Emmanuel Macron à Marseille, plan de rénovation des écoles, sécurité, flamme olympique… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Benoît Payan
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Bonjour Benoît Payan, Marseille, votre ville sera la première à accueillir la flamme olympique, ça sera le 8 mai prochain, on a encore un petit peu de temps mais on va déjà se mettre un petit peu dans l'ambiance puisqu'on a appris hier le parcours de cette flamme olympique, ça va ressembler à quoi ? C'est une sorte de cérémonie d'ouverture avant l'heure qui aura lieu à Marseille le 8 mai prochain ?
Ça va être quelque chose d'extraordinaire, de magnifique, il faut imaginer que la flamme va partir d'Athènes. Vous savez que Marseille est une ville fondée par les Grecs, par les Phocéens, il y a 2600 ans et donc il faut imaginer le Belhème, ce bateau absolument incroyable avec des Marseillaises, des Marseillais, des Écolières, des Écoliers qui vont amener la flamme, qui vont traverser la Méditerranée d'Athènes à Marseille.
Et le Belhème va entrer dans le port de Marseille de nuit, le 8 mai, donc vous imaginez toute la flotte, toutes les Marseillaises et tous les Marseillais qui vont accompagner la flamme et la flamme qui arrive à l'endroit même où les Grecs sont venus fonder Marseille, sont venus fonder Phocéens. Ça va être quelque chose de merveilleux et de grandiose. C'est un moment qui va être populaire.
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un Trois-Mains.
C'est un très beau Trois-Mains, c'est un Trois-Mains qu'on n'a pas trop l'habitude de voir en Méditerranée mais qui va être évidemment accueilli avec tous les honneurs possibles et inimaginables. C'est aussi une cérémonie qui va être gratuite. Je sais que, par exemple, certains veulent entrer dans la cérémonie d'ouverture, c'est un peu compliqué mais à Marseille, ce sera ouvert à tout le monde, vous serez tous invités. Sur le Vieux-Port ? Les Marseillaises et les Marseillais seront tous invités, vous aussi, sur le Vieux-Port de nuit, avec des animations, avec un feu d'artifice, avec aussi des choses qui sont signifiantes sur les valeurs du sport, sur les valeurs de l'olympisme.
Je ne sais pas si vous connaissez bien le Vieux-Port de Marseille mais il se prête à une scénographie absolument merveilleuse. Il y a des façades tout autour des bateaux. Il y aura des projections d'images, il y aura des projections historiques, de très grands rappels de ce qu'a été l'olympisme et de ce qu'est cette ville.
Avec l'Olympique de Marseille.
Par exemple, vous avez noté la subtilité des choses, on a un rapport à l'olympisme qui est très particulier dans la vie.
Juste une toute dernière chose sur ce sujet. Des centaines de milliers de personnes qui pourraient venir, donc gratuitement. On sait qu'à Paris, la question de la sécurité est essentielle, avec ces 400 000 personnes qui sont attendues gratuitement, sur lesquelles ça sera possible, gratuitement, des centaines de milliers de personnes à Marseille.
Mais oui, je ne vois pas d'ailleurs pourquoi le fait que ce soit payant ou pas, ce ne soit possible ou pas. On assurera la sécurité. Bien évidemment, la préfecture de police assurera la sécurité. C'est une fête. Il faut bien évidemment que les choses soient cadrées. On a plutôt l'habitude d'accueillir de grands événements à Marseille. Là, je trouve que c'est un événement majeur. Il y en a un autre, on en parlera, je crois, un peu plus tard dans l'émission. Mais la question de la sécurité est aussi prémondiale. C'est quelque chose auquel on travaille. Vous me demandiez comment ça va se passer. Je vous raconte la scénographie et l'arrivée de la flamme.
Mais tout ça, il faut du temps pour le préparer. Il ne suffit pas de se dire rendez-vous le 8 mai sur le Vieux Port. C'est quelque chose sur lequel on travaille déjà depuis longtemps.
Benoît Payan, Emmanuel Macron sera de retour à Marseille lundi pour les suites de son plan Marseille-en-Grand. C'est la troisième fois qu'il se rend à Marseille dans le cadre de ce plan. Il y restera trois jours. C'est lui le maire de Marseille, en fait ?
