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interviewyoutube.com· 3 juillet 2024 62 min

Gabriel Attal Face à BFM - L'interview en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

— Bonsoir. Bonsoir. — Bonsoir, Gabriel Attal. — Bonsoir, Maxime Switek. — Bonsoir, M. le Premier ministre. Merci d'être avec nous. C'est vous qui ouvrez cette émission. Juste un mot pour commencer sur les deux personnalités qui vont vous succéder juste après, Marine Tondelier et Jordan Bardella. Qu'est-ce que vous pensez d'eux ? Qu'est-ce que vous pensez de Marine Tondelier ? — Non mais d'abord, ce que je veux dire, c'est que je regrette que ça soit pas un débat.

0:23
Gabriel Attal

— Vous vouliez débattre ? — Moi, je suis toujours prêt à débattre. Je l'ai fait tout au long de cette campagne. J'étais totalement prêt à débattre. Et je regrette, puisque je comprends que c'est parce que M. Bardella n'a pas souhaité que ce débat ait lieu, je regrette qu'on puisse pas avoir ce débat. — Je lui demanderai tout à l'heure pourquoi est-ce qu'il n'a pas voulu débattre. — Moi, je vais vous dire. Je pense qu'il a été probablement mal à l'aise dans un certain nombre de débats qui ont eu lieu ces dernières semaines, mis face aux contradictions de son programme, à des changements de pieds permanents, à l'incapacité à dire comment il mettrait en œuvre certaines mesures.

On voit aussi chaque jour que des propos ou des photos sont découvertes sur certains de ses candidats. Encore hier, on a vu une candidate qui posait fièrement avec une casquette nazie et que donc il est probablement mal à l'aise par rapport à tout ça. Mais moi, je le dis, on est dans un moment historique. Vous l'avez indiqué. Et donc on a besoin de débats. On a besoin de confronter les projets, de confronter les visions, de confronter les valeurs. Et donc je le regrette vraiment.

1:19
Présentateur

— Juste une chose. Vous ne mettez pas ou plus de signes égales ce soir. — Oui. — Vous avez parlé de Marine Tondelier, Jordan Bardella, entre le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national ?

1:27
Gabriel Attal

— Moi, j'ai jamais raisonné avec des histoires de signes égales ou autres. Moi, j'ai toujours dit que je m'opposais résolument à ceux qui carburent à la division des Français, à la stigmatisation d'une partie de nos concitoyens, à ceux qui carburent à la haine. Moi, je cherche à rassembler, à apaiser et à unir. C'est pas facile. Et on doit tous, je pense, faire notre examen de conscience sur le fait qu'on l'a probablement pas fait suffisamment, que peut-être que par certains moments, on a contribué à ce qu'il y ait ce climat. Mais moi, je pense que l'essentiel et notre responsabilité à tous, c'est de rassembler.

2:02
Présentateur

— Vous commencez l'émission par un mea culpa.

2:04
Gabriel Attal

— Je pense que les résultats de ces élections, le moment politique qu'on vit, il appelle à une profonde humilité. Une profonde humilité, évidemment. Et que chacun doit, je crois, se remettre en question. Au fond, dans ces élections, on a vu des Français nous dire qu'ils se sentaient pas compris, dans ce qu'ils vivent, pas reconnus pour ce qu'ils font, et souffrir d'une forme d'incertitude très forte vis-à-vis de l'avenir. Et moi, je dois reconnaître que probablement qu'on n'a pas apporté l'ensemble des réponses suffisantes pour répondre à tout ça.

2:41
Présentateur

— Je vous coupe, parce que quelle réponse vous pouvez apporter au vote de dimanche soir ? C'est précisément l'objet de la première interview avec Apolline de Malherbe, qui nous rejoint. Apolline, c'est donc à vous.

2:55
Gabriel Attal

— Bonsoir, M. le Premier ministre. — Bonsoir, Apolline de Malherbe.

2:57
Invité

— Je vais effectivement vous interroger sur votre programme. Mais j'ai d'abord des questions très concrètes pour les tous prochains jours qui nous attendent, et plus précisément pour dimanche soir. Dans trois jours, on vote. Et on se souvient qu'il y a quelques jours encore, Emmanuel Macron, le président de la République, avait évoqué un risque de guerre civile si les extrêmes l'emportaient. Est-ce que vous redoutez d'éventuelles émeutes dès dimanche soir et dans les jours qui suivent ?

3:24
Gabriel Attal

— Moi, ce que je dis, c'est que... Il y a des formations politiques – je le disais il y a un instant – qui carburent à la haine, aux passions tristes. Et d'ailleurs, on voit, hélas, qu'un certain nombre de propos racistes ou antisémites se sont multipliés ces dernières semaines, y compris des agressions. C'est probablement le climat qui a été installé dans cette campagne par certaines formations politiques... — C'est qui, ces formations ? — Notamment le Rassemblement national. On a vu...

C'est vos confrères de France 2 qui ont montré le témoignage d'une femme qui subit des propos racistes depuis le résultat des élections européennes par des personnes qui se revendiquent soutien du Rassemblement national. Évidemment, en disant ça, je ne dis pas que tous les Français qui ont apporté leur suffrage à des candidats du Rassemblement national partagent cette idéologie ou cette haine. Moi, j'ai jamais donné de leçons à personne, de leçons de morale.

Je dis simplement que quand on est un parti politique qui assume dans son programme et dans sa ligne politique de considérer qu'il y aurait plusieurs sortes de Français, plusieurs catégories de Français, quand on a une origine étrangère, quand on a une double nationalité, on n'est pas un Français vraiment, on est un demi-national, je pense que malheureusement, ça contribue à libérer un certain nombre de choses.

4:34
Invité

— Et sur les émeutes de dimanche soir, vous pensez que ça ne viendrait que de leur camp ? — Non, moi, j'ai plus rien. — Le fait que chez LFI, il y ait par exemple un candidat investi et qui est présent au deuxième tour, qui a été fiché S par vos services de renseignement et qui appelle parfois à l'insurrection, est-ce que vous estimez... Vous avez commencé votre phrase en disant qu'il y a des partis qui sont en train de se défendre. — Oui, mais... — Et vous l'avez finie en disant « c'est le R.N. ».

4:57
Gabriel Attal

— J'ai donné cet exemple-là. Vous avez aussi à l'extrême-gauche des propos qui remettent en cause l'autorité de nos policiers, de nos gendarmes. Voilà. Moi, je me dresse contre tous ces discours.

5:07
Invité

— Précisément, s'il y a émeute dimanche soir, comme le prédisait en quelque sorte Emmanuel Macron, comme il le redoutait, qui sera aux manettes ? Est-ce que s'il faut dimanche soir rétablir l'ordre, c'est vous qui vous en chargerez ? Est-ce que vous resterez ? Est-ce que vous resterez, d'ailleurs, Premier ministre, le temps, s'il y a chaos, que ce chaos se calme ?

5:28
Gabriel Attal

— Non mais d'abord, je vais pas me mettre là, dans un scénario où il y aurait des violences dimanche soir.

5:34
Invité

— Ce scénario, c'est Emmanuel Macron lui-même qui l'avait évoqué.

5:36
Gabriel Attal

— Moi, je fais d'abord confiance à la responsabilité de chacun. Ça commence par les formations politiques, qui doivent toutes garantir par leur discours, évidemment, une forme de calme, d'ordre et d'apaisement. Et donc je vais pas me mettre dans ce scénario-là. On a la chance en France d'avoir des forces de sécurité pour garantir l'ordre. — Un groupe.

5:54
Invité

— Un nombre d'entre elles. Un grand nombre d'entre elles sont en ce moment même en Nouvelle-Calédonie. Il y a une trentaine d'unités de forces mobiles, c'est-à-dire des CRS et des escadrons de gendarmerie mobiles, qui sont toujours mobilisées en Nouvelle-Calédonie. En France, sur le territoire de l'Hexagone, pardonnez-moi, ils se redoutent. Les forces de l'ordre le disent. Ils disent qu'il y a une menace terroriste élevée. Le renseignement territorial estime que le risque n'est pas redescendu. Et là, j'ai une autre question à vous poser, Gabriel Attal.

Vous avez vous-même décidé d'élever le plan Vigipirate sur l'ensemble du territoire national au niveau écarlate-urgence-attentat, c'est-à-dire le niveau le plus élevé. Est-ce que c'est toujours le cas ?

6:32
Gabriel Attal

— Oui. Donc là, on mélange beaucoup de choses. Mais oui, je vous confirme. Après, la Nouvelle-Calédonie, c'est la France.

6:39
Invité

— Bien sûr. Vous avez bien compris que c'était...

6:41
Gabriel Attal

— Non, non, mais j'ai totalement compris que c'est ce que vous disiez. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a des territoires français...

6:46
Invité

— Mais est-ce que vous ne redoutez pas que sur l'Hexagone, il y ait des émeutes dimanche soir et qu'on manque de troupes ?

6:51
Gabriel Attal

— Je n'ai pas d'informations qui me permettent de dire ça à Pauline de Malherbe. Et encore une fois, je pense qu'on doit tous faire attention par les propos qui sont les nôtres à garantir une forme d'apaisement, de tranquillité et d'ordre. Et donc moi, vous ne me trouverez pas parmi ceux qui cherchent à quelque part tendre les choses.

7:07
Invité

— Est-ce que dans un tel contexte quand même de menaces terroristes comme vous l'évoquez, le fait d'avoir un ministre de l'Intérieur qui dit que s'il est élu dimanche soir, il ne reviendra pas au gouvernement, par exemple, le fait d'avoir fait cette dissolution, est-ce que ça n'a été pas...

7:21
Gabriel Attal

— Je vais vous dire. Il n'y a pas de doute à avoir ou d'inquiétude à avoir sur le fait qu'il y aura toujours un gouvernement qui sera aux manettes pour garantir la sécurité des Français et que chaque ministre dans les fonctions qui sont les siennes seront évidemment mobilisés pour cela.

7:36
Invité

— Votre projet, Gabriel Attal, 33 % des Français ont donc choisi de voter pour le programme du RN, qui est donc arrivé en tête dimanche dernier. La réponse que vous leur apportez depuis dimanche, c'est tout sauf le RN. Est-ce que ça, c'est un projet ?

7:48
Gabriel Attal

— Ce que j'ai dit avant le premier tour de cette élection... C'est qu'il y avait pour moi deux risques. Un risque d'une majorité absolue dominée par la France insoumise. Ce risque-là est tombé à l'issue du premier tour de ces élections. Et il est notamment tombé grâce à notre mobilisation. Parce qu'on les a combattus dans le cadre de cette campagne. J'ai fait un certain nombre de débats avec eux. Parce qu'on a assumé dès le premier tour de désister un certain nombre de candidats dans des circonscriptions où un député de la France insoumise risquait d'être élu. Je vous donne un exemple.

À Caen, on avait un député sortant, le vigoureux, qui était député depuis 7 ans, qui a considéré que s'il se représentait, vu la situation politique locale, ça risquait de favoriser l'élection d'une députée de la France insoumise.

8:29
Invité

— C'est donc la réponse que vous apportez aux Français, qui, à 33 %, ont choisi de voter pour le RN.

8:34
Gabriel Attal

— Non, non. Là, vous me demandez ma lecture des résultats.

