet qui vous fait peur ou qui semble ne pas marcher. Donc je demande à ce que le ministre puisse voir avec vous et avec la ministre du Travail pour corriger ce dispositif s'il y avait un point précis, mais j'ai bien noté.
Votre question était très précise donc ça, on va le voir. Parce que 1 : la formation, en particulier dans le secteur numérique, ce sont des formations d'avenir, des formations où des jeunes qui, d'ailleurs, parfois, ont eu des difficultés académiques dans des formations plus classiques, sont très bons parce que, comme on dit en bon français, ils sont "digital native". Et c'est très cohérent avec l'investissement qu'on est en train de mettre sur la table puisque, je le disais tout à l'heure, c'est un plan à 20 milliards.
Et le but, c'est un million de jeunes décrocheurs ou jeunes en difficulté qu'on veut remettre dans l'emploi et un million de chômeurs longue durée au moins. Donc on est totalement dans la cible. Donc il faut corriger le point que vous évoquiez.
Voisin Malin, nous connaissons le talent de cette association et de ce qui est fait. Vous avez eu tout à fait raison de mettre sur la table le sujet de l'accès aux droits avec des chiffres qui nous font honte à tous. Là aussi, dans le plan Pauvreté, ce qu'on veut faire sur... les minima sociaux, c'est de simplifier l'accès pour pouvoir, justement, avoir une vraie réponse.
Moi, je crois, j'ai entendu votre remarque très pragmatique sur l'impossibilité ni de cliquer ni d'avoir un rendez-vous physique donc ça, on va regarder. Moi, je crois à l'accès universel et au contrôle, là aussi, je suis d'accord. S'il y a pas de contrôle, ça marche pas.
Mais si le contrôle se fait par la difficulté à avoir accès, c'est le pire des systèmes. Parce que le plus fragile n'accède pas au service. Donc aujourd'hui, le RSA, aujourd'hui, la prime d'activité dont on a parlé ces derniers temps, les gens qui y ont droit ne vont pas le demander parce que c'est trop compliqué.
Et plus les gens sont en situation de fragilité, moins ils sont accompagnés, plus ils sont dans la difficulté, moins ils vont aller vers cette solution, et c'est là où les associations comme la vôtre jouent un rôle fondamental. C'est là aussi où il faut réduire, en effet, la fracture numérique pour permettre à tous ceux qui peuvent de le faire, et donc tout ce qui est une entrave à l'accès au droit, on doit lutter contre, soit parce qu'on a mis un monopole numérique, soit parce que c'est trop compliqué, soit parce que les gens n'ont pas accès à l'information. Mais dans le même temps qu'on fait ça, il faut mettre du contrôle.
Non, le non recours, c'est : "J'ai accès à un droit, je n'y vais pas." Mais le droit doit toujours s'accompagner d'un devoir. J'ai un droit, la pire des choses, c'est qu'alors que j'ai un droit, je n'y aille pas parce que je suis pas au courant ou que j'arrive pas à passer cette fenêtre, en quelque sorte, ça, c'est intolérable, c'est pas l'égalité républicaine.
Mais une fois que j'ai ce droit, ce droit s'accompagne de devoir. C'est pour ça que moi, je crois au revenu universel d'activité, comme je l'ai dit, c'est j'ai un droit, une prestation de subsistance, la dignité, c'est anormal que je n'aie pas accès à ce droit sur le simple prétexte que je ne suis pas au courant que je n'y arrive pas, mais une fois que je touche cet argent de la collectivité, c'est vous tous qui payez. Ca crée des devoirs.
Devoir de me former, devoir d'aller vers une forme d'activité qui m'est adaptée. Peut-être que j'arriverai pas à avoir un travail à temps plein, mais à aller vers quelque chose, à participer à l'effort de la collectivité. Or nous avons beaucoup trop accepté des situations où on donne des revenus, et donc des droits sans devoir, et c'est vrai à tous les niveaux, et on a pensé qu'on réglait partiellement la chose en disant : "Ne facilitons pas l'accès à ces droits "qui sont si compliqués et si coûteux." Et quand je dis ça, c'est nous, collectivement, et parfois, pour des raisons budgétaires, on a favorisé le non recours, le non accès.
