Qui peut sauver la droite ? - Nicolas Sarkozy - C à vous - 06/09/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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Vous avez des mots très encourageants dans votre livre pour Éric Ciotti, Laurent Wauquiez, Gérald Darmanin.
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Vous n'avez pas encore choisi entre ces différentes personnalités ou vous attendez que l'un d'entre eux se détache ?
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Vous les avez pu citer là dans le peloton ?
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Vous donnez juste un conseil à Gérald Darmanin. Il devra s'élargir.
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On voit aussi que votre livre connaît un certain succès au rassemblement national.
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Vous écrivez qu'elle a beaucoup progressé. Elle connaît mieux ses dossiers et sait les exposer avec davantage de calme, de force et de modération.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Une clarté dans l'expression, le sens et la compréhension des aspirations populaires. »
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« J'ai été élu avec 84% de participation. »
- 6:00Invité politiqueChiffre
« Pour être élu, grosso modo, il faut 11 à 12 millions de voix au premier tour. »
Temps de parole
- Nicolas Sarkozy80 %
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- Présentateur 28 %
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Vous avez des mots très encourageants dans votre livre pour Éric Ciotti, pour Laurent Wauquiez, pour Gérald Darmanin, dont vous dites qu'il a des qualités évidentes. Une clarté dans l'expression, le sens et la compréhension des aspirations populaires. Vous n'avez pas encore choisi entre ces différentes personnalités ou vous attendez que l'un d'entre eux se détache ?
Non, mais non. Il y a un peloton aujourd'hui. Moi je suis un passionné cycliste.
Vous les avez pu citer là dans le peloton ?
Oui, vous n'aurez pu citer Edouard Philippe et d'autres. Il y a un peloton.
Oui, peu de lignes sur Edouard Philippe.
Est-ce que je peux vous dire une chose ? Le leader, on ne le fait pas. C'est lui qui se fait. Et c'est pour ça que c'est un leader. Vous croyez que c'est Chirac qui m'a fait ? D'une certaine manière, il m'a fait par l'opposition. Mais François Mitterrand voulait Fabius. Jacques Chirac voulait Alain Juppé. Il n'y a personne qui voulait de moi. Le leader se fait lui-même. Parce que voyez-vous, la vie est verticale. On ment quand on dit que la vie est horizontale. Il n'y a pas une organisation qui peut fonctionner sans un leader. Par exemple, cette émission-là, sans vous, ce n'est pas la même. Ce n'est pas la même. Donc, ce qu'on raconte sur l'égalité, sur tout ce vaut, c'est mensonge.
Moi, je crois à la différence. J'aime la différence. Et la différence ne peut pas aller de pair avec l'égalité. Quand j'ai des enfants, l'égalité, c'est de donner à chaque enfant le même nombre d'heures. Mais il y en a qui ont besoin de plus d'heures. Et d'autres de moins d'heures. J'aime cette différence. Et c'est peut-être aussi ce que je suis. Je suis différent.
Vous donnez juste un conseil à Gérald Darmanin. Il devra s'élargir, non pas simplement dans ses domaines de compétences, mais dans la façon de voir la vie, de se faire des amis, de se cultiver, d'être en son temps, sans trahir son identité. Sous-entendu, il a encore un peu de boulot, Gérald Darmanin.
Bien sûr. Mais moi, je l'ai fait aussi. Vous savez, le 14 janvier 2007, quand je suis investi, le congrès de la Porte de Versailles, je dois me dépouiller du combattant partisan que j'étais pour devenir le président combattant. C'est vraiment très difficile parce qu'il faut se remettre en cause sans perdre la confiance en soi. C'est ça qui est complexe dans la politique. Il faut avoir beaucoup de confiance. Vous pouvez paraître brutal, et j'ai pu paraître brutal, et peut-être d'ailleurs que je l'ai été sans doute. Mais en même temps, si vous voulez être un leader, vous ne vous planquez pas derrière vos amis. Vous montrez le chemin. Vous fixez la ligne. Vous affirmez des idées.
Or, on est dans un moment de la vie politique française où plus personne ne peut rien dire. Vous parlez d'immigration, vous êtes un raciste. Vous parlez de la guerre Ukraine-Russie, vous êtes un suppôt de Poutine. Vous parlez de l'entreprise, vous êtes un riche qui n'a pas de cœur. La démocratie, c'est débattre, c'est échanger. Et c'est ça que j'aime, et que j'aimerais jusqu'au bout.
On voit aussi que votre livre connaît un certain succès au rassemblement national. Je ne sais pas si vous avez vu cette vidéo de Jordan Bardella, sa vidéo de rentrée. On va la voir. Il y a bien votre livre qui est quand même assez mis en valeur. Il faut dire que dans cet ouvrage, il y a un passage sur Marine Le Pen. Vous écrivez qu'elle a beaucoup progressé. Elle connaît mieux ses dossiers et sait les exposer avec davantage de calme, de force et de modération. « Je n'ai jamais aimé sa diabolisation ». Certains ont vu cette phrase comme un encouragement, comme un hommage surprenant. Vous leur répondez quoi ?
Certains. Je m'en moque du tiers comme du quart de certains. Toute ma vie, j'ai combattu les Le Pen, père et fille. Et en 2012, ça ne se dit pas, mais je vais vous le dire. Il y a une alliance entre M. Hollande et Mme Le Pen pour me faire battre. Mme Le Pen n'a pas appelé à voter pour moi. Pourquoi ? Parce que ça arrangeait, Mme Le Pen, qu'il n'y ait plus une droite républicaine forte. Parce que quand j'étais président, ils n'étaient pas au deuxième tour. Elle n'a pas appelé à voter François Hollande. Non, elle n'a pas appelé à voter pour moi. Non, mais...
