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interviewfranceinfo· 12 janvier 2026

Interview intégrale de l'eurodéputé Renew Bernard Guetta

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Tout de suite, l'invité politique de la matinale. Bonjour Bernard Guetta. Bonjour.

Soyez le bienvenu, vous allez répondre aux questions d'Alex Bouillaguet, eurodéputé Euronews, bais assistant en géopolitique. C'est parti pour l'interview politique. Bonjour Bernard Guetta.

Bonjour à vous. Un soulèvement se déroule en ce moment en Iran avec une ampleur qui ne se dément pas. Depuis quelques jours, plus de son, plus d'images.

L'Iran est coupé du monde. On parle déjà d'un massacre. Hier, je vous ai entendu dire ce régime est mort.

Mais est-ce qu'il n'est pas trop tôt pour l'affirmer ? Non, ce régime est mort. Ça ne veut pas dire qu'il va tomber demain matin.

Ce régime est politiquement mort. Parce qu'il est totalement épuisé. Il a perdu par exemple le bazar, c'est-à-dire les commerçants des grandes villes.

Les commerçants des grandes villes qui avaient soutenu la révolution contre le chat en 79. Qui depuis, parce que ce sont des gens extraordinairement conservateurs, à tout point de vue économiquement, socialement, religieusement, qui depuis soutenaient le régime. Le bazar a basculé.

Les étudiants, naturellement. Les femmes, je ne vous dis pas. Les provinces, les grandes villes, les campagnes.

Il y a un tableau général. Et ce régime n'a plus d'argent. Il n'y a plus un sou en caisse.

Ce régime est véritablement épuisé, comme on le dit, d'un puits. Donc vous dites qu'à terme, il va tomber. Sauf qu'à ce stade, il n'y a pas encore d'incarnation de l'opposition.

On évoque le fils de l'ancien chat, Reza Pallavi, qui ne fait pas consensus. Donc qui pourrait incarner la relève ? Vous savez, c'est ce qu'on se demande à chaque révolution dans chaque pays.

On ne le sait pas. On le sait peut-être encore moins aujourd'hui en Iran, puisque ce régime a littéralement massacré tous ses opposants génération après génération. Mais vous savez, la politique a horreur du vide.

Dans des situations comme celle-là, il y a forcément des figures qui apparaissent. Et il y a de très, très grandes personnalités en Iran, non seulement dans le pays, mais aussi...

Vous évoquez l'ancienne prix Nobel ? Par exemple ? Mais par exemple.

Et bien, il y a vraiment de grandes figures de l'opposition. Et il y a des personnes tout à fait qualifiées, même dans les institutions internationales. Je veux dire, par là, des gens qui ont fui le pays depuis longtemps.

Non, il y aura une relève. Pour l'instant, elle n'est pas claire. Les États-Unis se tiennent prêts à aider, c'est ce que Donald Trump a déclaré ce week-end, y compris militairement si le régime réprime les Iraniens.

On parle d'installation militaire et non nucléaire comme la dernière fois. Est-ce qu'il a raison ? Est-ce qu'il faut se tenir, y compris militairement, aux côtés des Iraniens ?

Écoutez, ça dépend de l'évolution sur le terrain. Ça dépend de beaucoup de choses. Et de toute manière, ce n'est pas nous qui déciderons de ce que fera Donald Trump.

Il le fera en fonction de ses intérêts et accessoirement des intérêts des États-Unis. Je dis bien de ses intérêts et accessoirement des intérêts des États-Unis. On verra.

Mais je note qu'hier, il disait « Ah, les Iraniens officiels, le régime, veulent discuter avec moi ». Le régime des Mollas, il aurait eu un entretien ? Les Mollas, bon, apparemment c'est vrai.

Enfin, il n'y a pas de raison qu'il ait inventé cela. Les Mollas l'auraient contacté en disant « Écoutez, on peut parler du nucléaire ». C'est-à-dire, on veut, on voudrait, il voudrait faire des concessions sur le nucléaire en échange d'une non-intervention et d'un non-soutien des États-Unis.

Écoutez, ça serait un coup de théâtre, je ne sais pas. Personne ne sait encore. Donald Trump, il est aussi également extrêmement pressant, de plus en plus pressant vis-à-vis du Groenland.

Il se dit prêt à intervenir de la manière douce ou de la manière forte, ce sont ses mots. D'après un sondage publié samedi par l'agence danoise Rizzo, près de 4 Danois sur 10 pensent que les États-Unis lanceront une invasion du Groenland pendant la présidence Trump. Et vous, vous avez aussi ce sentiment-là ?

Est-ce que c'est possible ? Ce n'est pas totalement impossible, ce n'est pas le plus probable, ce n'est pas le plus probable à mes yeux, mais il fait tout pour impressionner essentiellement les citoyens du Groenland, encore plus que les citoyens du Danemark. Le Groenland est une région autonome à l'intérieur du royaume. 50 000, hein ? 57 000, exactement. 57 000. 57 000.

Oui, militairement parlant, évidemment, ce ne serait qu'une bouchée. C'est un peu difficile pour les États-Unis d'envahir un pays allié, parce que quand même, c'est l'Alliance Atlantique, sur lequel ils ont des bases, et très importantes, en vertu d'accords militaires qui remontent aux années 50, qui ont été re-signés, re-négociés depuis à plusieurs reprises, etc. C'est un peu difficile à imaginer, je crois qu'il est dans un scénario de pression et de traumatisme constant.

