Sébastien Chenu : "Je n’attends pas que Mbappé me fasse une leçon politique"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse directe
Est-ce que certains Français ont raison d'avoir peur ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Est-ce que ça dit que le RN n'est toujours pas perçu comme un parti comme les autres ?
- 2:09RelanceRéponse directe
Le Rassemblement National est un parti pro-juif ?
- 2:45OuverteRéponse partielle
Comment vous expliquez alors que toutes les institutions juives de France tiennent des discours contre vous ?
- 3:33OuverteRéponse partielle
Ce sont des mots très forts que lui répondez-vous, Sébastien.
- 5:01OuverteRéponse directe
Si vous êtes élu, il se passe quoi pour Kylian Mbappé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Des manifestations contre votre arrivée au pouvoir se sont déroulées dans plusieurs grandes villes de France samedi après-midi et à nouveau hier à Lyon, à Caen, à Saint-Brieuc. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Quand Jean-Marie Le Pen peut devenir président, quand Jordan Bardella peut devenir Premier ministre, les Français descendent dans la rue. »
- 3:33Invité politiqueFait
« Marcus Thuram a appelé samedi à se battre contre le RN pour qu'il ne passe pas. »
- 8:22Invité politiqueFait
« Jordan Bardella n'a jamais été en situation de gérer quoi que ce soit. Il a moins de 30 ans, il n'y est pour rien. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Sébastien Chenu37 %
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Il est 7h48, Sonia De Villers, votre invitée ce matin, est vice-président du Rassemblement National.
Et je précise qu'avant la dissolution, il était député RN du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale et qu'il se représente dans sa circonscription le 30 juin prochain. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Voilà, je m'excuse, j'ai la voix un peu éraillée. Des manifestations contre votre arrivée au pouvoir se sont déroulées dans plusieurs grandes villes de France samedi après-midi et à nouveau hier à Lyon, à Caen, à Saint-Brieuc. Est-ce que certains Français ont raison d'avoir peur ?
Non, je ne crois pas qu'il y a de peur à avoir. Je crois que ceci est largement d'ailleurs entretenu par des gens qui veulent que rien ne change. Parce que la réalité, c'est que beaucoup des artisans, des organisateurs de ces manifestations le font à leur propre bénéfice. Ils souhaitent que rien ne change, nous nous souhaitons changer les choses. Mais dans ces manifestations, et si vous le permettez, moi ce que je veux noter, c'est que même si elles se sont bien passées dans leur ensemble, il faut s'en féliciter. Il y a quand même eu des propos que je trouve inadmissibles envers, comme c'était écrit sur certaines pancartes, les flics, envers les électeurs du Rassemblement National.
Je notais ça notamment dans les Gay Pride. Il y avait des manifestants qui culpabilisaient des gays qui pourraient voter Rassemblement National. Alors que, évidemment, nous sommes attachés au droit, notamment au mariage pour tous. Moi j'ai milité en faveur de cela. Donc il n'y a pas de raison d'avoir peur, ni de raison d'agiter de fausses peurs.
Quand contre une éventuelle élection de Nicolas Sarkozy, une éventuelle élection de François Hollande, d'Emmanuel Macron, les Français ne descendent pas dans la rue. Quand Jean-Marie Le Pen peut devenir président, quand Jordan Bardella peut devenir Premier ministre, les Français descendent dans la rue. Est-ce que ça dit que le RN n'est toujours pas perçu comme un parti, comme les autres ?
Non, vous savez, il suffit d'écouter Serge Klarsfeld, ces jours-ci. Serge Klarsfeld, qui est une grande voix, j'allais dire morale probablement, dans notre pays, qui n'est pas un homme proche du Rassemblement National, c'est le moins qu'on puisse dire, et qui a dit, moi ce qui m'angoisse, la peur que j'aurais, ce serait de l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon et de la NUPES. Donc il a dit, entre Mélenchon, la NUPES, le Front populaire et le Rassemblement National, je voterai, dans un second tour, Rassemblement National.
On va prendre ces propos très précisément, Sébastien. Bien sûr. Ceux de Serge Klarsfeld, il a dit, entre un parti antisémite, et donc il qualifiait justement certains partis d'extrême-groche et un parti pro-juif, je voterai pour un parti pro-juif. Le Rassemblement National est un parti pro-juif ?
En tous les cas, il est à l'inverse d'un parti antisémite. Moi, je ne suis pas pro ou anti-religion, c'est-à-dire que je ne suis pas pour des gens qui ont une religion. Moi, je suis un laïc et je respecte aussi bien ceux qui croient, quelle que soit leur croyance, que ceux qui ne croient pas. Mais en tous les cas, on n'est pas anti-sémite et c'est vrai que ça s'est vu par rapport au dérapage multiples et variés de la France insoumise, de ses leaders qui, demain, pourraient être ministres.
