L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 26/11
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Porte-parole du gouvernement. De nombreux sujets ce matin. Nous allons parler de la Grande-Bretagne, des migrants. Nous allons parler de la pêche, mais je voudrais commencer avec le Covid. Il faut sauver les fêtes de fin d'année. Disiez-vous avant-hier, sont-elles menacées ?
Il y a une vigilance à avoir, une préoccupation à avoir face à une épidémie qui a repris très fort, de façon fulgurante. On a encore aujourd'hui une augmentation de quasiment 80% des contaminations sur une semaine. On a atteint aujourd'hui le niveau qu'on avait atteint au pic de la quatrième vague cet été. La dynamique semble continuer à être la même, c'est-à-dire une augmentation très forte, fulgurante. Évidemment, il faut être très vigilant. Ce qu'on a accru depuis cet été, c'est la couverture vaccinale dans notre pays. Les Français se sont massivement fait vacciner.
Et donc, on voit aujourd'hui qu'on ne constate pas la même augmentation à l'hôpital en réanimation que celle qu'on augmente, qu'on constate pour les contaminations. Et donc, il faut continuer à maintenir cette avance qu'on a grâce à la vaccination, notamment faisant le rappel. C'est pour ça qu'on l'a ouvert à tous les Français depuis 18 ans à partir de ce week-end. Olivier Véran l'a dit hier, notre destin est entre nos mains. Ça veut dire qu'il n'y a pas de fatalité à ce que cette cinquième vague emporte tout sur son passage et nous oblige à reprendre des mesures, évidemment, qu'on ne veut pas voir revenir dans notre pays.
Bien, alors justement, pas de restriction de circulation pour Noël. Il n'y aura pas de restriction de circulation.
Tout ce qu'on a annoncé hier, toute la mobilisation des Français autour du rappel qu'on constate depuis hier, avec je crois un million de rendez-vous qui ont été pris hier dans la journée, elle dit précisément, Jean-Jacques Bourdin, à ce qu'on puisse passer les fêtes les plus normalement possibles.
Donc, pas de restriction, pas de fermeture d'établissement, pas de couvre-feu et pas de confinement à Noël.
Mais ce qu'on l'a dit, c'est notre cap. Notre cap, c'est de ne pas en revenir à des mesures de fermeture, de couvre-feu, de confinement. Et toutes les décisions qu'on est à prendre, tous les efforts qu'on demande aux Français, aux entreprises, à l'ensemble des acteurs de notre territoire pour faire respecter les règles, les mesures barrières et faire se déployer la campagne de rappel vaccinal, elles visent précisément à nous empêcher d'avoir à revenir sur ces mesures.
Nous passerons les fêtes de fin d'année librement, Gabriel Attel.
Tout ce qu'on fait, ça vise à cet objectif, évidemment. Et vous vous souvenez que l'an dernier, il y avait eu des inquiétudes sur les fêtes de Noël.
Oui, je me souviens, c'est pour ça que je vous pose la question.
Et d'ailleurs, on a fait le choix de laisser les Français aller faire les fêtes de Noël en famille, se déplacer en France, se rassembler. Il y a des personnes à l'époque qui avaient dit, vous prenez des risques inconsidérés, il va y avoir une explosion des contaminations juste après les fêtes de Noël. On ne l'a pas constaté. Pourquoi ? Parce que les Français ont été très responsables. L'an dernier, ils se sont réunis pour Noël, ils ont quand même fait attention. Il y a une grande responsabilité des Français. En même temps, il y a une lassitude que je comprends parfaitement. Les Français, ils en ont marre. Ils aimeraient qu'on passe à autre chose, qu'on mette cette épidémie derrière nous.
Mais d'ailleurs, comme tout le monde dans le monde, parce que tout le monde est confronté à cette cinquième vague. Et évidemment, on va tout faire pour...
Un nouveau variant détecté en Afrique du Sud avec un potentiel de propagation très rapide. Ça vous inquiète ? Que savez-vous de ce variant ? Pour l'instant, assez peu de choses.
J'en ai encore parlé avec la Direction Générale de la Santé hier soir. On récolte des informations en ce moment même. Il y a des réunions qui se tiennent.
