La colère d'un agriculteur :"c'est honteux !"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Radio la France dans tous ces États. Le fait du jour. Le journal Le Monde cherche des noises aux parlementaires issus de l'agriculture.
Il y a de jours, le journal publiait une enquête dénonçant le statut particulier de ses élus jusqu'à les rendre illégitimes dans la défense de leur secteur. Le sénateur Horizon d'Indré Loir, lui-même agriculteur, Vincent Lot est monté au créneau et il est avec nous aujourd'hui sur Sud Radio. Bonjour monsieur le sénateur.
Bonjour. Bonjour Vincent Lou. Merci d'être en direct avec nous sur Sud Radio.
Euh 18 sénateurs liés à l'agriculture, 19 députés, 3 eurodéputés. Je trouve que c'est très insuffisant et je me suis toujours plain que cette catégorie du peuple français était sous-représentée au Parlement par rapport à d'autres activités qui étaient peut-être pas si importantes que les paysans. Et là, on a nos amis du monde qui trouvent que 40 parlementaires, c'est très dangereux.
C'est un lobbying très puissant et que vous êtes en permanence dans le conflit d'intérêt, c'est extraordinaire comme ça veut pas dire qu'il y a peut-être quelquefois mais c'est où le conflit d'intérêt quand on est agriculteur et et qu'on défend des positions, qu'on défend des intérêts, qu'on défend une vision de la France. Je voudrais que vous me l'expliquiez c'est quoi un conflit d'intérêt ? Vincent Lou, je vous mets en procureur.
Je vous mets en procureur. Ouais. Non mais merci, mais euh c'est vrai que c'est hyper difficile pour nous euh de prendre une attaque comme ça.
Euh des attaques personnelles, ça fait jamais plaisir. Euh bon, moi surtout je suis pas un rond de cuir de la politique, j'ai un métier, je suis agriculteur et euh la réalité euh c'est que euh aujourd'hui euh on est attaqué. Je le certifie je le certifie Vincent Lorou.
Je connais votre papa qui était sénateur, qui est un vrai paysan avec je l'ai vu avec une fourche dans son élevage. Vous-même vous l'êtes. Alors, il y a peut-être des paysans qui sont en en Mercedes avec des costards et qui qui ne vont pas souvent sur le terrain.
Peut-être ça existe. Mais il y a aussi parmi vous des gens qui sont d'authentiques agriculteurs. Ce qui est clair, c'est qu'aujourd'hui sous-entendre que nous n'aurions pas le droit de parler d'agriculture au Sénat est quand même honteux.
Honteux pourquoi ? Et là, je suis carrément en colère. Pourquoi ?
Avant tout, je suis élu représentant des territoires et représentant des collectivités. Et c'est pas mon CV d'agriculteur qui fait que je suis élu sénateur comme un député et élu. C'est un élu du peuple.
Il représente, il a des métiers. Casse Barion a été attaqué pour ces métiers passés. C'est toujours la même histoire.
Aujourd'hui, cette petite cette petite chansonnette poussée, on connaît, c'est tout le temps les mêmes. Ce sont des décroissants qui attaquent notre agriculture, qui attaquent notre industrie, qui attaquent le nucléaire. C'est tout le temps les mêmes.
Et aujourd'hui, ces gens-là ce qu'ils veulent, c'est la guerre entre les agriculteurs et et une franche d'écologiste. En fait, c'est ça. Il nous pousse dans nos retranchements pour que on puisse s'excuser d'être agriculteur.
Donc, j'ai envie de vous dire dans ce cas-là, on a fait la le projet de loi fin de vie il y a quelques quelques semaines. Dans ce cas-là, les médecins n'ont plus le droit à la parole. Dans ce cas-là, les avocats n'ont plus le droit de parler du narcotrafiquant. et et en 1981 quand Mitteran est élu 120 députés étaient enseignants, professeurs et professeurs d'université.