Je ne crois pas. Je crois que c'est lui le président de la République. En tout cas, je suis maire de Marseille, pas président de la République. L'inverse est vrai aussi. Et donc, il va venir comme il est déjà venu. Je trouve que c'est une très belle attention. Je vois que vous vous faites une question un peu piquante qui est très sympathique, d'ailleurs. Ça prouve qu'il a une attention particulière pour cette ville. Vous savez, avec le président de la République, je ne partage pas un certain nombre de choses. Nous n'avons pas les mêmes options politiques. Nous n'avons pas la même inclinaison politique.
Nous n'avons même pas la même vision, quelquefois, de ce que doit être la société ou le pays. Pour autant, on partage quelque chose de très fort. Il y a quelque chose qui nous unit, et c'est cette ville. Ça me donne la liberté de pouvoir le dire. Quand ça ne va pas, je peux le dire. Je ne lui dois rien. Je ne suis pas son affidé. Je ne suis pas militant dans son parti. mais j'ai aussi la liberté de dire que cette ville, il l'aime et qu'il l'aime sincèrement. Je sais que je peux déstabiliser, quelquefois dans mon propre camp en disant ça, mais je ne peux pas lui enlever ça.
L'attention qui est portée à la ville, les efforts qui sont faits dans cette ville, que je trouve légitimes, nécessaires, restent exceptionnels. quand on a décidé, en mars 2021, de lancer Marseille en grand. Il s'agissait pour nous, pour le Président de la République, pour moi, pour les Marseillaises et pour les Marseillais, de faire un grand plan de rattrapage. Pourquoi ? Parce que les retards accumulés, pendant des années, droite-gauche confondue d'ailleurs, étaient tellement importants qu'il fallait que l'État vienne, non pas au secours de cette ville, mais accompagner cette ville. C'est une ville qui avait un retard structurel.
Et c'est nécessaire de faire ça. Et justement, en matière de sécurité, par exemple, à l'époque, il y a deux ans, Emmanuel Macron promettait des milliards. Il y avait beaucoup d'ambition, concrètement, aujourd'hui, en matière de sécurité. Est-ce que les Marseillais voient le changement dans leur quotidien avec les moyens supplémentaires ?
D'abord, je dois dire que c'est la première fois depuis de très nombreuses années que la ville gagne des policières et des policiers, des effectifs de police. Jusqu'à présent, il y a 20 ans... 300 policiers supplémentaires, c'est ça, qui sont arrivés à Marseille ? Absolument. Depuis 20 ans, chaque année, on perdait des effectifs de police. Et vous savez, pendant 20 ans, on perd des effectifs de police, de la police de sécurité publique, de voie publique, mais aussi de la police judiciaire, de la police scientifique, de la police financière. Ça marque. Et on ne fait pas faire un changement de paradigme aussi rapidement que ça.
Et c'est depuis que je suis maire et depuis que le président de la République s'est engagé, et le ministre de l'Intérieur avec lui, sur ces questions-là, qu'on continue de gagner de la police sur le terrain. Mais ça ne suffit pas. La question de la police dans la rue ne suffit pas. Elle apaise l'espace public, mais de quoi parle-t-on à Marseille ? Évidemment, les éléments d'agression quotidienne, cela, il diminue. Par contre, il y a une délinquance extrêmement violente liée au narcotrafic international. Voilà, des assénats, des règlements de comptes liés au trafic de drones. Et là, on parle de quelque chose de complètement différent.
Et le démantèlement des points de deal, c'est ça la bonne méthode ?
Je ne suis pas technicien de la police, mais si vous me laissez aller au bout de mon explication, je pense qu'on va réussir à avancer. En vérité, ces points de deal, ces narcotrafic internationaux, on peut y mettre toute la police qu'on veut. Ça ne fonctionnera pas. Ce n'est pas de la police de proximité qu'il faut. Il faut des moyens de police judiciaire. Il faut que toute la chaîne pénale fonctionne. Pourquoi ? Parce que les chefs de réseau ne sont pas à Marseille, ne sont pas dans les cités. Ils sont cachés dans des paradis fiscaux, ils sont cachés à l'international. Ils blanchissent chaque mois les millions d'euros de la drogue.
