CLÉMENTINE AUTAIN : L'INVITÉE POLITIQUE - Backseat #1
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On est dans la deuxième partie de l'émission et chaque semaine avec Usul et Léa, on souhaite recevoir une personnalité politique de premier plan. Quelqu'un qui va venir répondre à nos questions, à notre manière d'aborder l'actualité politique. Et cette semaine, en première invitée, nous avons l'immense plaisir de recevoir Clémentine Autain. Bonjour ! Clémentine Autain qui prend place autour du plateau de Backseat. Soyez la bienvenue, merci encore une fois.
C'est moi qui suis ravie en fait.
Merci d'avoir accepté notre invitation, Clémentine Autain. Vous étiez la tête de liste de la liste La France Insoumise au premier tour de l'élection régionale en Ile-de-France. Et vous avez fusionné les listes avec vos camarades écologistes et socialistes derrière Julien Bayou. Et là d'ailleurs vous revenez d'un meeting.
Exactement.
Juste avant, vous avez quitté le meeting pour venir nous rejoindre.
Exactement, on était avec Audrey Pulvar et Julien Bayou. Dernier meeting de campagne d'entre deux tours où l'enjeu c'est la mobilisation notamment de celles et ceux qui ne sont pas allés voter dimanche dernier. Et qui pourtant peuvent partager nos convictions d'en finir avec cette droite régionale qui est quand même très réactionnaire, très libérale sur le plan économique. Et qui marche dans les pas de l'extrême droite et puis qui ont envie d'un changement social, écologique. Mais qui peut-être dimanche mernet était...
On en parlait dans la première partie de l'émission de ce taux d'abstention. Je me doute que pour les personnalités politiques comme vous, vous avez fait campagne régionale, vous pensez régionale depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois. Oui, de longs mois. Non mais j'imagine, voilà, le fait que 82% des jeunes ne se déplacent pas, vous le vivez comment ?
D'abord en fait, c'est pas spécifique à cette élection-là, parce que ça fait 20 ans qu'on a d'élection en élection, une abstention qui est record. Donc à chaque fois on a des records, de record en record. Donc c'est structurel maintenant, c'est structurel et la pente est tout à fait terrifiante. C'est pas en une élection qu'on va réussir à remonter la pente.
Ma position, qui est la position de ma famille politique, c'est que je crois que si on n'a pas une nouvelle république, c'est-à-dire à un moment donné un coup de tonnerre où on dit bon, ça va pas du tout, système institutionnel, il vous plaît pas, la politique telle qu'elle va ne va pas, les médias, il faut avoir aussi un travail pour les refondre, il faut changer la justice, il faut changer la démocratie dans l'entreprise, voilà, une espèce de grand chambardement. Je vois pas comment on peut renouer un lien de confiance entre les jeunes et les moins jeunes et la politique. Et puis, les institutions.
Et puis après, il y a aussi la gauche, parce que ce qui m'intéresse aussi, c'est nous, c'est-à-dire la déception, qui n'est pas non plus complètement nouvelle, mais qui s'est accélérée avec l'ère Hollande, où le mot gauche lui-même, je vois chez les jeunes générations, c'est que ça parle peu. Et c'est pas une promesse en soi, c'est-à-dire que le mot gauche n'ouvre pas un sésame, on se dit tiens, on voit ce que ça va être. Donc, il y a tout un travail pour re-remplir le mot et que ça corresponde à des aspirations chez les jeunes. Alors, les jeunes, c'est pas tous les jeunes, c'est pas la même chose. On dit les jeunes, mais les jeunes, ils pensent pas tous la même chose.
Il y en a qui sont très séduits par l'extrême droite, d'autres qui sont dans les manifs climat ou dans des jeunesses engagées, et diversement du côté de la solidarité. Bon, c'est pas tout à fait la même chose.
C'est intéressant que vous parliez de l'ère François Hollande et du mot gauche, parce que pour le coup, la France insoumise, et c'est les scores du premier tour des régionales, n'est plus une force centrale à gauche. C'est même plutôt redevenu le Parti socialiste, qui s'en sort assez bien, quand même, dans ces régions.
C'est plus compliqué que ça. Dites-nous alors comment vous le voyez ? D'abord, nous, on est un mouvement très récent, donc c'est plus facile, entre guillemets, à la présidentielle que sur des scrutins, qui sont des scrutins avec des sortants, scrutins de listes, qui correspondent aussi à des implantations plus anciennes. Moi, la liste que j'ai conduite était avec la France insoumise et le Parti communiste français, qui a une implantation très forte en ligne de France, avec beaucoup de maires qui m'ont soutenue, qui se sont engagées. Pourquoi ça n'a pas si bien marché que ça, alors ?
Ça n'a plutôt pas trop mal marché, parce que la dernière fois, on a fait 6,5, et cette fois-ci, on a fait plus de 10. Donc moi, j'estime qu'on a progressé dans un moment qui n'est pas un moment facile pour nous tous, et qu'on était dans un mouchoir de proches, avec la liste de Julien et la liste d'Audrey. Donc c'est là où ça a plutôt fonctionné. Mais après, pour avoir cette implantation, c'est quelque chose d'assez long, et le Parti socialiste semble le plus fort aussi, parce qu'il a beaucoup de sortants. Mais quand on regarde ses scores, je suis désolée, mais en Ile-de-France, le Parti socialiste faisait 25% la dernière fois. En 2015. En 2015, c'est pas si vieux, et là, il a 11.
