Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 octobre 2021 26 min

L'indemnité inflation annoncée par le gouvernement, la probable candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. 38 millions de Français vont donc toucher une prime exceptionnelle de 100 euros dans les mois qui viennent pour compenser la hausse des prix. A cela s'ajoute un gel des tarifs du gaz jusqu'à la fin de l'année prochaine, jusqu'à la fin de l'année 2022. Est-ce que vous saluez ces deux annonces du Premier ministre ?

0:18
Jordan Bardella

Non, pas du tout. Je pense que le gouvernement ne comprend strictement rien à la souffrance des Français, qu'il ne comprend rien à la détresse sociale dans laquelle sont plongés des millions de nos concitoyens aujourd'hui qui n'arrivent plus à boucler les fins de mois. Je vous rappelle, d'après le dernier baromètre InfoEnergie, qu'un Français sur quatre n'arrive plus à payer ses factures de gaz et d'électricité. Je vous donne un exemple concret. Le prix de l'essence est plus important qu'il ne l'était lors d'octobre 2018, lorsqu'a éclaté le mouvement des Gilets jaunes.

0:45
Présentateur

Pour le gazoil, pas pour le super.

0:47
Jordan Bardella

Le gaz, et on est quasiment à 2 euros le litre dans certains arrondissements de la capitale. Le gaz a augmenté de 57% depuis le mois de janvier. C'est-à-dire qu'une facture annuelle, qui était en moyenne de 800 euros pour un ménage, est aujourd'hui de 1250 euros. Et le gouvernement vient devant les Français pour nous expliquer que, alors même que 60% du prix de l'essence et de l'énergie en matière générale, une grande partie du prix de l'énergie sont des taxes, il va leur fournir un chèque dérisoire de 100 euros, un spéculoos de 100 euros entre décembre et février. Ah oui, c'est un spéculoos. Entre 4 milliards d'euros d'argent public pour aider les Français à payer les taxes sur l'essence.

Mais enfin, écoutez, c'est du délire. C'est du délire. Ce que nous proposons, nous, est une baisse immédiate de la TVA de 20% à 5,5, de décréter l'ensemble des produits énergétiques, le fuel, le gaz, les carburants, l'électricité, comme des produits de première nécessité, pour faire en sorte qu'on puisse, par exemple, gagner sur un plein, en moyenne de 40 litres, 8 euros à la pompe par plein d'essence. Mais écoutez, mettez-vous à la place...

1:47
Invité

Ça veut dire que c'est de l'argent jeté par les fenêtres, que c'est pas efficace, que c'est pas assez clair ?

1:50
Jordan Bardella

Mettez-vous à la place des automobilistes, qui font des dizaines de kilomètres par jour, parce que contrairement à ce que pensent une grande partie des gens qui nous dirigent, les Français ont besoin de leur voiture pour aller travailler, pour emmener les enfants à l'école, pour aller faire les courses, pour aller récupérer les enfants le soir à l'école. C'est parfois, dans la ruralité, plusieurs dizaines de kilomètres par jour. Et on vient leur dire, on vient leur dire, alors que vous avez 36 euros de taxes sur un plein d'une moyenne de 60 euros, on va vous donner un chèque de 100 euros entre décembre et février.

2:17
Présentateur

Mais vous plaisantez ou quoi ? Vous baisseriez donc la TVA à 5,5% sur les carburants, le gaz, l'électricité, ça coûterait combien ?

2:25
Jordan Bardella

Ce sont des produits de première nécessité, ça coûterait 12 milliards d'euros.

2:31
Présentateur

Donc trois fois plus que les mesures annoncées hier, mais ça profiterait à tout le monde. Ceux qui utilisent leur voiture tous les jours pour aller travailler, mais ceux qui ne l'utilisent que pour leur loisir par exemple aussi. Ça profiterait à tout le monde. Quel que soit les revenus.

2:41
Jordan Bardella

Parce que ce que subissent aujourd'hui les Français en matière énergétique est un véritable braquage. 60% du prix de l'essence sont des taxes. C'est une folie, c'est une double peine. Et on paye même des taxes sur les taxes, puisqu'on paye de la TVA sur la TICP, qui est la principale taxe sur l'énergie.

2:59
Invité

On a juste du mal à comprendre. C'est une baisse temporaire que vous prenez, ou c'est une baisse sur le long terme de la TVA ?

3:04
Jordan Bardella

Mais c'est une baisse sur le long terme. C'est une baisse sur le long terme.

3:06
Invité

C'est-à-dire que 12 milliards, on enlève 12 milliards au budget de l'État.