Mais comment vous expliquez alors que toutes les institutions juives de France, le CRIF par exemple, le Grand Rabbin de France ou les libéraux, tiennent des discours extrêmement fermes et sans aucune ambiguïté contre vous ?
Mais parce qu'il y a ce que j'appelle une sorte de système qui cherche à conserver ces prébandes et qui est bien dans l'entre-soi. Vous savez, il suffit de regarder, c'est pareil pour les syndicats. À la tête des syndicats, vous avez des gens politisés, c'est pareil pour le CRIF, extrêmement hostile. Et puis vous descendez dans les strates d'organisation jusqu'aux syndiqués ou jusqu'aux adhérents du CRIF. Nous avons d'ailleurs des candidats, en tous les cas j'en ai un en tête, mais je ne le citerai pas puisqu'on ne doit pas pouvoir citer les candidats dans les circonscriptions qui est dans des instances du CRIF ou qui est adhérent du CRIF.
Donc vous voyez, quand on descend, c'est pareil pour les syndicats, dans les strates, dans la base, chez les adhérents, vous avez beaucoup de gens qui partagent nos idées.
Ce soir, premier match de l'équipe de France à l'Euro de football face à l'Autriche. Marcus Thuram a appelé samedi à se battre contre le RN pour qu'il ne passe pas. Hier, Kylian Mbappé, star mondial, vous le savez, affirme se ranger derrière l'avis de son coéquipier. Et il ajoute, ne pas vouloir porter le maillot le 7 juillet, un maillot qui ne correspondrait pas à ses valeurs. Ce sont des mots très forts que lui répondez-vous, Sébastien.
Justement, quand on a la chance, l'honneur de porter le maillot de l'équipe de France, on a un peu de retenue. Beaucoup de nos électeurs supportent l'équipe de France, c'est le moins qu'on puisse dire, et aiment bien Mbappé. Moi, j'aime bien Mbappé en tant que joueur, mais je n'attends pas de lui qu'il me fasse la leçon politique. Il a le droit d'avoir un avis, et ça ne me choque pas qu'il s'exprime.
Il se dit citoyen autant que joueur de football.
Voilà, c'est pour ça que je dis qu'il a tout à fait le droit d'avoir un avis. Et ça ne me gêne pas au demeurant qu'il s'exprime. Mais je n'attends pas que des gens que j'estime être assez déconnectés des réalités viennent, comme Yannick Noah, j'entendais, qui à chaque élection la ramène pour nous dire que peut-être il déménagera. C'était son grand truc, mais il a signé une tribune. Voilà, signé par de très nombreux sportifs. Donc si vous voulez, moi je n'attends pas que des gens fassent la leçon aux Français. Les Français sont des gens adultes, ils l'ont montré.
Ils font des choix politiques, éclairés, ils choisissent, ils n'ont pas besoin que certaines personnes qui sont, tout à l'heure je parlais du système, ou très éloignées en tous les cas de leurs soucis du quotidien, viennent leur dire comment voter. Les Français voteront exactement comme ils le souhaiteront, avec liberté.
Mais ça veut dire que si vous êtes élu, Sébastien Chenu, il se passe quoi pour Kylian Mbappé ? Il peut rester en équipe de France ? Il peut continuer à porter ma vie nationale ?
C'est très franche votre question, Kylian Mbappé est probablement l'un de nos plus grands joueurs. On est très fiers qu'il soit dans l'équipe de France, on a envie de le voir continuer, et de nous faire gagner surtout.
Jordan Barnella sur France 3, ce week-end, a placé l'immigration dans les mesures d'urgence. Il va y avoir des mesures qui vont s'étaler sur les semaines, les mois qui viennent, mais il va y avoir des mesures d'urgence. L'immigration en fait partie. Il dit procéder à la suppression du droit du sol dans les semaines, dans les semaines de son arrivée au pouvoir. Pourquoi promettre aux Français des choses que vous ne pouvez pas accomplir ? Faire fi du Sénat par exemple, où vous n'avez pas la majorité, loin de là, faire fi du Conseil constitutionnel ?
Non madame, je crois que nous pouvons probablement le faire. D'ailleurs le gouvernement a commencé avec Mayotte. Voyez-vous, c'est le gouvernement Attal qui a commencé par la suppression du droit du sol à Mayotte, qui a enclenché cette démarche avec les mêmes rapports de force, c'est-à-dire un Sénat qui ne lui est pas favorable. Et donc nous, nous considérons qu'au Sénat, nous pouvons avoir une majorité sur cette question. Il est possible de dégager une majorité. Et nous considérons que nous allons aller au-delà de Mayotte. Nous pensons que la suppression du droit du sol, elle ne doit pas être réservée qu'à Mayotte, mais également à l'ensemble de notre pays.