Donc c'est une chute qui, en réalité, est assez vertigineuse pour ce Parti qui était au centre de la gauche. Et moi, je ne crois plus à la centralité aujourd'hui, d'ailleurs, d'aucun. Et c'est la dispute en ce moment entre nous, elle est vraiment là-dessus. Le leadership qui était évident, le PS était devant tout le monde, et puis il fallait ajouter un petit peu de communistes, un petit peu d'écolos, et puis on avait une gauche qui tenait debout.
Et maintenant, c'est rebelote avec les écolos qui sont devant et qui, du coup...
Pas vraiment, je pense que ça dépend des élections. La présidentielle, c'est plutôt nous. Aux élections européennes, ça a été les verts. Voilà, il n'y a pas de... Justement, je pense que là, on est dans un moment de refondation où les rapports de force à l'intérieur de la gauche ne sont absolument pas joués. Et c'est une des raisons des disputes, qui ne sont pas que des affaires d'égo, qui ne sont pas que... C'est quelque chose de profond qui se joue dans ce travail de refondation nécessaire.
Qu'est-ce que vous en pensez, Usul et Léa, du coup, de cet enjeu de refondation de la gauche que l'on voit, notamment en Ile-de-France ? C'est pour ça que ça nous fait plaisir de vous avoir comme invité, mais qu'on voit aussi partout en France.
Oui, oui, oui, oui. Non, mais il y a plein de choses, en effet, à réinventer, y compris, je parlais tout à l'heure du rôle des partis, et on a parlé aussi, donc j'ai discuté avec certains de vos camarades, parler d'associer aussi le secteur militant, associatif, un petit peu plus largement, pour constituer une coalition qui dépasse le seul cadre des appareils qui se mettrait un petit peu d'accord entre eux, mais qui permettrait d'associer aussi un peu différemment tous ces gens qui sont prêts à s'engager, mais qui ont beaucoup plus de réticence à voter, à croire à un programme politique, à un élu, à... Voilà. Et du coup, le problème, c'est que là, il y a une candidature qui est lancée, quoi.
Il y a Jean-Luc qui s'est lancé...
Pour la présidentielle.
Pour la présidentielle, mais c'est la grosse échéance, c'est cette grosse échéance.
Mais les autres aussi, parce qu'en fait, il y a une primaire à Europe Écologie-Léaire, donc ils sont aussi déjà lancés. Et puis chez les socialistes, il y a aussi les candidats qui sont déjà lancés. Donc en fait, tout est un peu déjà lancé.
Là, c'est trop tard, c'est fini. Il n'y aura pas de million de la gauche en 2022. De ce que vous nous dites, de ce que j'entends, c'est ça.
D'abord, il faudrait partir du contenu. C'est-à-dire, est-ce qu'il y a la possibilité que tout le monde s'entende ? Autant sur la régionale. C'est l'élection, c'est dimanche. Mais moi, je suis quand même très heureuse qu'on ait réussi ce rassemblement. Mais on l'a fait sur la base de contenu. Alors c'est plus facile au régional qu'à l'échelon national. Peut-être aussi avec des personnalités, j'ai envie de dire, plus nouvelles. En tout cas, nous, on n'avait pas d'histoire en commun. Le fait que ce soit Audrey Puyvard, qui représente le Parti socialiste, mais qui n'est pas du Parti socialiste. Bref, je pense qu'on a eu une alchimie qui a permis d'avoir quelque chose d'assez solide.
Mais à l'échelle nationale, il y a encore des débats, qui sont des débats de fond. Quand Anne Hidalgo, par exemple, dit que ses partenaires potentiels ont des ambiguïtés avec la République... Elle parle de vous, clairement. Oui, des verts aussi. En l'occurrence, c'était sur Europe Écologie et des verts. Mais ce que je veux dire, c'est que ça donne aussi une tonalité, une ambiance. Quand on n'est pas d'accord sur la réforme des retraites, on l'a combattu ensemble à l'Assemblée nationale, toute la gauche, avec les socialistes. Moi, j'étais dans le groupe de travail pour être avec les socialistes, pour imaginer un projet alternatif. Bon, ça a accouché de pas grand-chose.
Parce qu'en fait, la base d'accord n'est pas suffisamment grande. Or, si on ne peut pas s'entendre sur la réforme des retraites, sur la réforme de l'assurance-chômage, sur des grandes choses, sur le rapport à l'Union européenne, sur le nucléaire... Bon, ce n'est pas des petits sujets. Sur la VIème République, tout le monde n'est pas d'accord pour une nouvelle République. Donc, je ne veux pas dire... Moi, je suis... Vous connaissez dans ma famille politique plutôt celle qui cherche à rassembler vraiment. C'est vrai que vous êtes... Je ne suis pas la seule, c'est pas ça que je veux dire. mais je suis plutôt connue pour en tout cas faire des efforts de ce côté-là.
Mais à un moment donné, il faut qu'il y ait des bases de contenu. Et si ce contenu n'existe pas, on ne peut pas être sur un moins-disant et quelque chose qui n'aurait pas d'allure. D'ailleurs, quand on regarde les sondages, on se rend compte que les électorats sont fâchés. Ce n'est pas seulement les partis ou les personnalités. Si vous mettez Anne Hidalgo, candidate de toute la gauche, elle fait deux ou trois points de plus. Si vous mettez Jean-Luc Mélenchon, candidate de toute la gauche, il fait quelques points de plus. Alors, c'est lui qui fait le plus de points, c'est clair, mais il ne ramasse pas la mise.
Donc, c'est bien qu'il y a deux électorats qui, malheureusement, je dis malheureusement, d'une certaine manière, sont aujourd'hui assez fâchés.