3:09
Jordan Bardella

Souvenez-vous, pendant le confinement, les stations récentes sont restées ouvertes. Elles sont restées ouvertes parce qu'elles étaient considérées comme des produits de première nécessité. Donc elles doivent continuer de l'être. Et moi, si vous voulez, j'accepte pas l'idée que dans notre pays, au XXIe siècle, il y a des Français qui se demandent comment est-ce qu'ils vont faire pour se chauffer. J'ai même entendu une retraitée témoigner sur une radio concurrente, dire je ne sais pas comment je vais faire pour boucler ces factures, et je suis en train de me chauffer à la bougie.

Voilà, il y a un Français sur cinq qui a renoncé à se chauffer l'an dernier parce qu'il n'en avait pas les moyens et qui a souffert du froid. Donc cette situation, elle n'est pas acceptable.

3:41
Présentateur

Mais vous assumez de baisser les taxes pour tout le monde,

3:43
Jordan Bardella

de manière un peu aveugle. À nous assumer de baisser les taxes pour tout le monde, parce que, en l'occurrence, ce chèque énergie, je veux dire, vous ne rentrez jamais dans les bonnes cases. Que ce soit le chèque énergie ou ce chèque dérivoire de 100 euros,

3:54
Présentateur

c'était 6 millions de personnes, là c'est 38 millions de personnes, vous vous dites que c'est 67 millions.

3:59
Jordan Bardella

Regardez le chèque énergie, par exemple. C'était, je crois, de 48 à 280 euros en moyenne. C'est ça, abander 200 euros en décembre prochain. Bon, ça ne couvre même pas la hausse des tarifs du gaz, alors même que ce chèque énergie était censé compenser la hausse de l'électricité, du fuel, du gaz, de l'essence. Bon, donc, la fin de mois, c'est une inquiétude pour des millions de Français.

4:22
Invité

Ça veut dire que vous auriez préféré quoi ? Un chèque beaucoup plus gros ? 400, 500, 600 euros ?

4:26
Jordan Bardella

Ça veut dire que ce que nous proposons aurait pu être mis en œuvre dès demain matin, à savoir la baisse des taxes. Enfin, on explique aux gens qu'on va leur fournir un chèque énergie pour éponger les 60% de taxes. Donc, en fait, on dépense de l'argent public pour aller éponger les taxes. Donc, quel est le bon sens là-dedans ? Quelle est la pertinence d'une telle mesure ? Et encore une fois, 100 euros, c'est dérisoire, surtout à partir du moment où il va être donné, entre ce chèque, entre le mois de décembre et le mois de février. Mais je pense fondamentalement que le gouvernement ne comprend pas la détresse de nos concitoyens.

5:04
Présentateur

Puisqu'on parle, Jordan Bardella, de pertinence et de logique, il y a un débat en ce moment en France et chez nos voisins aussi autour de la souveraineté sur l'énergie. Il faut parvenir à abandonner les énergies fossiles, le pétrole, le gaz. Et dans votre programme, dans le programme du Rassemblement National, dans celui de Marine Le Pen, il y a le démontage des éoliennes qui aujourd'hui représente 8% de notre mix en électricité. Comment vous faites pour arriver à l'après-pétrole tout en démontant les énergies propres ?

5:30
Jordan Bardella

C'est une image. Ah, on les enlèvera ? Le parc éolien est une catastrophe écologique, c'est une catastrophe environnementale et c'est une catastrophe économique. Moi, j'ai rencontré des gens qui habitent autour des installations éoliennes et qui nous disent que les nuisances sonores sont considérables, qui nous disent que leur maison, le prix de leur maison, a été dévalué de 20 à 30% au cours de la période d'installation des éoliennes. Et on sait que l'énergie éolienne ne se stocke pas.

C'est-à-dire que les éoliennes tournent à plein régime environ un quart de leur temps et qu'une grande partie de cette énergie, puisqu'elle ne se stocke pas, est bradée à l'étranger et bradée à bas coût, notamment en Europe de la zone. Mais c'est donc une image, c'est une métaphore.

6:10
Présentateur

On garde les éoliennes qui sont déjà installées aujourd'hui en France ? Oui, on peut les... On les garde ou on ne les garde pas ? Oui, on les garde, mais on arrête d'en construire. La philosophie, c'est d'arrêter d'en construire.

6:23
Jordan Bardella

Et nous souhaitons notamment, nous, préserver notre filière nucléaire. Parce que la filière nucléaire, elle permet à la France d'être l'un des pays les plus propres au monde. L'un des pays qui génère des gaz à effet de serre les moins importantes au monde. Et c'est aussi un outil de notre indépendance et notre génial industrie.