C'est la méthode la plus idiote pour faire des économies. Donc il faut que tous les gens puissent avoir un accès, universaliser l'accès, le simplifier, mais tout accès dans la société, si on veut faire nation, donne lieu à des devoirs, à des devoirs. S'il y a pas de devoirs, et donc pas de contrôle pour regarder si les devoirs sont exercés, il y a plus de cohésion.
Parce que c'est votre voisin qui dira : "Lui, il a accès à ce droit et il prend pas sa part dans la société." Mais qui lui paye ce droit ? Quelqu'un d'autre qui produit, qui remplit sa part de devoir.
Donc oui pour l'accès universel et oui à la part de devoir qui doit accompagner tout droit. Dans ce contexte-là, je partage totalement votre demande du droit à l'erreur, et le droit à l'erreur, il a été voté. Vos parlementaires ont, avec le gouvernement, fait un énorme travail, il n'est pas suffisamment appliqué pour les entreprises comme pour les citoyens.
Donc l'une des vraies réformes qu'on doit faire, ça se fera pas en un jour, c'est très dur, vous avez eu raison, Mme la maire, de rendre hommage aux fonctionnaires territoriaux, on doit rendre hommage à tous nos fonctionnaires, qui sont d'un dévouement, d'une loyauté et d'un engagement extraordinaires, mais on doit progressivement changer nos pratiques, et nous sommes un pays où l'Etat est fort, il est reconnu comme tel, mais où sa culture est peut-être trop une culture du contrôle, a priori, qui tient les choses serrées, et donc il faut qu'on arrive à créer un Etat qui est rigoureux mais bienveillant, et qui arrive à ce que, lorsqu'il y a une erreur la 1re fois, on tape pas tout de suite, on sanctionne pas, on aide à corriger. C'est ça, le droit à l'erreur qui a été fait dans différents secteurs, qui est promulgué, et qu'il faut, maintenant, décliner de manière concrète. Vous m'avez interrogé sur les associations sportives, vous avez raison, ça fait partie du plan que le ministre évoquait, et donc ça fera bien partie de nos priorités, et j'ai redit tout à l'heure à votre collègue et voisin l'importance qu'avait pour moi le sport dans ce contexte-là.
J'ai été, ensuite, interrogé à nouveau, c'était vous, je crois me souvenir, sur la loi SRU et les adaptations nécessaires, après votre hommage au jardin dont je ne sais s'il est à l'anglaise ou à la française, j'ai le sentiment qu'on a un jardin à l'anglaise, ce soir, il est foisonnant, mais on a parfois prêté aux Français des talents horticoles, certes, qui étaient les leurs, mais à une époque de notre histoire. Là-dessus, vous avez raison, et c'est exactement l'esprit de ce qu'on veut faire. Donc l'idée, c'est simplement de savoir comment on donne les latitudes.
Moi, j'avoue que j'ai entendu avec beaucoup d'intérêt, et compris ce que vous avez dit, monsieur le maire, c'était la question suivante. C'est littéralement kafkaïen, ce que vous nous avez décrit. Donc ça veut dire que ces situations-là, on doit les gérer en rendant la norme intelligente, et donc au plus près du terrain.
Et donc on le règle, en ajustant peut-être une ou deux choses, mais en permettant à ceux qui gèrent la règle au plus près du terrain de faire, et donc c'est la déconcentration, c'est-à-dire permettre aux préfets qui sont présents ici d'avoir des latitudes et d'appliquer la loi non pas de manière automatique, mais de pouvoir apprécier la loi en leur donnant des latitudes pour pouvoir, au regard des contraintes du terrain, des réalités topographiques, ce qui était expliqué par l'un de vos collègues tout à l'heure, des contraintes légales, de l'historique, adapter la chose, avec, au fond, beaucoup plus qu'une obligation stricte de moyens à tous les étages pour tout le monde, qu'une obligation de moyens qui doit être juste pour pas qu'il y ait de relâche de l'effort, mais une obligation de résultats et trouver le chemin le plus intelligent pour aller vers cette obligation de résultats, ce qu'on a fait sur d'autres sujets, je pense à ce qui a été fait sur la construction dans le même esprit. Et donc là-dessus, je pense que la solution se construit à travers plus de place aux préfets. J'ai noté, par ailleurs...
Sur l'INSEE, le ministre vous a répondu, et sur les places de parking, j'ai noté le pragmatisme de votre remarque. Je reviendrai dans deux secondes sur l'utopie. L'accès aux soins.