8:36
Invité

— Non, non. Je vous demande quelle réponse vous apportez aux questions qu'ont posées ces 33 % français.

8:41
Gabriel Attal

— Je vous explique pourquoi est-ce que la réponse que j'apporte aujourd'hui, c'est celle-là. Et donc ce député s'est désisté au profit d'un candidat de la droite républicaine, précisément pour... — Pour écarter ce risque qu'une députée de la France insoumise soit élue sur sa circonscription. On a eu plus de 60 circonscriptions. On a renoncé à présenter des candidats pour cette raison, notamment. Donc ce risque-là est tombé au premier tour. Quoi qu'il arrive, il n'y aura pas de majorité absolue dirigée par la France insoumise. J'avais alerté sur un deuxième risque, le risque d'une majorité absolue dirigée par le RN. La lecture du premier tour de ces élections, c'est que ce risque-là existe.

— Vous me faites donc une... — Et donc on doit se mobiliser...

9:19
Invité

— Vous me faites donc une réponse... — ...en termes de partis, de décisions d'organisation, de barrages, de désistements. — Parce que vous m'interrogez sur le fait que je combattais les députés du RN. — Ma question, et je vous la répète, 33 % des Français a choisi de voter pour le programme du RN. Quelle est la réponse que vous leur apportez ?

9:34
Gabriel Attal

— Et donc j'y viens, parce que c'était la question sur la lecture des résultats. Ensuite, je le disais il y a un instant à Maxime Switek, il y a des Français qui considèrent, qui ressentent que les politiques ne sont pas conscients des difficultés qu'ils vivent et que, sur un certain nombre de points, ils ne sont pas conscients des difficultés qu'ils vivent. Sur un certain nombre de sujets, les résultats ne sont pas là. C'est vrai pour des questions de fonds. Je pense notamment aux questions de pouvoir d'achat et aux questions de sécurité. Il y en a d'autres.

Mais pour moi, c'est parmi les deux sujets sur lesquels on est le plus attendu aujourd'hui et sur lesquels beaucoup de Français considèrent qu'on ne va pas assez loin. Et dès le début de cette campagne, j'ai annoncé dans le programme que j'ai présenté qu'on souhaitait aller plus loin, plus fort sur ces questions-là.

10:13
Invité

— C'est toujours le cas. Prenons tout de suite le thème de la sécurité, le pouvoir d'achat. Vous allez en parler avec Nicolas Dose juste après sur la sécurité. Après les drames qui ont touché Sam Chedin et Samara, vous vous étiez exprimé sur la question notamment de la fermeté vis-à-vis des mineurs. Vous aviez dit « Nous allons agir, agir, agir, agir partout, dans les classes, dans les familles, pour la sécurité, l'ordre, le respect de l'autorité dans notre pays », et notamment revenir sur l'excuse de minorité. Est-ce qu'au moment où on se parle, c'est-à-dire après les élections européennes, vous êtes toujours dans cet état d'esprit ?

10:43
Gabriel Attal

— Oui, tout à fait. D'abord, depuis ce discours et le chantier que j'ai lancé à Viry-Châtillon, j'ai pris un certain nombre de décisions, puisqu'il y a des mesures que je pouvais prendre sans passer par la loi, notamment la création des travaux d'intérêt général pour les moins de 16 ans, puisque ça n'existait pas. Et donc à ma demande, le garde des Sceaux a pris une circulaire pénale. Désormais, il y a ces travaux d'intérêt général pour les mineurs de moins de 16 ans qui n'existaient pas auparavant. C'est le fameux « Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter », que j'ai dit dès ma déclaration de politique générale.

— Vous l'avez dit, mais l'avez-vous fait ? — J'ai été raillé pour ça, sur les mesures d'intérêt général. C'est fait. Maintenant, c'est possible. Ensuite, il y a des mesures qui nécessitent la loi. Et j'ai annoncé très concrètement ce que je voulais faire à l'issue de cette élection, si les candidats Ensemble pour la République disposent d'une majorité pour le faire. Un, une plus grande responsabilisation des parents. J'ai notamment annoncé qu'on pourrait plus facilement reconnaître le manquement à l'obligation parentale. Vous savez qu'aujourd'hui, il faut un manquement grave d'un parent pour considérer qu'il y a manquement à l'obligation parentale.

J'ai annoncé que je voulais changer la loi pour que maintenant... — Il y a une série de manquements légers. Par exemple, laisser régulièrement son enfant qui a 12 ans traîner dans la rue la nuit. Par exemple, ne pas se préoccuper de la non-assiduité de son enfant au collège. Ça doit pouvoir faire l'objet.

12:01
Invité

— Est-ce que tout cela, Gabriel Attal, que, en effet, vous avez évoqué avant les Européennes... Depuis, j'ai quand même noté, et nous sommes nombreux à l'avoir fait, que vous tendiez la main notamment à un certain nombre d'élus que vous estimez, dans l'arc républicain, le PS, qui est au sein du Front populaire, a plutôt commencé à répondre à l'appel. François Ruffin dit, par exemple, OK pour gouverner ensemble. Alors il impose ses conditions. Il dit à vos conditions l'abrogation de la réforme des retraites et le retour de l'impôt de l'ISF, donc l'impôt sur la fortune.

Johanna Roland, la maire socialiste de Nantes, numéro 2 du PS, dit oui pour travailler ensemble si on abroge la réforme des retraites et qu'on abroge la loi asile-immigration. François Hollande dit qu'on pourrait travailler ensemble. Et il parle, comme réponse qu'il pourrait faire avec vous, de mettre en place la proportionnelle, la loi sur la fin de vie, la décentralisation. Voilà des pistes de réforme consensuelle. Voilà ce qu'il dit. Moi, je ne suis pas du tout là-dedans. Moi, je ne suis pas là pour... Quand vous dites une majorité plurielle, c'est sur quel projet ?

12:57
Gabriel Attal

Je n'ai pas parlé de majorité plurielle, mais peut-être juste si vous me laissez terminer sur la sécurité, parce que je pense que les Français qui nous regardent, ça les intéresse de savoir quelles sont les autres mesures que je propose. Mais précisément, si vous tendez la main à ces élus-là, je ne vois pas comment ils vont vous suivre sur ces points-là. Il y a la responsabilisation des parents. Je propose la création d'une comparution immédiate pour les mineurs qui n'existent pas aujourd'hui. Vous prenez aujourd'hui deux cambrioleurs récidivistes, un qui a 17 ans. Un qui a 18 ans. Celui qui a 18 ans pourra être sanctionné tout de suite.

Celui qui a 17 ans ne sera pas sanctionné avant 8 ou 9 mois. Je veux changer ça. Comparution immédiate, y compris pour les mineurs.

13:29
Invité

Mais vous voulez le changer en tant que qui ?

13:31
Gabriel Attal

Comment ? Vous voulez le changer en tant que qui ? Je me présente dans cette élection avec des candidats, Ensemble pour la République, qui ont un programme. Ces mesures et bien d'autres font partie de ce programme. On souhaite pouvoir les appliquer. Oui, on est bien d'accord. Ensuite, vous invitez d'autres à venir. Vous allez devoir discuter. Aujourd'hui, je parle au français. Et aujourd'hui, je me bats pour que les candidats... Les candidats Ensemble pour la République soient les plus nombreux possible à l'Assemblée nationale pour protéger les Français. Et pour avoir les majorités ? Protéger leur pouvoir d'achat, puisque les autres formations politiques veulent augmenter leurs impôts.

Notamment l'Alliance de la gauche, qui annonce déjà 50 milliards de hausse d'impôts qu'ils souhaiteraient défendre dès cet été. Et le programme du Rassemblement national, on le voit bien, les entreprises l'ont beaucoup compris et leurs représentants dénoncent ce programme, se traduirait par des augmentations d'impôts. Donc les candidats Ensemble pour la République, s'ils deviennent députés, ils protégeront les Français des augmentations d'impôts. Ils protégeront les Français avec des mesures pour la sécurité comme celles que je viens d'évoquer, qui feront partie des textes de loi qu'on portera au Parlement.

14:27
Invité

Je m'arrête un instant pour venir dire les impôts. Moi, je lis que Loïc Signor, qui est quand même porte-parole de Renaissance, à la proposition de François Ruffin d'un retour sur l'impôt sur la fortune, dit au fond, pourquoi pas, on pourrait réfléchir à un ISF climat avec la majorité plurielle.

14:41
Gabriel Attal

Attendez, moi, ce que je vous dis, c'est que le programme des candidats Ensemble pour la République, ce n'est pas d'augmentation. C'est très clair. On s'y est engagé. Je le redis ici. On ne souhaite pas augmenter les impôts. De l'autre côté, vous avez l'Alliance de la gauche qui dit qu'on va augmenter la CSG avec ce qu'ils appellent la CSG progressive. On va créer 14 tranches d'impôts sur le revenu. On va refaire payer des charges par les salariés sur les heures supplémentaires.

15:07
Présentateur

On en parlera avec Nicolas Doss tout à l'heure.

15:09
Gabriel Attal

Voilà. Pour le coup, c'est dans leur programme. Et encore une fois, dans le programme du Rassemblement national de l'extrême droite, ils vous expliquent qu'on va baisser tous les taux de TVA. On va supprimer certains impôts. Impôts jusqu'à 30 ans pour appartir à la retraite. On ne sait plus si c'est à 60, 62 ou 66 ans.

15:23
Invité

Mais je suis un peu surpris de la manière dont vous en parlez parce que j'ai l'impression que vous y répondez exactement comme vous y répondiez avant qu'il n'y ait ce premier tour.

15:32
Gabriel Attal

Moi, je franchis les étapes les unes après les autres. Et l'étape qui est devant nous, c'est le deuxième tour de ces élections législatives. Vous avez plusieurs centaines de candidats Ensemble pour la République qui se présentent avec un programme qui est clair. À la différence de beaucoup de nos concurrents, notre programme est clair. Il est financé. Ça, vous pouvez le dire.

15:49
Invité

On ne peut pas faire ce reproche-là, par exemple, à ce qu'on va entendre tout à l'heure de Marine Tondelier. Ils ont un programme avec le nouveau Front populaire. Je vous donne un exemple. Vous pouvez ne pas être d'accord.

15:59
Gabriel Attal

Ils disent par exemple qu'on va faire la CSG progressive. Alors, on leur demande c'est quoi le barème ? À partir de combien est-ce que la CSG augmente ? Quel niveau de retraite ? Là, ils ne répondent pas. Et donc, on va chercher le dernier amendement qu'ils ont porté à l'Assemblée nationale sur la CSG progressive. On voit que vous avez de la CSG qui augmente, je ne sais plus si c'est 1 200 euros de retraite. Vous aviez dit 1 200. Et là, ils disent non. Alors, dites-nous quel est le fait. Quel est le vrai barème ? Vous voyez, moi, quand je parle de clarté, c'est que dire qu'on augmentera des impôts, mais on ne dira pas exactement pour qui, comment, quand, ça ne me semble pas être très clair.

Nous, au moins, c'est clair. Pas d'augmentation d'impôts avec les candidats ensemble pour la République.

16:32
Invité

Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce que vous, vous êtes prêts à changer ? Qu'est-ce que vous répondez ? Encore une fois, ils sont quand même 33 % à avoir voté pour le Rassemblement national. Et aujourd'hui, vous redites exactement la même chose qu'avant. Je ne comprends pas ce qu'il y a changé.