Est-ce que nous allons interdire les vols en provenance d'Afrique du Sud ?
On a toujours pris les mesures. Dès lors qu'il y avait des pays où il y avait une circulation importante du virus et un variant qui nous inquiétait, on a toujours pris des mesures de protection. On en est au stade. Aujourd'hui, on est en train de compiler les informations dont on dispose. Avant de décider. Il y a des liens avec l'Organisation mondiale de la santé.
Parce que le Royaume-Uni vient de fermer les vols en provenance d'Afrique du Sud et des pays voisins. J'ai vu ça.
Mais vous savez, il y a des réunions en cours et un travail en cours. Et dans les tout prochains jours, si ce n'est les prochaines heures, on y verra un peu plus clair et on prendra des décisions. Évidemment, si c'est nécessaire, on a toujours pris ces décisions, notamment quand il y avait des variants qui nous inquiétaient. On a aussi beaucoup développé nos mesures de séquençage. C'est-à-dire qu'aujourd'hui en France, l'essentiel des contaminations et des tests positifs, on peut les séquencer pour voir à quelle variant ça correspond. C'est le variant Delta qui est quasi exclusivement aujourd'hui en circulation en France. Évidemment, on surveille ça de très très près.
Bien, la vaccination. Dès samedi, dose de rappel possible. Dès demain, dose de rappel possible recommandée pour toutes les personnes majeures. Dès cinq mois après la dernière injection. C'est très clair, c'est un rappel. Troisième dose. Donc, cinq mois de délai ou se faire vacciner partout. Vous ouvrez de nouveaux centres de vaccination partout en France. Oui, on va rouvrir des centres de vaccination.
Il y avait au pic 1600, je crois, centres de vaccination en France. On est aujourd'hui à 1100. Pourquoi ? Parce que la vaccination s'est beaucoup développée en ville. C'est-à-dire chez les pharmaciens, chez les médecins, chez les masseurs kinés, chez beaucoup de professionnels de santé, les sages-femmes qui peuvent vacciner. C'est pour ça qu'il y a des centres de vaccination qui ont réduit leur voilure ou qui ont fermé. Maintenant, il y a des endroits en France, on le sait, où il faut rouvrir des centres de vaccination. On estime que dans les prochains jours, prochaines semaines, on va en rouvrir 300 déjà, pour renforcer l'offre de vaccination.
Je sais qu'il y a beaucoup de Français qui nous regardent ou qui nous écoutent, qui ont cherché hier à prendre un rendez-vous pour un rappel, qui n'ont pas trouvé de rendez-vous. Ce que je veux leur dire, c'est qu'évidemment, avec ces centres qui vont rouvrir, avec des capacités qui vont se développer, il y a des nouveaux créneaux de vaccination qui, évidemment, seront inscrits sur les plateformes. On a besoin aussi de bras pour vacciner. Je veux saluer les professionnels de santé qui se mobilisent. On a les doses. On a 26 millions de doses en stock. Il y en a plusieurs millions qui sont déjà dans les frigos des pharmaciens, des médecins.
Et évidemment, ils continuent à être approvisionnés en doses.
Bien, si je ne fais pas mon rappel, je perdrai mon pass sanitaire.
Vous perdrez votre pass sanitaire. Si vous avez plus de 65 ans au 15 décembre, si vous êtes à 7 mois après votre dernière injection, si vous avez moins de 65 ans, vous perdrez votre pass sanitaire à la mi-janvier, si vous êtes à 7 mois de votre deuxième injection.
Et si je suis à 6 mois de ma deuxième injection ?
Si vous êtes à 6 mois de votre deuxième injection, vous ne perdez pas votre rappel. Bon, d'accord. Je ne perds pas mon pass sanitaire. Non, votre pass sanitaire, pardon. Vous avez un mois pour faire votre rappel.
Bon. Le pass sanitaire, finalement, est un pass vaccinal. On ne le dit pas, mais vous ne le dites pas. Mais pourquoi ? Parce que le test PCR valide 24 heures, ça implique un pass vaccinal. Le pass sanitaire est transformé en pass vaccinal. Pourquoi ne pas le dire, d'ailleurs ?
