Marine Le Pen : "Je suis la seule candidate à la présidentielle" du Rassemblement national
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la députée du Pas-de-Calais et présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. Beaucoup de questions à aborder avec vous ce matin. Ce discours très virulent contre l'Union Européenne que vous avez prononcé lundi dans le Loiret, en présence de Victor Orban et de Matteo Salvini. Notamment, on parlera de la situation budgétaire de la France, de votre candidature en suspens à la présidentielle.
Mais on commence avec les conséquences du drame de nos gens, l'agression mortelle d'une assistante d'éducation, tuée à coup de couteau par un élève de 14 ans, lors d'un contrôle inopiné des sacs menés par les gendarmes à l'entrée du collège. Emmanuel Macron, François Bayrou ont tout de suite annoncé des mesures pour lutter contre ce fléau des armes blanches chez les jeunes. Quelles sont vos propositions à vous pour l'endiguer ce fléau ?
D'abord, permettez-moi de pointer du doigt tout de même la contradiction qui existe dans ce gouvernement. Parce qu'en quelques mots, aujourd'hui, j'entends le Premier ministre, le président de la République vouloir interdire l'achat de couteaux sur Internet. Il y a quelques semaines, ils annonçaient une expérimentation pour condamner les porteurs d'armes blanches, ce qui est interdit, sans raison valable, dans l'espace public, à une amende forfaitaire. Donc il y a un moment, vous voyez, il y a une contradiction totale. Est-ce qu'on considère, comme moi, que le port d'armes blanches est un fait de société qui doit être évidemment combattu avec un très grand sérieux ?
Ou est-ce qu'on considère que c'est anodin et qu'une simple amende forfaitaire suffit, en réalité, quand vous êtes face à des gens qui sont porteurs de cela ? Donc la première des choses, c'est d'appliquer la législation sur le port d'armes illégal, parce que c'est devenu commun. Et d'ailleurs, quand vous interviewez des jeunes, ils disent « mais tout le monde, en fait, a une arme blanche dans la poche, c'est tout à fait légitime et c'est tout à fait normal ». Donc non, c'est interdit, c'est terriblement dangereux et c'est évidemment absolument interdit.
D'accord, mais comment vous faites, objectivement ? Après, il n'y a pas de solution miracle, parce qu'effectivement, des couteaux, il y en a dans la cuisine, donc comment on fait ?
Non, non, non, mais ça, c'est au gouvernement qu'il faut dire ça. C'est eux qui veulent interdire la vente d'armes blanches, alors que, effectivement, c'était un couteau de cuisine, d'ailleurs, en l'occurrence. Ça veut dire qu'on ne peut pas considérer comme anodin le fait de porter une arme blanche dans l'espace public. Ça veut dire qu'il faut donner des consignes au procureur, à la police et au procureur, pour qu'à chaque fois que quelqu'un est pris avec une arme blanche, il aille devant le tribunal correctionnel. Parce qu'encore une fois, ce sont des choses qui sont graves et qui n'existaient pas avant.
Deuxièmement, je pense qu'il y a un problème fondamental de vouloir à tout prix, et ça a été une philosophie depuis de nombreuses années, maintenir les élèves violents et gravement perturbateurs dans l'enseignement classique. C'est-à-dire que quand des élèves sont violents ou gravement perturbateurs, il faut qu'ils puissent être dirigés vers des établissements qui sont adaptés aux problèmes de discipline qui sont les leurs. Troisièmement, je pense que c'est une situation globale. Comme je l'ai fait lors de la dernière présidentielle, je suis très attachée à ce qu'il y ait un grand processus de resacralisation de l'intégrité physique.
Aujourd'hui, et d'ailleurs c'est venu confirmer en réalité ce sentiment, la déclaration du procureur, aujourd'hui la vie n'est plus sacrée, l'intégrité physique de l'autre n'est plus sacrée. Et donc il faut resacraliser ça par un durcissement, non pas des peines d'ailleurs, mais en réalité de l'aménagement des peines en cas d'atteinte grave à l'intégrité physique ayant entraîné une peine égale ou supérieure.
Marie Le Pen, pour qu'on comprenne bien ce que vous dites, vous estimez que si un couteau est retrouvé sur un élève, ça ne doit pas être le conseil de discipline, ça doit être le tribunal. C'est ce que vous avez déclaré hier.