Imaginons qu'il déclenche une action militaire pour prendre possession du Groenland. C'est la fin de l'Alliance Atlantique. C'est la fin de l'Alliance Atlantique.

Est-ce que nous, la France, notamment, on doit intervenir militairement ? Et est-ce qu'on doit faire jouer l'article 5, qui fait qu'on rentre en guerre contre notre propre allié ? C'est la question qui se poserait dans ce scénario.

Mais c'est bien pour ça, en même temps, que je vous dis, ce n'est pas le plus plausible, l'intervention militaire. En revanche, un jeu de pression économique et politique, oui, naturellement, et surtout, surtout, un chantage épouvantable qu'on sent déjà monter. Vous me laissez prendre le contrôle du Groenland et je vous appuie en Ukraine.

Vous me mettez les bâtons dans les roues et je vous lâche en Ukraine. Et comment, justement, l'Europe doit réagir pour protéger le Groenland ? La France va ouvrir à nuque un consulat dans les jours qui viennent.

Raphaël Guzman, lui, propose l'installation d'une base armée européenne. C'est quoi la bonne réponse ? Écoutez, la bonne réponse, c'est la réponse possible.

Une base armée européenne, pour l'instant, il n'y a pas d'armée européenne. Alors, ça peut précipiter le mouvement. Pourquoi pas ?

Oui, on peut le souhaiter. Plus de 25 ans après le début des discussions, la Commission européenne a donné son feu vert vendredi à l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, malgré le nom de la France. Ça raconte quoi, exactement ?

La France isolée en Europe, la France qui ne pèse plus à Bruxelles ? Écoutez, d'abord, elle n'est pas complètement isolée. Elle est minoritaire sur ce cas-là.

Mais d'autres pays s'imposaient aussi avec nous à cet accord. Et deuxièmement, les choses ne sont pas encore totalement jouées, puisqu'il faut qu'il y ait une ratification du Parlement européen. Le Parlement européen doit effectivement se prononcer bientôt pour ratifier cet accord.

Est-ce que vous pensez qu'il pourrait y avoir un coup de théâtre ? C'est-à-dire que Ursula von der Leyen, ce samedi...

C'est comme l'intervention militaire américaine au Groenland. Ce n'est pas à exclure. Ce n'est pas le plus plausible, mais c'est une possibilité.

La classe politique est unanime contre Mercosur. La classe politique française. Mais personne ne parle jamais des effets positifs.

Est-ce qu'il n'y a pas...

Parce qu'il y a des grands gagnants français aussi, je pense au secteur du vin, fromage, lait...

Mais je vous le confirme, je crois même que les perdants sont minoritaires par rapport aux gagnants de cet accord. Et il ne faut surtout pas oublier que cet accord entre l'Amérique latine, quatre grands pays d'Amérique latine et l'Union européenne, créeraient un marché de facto commun par étapes. Ça ne se ferait pas d'un coup.

Mais enfin, quand même, créeraient un marché de 700 millions de personnes. Et ça, c'est un caillou dans la chaussure de Donald Trump. Et c'est un caillou très gros, encore plus gros, dans la chaussure des Chinois qui veulent prendre pied en Amérique latine.

Et donc, à moyen et long terme, les Européens, l'ensemble des Européens, nous compris, nous n'avons qu'intérêt à signer cet accord. Mais pourquoi Emmanuel Macron n'a pas dit à un moment, aurait pu faire entendre cette petite musique-là en disant « on va protéger ceux qui sont les perdants ». Mais attendez, la France, il y a aussi des gagnants.

C'est une forme d'hypocrisie, de démagogie. Écoutez, d'abord, il a beaucoup fait pour que cet accord protège les perdants, en tout cas ceux qu'il va défavoriser. Vraiment, il y a eu des progrès assez considérables dans les trois derniers mois.

Et deuxièmement, si, écoutez, il a dit à plusieurs reprises que cet accord politiquement parlant, ou géopolitiquement parlant, était très important. Mais peut-être ne l'a-t-il pas dit assez fort. Je suis d'accord avec vous.

En France, il y a une motion de censure qui va être déposée par l'ERN et par la France Insoumise sur ce refus du Mercosur. Il y a un danger pour Sébastien Lecornu, qui lui, du coup, brandit la dissolution. Il a raison de le faire.

Je suis un peu perdu en politique intérieure française. Oui, vous trouvez que c'est un peu disproportionné ? Je vous dis, je suis assez perdu.

Je ne sais pas vous répondre. Je regarde ça avec beaucoup de perplexité. Et 30 secondes, justement, sur le budget aussi, en France.

J'ai la même perplexité. Même perplexité. Est-ce qu'il faut passer à autre chose ?

Est-ce que le Premier ministre doit saisir le 49.3 ? Écoutez, j'aimerais bien que notre pays existe, réexiste.

Pour l'instant, il est un peu, je ne sais pas, ailleurs. Merci beaucoup, Bernard Guetta. Merci, Bernard Guetta.

Merci à vous. La liberté de ton, de parole qui me fait sourire aussi, qui fait du bien aussi parfois, dans cette actualité politique un peu parfois morose. Merci.

Merci. Merci. Merci.

Merci.