16:47
Gabriel Attal

D'abord, ce programme, je l'ai présenté après les élections. Je l'ai présenté après les élections européennes et après les élections européennes, au moment de l'annonce de la dissolution du début de cette campagne. J'ai présenté avec nos candidats un programme qui déjà tenait compte du message qui avait été envoyé par beaucoup de Français au moment des élections européennes, qui était évidemment, pour une part, un message national, notamment sur ces questions de pouvoir d'achat et de sécurité. Donc, ma réponse, c'est d'abord sur ces enjeux qui sont majeurs pour les Français. Parce que les Français, ils ont le droit, quand ils travaillent, de pouvoir vivre de leur travail.

Et ils ont le droit d'achat. D'avoir une vie tranquille, de vivre en sécurité.

17:21
Invité

Or, ça, c'est des phrases que vous disiez mot pour mot.

17:24
Gabriel Attal

Oui, parce que j'ai annoncé des mesures supplémentaires, des engagements supplémentaires qui vont plus loin que ce qui était prévu. Sur les questions de sécurité, on a donné quelques exemples. Il y en a d'autres. On pourra y revenir longuement. Sur la question du pouvoir d'achat, je comprends qu'on va y revenir dans un instant avec Nicolas Dose.

17:37
Invité

Je vous repose quand même la question sur les propositions de François Ruffin, de Johanna Rolland, de François Hollande, qui sont des gens avec qui, si vous imaginez cette sorte de coalition centrale... Mais moi, elle peut être de manière... Je ne parle pas...

17:50
Gabriel Attal

Moi, ce que j'ai dit, c'est qu'il y a deux alternatives. Enfin, il y a une alternative avec deux possibilités. Soit vous avez l'extrême droite, qui a une majorité absolue. Je pense que ce serait terrible pour le pays. Je le dis vraiment très sincèrement. Je pense que trier les Français selon leur origine, considérer qu'il y a des faux Français quand ils ont une double nationalité, c'est l'inverse de nos valeurs. Et ça va précisément contre l'apaisement qui est souhaité par la majorité des Français.

Et je pense qu'en termes économiques, pour les emplois des Français, et ça, tous les représentants des entreprises, des entrepreneurs, des chefs d'entreprise l'ont dit, je pense que ce serait catastrophique. L'autre possibilité, c'est que vous ayez... Je n'ai pas parlé de majorité plurielle. Que vous ayez une assemblée nationale plurielle.

18:28
Invité

Disons que c'est comme ça que François Hollande l'a compris.

18:30
Gabriel Attal

Oui, mais par contre, je ne suis pas le porte-parole de François Hollande. François Hollande, il dit ce qu'il veut. Moi, ce que j'ai dit... À la fin, si c'est leur groupe qui arrive devant le vôtre, c'est eux qui dicteront ce qu'on mène en coalition. Mais moi, je me bats pour que... On a plusieurs centaines de candidats ensemble pour la République. Tout le monde, en tout cas beaucoup dans les commentateurs, expliquait au début de cette campagne des législatives qu'ils allaient disparaître, que cette troisième voie allait disparaître. On a montré que non au premier tour.

18:53
Invité

Est-ce que vous pourriez travailler avec quelqu'un comme Johanna Roth ?

18:55
Gabriel Attal

Quand j'ai pris la tête de cette campagne, on était à 14% à Pauline de Malherbe. Au premier tour des élections législatives, on a fait près de 21%. C'est-à-dire près de 7 points de plus qu'au moment du début de cette campagne. On a eu plus de 300 candidats qualifiés au second tour de ces élections législatives. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que vous êtes satisfait ?

Non, ce que je suis en train de vous dire, c'est que moi je me bats pour nos candidats, pour qu'ils soient les plus nombreux possibles à l'Assemblée nationale, pour protéger les Français des hausses d'impôts, défendre leur pouvoir d'achat, protéger les Français en investissant pour leur sécurité avec des mesures nouvelles qui vont plus loin que tout ce qu'on a fait auparavant. Et que c'est ça mon combat aujourd'hui, c'est pas d'aller discuter de mesures avec M. Hollande, enfin j'entends parfaitement les propositions que vous faites.

19:34
Invité

Mais sur le fond d'ailleurs, mettre en place une proportionnelle, remettre la loi sur la fin de vie, une loi sur la décentralisation, comme des pistes de réformes consensuelles, voilà ce qu'il dit François Hollande, pourquoi pas non ? Vous venez du même parti au départ, et vous venez vous entendre.

19:50
Gabriel Attal

Nous-mêmes, on a engagé un chantier sur la question du millefeuille territorial pour simplifier les choses, pour clarifier les compétences des différentes collectivités locales. Eric Woerth nous a remis un très bon rapport sur le sujet, Maurice Ravignon aussi, on a déjà fait des annonces sur le sujet.

20:06
Invité

François Ruffin sera sans doute élu, s'il est élu, grâce à vous, grâce à l'énergie qu'Emmanuel Macron a. C'est les Français qui votent. Vous, on mit à convaincre son adversaire, qui était une candidate de chez vous, de se retirer, et d'appeler à voter pour François Ruffin. Est-ce que vous allez jusqu'au bout de cette logique ? C'est-à-dire, quand François Ruffin, sur RMC hier, dit pourquoi pas gouverner ensemble, mais dans ces cas-là, il faut deux conditions, l'abrogation de la réforme des retraites et le retour de l'ISF, est-ce que, comme Loïc Signor, vous dites l'ISF, par exemple, on peut en discuter ?

20:36
Gabriel Attal

Ce n'est pas parce que certains se lancent dans des scénarios, des hypothèses, en jambes, les échéances, électorales, avant qu'elles aient lieu, que je suis obligé de le faire. Moi, ce que je vous dis, encore une fois, c'est que je me bats pour que nos candidats soient les plus nombreux dans l'hémicycle.

Parce que je pense qu'on a le meilleur programme pour protéger les Français, pour ne pas repartir avec une hausse massive du chômage, alors qu'on a le taux de chômage le plus bas depuis 25 ans, le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 40 ans, et que je pense que le matraquage fiscal qui nous est proposé à gauche ou à l'extrême droite serait catastrophique pour nos emplois et nos entreprises. Je me bats pour ça, précisément pour que nos candidats deviennent des députés qui pourront défendre ça pour les Français.

21:13
Présentateur

Merci, Apolline. Monsieur le Premier ministre, tout au long de la journée, les téléspectateurs de BFM ont pu scanner le QR code avec leur téléphone portable, notamment pour vous envoyer à vous les questions. Il y a une question qu'il faut peut-être à 20h52 purger, tout de suite, comme ça c'est fait. Question de Paul. Paul L., il a 26 ans. La dissolution a-t-elle finalement servi à quelque chose ?

21:33
Gabriel Attal

Il y a une élection qui est en cours. Il y aura un deuxième tour. Les Français vont se prononcer. Donc ça aura servi à ça ? Les Français se prononceront. Voilà, à l'occasion de cette élection. Moi, j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises quand j'ai été interrogé sur la dissolution. Je ne regarde pas dans le rétroviseur. C'est une décision qui a été prise par le président de la République, qui est le seul autorisé à prendre cette décision en vertu de la Constitution. Il y a des élections qui ont lieu.

Moi, je me bats maintenant pour nos candidats, parce que je pense encore une fois qu'on doit protéger le pouvoir d'achat des Français, des hausses d'impôts, investir pour leur sécurité, leur santé, l'éducation, sur les questions de handicap, dont on ne parle jamais dans les débats, jamais dans ces émissions qui sont absolument majeures. Et je me bats pour éviter que l'extrême droite dispose d'une majorité absolue.

22:16
Présentateur

Un jour, vous raconterez ce que vous avez réellement senti au moment où Emmanuel Macron vous a dit qu'il allait dissoudre ?

22:21
Gabriel Attal

Je ne sais pas si ça intéresse beaucoup nos concitoyens. Visiblement, dans la question qu'on se pose,

22:25
Présentateur

il y a beaucoup qui se posent des questions sur le pourquoi et à quoi ça sert.

22:28
Gabriel Attal

Je pense que le destin du pays et ce qui va se passer concrètement dans la vie des Français à l'issue de ces élections, selon la majorité qui en ressortira, je pense que ça préoccupe plus les Français que de savoir ce que j'ai ressenti quand j'ai appris que l'Assemblée nationale allait être dissoute.

22:44
Présentateur

On passe aux questions économiques avec Nicolas Dose.

22:51
Invité

On revient au programme. Oui, c'est bien ça. C'est bien de revenir un peu au programme et pas juste au désistement, machin, c'est pas mal. C'est quand même le sujet. Merci. Merci. On peut se reposer sur Nicolas Dose. Très franchement, Gabriel Attal, bonjour Monsieur le Premier ministre.

23:05
Gabriel Attal

Bonjour.

23:05
Invité

Vous avez dit que vous aviez un programme clair. Je l'ai trouvé tellement clair que je l'ai trouvé transparent. Il n'y a pas d'économie. Il n'y a pas de programme économique. Vous n'avez pas de programme économique pour ces législatives.

23:14
Gabriel Attal

D'abord, ce qui est sûr, c'est que nous, on a une ligne qui est de ne pas augmenter les impôts, ni sur les entreprises, ni les Français. Donc peut-être que vous êtes déçus qu'on n'en change pas. C'est vrai que ça aurait beaucoup alourdi le programme. Mais là, je vais peut-être vous décevoir. Non, on ne veut pas changer là-dessus. Et je vais vous dire, je pense qu'économiquement, on a remis notre pays sur de bons rails. Moi, je fais partie d'une génération qui a grandi en entendant en permanence que le chômage de masse, c'était une fatalité. Qu'on n'arriverait jamais en France à sortir du chômage de masse. Qu'on resterait toujours collé à 10% de chômage. Qu'est-ce que je vois aujourd'hui ?

Qu'on a fait la moitié du chemin vers le plein emploi. On a le taux de chômage le plus bas depuis 25 ans. Le taux de chômage des jeunes, le plus bas depuis 40 ans. On a créé 2,5 millions d'emplois ces dernières années. Il y a 1 million d'apprentis chaque année dans les entreprises.

24:01
Invité

Ça, c'est positif.

24:03
Gabriel Attal

Je veux vous dire, ça, je ne compte pas le changer. Je pense que ça changerait si l'extrême droite avait une majorité absolue. Si les propositions de l'Alliance de la Gauche venaient à être appliquées, parce que dans les deux cas, c'est des augmentations d'impôts sur nos entreprises.

24:16
Invité

Vous venez de le dire avec Apolline, mais on peut regarder.

24:19
Gabriel Attal

Vous dites que vous n'avez pas énormément de surprises dans le programme économique. Je n'ai pas de programme économique. Vous avez des propositions sur le pouvoir d'achat pour aller plus loin sur cette question-là. Un certain nombre de propositions. Vous voulez commencer par laquelle ?

24:31
Invité

Commençons peut-être par, je ne sais pas, l'idée de supprimer les droits de mutation à titre onéreux qu'on appelle frais de notaire pour les primo-accédants en dessous de 200. 250 000 euros. Cette mesure ne passe pas le Conseil constitutionnel. Elle sera inopérante. Elle va créer une rupture d'égalité devant l'impôt. Vous allez vous faire retoquer par le Conseil constitutionnel. L'annoncer, sachant qu'elle n'ira pas au bout...