Je reviens, ne vous inquiétez pas. Sur l'accès aux soins. Là-dessus, vous avez bien résumé la situation et ce qui a été fait, et l'objectif qui est le nôtre, c'est bien d'accompagner des initiatives comme les vôtres.
La réalité que vous vivez dans beaucoup de quartiers, qu'on a souvent, d'ailleurs, dans les premières couronnes des métropoles, c'est vrai à Paris, c'est vrai à Lyon, c'est vrai à Bordeaux, toutes les métropoles, la première couronne, c'est devenu des déserts de service. On pense que c'est que le rural, c'est pas vrai. Très rurale et 1res couronnes des métropoles, c'est des endroits souvent les pires parce que les médecins, les professionnels de santé, les libéraux, préfèrent aller soit en coeur complet soit s'éloigner.
Face à ça, il faut casser les codes, ce que vous avez fait, et vous l'avez fait avec pragmatisme, j'ai entendu votre expérience, et c'est ce qu'on veut systématiser ou accompagner dans la loi santé. Si vous avez regardé la stratégie santé 2022, à mon avis oui, en s'inspirant d'exemples comme le vôtre. 1, c'est de dire : on a un problème d'offre de santé, on n'a pas assez de professionnels.
Pourquoi ? Parce que ces professionnels...
On a le numerus clausus, donc on le fait sauter, simplement on aura le résultat dans 10 ans, mais il faut prévoir l'avenir. 2, les professionnels de santé, ils veulent plus travailler comme il y a 20 ans ou 30 ans, ils veulent plus les mêmes vies. Ils veulent travailler ensemble, qu'on leur simplifie la vie, ils veulent pas les mêmes horaires, pas les mêmes contraintes, ils veulent exactement ce que vous avez fait, des maisons pluridisciplinaires, travailler avec d'autres collègues, avoir une vraie offre de soins, pouvoir échanger, une autre organisation.
Donc c'est pour ça qu'on accompagne maintenant, ça a commencé sous la mandature précédente, mais on accélère l'accompagnement des maisons pluridisciplinaires. Mais au-delà de ça, ce vers quoi on va rentrer progressivement, c'est de casser la séparation public-privé et de sortir peu à peu de la logique de rémunération à l'acte, ce qui rejoint ce qui a été dit par votre successeur sur l'hôpital. On a un système, paradoxalement, où on peut pas construire la bonne offre de soins sur un territoire parce qu'on gère d'un côté, le public, de l'autre, le privé, ce qui est absurde.
L'offre de soins...
C'est pour ça que les gens, quand il y a un manque, ils vont tous vers les urgences, et c'est pour ça qu'on a des urgences qui sont en souffrance, parce qu'elles répondent à la totalité du besoin. Et donc, sur ce sujet, l'idée, c'est d'avoir une approche au niveau d'un territoire en décloisonnant public-privé et en accompagnement les regroupements de professionnels, et donc faciliter le praticien hospitalier qui ira travailler et faire des vacations dans le libéral, permettre à un praticien dans le libéral d'aller utiliser des plateaux de l'hôpital à un moment donné plutôt que de fermer la structure, réussir à construire la maison pluridisciplinaire de santé et les professionnels spécialistes ou généralistes de 1re nécessité, ensuite, des structures de soins de proximité, par exemple, le centre post-natal ou postopératoire, le centre prénatal, où il y a une intensité de soins qui est plus faible, et puis ensuite avoir l'hôpital public ou privé et puis les centres avec les équipements les plus exigeants. Donc ça, c'est un continuum qu'on fait en l'organisant au niveau des territoires.
Comment on fait pour accompagner les initiatives comme les vôtres de regroupement ? On va financer dès ce premier plan 4 000 assistants médicaux. Qu'est-ce que c'est ?
Quand les gens acceptent de se regrouper, on leur dit : on vous finance un poste, un personnel, ou administratif, ou soignant pour vous libérer d'autres tâches et vous inciter à vous regrouper. Réponse très pragmatique. Et ensuite, progressivement, on va changer la structure de rémunération des professionnels.
