La « DZ Mafia » affirme ne pas être à l’origine des menaces contre le maire de Alès !
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Vous êtes dans quelle situation, pardonnez-moi ? Décrivez-nous un peu ce qui se passe autour de votre camping.
- 4:59OuverteRéponse directe
C'est quoi pour vous, les prochaines heures ? À quoi ça va ressembler ?
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Comment on va se préparer pour les prochains mois avec ce type d'aléas climatiques ?
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Racontez la vidéo publiée hier par la DZ Mafia, qu'on comprenne bien.
- 12:15OuverteRéponse directe
Mais alors, ça veut dire que quand on entend beaucoup, notamment dans cette affaire d'Alès, la différence entre la DZ Mafia traditionnelle et la DZ Mafia nouvelle génération, c'est ça ?
- 15:57RelanceRéponse directe
Mais qui a encore le pouvoir ? Est-ce que ça veut dire que dans ce cas-là, l'état-major ne tient plus ses troupes ?
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« 2400 hectares ont été parcourus. C'est ce que affirme le SDIS 33. »
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« Pour le moment, toujours 12 000 habitants et touristes ont été évacués. »
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« 700 pompiers sont mobilisés à l'heure actuelle. »
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« 150 engins sont toujours engagés et des engins vont encore venir au fil de la journée. »
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« Précisément, il y a deux Dages, deux Canadair et quatre appareils Air Tractor. »
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« 40 000 hectares ont été parcourus par les flammes en France cette année. »
- 3:04PrésentateurChiffre
« C'est plus de 12 500 départs de feu. »
- 3:06PrésentateurChiffre
« En Gironde, ce sont près de 2 000 hectares qui ont brûlé. »
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« Ah non, non, non, tout ce qui s'est passé là du côté d'Alès, non, non, ça, c'est pas nous. »
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« ils se sont désolidarisés de cette action à l'époque »
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« une branche qui contrôle le Vaucluse et le Gard qui a décidé de mener cette action contre le maire d'Alès. »
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« l'état-major dit non, non, non, c'est pas nous, on ne s'attaque pas aux politiques. »
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« cette affaire nuit énormément à nos affaires. »
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« on a bien en amont un cartel français de la cocaïne. »
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Pour le moment, il est 10h06, notre premier fait du jour. Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot. Et les premiers faits du jour, on est obligé de revenir sur ce qui se passe actuellement dans le Var et surtout en Gironde, avec plus de 2000 hectares dévorés par les flammes. On vous retrouve, Albin Texera, rebonjour. Rebonjour Benjamin, bonjour à tous. Moi c'est Maxime, mais il n'y a pas de problème mon cher Albin. Oui Benjamin, Maxime, je me perds entre la matinale et le 10h. Mais c'est ce qu'on appelle le mangue. Comment il va ? Comment ça fait longtemps, ces problèmes quand on se lève très tôt et qu'on se couche très tard ?
C'est que les visages se confondent, les heures aussi, et après ça commence à être les adresses. Et là, c'est pénalement repris ensemble. Ah bon ? Dites-lui, je ne suis pas sûr que vous allez avoir une réaction fantastique. On vient et on a besoin d'avoir d'abord un point sur la situation, Albin Texera. Ce sont des feux qui sont absolument ravageurs actuellement.
Le feu est particulièrement virulent, c'est ce que les autorités ont encore dit, encore il y a maintenant quelques minutes lors de leur point presse. L'actualité à retenir de la dernière minute, c'est que 2400 hectares ont été parcourus. C'est ce que affirme le SDIS 33. Pour le moment, toujours 12 000 habitants et touristes ont été évacués. Au total, dans ce secteur qui, on le rappelle, sévit du côté du Porge et de Somos. Il faut savoir une chose, c'est que 700 pompiers sont mobilisés à l'heure actuelle. 150 engins sont toujours engagés et des engins vont encore venir au fil de la journée. Précisément, il y a deux Dages, deux Canadair et quatre appareils Air Tractor. Aucune victime.