24:52
Gabriel Attal

Vous imaginez bien qu'on a étudié cet aspect-là. Elle serait inconstitutionnelle si...

24:56
Invité

Vous l'aviez étudiée pour la taxe d'habitation ? Comment ? Vous l'aviez étudiée pour la taxe d'habitation. Il a finalement fallu devoir la supprimer pour l'ensemble des Français. C'était différent.

25:04
Gabriel Attal

C'était que pour une catégorie de Français. Je vais vous donner un exemple sur l'exonération de frais de notaire pour les primo-accédants. La primo-accession à la propriété jusqu'à 250 000 euros de biens. C'est une mesure d'abord que je défends parce qu'elle est majeure. Parce que moi, je pense qu'une part du rêve français, c'est de pouvoir devenir propriétaire de son logement. Et si possible, d'ailleurs, une maison individuelle avec un petit jardin pour les enfants et pour la famille. Et moi, je veux que les jeunes Français, les jeunes couples qui travaillent, puissent accéder à ce rêve-là.

25:34
Invité

Je comprends bien. Vous avez la certitude que cette mesure irait jusqu'à son terme si elle était engagée ?

25:38
Gabriel Attal

Il y aurait eu une fragilité constitutionnelle. Par exemple, si elle était ciblée sur un âge. Si on disait que c'est que pour les jeunes. Là, constitutionnellement, il y aurait une rupture d'égalité. Ce n'est pas ce qu'on fait. On dit que c'est sur la primo-accession. Vous pouvez être primo-accédant quand vous avez 35 ans, 37 ans, 40 ans. Mais aussi quand vous avez...

25:53
Invité

Je suis d'accord. Je ne suis pas constitutionnaliste. Donc, je n'irai pas jusqu'à affirmer qu'effectivement...

25:58
Gabriel Attal

En tout cas, je la défends parce que c'est une mesure importante pour l'accès à la propriété. Et moi, je veux que des Français qui travaillent, qui ont pour rêve, et ils sont nombreux, de pouvoir devenir propriétaire de leur résidence principale, ils puissent le devenir.

26:10
Invité

J'ai vu des réactions professionnelles de l'immobilier sur ces histoires de frais de notaire, considérant que si on fait cette suppression, on aura un phénomène de report sur les prix. Et qu'en fait, le gagnant de l'histoire, ce sera le vendeur.

26:20
Gabriel Attal

Il y a toujours des inquiétudes, des risques. Moi, je pense que si on se focalise là-dessus, on finit par ne rien faire. Donc, il y aura des évaluations qui seront faites de cette mesure. Moi, je pense qu'elle peut fonctionner. Il y a d'autres mesures ?

26:30
Invité

Triplement du plafond de la prime de partage de la valeur. On l'a appelé prime Macron. Aujourd'hui, le plafond est à 3 000 euros. Si non... Si mon souvenir est bon, c'est désocialisé. Il n'y a pas de cotisation sociale. Mais désormais, ça n'est plus défiscalisé. Il y a de la CSG, de la CRDS et de l'IR. Vous dites, on va monter de 3 000 à 10 000 euros. Moi, quand je vois ça, je me suis dit, mais à quoi bon ? Le montant moyen 2023 de la prime de partage de la valeur a été 885 euros. Les entreprises qui, déjà aujourd'hui, vont au plafond des 3 000 sont à peu près zéro. Quelques grands groupes du CAC qui peuvent se le permettre. Monter le plafond à 10 000, personne n'ira au plafond.

Ce n'est pas parce qu'on triple le plafond qu'on va tripler le montant de la prime.

27:08
Gabriel Attal

Est-ce que vous savez pourquoi ?

27:08
Invité

Sinon, on la met à 30 000.

27:09
Gabriel Attal

Mais pourquoi est-ce que le plafond a été autour de 800 ou 1 000 euros ?

27:12
Invité

La moyenne, c'est 885 euros versés.

27:14
Gabriel Attal

Parce que c'était versé en une fois. Là, ce qu'on propose, c'est non seulement de tripler le plafond, mais on donne la possibilité de le verser en plusieurs fois, voire même de le mensualiser tout au long de l'année. C'est pour ça que ça sera, à mon avis, plus soutenable pour les entreprises qui, beaucoup, en ont fait la demande. C'est une prime, vous l'avez dit, qui est versée par les entreprises aux salariés, qui ne coûte rien en impôts à l'entreprise et qui a été versée l'an dernier à 6 millions de salariés. J'ai vu.

27:39
Invité

C'est clairement une mesure de pouvoir d'achat.

27:41
Gabriel Attal

Oui, c'est une vraie mesure de pouvoir d'achat. Et la différence par rapport à avant, c'est que cette fois-ci, on ne dit pas « vous le versez en une fois dans l'année », on dit « vous pouvez le verser, si vous voulez, tous les mois ». Et donc, ça a du sens de relever le plafond pour ça. Il y a une autre mesure sur laquelle je veux revenir, sur les salariés, c'est la question de la progression des salaires. Parce qu'évidemment que les Français qui nous regardent, ce qui leur apporte, c'est que leur salaire puisse progresser. Et dès ma nomination à Matignon, dès mon discours de politique générale, j'ai parlé de mon objectif de… Des smicardisation. Des smicardisation.

Parce qu'en France, on a un smic qui est supérieur à celui de nos voisins, et c'est une chance, mais on a plus de nos salariés qui sont proches du smic que chez nos voisins. Oui.

28:19
Invité

On est monté à 17,3% des actifs à un smic aujourd'hui.

28:22
Gabriel Attal

Pour dire les choses différemment, chez nos voisins, les gens restent moins longtemps proches du smic, ils progressent plus vite en salaire. Oui. Pourquoi ? Parce qu'en France, quand vous augmentez quelqu'un qui est proche du smic, ça vous coûte tout de suite très cher, en charge, en cotisation.

28:35
Invité

Car le smic à un smic, il n'y a pratiquement pas de cotisation et qu'elles apparaissent à la hausse. Un employeur, un employeur qui veut… Ok, ça c'est certain, c'est valable.

28:43
Gabriel Attal

Pour donner un exemple pour les Français qui nous regardent, un employeur qui veut augmenter de 100 euros un salarié au smic… 483 euros. Ça lui coûte près de 500 euros d'augmenter de 100 euros son salarié. Donc il faut revoir ce système d'allègement de charges.

28:56
Invité

C'est l'objet d'un rapport de deux économistes qu'on attend pour savoir comment est-ce qu'on peut lisser…

29:01
Gabriel Attal

Messieurs Bozio et Vassemer, qui ont beaucoup travaillé sur ce sujet, parce que c'est un sujet qui est très technique. Moi, l'engagement que je prends, avec nos candidats Ensemble pour la République, c'est dès le prochain budget, de revoir ce système d'allègement de charges pour que les entreprises puissent plus facilement augmenter les salaires pour qu'il y ait une meilleure progression salariale. On ne doit pas rester bloqué pendant des années au niveau du smic. On doit permettre aux entreprises de faire progresser les salaires.

29:21
Invité

Pourquoi promettre une baisse des prix de l'électricité en février 2025 alors que cette baisse est mécaniquement inscrite dans l'évolution du marché et dans le mode de calcul du tarif réglementé de vente de l'électricité ? Elle va se produire, qu'on en parle ou qu'on n'en parle pas ? Pourquoi mettre ça dans un programme alors que la parole politique sera inopérante sur ce phénomène-là ?

29:37
Gabriel Attal

Alors, d'abord, cette baisse, elle est permise par le fait qu'on a réinvesti dans la production d'électricité en France. Parce que nous, on a fait le choix de réinvestir dans le nucléaire, construire des nouvelles centrales, mais aussi investir dans la maintenance de nos centrales. Et on sait que les prix de l'électricité avaient monté parce qu'il y avait notamment des problèmes de maintenance sur nos centrales. Et on investit dans les énergies renouvelables. Pourquoi je dis ça ? Parce que c'est important dans cette élection législative. Vous avez le Rassemblement national, qui dit aux Français, nous, on est OK pour faire le nucléaire. Par contre, on est contre les énergies renouvelables.

On va arrêter d'installer des énergies renouvelables. Or, on sait que dans les années qui viennent, la demande d'électricité va exploser. Ce que dit le Rassemblement national, c'est que la demande d'électricité va exploser. Mais par contre, on ne va pas installer de nouveaux moyens de production d'électricité avant 10 ou 15 ans, quand il y aura des nouveaux réacteurs nucléaires. Qu'est-ce qui va se passer entre les deux ? La facture va augmenter. Si vous avez une demande d'électricité qui augmente, mais que vous n'avez pas de production d'électricité qui augmente parce que vous arrêtez les énergies renouvelables, mécaniquement, la facture des Français augmenterait.

On est les seuls à dire qu'on veut investir à la fois sur le nucléaire et sur les énergies renouvelables. C'est bon pour la planète et c'est bon pour la facture des Français parce que ça fait plus de production et donc baisser la facture.

30:47
Invité

La raison réelle de cette baisse du prix de l'électricité en février, elle est liée au fait que la façon de calculer le tarif réglementé de vente en France remonte sur les deux années antérieures. Et donc, elle n'inclura plus désormais l'année 2022 qui a été l'année du choc énergétique.

31:00
Gabriel Attal

Elle est liée à plusieurs choses. C'est ça la vraie raison.

31:04
Invité

Mécaniquement, on aura ça sans même en parler dans un programme.

31:06
Gabriel Attal

Elle est liée à plusieurs choses. Elle est liée aussi que nos centrales tournent, contrairement à ce qui s'est passé il y a deux ans où il y avait eu des problèmes de maintenance et donc les prix avaient augmenté. Elle est liée au fait qu'on a baissé à zéro la taxe sur l'électricité pendant la crise de l'inflation pour que l'augmentation de la facture des Français soit contenue et donc qu'on ne la relève pas à ce qu'elle était avant la crise.

31:28
Invité

Non, c'est en deux étapes.

31:29
Gabriel Attal

Voilà, on ne la relève pas à ce qu'elle était avant la crise. Sinon, il y aurait... On l'a fait. C'est la moitié du chemin. Mais sinon, il n'y aurait pas de baisse de la facture d'électricité de 15% à l'hiver prochain. Et ensuite, je vais plus loin, on a obtenu de l'Union européenne de revoir les règles de tarification de l'électricité pour le déconnecter du prix du gaz. Cette réforme, elle entre en vigueur en 2026. En 2026.

31:47
Invité

Elle est ultra complexe à expliquer, mais...

31:49
Gabriel Attal

Oui, mais elle est là. Et comme vous êtes un expert, vous savez qu'on a obtenu ce qu'on voulait.

31:53
Invité

Ça a duré un an, j'ai bien vu.

31:54
Gabriel Attal

Un an de négociation, on a obtenu ce qu'on voulait. J'ai bien vu. Donc, ce qu'on est en train de se dire, c'est qu'hiver prochain, la facture d'électricité baisse de 15%. Et que les années suivantes, elle va continuer à baisser parce qu'on a obtenu le changement du mode de calcul du prix de l'électricité.