Ce n'est pas un pass vaccinal, parce qu'il y a encore la possibilité de se faire tester.
Mais on peut dire, Jean-Jacques Bourdin,
si vous voulez, ce qu'on peut dire après les mesures qu'on a annoncées hier, c'est que c'est devenu un pass maximal. Voilà, on a mis en place... Pass maximal. On a mis en place, c'est vrai, des nouvelles mesures. Qui font que ça resserre très fortement les choses, que ça fait peser plus de contraintes sur ceux qui ont fait le choix, en conscience, de ne pas se faire vacciner. Effectivement, jusqu'à aujourd'hui, ils pouvaient avoir le pass sanitaire en se faisant tester tous les trois jours. Maintenant, s'ils veulent continuer à bénéficier du pass sanitaire, il faudra qu'ils se fassent tester tous les jours, à leur frais. Donc, effectivement, ça resserre les choses.
Mais il y a toujours cette possibilité-là qui est donnée.
Beaucoup de personnes se demandent si nous n'aurons pas l'obligation d'une quatrième dose.
Moi, j'entends que cette question est posée. On me la pose... En Israël, elle est déjà posée. On me la pose déjà. Je ne peux pas vous répondre à cette question. J'aimerais pouvoir le faire. C'est les scientifiques qui apporteront cette réponse. Quand j'ai posé cette question à des scientifiques, ils m'ont répondu qu'il existe des pathologies pour lesquelles il y a un rappel de vaccination et puis ensuite, s'il n'y en a pas d'autre, que pour d'autres pathologies, il est nécessaire de faire des rappels régulièrement, qu'on ne sait pas ce qu'il en sera de la Covid. Ce qu'on sait, en revanche, avec certitude, c'est que le vaccin est remarquablement efficace.
Il y a encore une étude de l'adresse de scientifiques qui montre que quand vous êtes vacciné, vous avez quatre fois moins de risque d'être contaminé et neuf fois moins de risque de faire une forme grave de la maladie. Donc, c'est important non seulement de se vacciner, il y a encore des Français, d'ailleurs, qui font leur première dose. Le nombre de Français qui font leur première dose a continué à augmenter et donc, il faut faire son vaccin et puis faire son rappel, évidemment, quand on y est éligible.
Bien. Des jauges, limiter les rassemblements. Et des mesures barrières. C'est une partie des mesures barrières parce que vous allez limiter les rassemblements, fixer des jauges.
Le cap, tout à l'heure, c'est de ne pas non plus en revenir à des jauges. Il n'y aura pas de jauges. Notre objectif, notre cap, c'est de ne pas en revenir à des mesures de fermeture, de couvre-feu, de confinement, de jauges. Voilà. Et toutes les mesures qu'on a annoncées, encore une fois, elles peuvent nous permettre de tenir sans en avoir à revenir à ces mesures. Encore une fois, il n'y a pas de fatalité face à cette cinquième vague.
Il y a les masques à l'intérieur d'un restaurant, d'un bar, pour circuler, obligatoire pour aller aux toilettes. Dans tous les lieux intérieurs. C'est ça, dans tous les lieux intérieurs. Les gestes barrières, on les répète. Le gel hydroalcoolique, les masques. Dans les restaurants d'entreprise, 2 mètres de distance minimale entre chaque convive.
Oui, il y a un protocole sanitaire nouveau en entreprise qui va être publié, je crois, lundi, qui a été discuté entre ma collègue Elisabeth Borne et les partenaires sociaux, effectivement, pour renforcer, là aussi, les mesures barrières en entreprise. Télétravail, aucune obligation. Il n'y a pas d'obligation, mais vous savez qu'il y a beaucoup d'entreprises aujourd'hui qui pratiquent le télétravail, et c'est très bien. Je voyais d'ailleurs hier sur votre antenne une étude de l'Association nationale des DRH qui était relayée, qui montre que vous avez, je crois, 4 entreprises sur 10 aujourd'hui qui pratiquent le télétravail.