Heureusement, pour le moment, on est recensé à ce stade. Plusieurs routes sont coupées. Informez-vous en détail sur les routes qui sont coupées dans le secteur du bassin d'Arcachon. Et puis, il est important aussi de surveiller le vent qui va pouvoir peut-être se lever en fin de matinée. Et là, ça peut être catastrophique puisque, dans ce cas-là, plus d'hectares vont brûler au fil de la journée. Et ça, on espère que ça ne va pas trop sévir dans l'après-midi.
On espère aussi surtout que ça rappelle malheureusement les douloureux souvenirs de 2022. Merci beaucoup Albin Texera et toute la rédaction de Sud Radio. Mais vous faites partie de la rédaction aussi, amis auditeurs sur le terrain. Vous êtes actuellement en Gironde, dans le Var. Vous êtes dans un camping, vous êtes en train d'essayer d'évacuer. Vous nous passez un coup de fil, notamment entre midi et 13h. On dédiera totalement cette antenne à ce qui se passe sur place. Nos reporters, les pompiers, les auditeurs, les vacanciers. Vous serez nos yeux et nos oreilles sur place.
Et pour nous tenir informés de la situation, vous avez une fois plus le site sudradio.fr, les réseaux sociaux et tous nos journalistes qui sont, je les vois s'agiter partout derrière moi, qui sont actuellement au service de cette actualité. Il est 10h09 sur Sud Radio. On tire le fil de ce qui se passe actuellement en Gironde avec un camping. Parce que l'incendie de Gironde a provoqué l'évacuation de 12 000 personnes, dont 7 campings. Et on est avec vous, Franck Couderc. Bonjour. Oui, bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes le directeur du fameux camping de la Dune, c'est-à-dire le camping des Flots Bleus. Les chiffres, on vient de les rappeler, sont absolument affolants.
40 000 hectares ont été parcourus par les flammes en France cette année. C'est plus de 12 500 départs de feu. En Gironde, ce sont près de 2 000 hectares qui ont brûlé. Vous, actuellement, vous êtes dans cette situation. Vous êtes dans quelle situation, pardonnez-moi ? Décrivez-nous un peu ce qui se passe autour de votre camping. Hier soir, j'ai eu des photos de la part de nos agents de sécurité et même de clients qui voyaient le feu au loin et qui ont déjà vécu ça avec nous et qui étaient très inquiets. Donc, bon, alors, c'est vrai que là, c'est très, très loin, comme je leur ai dit, mais ils m'ont répondu. Oui, mais la dernière fois aussi, c'était loin.
Bon, là, c'est encore plus loin, donc ça va pour nous. J'ai pris contact avec des amis qui sont sur l'Aige pour les reloger si jamais ils avaient besoin. Et on regarde ça avec attention et tristesse parce que, malheureusement, on a déjà connu ça. Et quand vous aviez connu ça, c'est-à-dire que c'est un peu la même situation, cette sensation tout d'un coup que l'incendie est un peu loin, qu'on va être peut-être épargné. Et avec le vent, les circonstances météorologiques, tout d'un coup, un feu qui ravage une partie du camping. C'est exactement la même situation parce que nous, quand je le fais partie, on a évacué le lendemain, enfin, dans la nuit, on nous a dit non, mais c'est par précaution.
Donc, je vois bien que c'est les mêmes choses. On prend des précautions et tant mieux. Puisque nous, il faut rappeler quand même qu'il n'y a pas eu de décès ou de blessés graves. Donc, c'est quand même important de le rappeler au vu de ce qui s'est passé à Mérignac. Voilà, on a tout fait par précaution. Mais malgré tout, le feu avec le vent a progressé, progressé et a fini par faire ce que j'appelle mon carnage. Franck Coudert, vous êtes le directeur du camping de la Dune, autrement dit, le camping des Flots Bleus. C'est quoi pour vous, là ? Les prochaines heures, à quoi ça va ressembler ?