32:05
Invité

Je vous ai entendu dire, les Français ont besoin de savoir ce que le politique peut faire pour leur pouvoir d'achat. Vous ne croyez pas qu'un jour, il faudrait expliquer que le politique ne peut rien faire pour le pouvoir d'achat, à part moins le ponctionner avec des prélèvements obligatoires ? Le moteur du pouvoir d'achat, le moteur des revenus dans une économie normale, ça vient de la production. La production, elle dépend de deux facteurs qui sont le capital et le travail. Et c'est la réunion de ces deux facteurs capital-travail, lorsqu'elle est efficace, qui fabrique des gains de productivité et qui tire le pouvoir d'achat. Et là, on sort des mesures dans tous les sens.

Les bricolages, c'est ça le pouvoir d'achat, monsieur le Premier ministre.

32:33
Gabriel Attal

Ça n'est absolument pas des choix politiques. Si on va au bout de votre logique, qu'est-ce qui permet la production d'activités et la création d'emplois ? C'est aussi des décisions politiques.

32:43
Invité

L'investissement, l'innovation, le travail.

32:44
Gabriel Attal

Mais bien sûr, mais parce qu'on choisit de le faire. Est-ce qu'on aurait aujourd'hui 2,5 millions d'emplois qui auraient été créés si on n'avait pas mis en place la politique économique qu'on a portée depuis sept ans maintenant, en baissant l'impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % ?

32:58
Invité

Ça, c'est la politique de l'offre.

32:59
Gabriel Attal

En investissant massivement dans la formation, comme on l'a fait avec le CPF, avec le développement de l'apprentissage. Il y avait 200 000 apprentis chaque année il y a sept ans. Il y en a aujourd'hui près d'un million. Ce qui se passe aujourd'hui avec ce taux de chômage le plus bas depuis 25 ans et le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 40 ans, c'est aussi le fruit de décisions politiques. Donc moi, je me dresse vraiment...

33:18
Invité

Sur la politique de l'emploi, c'est des décisions politiques. Mais le moteur du pouvoir d'achat, ce n'est pas un choix politique.

33:22
Gabriel Attal

D'accord, mais le pouvoir d'achat, c'est quand même le fait de pouvoir travailler et ensuite de bien vivre de son travail.

33:26
Invité

Le marqueur.

33:27
Gabriel Attal

Je pense que là, ce qu'on a encore une fois réussi à faire, c'est à sortir du chômage de masse. Et le plein emploi, il est atteignable. Il est atteignable. On a fait la moitié du chemin. Et je pense que maintenant, ce qu'il faut faire, c'est prendre toutes les mesures possibles pour libérer les augmentations de salaires. Je viens de vous donner un exemple sur les allègements de charges. Et il y a d'autres exemples qu'on pourrait prendre.

33:45
Invité

J'ai hâte de voir la technique du lissage, des relèvements de cotisations. Vous l'avez dit vous-même. Il y a deux experts. Oui, il y a deux experts. Bon, ça me passionne. J'attends le rapport Bozio-Vasmer avec intérêt parce que je connais ce phénomène de smicardisation. On était à 15% de smicards. On est à 17,3% du fait des hausses de smic régulières liées à l'inflation. Le smic a augmenté. Oui, absolument. De 1% ces dernières années. Il y a eu un marqueur économique dans la campagne, vous concernant, c'est l'histoire de l'assurance-chômage. Il y a un décret. On l'annonce pour le 1er juillet. Le président de la République a l'air de faire un peu pause à un moment.

Quelques jours plus tard, vous dites mais non, ce sera bien le 1er juillet. Et là, c'est juste un décret de jonction, un décret technique qui a été publié de manière à ce que juridiquement, il n'y ait pas un vide juridique pour le fonctionnement de l'UNEDIC. Et pschit, la réforme de l'assurance-chômage disparaît. Qu'est-ce qui s'est passé ?

34:28
Gabriel Attal

Mais je ne peux pas, vous savez, d'un côté, dire que les Français nous ont envoyé un message clair au moment des élections législatives, du 1er tour, au moment des élections européennes, compris, je pense, en nous demandant de gouverner différemment, de nous parler davantage avec d'autres formations politiques, et publier le lendemain de ce 1er tour un décret. Si je l'avais fait, tout le monde ici serait en train de me dire c'est un passage en force, vous ne tenez pas compte du fait qu'on est dans une élection. Moi, j'assume d'avoir suspendu cette réforme le temps de ces élections législatives, ce qui permettra ensuite de la discuter avec les forces qui auront été élues au Parlement.

Je constate que... Je constate que l'ensemble des forces qui concourent dans cette élection, dans l'opposition, que ce soit l'extrême droite ou l'extrême gauche, s'est opposé à cette réforme.

35:10
Invité

Le décret actuellement mis en place s'arrête fin juillet, donc début août, on reprend ?

35:14
Gabriel Attal

Comment ?

35:14
Invité

Le décret actuellement mis en place... Oui, le décret de jonction jusqu'au 31 juillet. 31 juillet, donc on reprend le 1er août ?

35:19
Gabriel Attal

D'ici au 31 juillet, je souhaite qu'il puisse y avoir des discussions.

35:21
Invité

D'accord. Mais donc, ça veut dire que le 1er août, si vous êtes là, on peut reprendre cette réforme de la surenchère ?

35:25
Gabriel Attal

Il y aura des discussions avec des forces politiques qui ont été élues au Parlement autour de cette réforme.

35:30
Présentateur

Vous avez promis... Juste une chose. Oui. Sur l'assurance chômage, le décret, le président de la République le savait.

35:35
Gabriel Attal

Comment ?

35:35
Présentateur

Le président de la République le savait.

35:37
Gabriel Attal

Évidemment qu'il y a eu des échanges entre nos équipes les jours qui ont précédé, bien sûr.

35:40
Présentateur

Parce qu'on a lu... Oui. ...dans la presse que vous n'aviez pas prévu le président de la République là-dessus.

35:44
Gabriel Attal

D'expérience, il ne faut pas croire tout ce qu'on lit dans la presse. Pas tout, mais il se trouve que parfois, on tombe juste. Parfois, oui. Mais en l'occurrence, parfois, il y a des choses qui sont écrites qui ne sont pas exactes. Ce n'est pas une critique des journalistes, mais c'est juste que parfois, ils ne sont pas bien informés.

35:58
Invité

Vous avez promis de...

35:59
Gabriel Attal

Nos équipes avaient échangé.

36:00
Invité

Vous avez promis de gonfler le leasing de la voiture à 100 euros à 100 000 véhicules. Oui. Mais est-ce que déjà, vous avez payé les concessionnaires qui attendent depuis des mois les 13 000 euros par véhicule d'être d'État ?

36:09
Gabriel Attal

Les versements sont en cours. Ils ont été faits dans une large partie. Ça aussi, c'est une mesure qui est positive. Parce qu'on a toujours tendance à dire...

36:16
Invité

Ça a été très long et la plateforme de l'automobile que j'ai contactée aujourd'hui dit « ça se régularise ». Oui. Ce n'est pas fini.

36:21
Gabriel Attal

Mais surtout, 50 000 véhicules en leasing à moins de 100 euros par mois, véhicules électriques, qui sont partis très très vite. Ah oui, très vite. Mais oui. Mais parce que moi, j'entends en permanence des politiques qui nous expliquent que pour faire la transition écologique, il faut taxer les Français, il faut augmenter leurs impôts, augmenter leurs taxes, etc. Moi, je pense qu'on peut y arriver en accompagnant les Français. C'est ce qu'on fait avec le bonus écologique, la prime à la conversion pour changer de véhicule. Cette mesure du leasing, elle est vraiment positive. Et donc, j'ai annoncé que je souhaitais qu'on puisse doubler le nombre de véhicules concernés. Donc à 100 000.

Et qu'on puisse les cibler prioritairement sur ceux qui prennent soin de nous. C'est-à-dire les métiers du soin, les aides à domicile, les infirmières libérales qui ont besoin de se déplacer, d'utiliser un véhicule. Je souhaite qu'elles soient prioritaires dans l'accès à ces véhicules électriques en leasing social.

37:06
Présentateur

Merci. Merci Nicolas. Avant d'accueillir Benjamin Diabelle, Monsieur le Premier ministre, je vous écoute tout à l'heure, je note un certain nombre de choses. Et juste pour comprendre dans quel état d'esprit vous êtes ce soir. Vous disiez par exemple, à l'instant, dès le prochain budget. Ça veut dire que vous imaginez qu'après dimanche, vous aurez une majorité, vous Gabriel Attal.

37:22
Gabriel Attal

Ce que je dis, c'est qu'il y aura un budget qui sera présenté et qui devra être voté à l'automne prochain pour l'année 2025. Parce que si on n'a pas de budget, on ne paye pas nos fonctionnaires, on ne finance pas les services publics, on doit fermer les écoles. Donc il y aura de toute façon un budget. Et les candidats Ensemble pour la République défendront dans ce budget un certain nombre de mesures qui sont dans notre programme et qu'on propose pour les Français sur leur pouvoir d'achat, sur le réinvestissement dans l'école, dans la santé, dans la sécurité, sur la question du handicap. C'est un sujet nouveau dont on ne parle jamais dans les émissions.

37:51
Présentateur

Vous ne nous dites pas ce soir, j'aurai une majorité. Nous aurons une majorité.

37:55
Gabriel Attal

Mais je me bats pour ça. Moi, je me bats pour nos candidats qui sont plusieurs centaines à concourir dans cette élection, évidemment. Et je me bats pour qu'ils puissent, dans cette nouvelle Assemblée nationale, dans cette nouvelle donne, quelque part, travailler projet par projet avec d'autres forces politiques.

38:11
Présentateur

Les sondages, ils ont quelle place dans votre esprit ce soir ? Moi, ce qui... Qui vous donne très loin, notamment du Rassemblement national.

38:17
Gabriel Attal

C'est le vote des Français. C'est les Français qui... Qui décident. Et je n'ai pas besoin de sondage pour voir que les Français nous ont envoyé un message très clair. Il y a eu les élections européennes. Ce n'est pas un sondage, c'est le résultat d'une élection. Les premiers tours des élections législatives.

38:31
Présentateur

Allez, Benjamin Duhamel. Benjamin, qui se replace ? Oui.

38:40
Invité

Oui, Nicolas, la perte sur la chaise. Il peut perturber le dispositif. Benjamin, je vous en prie. Bonsoir, Gabriel Attal.

38:45
Gabriel Attal

Bonsoir.

38:46
Invité

Avant de vous interroger sur la question du Front républicain, sur ce que vous appelez une Assemblée plurielle, parce que je vais revenir sur ce qui a été évoqué par Apolline, juste. C'est une forme de prolongation de la question de Maxime. La tradition républicaine veut que, dans le cadre de législatives, quand des élections sont perdues, que le Premier ministre donne sa démission au président de la République. Est-ce que, le 7 juillet au soir, vous avez prévu de donner votre démission à Emmanuel Macron ? Si, comme ce que les sondages montrent, et vous-même, vous reconnaissez, je vous écoutais à la radio ce matin, vous disiez, force est de constater qu'on n'aura pas la majorité absolue.

Est-ce que vous donnerez votre démission au président de la République ? Je vous répondrai le 7 juillet au soir,

39:22
Gabriel Attal

selon le résultat des élections, Benjamin Duhamel. Moi, je me bats encore une fois. Je vois bien toutes les questions qui, finalement, cherchent à me conduire à expliquer qu'on va perdre ces élections, que ça va être terrible le soir des élections.