Non mais que Madame Borne considère que le fait d'avoir une arme blanche sur soi à l'école, qui est, je le rappelle, une infraction, qui est condamnée jusqu'à 45 000 euros d'amende et 3 ans de prison, ne doivent entraîner qu'un passage devant le conseil de discipline, oui ça pose un problème en effet.
Donc vous c'est au tribunal, pour être très clair, un môme de 12, 13, 14 ans, on le voit avec un couteau, il va directement au tribunal. Ce que je veux dire c'est que vous savez, vous connaissez la situation de la justice, vous savez que la justice y sont débordées, ils croulent sous les dossiers, on va envoyer un gamin de 13, 14 ans quand on trouve un opinel dans son sac devant les tribunaux, est-ce que c'est réaliste ?
Oui parce que je vais vous dire, je plaide là encore et je vois que j'ai réussi à convaincre certains dans la classe politique pour le système néerlandais, c'est-à-dire la mise en œuvre de peines courtes mais fermes dès le premier délit grave pour les mineurs. Parce que la réalité c'est que le parcours de délinquance est un parcours d'impunité, qui fait qu'arriver à la majorité, ça tombe dessus, ça leur tombe dessus avec des peines de prison fermes, avec des faits qui sont extrêmement graves et qui auraient pu être évitées si la prise de conscience.
Donc un gamin de 13 ans, vraiment parce qu'on entend ce que vous dites, mais un gamin de 14 ans qu'on trouve avec un couteau dans son sac, il va en prison ?
Vous êtes en train de... mais non. Des peines courtes ? Mais non, un gamin de 13 ans, jusqu'à 13 ans, il ne va pas en prison, parce que je n'ai pas évoqué devant vous la modification du droit pénal dans le domaine de la minorité. Ce que je veux dire c'est qu'il faut qu'il y ait une réponse qui soit extrêmement ferme et extrêmement rapide. Or ça n'est pas le cas, il n'y a même pas de réponse, et même pas qu'elle n'est pas ferme ou pas rapide, elle n'existe pas en fait. Il y a zéro réponse et Mme Borne, elle nous dit qu'il faut un conseil de discipline. Et Mme Pécresse, qui en rajoute dans l'absurdité, dit qu'il faut que le conseil de discipline soit dirigé par le maire de la ville.
Je veux dire, Louis Alliou, il va être content, vous voyez, il a 100 000 habitants, s'il passe sa vie à faire des conseils de discipline, il n'est pas sorti, et je pense que les habitants ne vont pas être très contents. Non mais il faut arrêter avec le concours lépine des propositions les plus stupides qui soient. Et puis il y a évidemment le sujet de la responsabilisation des parents. Voilà, ça c'est un sujet majeur, parce que quoi qu'on en dise, quand on est parent, eh bien on a une obligation de surveillance.
Et il y a un article dans le code pénal, l'article 227-17, qui dit que s'il y a un défaut de surveillance qui compromet la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant, eh bien les parents sont responsables. Cet article-là n'est quasiment jamais utilisé. Donc on a un arsenal juridique, utilisons-le et arrêtons de vouloir inventer des nouvelles choses qui sont de surcroît inefficaces.
Par ailleurs, Emmanuel Macron a annoncé hier qu'il voulait aller vite et interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Êtes-vous là d'accord avec lui ?
Moi c'est la fiabilité, si vous voulez. On est en train de travailler sur ce sujet, parce que la réalité c'est que ça n'est qu'à l'achat, en passant un accord avec les différentes plateformes, que l'on pourrait limiter en réalité l'accès des mineurs. Encore faut-il que les parents jouent le jeu. Parce que si les parents achètent le portable à leur nom et le donnent à leur enfant, en réalité on ne pourra rien faire. C'est ça, donc les parents ont un rôle absolument essentiel. Et peut-être c'est bon de le redire d'ailleurs, parce que pendant des années, on a en quelque sorte écarté les parents de l'éducation de leurs enfants.
Et je pense qu'il est vraiment temps de les responsabiliser à nouveau en disant qu'ils sont responsables. Ce n'est pas seulement une responsabilité virtuelle, ils ont une vraie responsabilité.
Mais ça veut dire dire aux parents ou interdire aux parents les portables, d'acheter des portables ? Non, non, mais avant, il ne faut arrêter qu'interdire tout. Non, mais parce que vous dites qu'il faut responsabiliser. Non, non, mais parce que c'est un vrai fléau, vous le savez que c'est un vrai fléau. Je veux dire, il y a aujourd'hui beaucoup de jeunes de 13-14 ans qui passent deux heures sur TikTok par jour.