Moi, je ne veux pas qu'on coupe une tentacule de la pieuvre. J'ai besoin qu'on lui coupe la tête. Pour ce faire, qu'est-ce qu'il faut ? Il faut des magistrats, une girs très forte. Il faut un parquet très fort. Il faut des greffiers. Il faut des moyens pour que la justice puisse traiter les problèmes. Et ça, vous l'avez à Marseille ? Ça arrive, justement. Justement, il faut renforcer le pôle judiciaire. Puis, il faut renforcer aussi la police judiciaire et la police d'investigation. Bien sûr qu'on peut démanteler des points de deal. Et c'est nécessaire. Bien sûr qu'on peut essayer de courir derrière des chouffes toute la journée. Les chouffes, ce sont ceux qui guettent.
Les guetteurs, pardon. Au moins, tout le monde aura appris un mot. Donc, bien sûr qu'on peut faire ça. Mais ça ne suffit pas. En fait, ce n'est pas sérieux si on imagine qu'il ne faut faire que ça. Bien sûr qu'il faut le faire. Mais il faut aller plus loin. Et je crois que le chef de l'État, arrivant à Marseille, parlera de ces choses-là. Et puis aussi, parce qu'il ne suffit pas de dire que c'est une question sécuritaire, il faut aussi donner les moyens de l'émancipation aux gens. Vous savez, parce que pendant 40 ans, on a été complètement abandonné par la droite et par la gauche, et par tous les gouvernements successifs, et qu'on a laissé s'installer une situation intenable.
On en paie les conséquences. C'est pour ça qu'on a investi des centaines de millions d'euros dans ces quartiers-là. Et contrairement à ce qui est dit, parce que je veux aussi tordre le coup, j'en profite d'être sur votre plateau, à une image absolument terrible, à une mystification. Cette ville sera un puissant fond dans lequel l'État, pendant des années, aurait déversé des milliards et des milliards d'euros. Mais qu'est-ce que c'est que cette mystification ? C'est une ville où il y a moins de policiers qu'ailleurs, par habitant. Moins d'agents municipaux qu'ailleurs, par habitant. Moins de pompiers, moins d'argent pour les pompiers, moins d'argent pour les hôpitaux.
Il y a au contraire un rattrapage à faire.
C'est évident, vous savez, on est tellement loin que quelquefois on vous a oublié.
On va parler de l'école aussi, dans un instant, qui est un élément central aussi de Marseille en grand, et de cette visite d'Emmanuel Macron dans deux jours dans votre ville. 8h40 d'abord, c'est le Filinfo avec Sophie Echen. Vladimir Poutine s'exprimera bientôt devant la nation, alors que la situation s'envenime entre les militaires russes et la milice Wagner, pilotée par Evgeny Prigogine. Lui affirme que ses 25 000 hommes sont prêts à mourir. Ce matin, l'armée promet de garantir la sécurité des combattants de Wagner s'ils arrêtent leur rébellion.
Dix jours après un naufrage qui avait fait plus de 80 morts et des centaines de disparus au large de la Grèce, un nouveau drame en Méditerranée, une embarcation de migrants à Chaviré cette semaine au large de l'île italienne de Lampedusa, faisant une quarantaine de disparus. Monique Olivier, l'ancienne épouse de Michel Fournir, est renvoyée aux assises pour complicité dans l'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin en 2003, mais aussi sur l'enlèvement et le meurtre de deux autres jeunes filles à la fin des années 80, Marie-Angèle Domès et Johanna Parriche. La grève est reconduite au journal du dimanche.
Ses équipes s'opposent à l'arrivée de Geoffroy Lejeune, ancien journaliste de Valeurs Actuelles à la tête de sa rédaction. Le journal papier ne paraîtra pas demain. Toujours avec Benoît Payan, maire d'Hivergauche de Marseille, Emmanuel Macron veut faire de Marseille un laboratoire. Il avait lancé une expérience il y a deux ans dans une soixantaine d'écoles marseillaises. Concrètement, c'était plus de liberté pour les proviseurs, plus de liberté de recrutement, plus de moyens aussi pour faire des projets pédagogiques innovants. Deux ans plus tard, est-ce que ça marche, Benoît Payan ? Vous, sur le terrain, qu'est-ce que vous avez constaté ?
