Budget, fronde des patrons, aides sociales… L'interview en intégralité de Laurent Wauquiez
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8h32 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Wauquiez.
Bonjour.
Vous êtes le président du groupe droite républicaine à l'Assemblée nationale. Vous êtes aujourd'hui, on peut le dire, presque le chef de la droite. Vous vous retrouvez donc avec un budget adopté hier. L'horizon est donc ouvert aussi pour discuter politique. Vous allez même lancer demain un bureau politique des Républicains pour regarder l'avenir, pour refonder le parti quasiment, j'ai l'impression, de la tête au plafond, avec même l'idée de changer de nom. On va y revenir. Ce budget, adopté donc au 49-3, alors il y aura une motion de censure, mais on a bien compris qu'elle ne serait pas adoptée. Le budget, enfin.
En tout cas, on a tout fait pour. Et la droite a vraiment pris ses responsabilités pour arriver à ça. Parce que depuis le début, notre raisonnement, c'est que rien n'est pire que pas de gouvernement, pas de budget et de l'instabilité. Si on reprend par exemple le climat économique, on a payé très cher au cours des dernières semaines. Le poids de la dernière censure. On a payé très cher le vote commun de la France Insoumise, du RN. Parce que voilà, tous les acteurs économiques ont été déstabilisés. Et je pense qu'aujourd'hui, les Français respirent. Et qu'ils se disent, bon, voilà, c'est peut-être pas parfait. Ce n'est pas le budget idéal, mais au moins, il y a un budget.
Et la droite a fait ce choix, qui était un choix de responsabilité depuis le début. On est quand même la seule formation politique qui n'était pas dans la majorité macroniste et qui a accepté de s'engager. Pas précisément parce que notre conviction, c'est qu'on avait besoin de redonner de la stabilité.
Vous vouliez qu'il y ait une baisse des dépenses et qu'il n'y ait pas de hausse d'impôt. Alors, il n'y a pas de hausse d'impôt pour la majorité des Français. Il y a une hausse d'impôt pour les patrons. Vous êtes plutôt Bernard Arnault ou Éric Lombard ?
Pourquoi il faut choisir ?
J'ai l'impression, non. En tout cas, Bernard Arnault estime, et derrière lui, un grand nombre de patrons français, que ce n'est pas eux qui ont été choisis.
Alors, d'abord, la première chose, c'est que notre priorité, c'était que dans le budget de François Bayrou, par rapport à celui de Michel Barnier, il n'y ait pas de nouvelle hausse d'impôt. C'est le cas. Et c'était fondamental pour nous. Après, vous me connaissez, vous le savez, dans ma région, que j'ai gérée depuis 30 ans... Pardon.
Ça fait un bon bout de temps, je savais que vous n'avez pas beaucoup vu à Paris, mais enfin, tout de même, pas si longtemps, quand même.
Dans ma région... C'est pas mal, ça.
Pas bon, ça fait un bout de temps, quoi.
Dans ma région, que j'ai gérée depuis 7 ans, c'est la plus modérée, on n'a pas augmenté les impôts, on a baissé la dépense, on n'a pas augmenté le poids de la dette. Le résultat, c'est qu'on sort avec un climat économique qui est extrêmement positif. La moitié des projets de relocalisation industrielle se sont faits en Auvergne-Rhône-Alpes. Maintenant, est-ce que ce budget est parfait ? Non. Très clairement, j'aurais préféré qu'il y ait plus de baisse de dépense.
Vous le savez, dans les thèmes que la droite a essayé de mettre sur la table, il y a notamment cette question des 1 000 organismes administratifs qui représentent 80 milliards d'euros de dépenses, qui représentent un poids qui est aujourd'hui très lourd sur le budget du pays.
Vous voudriez supprimer agences et organismes administratifs qui sont superflus. Mais je vous repose quand même la question, parce que vous n'y avez pas répondu. Je vais y répondre. Est-ce que vous estimez que la fronde des patrons, elle est indécente ou elle est acceptable, entendable ?