Il y a 20 000 accords de télétravail qui ont été signés en entreprise. Et donc, évidemment, c'est une pratique qui s'est beaucoup développée à l'occasion du Covid, et c'est très bien.
Dans les classes, les écoles élémentaires, à partir de la semaine prochaine, vous me confirmez, à partir de la semaine prochaine, un cas, la classe ne sera pas fermée. Expliquez-nous comment ça va se passer.
Jusqu'à maintenant, quand vous aviez un cas positif en primaire, vous aviez toute la classe qui fermait et les enfants qui rentraient chez eux. On est à, je crois, 8 500 classes qui sont fermées aujourd'hui du fait de ce modèle. On voit que c'est très contraignant pour les familles, et que c'est contraignant aussi pour les enfants qui ne peuvent plus aller à l'école pendant qu'ils sont chez eux, évidemment. Qu'est-ce qu'on a fait depuis plusieurs mois ? On a mis en place une expérimentation dans 10 départements. On a testé une autre solution.
C'est de dire, quand il y a un cas positif, la classe ferme, mais on teste l'ensemble des élèves de la classe, et dès lors qu'ils ont un test négatif, ils peuvent revenir en classe. Et donc la classe peut rouvrir et rester ouverte. On aura les résultats définitifs de cette étude, je crois, en fin de semaine prochaine, mais les premiers résultats dont on dispose, c'est ce que disait Jean-Michel Blanquer, montrent qu'il n'y a pas de surcontamination, et que ça permet en plus aux enfants de continuer à aller à l'école.
Donc c'est ce modèle-là qui va être généralisé à toute la France, où maintenant, quand il y aura un cas positif dans une classe, les enfants se feront tester, et lorsqu'ils seront négatifs, ils pourront continuer à aller en classe.
Continuer à aller en classe. Bien. Suspension des vols entre le Maroc et la France à partir de quand ?
Alors, on a effectivement été notifiés par les Marocains. Dans un premier temps, il était prévu que ce soit suspendu à partir d'aujourd'hui, et ils ont confirmé à notre ambassadrice ce matin que cette suspension des vols était décalée à dimanche soir. Dimanche soir. Pour laisser le temps, évidemment, à nos ressortissants. Provisoire, combien de temps ? Ils n'ont pas annoncé de fin de cette mesure. C'est une mesure qu'ils avaient prise avec d'autres pays européens depuis plusieurs semaines.
Évidemment, nous, on appelle nos ressortissants de passage à regagner la France, et à profiter de ces jours qui ont été rajoutés pour regagner la France, puisqu'on ne sait pas combien de temps cette suspension va durer.
Gabriel Attal, 27 migrants morts noyés dans la Manche, mercredi dont une enfant et une femme enceinte. Et Boris Johnson, qui écrit à Emmanuel Macron, il appelle la France à reprendre tous les migrants qui traversent la Manche. Il propose un accord bilatéral de relocalisation. Que répondez-vous ? Que répond la France ce matin sur RMC et BFM TV ?
Je dis au nom du gouvernement français que c'est une lettre qui est à la fois indigente sur le fond et qui est totalement déplacée sur la forme. C'est une lettre qui est indigente sur le fond parce qu'elle ne respecte pas tout le travail qui est fait par nos gardes-côtes, par nos policiers, par nos gendarmes, par nos sauveteurs en mer, qui au quotidien, au quotidien, se mobilisent. Il y a eu 7800 personnes migrantes dont on a empêché la noyade depuis le début de l'année dans la Manche grâce à leur mobilisation.
Elle est indigente sur le fond parce que ce qu'elle propose, ce que vous avez dit, cet accord de relocalisation, je ne sais pas comment il faut l'appeler, ce n'est évidemment pas ce dont on a besoin pour régler ce problème. Ce dont on aurait besoin, c'est que les Britanniques nous envoient des officiers de protection pour examiner les demandes d'asile qui les concernent depuis le territoire français. Ils ne le font pas ? Ils ne le font pas.
Et c'est ce que nous, on a fait, Jean-Jacques Bourdin, quand vous avez des bateaux qui sont arrivés avec des migrants en Italie, à Malte, avec des migrants sur ces bateaux qui déclareraient vouloir demander l'asile à la France, on a envoyé des officiers de protection sur place pour examiner les demandes d'asile et pour prendre notre part. C'est ça dont on a besoin.