J'imagine des discussions avec les pompiers, des discussions avec quelques proches, des amis aux alentours. Racontez-nous un peu ce qui vous attend. Alors, on a mis, déjà avec la réception, parce que je leur ai dit, il faut peut-être s'attendre à recevoir des gens. Donc, on a mis des logements comme on pouvait, à disposition. Et puis après, c'est vrai que c'est dans toutes les bouches. Chaque fois que je croise quelqu'un, t'as vu, t'as vu, il y a de la fumée, t'as vu... Voilà, donc, oui, ça va tourner autour de ça. Alors, on va essayer d'évacuer ça, parce qu'il faut que, aussi, les gens puissent passer à autre chose. Mais, c'est pas facile.
C'est pas facile, surtout que, comme vous l'avez rappelé, ce n'est pas la première fois. Vous, en tant que, certes, citoyen de ces zones du pays, mais aussi en tant que chef d'entreprise, avec quelque chose qui dépend énormément de la saisonnalité, on imagine que, pour vous, cette période, en tant que directeur du camping de la Dune, c'est quand même une période sur laquelle vous misez énormément. Comment on va se préparer pour les prochains mois, les prochaines années, avec ce type d'aléas climatiques, avec ce type d'incidents qui ne vont faire que se répéter ? Bien souvent, moi, ce que je constate, c'est que c'est ou de la malveillance, ou des accidents.
Nous, le feu de chez nous, c'était un accident suite à un court-circuit dans un véhicule. Là, apparemment, c'est autre chose. La fin d'avant, c'était des pyromanes. Donc, en fait, ce qui va être important, c'est ce qu'on essaie d'opérer, nous, autour du camping, c'est la vigilance, être très vigilant à tout. On a eu un départ de feu, là, il y a trois semaines, un mois, nous, dans un logement, en deux minutes, voilà, on l'avait éteint parce qu'on est ultra vigilant. Et il n'y a que ça qui fera qu'on pourra s'en sortir, parce que là, ça devient impossible.
Et quand vous parlez d'ultra-vigilance, c'est aussi, je ne sais pas moi, par rapport à, j'imagine, des personnes en charge de la sécurité chez vous, élargir peut-être un peu le périmètre de leur vigilance, être attentif un peu plus encore à ce qui se passe autour du camping. C'est ce type de petit réflexe que vous essayez aussi d'instaurer ? Oui, on a formé énormément les salariés, les saisonniers, multiplié les points d'extincteurs qu'on a sur le camping. Et là, je pense que cet hiver, on va prendre contact avec les pompiers, voir si on ne peut pas faire une information.
Toutes les semaines, nous, on a un pot d'accueil pour les nouveaux Arians et faire une information auprès de ses clients, justement, pour leur expliquer. Ce serait une très bonne idée, ça. Un petit peu, ouais, on le fait déjà, nous, en interne, sur les noyades, on prévient les gens sur les baïnes, sur tout ça, et on aimerait bien le faire sur le feu, parce que quand je vois la dynamique des pompiers, ce qu'ils sont capables de faire, quand on dit que ce sont des héros, je peux vous dire que moi, je les ai vus à l'œuvre. Véritablement, ce sont des héros, hommes et femmes confondus.
Franck Gouderg, vous, qui êtes le directeur du Camping de la Dune, encore un mot, quel est le sentiment qui domine autour de vous, parmi les clients, parmi les occupants du camping, parmi les habitués, comme vous l'avez dit, j'imagine que c'est dans absolument toutes les discussions. Eux, comment ils le vivent, personnellement ? C'est quoi ? C'est de l'inquiétude ? C'est du ras-le-bol ? C'est de la lassitude ? C'est de la colère ? Non, c'est... Ils sont soucieux, soucieux parce qu'on voit les dégâts que ça peut engendrer. On voit que notre forêt, il n'y a plus de forêt. On voit que pour le climat, ce n'est pas bon. Ils sont soucieux et en même temps, on se dit, qu'est-ce qu'on peut faire ?