Aujourd'hui, le système incite à faire un maximum d'actes, y compris, d'ailleurs, dans certains services hospitaliers, et y compris dans des services où il faudrait faire moins d'actes mais mieux accompagner. Et donc c'est intégrer à la rémunération des objectifs sur le territoire de santé publique, des objectifs de prévention qui vont rendre collectivement plus intelligent notre métier, mais qui correspondent aux initiatives que vous avez prises aussi et que vous décriviez, c'est-à-dire où on doit intégrer plusieurs facteurs et pas simplement un acte, comme si le professionnel de santé vivait en dehors de tout écosystème, en dehors de tout environnement, et pouvait, si je puis dire, accumuler ces derniers. Donc l'approche que vous avez commencée, c'est exactement celle qu'on va décliner dans la loi Santé, les moyens qu'on mettra, c'est de la visibilité, avec les structures, qu'elles soient hospitalières ou privées, c'est les assistants médicaux, et c'est les réouvertures de postes dans les zones les plus carencées.
Ca fait partie de la stratégie santé, vous avez raison de le rappeler, je voulais pas être encore plus long, mais la santé numérique et la possibilité d'avoir de la télémédecine, la complémentarité entre les centres fait exactement partie de l'offre. Il y a, d'ailleurs, un très gros travail qui a été fait par l'ensemble des sociétés savantes au niveau même national pour, justement, reconnaître la place de cette télémédecine et développer. Ce qui va dans le sens de ce que vous évoquiez, docteur, j'ai répondu sur l'articulation entre l'économique et le social.
Moi, je pense qu'il y a pas de projet de société si on ne reconstruit pas les deux, peut-être suis-je un peu saint-simonien en l'espèce, mais je le crois profondément. Je crois qu'il y a pas de projet social qui tienne s'il n'y a pas un projet productif qui le sous-tende. Et au fond, pour moi, notre pays, ce qui doit recomposer le pacte national, c'est un projet éducatif, c'est un projet productif, environnemental, solidariste et européen.
Mais le solidariste, c'est là où je reprends cette formule, elle porte le projet social. Mais on lui donne une connotation de solidarité au sein de la nation. Donc je partage totalement cette philosophie, j'ai évoqué, je vous ai répondu sur la sortie progressive du paiement à l'acte, et vous avez parfaitement raison.
Vous avez ensuite dévoilé un continent sur lequel nous ne sommes pas bons. La ministre a commencé à poser les jalons, moi, je veux en faire, dans les années à venir aussi une des priorités, c'est la santé mentale. On a une psychiatrie française qui est une très grande école de psychiatrie, qui a beaucoup souffert parce que progressivement, je veux pas rentrer dans trop de détails, mais la neuropsychiatrie, qui était une discipline d'excellence, s'est scindée, la psychiatrie a connu des crises, les hôpitaux psychiatriques ont été pendant longtemps sous-dotés et vivent des crises, et je rends ici hommage au personnel qui, au quotidien, font un travail absolument formidable, mais on a une insuffisance d'offre psychiatrique or la maladie mentale, quand on regarde les chiffres et les derniers rapports, sous des formes bénignes ou malignes, on pense que c'est entre 15 à 20 % de la population qui est touchée, par des éléments de stress qui changent la vie au quotidien, ou par des maladies plus ou moins graves qui peuvent aller jusqu'à des psychoses ou des choses beaucoup plus handicapantes et qui peuvent conduire à rendre dangereuses.
La psychiatrie infantile a été désertée, il y a trop peu de moyens, or c'était un des vrais éléments de la prévention aussi dans de nombreux quartiers, et la psychiatrie, qu'elle soit libérale ou hospitalière, a besoin qu'on réinvestisse. Donc sur ce sujet, j'ai noté votre proposition pragmatique de travailler avec les professionnels que sont les psychologues, c'est une très bonne idée, tout ça pour vous dire, ce chantier arrive, mais j'en ai pleinement conscience, et il fait partie du mal-être social et il fait partie des difficultés où on mélange tout, et on demande à des gens qui ont des difficultés, qui ont une pathologie, mais qui n'a simplement pas été diagnostiquée, donc des gens qui ont besoin d'être aidés d'avoir une vie normale, ce qui est impossible, et donc c'est un handicap au carré. Je reviendrai ensuite sur votre texte.
J'ai été...