Elle est indigente, cette lettre. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que les Britanniques se moquent de nous ? Elle est déplacée sur la forme, comme je le disais, parce qu'elle ne correspond pas du tout aux échanges que Boris Johnson a eus avec le président de la République, encore mercredi soir, au téléphone. Et je vais vous dire, il y en a marre des doubles discours. Il tient un double discours, Johnson ? Bien sûr, il y en a marre de l'externalisation permanente des problèmes. C'est à se demander maintenant si Boris Johnson ne regrette pas d'avoir quitté l'Europe parce que dès qu'il a un problème, il considère que c'est à l'Europe de le gérer. Ça ne fonctionne pas comme ça.
Ça fonctionne en coopération entre les pays de l'Union Européenne et notre voisin. Il dit, mais cet accord stopperait les traversés,
les migrants n'ayant plus de perspectives en Grande-Bretagne.
Ce n'est pas le cas, vous savez pourquoi ils ont des perspectives. Ils nous rejettent la responsabilité. Mais évidemment, et vous savez pourquoi... Ils rejettent la responsabilité sur la France. Vous savez pourquoi aujourd'hui, vous avez des migrants qui veulent passer en Grande-Bretagne ? D'abord parce que vous avez un patronat en Grande-Bretagne qui utilise totalement les migrants qui viennent...
1,5 millions de clandestins en Grande-Bretagne.
Voilà, qui les utilisent avec des jobs ultra précaires et qui les font travailler. Et donc évidemment, pour des migrants, c'est une perspective qui les attire. Ils vont là-bas aussi. Pourquoi ? Parce que la Grande-Bretagne fait beaucoup moins respecter ses règles et fait beaucoup moins de reconduite à la frontière que la France. On critique régulièrement la politique de la France sur ce sujet. Enfin, on fait beaucoup plus de reconduite à la frontière que les Britanniques. Voilà.
Et donc, qu'ils commencent par faire appliquer leurs règles, qu'ils fassent de la coopération pour faire venir des officiers de protection en France pour examiner les demandeurs d'asile, qu'ils nous aident à démontrer... Est-ce que nous allons dénoncer les accords du Touquet ?
Est-ce que la France...
Mais Jean-Jacques Bourdin, on peut se poser toutes les questions sur des accords...
Pourquoi ne pas dénoncer les accords du Touquet ?
Parce que vous ne pourrez jamais changer ni la géographie, ni les équilibres géopolitiques, ni le désir de migrants qui ont envie de se rendre aujourd'hui en Grande-Bretagne. C'est une réalité. C'est ça la situation.
Oui, mais la France... Mais pardon, c'est absurde. C'est absurde, Gabriel Attal. La France retient de force sur son sol des personnes qu'elles ne veulent pas garder et qui veulent partir. Mais précisément... Voilà où on en est.
Mais précisément, c'est pour ça qu'on a besoin davantage de coopération avec les Britanniques, pour qu'ils puissent examiner des demandes qui seraient faites sur notre sol de la part de migrants qui ne demandent pas l'asile en France. Oui. On a un système d'asile en France pour des personnes qui sont persécutées dans leur pays. qu'ils veulent aller au Royaume-Uni, qu'ils coopèrent davantage, qu'ils coopèrent aussi, et ça me tient à cœur, Jean-Jacques Bourdin, sur la question des passeurs. Oui. Parce que finalement, si on se retrouve dans ces situations, c'est aussi parce que vous avez des rentiers de la misère du monde qui profitent de cette misère.
C'est-à-dire que les Britanniques ne coopèrent pas ?
Vous avez aujourd'hui... Pour arrêter les passeurs ? Aujourd'hui, vous avez des passeurs qui sont installés, non pas en France, mais qui organisent ces réseaux depuis d'autres pays. La Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne, mais aussi depuis d'autres pays européens. C'est pour ça qu'on a une coopération européenne. Et donc, vous avez besoin d'une coopération renforcée. Je vous donne un exemple. Les passeurs qu'on a interpellés dans la nuit de mercredi. Je crois qu'il y a cinq passeurs qui ont été... Qui sont-ils d'ailleurs ? Quelle nationalité, ces passeurs ? Je n'ai pas davantage de précision à vous donner.