Moi, quand j'ai travaillé avec le président de la République sur la rénovation des écoles, je n'ai pas travaillé sur le contenu pédagogique ou sur la liberté des directeurs d'école de pouvoir recruter. J'y étais complètement opposé. Et d'ailleurs, ça n'a pas fonctionné. Non seulement ça n'a pas fonctionné, mais en réalité, ça n'était pas le cas. Je parle du recrutement des enseignants par les directeurs. Le code de l'éducation s'y oppose. Et donc, ça avait été un peu monté en épingle. Ça n'a jamais été mis en place, en fait ? Non, non, il y a des choses qui se sont passées.
Et d'ailleurs, moi, je souhaite, pas simplement que ce soit une expérimentation, je souhaite que les moyens qui sont mis pour un apprentissage plus pointu pour une pédagogie différente continuent. Je crois qu'il y a des enseignants qui y tiennent beaucoup. Je ne souhaite pas qu'on soit simplement sur une centaine d'écoles, mais on a 480 écoles à Marseille. Et je souhaiterais qu'on le fasse sur l'ensemble des écoles marseillaises. Mais rien ne marche pas. La question du recrutement par les directeurs d'école des enseignants, ce n'est pas que ça ne fonctionne pas, c'est que c'était interdit. Et donc, c'était surtout le point d'achoppement.
Vous avez commencé en disant que les proviseurs vont recruter... Tout ça n'existe pas en réalité. Par contre, il y a en effet des choses qui sont innovantes et qui sont intéressantes. Pas comme un laboratoire. On n'est pas des rats de laboratoire. À Marseille, on ne teste rien sur nous. Mais il peut y avoir de l'innovation quand elle est partagée, quand elle est entendue avec les enseignantes, avec les professeurs, avec tout le corps enseignant, avec les parents d'élèves. Ça, ça marche. Ça, ça a du sens.
La liberté pédagogique avec des moyens supplémentaires.
La liberté pédagogique, elle est encadrée par le code de l'éducation. Et moi, je tiens à ce qu'on reste dans le code de l'éducation. Mais il faut plus de moyens. En effet, il y a des choses qui fonctionnent dans quelques dizaines d'écoles. Et il faut l'étendre à toutes les écoles marseillaises. Et puis ensuite, si on veut l'éteindre au pays, moi, je n'y vois aucune objection.
Il y a aussi cette question en ce moment qui fait débat. C'est celle des abayas, ces robes longues considérées par certains comme un signe d'appartenance à la religion musulmane. Est-ce que vous, en tant que maire, vous avez constaté la recrudescence de ce phénomène ?
Non, j'ai surtout constaté que sur les plateaux de télévision, on en parlait beaucoup. Sur la réalité, et dans la réalité du terrain, un peu moins. Ce qui montre quelquefois, d'ailleurs, le décomposage. Ce n'est pas un sujet pour vous. Ce n'est pas un sujet de tension. Ce n'est pas un sujet de... Mais si on a envie de définir tous les sujets qui peuvent être polémiques ou de tension, on peut le faire, y compris ici sur votre plateau. Ça n'est pas un sujet à Marseille. Je ne l'importerai pas à Marseille. Et y compris ce matin, je pense qu'on n'ira pas beaucoup plus loin sur un sujet qui, à mon avis, à part faire de la polémique, ne fait pas grand-chose.
On en est où de la rénovation des écoles aussi à Marseille ?
Justement, c'était tout l'enjeu de Marseille en grand. C'est toute l'idée, c'est toute l'histoire de Marseille en grand. On a déjà lancé, sur les trois premières années du mandat, 22 chantiers. Vous imaginez ce que c'est 22 chantiers d'école.
Ça semble peu, face au nombre.
On en lance, vous savez, pour lancer 22 chantiers, il faut à des municipalités 4 mandats. Moi, je l'ai fait en 3 ans. 4 mandats, ça fait long, ça fait 24 ans. Moi, je l'ai fait en 3 ans. Et on en lance 30 à partir de l'année prochaine. C'est-à-dire que sur les trois prochaines années, c'est 30 chantiers de plus. C'est-à-dire que d'ici la fin du premier mandat, 60 écoles auront été rénovées ou reconstruites. C'est historique. Il n'y a jamais, jamais, jamais eu ça. Dans une autre ville. Pas plus à Marseille qu'ailleurs, d'ailleurs.