Le conseil citoyen de Corbeil-Essonnes, merci du message, et on l'a plusieurs fois évoqué, sur la place des conseils citoyens et ce que vous avez évoqué, qui est très important. J'ai été sur la liberté, c'était le maire des Yvelines, sur la liberté qu'on donne, c'était vous, là aussi, avis partagé totalement sur ce que vous avez pu donner, les latitudes qu'on doit donner sur le logement social, ce qui correspond à l'esprit de ce que le ministre va lancer. Ensuite, sur le maire qui accompagne, pareil, en Seine-et-Marne...
C'était là, monsieur le maire. Là aussi, accord total, point pris sur le métro Grand Paris, le soutien, on l'a vu, de vos collègues était complet, et donc pas de sujet. Sur, ensuite...
C'était vous, monsieur. Je reviendrai pas sur tous les aspects. Non, mais parce que je veux pas en rajouter, vous vous êtes exprimé.
Il faut tous qu'on ait, de toute façon...
Faut pas aller vers la dénonciation de l'un ou l'autre en place publique sans que les gens puissent se défendre. Vous vous expliquerez en temps voulu. Les maires sont là parce qu'ils ont été élus par des habitants, et même étant élus par des habitants, ils sont pas protégés, il y a pas d'immunité municipale.
Donc ils sont pas protégés de la justice quand la justice doit agir. Et donc je dis juste, ils ont au moins droit à la même chose que les autres citoyens, le respect de la présomption d'innocence, et ils ont une responsabilité et une légitimité démocratique, qui n'enlèvent rien à la vôtre en tant qu'associatif et engagé, mais qui doit être là, et je pense que si on joue un jeu d'opposition entre les uns et les autres, on perdra du temps, or je suis convaincu d'une chose : il faut pas perdre de temps. Par contre, l'idée d'aller en soutien sur des initiatives concrètes, l'idée de tout évaluer, de tout regarder, d'accompagner ce qui marche et de savoir réorienter quand ça ne marche pas, moi, j'y suis très favorable, je suis pragmatique.
L'argent public, il est la propriété de personne. Il est la propriété de la nation française. Et donc partout où on doit mettre de l'évaluation, partout quand ça ne fonctionne pas, on doit corriger, on doit revenir, on doit trouver une autre voie, on doit faire confiance à de nouveaux acteurs et pouvoir les évaluer, et là-dessus, l'association, je sais pas ce qu'elle a fait à Grigny, mais dont vous avez parlé, est une association qui a plutôt pas mal de réussite à son actif, dans les quartiers, Peut-être qu'elle a raté là, il faut l'évaluer, mais ça peut pas être la dénonciation d'un seul ou de l'autre.
Mais oui à une démocratie de la confiance qui va avec la transparence, et essayons ensemble de lutter contre le doute, parce que le doute ronge tout et ne permet pas de construire des choses efficaces, donc j'espère un peu avoir oeuvré à la réconciliation à Grigny. Monsieur le maire, j'ai répondu sur les personnes qui vivent en situation irrégulière pendant plusieurs années et qu'on raccompagne. Sur les commerces de proximité, je souscris totalement à ce que vous avez dit, j'ai répondu tout à l'heure brièvement à l'un de vos collègues sur ce point.
Ca fait partie de notre capacité à rerendre la ville belle. Moi, je crois beaucoup à cette formule. Je pense que la beauté et la sociabilité dans la ville, ça vaut mieux que beaucoup de politiques publiques froides ou de noms ou de textes ou autres.
Les textes viennent en appui, bien souvent entre nous, si je puis dire, quand on est les élus ou celles et ceux qui agissent, on parle trop des instruments et pas assez de l'effet final. Le commerce de proximité, le geste architectural, la rénovation, c'est ce qui rend la vie belle, ça rend les gens fiers, heureux d'habiter là, ça recrée de l'activité, et une autre forme de sociabilité. On a développé Action coeur de ville, on va refaire une génération, on va faire quelque chose pour les villes, aussi, plus petites.
A chaque fois, l'objectif, c'est d'accompagner, et là, de manière très pragmatique, en retrouvant, d'ailleurs, la vitalité et la rapidité de ce qu'on est en train de recréer à l'ANRU, le projet d'un élu, d'un maire, du terrain, même s'il est pas totalement finalisé, on commence à apporter pour pouvoir commencer, et le projet peut se transformer dix fois parce qu'il est porté au plus près du terrain. Mais le commerce de proximité correspond à une demande de nos concitoyens, à un changement des pratiques, à une réhumanisation de notre société et des quartiers qui se sont, parfois, le plus coupés en raison de ce qu'on évoquait tout à l'heure. Sur, ensuite...
