Réveillon de fin d'année, usage du protoxyde d'azote, naturalisation de George Clooney... Le "8h30 franceinfo" de Marie-Pierre Vedrenne
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Bonjour Marie-Pierre Védraine. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Nous allons évoquer avec vous les manifestations des agriculteurs qui se poursuivent encore ce matin sur la 64, les voeux d'Emmanuel Macron, mais aussi le fléau du protoxyde d'azote consommé au volant. Ce sera peut-être le cas, disons-le, pour certains ce soir. Réveillons du Nouvel An, on va parler de cet aspect protoxyde d'azote. Avant cela, l'aspect sécurité. 90 000 policiers et gendarmes mobilisés sur le territoire, dont 10 000 à Paris. C'est quoi le message que vous passez ? C'est fermeté, pas de tolérance ?
Le message, c'est faire en sorte que cette soirée de festivité, qui doit être justement un moment festif, se passe bien. Inviter les Français à pouvoir célébrer dans de très bonnes conditions ce changement de nouvelle année. Donc c'est un message de fermeté, par contre, pour ceux qui veulent justement troubler cette soirée qui doit rester.
Qu'est-ce que vous redoutez le plus ? Est-ce que c'est la menace terroriste qui est encore sur la pile de vos priorités ? Ou par exemple, des actes de délinquance plus classiques ?
La menace terroriste, elle reste élevée et permanente, malheureusement, en toutes circonstances de l'année. Mais bien évidemment, le soir d'un 31 décembre, nous avons une vigilance particulière, la DGSI, les services de renseignement. Donc c'est quelque chose qui n'est jamais, malheureusement, à écarter. Et effectivement, l'objectif aussi d'un 31 décembre, c'est de prévenir toutes les violences urbaines. Donc là aussi, c'est évidemment un travail qui est mené par les forces de sécurité.
Vous dites que la menace terroriste reste élevée. Quel est le risque principal ? Une voiture qui foncerait sur la foule ?
Écoutez, je pense que malheureusement, les Français et les Françaises, depuis de très nombreuses années, connaissent la menace terroriste. Elle avait, il y a une dizaine d'années, des formes justement très violentes. Et puis, on l'a vu évoluer, effectivement, avec parfois des passages à l'acte d'individus, justement. Donc, les services de renseignement, la DGSI, ont tout le temps été mobilisés au cours de l'année. Ils ont déjoué des attaques terroristes et je les en félicite. Je leur remercie de leur travail au quotidien. Moi, j'invite les Français, effectivement, à être vigilants lors de rassemblements dans l'espace public.
Mais, bien évidemment, l'objectif est d'avoir aussi une célébration qui se fasse dans la joie.
Alors, cela se fait aussi dans un contexte de Coupe d'Afrique des Nations. Avec, ce soir, il y a un match de l'Algérie qui est à 17h. Est-ce que ça, dans un contexte où il peut y avoir des supporters, y compris sur les Champs-Elysées, est-ce que ça appelle à une forme de vigilance de votre part ?
Alors, la Coupe africaine des Nations, bien évidemment, a amené à ce qu'il y ait différents Français, différents aussi binationaux, à célébrer la victoire de leurs équipes. Moi, ça me paraît légitime, naturel, normal, dès l'instant que ça se fait dans le respect de l'ordre public. Donc, oui, il y a un match ce soir. Nous avons une vigilance normale, particulière, bien évidemment, pour éviter des troubles à l'ordre public, mais pas plus spécifique que d'autres événements.
Adrien, vous parlez tout à l'heure, et vous êtes en charge de la sécurité routière, du protoxyde d'azote qui explose, avec la possibilité que certains inhalent ce gaz hilarant, qui est normalement réservé à des industriels, avant de prendre le volant. Est-ce qu'il y aura ce soir des sanctions particulières, puisqu'on sait que cette soirée est particulière, et vous y faites allusion, et peut-être aussi des contrôles spécifiques sur cette question du protoxyde d'azote ?
Alors, déjà, je pense qu'il faut nommer les choses vis-à-vis du protoxyde d'azote. On l'appelle, effectivement, généralement gaz hilarant. Je pense qu'il faut rappeler, tout d'abord, avoir un message de prévention, de dire que ce n'est pas un gaz hilarant. C'est un produit qui est détourné, justement, qui est à la base... C'est à faire des chantilles, normalement. Exactement, la chantille, sur des domaines de santé, et que des jeunes, parfois moins jeunes, mais beaucoup de jeunes, inhalent pour, justement, peut-être... Les effets hilarants qu'il peut avoir. Et les effets, justement, aussi, sont dramatiques, peuvent causer la mort.