Non mais ce n'est pas qu'elle est acceptable, c'est qu'il est urgent de l'entendre. Quand vous avez des grands patrons, qui sont des gens qui ont créé des milliers d'emplois dans notre pays, Bernard Arnault par exemple, en Haute-Loire chez moi, LVMH a contribué à sauver une entreprise qui s'appelle Le Jabi et qui a été sauvée grâce à des ateliers de maroquinerie. Quand vous avez Florent Ménégaux, dont le siège est à Clermont-Ferrand, et qui explique que c'est devenu impossible d'exporter pour Michelin depuis l'Europe. Et notre pays ne les entendrait pas, mais évidemment qu'il faut les entendre. Parce que qu'est-ce qu'ils disent ?
Ils disent, la France est au bord de la ruine, pour payer nos dettes, un, on demande à nos enfants de les payer à notre place, deux, on a somme de charge la France qui travaille. Et à l'arrivée, on est en train de tuer l'activité économique dans notre pays.
On est en train de tuer l'activité économique dans notre pays ? Est-ce que ce n'est pas eux qui sont en train de la tuer ? Si je reprends les propos de Sophie Binet de la CGT, qui estime que ce sont les grands patrons qui coulent l'économie française. Ça vous fait rigoler ?
Oui, pardon, entre la CGT et des chefs d'entreprise qui créent de l'emploi, oui, j'ai clairement choisi. Et je n'ai aucun état d'âme dessus. Et je pense clairement, qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ? On a le risque d'un suicide économique de l'Europe. Et on a le risque, à l'intérieur de l'Europe, la France soit cet enfant malade. Et moi, ça me révolte parce que, je l'ai dit, dans ma région, j'ai au contraire beaucoup de chefs d'entreprise, j'ai beaucoup d'industries. On est un peu le moteur industriel de la France. Et je vois ce que ça peut être quand on leur fait confiance. Et il faut sortir la France, au fond, de quoi ? De cette espèce de système un peu socialo-étatiste.
Socialo-étatiste ?
Oui. Dans lequel on a fait croire que c'était l'État qui faisait le pouvoir d'achat. Dans lequel on a fait croire que c'était à coup de chèques, payés par de la dette, qu'on demande ensuite à nos enfants de payer à notre place sur les générations à venir, qu'on allait faire le pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat de la France, il se fera sur une seule chose. La valorisation de la France qui travaille. Et dans cette France-là, j'ai besoin des chefs d'entreprise, j'ai besoin des salariés. Il ne faut pas opposer les deux. C'est une erreur totale. Quand vous mettez des charges salariales, vous tuez l'entreprise, vous tuez le pouvoir d'achat des salariés.
Pour moi, si vous m'interrogez sur le budget et ce qu'on doit faire dans l'avenir, un des points clés, c'est la revalorisation du travail. Quand vous avez un salaire brut en France à 3 000 euros, que pour le chef d'entreprise, ça coûte 5 000 euros, et que le salarié lui-même touche 2 200 euros, 2 200 euros d'un côté, 5 000 euros de l'autre.
Vous voulez réduire la différence et donc réduire le coût du travail.
Oui. Et si on veut y arriver, il faut avoir le courage d'aller jusqu'au bout. Et vous le connaissez, ça fait partie des thèmes que je défends depuis longtemps, pas 30 ans. La question de l'assistanat. Évidemment que dans notre problème, on a une difficulté entre, d'une part, la valorisation du travail, d'autre part, le coût de l'assistanat.
Vous voulez donc créer une aide sociale unique. Vous allez le proposer d'ailleurs jeudi, me semble-t-il, dans votre niche parlementaire, c'est-à-dire de ce moment où vous pouvez justement présenter vos propres propositions de loin. L'idée d'une aide sociale unique qui fusionnerait, me semble-t-il, toutes les aides et qui plafonnerait ces aides à 70% du SMIC, c'est bien ça ?
C'est exactement ça. Alors de quoi il s'agit ? En fait, vous l'avez très bien expliqué, on a un budget qui est un budget imparfait. Très bien, il le fallait.
Ça, c'est pas moi qui l'ai dit, c'est vous ?
Oui, mais je l'assume. On a un budget qui est imparfait. On a un budget, c'est ce qu'il fallait. Maintenant, il faut continuer à avancer. Et il faut essayer de faire au maximum un travail utile dans les semaines qui viennent, maintenant qu'on va pouvoir passer à d'autres sujets. L'objectif pour nous, c'est de passer des paroles aux actes. Je l'ai évoqué, plus d'économies sur la dépense, les organismes administratifs qu'on veut supprimer. Notre deuxième priorité, c'est revaloriser le travail par rapport à l'assistanat. C'est un point essentiel que la droite républicaine porte. Quelle est la difficulté ? Aujourd'hui en France, vous travaillez, c'est souvent travailler plus pour payer plus.