Oui. Monsieur le maire de Mantes-la-Ville sur l'immigration. Je vous laisse la formule qui consiste à dire que c'est une charge.
Je n'ai pas dit ça comme ça. Vous avez pu rapprocher deux mots, mais j'ai jamais dit "l'immigration est une charge." Dans le sens où vous l'avez évoqué, c'est un défi qu'on a tous.
D'abord, il faut pas se tromper, nous sommes dans un monde de migration. On peut s'amuser à dire "on va l'éviter ou pas", les inégalités mondiales, les dynamiques démographiques mondiales font que, que ça nous plaise ou pas, on peut se voiler la face, les migrations sont là. Elles sont de pauvreté, elles sont alimentées par les réseaux, d'ailleurs, qui permettent de voir ce qui se passe ailleurs, elles sont et seront de plus en plus climatiques.
Nous sommes dans un monde de migration. Je crois pas du tout aux gens qui font des murs. Ca marche pas.
Ca marche pas. C'est même pas par idéologie, on voudrait en faire, que ça marcherait pas, d'ailleurs nous, on se claquemurerait sévèrement. Donc la question, c'est comment on a une approche de ce phénomène en essayant de ne pas simplement jouer sur les peurs, mais de voir un peu plus loin.
C'est un défi aujourd'hui, moi, j'ai aucune naïveté. Aujourd'hui, ça bouscule notre société, le phénomène migratoire. Mais il faut pas embarquer ou tout simplifier.
Nous sommes un pays qui a toujours été fait de migration. On a toujours eu environ, j'ai plus les chiffres, 10 ou 12 % de personnes issues de l'immigration, et à chaque fois, il y a eu les mêmes peurs. Les peurs qu'on a aujourd'hui à l'égard des Subsahariens sont les mêmes qu'on avait à l'égard des Italiens ou des Polonais à un autre siècle, avec des violences absolument terribles.
Et puis on a progressivement réussi à intégrer. Pour moi, le coeur du défi français est aujourd'hui un défi d'intégration, beaucoup de choses étant d'ailleurs liées à ça dans notre discussion. Ensuite, sur le phénomène migratoire, on doit le tenir.
Aujourd'hui, nous avons une pression migratoire liée à une crise profonde de l'organisation européenne de l'Afrique, à la multiplication de ses passeurs qui utilisent la naïveté des uns, la faiblesse des autres, et notre ennemi, ça n'est pas celui qui arrive et qui n'a pas choisi son destin, notre ennemi, ce sont les passeurs qui exploitent la misère et nos propres faiblesses. Mais aujourd'hui, nous avons une problématique migratoire qui est liée à cette pression, et je n'ai aucun angélisme sur ce sujet, qui augmente depuis 3, 4 ans très fortement, et qui joue sur le fait que nous n'avons pas une vraie approche entre l'Europe et l'Afrique, en particulier sur ce sujet, une vraie approche européenne. Là où je dis l'approche française seule, elle peut avoir un sens, il sera très limité, parce que si nous n'avons pas la même que les Allemands, les Belges et les Espagnols, bon courage, on va pas remettre l'armée tout le long des frontières.
Donc pour faire face à cela, 1, il y a une réponse, on a commencé à la porter avec ce qu'on a fait pour réduire les délais, avoir une politique pour désinciter au départ, là où les gens ne sont pas en insécurité chez eux, pour contrôler plus rapidement et raccompagner, ça, c'est une politique efficace. 2, on doit avoir une Europe qui protège davantage, une Europe qui protège les citoyens africains qui sont aujourd'hui les premières victimes de ces passeurs, les citoyens européens qui, dans certains territoires, sont bousculés par des phénomènes qui sont pas contenus et organisés et qui, parfois, créent des violences et des vrais problèmes d'intégration et où les difficultés se rajoutent à la difficulté. Et donc par rapport à ça, moi, je crois à un système d'asile, à la refondation de Schengen, et donc à un système d'asile de protection des frontières communes beaucoup mieux organisé, à un système où on n'a pas un droit d'asile différent de l'un à l'autre ou les uns et les autres, et en particulier, les réseaux jouent sur ces différences, mais on a aussi une politique responsable avec les pays d'origine en termes d'aide publique au développement, en termes d'aide au retour, en termes d'aide éducative.