Avec des effets neurologiques qui peuvent être sur la motricité.
Exactement. Donc, je crois qu'il faut, déjà, nommer les choses. Dire clairement aux jeunes ce qu'ils risquent. Donc, ça, c'est, évidemment, notre rôle d'avoir des campagnes de prévention beaucoup plus choc pour expliquer les choses. Qu'est-ce qui s'est passé ces dernières années ? On a vu l'augmentation de ce fléau. Donc, il y a des municipalités, mais aussi des préfectures, qui ont pris des arrêtés. À l'heure actuelle, le cadre législatif, à mon sens, n'est pas suffisant.
Alors, pardonnez-moi, juste, vous parliez, on va y revenir, mais vous parliez des préfectures qui ont pris des arrêtés, effectivement. Haute-Savoie, Meurthe-et-Moselle, préfecture de police de Paris, également. Il y a combien de départements, à l'heure actuelle, qui ont pris ces arrêtés ?
Alors, il y a une dizaine de départements qui ont pris des arrêtés. Il y a aussi des municipalités qui ont pris, aussi, même certains, je pense, par exemple, à Mulhouse. Ils fonctionnent, ces arrêtés, ça sert à quelque chose ? Il fonctionne, mais la difficulté, c'est, justement, il fonctionne sur certains aspects, notamment sur le transport. Le cadre législatif n'est pas, ou sur la vente à direction des mineurs. Mais le cadre législatif étant trop faible, jusqu'à présent, vis-à-vis de cette qualification, vous le rappelez, du protoxyde d'azote qui est utilisé dans d'autres fonctions, c'est là où on doit faire absolument évoluer la loi.
C'est-à-dire, comment on peut faire évoluer la loi ? Aujourd'hui, consommer du protoxyde d'azote au volant ne veut pas dire, en cas d'arrestation, garde à vue automatique. C'est ça que vous voulez rendre automatique, par exemple ?
L'objectif, c'est, véritablement, de faire une prise de conscience, justement, sur ce fléau, et de faire en sorte que le protoxyde d'azote, jusqu'à présent, effectivement, il est en accès libre. Là, c'est de changer sa qualification juridique, de le qualifier de produit de stupéfiants. C'est ça, l'enjeu. Donc, il y a un projet de loi qui a été adopté, à la fois au Sénat et à l'Assemblée nationale. Notre volonté, avec le ministre Nunes, ce serait de repartir du projet de loi du Sénat, qui ne vise pas une interdiction totale, mais qui vise, justement, à l'encadrer et à travailler.
On ne peut pas vendre de produits stupéfiants, théoriquement, quand même.
Exactement. Justement, l'envoyer... Il y a tout ce qu'il y a des gens qui en ont besoin. Après, l'objectif, c'est justement de faire en sorte que, sur le transport, sur sa consommation, sur sa vente, bien encadrer les choses. Parce qu'on le sait bien aussi, à l'heure actuelle, qu'est-ce qui se passe ? Le protoxyde d'azote, c'est un produit qui est facilement accessible pour les jeunes, qui est très peu cher, et qui est aussi... Moi, je suis maman d'une adolescente. Le protoxyde d'azote, ça ne se sent pas. Quand vous êtes parent, par exemple, vous ne soupçonnez pas, en quelque sorte, que votre enfant n'abuse pas le cannabis. Contrairement à d'autres produits.
Donc, il faut créer, justement, ce cadre, véritablement, pour encadrer et pour faire en sorte que les jeunes n'en consomment plus.
Pour bien comprendre ce que le gouvernement souhaite faire. C'est-à-dire, interdiction, donc, pour les jeunes, donc pour les mineurs, on imagine, dans tous les cas.
Alors, nous travaillerons, justement, sur la reprise du projet de loi du Sénat. On va y travailler, on sera amenés à l'amender. Mais là aussi, il y a un travail avec le Sénat.
Mais il faudra, quelque part, montrer, peut-être, une forme de carte professionnelle pour pouvoir en acheter, c'est ça ?
C'est des débats que nous aurons aussi avec la représentation nationale. Mais moi, je pense, à titre personnel, qu'il nous faudra, justement, être très durs. Et qu'à côté de cette évolution législative, il faut, dès maintenant, mener des campagnes de prévention très chocs pour expliquer les risques.