Et vous avez le sentiment que ceux qui ne travaillent pas s'en sortent parfois mieux que vous. Ce qui est injuste, moi, dans ce qui me choque le plus dans le fonctionnement actuel de notre pays, c'est les travailleurs pauvres. Vous travaillez, vous n'arrivez pas à vous en sortir. Et donc ce que je souhaite, c'est qu'on puisse, dans le même temps qu'on l'a dit, revaloriser les salaires, qu'on soit vigilant à ce que dans tous les cas de figure, les aides sociales ne permettent pas de gagner plus que quand on va travailler. Vous avez une trentaine d'aides sociales aujourd'hui en France. Absolument hors de contrôle.
Personne ne sait exactement combien ça fait quand on additionne des aides sociales. Vous pouvez, selon les cas de figure, arriver à 1 500, 2 000 euros de revenus d'aides sociales.
2 000 euros de revenus d'aides sociales ?
Ah mais bien entendu, je vous invite à regarder les cas concrets que je vous transmettrai avec plaisir. Vous demandez n'importe où, à n'importe quel service social géré par les départements, selon la taille de la famille, selon la configuration, vous pouvez arriver à 2 000 euros d'aides sociales défiscalisées. Ce n'est pas juste. Ça ne peut pas fonctionner. Parce que l'écart entre ce que je gagne au SMIC et ce que je peux gagner...
Est-ce que vous pensez avoir une majorité qui puisse faire adopter votre mesure jeudi ?
En tout cas, on va se battre pour. Et je suis convaincu qu'on doit avancer là-dessus. Mais ce n'est pas une punition. C'est-à-dire que ma conviction, c'est que le vrai social, c'est le travail. C'était une idée de Lamartine d'ailleurs. Grand poète français, 19e siècle, qui est le premier à dire, si on veut que le social marche, il passe par le travail. Et donc moi, je suis convaincu de ça. Pour rééquilibrer les choses, une seule aide sociale unique, plafonnée à 70% du SMIC, et qui permette d'avoir un vrai écart entre le travail et les aides sociales. Laurent Wauquiez, dans le budget... Je vais rajouter, si vous me permettez, une deuxième mesure qui me tient à cœur.
L'accès au logement social. On est quand même un pays extraordinaire. Dans lequel il doit y avoir une dizaine de publics prioritaires pour accéder au logement social. Vous reprenez un travail. Vous n'êtes en France jamais prioritaire dans ces publics-là pour accéder au logement social.
Donc vous voulez mettre les travailleurs, le fait de travailler, en priorité numéro un pour accéder à un logement social ?
Je ne demande même pas ça. Je dis juste que ça ne doit pas systématiquement être les derniers, et que je veux qu'ils fassent partie des publics prioritaires. Vous êtes infirmière. Vous faites une heure et demie de transport en commun en Ile-de-France pour aller travailler à l'hôpital Pompidou. Vous demandez un logement social à côté de l'hôpital où vous travaillez, souvent à des horaires atypiques. Vous n'êtes pas prioritaire. Pour moi, c'est un signal qui est très clair de, en France, notre système social ne prend pas suffisamment en considération le travail. Et donc, tout ce sur quoi on s'engage avec les députés de la droite républicaine, c'est cette ligne passée de la parole aux actes.
C'est-à-dire faire en sorte que ce gouvernement, on est arrivé à faire un budget, maintenant sur un certain nombre de thèmes, la dépense, la valorisation du travail, le régalien, on puisse avoir des avancées qui soient très concrètes.
Quand vous dites passer des paroles aux actes, je recevais ce matin le patron du syndicat policier Alliance. Ils seront devant l'Assemblée nationale tout à l'heure à 11h30 pour manifester.
Et j'irai les rencontrer.
Vous irez à leur rencontre ?
Bien sûr.
Les rencontrer ou soutenir leur démarche ? Je vous explique. Ils estiment que le compte n'y est pas, précisément. Ils disent sur les deux grandes missions qu'on nous a rajoutées ou qui sont aujourd'hui qui demandent beaucoup d'énergie, la lutte contre l'immigration illégale et la lutte contre le narcotrafic. Nous n'avons pas suffisamment de moyens. Il estime notamment qu'un certain nombre d'effectifs qui avaient été promis ne le sont pas. Et que donc, au fond, derrière les annonces d'un Gérald Darmanin ou d'un Bruno Retailleau, le budget n'est pas suffisamment solide.