Si on permet aux jeunes d'avoir un avenir chez eux, je pense qu'ils viendront moins chez nous. Et quand on regarde les nationalités, je pense en particulier d'Afrique, qui viennent le plus en ce moment partout en Europe, ce sont pas les pays les plus pauvres, ce sont les pays qui sont en voie de transition, et c'est généralement les derniers enfants de la famille. C'est simplement qu'il y a plus d'espoir pour ces enfants dans leur pays.
Ca rejoint ce qu'on disait tout à l'heure. Quand ce sont des enfants qui viennent du Sénégal, de Guinée, de Côte d'Ivoire, qui prennent tous les risques pour arriver jusqu'en France, c'est que quelque chose se passe dans ces pays, et on doit aider les gouvernements à y répondre. On doit aider à y répondre.
Et c'est pas simplement en disant "C'est une charge, j'en veux pas", on doit faire appliquer le droit chez nous, mais on doit trouver une solution intelligente pour qu'ils aient un avenir dans leur pays par une politique d'éducation, de santé, de filière économique qui permette de développer le pays, de donner un avenir à leur jeunesse, et d'avoir des migrations qui sont choisies, mais pas subies. Donc sur ce sujet...
Mais on a l'argent, vous savez, on met de l'aide publique au développement, on a trop peu fléché sur ce volet-là. On a une vraie stratégie d'aide publique au développement, on la reflèche, ce que je fais depuis que je suis là, en éduquant en particulier les jeunes filles, ce qui est un élément extrêmement important dans des pays qui sont en train de jouer leur transition démographique et pour donner leur avenir, c'est fondamental. On met beaucoup d'argent dans l'aide publique au développement, on doit en mettre plus encore.
Mais je crois surtout beaucoup plus en cela qu'en une politique où un pays seul qui n'est pas une île, la France, déciderait qu'il peut se claquemurer ou régler à lui tout seul le problème de l'Europe et de l'Afrique. Nous ne pouvons pas gérer le phénomène migratoire comme le gère l'Australie, par exemple, ou même le Canada, qui est beaucoup plus loin des pays d'origine. Nous ne sommes pas une île, nous sommes à une traversée d'un bras de mer d'un continent à l'autre, et nous sommes liés aux frontières du reste du continent.
C'est juste du vrai réalisme, ce que je vous dis. Et donc je pense qu'on a un chemin qui n'est pas facile, c'est d'être fidèle à ce qu'est la France, qui n'est pas un pays qui a peur de l'autre et donc l'ADN est un certain rapport à l'universel, qui est d'être fidèle à ce qui nous a fait riches. La France est un pays qui, quand il a fait la Révolution, a donné la citoyenneté et même le droit d'être député à des Italiens, des Britanniques, des Américains, et c'était, à l'époque, le pire de ce qu'on pouvait faire en termes de migrants, on l'a fait.
Garibaldi était député français. C'est la force de la République. Et donc dire on tourne le dos à toute cette histoire parce qu'on a peur et qu'on n'est pas capables de gérer le monde tel qu'il est devant nous, ce serait de la folie.
Et surtout je pense que cette approche, elle n'est pas efficace. Oui, à un moment donné, je serai peut-être amené à demander à nos concitoyens de choisir sur telle ou telle chose. Je ne le ferai jamais avec démagogie, je le ferai toujours conscient du fait que sur le sujet qu'on vient de toucher là, il ne doit y avoir aucun tabou.
Moi, je l'aborde avec vous de manière très simple, je l'ai mis dans la lettre, l'immigration, c'est un vrai sujet pour notre pays, et pas d'hier. Mais parce qu'il n'y a aucun tabou, il ne doit y avoir aucune facilité, aucune réduction, et le moins de mensonges possible. (Applaudissements) Vous avez parfaitement dit, et je finirai sur ce point, vous m'avez interrogé sur l'utopie, tout à l'heure, et puis vous nous avez lu un texte magnifique.
