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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 28 mai 2026 3 min

Première Guerre mondiale : près de 250 langues résonnaient dans les tranchées de Verdun

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Vous saviez que dans les tranchées de Verdin, on pouvait entendre à la fois du Swili, du Breton et du Vietnamien ? Ça c'est la voix de prisonniers de l'armée française dans les camps allemands pendant la Première Guerre mondiale enregistrée sur des disques 78 tours. On y entend des soldats déclamer le même texte, la parabole du fils prodigue dans leur langue maternelle.

Car sur le champ de bataille de Verdin, on ne parle pas que français et allemand. Sur l'ensemble de la guerre, on a enregistré près de 250 langues et dialectes différents. Le Dauphinois, le Laurent plus jeune le créole, mais aussi d'autres voix qui racontent des fables où chantent en Wallof, en KMER, en Pe arabe ou encore en Swili.

Ces enregistrements sont effectués par la commission phonographique prussienne fondée lors de la Première Guerre mondiale. Son objectif, profiter des prisonniers pour rassembler des documents sonores à des fins d'études ethnolinguistiques. Aujourd'hui, ces disques témoignent de tous ces hommes morts pendant la guerre et longtemps oubliés.

Pendant donc la bataille de Verdin à côté des poilus, hein, on a eu également des troupes qui venaient de l'empire colonial en Algérie. C'est la colonie qui a fourni le plus de combattants en fait pendant la Première Guerre mondiale. Des Algériens, des Tunisiens aussi.

Ça fait un total en théorie de 25000 hommes en fait. Et à côté, on a eu des engagements de tirailleurs 10 sénégalais. Alors pour les troupes dit sénégalaises, hein, c'est un abus de langage hein.

Il venait donc du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, du Bénin, voilà, de toutes ces parties de l'Afrique de l'Ouest. Il y a eu également des Somales, ce qu'on appelait des combattants somaliques qui venaient de la corne est de l'Afrique et on le sait encore moins, il y a eu également ce qu'on appelait les Indochinois, vietnamiens, cambodgiens, la participé également et bien à cette offensive du 24 octobre 1916. Il y a un autre cas spécifique, celui des entiers.

À l'époque, on considérait comm il n'y avait plus d'esclavage depuis 1848 et bien dans les ce qu'on appelait les anciennes colonies, les Antillet combattaient dans les régiments métropolitain. C'était un jour de Ramadan. La nouvelle était sans pardon.

Ils ont sorti les crayons et les papiers et sur leur registre nous ont enregistré. Ils nous ont traîné jusqu'aux Allemands. Avec leurs balles, ils nous ont blessé.

Quand Dieu voulait nous donner de la force, pauvre de nous. Nous avons été abandonnés entre deux montagnes. J'ai été blessé seul.

J'ai saigné, j'ai pleuré, j'ai hurlé. Mon corps fut tout entier souillé. Les Allemands m'ont récupéré sous leur verrou.

Ils m'ont enfermé. Moi qui croyais enfin rentrer chez moi. Maintenant, je suis seule ici déracinée.