6:41
Présentateur

Sur ce point, vous dites bravo Emmanuel Macron qui vient de remettre un milliard d'euros pour la recherche nucléaire et qui, nous dit-on, pourrait annoncer d'ici Noël six projets d'EPR sur le modèle de celui qui est en construction.

6:51
Jordan Bardella

Emmanuel Macron dit tout et le contraire de tout, si vous voulez. Le lundi, il dit A. Le mardi, il dit B. Le mercredi, il dit C. Je vous rappelle qu'il a accompagné la fermeture de Fessenheim, qu'il a abandonné notamment le projet Hercule qui avait pourvu pour vocation de promouvoir de nouveaux réacteurs nucléaires qui mettaient en œuvre des méthodes de recyclage des déchets nucléaires et donc des méthodes beaucoup plus propres. Donc, en vérité, Emmanuel Macron, là encore, c'est le fameux en même temps. Nous, nous soutenons la filière nucléaire parce que ce sont des emplois et ce sont aussi des garants d'une énergie peu chère.

Quand il faut le problème de l'énergie aujourd'hui, c'est le problème des taxes. Et nous proposons notamment, nous, dans notre volonté de rendre 200 euros de pouvoir d'achat mensuel aux Français, si Marine Le Pen était élue présidente de la République, de baisser de 50% la CSPE qui est la principale taxe sur l'électricité. Si vous voulez, le sujet du pouvoir d'achat, c'est d'abord de baisser les dépenses contraintes et de rendre aux Français l'argent que l'État leur prend tous les mois.

7:41
Présentateur

On va parler des propositions économiques de Marine Le Pen puisqu'elle en a dévoilé une partie hier dans les colonnes du magazine Valeurs Actuelles. Jordan Bardella, vous restez avec nous. Le temps du Fil Info à 8h40 avec Louise Williams. Libération et ouf de soulagement à l'autre bout du monde. Après six confinements et près de neuf mois à la maison, les habitants de Melbourne en Australie retrouvent l'air libre ce matin. Assouplissement des restrictions liées au Covid dans la ville qui a connu le plus long confinement cumulé dans le monde depuis le début de la crise sanitaire.

Les étudiants boursiers, les apprentis et ceux qui sont autonomes fiscalement concernés par l'aide de 100 euros annoncés par le gouvernement pour contrer la hausse des prix, annonce sur France Info ce matin de Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique. En tout, 38 millions de Français qui gagnent moins de 2000 euros par mois recevront l'aide. La ministre de la Transition écologique a également assuré que la prime à la conversion et le bonus écologique seront maintenus à leur niveau jusqu'en juillet. La campagne de vaccination contre la grippe démarre aujourd'hui. Près de 16 millions de personnes prioritaires sont concernées. Elles ont reçu un bond de la sécurité sociale.

Rémi Daillet, placé en garde à vue la figure des milieux complotistes est soupçonné d'être impliqué dans des projets de coups d'État et d'actions violentes. Il est déjà poursuivi dans l'enquête sur l'enlèvement de la petite Mia. France Info Le 8.30 France Info, Jean-Rémi Baudot, Marc Fauvel.

9:15
Invité

Toujours avec Jordan Bardella, député européen, président du Rassemblement National. Le pouvoir d'achat, on le voit, se retrouve parmi les sujets qui préoccupent le plus les Français. Depuis quelques semaines, on voit que c'est l'un des thèmes que veut pousser le Rassemblement National. Alors, on va revenir en détail sur vos propositions. Vous proposez de rendre 200 euros aux Français à travers une série de mesures, mais vous n'appelez pas à augmenter les salaires. Et Marine Le Pen est quasiment la seule à ne pas le faire. Pourquoi ?

9:36
Jordan Bardella

On n'a jamais été, si vous voulez, opposé à l'idée d'une revalorisation des salaires. Mais nous disons que les salaires, évidemment, dépendent du privé et que les salaires sont fixés aujourd'hui par les entreprises. L'un des moyens pour... Il y a le SMIC et il y a les fonctionnaires. L'un des moyens... Oui, mais l'idée est de ne pas faire peser, si vous voulez, une augmentation des salaires sur les entreprises et sur les chefs d'entreprise. Ce que nous souhaitons faire, c'est nous abaisser les dépenses contraintes. Parce que quand vous payez 60% de taxes, nous venons d'en parler, quand vous êtes raquetté au péage, quand vous êtes... Alors ça, c'est le détail de vos...