On a tous notre utopie, et vous avez un peu lu quelle était votre utopie. Et s'il y a pas d'utopie, il y a pas de travail au réel, parce que le réel est désespérant, sinon. Mais pour nous tous, quelle que soit la situation où on est, s'il y a pas une part de rêve qui est de transformer ce réel, d'abord, nous ne serions pas là, nous, collectivement, et je crois très profondément qu'il y aurait plus de projet.
Dans un projet politique quel qu'il soit, il y a une part d'utopie, il y a une part d'engagement, et cette part d'utopie, c'est de dire : "il y a un rêve absolu." Mais moi, je ne suis pas dans l'utopia complète, Il y a un rêve absolu. On a tous nos absolus.
Mais c'est cet absolu frotté à la réalité qui est indispensable. Rimbaud, qui était un des plus grands utopistes, un poète que j'adore, je cite toujours cette phrase parce que je la trouve magnifique, "Avec la dure réalité à étreindre, paysan." Chesterton avait une phrase magnifique quand il citait Robinson Crusoé, il dit : "Robinson Crusoé n'est pas parti avec des poèmes dans son île, "il est parti avec du fromage, du jambon, etc." Les vrais utopistes sont des pragmatiques parce qu'ils veulent vraiment changer la vie.
Donc oui, je crois dans l'engagement, mais je ne crois pas à l'utopie qui aurait pas de matière ou qui serait éthérée ou qui aurait raison face à ceux qui se débattent au quotidien avec les mains dans la glaise et tout ce que vous avez formidablement lu. On croit dans une utopie, je dis pas que... on a tous et toutes ici la même utopie, ce serait sans doute, d'ailleurs, triste si c'était le cas, mais il y a une chose, et ça, j'en suis convaincu, c'est qu'on croit dans cette part de folie et d'absolu qui va avec l'utopie, qui va avec l'engagement, qui va avec le fait que même quand c'est désespérant, comme vous l'avez formidablement bien dit, et tout le monde était très ému, on n'arrête pas, on ne cède pas, parce qu'on n'a pas le droit.
Et au fond, je vais vous rassurer, Mme la maire, vous ne seriez pas là si vous n'aviez pas cette part d'utopie et d'engagement, et c'est pas répondre simplement aux choses, et moi, je ne serais pas là si je ne l'avais pas non plus. Je ne serais pas là si je ne l'avais pas non plus. On n'a sans doute pas choisi de nous retrouver là, ce soir, depuis des années et des années, mais sans doute quelque chose l'a-t-il choisi pour nous, c'est le fait que nous sommes à chaque endroit dans la République où on nous a placés, on a décidé, conscients des enjeux qui étaient là, conscients de la gravité du moment, conscients de la violence, des insuffisances, des petites lâchetés, de tout ce qui ne marche pas, que c'était possible de faire autrement.
Et je pense qu'il y a une chose qui nous réunit, c'est qu'on ne veut pas céder. C'est ça, la vraie utopie, c'est d'avoir un projet, c'est de ne pas céder. Ce projet, il a un beau nom, ça s'appelle la République.
C'est un projet de cohésion, de liberté, de choix. C'est un mot...
Beaucoup pensent qu'il ne sale plus, et c'est pas vrai. Les gens le conjuguent comme ils veulent, ils l'appellent autrement s'ils veulent, mais c'est ce qui nous tient ensemble malgré nos différences, c'est ce qui fait que même dans les temps où il y a de la peur, de la violence, où le visage du pire revient, parce que nous sommes là et que nous avons cette part d'utopie et d'engagement, on ne cède pas. On ne cède pas.
Et cette part-là, elle est plus importante que toutes les petites choses qui peuvent diviser. C'est ça qui fait la nation française. C'est ça qui vous porte chaque jour et qui fait que, je pense qu'on est le seul pays au monde où ce qu'on est en train de vivre est possible.
Ca n'existe nulle part ailleurs. Et je ne sais pas où ça nous mènera, mais c'est pas grave, j'ai quelques objectifs. Vous aussi.
Mais la part de démocratie, d'esprit collectif, d'engagement collectif, cette part d'utopie, on est en train de la porter, et c'est la transformation profonde qui nous dépasse et qui fait que la politique, c'est pas telle ou telle mesure, c'est pas, justement ça ou ça, ce sont des vies entremêlées qui ont décidé de faire ensemble. Alors merci de ce que vous faites tout au long de l'année et merci d'être là. (Applaudissements)
Emmanuel Macron