On fait comment ? C'est un fléau parce que ça a une influence sur la manière dont le cerveau de nos enfants se construit. Bon, il y a aujourd'hui beaucoup de jeunes parents, je vous le dis, qui ont pris conscience de cela et qui interdisent les écrans à leurs enfants. Donc c'est cela en fait. On ne pourra pas faire une société où en réalité c'est par l'interdiction, la contrainte et sans les parents qu'on arrivera à obtenir des résultats. Donc c'est cela à mon avis la chose à faire. Et le couteau n'est pas responsable en lui-même, vous voyez ce que je veux dire ? C'est celui qui le porte qui est responsable.
De la même manière que quand des gens avec une voiture foncent dans une foule, ce n'est pas la voiture qui est responsable, c'est le conducteur de la voiture.
Venons-en à votre actualité Marine Le Pen. Lundi, vous rassembliez dans le Loiret, un an après les Européennes. Vos alliés européens étaient notamment présents le Premier ministre hongrois Victor Orban ou encore le vice-président du Conseil italien Matteo Salvini. Orban a prononcé un discours particulièrement virulent, parlant des migrants. Il a déclaré, je le cite, « Nous ne les laisserons pas détruire nos villes, violer nos filles et nos femmes, tuer des citoyens pacifiques ». Il a comparé la politique migratoire européenne à, je cite, « un échange organisé de population pour remplacer le socle culturel de l'Europe ».
En clair, c'est la tétèse du grand remplacement qu'il défendait chez vous, devant vos troupes dans le Loiret. Vous pensez désormais, Marine Le Pen, qu'il y a un grand remplacement à l'œuvre en Europe ? Vous êtes d'accord avec Victor Orban quand il dit ça ? Chez vous, devant vous ?
Non mais, que M. Orban soit tout à fait opposé à l'immigration, c'est un fait. Il a raison. Et d'ailleurs, il n'y a pas d'immigration en Hongrie. C'est ce qui fait d'ailleurs qu'il paye des sommes absolument considérables de sanctions, puisque vous le savez, avec le pacte migratoire, l'Union européenne maintenant, en réalité condamne les États qui refusent de prendre les migrants à 20 000 euros par migrant. Ce que je considère comme étant une démarche autoritaire de la part de l'Union européenne et profondément antidémocratique, parce que chaque peuple a le droit de décider qui vient chez lui et qui s'y maintient. Et ce n'est pas à l'Union européenne d'imposer...
Mais vous pensez qu'il y a un échange organisé de population pour remplacer le socle culturel de l'Europe comme lui ou pas ?
Moi, je vous ai toujours dit que je ne pense pas qu'il y ait un complot. Je pense qu'il y a une politique d'immigration qui est idéologique, qui est irresponsable de la part de nos dirigeants, qui est la conséquence de leur aveuglement, qui est la conséquence de leur laxisme, de leur manque total de courage. Parce qu'il faut, pour s'attaquer au problème migratoire, et ne pas laisser les choses se dérouler comme elles se déroulent, il faut du courage. Et qui risque de mener à un grand emplacement culturel ? Chacun pense ce qu'il veut. Mais, si vous voulez, nous sommes des souverainistes.
La souveraineté, en fait, c'est être d'accord sur le fait qu'on a le droit de ne pas être d'accord entre soi. Vous voyez ? C'est ça, en fait, le principe du souverainisme.
Donc vous n'êtes pas totalement d'accord sur la ligne de Victor Orban ?
Non, mais moi, je suis d'accord sur le refus de Victor Orban de laisser entrer dans son pays une immigration dérégulée, une immigration massive, parce que je vois très bien ce que cette immigration dérégulée et massive a fait à notre pays. Voilà, sur nos comptes sociaux, sur la sécurité, sur les problèmes culturels qui peuvent être le fait de cette immigration massive. Donc, alors que d'autres pays regardent la France et se disent « je n'ai pas envie d'être la France », je peux comprendre. Pourquoi ?
Parce que je vous dis que la France est un des pays qui a subi une immigration absolument massive et qu'il y a des tas de pays en Europe qui, regardant la France, se disent « je n'ai pas envie que mon pays subisse ce que subit la France aujourd'hui ».