Mais pourtant, vous arrivez à vous unir. En Ile-de-France. En Ile-de-France, c'est entre les deux tours. Dans les Hauts-de-France, c'était même avant le premier tour. Léa, est-ce que tu penses que là, on a le formant de quelque chose ? Mais justement, Léa, tu vois ça comment toi ?
Je suis d'accord avec vous, Clémentine, dans le sens où, effectivement, on n'est pas du tout sur le même type d'élections. C'est-à-dire que ce qu'on expérimente aujourd'hui pour l'élection régionale n'est pas du tout ce qu'on peut expérimenter pour une présidentielle pour un tas de raisons que vous venez d'évoquer. Que ce soit en termes de personnalité, que ce soit aussi sur les sujets. Mais moi, j'étais très intéressée de voir, vous avez eu très, très peu de temps pour vous mettre d'accord sur un programme commun, sur le second tour. J'imagine que vous aviez quand même réfléchi en amont sur l'éventualité d'une alliance, en imaginant que ça pouvait être envisageable.
Comment ça s'est passé, concrètement les négociations ? Enfin, sans rentrer vraiment dans les détails. Mais je vois typiquement qu'une mesure phare du programme d'Audrey Poulvard que beaucoup de personnes appréciaient, c'était la gratuité des transports en commun. Là, on voit finalement dans votre... Je présente le programme pour celles et ceux qui ne l'ont pas vu. Il s'est consultable aussi sur Internet. On voit que finalement, cette mesure qui pouvait pourtant nous sembler être quelque chose sur laquelle la France Insoumise et les Verts auraient pu aussi se mettre d'accord. Enfin, tout le monde est d'accord pour des transports en commun. Non, ce n'est pas le cas. Non, ce n'est pas le cas.
Vous avez prévu finalement la gratuité des transports pour les bénéficiaires des minimas sociaux, les moins de 18 ans et les 18-25 ans étudiants. Et bien voilà, vous avez ce qu'on appelle un compromis. Oui, mais pourquoi ? Julien Bayou... Justement, je sais ce qu'est un compromis mais je voulais savoir précisément comment vous êtes mis d'accord. Julien Bayou,
je ne suis pas sa porte-parole, mais Julien Bayou, au premier tour, n'avait pas de mesure spécialement de gratuité. Il n'était pas sur cet horizon. Nous, moi, je portais la gratuité pour les moins de 25 ans pour tous les bénéficiaires des minimas sociaux et au cours de la mandature pour les personnes retraitées sous condition de ressources. Finalement, on n'est pas très loin du compromis. Et Audrey Pulvar était pour la gratuité totale. Voilà, le débat, je dirais que là, c'est ce que je disais aussi et Julien le disait, c'est qu'on ne peut pas lever l'impôt.
Donc, on n'a pas un budget qui est extensible à l'infini et on a un enjeu qui est le développement des transports en commun, notamment pour tous ceux qui habitent en banlieue en Grande Couronne. Le premier problème, malheureusement, ce n'est pas d'abord l'argent, même si ça peut être, je ne dis pas que ce n'est pas un problème pour plein de gens, mais ce que je veux dire, c'est que quand on habite Paris, intra-muros, on a envie de la gratuité. Quand on est en première couronne, on aimerait bien que les transports marchent et quand on est en Grande Couronne, on aimerait bien qu'il y ait des transports. Voilà. Donc, il faut trouver un projet qui permette de satisfaire l'ensemble.
Moi, je suis vraiment pour l'horizon de gratuité. Ma famille politique l'a toujours défendu depuis très longtemps. mais là, il fallait qu'on trouve un équilibre. Donc, moi, j'estime que ce à quoi on arrive, c'est un bon compromis. C'est-à-dire que c'est quelque chose qui fait avancer la gratuité.
On est sur une mesure qui finalement était une mesure que vous aviez un peu imaginée déjà dans votre programme initial, si j'entends bien. C'est finalement assez proche de votre programme initial.
Il y a de la gratuité, mais il n'y a pas toute la gratuité. C'est un compromis. Et je pense que c'est positif. Typiquement, vous, vous avez dû lâcher sur quoi ? Eh bien, moi, j'avoue que nous, on n'a pas tellement lâché, en fait. On n'a pas eu à lâcher.
Personne n'a lâché grand-chose.
Non, mais on n'a pas eu tellement à lâcher. En fait, on a enrichi. Mais non, c'est la vérité. D'ailleurs, c'était assez rigolo ce que je disais au meeting tout à l'heure. C'est qu'au premier tour, tout le monde disait mais pourquoi vous avez trois listes et vous racontez la même chose. C'est pareil. Pourquoi vous avez trois listes ? Maintenant, et depuis qu'on est ensemble, le second tour, tout le monde nous dit mais je ne crois pas, vous êtes ensemble alors que vous n'êtes vraiment tellement pas d'accord. Donc, il faudrait s'entendre, quoi. On est trop d'accord ou pas assez d'accord.
En vrai, je trouve aussi que chemin en faisant dans la campagne, alors que nous avons des formations politiques différentes, des profils différents, des sensibilités différentes, au fur et à mesure des débats, y compris plein de débats qu'on a eu dans des secteurs puisqu'on a fait des débats pour l'économie sociale et solidaire à la Chambre de Commerce et d'Industrie. Enfin, on a fait plein de débats, en fait. Et au fur et à mesure, on s'est dit c'est vrai que ce qu'on raconte, finalement, ça converge. C'est-à-dire qu'on avait des mots communs, des propositions communes. Et après, on a enrichi.