39:35
Invité

Vous avez dit vous-même, Gabriel Attal, ce matin à la radio, que vous n'auriez pas la majorité absolue.

39:38
Gabriel Attal

Ce que je dis, c'est qu'il y aura une Assemblée nationale, une nouvelle donne, avec des forces politiques différentes, qui, peut-être projet par projet, devront chercher à faire avancer le pays.

39:49
Invité

Mais est-ce que vous vous voyez rester à Matignon dans ces conditions ? Est-ce qu'il y a un monde où vous restez à Matignon ?

39:54
Gabriel Attal

Je me bats pour nos candidats et pour cette élection qui est importante dimanche. Ensuite, je vous rassure, vous aurez toutes les réponses me concernant. Encore une fois, je pense que ce qui préoccupe les Français aujourd'hui, c'est moins la question des personnes que ce qui va se passer pour le pays. Ce n'est pas la même chose s'il y a une majorité absolue de l'extrême droite. Parce que là, je ne vais pas revenir sur ce que je disais tout à l'heure, sur le projet terrible en termes de stigmatisation, d'une part, de nos concitoyens, parce qu'ils sont binationaux, qu'ils seraient en fait des demi-nationaux. Ils nous expliquent qu'ils veulent les priver d'accès à la fonction publique.

Maintenant, ils disent que c'est que pour certains postes. Ce ne sera pas pareil avec une majorité de députés dont un sur quatre dans leurs candidats aujourd'hui ont tenu des propos racistes, antisémites ou homophobes. Et tous les jours, il y a de nouvelles découvertes. Ce n'est pas pareil si on a nos entreprises qui se cassent la figure parce qu'ils veulent augmenter les impôts, parce qu'ils ont des dépenses qui ne sont pas financées.

40:38
Invité

Si je puis me permettre, ce n'est pas qu'une question de personnes. C'est une question d'inquiétude de la part de Français qui voient bien, qui déjà sont pour certains un petit peu effrayés de la décision de dissoudre du président de la République et qui se disent que se passe-t-il le 7 juillet, le 8 juillet au soir alors qu'arrivent les Jeux olympiques, la préparation, la nécessité tout simplement qu'il y ait une conduite des affaires. Nos confrères de l'Opinion, ce soir, disent l'Élysée travaille à un scénario où vous resteriez à Matignon le temps de former un autre gouvernement.

Est-ce qu'il y a une possibilité que vous disiez par esprit républicain au fond, je vais encore pendant quelques jours, quelques semaines expédier les affaires courantes ?

41:12
Gabriel Attal

D'abord, que les Français font une partie importante d'entre eux. Qu'ils soient déboussolés par la situation, évidemment. Tous les jours, je suis sur le terrain, j'étais encore, juste avant de venir sur votre plateau, pas très loin d'ici, sur ma circonscription avant pour échanger avec eux. Évidemment qu'ils sont déboussolés par la situation. Moi, ce que je dis, c'est que le moyen le plus sûr d'être rassuré quelque part, s'ils sont d'accord avec ce qu'on propose, c'est d'aller voter pour nos candidats ensemble pour la République et de faire en sorte qu'il n'y ait pas de majorité absolue pour l'extrême droite.

41:42
Invité

Vous ne voulez pas répondre sur la possibilité de faire une forme de tuilage ou de rester protégé ?

41:46
Gabriel Attal

Encore une fois, je pense que les questions de personnes intéressent moins les Français que le fond et ce qui leur arrivera dans leur vie quotidienne.

41:53
Invité

Gabriel Attal, votre position, vous l'a répété depuis dimanche dernier, ce n'est pas une voie pour le Rassemblement national. Sauf que visiblement, vous avez du mal à convaincre vos ministres. Après Bruno Le Maire, Aurore Berger, Catherine Vautrin, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a fait savoir aujourd'hui qu'il ne votera jamais pour le RN, ça pour le coup, comme vous, ni pour la France insoumise. Vous n'avez plus l'autorité suffisante pour imposer votre ligne à vos ministres ?

42:14
Gabriel Attal

Non, mais vous l'avez dit, j'ai dit pas une voie pour le Rassemblement national. Et est-ce que vous avez trouvé un ministre qui dit qu'il faut voter pour le Rassemblement national ?

42:20
Invité

Non, mais Gérald Darmanin dit qu'il ne pourra jamais voter pour la France insoumise. Son entourage fait savoir qu'il y a un désaccord avec vous, alors que vous-même, encore ce matin, vous parliez à un auditeur à la radio, vous disiez, ben oui, ça peut ne pas nous faire plaisir, mais si on est face au Rassemblement national, il faut voter pour la France insoumise.

42:35
Gabriel Attal

Non, non, je n'ai pas dit ça, je n'ai pas prononcé ce mot, voter pour la France insoumise. Ce que j'ai dit, c'est que j'ai alerté avant le premier tour de cette élection sur deux risques majeurs. Une majorité absolue dirigée, par la France insoumise. Ce risque-là, à l'issue du premier tour, il est écarté. Quoi qu'il se passe ce dimanche, la France insoumise ne sera pas en mesure de gouverner le pays. Il y a ensuite un deuxième risque sur lequel j'ai alerté, c'est une majorité absolue dirigée par l'extrême droite, le Rassemblement national. Ce risque-là, il existe. Et donc c'est ce risque-là qu'on doit combattre aujourd'hui.

43:06
Invité

Gabriel Attal, Gérald Darmanin envoie dos à dos l'ERN et la France insoumise. Je vous ai dit tout à l'heure... Je veux bien que vous n'aimiez pas les questions politiques, mais là, c'est un ministre qui affirme, et son entourage.

43:16
Gabriel Attal

Je lui dis qu'il n'est pas d'accord avec vous. Ce que je vous ai dit tout à l'heure, moi, c'est que je ne fais pas des comparaisons, des signes égales, etc. Moi, je me bats pour l'apaisement des Français, pour le rassemblement des Français, pour l'unité dans notre pays. Et donc je me bats pour les candidats Ensemble pour la République qui défendent une France sûre de ses forces, fidèle à ses valeurs, confiante pour son avenir et lucide sur les problèmes des Français. Après, chacun est libre, parce que chacun est un responsable politique, un citoyen par ailleurs, de faire des commentaires politiques, de faire des déclarations politiques. C'est ce que fait Gérald Darmanin.

C'est ce que fait Gérald Darmanin. Mais chacun est libre. Et par ailleurs, je vais vous dire, ceux qui sont le plus libres, c'est les Français, qui décident de leur vote. Moi, je n'ai jamais aimé, par exemple, le terme « consigne de vote ». Parce que je trouve... Les Français, heureusement, il y en a qui sont derrière nous. Est-ce que vous répondez à des consignes ? Mais ils n'ont pas de micro. Non, mais ils font non de la tête. Non, mais ils font non de la tête. On ne répond pas à des consignes. Un Français, un citoyen, il va voter en son âme et conscience. Alors, pas de consignes, Gabriel.

Moi, ce que j'ai fait, c'est que j'ai alerté en disant « J'ai détaillé tout ce qu'il y a dans leur programme qui serait terrible pour le pays. » Et donc, j'ai eu un mot d'ordre qui est de dire « Il ne faut pas une voix pour le Rassemblement national. »

44:26
Invité

Alors, dans ce cas-là, puisqu'il n'y a pas de consignes, puisque vous n'aimez pas les consignes et que vous prenez à témoin les téléspectateurs et les spectateurs ici, un exemple simple. Dans une circonscription, si vous avez le choix entre le Rassemblement national et la France insoumise. Est-ce que vous dites... Non, mais attendez, Gabriel Attal, vous avez... Il y a certains de vos électeurs, certains de vos soutiens, certains de vos sympathisants qui se trouvent dans cette situation, qui, pour certains, hésitent. Ils ont, dans un deuxième tour, un duel entre le Rassemblement national et quelqu'un de la France insoumise. Qu'est-ce que vous leur dites ?

44:53
Gabriel Attal

Benjamin Duhamel, je viens de vous dire que je ne voulais pas donner de consignes de vote. Mais vous, qu'est-ce que vous feriez ? Mais je ne suis pas dans cette situation, Benjamin Duhamel. Moi, je me présente dans ma circonscription. Donc, je vais voter pour moi. Et vous avez, dans plusieurs centaines de circonscriptions, des candidats ensemble pour la République pour lesquels nos concitoyens peuvent voter.

45:11
Invité

Mais donc, ça, c'est une question à laquelle, délibérément, vous ne souhaitez pas répondre, alors même que, pour le coup, à gauche, eux disent clairement que si on est dans une circonscription avec le Rassemblement national et la majorité sortante, il faut faire barrage, il faut voter pour eux.

45:23
Gabriel Attal

Avant même qu'on commence à parler de ce sujet-là, je vous ai dit que, pour moi, le concept de consigne de vote, je n'ai pas employé ce terme. Moi, j'ai alerté sur un risque. Excuse-moi, on ne dit pas une voix au Rassemblement national.

45:33
Invité

Je veux bien que ce ne soit pas une consigne.

45:34
Gabriel Attal

Ce que j'ai dit, c'est qu'il y avait un risque qu'il y ait une majorité absolue dirigée par la France insoumise et que, grâce à notre mobilisation, parce qu'on a désisté, dès le premier tour, une soixantaine de candidats, notamment dans des circonscriptions où la France insoumise pouvait être élue, ce risque est écarté. Et qu'aujourd'hui, dans ce deuxième tour, ceux qui peuvent avoir une majorité absolue, c'est désormais l'extrême droite. Et donc, j'ai un mot d'ordre.

45:55
Invité

Oui, mais je ne comprends toujours pas ce que doit faire un de vos électeurs, un de vos sympathisants, dans une circonscription avec ce type de duel.

45:59
Gabriel Attal

Avant même que vous posiez cette question, je vous ai dit que, moi, je n'étais pas là pour donner des consignes de vote à nos électeurs. Donc, ils font ce qu'ils veulent. Encore une fois, mais encore heureux qu'un électeur fait ce qu'il veut. Encore heureux qu'en France, sinon on serait dans un autre modèle. On a fait le choix, dans un certain nombre de circonscriptions, de désister nos candidats. Ça a été dit tout à l'heure, ça a été rappelé. Dans certaines circonscriptions, on a des candidats qui considéraient que le maintien de leur candidature au deuxième tour risquait de favoriser l'élection d'un député d'extrême droite. Ils se sont retirés.

D'ailleurs, je veux saluer cette responsabilité parce que quand vous avez fait campagne pendant trois semaines avec vos équipes, que vous avez des gens qui ont voté pour vous, que vous pouvez vous maintenir au deuxième tour et que vous décidez de ne pas le faire, évidemment que ça vous coûte. Pourquoi est-ce qu'ils l'ont fait ? Ils l'ont fait parce que, conscients que le risque de ce deuxième tour, c'est une majorité absolue pour l'extrême droite et qu'ils ont voulu l'éviter. Donc oui, on a pris nos responsabilités, nos candidats ont pris leurs responsabilités.

