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ChroniqueINA Actu· 19 septembre 2019 3 minPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & famille

Comment le blues a gagné les maires de petites communes | Franceinfo INA

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:22InvitéFait
    « En 2000, l'Association des maires de France sentait monter le ras-le-bol. »
  • 1:27InvitéChiffre
    « Selon son enquête, 47% des maires de communes de moins de 2000 habitants ne souhaitaient pas se représenter aux élections de 2001. »
  • 1:55InvitéChiffre
    « Entre 2009 et 2017, 1512 maires ont volontairement démissionné, dont 296 en 2017. »
  • 2:04InvitéChiffre
    « 2017, une année difficile pour les petites communes avec l'annonce de la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, une ressource capitale. »
  • 2:29InvitéFait
    « Autre coup dur pour les petites communes en 2017, toujours, la réduction des emplois aidés. »

Temps de parole

  • Invité56 %
  • Invité 213 %
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  • Invité 64 %

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Invité

C'est vrai que ce qu'on vit depuis quelque temps, les attaques, les insultes, je ne m'y attendais pas du tout, je veux dire, je n'étais pas prête pour ça. Pas facile la vie à la tête d'une petite commune. Les démissions de maire s'enchaînent ces dernières années, mais à vrai dire, le malaise est ancien. Ma mission est de plus en plus difficile. Les élus, les ministrés demandent aujourd'hui beaucoup, demandent trop. Les gens veulent tout, même l'impossible. Dès les années 70, la fonction de maire s'est alourdie. Une fois la France d'après-guerre réparée, l'État a laissé davantage de compétences aux maires, une activité parfois bénévole dans les petites communes.

Mon rôle est de plus en plus important et prenant. Et je considère qu'aujourd'hui, il est presque anormal de demander à un maire qui, en France, est encore un bénévole, alors que dans tous les autres pays, ils ne sont plus des bénévoles, de leur demander de suivre les affaires comme il faudrait les suivre aujourd'hui. Les conseils municipaux gèrent l'urbanisme, la voirie, les déchets, l'eau, l'école, la culture, le sport, l'état civil. Des tâches parfois techniques, trop techniques à l'échelle d'une petite équipe municipale.

C'est là le hit dans les petites communes, où on n'a pas de service technique par rapport aux grandes villes, où il y a un service technique pour les routes, service pour l'électricité, pour tout ce que vous voulez. Alors que nous, nous sommes le service technique. Et des fois, on peut arriver à faire des erreurs. En 2000, l'Association des maires de France sentait monter le ras-le-bol. Selon son enquête, 47% des maires de communes de moins de 2000 habitants ne souhaitaient pas se représenter aux élections de 2001. Parmi eux, celui de Muison, près de Reims, découragé par les critiques quotidiennes de certains administrés.

A force d'entendre les gens qui vous disent que ça ne va pas, on finit par se sentir coupable de ce qui ne va pas. Et ça aussi, ça devient un petit peu lourd à gérer. Et à force de prendre des coups, ça finit par faire mal. Entre 2009 et 2017, 1512 maires ont volontairement démissionné, dont 296 en 2017. 2017, une année difficile pour les petites communes avec l'annonce de la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, une ressource capitale. Dans nos petites communes, on essaye de gérer un sous le sous. Et aujourd'hui, on n'a aucune visibilité sur cette réforme. Et déjà, on a subi rythme scolaire, baisse des dotations de l'État.

Autre coup dur pour les petites communes en 2017, toujours, la réduction des emplois aidés. Aux deux tiers financés par l'État, ils étaient précieux dans les cantines, les écoles, les services techniques. L'Association des maires de France parlait alors de désastre pour la gestion des services publics.