Par exemple, il n'y avait pas dans le programme de Julien Bayou la gratuité des cantines pour les lycéens, les quatre premières tranches du quotient familial. Et voilà, ça a été intégré. Donc, c'est ce que j'estime
être enrichi. Est-ce que vous trouvez que c'est une expérience qui vous permet de ressortir encore plus, enthousiaste à l'idée de composer avec d'autres forces politiques
de gauche ? Non, mais il n'y a pas d'issue, sinon. Y compris la présidentielle. Croyez pas que c'est amusant de se dire il va y avoir 25 candidats à gauche. J'éronise, mais... C'est forcément pas une bonne nouvelle. Bien que, je rappelle que quand Mitterrand a gagné, qui quand même, il n'y a pas eu 50 fois, où la gauche a été au pouvoir, c'est la fois où il y avait marché en face. En 1974, il était candidat seul et là, il a perdu. Donc, il ne faut pas non plus se raconter que l'unité, dès le premier tour, est le sésame pour gagner une élection présidentielle. J'insiste là-dessus parce que c'est pas... Le problème, c'est la faiblesse de la gauche. C'est d'abord sa faiblesse.
Justement, justement, Jules. C'est aussi parce qu'il y a une faiblesse de la gauche, parce qu'il y a une offensive idéologique, un glissement à droite de tous les repères de tout le monde. Moi, je voudrais revenir sur cette interview de Valérie Pécresse dans Le Figaro. Présidente sortante de la région Île-de-France. Voilà, je me suis fait un plaisir de lire. On voit que son élément de langage, d'ailleurs, c'est de parler, à propos de votre alliance, de gauche extrême. Elle ne dit pas extrême-gauche, elle dit gauche extrême. Elle le martèle plusieurs fois dans l'interview. Et alors, là, attention, c'est parti. M. Hamon, Mme Autin et plusieurs colistiers ont manifesté en 2019 avec le CCIF.
Association dissoute depuis pour son rôle dans l'assassinat de Samuel Paty. On va même plus loin. Allez, votez RN ou même votez LREM. C'est faire élire cette gauche extrême. Donc, en gros, même votez LREM, finalement, c'est voter pour ceux qui ont tué Samuel Paty. Enfin, voilà, on est dans...
Oui, oui, en ce moment, ça y va, depuis le début de la semaine. Comment on gère cette violence-là ?
Comment on ressent, comment on arrive à reparler sérieusement quand, là, les débats...
Je suis désolée. Nous n'avons pas... Pourtant, on a essayé. Ça fait des semaines. Parce qu'en fait, à aucun moment, on n'a réussi à avoir vraiment un débat de fond avec Valérie Pécresse. D'ailleurs, elle n'est venue dans aucun des débats dont je vous parlais tout à l'heure. Les débats qu'on a eus sur chaque secteur. Elle a envoyé des vice-présidents. Elle est entrée en campagne très tard. Et, au fond, elle ne veut pas qu'on parle de son bilan. D'ailleurs, je comprends parce que le bilan n'est pas flatteur. Elle a, par exemple, divisé par 2,5 le budget logement en Ile-de-France. Qui le sait, d'ailleurs ? Personne ne le sait. 750 000 demandent de logement en Ile-de-France.
Et Valérie Pécresse divise par 2,5 le budget logement. C'est pas rien, quand même. Elle a baissé considérablement les dotations par habitant dans tous les départements à l'exception d'un. Je vous le donne en mille. On fait le quiz. C'est moi qui vais faire le quiz. Je vous fais le quiz, là. Le quiz à la cour. C'est les Hauts-de-Seine qui est le seul département où la dotation a été augmentée alors que c'est un département assez riche qui a un bas de laine d'un demi-million d'euros. Quand même, on aurait peut-être pu faire autrement. Donc, on n'a pas réussi. Je pourrais passer la soirée sur les exemples du bilan de Valérie Pécresse mais c'est quand même assez dramatique.
Je ne vous ai pas entendu
l'attaquer sur le... Alors, peut-être que ça m'a échappé. Sur le fameux meeting de Brive-la-Gaillard. Bien sûr qu'on l'a fait. Si, vous l'avez fait, non ?
Je l'ai fait dans mon meeting d'ailleurs. Ce n'est pas très peu repris
par la presse. Vous n'êtes pas aidé par la presse aussi là-dessus.
Ça a été assez peu repris cette enquête de Mediapart tout à fait révélatrice où on voit, il faut peut-être expliquer pour ceux qui regardent mais en fait, elle crée son mouvement libre et là, viennent dans ce meeting décentralisé, si j'ose dire, à la campagne, en week-end, des responsables associatifs qui souvent représentent, pas qu'eux, peuvent représenter des communautés diverses et variées et en fait, un certain nombre ne savent pas exactement où ils sont. Mais par contre, quelques temps plus tard, ils voient leur subvention augmenter. Donc c'est vraiment une utilisation dans le plus abject, quand même le plus abject, vraiment le plus abject.
Donc bref, j'étais partie sur Valérie Pécresse et du coup, comme elle ne veut pas ce débat, elle fait un peu comme ce que fait Trump. D'abord, elle invente des faits alternatifs parce qu'elle raconte une autre histoire sur à la fois sa gestion, son bilan, ce qu'elle veut pour la région par rapport à ce qu'elle fait et ce qui a été fait. Elle raconte une histoire aux franciliennes et aux franciliens et elle affuble de noms infernaux. C'est-à-dire que ça disqualifie quand on dit extrême-gauche, ce qui d'ailleurs est terrible parce que ça existe, l'extrême-gauche, dans notre pays. C'est une tradition.