46:56
Invité

Sur ces désistements, est-ce que vous entendez l'inconfort qui peut être celui de certains de vos soutiens et de sympathisants qui ont entendu pendant toute la campagne des législatives le président de la République dénoncer un nouveau front populaire, immigrationniste, dont le programme permettait le changement de sexe en mairie, carrément, alors qu'il s'agissait de l'État civil, qui expliquait également que son programme menait à la guerre civile. Est-ce qu'au fond, avec le recul, vous ne regrettez pas des mots trop forts que vous auriez eus sur cette force de gauche, alors que précisément aujourd'hui vous dites qu'il faut faire barrage au RN ? Est-ce que vous n'êtes pas allé trop loin ?

47:31
Gabriel Attal

Moi, ce que j'ai dit depuis le début, c'est que en s'alliant avec, quelque part derrière la France insoumise, les partis d'une gauche normalement républicaine, social-démocrate, finalement se sont mis derrière un parti qui défend un programme et qui a des valeurs qui sont assez éloignées de la social-démocratie et de la République. Et je l'ai dénoncé, en considérant que parce que ces partis se sont mis derrière la France insoumise, ça les privait de la possibilité d'être une force d'alternance démocratique dans ces élections. C'est ce que j'ai dit depuis le début. Et donc vos candidats se désistent pour des candidats

48:05
Invité

qui portent un programme immigrationniste, changement de sexe en mairie, qui mènent à la guerre civile ? Pas du tout, parce qu'on prend les mots du président de la République.

48:13
Gabriel Attal

Ils se désistent parce qu'on a écarté au premier tour la possibilité pour une alliance dominée par la France insoumise d'avoir une majorité absolue qui n'existe plus, quels que soient les résultats de l'élection de ce dimanche, et qu'aujourd'hui il s'agit d'écarter le risque d'avoir une alliance dominée par l'extrême droite qui serait majoritaire à l'Assemblée nationale. Vous savez, moi, je pense être celui qui a été le plus combattu et qui a le plus combattu la France insoumise depuis plusieurs années.

Je rappelle, que la France insoumise m'a attaqué, y compris en justice, pour avoir fait respecter la loi de 2004 sur la laïcité à l'école en interdisant le port de l'Abaïa et du Camis dans nos établissements scolaires. Je rappelle que la France insoumise a déposé et voté plusieurs motions de censure contre mon gouvernement. Je rappelle que j'ai débattu, dans le cadre de cette campagne, avec des représentants de la France insoumise et que je n'y suis pas allé par quatre chemins pour démonter leur programme et un certain nombre de choses Mais alors, justement, Gabriel Attal,

49:01
Invité

toujours sur la France insoumise, on a entendu vos prises de position, mais dans ce cas-là, est-ce que vous comprenez, là encore, le trouble de ceux qui voient que dans la huitième circonscription du Nord, le candidat insoumis, David Guiraud, fait face au Rassemblement national et le candidat de votre majorité, qui s'appelle Tariq Mekhi, a appelé à voter pour David Guiraud ?

49:18
Gabriel Attal

Il a pris une position personnelle et tout de suite, vous avez entendu que la formation politique d'Ensemble pour la République a pris position clairement au niveau local et au niveau national.

49:27
Invité

Donc c'était une erreur d'appeler à voter pour David Guiraud ?

49:29
Gabriel Attal

C'est une position... Il a dit pour qui il voterait, c'était une position personnelle et le parti a rappelé qu'il ne donnait pas de consigne de vote. Et donc les choses ont été clarifiées immédiatement. J'entends qu'elle s'est pu troubler des électeurs. Les choses ont été clarifiées immédiatement.

49:43
Présentateur

Qu'est-ce que vous répondez à Marine Le Pen par rapport à ce que vient de dire Benjamin Duhamel ? Marine Le Pen qui dit ce soir en réalité, il y a un parti unique aujourd'hui. Et qu'est-ce qu'il propose ce parti unique ? Le Bourbier.

49:53
Gabriel Attal

Non mais vous savez, tout ça c'est la dernière trouvaille de Mme Le Pen et de M. Bardella pour éviter qu'on parle de leur candidat dont un quart ont tenu des propos racistes, antisémites, homophobes. Tous les jours on a une trouvaille. On a maintenant même qui ont fait des prises d'otages, qui ont porté des casquettes nazies.

50:09
Présentateur

On en parlera tout à l'heure avec Mme Bardella.

50:11
Gabriel Attal

Tous les jours il y a des découvertes. Et il voudrait qu'il siège à l'Assemblée nationale, voire même qu'il soit au gouvernement. Pardon, c'est quand même inquiétant. Donc pour masquer tout ça, pour masquer le fait qu'il y a eu moult reniements sur leur programme, qu'ils sont incapables d'expliquer comment ils le mettraient en œuvre, ils trouvent cette espèce de grosse ficelle à expliquer. Ils vont gouverner ensemble, avec la France. Mais personne n'est dupe.

50:33
Invité

Vous dites personne n'est dupe. Il s'est quand même passé quelque chose d'extrêmement singulier ce matin. En Conseil des ministres, vous y étiez. Emmanuel Macron a dû préciser, c'est là qu'on voit qu'on est quand même dans une drôle de période, a dû préciser qu'il ne gouverne, qu'il n'était pas question de gouverner avec la France insoumise. Et pourquoi ? Quand on est obligé de le préciser.

50:48
Gabriel Attal

Mais pourquoi il est obligé de le préciser ? Parce que depuis des jours, il y a des médias qui relaient cette grosse ficelle du Rassemblement national. Personne, aucun Français n'imagine que c'est possible qu'on gouverne avec la France insoumise. Enfin regardez, je vous ai donné les exemples tout à l'heure d'à quel point ils m'ont combattu, à quel point je les ai combattus. À quel point on est aux antipodes. Pourquoi le président de la République en Conseil des ministres

51:05
Invité

est obligé de dire ce genre de choses ?

51:07
Gabriel Attal

Vous avez des médias qui relaient cette grosse ficelle de l'extrême droite et du Rassemblement national.

51:11
Invité

Des médias qui relaient, qui interrogent Marine Le Pen, Jorda Ronella.

51:15
Gabriel Attal

C'est important de répondre, mais vous savez, aujourd'hui, j'étais sur le terrain, j'étais à Saint-Lys, j'étais dans ma circonscription. Je veux dire, il n'y a pas un Français qui croit à cette grosse ficelle. Ils ont bien vu que ceux qui combattent les extrêmes, qui ont combattu la France insoumise, c'est nous. Et ceux qui ont été combattus par eux, c'est nous. Donc, ce n'est pas le sujet.

51:32
Invité

Je rebondis sur la discussion que vous aviez il y a un instant avec Apolline de Malherbe sur, au fond, les deux choix que vous présentez aux Français. D'une part, la majorité absolue pour le RN et d'autre part, ce que vous appelez une assemblée plurielle. Une assemblée plurielle, c'est-à-dire aucun groupe n'a la majorité absolue. Jusque-là, on est d'accord. Comment ça fonctionne ? Est-ce que concrètement, je pense à ceux qui nous regardent et qui sont peut-être inquiets sur la façon dont les institutions peuvent résister ou non à ce type de situation politique ? Comment ça marche, une assemblée plurielle ?

51:57
Gabriel Attal

Je vais vous dire, je pense qu'il y a une forme de nouvelle donne nécessaire à l'issue de ces élections législatives où chacun va devoir quelque part réinventer sa manière de travailler avec les autres. Évidemment. Mais concrètement,

52:09
Invité

ça veut dire quoi ? Ça dépendra de chacun

52:11
Gabriel Attal

d'entre nous. Ça dépendra de chaque responsable politique. Et moi, je compte bien y prendre toute ma part. Ça dépendra de notre capacité à faire différemment de tout ce qui a été fait auparavant. Parce que, je vais vous dire, ceux qui ne seront pas dans cet état d'esprit à l'issue des élections législatives seront quelque part responsables d'une forme de blocage dans le pays.

52:28
Présentateur

Vous y prendrez toute votre part, ça veut dire quoi ?

52:30
Gabriel Attal

Ça veut dire que moi, je souhaite évidemment pouvoir contribuer à ce que des solutions soient apportées aux problèmes des Français à l'issue de ces élections législatives.

52:35
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire... Et par exemple, emmener le groupe ensemble, être le leader du groupe ensemble à l'Assemblée nationale ?

52:41
Gabriel Attal

Non, non, mais là, je ne parle même pas de... C'est pour ça que je suis moi-même candidat dans cette élection législative. Parce que je souhaite évidemment y prendre toute ma part. Mais juste, vous dites

52:47
Invité

nouvelle donne dans cette assemblée plurielle. Est-ce que ça veut dire que la force politique que vous représentez devra aussi apprendre à faire des concessions ? C'est-à-dire à dire, voilà, on a ça, des idées auxquelles on croit, mais il faut, s'il y a des projets de loi transpartisans, l'idée d'aller... Voilà, de faire un pas vers les autres. Est-ce que, honnêtement, vous avez quand même assez peu fait ces dernières années ?

53:08
Gabriel Attal

Moi, vous savez, je pense qu'on doit faire différemment. Et je vais vous faire une confidence. Allez-y. Quand j'ai été nommé Premier ministre, la première chose que je me suis dite, c'est, pour le prochain budget, je voudrais ne pas faire de 49-3. Je m'étais fixé comme objectif de me dire je ne ferai pas de 49-3 sur le prochain budget. Parce que je veux qu'on mette quelque part tout le monde un peu au pied du mur de se dire, il faut qu'on travaille ensemble, il faut qu'on trouve des solutions ensemble. Et que, comme de toute façon, il faut un budget, ça permette à chacun de sortir de ses retranchements et de trouver des solutions. Voilà.

Quand j'étais ministre à Bercy, j'avais créé ce qu'on appelle les dialogues de Bercy, pour mettre toutes les oppositions autour de la table pour essayer de trouver, des convergences sur le budget. J'avais pas réussi à l'époque à ce qu'il n'y ait pas de 49-3 sur le budget. Par contre, j'avais réussi, et ça avait été peu commenté dans les médias, à faire adopter le budget de fin d'année, 149-3, alors qu'on avait la majorité relative. Donc moi, je vais vous dire, je pense que c'est possible.

54:08
Invité

Vous dites, assemblée plurielle, faire différemment. Là encore, c'est vraiment œuvre de pédagogie pour ceux qui nous regardent. S'il y a une assemblée plurielle, il faut qu'il y ait un gouvernement qui soit l'émanation de cette assemblée plurielle.

54:18
Gabriel Attal

Comment ça peut marcher ? Et là, en fait, vous franchissez les étapes Oui, mais c'est ce que vous souhaitez, puisque vous souhaitez

54:24
Invité

que le RN n'ait pas la majorité absolue.

54:26
Gabriel Attal

On est d'accord. Et je souhaite, deuxième chose, que les candidats, ensemble pour la République, qui veulent protéger les Français des hausses d'impôts, protéger les Français en continuant à investir dans leur sécurité, durcir notamment les sanctions pour lutter contre la délinquance des mineurs, protéger les Français en agissant pour la transition écologique, protéger les Français en agissant pour l'éducation, on en a peu parlé ce soir, pour la santé des Français, je souhaite qu'ils soient les plus nombreux possibles dans cette nouvelle assemblée nationale pour pouvoir mettre en œuvre

54:50
Invité

cette politique. Il faut rassurer les Français. Il faut leur expliquer le saut dans l'inconnu que peut représenter le 8 juillet. Et donc, ces Français-là veulent savoir qui sera à ces places, qui sera ministre, qui sera à Matignon. Ces Français-là, ils attendent d'être

55:06
Gabriel Attal

rassurés. D'abord, vous savez, ce qui est connu, le saut qui est connu, c'est si l'extrême droite a une majorité absolue, elle mettra en œuvre son programme. Je rappelle que le programme économique a été qualifié par les représentants de tous les chefs d'entreprise, que ce soit les représentants des grandes entreprises, des petites et moyennes entreprises, de catastrophes économiques qui détruiraient des emplois. Ils mettront en œuvre la stigmatisation des Français qui ont une double nationalité, qui sont binationaux. Et ça, je peux vous dire que ça serait terrible pour le pays. Parce que ça serait le contraire de l'apaisement et parce que ça serait terrible pour les emplois des Français.