Sauf qu'on pourra vous dire, aussi, le protoxyde d'azote, et j'ai regardé sur Internet ce matin, c'est possible d'en acheter sur tout un tas de plateformes. Bien évidemment.
Qui ne sont pas forcément en France.
Parfois, les réseaux sociaux...
Alors, vous avez parlé à une ancienne députée européenne. Et on le voit bien, la production aussi du protoxyde d'azote, elle est souvent faite en Pologne, donc avec la libre circulation, en plus, du marché intérieur. Effectivement, c'est un produit qui est facilement accessible. Donc, c'est ce que je vous disais. L'enjeu, c'est, à mon sens, de ne pas avoir une interdiction totale. Là, c'est changer la qualification, c'est bien travailler sur l'encadrement, à la fois, justement, sur la vente, à la fois sur le transport, pour pouvoir, justement, être véritablement efficace. Mais oui, dans votre question, vous soulevez, de toute façon, l'enjeu de la mise en place, après, concrète et effective.
Est-ce que la consommation de protoxyde d'azote doit être une forme de circonstance aggravante dans le cadre des homicides routiers ? On sait que les décrets, ou en tout cas, les arrêtés qui précisent tout ça n'ont pas encore été pris. C'est ce que demandent certains.
Alors, à l'heure actuelle, c'est vrai qu'en circonstance aggravante, vous avez la consommation de l'alcool, la consommation de stupéfiants, vous avez, évidemment, la vitesse. Donc, on voit bien, effectivement, que le protoxyde d'azote... Et on a vu des drames. Malheureusement, on a vu, effectivement, des drames. J'ai une pensée pour la famille de Matisse, avec le ministre Nunez, avec le garde des Sceaux, nous avions reçu à sa maman et son avocat. Donc, bien évidemment qu'aussi, à raison, les victimes de ces drames demandent de faire évoluer la législation. Donc, moi, c'est pour ça que je pense qu'il faut véritablement faire évoluer la législation.
Donc, vous parlez-moi, pour être très précis sur ce sujet, vous estimez que dans les arrêtés, parce qu'il y a des personnes, par exemple, comme Yannick Alenot qui le demandent, qui disent qu'il faut que ce soit considéré, que ça fasse partie des circonstances aggravantes de l'homicide routier.
Moi, à titre personnel, je le pense, parce que quelle est la conséquence, en fait ? Quand vous avez... C'est comme si vous fermiez les yeux au moment où vous êtes en train de conduire. On se doute bien sur quel drame ça peut produire. Il y a encore actuellement sur nos routes beaucoup trop de morts ou de blessés et conduire en ayant consommé du protoxyde d'azote, c'est mettre, bien sûr, sa propre vie en danger, mais c'est mettre la vie des autres en danger. Et ça, ce n'est pas acceptable. La route, ça doit être effectivement synonyme de sécurité, de liberté, mais certainement pas de vie brisée. Et malheureusement, la consommation de protoxyde d'azote au volant, ça conduit à des vies brisées.
Alors, autre dossier, celui de la mobilisation des agriculteurs. On parlait tout à l'heure de la mobilisation et des barrages toujours en cours, notamment autour de l'autoroute à 64. Je rappelle que dans le sud-ouest, près de 62% des bovins ont été vaccinés contre la DNC, la dermatose nodulaire contagieuse. Est-ce que ces blocages seront empêchés spécifiquement alors qu'on va s'approcher d'un week-end de retour, notamment vers les grandes métropoles ? Est-ce que vous allez demander aux forces de l'ordre de lever ces blocages ? Ou au contraire, est-ce que vous continuez de dire souplesse et tolérance pour les agriculteurs ?
Déjà, je tiens à dire aux agriculteurs que, bien évidemment, l'ensemble du gouvernement comprend la difficulté dans laquelle il se situe. À la fois, effectivement, la dermatose, et vous avez rappelé, justement, l'action pour faire en sorte que la vaccination continue de se déployer. Il y a d'autres facteurs extérieurs, je pense au Mercosur, je pense à la situation économique, je pense au budget de négociation de la PAC, et on comprend la difficulté du moment. Bien évidemment, vous l'avez rappelé aussi, il y a eu une tolérance qui a été mise en place, une certaine souplesse qui a été accordée. Mais est-ce que tolérance et souplesse
ne veulent pas dire traitement de faveur ?
Non, l'objectif, c'est par contre, et le ministre Nunez a été très clair depuis le début, les nouveaux blocages ne sont pas acceptables. Donc, qu'est-ce qui se passe sur le terrain, concrètement ? Les préfets sont engagés dans des discussions parce que c'est vraiment un enjeu de dialogue aussi avec les agriculteurs pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de nouveaux blocages.