En attendant, ça veut dire qu'il y a des élèves qui auront trop chaud cet été, par exemple, si on a des caricules.
C'est le cas dans beaucoup d'endroits. Qu'est-ce que je fais quand c'est ça ?
Ils n'ont pas classe, mais il y a peut-être des centres qui seront ouverts.
Non, mais il commence déjà à faire chaud. Ils ont classe et il fait déjà chaud. Tout le monde a remarqué qu'on a des changements de température absolument phénoménaux. Moi, je fais mon possible pour aller et pour parer au plus pressé en achetant des ventilateurs, en permettant une ventilation différente des écoles. Toutes les écoles qu'on va construire, elles sont très particulières. Pourquoi ? Parce qu'elles sont éco-responsables. Elles vont être à énergie positive. Elles sont toutes pensées pour pouvoir être opérationnelles pour les 50 prochaines années. Elles sont toutes pensées pour les températures qui vont augmenter et qui vont exploser. Elles seront végétalisées.
On va désimperméabiliser les sols. Elles sont faites avec des matériaux qu'on va acheter le moins loin possible. Toutes ces questions environnementales, elles sont complètement intégrées dans ce processus de rénovation d'école.
Benoît Payan, l'explosion mercredi d'un immeuble dans le 5e arrondissement de Paris rappelle le drame de la rue de Tivoli à Marseille. C'était le 9 avril en pleine nuit. Une explosion au gaz qui avait provoqué l'effondrement d'un immeuble. Qu'est-ce qui a changé depuis ? Il y a eu notamment 300 délogés, il me semble, à l'époque.
Oui, il y a des gens qui ont déjà retrouvé leur foyer. On en est à 150 foyers qui ont pu rentrer chez eux. Les autres sont pris en charge. C'est quelque chose d'absolument terrible. Je pense bien évidemment aux familles des victimes. Il faut imaginer qu'à Marseille, on a eu des morts. Et que ça a traumatisé cette ville. Notamment, ça nous a rappelé les heures sombres de la rue d'Aubagne. Et donc, c'est une ville qui a été marquée par ces disparitions tragiques. Et donc, ça ravive des plaies. Quand j'ai entendu cette explosion à la radio, j'ai écouté votre radio.
J'ai tout de suite envoyé un texte à la maire de Paris pour lui dire que je pensais à elle parce que je savais par quoi elle allait passer. Et les difficultés que les Parisiennes et les Parisiens auraient. J'ai des amis aussi qui habitaient là. Grâce... Il ne s'est rien passé pour eux et c'est très bien. Il y a toujours une moindre dame qui est portée disparue. C'est toujours quelque chose qui me bouleverse. Parce que je l'ai vécu dans ma chair. Je l'ai vécu dans mon sang. C'était quelque chose d'absolument terrible cette affaire à Marseille.
Il y a une solidarité entre Marseille et Paris. Entre les habitants aussi, pas seulement entre les maires.
Il peut y avoir une rivalité Marseille-Paris. Tout ça, c'est face au drame.
La mairie de Marseille, vous donc, venez de retirer la gestion du château de la Busine. Il n'est pas forcément connu des auditeurs. Mais c'est ce qu'on a appelé le château de ma mère. La mère, en l'occurrence, de Marcel Pagnol. Retirer cette gestion au petit-fils de l'écrivain Nicolas Pagnol. Les oppositions de droite, notamment, dénoncent une décision dogmatique, idéologique. La mainmise du printemps marseillais, même sur notre patrimoine. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Pourquoi est-ce que vous avez d'abord retiré la gestion de ce château au petit-fils de Marcel Pagnol ?
D'abord, on est en pleine procédure. Et donc, je vous appelle les uns les autres. Et j'appelle évidemment la droite marseillaise à la plus grande prudence. Dans ce pays, il y a des règles et des lois. Et je souhaite qu'elles soient respectées. Marcel Pagnol, il fait partie de notre patrimoine. Moi, j'ai grandi avec Marcel Pagnol, avec cette idée-là. J'ai appris à lire et à écrire avec Marcel Pagnol. Je ne suis pas le seul Marseillais. On est beaucoup. Mes parents ont appris à lire et à écrire avec Marcel Pagnol. C'est notre patrimoine. Et je dis à celles et ceux qui veulent s'en servir. À celles et ceux qui veulent le récupérer à droite, comme à l'extrême droite.