D'abord, dans le budget, ce qu'on a demandé, c'est que ces missions régaliennes soient préservées. Donc, les économies qu'on fait dans d'autres compartiments n'affectent pas la police et la magistrature, la gendarmerie. Je connais très bien le syndicat Alliance. On a beaucoup travaillé avec eux. Et ils nous ont aidés notamment sur des dispositifs où on a travaillé pour mettre en place, dans les gares de ma région, un dispositif sécurité renforcée qui a permis de faire baisser la délinquance. Donc, quand on donne des moyens à nos policiers, quand on leur fait confiance, quand c'est couplé avec un vrai travail de magistrature, ça marche. Donc, je pense qu'il faut les entendre.
Et c'est pour ça que je vais aller discuter pour comprendre quels sont les points de revendication qui sont importants pour eux, quels sont les sujets sur lesquels ils considèrent que c'est utile. Mais je vais aller au bout de ce que je pense. On a la chance d'avoir, avec Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, deux ministres qui sont alignés sur un discours de fermeté. C'est pas arrivé depuis longtemps. L'objectif, là aussi, pour moi, c'est qu'on passe des paroles aux actes. Quel est le problème auquel se heurte aujourd'hui, auquel on se heurte dans la lutte contre la délinquance ? On n'a pas suffisamment de place de présent.
La France n'a pas un problème de surpopulation carcérale, elle a un problème de sous-capacité carcérale. On est un des pays d'Europe qui, par rapport à sa délinquance, a le moins de place de présent. Et je vais poser une question très simple. On a fait une loi d'urgence pour construire pour les Jeux Olympiques. On fait une loi d'urgence pour reconstruire pour Mayotte. Pourquoi on ne fait pas une loi d'urgence pour construire enfin les places de prison dont on a besoin et qui permettraient de répondre à ce problème ?
Vous en accepteriez dans votre région ?
Évidemment, mais même plus que ça. Je pense que c'est indispensable qu'on en accepte dans toutes les régions.
Dans toutes les régions, il faudrait ? De manière automatique ?
Tout simplement. Pourquoi ? Parce que si vous voulez assurer l'efficacité de la lutte contre la délinquance, contre les narcotrafiquants, et aussi sur les centres de reconduite administratifs qui sont notamment pour les étrangers en situation irrégulière qu'on doit expulser, il faut tout simplement qu'on ait des lieux. Parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Il faut dire les choses. Les magistrats, en réalité, la plupart du temps vont décider les peines de prison en fonction des places disponibles. C'est ça le bon fonctionnement d'un État régalien ? Et ça fait partie des choses que moi j'ai envie de secouer.
Parce que ce qu'on a été capable de faire pour les Jeux olympiques, on n'est pas capable de le faire sur un sujet aussi central pour les Français que leur sécurité.
On a les moyens pour vous, techniquement, de prendre ce genre de mesures d'urgence.
Et vous voyez, si je peux me permettre, vous avez là pour moi ce que sont les deux thèmes fondamentaux pour le redressement du pays. Et donc je souhaite que la droite républicaine se saisisse.
Vous voulez faire l'économie et le régalien. Laurent Wauquiez ?
Non, je vais être plus précis si vous me permettez. C'est d'une part être capable de sanctionner les délinquants avec une vraie efficacité, et d'autre part récompenser le travail. Et je pense que...
C'est ça, donc, le pitch de la nouvelle droite ?
Non, je pense surtout que c'est ça les problèmes majeurs du pays. Pompidou avait cette expression que j'aimais beaucoup, les noeuds gordiens. Là où, au fond, les cordes sont tellement tendues qu'on n'arrive plus à bouger.
Il y a encore beaucoup de questions à vous poser, Laurent Wauquiez, sur la politique, sur vos concurrents, sur les JO 2030. Vous aimez la littérature, vous venez de me citer Lamartine, je voudrais vous citer La Fontaine. Parce que je me demande si entre Bruno Retailleau et vous, c'est pas un peu le lièvre et la tortue. Je vais vous lire la fable et vous allez bien comprendre. Le lièvre, au fond, c'est vous, parce que depuis des années, vous regardez la piste et vous vous dites, j'ai pas besoin d'y aller tout de suite, j'irai à la dernière minute. Notre lièvre n'avait que quatre pas à faire, ayant, dis-je, du temps de rester pour brouter, pour dormir et pour écouter.