Donc, ça veut dire que là, ce matin, pardonnez-moi, Madame la Ministre, mais le blocage qui est en cours du côté de Tarbes sur l'autoroute A64, les forces de l'ordre vont intervenir.
Le message du ministre Nunez a été très clair vis-à-vis de nouveaux blocages. Nous ne les acceptons pas.
Alors, il y a aussi quand même ces images de plusieurs policiers mettant en joue un agriculteur au volant de son tracteur. C'était ce week-end à Hoche, dans le Gers, évidemment, des images très frappantes. Hier, Laurent Nunez a annoncé qu'il ne saisirait pas l'IGPN, donc la police des polices. Mais quand même, mettre en joue un agriculteur, je précise que le tracteur est à l'arrêt. Ça vous semble complètement conforme aux règles ?
Je pense qu'il faut effectivement déjà éviter des discours de certains qui voudraient opposer le monde agricole aux forces de l'ordre. On le voit quand même, cette petite tendance, cette petite musique qui est sur les réseaux sociaux. Moi, ça, j'aimerais le dire. Je pense que ça, ce n'est pas acceptable. Le ministre Nunez a effectivement dit qu'il ne saisirait pas l'IGPN. Ça n'a duré que quelques secondes. Les policiers se sont sentis menacés et ont demandé, justement, aux agriculteurs... Par un tracteur à l'arrêt ? Ils se sont sentis menacés. Mais ça n'a duré que quelques secondes.
Et dès que ça a été stoppé, justement, les armes ont été rangées et la situation est redevenue dans un esprit justement de dialogue.
Vous comprenez que ça puisse émouvoir, quand même, ce genre d'image ?
Je peux comprendre. Je peux comprendre. Mais je pense qu'il y a aussi, au moment de cette situation, un émoi qui a eu lieu de la part des policiers. Eux aussi, ils ne veulent pas être mis dans cette situation.
Vous dites qu'ils se sont sentis en danger, quelque part ?
Ils se sont sentis menacés. Oui, je le pense profondément. Donc, maintenant, l'objectif est de faire en sorte, je le redis, de ne pas opposer les uns et les autres, de retourner, justement, à une situation plus calme, plus apaisée. Nous comprenons la situation dans laquelle se situent les agriculteurs. Nous travaillons, justement, à faire en sorte, précisément, sur la dermatose, de déployer les vaccins et de ne pas nier, justement, toutes les difficultés qui sont liées aussi à certains territoires. Moi, je vis en Bretagne. J'échange beaucoup avec les agriculteurs. Mais on sait qu'il y a certaines régions qui sont encore plus en difficulté et en souffrance.
Toujours avec Marie-Pierre Védrenne, déléguée auprès du ministre de l'Intérieur. Vous êtes numéro 2, place Beauvau. L'occasion de vous reparler de ce dossier qui a, là encore, beaucoup ému cette semaine. L'agresseur de trois femmes dans le métro vendredi dernier à Paris avait été naturalisé français en 2018. Un passeport a été retrouvé chez lui dans le cadre des perquisitions et donc de l'enquête qui ont été menées après ces agressions. Selon vos services, il était pourtant sous le coup d'une OQTF obligation de quitter le territoire français. Comment une telle erreur administrative, comment une telle défaillance au sein de vos services a-t-elle été possible ?
Déjà, je voudrais adresser des mots à l'attention des victimes de ces attaques dans le métro.
qui ont été blessés.
Qui ont été blessés. Je reprendrai les mots du ministre Nounès effectivement à savoir qu'il y a eu un dysfonctionnement. C'est-à-dire que, oui, nous avons, là en l'occurrence, un agresseur qui était placé sous OQTF parce qu'il était connu des services en tant que seulement malien. Il avait été condamné par la justice. Il avait été condamné, il avait été placé en centre de rétorsion administratif. Il était identifié comme étant malien. C'est au moment et jamais il n'a fait mention de sa nationalité française alors qu'il est effectivement par filiation de nationalité française. Et son passeport a été seulement retrouvé au moment de la perquisition suite à ses agressions dans le métro.
Je peux comprendre que beaucoup de Français s'interrogent en se disant
mais que s'est-il passé ?