55:35
Invité

Il faudrait un type de profil, Gabriel Attal, au gouvernement. Pardon d'insister, mais pour, encore une fois, ceux qui nous regardent...

55:40
Gabriel Attal

Vous aurez des élections législatives. Il y aura différentes formations politiques qui seront représentées à l'Assemblée nationale. Je souhaite que les candidats Ensemble pour la République, qui se présentent avec un programme, qui sont clairs, avec une garantie faite aux Français que leurs impôts n'augmenteront pas, ce qui n'est pas le cas des autres candidats qui concourent dans cette élection, qui proposent tous, de manière plus ou moins assumée, des augmentations d'impôts. Je souhaite que ces candidats soient les plus nombreux possibles à siéger à l'Assemblée.

56:05
Invité

Est-ce que, par exemple, l'Union nationale, ça a du sens ?

56:06
Gabriel Attal

On verra les résultats des élections. Encore une fois, je pense qu'il faut franchir les étapes les unes après les autres.

56:13
Invité

Encore quelques questions sur ce sujet avant de parler du président de la République. Est-ce qu'une crise de régime est possible ? Au fond, la question qui se pose, c'est de savoir si Emmanuel Macron a réussi à dérégler les institutions qui apparaissaient comme les plus solides de tous les pays occidentaux. Est-ce que vous craignez une crise de régime comme le président du Sénat ?

56:27
Gabriel Attal

Je pense que les Français vont se prononcer à l'occasion de ce deuxième tour. Il y a une participation massive au premier tour. J'espère qu'elle le sera aussi au second tour parce que rien n'est fait dans aucun sens. C'est important, évidemment, que nos concitoyens se mobilisent et que la légitimité des députés qui seront issus de ce deuxième tour sera très forte, notamment du fait de la participation. Il leur donnera la possibilité d'agir pour protéger nos concitoyens.

56:49
Invité

– Sur votre rôle, vous disiez il y a un instant « je prendrai ma part ». Est-ce que c'est la part d'un chef de l'opposition ? Est-ce que c'est la part d'un vieux sage qui a été Premier ministre et qui reste en… – C'est vrai que j'ai des cheveux blancs

57:04
Gabriel Attal

de plus en plus.

57:04
Invité

– Vous êtes beaucoup plus vieux que Benjamin Duhamel. – C'est pas difficile. – Et qui reste en surplomb. Comment est-ce que vous imaginez ? Vous dites « je veux prendre ma part ». Chef de l'opposition, les mains dans le cambouis, plutôt en retrait.

57:17
Gabriel Attal

– Moi, je suis candidat dans cette élection avec tous ceux qui se présentent sous la bannière « Ensemble pour la République », avec un programme clair. Et mon souhait, à l'issue de ces élections, c'est de mettre en œuvre les mesures que je juge utiles pour protéger les Français. Les protéger des hausses d'impôts, protéger leur pouvoir d'achat, les protéger dans leur sécurité du quotidien, les protéger en ayant une école qui fonctionne bien pour leurs enfants et une santé qui est accessible à tous. C'est ça ma priorité. Encore une fois, la question de la personne…

57:44
Invité

– Non mais attendez, vous avez une façon de balayer d'un verre de main à toutes les questions. – Non parce que je pense que… – Je pense que c'est important pour les gens de savoir pour qui ils votent, quelles sont les responsabilités à venir de… – Oui, mais je pense que les Français qui nous regardent, qui les importent, c'est plutôt ce qu'on propose.

57:56
Gabriel Attal

– C'est plutôt ce qu'on propose et le programme sur des enjeux qui sont clés. On a assez peu parlé d'éducation. Depuis le début de cette émission, j'ai dit que je trouve que dans les émissions qui nous réunissent, que ce soit les débats ou les émissions, on ne parle jamais des questions de handicap qui sont pourtant majeures pour des millions de Français. Donc oui, je propose avec nos candidats dans cette campagne le remboursement intégral des fauteuils roulants, de renforcer l'école inclusive pour que les enfants en situation de handicap à l'école puissent être accompagnés par des AESH, la simplification des démarches dans les MDPH.

Je suis désolé de parler de tous ces sujets, mais une élection législative, c'est aussi ça. C'est aussi et peut-être surtout un programme et des mesures pour les Français.

58:33
Invité

– Deux dernières questions. Vous serez dans la majorité ou dans l'opposition vis-à-vis du Président ?

58:37
Gabriel Attal

– Pardon ?

58:38
Invité

– Est-ce que vous serez ?

58:38
Gabriel Attal

– Moi, je me présente, Benjamin Duhamel, avec nos candidats, ensemble pour la République, pour appliquer un programme que j'ai présenté dans le cadre de cette campagne. – Mais vous ne citez jamais Emmanuel Macron.

58:46
Invité

Là, j'ai calculé depuis le début de cette émission.

58:49
Gabriel Attal

– C'est une élection législative.

58:50
Invité

– Donc, il a disparu, la figure du Président ?

58:52
Gabriel Attal

– Non, justement, le Président de la République, c'est le seul qui, à l'issue de ces élections, est assuré d'être toujours à sa place. Parce qu'il est Président de la République et que quel que soit le résultat du scrutin, il sera toujours Président de la République jusqu'en 2027. Des élections législatives, vous votez pour des députés à l'Assemblée nationale et en fonction des majorités à l'Assemblée nationale, c'est un gouvernement qui est nommé ensuite.

59:11
Invité

– Le fait que vous ne le citiez pas, c'est le signe qu'il y a une rupture entre vous ?

59:14
Gabriel Attal

– Non, c'est le signe que c'est des élections législatives.

59:16
Invité

– Il n'y a pas de rupture entre le Président de la République et vous ?

59:17
Gabriel Attal

– C'est des élections législatives. Les Français, ils votent pour élire des députés. Ce n'est pas un référendum. – Non, mais c'est intéressant que là, tu ne vous répondiez pas.

59:23
Invité

Si vous étiez aussi aligné avec le Président, vous diriez…

59:25
Gabriel Attal

– Je suis Premier ministre. J'étais en Conseil des ministres encore ce matin avec le Président de la République. Il ne cherchait pas à créer des sujets.

59:32
Invité

– Vous continuez à lui dire que vous lui devez tout ?

59:34
Gabriel Attal

– Là, c'est lui qui m'a nommé Premier ministre le 9 janvier dernier. Et c'est lui qui m'a nommé au gouvernement la première fois. C'est par lui que j'ai été nommé. Et si je me suis présenté aux élections en 2017, que j'ai été élu, j'étais déjà élu local dans ma commune. Si j'ai été élu député, c'est après son élection. Évidemment, je ne suis pas là. Je sais quand même comment je suis arrivé ici.

1:00:00
Invité

– Vous connaissez plus Zélé, Défenseur, pour votre relation avec le Président de la République ?

1:00:04
Gabriel Attal

– Merci. – Merci.

1:00:04
Présentateur

– Jean-Manuel, avant d'accueillir Marine Dandelier, encore une question. Elle vous est posée par un téléspectateur qui regarde l'émission ce soir, qui s'appelle Gérard, je ne sais pas d'où vient Gérard. Il nous pose la question de manière très simple. Est-ce que l'appel au barrage, à un barrage au RN, n'est-il pas une atteinte à la démocratie ? Et il précise lorsqu'il émane de groupements incapables de s'entendre entre eux. Est-ce que ce n'est pas une atteinte à la démocratie ?

1:00:24
Gabriel Attal

– Non, moi j'ai dit tout à l'heure que je n'aime pas ce terme de consigne de vote et que ce qu'on a fait, c'est alerter sur le risque. Moi je pense que notre responsabilité, c'est de dire aux Français, une fois que vous avez une élection, votre lecture de l'élection et ce qui peut se passer dans un deuxième tour. Et ce que j'ai dit, c'est que le risque majeur de ce deuxième tour, c'est que l'extrême droite dispose d'une majorité absolue. J'ai dit pourquoi ce scénario, je le craignais beaucoup et je le rejetais beaucoup.

1:00:48
Présentateur

– Mais se désister, ça va au-delà que de pointer simplement le danger. Se désister, ça prive les téléspectateurs, oui, mais les Français d'un choix.

1:00:56
Gabriel Attal

– Parce que les Français, ils peuvent voter comme ils veulent. Les Français, ils votent comme ils veulent. Vous avez des candidats… – Vous avez la possibilité de voter blanc, vous avez la possibilité de ne pas voter. Les Français décident, c'est toujours eux qui décident. Et ça, il ne faut jamais l'oublier.

1:01:06
Présentateur

– Oui, mais les Français, ils avaient décidé de mettre tel ou tel candidat au deuxième tour et vous l'enlevez.

1:01:10
Gabriel Attal

– Eh bien, ils ont la possibilité de voter pour un autre candidat, ils ont la possibilité de voter blanc, ils ont la possibilité de ne pas voter. Ils décident. Et je rappelle qu'il y a aussi une liberté qui est quand même celle des candidats de se maintenir ou de se désister, il ne faut pas l'oublier ça non plus. Vous avez des candidats, et encore une fois, je pense que pour certains, ça leur a coûté beaucoup, qui ont fait le choix de se désister alors même qu'ils pouvaient rester au deuxième tour. Ils l'ont fait pourquoi ? Ils l'ont fait parce qu'ils considèrent que leur pays est plus important que leur parti ou que leur personne.

Et que la perspective d'avoir une extrême droite majoritaire à l'Assemblée nationale, avec des candidats qui ont tenu des propos racistes, antisémites, homophobes, qui ont un programme de stigmatisation et de division, la perspective de les voir majoritaires à l'Assemblée et dans un gouvernement était telle, et les inquiétait tellement, qu'ils étaient prêts à renoncer à leur candidature pour faire en sorte qu'ils puissent ne pas avoir une majorité absolue. – Se désister.

1:01:56
Présentateur

– Se désister, ça n'est pas trahir d'une certaine manière ces électeurs ?

1:01:59
Gabriel Attal

– Je ne crois pas, moi je pense que se désister, c'est un choix qui est infiniment personnel, qui a été fait par des candidats qui considèrent que leurs idéaux, c'est de protéger notre pays et qu'une majorité absolue pour l'extrême droite serait terrible pour notre pays et pour les Français, et qu'ils ne veulent pas y participer en maintenant une candidature, qu'ils n'auraient pas la chance, qu'ils n'auraient de toute façon aucune chance de gagner. Voilà, moi je salue plutôt la responsabilité des candidats qui ont fait ce choix.

1:02:21
Présentateur

– Choix historique dimanche. Merci beaucoup M. le Premier ministre d'avoir été face à BFM ce soir.