10:08
Invité

Mais sur la question des salaires, on a du mal à comprendre pourquoi. Est-ce que, par exemple, vous ne proposez pas une baisse de charge pour essayer d'avoir plus de pouvoir d'achat et que ça ne passe pas sur les entreprises ?

10:15
Jordan Bardella

Il faut supprimer les impôts de production. Nous avons été nous favorables à ce que le gouvernement a déjà enclenché un certain nombre de baisses. C'est pour les entreprises. Mais il faut évidemment aller plus loin là-dedans. Mais l'un des moyens immédiats et urgents pour rendre du pouvoir d'achat, c'est évidemment d'abaisser les dépenses contraintes. Maintenant, on ne revalorisera pas les salaires dans notre pays. Je suis désolé de le dire si on n'arrête pas l'immigration clandestine. Parce que la vérité, c'est que l'immigration est aujourd'hui utilisée par les grandes boîtes, notamment, et par les grands patrons pour faire peser à la baisse sur les salaires.

Le Royaume-Uni a, en arrêtant l'immigration clandestine, permis une augmentation des salaires de 8%. Donc, il faut éviter, par notamment la suppression du travail détaché,

10:53
Invité

Vous savez néanmoins que les jobs les plus mal payés et qui vont en général aux personnes migrantes ou immigrées, c'est souvent des jobs qui sont peu qualifiés. Et de fait, quand vous parlez des grandes boîtes, c'est quoi ? C'est les jobs les moins bien payés ?

11:05
Jordan Bardella

Je dis qu'il y a un certain nombre de secteurs, notamment les secteurs du bâtiment, les secteurs manuels, où s'est instaurée une véritable préférence étrangère, de facto, parce que les métiers ne payent pas suffisamment non plus. Et qu'à partir du moment où est permis, notamment, le travail détaché, Donc, il faut augmenter nos salaires. Mais ça créera un phénomène naturel, comme ça l'a fait en Grande-Bretagne, comme ça l'a fait en Grande-Bretagne, en permettant l'augmentation de 8%. Et donc, pourquoi vous n'allez pas sur ce thème-là, la question des augmentations de salaires ?

A partir du moment où, dans le cadre européen, la directive du travail détaché permet que plusieurs dizaines de milliers d'emplois, plusieurs milliers de contrats de travail soient pourvus par des gens qui viennent, notamment, d'Europe de l'Est, qui paient les charges dans le pays d'origine, ça entraîne, de facto, une concurrence déloyale avec les travailleurs français.

11:49
Présentateur

Mais par exemple, Jordan Bardella, si vous arrivez au pouvoir demain matin, vous n'augmentez pas les policiers, les magistrats, les enseignants, les infirmiers ? Non, mais les policiers,

11:56
Jordan Bardella

vous estimez que ça sera par les impôts ? Nous l'avons dit, on parlait du privé, mais évidemment que sur la fonction publique, on ne peut pas concevoir aujourd'hui qu'un gardien de la paix soit payé 1 500 euros. Donc, il faut protéger ceux qui nous protègent. Et effectivement, que s'agissant des policiers, s'agissant des pompiers, s'agissant des militaires, s'agissant de toute la fonction publique, notamment hospitalière, puisqu'on en a beaucoup parlé, et même des enseignants qui sont parmi les plus mal payés d'Europe, évidemment qu'il faut arrêter avec le gel du point d'indice et permettre notamment une revalorisation de ses salaires.

Je n'ai pas de débat là-dessus, on parlait des salariés du privé. Il y a un objectif qui est chiffré déjà aujourd'hui dans le programme de Marine Le Pen sur l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires. Marine Le Pen va présenter dans les prochaines semaines son chiffrage, donc elle donnera l'ensemble de ses détails. Mais c'est vrai que l'inquiétude du mois de septembre, c'était l'inquiétude du ticket de caisse, du plein lorsque vous allez faire votre plein à la pompe, des tarifs, des péages.

Nous avons notamment proposé, vous le savez, la privatisation, et j'en profite d'être ici pour le dire, de l'audiovisuel public pour permettre notamment de rendre ces 140 euros annuels de la contribution, de la redevance publique, de la redevance audiovisuelle aux Français. C'est, si vous voulez, en additionnant tout cela, 200 euros de pouvoir d'achat que nous souhaitons rendre en français. Par mois, par mois ? Par mois. 200 euros par mois. Autre mesure que Marine Le Pen a proposée récemment, c'est d'attribuer une deuxième part fiscale pleine à une famille qui a deux enfants. Alors qu'aujourd'hui, le premier enfant et le deuxième enfant, c'est une demi-part chacun.