C'est-à-dire que c'est gauche extrême, dans le figurant.
Mais ça existe dans ce pays. Et d'ailleurs, il y avait une candidate à la régionale, Nathalie Arthaud, qui mérite le respect et moi, je la respecte. Mais nous, nous avons fait une alliance qui n'est pas une alliance d'extrême-gauche. Donc, elle utilise ce terme exprès pour effrayer. Après, on a eu droit, évidemment, à islamo-gauchistes, indigénistes, décroissants, adeptes de la désobéissance civile, les mensonges, avec moi, bien sûr, et mon fameux meeting où j'ai invité Tarek Ramadan qui n'a jamais existé. Je n'ai jamais rencontré de ma vie Tarek Ramadan, quand même, que tout le monde le sache. Jamais de ma vie, absolument.
Et j'ai même retiré ma signature d'un appel en 2005 parce qu'il y avait Tarek Ramadan et cette tribune est toujours publique dans laquelle j'explique.
Il y a beaucoup de gens qui se plaignent parce que vous parlez beaucoup et parce qu'ils trouvent qu'il n'y a pas assez de... Non, non, non, je vous en prie, ce n'est pas contre vous parce qu'ils se trouvent que je ne reprends pas assez la main donc c'est pour moi, c'est pour vous. Ah, mais reprenez la main, absolument.
Ils disent qu'ils n'étaient pas en train de bosser, quoi. Oui, c'est ça que je voulais parler.
Ils parlent, ils parlent
et on n'a pas leurs questions, c'est ça ?
Non, non, non, si, c'est ça, non, mais ils écoutent et je suis d'accord, effectivement, il y a un manque de reprise, il n'y a aucun souci, les amis, ne vous inquiétez pas. Non, mais ce qui m'intéresse, c'est que justement, depuis tout à l'heure, on est en train de parler d'une élection régionale et en fait, on est déjà en train de faire du règlement de compte entre vous et la présidente sortante, Valérie Pécresse. Est-ce que ça ne participe pas aussi du taux d'abstention ?
Ben, c'est elle qui... Usu m'interroge sur la façon dont elle m'attaque. Je suis obligée de répondre, donc moi, je ne veux bien parler que de la région. Voilà, c'est le climat. Qui fait et qui fait que d'ailleurs, on n'arrive pas à parler du contenu
et des projets. Qu'on a du mal à parler du fond. D'ailleurs, vous avez été... Enfin, je ne sais pas si vous avez été empêchée de parler du fond, mais il y a aussi des attaques qui sont venues, je trouve, de manière assez surprenante de la part de Jean-Paul Luchon. Jean-Paul Luchon, ancien président de la région. Non, mais du coup, Jean-Paul Luchon,
je ne sais plus quoi faire là.
Pourquoi est-ce que Jean-Paul Luchon s'en prend à vous en disant qu'il votera sans problème pour la droite ? Qu'est-ce que c'est que cette gauche des coups sur les...
Jean-Paul Luchon ?
Qu'est-ce que c'est ? Pourquoi ?
Pareil, en fait. Je pense qu'à un moment donné, il y a des digues qui sautent. On parlait de refondation et de recomposition. Je pense qu'il y a des choses qui s'éclaircissent. Et c'est vrai que c'est assourdissant parce que... Bon, alors évidemment, il n'a plus de boussole à gauche. Je veux dire, il n'appelle même pas à voter pour Laurent Saint-Martin en marche, ce que font souvent les socialistes qui suivent Laurent Saint-Martin. Là, ça y est, c'est direct Valérie Pécresse et qui, en plus, ne cesse de l'accuser de tous les maux puisque le bilan de Valérie Pécresse est empêché par toutes les horreurs qu'a fait son prédécesseur Jean-Paul Luchon.
Donc, il n'a en plus vraiment pas beaucoup de dignité pour lui-même. Donc, tout ça est complètement fou mais c'est peut-être
parce qu'on fait... Je veux dire Jean-Paul Luchon, après tout.
C'est quand même l'ancien président de la région.
Oui, oui, bien sûr. Mais typiquement, le tchat, qu'est-ce que vous en pensez ? Jean-Paul Luchon ? Oui, voilà, Jean-Paul Luchon. Qui ? Les gens ne savent pas qui c'est. Carole Delgale
n'a pas voulu s'allier même pas avec l'Europe Écologie et l'hiver.
Qu'est-ce qui se passe ? Elle est là ? La frontière entre ces gauches irréconciliables, elle existe vraiment ? Il a raison Valls ?
C'est une question personnalité. Non, Valls, c'est...
Je crois que le tchat, ils ont réglé pour Luchon, c'est PTDR, Teki, je ressens que ça va. Pas de souci. Non, non, ok, d'accord.
Valls, Valls, Valls, vous voyez ou pas ? Non, Valls s'identifie, je suppose. Il n'est pas encore. La question du Jules
est intéressante encore une fois sur ces deux gauches irréconciliables.
La question de l'Occitanie ?
La question de l'Occitanie. La question même plus globalement, est-ce qu'il y a une frontière infranchissable ?
Non, alors c'est Manuel Valls qui avait théorisé les fameuses deux gauches irréconciliables. Moi, j'estime que c'est Manuel Valls et la gauche qui sont irréconciliables. Ça, ça me paraît désormais absolument clair. Donc après, à l'intérieur de la gauche, il y a toujours différentes familles politiques. On a fini d'ailleurs par parler des gauches. Puis on a la question écolo qui s'estime un peu en dehors de la gauche tout en étant quand même inscrite dans l'histoire de la gauche. Tout ça est quand même un peu compliqué. Mais ce qu'on cherche, c'est un nouveau tout dans lequel il pourrait y avoir différentes sensibilités.