On a rien dit sur sur 260. Le monde s'est pas ému à l'époque de la surreprésentation des de l'enseignement chez les députés. Non, mais tout ça c'est cette chansonnette de mise en avant toujours euh de du conflit d'intérêt.
Alors, le conflit d'intérêt, nous la déontologie au Sénat est parfaitement claire. Nous devons nous déporter. Si nous avons quelque chose en lien avec notre métier d'origine.
Alors écoutez, [raclement de gorge] bien sûr bien sûr Vincent Louau d'abord c'est tout à l'honneur des grands électeurs d'Indré Loir et des autres départements si dans leur choix électoral d'avoir voté pour vous, il voulaient aussi que soit représenté la ruralité, l'agriculture française par votre expérience voilà et votre présence sur les terrain. pas déterminant, mais ils ont le droit aussi de penser ça et c'est et c'est tout à leur honneur que de dire voilà voyant des gens qui connaissent les dossiers et s'il représentent une profession, une catégorie, bon alors vous êtes pas très nombreux, il y a beaucoup plus d'avocats d'enseignants et d'autres professions libérales au Parlement qui effectivement peuvent être toutes suspectées de conflit d'intérêt. Ça veut dire qu'il y a plus personne qui vote.
Mais là sur le cran de l'agriculture, au contraire, je pense qu'il devrait y avoir que l'agriculture est sous-représentée vu les enjeux qu'elle représent. Ensuite, on n'est pas obligé d'être d'accord toujours avec vos orientations, mais considérer que parce que vous êtes agriculteur, vous êtes en compl d'intérêt et comme vous l'avez dit Vincent Louau, et c'est vrai dans toutes les associations, toutes les assemblées territoriales que ce soit national, s'il y a un dossier qui concerne un intérêt particulier d'un élu, il se l'expression est curieuse he il se déporte pour ne pas être concerné. Concrètement, il vous reproche quoi ?
Est-ce que est-ce qu'il y a des faits précis ? Est-ce que vous vous avez pris une position à un moment donné qui peut soupçonner que vous ayez favorisé votre exploitation agricole ? Sincèrement, vous vous savez, moi mon exploitation agricole touche comme toutes les exploitations agricoles des aides de la politique agricole commune qui a strictement rien à voir avec le débat national.
Ce n'est pas le débat national qui décide de ce que vont toucher les agricultures. Vous C'est pas vous qui les votez, ça c'est très clair. Pas c'est c'est pas nous qui votons les budgets.
Premier point. 2e point, euh on commence à rectifier dans euh la loi d'urgence agricole des abus euh et et ça commence euh ça commence à à percoller. C'est-à-dire que aujourd'hui les députés, les sénateurs sont sensibles au fait qu'on a été trop loin, trop fort sur une suradministration de l'agriculture et des et des normes qui aujourd'hui mettent en péril la ferme France.
On a décroché, on était positif de 10 milliards, on est plus qu'à 200 millions. Au même moment, l'Europe qui était plutôt positif de 5 milliards est devenue positif de 50 milliards sur sa balance commerciale agroalimentaire et agricole. Donc on voit bien ce décrochage de la ferme France qui est un fait en Europe.
En Europe et je vous parle même pas des autres pays. Alors nous on marque des points aujourd'hui parce que les gens sont sensibles, nos collègues sont sensibles à ça. Ils veulent rectifier les choses.
On on rectifie certaines choses dans la loi d'urgence agricole. Ceux qui nous attaquent n'ont plus d'arguments savent qu'ils sont en train de perdre une bataille. Donc, ils sont en train de se radicaliser en nous attaquant personnellement pour en croyant pouvoir nous nous j nous jeter à la peinture et à la discorde et et devant tous les Français.