D'être particulièrement attentifs aux règles de droit.
Le château de ma mère, il est à Marseille, plus qu'à la famille Pagnol.
D'abord, ce n'est pas tout à fait le château de ma mère. Là aussi, c'est une mystification. C'est un autre château, le château de la busine.
Le château de la busine est au cœur du roman, le château de ma mère.
Non, mais bon, ce n'est pas grave. On ne va pas argoter là-dessus. En tout cas, en effet, il appartenait à la famille Pagnol. Ce n'est pas tout à fait le château qui est décrit dans le roman.
Ce n'est pas ce château-là.
Ce qui en dit long, d'ailleurs, sur les gens qui font de la polémique, qui n'ont peut-être pas bien lu le château de ma mère et qui n'ont pas compris que le château de la busine n'était pas tout à fait le château du roman.
Tout un parcours pour aller jusqu'au château de ma mère. Exactement, qui n'était pas celui-là.
Mais encore une fois, moi, j'appelle tout le monde à rester très calme là-dessus. Il faut faire attention avec les règles de droit. Je sais qu'à Marseille, ça n'a pas été le cas pendant très longtemps ou trop longtemps. Et bien maintenant, c'est terminé. On en déplaise à celles et ceux qui ont l'habitude de faire ce qu'ils veulent. Moi, je respecte la loi.
D'un mot rapidement, parce qu'on va parler du pape ensuite, Benoît Payan, vous allez peut-être dire que ce sont des chicaïas, comme on dit chez vous. Mais plusieurs médias ont rapporté qu'une équipe du président avait été empêchée d'accéder à un gymnase lors d'une reconnaissance pour préparer la visite du chef de l'État. Quelle est votre relation aujourd'hui avec Emmanuel Macron ? On dit qu'elle s'est rafraîchie sérieusement.
Je sais que certains font de la météo et que certains, dès le matin, se disent quelle température existe entre le président de la République et moi. Tout ça n'a pas d'intérêt. La relation, c'est une relation qui me paraît normale et naturelle entre un chef de l'État et un maire, quel qu'il soit, et notamment le maire de Marseille. Et je pense que ça n'appelle pas plus de commentaires. Restons tranquilles sur ces questions-là.
Même si vous n'étiez pas allé à son meeting de campagne.
Mais moi, je ne suis pas un macroniste. Je ne suis pas à Renaissance. Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire ? Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire dans un meeting entre Christian Estrosi, fort sympathique, M. Falco ? Franchement, qu'est-ce que j'aurais fait là ? J'ai appelé à voter pour le président de la République pour faire barrage au Front National parce que je fais la différence. et elle est fondamentale entre Emmanuel Macron et Mme Le Pen. Mais qu'est-ce que j'aurais fait dans un meeting ? Je ne suis pas un soutien du chef de l'État. Qui pourrait reprocher à quelqu'un de ne pas... Vous savez, mes convictions, je les garde, en fait.
Que ça fasse plaisir aux amis d'Emmanuel Macron ou à ses adversaires, d'ailleurs. Les choses sont comme ça.
Je n'ai plus le temps de vous parler du PAP, mais je fais une prière.
Vous êtes toujours socialiste ou pas ? C'est sans transition, la prière et le socialisme. Vous êtes toujours socialiste ou pas ? Si j'étais facétie, je vous dirais que comme j'ai lu les évangiles, je le suis toujours. Vous n'avez pas votre carte, en tout cas. Non, je n'ai pas ma carte. Je n'ai aucune carte.
Benoît Payan, maire d'Hivergauche, donc, de Marseille. Prêt à Marseillais, ça s'appelle. Après-demain, le chef de l'État, Emmanuel Macron, dans votre ville. Merci beaucoup d'être venu sur ce matin. Merci à tous les deux.
Oui, je te
equity. Au moins, c'est beaucoup plus yields. Sur ce soir, Kevin, c'est vraiment tout ça. Je stresses de l'ess part en patriotisme, qui apprend son vol en France, il y a uneland Philosophy, et même aussi le
Benoît Payan