La parentière est au troisième. Avec une famille de deux enfants, c'est en moyenne 500 euros annuels. 500 euros annuels que 560 euros exactement annuels que nous rendons aux Français. Donc vous voyez, il y a beaucoup d'argent à rendre aux Français. La France, c'est 48% de prélèvement obligatoire. Et ça coûte combien ?

13:35
Invité

Sur la question des péages, vous en avez parlé tout à l'heure.

13:37
Jordan Bardella

En matière de raquette fiscale, l'un des taux de prélèvement obligatoire les plus importants de l'OCDE et beaucoup de nos concitoyens se demandent où passe l'argent. Donc il y a des économies à faire dans les mauvaises dépenses de l'État. J'ai évidemment parlé de l'immigration. Est-ce que racheter les concessions autoroutières, c'est une bonne dépense de l'État ? Financer, c'est 12 milliards de baisse de la TVR.

13:54
Invité

Est-ce que racheter les concessions autoroutières, c'est une bonne dépense de l'État ? Ça coûte entre 20 et 40 milliards d'euros ?

13:59
Jordan Bardella

Non, ça coûte 5 milliards d'euros. Les estimations, oui, oui, ça coûte 5 milliards d'euros. Nous l'avons chiffré. Je vous rappelle que les autoroutes ont une dette aujourd'hui considérable. Nous l'avons chiffré. Il y a des contrats à dénoncer aujourd'hui

14:13
Présentateur

puisque l'État, on peut le regretter ou pas, mais l'État a signé des concessions avec ses autoroutes lorsqu'elles ont été privatisées et que les autoroutes, il est très probable que si on leur casse le contrat aujourd'hui, elles attaquent en justice et qu'elles demandent des pénalités, des indemnités.

14:26
Jordan Bardella

Oui, il y a un rapport parlementaire qui est sorti il y a quelques années qui chiffre tout cela, donc nous n'avons pas de difficultés là-dessus, mais c'est un choix que nous assumons parce que la vérité, c'est qu'en privatisant les concessions, les concessions d'autoroutes, d'abord les concessions ont été sous-évaluées, c'est une manne financière qui ne revient pas à l'État et qui a entraîné évidemment un braquage des automobilistes au péage. Nous avons chiffré cela et en les privatisant, nous aboutirons à une baisse en moyenne de 20% des tarifs des péages.

14:52
Présentateur

En les rachetant, pardon, en les nationalisant, vous nationalisez les autoroutes, mais pourquoi dans ce cas-là vous ne rendez pas les péages gratuits ?

15:00
Jordan Bardella

Parce que nous faisons des choix qui sont raisonnables. Le problème aujourd'hui, c'est qu'on promet un certain nombre de choses pendant le cadre de la campagne présidentielle que nous ne sommes pas en capacité de tenir. Nous, ce que nous promettons, nous le ferons. Et nous prenons des choix qui sont des choix raisonnables, des choix qui sont chiffrés et encore une fois, nous tenons à proposer aux Français des choix qui sont crédibles. Un choix raisonnable,

15:22
Invité

un choix crédible, ça veut dire qu'il y aurait un bon prix pour le pH, comme il y aurait un bon prix pour le litre d'essence, 1,10€, 1,20€, puisque vous touchez la question de la fiscalité, ça veut dire que dans votre tête, il y a peut-être un bon prix pour le litre d'essence ?

15:35
Jordan Bardella

Ça veut dire que lorsque vous payez 2€ votre prix à la pompe, oui, c'est un scandale. Lorsqu'à quelques kilomètres d'ici, dans une station d'essence, vous êtes à quasiment 2€ le litre, oui, c'est un véritable scandale. Mais vous attaquez à quelque chose qui est un prix mondial, néanmoins. Ce scandale...

15:50
Invité

On a parlé des 60% de taxes.

15:52
Jordan Bardella

D'accord, mais sur 60% de taxes, quand vous avez un plein de 60€, vous payez 36€ de taxes, comprenez bien que l'État peut agir dès demain matin. Donc, il y a des économies à faire dans les mauvaises dépenses de l'État. Il y a évidemment la question de la fraude sociale. Il y a la question de la fraude fiscale. Nous souhaitons, vous le savez, réserver notamment nous les aides sociales parce que nous parlons de temps modeste aux citoyens français.

Et en coupant les aides sociales aux étrangers, l'ensemble des prestations sociales qui sont versées aux étrangers, c'est 16 milliards d'euros que nous pourrons utiliser, évidemment, pour nationaliser les autoroutes, pour, évidemment, baisser également la TVA sur l'énergie.