L'un de vos candidats, l'avocat Pierre Gentillet, affirme ce week-end sur un plateau que le politique est revenu au-dessus du juridique. « Si demain, je le cite, nous voulons nous affranchir de certains traités, à condition bien sûr de mettre le Conseil constitutionnel au pas, nous pourrons tout faire. » Comment vous comptez mettre le Conseil constitutionnel au pas, concrètement ?
Non, moi, nous travaillons dans un état de droit, mais on peut se poser la question, elle a déjà été soulevée, d'ailleurs pas uniquement par nous, je crois que le bloc de gauche l'a soulevé aussi, de la composition du mode de désignation du Conseil constitutionnel, qui est très politisé, qui héberge des anciens ministres, des anciens premiers ministres. On pourrait avoir des techniciens du droit qui soient peut-être autre chose parfois que des militants politiques, mais je pense qu'il y a des pays qui nous ont montré qu'on pouvait à un moment s'affranchir de traités pour pouvoir mener des politiques au bénéfice des siens, au bénéfice de ses compatriotes.
Et ils sont restés pourtant dans l'Union européenne, des pays du Nord. Donc vous voyez, il y a des marges de manœuvre qui existent. Il ne faut pas faire croire aux gens que tout va s'écrouler ou que rien n'est possible. Il y a beaucoup de possibilités qui existent, notamment quand le politique reprend la main, quand c'est le politique qui décide, qui assume et qui fait preuve de courage. Et je pense que c'est exactement ce que les Français attendent.
Bon, après, il y a des moments où il faut être un peu concret quand même. Et s'il y a des révisions constitutionnelles auxquelles il faut procéder, on ne peut pas les faire en un claquement de droits.
Bien sûr, et on aura besoin effectivement d'avoir tous les leviers. Et tous les leviers, on ne les a pas dans une cohabitation, évidemment.
Jordan Bardella, toujours sur France 3 ce week-end, promet d'accélérer les OQTF, les obligations de quitter le territoire. Elles sont mises en oeuvre par les préfets. Si vous arrivez au pouvoir, envisagez-vous de changer les préfets ?
J'allais dire les préfets, vous savez, on pioche dans le corps des hauts fonctionnaires de notre pays, des hommes et des femmes qui ont fait le choix de se dévouer à la gestion de l'administration de notre pays. Et les mouvements de préfets, il y en a toutes les semaines. Donc il y en aura autant qu'il y en a actuellement. Il ne s'agit pas d'avoir des préfets politiques. La haute fonction publique doit au contraire, je crois, retrouver ou conserver une certaine forme de neutralité qui parfois peut lui échapper.
Vous avez lu l'interview de Nicolas Sarkozy hier dans le JDD ?
Je l'ai lu en diagonale.
Il reconnaît que Jordan Bardella parle bien, mais, je cite l'ancien président de la République, Jordan Bardella n'a jamais été en situation de gérer quoi que ce soit. Il a moins de 30 ans, il n'y est pour rien. Mais c'est un fait. Peut-on conduire la France quand on est si jeune et sans expérience ? Chaque Français doit considérer cette réalité. Si un parti adverse, Sébastien Chenu, remportait ce scrutin et qu'il propulsait un Premier ministre qui n'a que 28 ans, qui n'a jamais travaillé, qui n'a seulement effectué qu'un seul mandat d'eurodéputé marqué par son absentéisme et son manque de participation, est-ce que vous lui confieriez le pays ?
En tous les cas, je confie le pays aux gens qui défendent des idées. Je ne fais pas le procès ni en âge ni en compétence à mes adversaires. Ça ne me viendrait pas à l'idée de faire un procès en compétence à François Ruffin qui a été député comme Jordan Bardella ou à Mme Autain. Mais en revanche, je leur fais un procès sur les idées qu'ils défendent, qui sont effrayantes, que ce soit sur le coût du programme qui est le leur, jusqu'à 300 milliards. C'est Jean-Yves Le Drian, d'ailleurs, qui dit ce matin dans une tribune, qui parle à ses amis sociodémocrates, qui dit « Comment peut-on suivre des gens pareils ? » Donc c'est sur les idées qu'il faut se déterminer.
Merci Sébastien Chenu.
Merci Madame.
Et merci Sonia Devillère. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Sébastien Chenu