Toujours des traditions, des histoires, des apports, mais une perspective quand même commune. Et c'est ça qu'on essaie de bâtir. Et c'est pour ça qu'en Ile-de-France, ça donne de l'espoir. Et c'est d'ailleurs pourquoi je pense que d'ici à dimanche, quelque chose peut un peu se réveiller. C'est-à-dire que l'image artiste qui repose sur du solide, qui a l'air sincère parce qu'elle l'est, etc., je me dis que ça peut peut-être réveiller quelque chose, un premier pas. Je ne dis pas qu'on est au bout du chemin, mais il faut bien qu'on commence par quelque chose. Donc on est dans ce travail de refondation. Moi, je crois que la clé, c'est l'articulation entre le social et l'écologie.
C'est ça qui va nous faire inventer la gauche du 21e siècle. C'est absolument clair. Et puis des termes pour raconter les choses qui ne sont forcément pas ceux d'hier. Des questions qui n'ont pas intéressé nos prédécesseurs. J'en prends juste une, mais pendant longtemps, la gauche, elle s'intéressait au partage des richesses. C'est-à-dire, on crée des richesses, puis la question, c'est comment on les répartit.
Et alors, ce n'est plus le cas aujourd'hui ?
Non, parce que la question maintenant, c'est aussi qu'est-ce qu'on produit comme richesse et qui en décide et qu'est-ce que la richesse. Et ça, ce n'était pas des questions qu'on se posait dans la gauche d'avant. Ça percute tout.
Est-ce que c'est la question climatique aussi qui vient rebattre les cartes ?
Bien sûr, elle a à voir. Et donc, pour moi, la grande question du 21e siècle, c'est quels sont nos besoins véritables ?
Et c'est peut-être là-dessus qu'il y a un clivage à gauche.
Et je pense que ceux qui nous regardent sont sensibles à ça. Parce qu'on est harcelé en permanence pour acheter le nouveau machin, pour avoir envie d'eux, pour être... Et il y a un truc qui suffoque comme ça dans lequel on est pris et qui bousille la planète, mais aussi un problème avec nos propres désirs. C'est-à-dire qu'on finit par perdre le fil de nos propres désirs et de nos propres besoins. Et donc, retrouver de l'autonomie, de la liberté véritable dans nos désirs, ça, c'est quelque chose qui percute, en fait, le modèle capitaliste et productiviste. C'est ça. Donc, ça se joue un peu là. Le projet du 21e siècle pour la gauche.
Est-ce que vous pensez que des jeunes qui se sont abstenus de voter dimanche dernier vont retourner aux unes dimanche prochain ? En ligne de France. Est-ce que vous pensez que cette union de la gauche peut créer l'espoir ?
Je le souhaite. J'ai l'optimisme de la volonté. J'en sais rien. C'est à eux qu'il faut demander.
C'est à eux qu'il faut poser la question. Est-ce que parmi les gens qui se sont abstenus de voter dimanche dernier, il y en a parmi vous qui se disent qu'ils vont aller voter dimanche prochain ? Et je ne parle qu'aux abstentionnistes. Ceux qui ont déjà voté dimanche dernier, je me doute que vous avez plutôt des chances de retourner dimanche prochain. Pour les autres, ça m'intéresse un peu de savoir s'il se passe un truc dans votre région qui justifie...
Je dis ça, je dis rien, mais Pécresse, elle a dit qu'elle arrêtait la politique s'il est perdée. Non, mais arrête ça. C'est un bel argument pour aller voter. C'est un bon argument pour aller voter. Si vous êtes au gouvernement de la région Île-de-France, si vous gouvernez l'exécutif de la région Île-de-France demain, comment vous imaginez vos premières actions ? Est-ce que vous imaginez que vous allez tomber face à un dossier en quelque sorte très, très difficile à reprendre ?
Ou est-ce que vous imaginez que vous allez pouvoir très vite, tous ensemble, du coup, cette nouvelle force de gauche que vous êtes en train de créer un sujet aujourd'hui, arriver à faire des choses très concrètes rapidement et arriver, vous pensez, qu'il y a vraiment... Parce que parfois, il y a aussi ce qu'on espère pouvoir faire et puis la réalité du terrain.
Avant que vous répondiez, je vais faire un sondage dans le chat parce que là, je voulais demander à la volée. Du coup, je suis en train de me faire allumer la gueule par mes modérateurs. Je vous embrasse, les amis, évidemment. Je vous fais un sondage dans le chat, vous répondez à la question et pendant ce temps-là, allez-y, vous répondez à la question.
Qui va voter, n'a pas voté au premier. Oui, c'est ça.
Ça, c'est la question. Je veux faire un sondage comme vous le disiez. Donc allez-y. Par contre, répondez-vous à la question de Léa.
Oui, de ce qu'on peut faire immédiatement pour transformer. Oui, oui, si, on peut faire. La région a des moyens. Alors, il y a beaucoup qui est pris par les transports, des budgets impondérables, lycées impondérables, mais il y a quand même beaucoup de mesures immédiates qu'on peut prendre. La gratuité dans les cantines, c'est immédiat, c'est septembre. Et voilà, ça compte, c'est la gratuité dans les transports, pareil. On va à la fois avoir des mesures d'urgence de ce type, qui vont se voir immédiatement. Mais je dirais que le plus intéressant et le plus profond, c'est le changement qu'on veut faire, la bifurcation sociale et écologique qu'on veut enclencher en Ile-de-France.