16:27
Présentateur

Proposition faite par Marine Le Pen dans Valeurs Actuelles. On découvre par exemple la suppression de l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans ou encore la gratuité des trains pendant les heures creuses pour les jeunes, là encore. Vous allez dire qu'on est un peu caricaturaux, mais je me lance quand même. Si vous êtes élu, un jeune trader qui aurait 28 ans en dessous de la barre des 30 ans qui gagnerait très bien sa vie, il ne paiera plus d'impôts, il pourra prendre le train gratuitement le week-end, son péage baissera de 10 à 15% quand il prend l'autoroute et il aura une TVA réduite sur le carburant.

16:57
Jordan Bardella

Exactement. Merci le RN. Vous voyez, c'est... Ce n'est pas la présidente des riches, ça. Vous allez peut-être finir par voter pour nous. Il y a peut-être des journalistes qu'on va peut-être réussir à convaincre.

17:04
Présentateur

Ce n'est pas la présidente des riches, ça.

17:05
Jordan Bardella

Et qui vont peut-être finir... Non, non, mais vous n'allez pas nous faire le coup.

17:07
Présentateur

Vous êtes loué la justice sociale quand on arrose comme ça.

17:09
Jordan Bardella

Non, non, mais vous n'allez pas nous faire ce coup-là quand 22% des mesures redistributives du quinquennat sont allées aux 10% de Français les plus riches. Donc le président des riches, supprimer l'impôt sur le revenu quels que soient les revenus par la réforme de la flat tax et par la suppression de l'ISF, c'est lui qui a fait des cadeaux considérables aux hyper riches dans notre pays. Une bonne partie des moins 30 ans ne paye pas l'impôt parce qu'ils gagnent peu.

Et je vais vous dire le choix que nous assumons de faire parce que, vous voyez, quand on offre 100 euros aux familles qui gagnent moins de 2000 euros par mois, quand on gagne 2100 euros par mois, on ne peut pas considérer qu'on est riche. Et le problème, c'est que la classe moyenne dans notre pays devient de plus en plus une classe modeste et elle est de plus en plus contrainte de payer pour les dépenses de l'État. Et c'est elle qui assume en réalité aujourd'hui une grande partie des dépenses publiques de l'État.

Donc effectivement, vous avez raison de le rappeler, un jeune de moins de 30 ans sera accompagné s'il souhaite créer son entreprise et bénéficiera effectivement d'une exonération d'impôts notamment sur les sociétés et de l'impôt sur le revenu qui lui permettra notamment de se lancer. Parce que, vous voyez, moi je ne conçois pas l'idée qu'un jeune qui a aujourd'hui son diplôme, qui souhaite créer son entreprise, eh bien, se résout au fait de partir à l'étranger parce que la France ne lui offre pas le cadre fiscal, le cadre social et le cadre national, je dirais, pour créer sa boîte et pour investir en France.

Donc nous serons effectivement le parti de la jeunesse dans cette élection présidentielle.

18:30
Présentateur

Jordan Bardella, le président du Rassemblement National et l'invité de France Info pour quelques minutes encore. Voici Louise Buyens pour le fil Info à 8h51. Salariés, fonctionnaires, demandeurs d'emploi, étudiants ou encore retraités, si vous touchez moins de 2 000 euros net par mois, vous recevrez une prime exceptionnelle de 100 euros. Annonce du gouvernement pour faire face à la flambée des prix. L'aide sera versée à partir de décembre. Les tarifs du gaz seront également gelés toute l'année prochaine. Grève surprise de la SNCF et des conséquences dès aujourd'hui sur les voyageurs. Un TGV atlantique sur 10 ne circule pas 1 sur 3 samedi et dimanche.

Ça concerne les trajets en Bretagne, Pays de la Loire, Centre-Val-de-Loire, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Karim Benzema fixé sur son sort aujourd'hui. Le tribunal correctionnel de Versailles doit rendre sa décision dans l'affaire de la sex tape de son ancien coéquipier Mathieu Valbuena. Le parquet a requis 10 mois de prison avec sursis et 75 000 euros d'amende contre le footballeur. 500 000 véhicules de moins produits cette année par Renault. Prévision du groupe automobile en conséquence de la pénurie des composants et notamment des semi-conducteurs. France Info Le 830 France Info Jean-Rémi Baudot Marc Fauvel

19:50
Invité

Toujours avec Jordan Bardella député européen président du Rassemblement National. On va parler d'un nom qu'on n'a pas encore prononcé pour l'instant Éric Zénour. Il prend de plus en plus de place dans le débat public souvent par ses provocations souvent par ses outrances. Il semble plaire à une partie évidemment de votre opinion et on a l'impression que votre parti tâtonne un petit peu. À une époque vous l'avez ignoré puis vous l'avez critiqué vous lui avez tapé dessus puis là vous essayez de le banaliser un peu c'est un allié ou un adversaire ?