Mais en tout cas, ce qu'on a constaté, c'est que leur matériel, les bateaux pneumatiques qui étaient utilisés pour faire passer les migrants à travers la Manche, ils avaient été achetés, je crois, en Allemagne. Voilà. Donc, il faut plus de coopération entre les pays. C'est pour ça que dimanche, se tiendra une réunion avec Gérald Darmanin, ses homologues allemands des Pays-Bas de Belgique, la Commission européenne, pour être plus efficace dans la coopération internationale et européenne sur la question des...
Est-ce que vous demandez à la Grande-Bretagne la mise en place d'une route légale pour permettre de rejoindre les îles britanniques ?
J'ai dit ce que je demandais à l'instant et ce que nous attendions des Britanniques et ce qui changerait la donne si les Britanniques se mobilisent. Et si les Britanniques n'en répondent pas ? Nous faisons quoi ? Écoutez, nous, en tout cas, nous faisons quoi ? Mais notre souhait, c'est de continuer à avancer en coopération. C'est pour ça que dimanche va se tenir une réunion importante pour continuer à avancer. Je veux quand même insister sur le fait, quand même, que depuis le début de l'année, on a arrêté 1 500 passeurs. On a démantelé 44 réseaux de passeurs en France.
On a, je le disais tout à l'heure, près de 8 000 personnes qui ont été sauvées dans la Manche grâce à la mobilisation de nos sauveteurs. On a 12 000 personnes qui ont été mises à l'abri en France. On a 2 200 repas qui sont servis tous les jours à Calais, à Grande-Synthe, pour des migrants qui sont dans une situation de dénouement. Donc, il y a une mobilisation absolue des autorités françaises.
Je veux bien croire à Gabriel Attal, mais je me mets à la place d'Emmanuel Macron. Il n'en a pas assez de voir la Grande-Bretagne lui rironner. Lui rironner dans l'affaire des sous-marins australiens, parce que la Grande-Bretagne est partie prenante dans cette affaire. Lui rironner dans l'affaire des pêcheurs. Des pêcheurs. Les fameuses 150 licences que la Grande-Bretagne doit aux pêcheurs français. Où en est-on ? J'ai vu ce matin que le port de Saint-Malo était bloqué par les pêcheurs français.
Jean-Jacques Bourdin, c'est toute l'Europe qui attend de la part des Britanniques un partenaire avec lequel elle peut travailler. Parce que quand vous parlez de ces sujets-là, ça peut commencer par des sujets français qui ne sont pas respectés. Mais derrière, c'est peut-être d'autres dispositions de l'accord du Brexit qui ne seraient pas respectées et qui concernent l'ensemble des pays européens. C'est ça qui se joue. L'Europe doit frapper maintenant, frapper du poids sur la table face à la Grande-Bretagne. On fait plus que ça. On met une pression maximale depuis maintenant plusieurs mois. La France, il y a une mobilisation qui a augmenté au niveau européen.
Il faut dire que ça a démarré un peu tard, on peut le dire. Maintenant, il y a une mobilisation au plus haut niveau européen. Nous, on demande une chose toute simple et toute claire. Il y a un accord qui a été signé entre les Britanniques et l'Union Européenne dans le cadre du Brexit. Nous, on demande tout simplement que cet accord soit respecté. Et vous avez aujourd'hui des Britanniques qui disent « Telle mesure, finalement, elle ne nous arrange pas. On ne va pas la respecter. » C'est l'accord à la carte. Ce n'est pas possible. Parce que ça commence peut-être avec la pêche. Puis après, c'est l'Irlande du Nord.