Et c'est là qu'intervient la tortue Retailleau. Il laisse la tortue aller son train de sénateur. Et je me dis que finalement, La Fontaine est assez moqueur, puisque Bruno Retailleau, comme vous le savez, est sénateur. La tortue part, elle s'évertue, elle se hâte avec lenteur. Et à la fin, c'est la tortue qui gagne. Vous l'aviez pas vue, la tortue. Vous l'aviez pas vue.
Elle est sympathique, votre question, et je l'aime bien, elle est même joyeuse. C'est une belle fable. Je pense qu'en politique, oui, c'est le choix que j'ai fait. J'ai fait le choix de prendre du temps. Vous l'avez dit.
Et de ne faire qu'à la dernière minute, les derniers bons.
Non, j'ai plutôt fait le choix, c'est vrai, de me mettre en retrait pendant sept ans. Et donc d'avoir une approche de tortue. C'était pas mon tempérament initial.
Non, c'est l'inverse. Vous l'avez bien entendu dans la fable. Le lièvre, il se dit, je partirai à la dernière minute. J'ai pas besoin de commencer tout de suite mon choix.
Je comprends votre clé de lecture. Vous cherchez à me dire, il y a une tortue, un lièvre. Je comprends. Moi, j'ai fait...
En fait, est-ce que vous ne regrettez pas votre stratégie ? Quand vous voyez que Bruno Rotaio est aujourd'hui le ministre préféré des Français, quand vous voyez que dans les sondages, auprès des sympathisants de droite, il est considéré aujourd'hui comme le meilleur.
Mais c'est une excellente nouvelle pour nous. C'est-à-dire, pourquoi est-ce que dans votre fable, elle me gêne ? Parce que vous partez de l'idée qu'à l'intérieur de la droite, on va renouveler la guerre des chefs. On est en compétition. Et à l'arrivée, il y a un perdant et un gagnant.
Là, c'est vous qui m'en racontez une fable.
C'est vous qui avez commencé. Si je peux me permettre, je ne crois pas à ça. Je pense que précisément, c'est le pire des poisons. Oui, j'ai fait du choix de prendre du temps. Vous l'avez dit.
30 ans dans votre région. Oui, ça va.
Si je reprends... Je suis né en 75. Oui, j'ai fait le choix de prendre du temps. Oui, j'ai fait le choix de prendre du recul. Oui, j'ai fait le choix de ne pas me précipiter dans une arène politique dont je pensais qu'elle avait besoin de se renouveler. Est-ce que vous estimez qu'aujourd'hui,
Bruno Retailleau est bien placé, y compris pour incarner la droite en 2027 ?
Je pense qu'on a réussi tous ensemble à reconstruire la crédibilité d'une parole de droite. Que ce n'était pas arrivé depuis longtemps. Que si vous regardez ce week-end, on gagne à Villeneuve-Saint-Georges, en arrêtant Louis Boyard. On gagne à Francheville, dans ma région. On gagne à Boulogne, où notre candidate est en tête. Et que ce travail est le résultat d'un travail en équipe, dans lequel chacun a été à sa place. Et si ça a marché, c'est précisément parce qu'on n'est pas tombé dans votre piège, si je peux me permettre, de la fable où tout le monde serait en compétition. Et qu'on a plutôt été dans l'idée d'avoir un travail qui était un travail collectif.
Accepterez-vous l'idée d'une primaire de la droite ?
Je vais aller jusqu'au bout, si vous me permettrez de ma position.
Précisément, pour pouvoir avoir ce travail collectif.
Pourquoi est-ce que je refuse de rentrer dans votre travail de fable, même si j'aime bien La Fontaine ? C'est parce que je pense que le pire pour la droite, c'est la guerre des chefs. Le pire pour la droite, c'est ce que vous essayez de décrire où on s'affronte. Ce que j'essaye de faire, depuis maintenant six mois, c'est qu'on soit chacun dans notre rôle. Qu'on soit complémentaires. Bruno le fait avec d'autres ministres depuis le gouvernement.