20:13
Jordan Bardella

Non mais c'est pas ça c'est que ça fait maintenant un mois et un mois et demi que vous nous parlez de quelqu'un qui n'est pas encore candidat matin, midi et soir. Et je vais vous dire je pense que ça lasse un peu les français qui aujourd'hui sont davantage préoccupés si vous voulez par leur facture de gaz ou leur facture d'électricité que par des sondages sur l'élection présidentielle des sondages qui disent tout et le contraire de tout Vous en avez marre qu'on en parle. Non, je préférerais effectivement passer 90% du temps de parole qu'on utilise aujourd'hui pour commenter les sondages qui disent tout et le contraire de tout. Moi je veux bien mais les sondages

20:50
Invité

disent tout et le contraire

20:52
Jordan Bardella

mais je veux vous remercier et c'est de plus en plus rare. L'élection présidentielle vous voyez elle est dans 6 mois on a des points d'accord on a des points d'accord avec Éric Zemmour mais on a aussi des désaccords moi je pense que Éric Zemmour ne peut pas gagner cette élection présidentielle voilà je vous dis tel que je pense je pense qu'il fait preuve

21:09
Invité

Alors lui pense la même chose dans son discours

21:10
Jordan Bardella

Oui mais la différence c'est qu'il fait preuve si vous voulez dans son discours parfois d'une forme de brutalité qui n'est pas nécessaire aujourd'hui parce que le pays est divisé que pour que le camp national remporte cette élection présidentielle il a besoin de rassurer et il a besoin surtout de rassembler une majorité de français Or je crois que Marine Le Pen est aujourd'hui en capacité de faire cela parce que si vous voulez si la critique de l'immigration si nourrir les français de constats sur l'immigration faisait une élection croyez-moi que ça fait probablement ça ferait probablement 30 ans qu'on serait au pouvoir

21:39
Invité

Oui parce que d'une certaine manière il reprend une partie du discours du Front National Oui et en tout cas sur les propositions

21:45
Jordan Bardella

qu'il formule aujourd'hui les quelques propositions parce que pour l'instant il n'y a pas beaucoup de propositions il n'y a pas de plus-value par rapport à ce qu'on propose

21:50
Invité

Au moment des voix qui se font entendre Robert Ménard maire de Médier vous implore le mot est quand même fort vous implore de vous parler que Marine Le Pen ou Éric Zemmour laissent la place à l'autre en février est-ce qu'un ticket Le Pen-Zemmour c'est possible ?

22:00
Jordan Bardella

Mais monsieur c'est une élection présidentielle on n'est pas sur une élection municipale partielle une élection présidentielle

22:06
Présentateur

entre les deux tours de la dernière élection présidentielle arrêtez-moi si je me trompe il me semble que Marine Le Pen avait négocié un ticket de Premier ministre avec Nicolas Dubourgnon

22:12
Jordan Bardella

Mais entre les deux tours monsieur entre les deux tours je repose la question au premier tour et c'est la tradition gaulliste de la 5ème République au premier tour on rassemble son camp au deuxième tour on élimine le candidat qui est peut-être le plus radical des deux qui est peut-être le moins capable je dirais d'avoir entre ses mains les codes de la bombe nucléaire et c'est la raison pour laquelle je pense que Marine Le Pen est aujourd'hui elle en capacité d'emporter Est-ce qu'Éric Zemmour pourrait faire un bon Premier ministre de Marine Le Pen entre les deux tours ?

Mais il ne le souhaite pas il ne le souhaite pas et ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui évidemment que de par le discours qu'il a aujourd'hui il aurait toute sa place dans un gouvernement d'union nationale mais comme des cadres aujourd'hui chez les républicains dont je me serre en penche et qui tiennent des discours qui sont parfaitement

22:49
Présentateur

similaires des nôtres Et l'inverse est-ce que ce serait possible Marine Le Pen Premier ministre d'Éric Zemmour ?