C'est-à-dire qu'on veut être justement cette première région qui prend à bras-le-corps cette question et qui essaie de penser son modèle de développement. Je prends un exemple, mais c'est un temps plus long. On a une région, Ile-de-France, où il y a des villes dortoirs d'un côté, en gros, et les centres d'affaires de l'autre. Ça, ce n'est pas possible comme modèle de développement.
Donc, il faut qu'on ait notre schéma directeur qui existe, qui est un document qui s'appelle le ZDRIF, et que grâce à ce schéma qui nous permet de piloter l'avenir de la région, on arrive à rééquilibrer les territoires pour que chacun, en proximité, puisse avoir des emplois, des services publics, des espaces culturels et sportifs, etc. Et non pas, comme c'est aujourd'hui, le besoin en permanence de faire un grand déménagement à l'intérieur de l'Île-de-France. Ça, c'est un vrai projet. Ça, ça va parler aux gens
de le ZDRIF.
Mais c'est notre projet pour l'Île-de-France. C'est notre projet, c'est entendu. Le ZDRIF, non, ça ne parle pas, mais j'explique ce que c'est. C'est le schéma directeur.
Ça m'intéresse parce qu'une des raisons pour lesquelles les personnes s'abtiennent quand on leur demande pourquoi ils s'abtiennent, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui parlent de leur méconnaissance du rôle des collectivités locales que sont la région.
C'est hyper opaque.
La région et le conseil départemental, c'est vrai que ça ne parle pas à tout le monde, c'est difficile. Il se trouve que c'est mon boulot, moi, d'essayer d'expliquer, mais moi, je ne suis pas dans la politique, à votre différence. Est-ce que vous aussi, vous rencontrez des électeurs quand vous faites du porte-à-porte, etc., qui vous renvoie cette image de méconnaissance totale de ce à quoi vous servez ?
Absolument. Surtout la région qui est très lointaine et on a besoin que ça n'a rien à voir avec notre quotidien. Il faut dire la vérité. Et Valérie Pécresse, comme les deux autres candidats de droite, les trois droites, ne nous aident pas puisqu'ils n'ont parlé que d'une chose dans cette campagne, c'est de la sécurité. Or, la sécurité n'est pas une compétence de la région. Et donc, transports, lycées, aménagements du territoire, activités économiques, tourisme, tout ça, on n'en a pas parlé. Et ça, pour moi, c'est un vrai problème démocratique.
C'est-à-dire que si vous avez des gens qui sont aux manettes et qui vous parlent d'autre chose que ce dont il est question pour l'élection, ça ne peut pas aider à mobiliser les électeurs.
Il y a un risque que ce soit également la même chose en 2022. Vous pensez que le débat politique va se jouer à l'élection présidentielle sur des sujets vraiment importants ?
Oui, parce que pour compléter, mettons que vous preniez la région, on a vu aussi des maires écolos prendre de grandes villes. Moi, j'habite à Lyon, par exemple. On voit aussitôt toute la presse conservatrice se jeter sur eux, sur la moindre petite phrase, sur le moindre... Je ne sais plus quel journal a titré Maire écolos. Je crois que c'était Marianne. Maire écolos, pourquoi sont-ils tous nuls ? Vous allez avoir devant vous une presse déchaînée si vous prenez la moindre région. Ah oui,
elle est déjà déchaînée. On est mûrs. Oui, oui, oui.
Et un écosystème médiatique derrière qui donne beaucoup d'écho à ces thématiques identitaires, ces thématiques réactionnaires. Comment on impose un débat dans ce contexte-là ? Vous avez parlé tout à l'heure des médias. Comment on mène une bataille là-dessus ?
D'abord, on a une grosse, grosse, grosse bataille en ce moment. On est dans une tempête idéologique énormissime. Enfin, il faut se rendre compte de ce qui se passe. Les idées de l'extrême droite, maintenant, c'est tapis rouge partout. Ils ont leur ronde serviette dans un nombre toujours plus grand de médias. Et le focus, tout est inversé. C'est-à-dire, on pèse et on sous-pèse les mots de Jean-Luc Mélenchon ou d'autres chez nous ou chez les écolos. Et par contre, on ne voit rien du rouleau compresseur aujourd'hui, qui est celui de l'extrême droite et qui est le vrai danger, la vraie menace pour la République en particulier. Donc, on est devant un problème qui est un problème de masse.
Moi, je ne crois pas qu'on va résoudre cette question-là en montrant passe blanche, en s'excusant. Je ne crois pas à ça. Je pense qu'il y a une confrontation. C'est ce qu'ont fait
les Insoumis toute la journée. Pas du tout. Sur Twitter, il y avait un hashtag. Comment c'était le hashtag ? Je suis un ennemi de la République.
C'est ironique.
Oui, mais justement, en montrant pas de blanc, justement, en disant « Moi, je suis professeur, j'ai deux enfants, je paye mes impôts, je suis un ennemi de la République. » Donc, il y a fatalement...
Globalement, je n'ai pas ce sentiment de la part des Insoumis en particulier, mais pas seulement. J'ai l'impression qu'on mène quand même la confrontation. Globalement. Je ne sais pas cette journée, tous ces tweets, mais globalement, on mène cette confrontation-là et je pense qu'il faut la mener. C'est-à-dire qu'on ne va pas s'en sortir uniquement en faisant dos rond en attendant que ça se passe. Je ne crois pas ça. Je pense qu'il faut y aller. Parce qu'à chaque fois, sinon, c'est faire reculer pour faire reculer.