On a de l'impuissance. Donc voilà, après, c'est malheureusement, mis à part tenter de faire de l'hyper-prévention, on ne peut pas faire grand-chose. Et je retiens cette idée que vous avez eue peut-être, en effet, faire intervenir les pompiers à chaque semaine pour les nouveaux arrivants dès l'été prochain. Ce sera en effet peut-être quelque chose qui pourrait aider à la prise de conscience vis-à-vis de certains bons réflexes à avoir encore plus présent pour demain qu'aujourd'hui. Merci beaucoup, Franck Coudert, et bon courage. Là où vous êtes directeur du camping de la Dune, donc des flots bleus bien connus et qui avaient déjà connu un sévère incident au moment des incendies de 2022.
Espérons que l'histoire ne se répète pas de manière aussi tragique. Il est 10h15. Dans un instant, on va retourner du côté de la DZ Mafia. Rappelez-vous, hier, tous les yeux étaient tournés vers la DZ Mafia qui était à l'origine et qui avait menacé, qui avait tagué le fameux maire d'Alès. On en avait parlé ici, Christophe Rivain, qui avait été menacé de mort, puis qui avait été exfiltré de son domicile par le RAID. Ça, c'était lundi soir. Là, figurez-vous qu'on a eu une scène surréaliste publiée sur les réseaux sociaux, des gens cagoulés qui se revendiquent de la DZ Mafia et qui l'affirment. Ah non, non, non, tout ce qui s'est passé là du côté d'Alès, non, non, ça, c'est pas nous.
Ça, c'est pas ça, c'est pas nos menaces, c'est pas nos méthodes. Ah bon, mais alors, qu'est-ce qui s'est passé ? La DZ Mafia se dégonfle ? Est-ce qu'on s'est fait enflouer ? Est-ce que ça veut dire, en réalité, qu'il y a d'autres groupes qui imitent la DZ Mafia mais qui sont tout aussi dangereux ? Eh bien, ça fera partie des questions que l'opposera Jean-Michel Verne, qui est journaliste d'investigation, qui a beaucoup enquêté sur la DZ Mafia et qui va nous aider à décrypter ce qu'on a vu hier. A tout de suite.
Il est 10h19 sur Sud Radio et pendant que notre rédaction, forcément, tous nos reporters sur place, mais aussi vous, amis auditeurs, si vous vivez ce qui se passe du côté de la Gironde et du Var avec ces Saint-Zandie qui ravagent des hectares et des hectares, n'hésitez pas à nous passer un coup de fil. Vos témoignages comptent énormément. Vous avez bien sûr le 0826 300 300. Vous avez également le site sudradio.fr, l'application, ainsi que les réseaux sociaux. Vous êtes les bienvenus à l'antenne pour nous témoigner la situation. Et sachez que de midi à 13h, l'antenne, vous, sera accordée. Vous pourrez témoigner, vous pourrez nous raconter ce qui se passe.
Vous êtes directeur d'un camping, vous êtes un pompier, vous êtes vacancier, vous voyez les flammes, vous voyez de la fumée, vous êtes sur place. Venez nous raconter qu'on puisse, nous aussi ici, prendre le pouls de tout ce qui se passe en plus de la rédaction qui se mobilise et toutes les demi-heures. Vous retrouverez d'ailleurs les points adéquats. Pour le moment, autre actualité, 10h20, actualité explosive. Hier, on en a beaucoup parlé. Ce maire d'Alès, Christophe Rivin, qui avait été menacé par la DZ Mafia, obligé d'être exfiltré par le raid lui-même lundi soir en vue d'une énorme menace.
Mais hier, une vidéo sidérante publiée sur les réseaux sociaux, la DZ Mafia, qui dément être à l'origine de toutes ces menaces. Rien que ça. Bonjour Jean-Michel Verne. Oui, bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes journaliste d'investigation et l'auteur de ce livre que je recommande, Inside DZ Mafia, au cœur du gang narcomafieux. C'est aux éditions Arthaud. J'ai donné le contexte quand même des dernières heures et des derniers jours, mais raconté pour tous ceux qui ne l'ont pas vu, entendu, qui ne l'ont pas encore découvert, raconté la vidéo, Jean-Michel Verne, la vidéo publiée hier par la DZ Mafia, qu'on comprenne bien.