22:53
Jordan Bardella

Mais Marine Le Pen n'a pas vocation à être Premier ministre Marine Le Pen elle est candidate à l'élection présidentielle pour gagner et si vous voulez elle a 6 mois de l'élection elle n'est pas en train de se demander est-ce que je suis candidat est-ce que je ne suis pas candidat je finis la tournée de mon bouquin peut-être que je me déclarerais candidat on n'est pas là-dedans Marine Le Pen elle est candidate à cette élection présidentielle d'abord pour la gagner pour servir la France pour servir les français et surtout pour porter un projet de redressement national qui est politiquement et juridiquement viable je veux dire le temps de la provoque le temps d'une forme de discours un peu subversif je veux dire on est sorti de tout cela on est sorti de tout cela parce que ce discours il ne permet pas de gagner l'élection présidentielle néanmoins donc je pense que cette élection c'est un choix de civilisation et qu'il est urgent que les idées qu'on représente arrivent à la tête de l'Etat et je pense que Marine Le Pen est la mieux placée pour faire cela et c'est ce que pense aussi d'ailleurs Robert Ménard qui a indiqué qu'il parrainerait Marine Le Pen qui apporterait son parrainage mais il a aussi il a aussi il a aussi oui mais si vous voulez Robert souhaite que l'ensemble de nos idées que le camp national arrive aujourd'hui à la tête de l'Etat mais il dit j'ai de l'amitié pour Eric mais je pense que Marine est aujourd'hui en capacité de remporter l'élection présidentielle parce qu'elle a le discours qui est le plus rassurant attention à cela le pays est énormément divisé le pays est énormément fracturé les Français ont besoin de l'Union et de l'Assemblée qu'il y a des discussions aujourd'hui avec Eric Zemmour aujourd'hui il n'y a pas de enfin je veux dire il n'y a pas de il n'y a pas de discussion mais nous on est ouvert à la discussion je veux dire viendra le gouvernement

24:15
Invité

d'Union nationale

24:16
Jordan Bardella

mais bien sûr mais viendra le temps où tous ceux si vous voulez qui aiment la France profondément qui croient encore en la France se rassembleront pour diriger notre pays

24:24
Présentateur

il faudra que d'ici là si un jour il doit y avoir discussion au gouvernement d'Union nationale échange de postes il faudra qu'Eric Zemmour clarifie pour vous certains points certaines déclarations récentes sur les contre-pouvoirs sur les femmes sur Pétain

24:36
Jordan Bardella

on a indiqué avoir des points de désaccord avec lui c'est juste des points de désaccord quand Eric Zemmour dit que les femmes n'incarnent pas le pouvoir qu'elles sont des régentes quand il dit que Pétain a sauvé les juifs quand il dit que les femmes ont une forme d'intelligence différente de celle des hommes ben oui ça fait ça fait une différence majeure avec nous parce que moi je suis à la tête d'un parti qui a pour emblème Jeanne d'Arc et la volonté de faire la première femme

25:02
Invité

ne vous pose aucun problème

25:03
Jordan Bardella

si parce que c'est raviver des débats qui sont des débats d'historiens pour moi la France c'est un débat d'historiens de savoir si Pétain a sauvé les juifs non je ne dis pas cela je dis que traiter l'histoire et le rôle moi je suis parfaitement à l'aise dessus pour moi la France elle était à Londres pour moi la France elle était derrière le général de Gaulle mais il est vrai que ça n'a pas toujours été la position du parti il est vrai que lorsqu'on veut être président de la république c'est vrai qu'on ne traite pas des ministres imbéciles par exemple comme il a fait avec

25:28
Invité

enlever les pouvoirs aux contre-pouvoirs ça aussi ça ne vous pose pas de problème

25:32
Jordan Bardella

mais vous inviterez

25:32
Invité

je ne suis ni son avocat ni son procure

25:34
Jordan Bardella

donc vous inviterez vous dites que vous pouvez faire équipe avec lui et vous voyez moi je ne souhaite pas qu'on passe 6 mois d'une élection présidentielle où les français ont des prêmes importants de sécurité d'immigration de pouvoir d'achat d'emploi de logement à commenter les déclarations d'Éric Zemmour sur Pétain pardon

25:49
Présentateur

merci c'est important mais oui oui je préfère le dire je suis désolé mais je préfère le dire je pense que les gens

25:56
Jordan Bardella

ont des prêmes importants et ils n'ont pas envie de nous entendre commenter des sondages pendant 6 mois qui disent tout et le contraire de tout

26:00
Présentateur

merci beaucoup Jordan Bardella invité ce matin de France Info le journal arrive dans un instant si vous aimez le 830 France Info on vous conseille Élisez la bataille le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr