Abstention record : il faut une 6e République
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir. Alors du deuxième tour, pour l'élection de deux niveaux extrêmement importants de la vie démocratique du pays, les régions et les départements, c'est une fois de plus une abstention abyssale qui sépare la masse des Français, des institutions qui sont censées les représenter et porter leurs intérêts. Il est impossible d'admettre que dure plus longtemps, sans réaction, dans le ronron des routines du commentaire, l'effondrement progressif de la démocratie française qui frappe d'abord par les secteurs les plus actifs de sa population. Ce sont les jeunes et les ouvriers qui, plus que les autres, tournent le dos à ce qu'ils considèrent être une comédie.
Et comment pourrait-il en être autrement, où l'on a vu cette semaine, entre les deux tours, se déchaîner contre la jeunesse qui voulait faire la fête des violences insupportables, et pour les travailleurs qui défendaient leur emploi comme dans cette fonderie à Saint-Claude, des fermetures incompréhensibles des licenciements de masse décidés par des actionnaires qui se gavent en toute impunité et contre lesquelles on entend bien trop peu de voix s'élever.
Bien sûr, il faut dire que si nous ne renouvelons pas de fond en comble cette démocratie et notre République, si nous ne prenons pas les mesures qui sont attendues, la reconnaissance du vote blanc, le droit au référendum d'initiative citoyenne et au référendum révocatoire, la fin de la monarchie présidentielle, bref, la sixième République. Alors le pays ira se vident du sang de son énergie la plus importante, celle de la souveraineté du peuple.
Dans ce contexte, il est certain que sans que cela ait été l'argument décisif, la pagaille, l'incapacité à organiser sérieusement les élections par une distribution due par le code électoral, des documents qui normalement jusque-là parvenaient régulièrement dans tous les foyers pour préparer le vote, ont aggravé les circonstances, approfondi les raisons de s'abstenir parce que nombre ont pensé que c'était une façon de plus, de les mépriser dans ce contexte et dans la relativité d'un vote dans de telles conditions.
Il faut néanmoins, après avoir appelé à ce que pas une voix n'aille au Front National, au Rassemblement National aujourd'hui, dire combien nous sommes satisfaits et soulagés de la lourde défaite qu'a subie le Rassemblement National en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Et je voudrais remercier tous ceux qui ont fait ce qui représentait pour eux souvent un effort politique extrêmement douloureux et qui ont néanmoins donné leur voix pour que le Rassemblement National soit battu.
Pour finir, je voudrais rappeler à tous les commentateurs et partager avec les nôtres la joie du magnifique résultat obtenu à la réunion dans l'océan Indien par Huguette Bello, femme hors du commun, exceptionnel leader politique, qui a pris la majorité avec une large coalition que nous avions formée avec elle dès le premier tour avec les députés insoumis réunionnais et qui, au deuxième tour, a su, de la manière la plus ouverte et la plus loyale qui soit, tendre la main aux communistes et aux socialistes qui se sont joints à elle pour obtenir la victoire finale. Je suis certain qu'à la réunion commence, après dix années de gouvernement de droite de cette région, une ère nouvelle.
Et je forme le vœu qu'il en aille d'eux-mêmes en Guyane avec Gabriel Serville. Ainsi, deux régions seraient prises et changeraient par ceux-là même qui ont été parmi les plus insultés de cette campagne du premier tour. Et ce sera, une fois de plus, insoumis, notre contribution à l'histoire de la République, de la France et à notre adhésion la plus profonde, la plus chaleureuse, à ceux qui en fait l'esprit, ceux qui en fait l'identité profonde, la République, les Lumières, l'humanisme. Merci.
Merci. Merci. Merci.