Y aller contre l'extrême droite et dire, parler de la fascisation, de l'extrême-droitisation. Bien sûr. Ça, ça peut être un ciment aussi d'une gauche qui retrouille ses retaires. Il faut dire la vérité.
On est dans une société qui est préfasciste. C'est ça, la réalité de notre pays. Donc, il va falloir qu'on se réveille et en particulier la jeunesse. La jeunesse, c'est encore une fois pas tous les jeunes, mais je pense qu'il y a une grande partie de la jeunesse qui n'est pas du tout sur ses coordonnées, qui rêve d'un autre monde. Je sais qu'il y a un pessimisme très grand chez les jeunes à l'égard de la politique, à l'égard de l'avenir. Donc, c'est à nous aussi d'être capables de rouvrir l'espoir, mais on ne va pas le faire tout seul. Et ça passera par cette confrontation.
Et pour revenir à l'élection régionale, c'est vrai que là, on sent une espèce d'ambiance un peu comme on avait en 1981 avec les chars soviétiques qui allaient arriver à la place de la Concorde.
Pour ceux qui ont pas la ref
et qui étaient panés, effectivement, c'était la peur qui était utilisée par la droite et la presse de droite à l'époque face au risque de l'élection de François Mitterrand, le socialo-communiste. Il y avait un risque que les chars soviétiques arrivent à la place de l'étoile à Paris. On en rigole, mais à l'époque, il y avait vraiment des gens qui ont eu peur de ça.
C'est pas que ça. Les riches vont partir,
évidemment.
Les riches qui ont essayé de partir. Ils sont revenus au bout d'un moment.
On a même l'histoire oublie, mais Mitterrand était parlé de capitalisme. Celui qui ne combat pas le capitalisme n'a pas sa place au parti socialiste. Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C'est juste pour dire que le projet était très radical. Il était d'ailleurs insufflé par les mobilisations de 68. Il n'y a pas 81 s'il n'y a pas le grand mouvement social des années 68. C'est ça qui donne le souffle à la victoire de 81.
Pourquoi est-ce qu'on en fait Mitterrand quand il s'agit de parler des grands moments de la gauche ? C'est le dernier grand souvenir fédérateur de l'union de la gauche ? C'était 81 ?
Je pense que ça ne fait
rêver personne à cause des privatisations, Hollande à cause des compromissions. Il y a aussi
sur Mitterrand. Là, je parle de la victoire de Mitterrand, d'un programme qui entre 81 et 83 a quand même apporté des conquêtes fortes. Et puis après, il y a eu cette fameuse parenthèse qui ne s'est jamais refermée, la parenthèse libérale. Et là, c'est une autre histoire. Jospin, ça n'incarne pas exactement le même niveau de rupture que ce qu'avait été 81. C'est pour ça qu'on en fait. Mais je ne suis pas pour faire des références, sinon c'est 36. Je préfère prendre 1789.
J'ai toujours plus de mal avec 48, 1848, ou la commune où j'ai plus de mal au sens où à la fois je trouve merveilleuses les aspirations qui sont nées à ce moment-là et en même temps il y a cette défaite si violente que voilà, c'est un moment...
36, c'est pas mal pour le contexte. C'est ce que je dis, moi, 36, c'est bien. Mais il n'y a pas de modèle.
Il ne faut pas croire. Moi, je suis pour qu'on tire les fils de l'histoire mais qu'on en tire aussi des leçons. Donc, je n'ai pas un modèle que je veux reproduire. On va faire autrement, y compris dans les relations dont parlait Usul entre le mouvement social et le politique. qu'on a des choses à inventer, des liens à trouver. Là, pour le coup, plus comme en 36. C'est ça qui a apporté. La CGTE qui se réunit. Quelque chose qui a apporté. Et je ressens plus aussi parce que les années 30, malheureusement, c'est le parfum du moment. C'est ça qu'on ressent. On sent qu'il y a une violence, y compris délirante, une violence dans le débat public qui ne donne pas très envie de s'en mêler.
Les jeunes qui regardent ça, ça casse la tête.
Pas sur ce plateau. J'espère pas. En tout cas, on arrive déjà à la fin de cette interview. Clémentine Autain, je rappelle que vous êtes candidate sur la liste de François Bayrou. De François... Oh putain ! De Julien Bayou. Je suis désolé, je suis claqué. De Julien Bayou. Et qui l'appelle celle-là ?
C'est Anne Hidalgo.
Je crois que c'est Anne Hidalgo qui a fait la même à la radio. Anne Hidalgo qui a fait
cette erreur-là. Alors vous, on vous pardonne ? Anne Hidalgo, c'était plus étrange.
C'est un peu gênant. Non, non. Donc Julien Bayou, candidat de cette liste de l'Union de la Gauche face à qui se place Valérie Pécresse, présidente sortante Les Républicains et par ailleurs arrivée en tête au premier tour ainsi que Laurent Saint-Martin.
Un bel espoir de changement à la clé dimanche.
De La République en marche. Non, mais je dis ça pour que les gens qui habitent en Ile-de-France sachent de qui on est en train de parler. Merci beaucoup Clémentine Autain d'avoir accepté notre invitation. Avec grand plaisir. Je vais vous laisser repartir du plateau. On va conclure rapidement cette émission.
Très bien. Je vous écoute.
Merci beaucoup. Merci, merci.
Merci beaucoup.
Clémentine Autain