Que s'est-il passé ? Effectivement, le ministère de l'Intérieur maintenant doit faire la lumière sur ce qui s'est passé. pourquoi et comment un homme de nationalité française qui a disposé d'un passeport et d'une carte nationalité française a pu être placé sous le QTF ? Ce qui par contre, et je tiens à être très clair aussi sur ce point, il n'empêche, ça n'enlève rien vis-à-vis de la gravité des faits qui ont été faits. Par contre, évidemment, ça doit nous interroger sur pourquoi en fait, il n'a pas été perçu avant qu'il disposait bien d'un passeport. Parce que normalement...
On n'est donc pas capable de savoir qui a la nationalité, qui peut être sous-occupé ?
Il y a le registre qui, du coup, de toutes les personnes françaises qui ont justement la carte nationale d'identité ou un passeport. Donc, l'enjeu maintenant est de déterminer est-ce que ce registre a bien été consulté ? Pourquoi, justement, ça n'a pas été vu ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Donc, oui, maintenant, on doit faire la lumière concrète, précise sur ce qui s'est passé.
Un mot toujours sur le sujet de l'immigration. Les informations du Figaro nous disent que les naturalisations sont en baisse en 2025 après la circulaire Retailleau qui avait durci les règles pour acquérir la nationalité. Est-ce que vous confirmez que ces naturalisations diminuent ?
Alors, effectivement, il y a eu des baisses. Je pense qu'il faut voir les choses aussi de manière un peu plus globale sur ce sujet-là. Quelle est la logique portée par le gouvernement ? Il y a la volonté, effectivement, de dire qu'il y a des personnes en situation irrégulière qui arrivent sur notre territoire. L'objectif, et notamment, c'est l'application aussi des règles européennes, nous aurons cette année à transposer le pacte migration et asile en droit français. Faire en sorte que des personnes qui rentrent en situation irrégulière sur notre territoire, qui n'ont pas à bénéficier de la protection d'asile, soient reconduites.
C'est tous les travaux que nous menons aussi actuellement à l'échelle européenne sur les changements. qui sont toujours exécutés à peu près à 10%. On est, à l'heure actuelle, l'État européen qui exécute le plus d'OQTF. Pour autant, ce n'est pas satisfaisant, ce n'est pas suffisant.
Vous ne fixez toujours pas d'objectif de réalisation des OQTF ?
L'objectif, c'est... 100%,
c'est impossible.
Non, il faut véritablement transposer le droit européen dans notre législation et puis, il faut créer les bonnes conditions de mise en œuvre avec les États tiers. Vous savez que pour pouvoir exécuter une OQTF, il faut un laisser-passer consulaire. Donc, il faut s'engager aussi avec les États tiers. On le sait, il y a certains États tiers avec lesquels ça peut être plus compliqué. L'Algérie,
par exemple ?
Par exemple, mais il y a d'autres États aussi. Donc, il y a des conventions bilatérales qui sont nouées, il y a des vrais travaux. Et ce qu'il faut faire aussi, c'est s'engager avec nos partenaires européens parce que l'objectif qu'on fait passer aussi avec le ministre Nunez sur notamment notre frontière au nord, c'est d'expliquer à nos partenaires que c'est aussi une frontière européenne. Et donc, c'est d'engager aussi les partenaires européens parce que c'est une route migratoire et on doit y répondre collectivement.
Un dernier mot. Alors, c'est certes évidemment un petit peu plus léger, mais la question peut quand même se poser. On a un acteur, un célèbre acteur qui a été naturalisé français, Georges Clunet, comme vous dites, Wattels et sa famille. Sauf qu'il reconnaît quand même lui-même qu'il ne parle pas très bien français. Moi, je pensais que c'était un critère pour être naturalisé.
À titre personnel, je peux comprendre l'appréciation de certains français sur ce sujet du poids de mesure.
Il a bénéficié d'un passe droit ?
Je ne le mesure pas. Moi, très honnêtement, je le redis, je ne m'engage qu'à titre personnel. Vous n'êtes pas sûre qu'il n'en a pas bénéficié ? J'aimerais connaître l'entièreté. Je vais voir l'entièreté de la procédure parce que je pense que ce n'est pas le bon message qui est envoyé. Moi, que Georges Clunet demande la naturalisation. Je peux en être très fière. C'est très bien. Il vit en France. Mais je crois qu'il faut faire attention au message qu'on peut envoyer. C'est-à-dire qu'il y a un sujet d'équité à mes yeux qui est absolument essentiel. Mais je le redis, c'est un positionnement personnel.
Merci beaucoup. Marie-Pierre Védrenne, vous êtes ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci. Paul Barcelone, restez avec nous. Merci.
Merci.
Marie-pierre Vedrenne