Ce qui se passe, c'est que je dirais que l'état-major de la DZ Mafia, comme il l'avait fait il y a deux ans après l'assassinat du chauffeur de VTC à Marseille, qui a été considéré comme un dérapage par l'organisation, ils se sont désolidarisés de cette action à l'époque et évidemment, ils se désolidarisent aujourd'hui de ce qui s'est passé à Alès. En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a un état-major dans la DZ Mafia et des branches, différentes branches qui sont rattachées à cet état-major et là, on a une branche qui contrôle le Vaucluse et le Gard qui a décidé de mener cette action contre le maire d'Alès.
Donc, si vous voulez, l'état-major dit non, non, non, c'est pas nous, on ne s'attaque pas aux politiques.
Mais alors, ça veut dire que quand on entend beaucoup, notamment, y compris dans cette affaire d'Alès, la différence entre la DZ Mafia dite, allez, traditionnelle, classique, et la DZ Mafia, la fameuse DZ Mafia nouvelle génération, quand on parle de guerre entre, je ne sais pas moi, ces deux différents clans, ces deux différentes branches, c'est ça ou c'est uniquement de la politique
entre le maire et les strats ? Non, non, ce qu'il faut que vous compreniez, c'est que DZ NG, c'est la DZ Mafia historique, qui a pris une nouvelle appellation, après une première scission. D'accord. Mais, ce sont les anciens, voilà, les historiques. Il faut que, la DZ NG, ce n'est pas une nouvelle, ce n'est pas une branche distincte. Non, la DZ NG, c'est la matrice, aujourd'hui. Et là, on a cette branche-là qui est issue de Marseille aussi, mais qui est descendue sur le Vaucluse, qui a pris en main le Gard et qui a décidé de mener cette action contre le maire d'Alès en sachant qu'ils tiennent le territoire depuis environ un an. Ils ne sont pas en train de le prendre. Ils l'ont déjà pris.
Voilà,
on va... Oui, il faut être clair. Dans cette vidéo qui a été publiée hier, eux, les personnes se revendiquant de la DZ Mafia, ils nient être responsables des menaces contre le maire. Je cite, cette affaire nuit énormément à nos affaires. Pourquoi ?
Parce que... Alors ça, il faut le comprendre. On va faire une analogie. Analogie avec ce qu'a fait Totorina en Sicile. Totorina, c'est donc le clan des Gorléonais qui décide de prendre le pouvoir et qui va commencer à tuer les rivaux et puis qui va déraper. Ils vont tuer des policiers, ils vont tuer des journalistes, ils vont tuer des écrivains, des hommes politiques et ils vont se marginaliser. Et ce qu'a fait Totorina, il y a eu mille morts à peu près, c'est les chiffres qui donnent le vertige. Ce qu'a fait Totorina a coûté très cher à l'organisation. Aujourd'hui, Cosa Nostra s'est complètement fait oublier et continue ses activités et prospère mais complètement dans la discrétion.
Et donc, ils ont compris, les gens de la DZ Mafia, qu'ils avaient beaucoup plus d'intérêt à se faire oublier en quelque sorte pour continuer leurs activités et développer d'autres secteurs. Je ne sais pas, la prise en main de marchés publics, les activités d'extorsion de fonds souterraines. Voilà, vous avez le fait d'occuper le devant de la scène, manifestement, ça les dérange. D'être trop médiatisé, ça les dérange.
Contrairement à beaucoup de choses qu'on a pu entendre ici et là, Jean-Michel Verne, en rappelant que vous êtes journaliste d'investigation et votre livre Inside DZ Mafia au cœur du gang narco-mafieux, c'est aux éditions Arthaud, que tous ceux qui ont un peu critiqué les journalistes qui mettaient la lumière sur la DZ Mafia, qui posaient un peu de questions provocantes, qui affichaient clairement les objectifs, qui ont parlé de cette vidéo en expliquant qu'on les starrisait. Visiblement, la médiatisation, ils n'aiment pas ça. Ça veut dire que c'est un bon outil, cette médiatisation, pour participer, alors d'une petite façon aussi, mais à la lutte contre eux ?