De là, imaginez une alliance, Nicolas Sarkozy.
Oui, de là, imaginez, il faut peu d'imagination.
Vous n'avez pas mis d'accord autour d'une table.
Non, mais tout le monde le sait. Il y avait, comment dirais-je, une communauté d'intérêts. D'ailleurs, M. Mitterrand a montré le chemin, il y a bien longtemps, dès qu'il y avait une élection, on agitait le Front National. Petit 1. Je n'ai pas de leçon à se voir là-dessus. Petit 2. Je ne comprends pas cet argument, excusez-moi, stupide, selon lequel le Rassemblement National ou le Front National hier n'appartiendrait pas à l'arc républicain, alors que dans le même temps, la République les autorise à présenter des candidats. Comment ? Si on a le droit de présenter des candidats, on est dans l'arc républicain. De surcroît, non seulement ils présentent des candidats, mais ils ont des élus.
Et ces électeurs, bien sûr qu'il faut aller les chercher. Mais vous, quand vous regardez les audiences, est-ce que vous dites dans votre émission ? Ah non, alors, nous on comptabilise uniquement ceux qui ne sont pas avec le Rassemblement National. Vous prenez tout le monde. Eh bien, nous aussi. La droite, pour gagner, doit rassembler. Elle doit reprendre des électeurs qui ont été chez M. Macron, elle doit reprendre des électeurs qui ont été chez M. Zemmour, elle doit reprendre des électeurs qui sont au Rassemblement National.
Justement, là, vous parlez de ceux qui ont voté Éric Zemmour. Juste un mot. Et vous dites qu'ils sont la droite républicaine, ça va des amis d'Éric Zemmour, aux amis d'Éric Ciotti, en passant par les amis d'Emmanuel Macron. Vous considérez qu'Éric Zemmour appartient à la droite républicaine ?
Mais bien sûr. Moi, je n'en ai jamais de proximité avec M. Zemmour. Vous le savez très bien. Ni quand il était journaliste, ni quand il est responsable politique. Mais...
Il n'est pas d'extrême droite.
Mais non, mais d'abord, arrêtons que l'extrême droite. Qu'est-ce que ça veut dire ? Personne ne définit jamais l'extrême droite. Alors, extrême gauche... Vous la définissez. Quand on n'est pas de gauche, on est d'extrême droite ici. Bon. Moi, je n'ai jamais été de gauche. Je n'ai pas l'intention d'être de gauche. Et je déteste ce procès d'intention qui est ordinaire.
La théorie du grand remplacement, ce n'est pas d'extrême droite ?
Non, ce n'est pas d'extrême droite. Il a le droit de penser ça. Ce n'est pas ma thèse. Ce n'est pas ce que je pense. Mais comment on fait 53% ? Moi, j'ai été élu avec 84% de participation. Pour être élu, grosso modo, il faut 11 à 12 millions de voix au premier tour. Et une fois que vous avez qualifié au premier tour, il faut remettre la même chose au deuxième tour. Vous faites avec quoi ? Avec votre famille ? J'avais une majorité qui allait être du centre-gauche avec M. Kouchner jusqu'à M. Devilliers. On m'avait fait tout un procès parce que Philippe Devilliers était dans la majorité. Je l'avais même invité au comité de la coordination.
Vous l'avez dit Christine Boutin et vous l'avez sorti parce qu'elle est trop extrémiste dans votre livre.
Non, non. Si vous dites ça... Disons qu'elle ne correspondait plus à ce que je pensais que devait être l'évolution de la société. Vous savez, je n'ai jamais été de gauche, mais je n'ai jamais été un conservateur. J'aime le mouvement, j'aime le changement. Et la droite que j'ai voulu incarner, c'est une droite du mouvement. Ça bougeait parfois trop. J'étais pour la discrimination positive. Je n'ai jamais eu de manifestation, moi, des artistes parce que j'ai toujours sanctifié, protégé le budget de la culture. Mais il faut rassembler. Si vous ne rassemblez pas, vous restez dans votre chapelle. Vous ne pouvez pas rassembler les électeurs, pas faire alliance avec les chefs ?
Je ne l'ai jamais fait, monsieur. Non, non, non. Je ne l'ai jamais fait. Pour être clair, pour être clair. Non, mais bien sûr, il faut rassembler autour de votre projet. D'accord. Certainement pas. Je ne l'ai pas fait avec monsieur Le Pen, père, que j'ai reçu, hein, ce moment. C'était intéressant, d'ailleurs. C'est un homme cultivé, assez courtois, qui disait des énormités de temps en temps et qui avait été, au fond, façonné par la question de l'Algérie française. Donc il y avait une petite raison. Je n'ai aucune proximité avec madame Le Pen. Dites, monsieur Bardella, lit mon livre. Je ne vais pas l'empêcher, quand même. C'est franchement.
Et sinon seulement, s'il peut le lire et le comprendre, c'est encore mieux. Ah, vous pensez ? Ça, ça me plaît encore beaucoup plus. Mais quand on écrit, c'est pour être lu largement. Si c'est pour être lu par ma famille, je les aime. Je leur dis et ils me lisent, c'est sûr. Mais je veux élargir.
Nicolas Sarkozy