Puis après, c'est d'autres mesures de l'accord qui concernent l'ensemble des pays européens. Le commerce, etc. Donc, il faut être extrêmement ferme. Et c'est ce qu'on fait. Il y a un conseil de partenariat dont la demande a été faite pour qu'ils se réunissent et pour qu'on puisse avancer sur ce sujet-là. Je peux quand même dire, Jean-Jacques Bourdin, que notre mobilisation ces dernières semaines, elle n'a pas été vaine. Puisque le nombre de licences qui n'ont pas encore été accordées pour nos pêcheurs a diminué. On n'était pas à 150 il y a quelques semaines. Mais ça montre qu'il faut poursuivre la mobilisation.
Est-ce que la France obtiendra la totalité des licences demandées, réclamées ?
Et moi, je veux rendre hommage à nos pêcheurs. Parce que qu'est-ce qu'ils font depuis un an ? Ils sont extrêmement résilients. Ils sont patients. Vous avez des Britanniques qui leur ont demandé plein de documents, de précisions, comme s'ils ne les avaient pas déjà. Ils ont été patients. Ils ont été résilients. Ils ont une inquiétude et une angoisse parce que c'est leur travail. On parle de leur outil de travail et souvent de celui de leur famille. Parce que derrière un pêcheur, vous avez souvent son épouse, ses enfants parfois qui travaillent avec lui aussi. Et donc, moi, je veux vraiment saluer leur courage et leur résilience. Nous obtiendrons ces licences. On ne lâchera pas nos pêcheurs.
On va continuer à se mobiliser pour eux. Et c'est ce qu'on a fait depuis le début de cette crise.
Vous êtes mobilisés, mais je vous demande si vous obtiendrez les licences.
Vous avez vu que notre mobilisation, elle a permis d'obtenir des résultats. Donc, c'est pour ça qu'il faut la poursuivre.
Bien. J'ai vu que Gérald Darmanin avait annulé sa rencontre avec la ministre britannique de l'Intérieur.
Effectivement, suite à la lettre qui a été envoyée, encore une fois, indigent et déplacée. On a dit, Gérald Darmanin a dit à son homologue ministre de l'Intérieur britannique, qu'elle n'était plus la bienvenue à la réunion que nous organisons dimanche avec leurs autres homologues qui, eux, travaillent en coopération ensemble.
Bien. Aux Antilles, situation quasi insurrectionnelle. Et notamment en Martinique, où la Guadeloupe, ça s'est un peu calmée, mais pas en Martinique. Des équipes de BFMTV et RMC ont essuyé des tirs à balles réelles. À balles réelles. Et il y a aujourd'hui des barrages. On n'approche plus de ces barrages. Avec des forces de l'ordre qui sont prises à partie. Avec des tirs à balles réelles. On est en situation insurrectionnelle. Est-ce que le gouvernement envisage d'envoyer l'armée ?
Moi, je veux rendre hommage à votre équipe. Je crois que j'ai lu qu'il y avait aussi un journaliste de Paris Match qui était concerné.
Et puis, il y a aussi un photographe de l'AFP, un autre photographe.
Je veux leur rendre hommage. On ne peut pas accepter, en France, nulle part dans le monde. Et en l'occurrence, moi, je suis porte-parole du gouvernement français. Que des journalistes soient pris pour cible quand ils font leur travail. Et qu'ils se retrouvent à essuyer des tirs à balles réelles. C'est totalement inacceptable. On a vu, il y a quelques jours, en Guadeloupe, déjà, que des forces de l'ordre avaient été visées par des tirs à balles réelles. Et donc, évidemment, fermeté absolue face à ces situations.
On fait quoi, fermeté absolue ?
On envoie des forces supplémentaires. Ce qu'on a fait, il y a aujourd'hui, pour ce qui est de la Guadeloupe, 2250 officiers de sécurité, police, gendarmerie, RAID, GIGN qui sont mobilisés. Vous avez d'ailleurs dit que la situation en Guadeloupe, c'était relativement calmée, apaisée. Ensuite, c'est fermeté dans les interpellations. Plus de 100 interpellations qui ont eu lieu ces derniers jours. Et je l'espère, fermeté dans les condamnations, puisque la justice est saisie et qu'il commence à y avoir des condamnations. Voilà. Et évidemment, il faut aussi du dialogue. Mais moi, je ne mélange pas les choses.