Bon, ça c'est pas acceptable. Euh moi je ne lâcherai rien et mes collègues sénateurs euh qui sont pour certains agriculteurs et pour pas et d'autres pas agriculteurs comprennent et ne lâcheront pas sur les grosses enjeux qui vont qui qui font que il faut sauver notre agriculteur. Vous savez notre agriculture vous savez, je vous l'ai dit tout à l'heure, moi quand je suis plus sénateur, je retourne auprès de mes vaches et je retourne faire du bléure pour vous faire des nouilles et pour vous nourrir pour faire des pâtes.
Je laisserai les nouilles euh à Paris mais euh je ferai des je on fait de l'alimentation. J'ai des vaches, vous l'avez dit. Enfin, la la fierté de faire notre nourriture vaut mieux que ces gens qui nous lancent, qui nous rabaissent et qui nous et nous mépris en permanence.
Il faudrait d'ailleurs faire l'inventaire des parlementaires qui, quelle que soit leur façon de travailler, nourrissent les Français. Ils sont pas si nombreux que ça. Vincent Lot, est-ce que le est-ce que le malentendu ne provient pas ?
J'ouvre une petite polémique cordiale avec vous. Le lobby des parlementaires. Non.
Est-ce que le malaise ne vient pas du fait qu'il y a un syndicat majoritaire qui est la FNSEA qui a une vision très précise de l'agriculture française, des orientations soupçonné d'aller toujours vers le l'exportation, le productivisme, une forme industrielle de l'agriculture et qu'effectivement la FNSEA non seulement est le cour ouvert de l'agriculture, on peut s'exprimer ainsi depuis 50 ans et avec ce cette ministre là, c'est je pense que vous êtes encore plus flagrant et que du coup effectivement une certaine presse, une certaine militance écologique considère que vous seriez les représentants de la FNSEA sans le dire. Est-ce qu'il peut y avoir un bia dans cette polémique sur cette question là ? Alors, ce qui est marrant c'est que si la FNSEA cogère avec le ministère de l'agriculture, ben je veux dire, ils sont pas bons parce queils ont laissé faire depuis 20 ou 30 ans, ils sont pas bons.
Et si avant oui, s'ils avaient autant d'influence que ça, on n serait pas là. Mais je pense qu'ils ont pas ils ont perdu toutes leur influence. Pourquoi ? parce que la FNSEA, comme toutes les partis politiques n'ont pas pu prendre le train, le train aussi de la réforme et du pragmatisme, ils ont été dans le négationnisme des des problèmes environnementaux.
C'est-à-dire, on a fait du corporatisme à l'ancienne trop longtemps. Donc ça c'était leur défaut. Aujourd'hui, c'est plus le cas.
Aujourd'hui, moi je suis pas syndiqué. Je n'ai jamais été syndiqué. La FNSEA me reproche d'être proche de la coordination rurale.
La coordination rurale me dit que je suis un vendu à la FNSEA et bien sûr les autres me supportent pas. Donc on est dans un monde complètement euh qui devient complètement euh lunaire et bipolaire où entre les grands extrêmes ça s'affronte et on le voit bien dans notre classe politique, on va tous disparaître dans le dans le bloc central si on se réveille pas sur du pragmatisme. Aujourd'hui, moi j'ai envie de vous dire la ministre a fait ce qu' peu.
Tout le monde dit qu'elle est vendue à la FNSEA. C'est c'est extrêmement dur pour Anigvar qui perce tous ses arbitrages contre Barbu. Vendu, pas vendu.
Aux ordres. Aux ordres. Pas vendu.
Pas vendu. Mais c'est pas mieux. Elle a le droit de penser que c'est bien.
Elle a le droit de penser que c'est bien. Je ne mets pas en cause sa ses convictions. Vous savez, vous savez Pericot, moi je veux bien qu'on porte la caricature mais Annie Genvar a un seul patron, c'est le premier ministre et qui fait tous les arbitrages interministériels entre les conflits entre le ministère de l'environnement, madame Barbu et le ministraire de l'agriculture qui voudrait remettre des moyens de production, ne pas avoir de concurrence européenne parce que vous m'excusez mais interdire certaines molécules phytopharmaceutiques dans le seul pays par rapport à l'Europe, c'est de la concurrence des loyales.