Là, on est sur... Il faut analyser un peu avec le recul. Mais en tout cas, ceux qui ont fait ça, ils avaient envie que ça soit médiatisé. Il y a une différence d'analyse entre cette branche et l'état-major, manifestement.
Mais qui a encore le pouvoir ? Est-ce que ça veut dire que dans ce cas-là, l'état-major ne tient plus ses troupes en réalité et qu'on va peut-être avoir une succession, malgré les vidéos comme ça, de nier une certaine réalité concernant les activités de la DZ Mafia, on va avoir des petites troupes beaucoup plus locales, peut-être beaucoup plus violentes, qui vont vouloir s'en prendre au maire, s'en prendre aux commerçants, s'en prendre aux policiers ?
Vous voyez, c'est un peu, on peut faire une analogie avec ce qui se passe en Corse, par exemple. On a un éclatement, on a 25 bandes, 20-25 bandes criminelles qui ont été recensées. On a effectivement, alors, un danger d'éclatement de la DZ Mafia, d'une certaine façon, avec des branches qui deviendraient effectivement assez incontrôlables et sans logique. c'est un peu, tout ça mérite une réflexion de fond. Je pense qu'au niveau de la DNPJ, on réfléchit beaucoup à tout ça. Parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire
qu'ils vont être de plus en plus incontrôlables, que quand on parle d'un groupe, on va peut-être s'apercevoir que le groupe sera assez rapidement divisé en plein de petites entités, capables de mener des actions très rapides, très violentes, avec, on l'imagine, des membres de plus en plus jeunes, de moins en moins connus. C'est toutes ces réflexions que vous semblez évoquer. Oui, tout à fait.
On peut avoir ce genre de réflexion en sachant que, comme l'avait souligné Lofast dans son rapport l'année dernière, on a bien en amont un cartel français de la cocaïne. Par exemple, ça, c'est intéressant parce que, lui, il continue à fonctionner. On a ce qui se passe en bas et puis on a ce qui se passe en haut. et il faut comprendre comment ça va évoluer, quels vont être les marchés émergents, les nouvelles drogues. On a, à fond, une vision, je dirais, macroéconomique et microéconomique.
Et au milieu, on a des élus, on a une population qui subit ça et tout ça, ça met en scène la responsabilité de l'État dans les moyens qu'il met en place pour tenter de juguler le phénomène mais on n'est pas, si vous me permettez l'expression, on n'est pas sorti de l'auberge.
Oui. Jean-Michel Verne, une dernière question avant qu'on se quitte.
C'est assez frappant d'écouter tous ceux qui connaissent quand même assez bien les questions de sécurité, les forces de l'ordre depuis hier qui disent mais en réalité quoi qu'on en pense, oui, on peut critiquer les moyens, ça c'est vrai, sans doute que l'État lui-même n'est pas suffisamment armé, peut-être que la police n'est pas suffisamment ci ou suffisamment ça mais surtout ce qui nous manque c'est l'espèce de volonté politique, la mentalité de dire que vis-à-vis des personnes contre lesquelles on lutte, il faut adapter notre mentalité, c'est-à-dire que oui, il ne faut plus par exemple que les policiers hésitent à faire usage de leur arme quand cela est nécessaire, etc.
Est-ce que ça, ça fait partie des réponses à apporter aussi Jean-Michel Verne ?
Il ne faut pas tout confondre ce qui relève de l'action de sécurité publique sur le terrain, de l'enquête judiciaire, non, la vraie problématique là, avant tout, ce n'est pas tellement de mettre des casernes, de déverser des casernes entières de CRS sur le terrain, la vraie problématique c'est remonter les filières, la vraie problématique c'est s'attaquer au blanchiment, c'est s'attaquer à toute la machine,
et ça, pour ça, il faut des moyens considérables qu'on n'a pas,
et là, en termes d'investigation financière, il y a des moyens que nous n'avons pas.
Ça c'est sûr, merci beaucoup Jean-Michel Verne d'avoir été avec nous, journaliste d'investigation, je rappelle, votre livre aux éditions Artho, c'est Inside des aides mafias au cœur du gang narco-mafieux, on en parlait alors. Sous-titrage Société Radio-Canada