Xavier Baffranc a dit dimanche qu'il se préparait, je cite, pour l'élection présidentielle de 2027. Vous avez Édouard Philippe, qu'il dit qu'il estime qu'il faudra un seul candidat pour un grand centre, Renaissance, Modem, Les Républicains et Horizons. Et il dit même, je suggère, mes amis, qu'avec tous mes responsables politiques qui se reconnaissent dans ce discours, nous nous rencontrions tranquillement. Est-ce que vous les voyez ? Est-ce que vous vous parlez ?
J'étais avec Xavier Bertrand il y a 15 jours. On se voit ce soir avec Bruno Rotaillot. La ligne directrice que je me suis fixée, c'est tout, sauf la guerre des chefs. Parce que je pense que ça a tué la droite par le passé. Et donc, ce à quoi je m'emploie, en patron de ma famille politique, de notre droite républicaine, à l'Assemblée, c'est faire en sorte qu'on mette les choses dans l'ordre. Qu'on commence par définir, comme je vous l'ai expliqué ce matin, ce qu'on veut faire. Parce que c'est quand même ça qui intéresse surtout les Français. Ensuite, qu'on le fasse en gardant un esprit collectif. Chacun à sa place. Bruno, à l'intérieur du gouvernement.
Moi, engagé à l'intérieur de notre famille politique, à l'Assemblée nationale et dans la refondation de notre parti. Avec sans doute plus de liberté. Et c'est bien qu'on soit complémentaire dessus. Et derrière, bien sûr que ça aboutira à un choix pour un candidat. Et il faudra un seul candidat. Mais je vais aussi compléter. Il faut un candidat de la droite à l'élection présidentielle. Parce que je pense que c'est mortifère. Et on a eu parfois ce débat ensemble. C'est mortifère pour le paysage politique d'avoir d'un côté la Macronie et de l'autre côté les extrêmes.
Donc il faudra se réconcilier. De ce point de vue-là, vous êtes plutôt d'accord avec Édouard Philippe quand il dit qu'il faudra qu'on se parle tous ensemble ?
Oui, mais ma vraie différence, c'est que le projet que porte Édouard Philippe, il est respectable. C'est au fond la poursuite de la Macronie dure en même temps, sans Macron. Moi, ce à quoi je crois, c'est la reconstitution d'une parole de droite. La France n'a jamais été aussi à droite et la droite n'a jamais été aussi faible. C'est plutôt une bonne nouvelle. Parce qu'en fait, je crois...
C'est-à-dire que vous en avez peut-être encore sous le pied, quoi. Laurent Wauquiez...
C'est une élégante façon de le résumer. Laurent Wauquiez, c'était moins la fontaine. Les femmes, c'était un peu plus chic.
Pourquoi vous ne voulez pas de Martin Fourcade ?
Pardon, pourquoi Martin Fourcade n'a pas voulu des JO ? Bien sûr qu'on voulait de Martin Fourcade. On s'est tous mis d'accord. J'étais encore en lien avec Martin avant-hier. On s'est vus tous les deux il y a 15 jours. Et pour nous, tous les signaux étaient ouverts. Après, je respecte la décision de Martin, que je connais bien. On se connaît depuis très longtemps. Parce que s'occuper des JO, c'est très engageant. Et dans sa décision, il y a une part d'aspect personnel que je respecte. Voilà, Martin, il est très attaché à son équilibre personnel. Et c'est bien, parce que je sais trop les sacrifices que ça peut représenter de faire ce genre de mission. Je crois qu'il l'a posé.
Il y avait des aspects de conviction sur ce qu'il voulait pour les jeux. Il y avait des aspects personnels. Il l'a choisi. Maintenant, j'espère qu'il sera avec nous. Et ce que je veux surtout, c'est que dans ces jeux, l'objectif, c'est que la star, ce soit les Alpes françaises.
Et ça, on aura le temps d'en reparler. Ce sera en 2030. Merci, Laurent Votier.
C'est un beau projet.
Vous qui parlez tous les 30 ans, à peu près, comme vous m'avez dit. J'espère vous recevoir d'ici là. Merci d'avoir répondu.
La prochaine fois, on fera les fables des HOP.
Ah, mes questions. C'est à peu près les mêmes. Il est 8h52 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV.
Laurent Wauquiez