Les personnes qui, aujourd'hui, sont dans des pillages, sont dans des agressions vis-à-vis des forces de l'ordre, des journalistes, ou tout simplement d'autres Français, c'est inacceptable. Et il faut de la fermeté. Ensuite, évidemment qu'il faut du dialogue. Vous savez, hier, Sébastien Lecornu réunissait les maires de la Guadeloupe en visioconférence. Ils se sont accordés sur une méthode de travail pour aller encore vers l'apaisement et pour continuer à travailler ensemble. C'est comme ça qu'on va y arriver aussi. Mais il y a une fermeté absolue. On a toujours protégé nos concitoyens des Antilles.
Alors, si la situation s'aggrave, est-ce que le gouvernement envisage d'envoyer des militaires ?
Non. Ce que je vous dis, c'est qu'on a renforcé très fortement les policiers, les gendarmes, avec un appui du RAID et du GIGN sur place. Et vous l'avez dit, en Guadeloupe, on a constaté, je suis prudent quand même, mais on a constaté ces dernières nuits une situation qui s'était relativement stabilisée.
Gabriel Attal, dernière question. Est-ce que vous avez regardé l'émission Envoyé Spécial hier soir sur France 2 ?
Je n'ai pas regardé l'émission. J'ai vu des extraits sur les réseaux sociaux rentrant chez moi tard hier soir.
Les faits sont prescrits, mais les témoignages demeurent. Faut-il remettre en cause la prescription ?
Moi, j'ai vu ce que j'ai vu hier. Oui. C'est des témoignages, encore une fois, que j'ai vus sur les réseaux sociaux, qui sont poignants, voire glaçants, pour certains, et qui nous rappellent la nécessité que la justice puisse faire son travail dans ces situations et face à de tels actes. Oui, mais c'est comme ça qu'il y a un point.
La justice ne pourra pas faire son travail, en l'occurrence.
Alors, ce n'est pas tout à fait vrai, puisque même pour des faits qui apparaissent prescrits, la justice peut enquêter, ne serait-ce que pour vérifier si d'autres faits plus récents qui ne sont pas prescrits ont été commis. C'est important de le rappeler. C'est ce qu'Éric Dupond-Moretti, mon collègue garde des Sceaux, rappelait hier matin. Et donc, c'est important. On a beaucoup fait, vous savez, depuis le début de ce quinquennat, pour mieux recueillir la parole des femmes. Il y a, depuis le mouvement MeToo, une parole qui s'est libérée. Et je le dis, c'est heureux.
C'est important que les femmes osent parler, qu'elles puissent s'exprimer, et surtout, qu'elles soient crues, et que leurs témoignages puissent être recueillis dans de bonnes conditions, par la justice, par des formes de sécurité.
Donc, le soutien du gouvernement à Nicolas Hulot ? Lors du premier témoignage ?
Je me souviens, je n'étais pas au gouvernement à l'époque. Ce dont je me souviens, à l'époque, c'est qu'il y avait un témoignage d'une femme qui disait « Je ne veux pas qu'on parle de cette affaire. Je ne veux pas qu'on cite mon nom. » Et il y a eu un soutien à l'état de droit, à la présomption d'innocence. Vous avez aujourd'hui des témoignages supplémentaires qui s'ajoutent, qui n'étaient pas connus à l'époque, que ce soit du gouvernement. Vous soutenez toujours la présomption d'innocence ?
Je soutiendrai toujours la présomption d'innocence, mais ça n'empêche pas aussi de soutenir la libération de la parole et la parole des femmes, qui doit encore une fois être entendue, crue et respectée dans le cadre de notre état de droit et du fonctionnement de la justice. On a beaucoup fait, avec Marlène Schiappa, aujourd'hui aussi avec Elisabeth Moreno, pour mieux former nos policiers, nos gendarmes, à recueillir la parole des femmes, pour développer les endroits où on pouvait déposer plainte, pour lancer la plainte en ligne, pour soutenir les femmes psychologiquement, juridiquement, quand elles veulent porter plainte. Évidemment, il faut poursuivre cette action.
Merci, Gabriel Attal, d'être venu nous voir ce matin, porte-parole du gouvernement sur RMC et BFM TV.
Gabriel Attal