Aucun agriculteur ne peut comprendre ça. Et moi, je suis en train de perdre tous mes copains agriculteurs qui disent "Mais en fait, vous êtes des rigolos. Vous provoquez l'importation en Europe de produits qui sont traités avec des molécules qui sont interdites en France sans aucune justification." Nous sommes tout à fait d'accord Vincent Louau.
Ça c'est un aspect et je ne dis pas que ce que An jeun Varf fait est tout mal. Je peux vous dire qu' à l'âge que j'ai, j'ai rencontré et connu personnellement un certain nombre de ministres de l'agriculture qui m'ont tous confirmé. Certains ont dit on était obligé de gouverner la FNSA.
Les autres disaient il faisaient ils faisaient tout pour passer en forcing. Et on a vécu avec les deux qui se sont un peu opposés qui ont essayé de résister qui s'appelle Stéphane Neupol et Julien de Normandie [raclement de gorge] ont dit c'était quand même très dur parce que la FNSA qui est le syndicat majoritaire, il est élu par les agriculteurs. C'est pas c'est pas un PCH.
Donc à un moment donné il y a il y a un vrai problème et je constate Vincent Lou avec vous sincèrement et cordialement que l'agriculture française est dans un état de désastre. il y a encore des suicides et que malgré tout c'est 40 ou 50 ans de politique agricole qui a été mal orienté, je dis pas que ce sont des gens qui étaient tous méchants en tout cas ils se sont plantés et vous êtes premier à le constater. Et oui, je le constate, je le constate tous les jours et la loi d'urgence nous permet de rectifier certains abuses humides, sur le fait qu'on puisse plus stocker de l'eau en France.
Parce que vous [raclement de gorge] savez, la ministre l'a dit hier, c'est très grave. Elle considère que 30 à 40 % de la France est en sécheresse aujourd'hui alors que il fait chaud, oui, mais toutes les napéates sont pleines et et la réalité, c'est qu'on n'est pas en état de sécheresse comme en 1976. Premier point, premier mensonge. 2è mensonge, si vous voulez stopquer l'eau, automatiquement vous voulez vous accaparer l'eau.
Comment voulez-vous accepter ce genre de propos à moitié amatoire d'une ministre devant les les parlementaires et qui se dépêche de partir une fois que la question a été posée par un parlementaire ? Donc écoutez, il faut ramener un peu de bon sens. Euh moi, j'ai visité euh dans le sud euh le canal de Provence où il stock 1 % de l'eau euh des Alpes de la de la Fonte des neiges et ils permettent d'irriguer 160000 hactares.
Le partage de l'eau se fait sans aucun problème avec des canaux qui ont été montés et des lacs artificiels qui ont été montés dans les années de 50 à 70 jusque dans les années 80. On peut stocker l'eau dans ce pays. C'est quand même le bé àabas du bon sens et même ça on nous l'interdit.
Tout prétexte d'accaparement grâce auquel le canal de Provence qui est depuis même le 19e siècle grâce auquel nous avons la fraise de Carpentra et le mélon de Cavaillon. Vous avez totalement raison. Je pense Vincent Lou là on arrive à la fin de cet entretien.
Le question de l'eau est essentielle. Est-ce qu'on peut la stocker ? Est-ce qu'on peut faire des bassins sans parler de bassin ?
Est-ce qu'on peut la stocker pour qu'on continue à irriguer nos territoires ? vous reviendrez nous expliquer où on en est parce que je pense que le dossier n'est pas cl. Le dossier n'est pas clos et je pense que vous serez en première ligne pour raisonner un peu nos gouvernants et nos et nos syndicalistes pour expliquer que il faut de l'eau pour vivre.
Merci Vincent Louo d'avoir été sur Sud Radio.
Vincent Louault