Vous avez, dans votre discours, pour le coup, vous aussi, été assez virulente, très virulente même, contre l'Union Européenne. Ça faisait longtemps qu'on ne vous avait pas entendu aussi déchaîner contre l'Union Européenne. L'Union Européenne coche toutes les cases, c'est un empire marchand, wokiste, ultra-libéral et parce que c'est sa nature, sa volonté, c'est un empire contre nos nations, c'est un empire qui manipule, menace des désordres, impose et opprime. Ça fait longtemps qu'on ne vous a pas entendu dire ça ?
Un an, à ce point. Un an, à peu près. J'ai dû dire ça aux élections européennes, en fait.
Quand on entend de telles phrases, on se dit que vous avez renié avec vos premières amours de 2017, c'est-à-dire le Frexit. Mais pourquoi ?
Mais parce que... Mais enfin, c'est quand même étonnant. Il y a quand même une démarche étonnante de la part de la classe politique et journalistique qui consiste à considérer que l'alternance ne peut pas exister. C'est intégré dans vos cerveaux qu'il n'y a pas d'alternance. There is no alternative, comme disaient les Britanniques. Eh bien, il y a une alternance possible. Il y a une alternative possible. Et elle peut intervenir par l'intermédiaire de la démocratie. Et d'ailleurs, c'est sain. Parce que précisément, c'est ça la démocratie. C'est la possibilité qu'il existe une politique alternative.
Or, nous nous battons au Parlement européen avec un certain nombre de succès contre toutes ces politiques que nous considérons comme toxiques. Là, on a vu le Parlement européen caler à plusieurs reprises la directive Omnibus qui revient sur un certain nombre de normes imposées aux industries qui ont failli tuer nos industries. Les sanctions contre nos constructeurs automobiles qui ont été abandonnées, c'est 450 millions que n'auront pas à payer nos constructeurs automobiles. Là, aujourd'hui, on a réussi à créer un doute au Parlement européen sur l'interdiction des voitures thermiques.
On avance. Marine Le Pen, la question, c'est une question de ligne. Quand vous dites que c'est une machine bureaucratique froide, un personnel autoritaire dans l'âme qui est profondément wokiste et ultra-libérale, la cohérence voudrait dire que, et vous l'aviez dit dans le passé,
est-ce qu'on en sort ? Non mais pardon, je suis extrêmement sévère avec Emmanuel Macron. Je n'entends pas sortir de la France. Je ne compte pas partir, je compte rester. Je compte faire ce qu'on fait dans une démocratie, c'est-à-dire lutter, combattre avec des idées pour permettre à une majorité de Français de choisir une politique alternative. Nous faisons la même chose en Europe. Et nous avons enregistré, parce que nos idées avancent, parce qu'avec l'ensemble de nos alliés qui représentent des millions d'Européens, eh bien, nous faisons avancer nos idées. En France, nous les faisons avancer. Nous avons sauvé la loi Duplon, qui allégeait les contraintes sur les agriculteurs.
Nous avons supprimé les zones à faible émission, qui interdisaient un certain nombre de Français de pouvoir se rendre dans les centres-villes des grandes villes. Nous avons limité la loi ZAN, qui interdisait la construction, et notamment là, en ce qui concerne la limitation, les interdictions de construction d'entreprises. Donc, nos idées avancent. Nous nous battons pour elles, avec un très grand succès, et on va continuer à le faire jusqu'à la victoire.
Sur la ligne politique, là aussi, non mais c'est vrai, on essaye de comprendre où vous vous situez. François Bayrou veut trouver 40 milliards d'économies face à un déficit public de près de 6%. Déclaration étonnante du député RN, Jean-Philippe Tanguy, qui louait mardi la règle d'or des 3% de déficit, outil particulièrement efficace. 3% de déficit, c'est la limite fixée par l'Union Européenne. Vous vous convertissez à l'orthodoxie budgétaire ?
Non. A la rigueur ? Non, mais vous savez, moi j'ai toujours considéré que tout ce qui était une limitation aux droits des parlements devait être regardé avec beaucoup de précautions. Donc, 3%, ça a été décidé sur un coin de table, ça peut être 4%. Le sujet n'est pas vraiment là. Le sujet, c'est qu'aujourd'hui, nous avons 3 300 milliards d'euros de dettes, 1 000 milliards d'euros qui ont été créés par Emmanuel Macron en l'espace de 8 ans. Or, on voit bien qu'il faut, on est parti dans le grand n'importe quoi. Voilà. Et le grand n'importe quoi, ça a des conséquences sur la vie quotidienne des Français.
Donc, ce que nous disons, c'est que nous devons réfléchir peut-être à une règle d'or qui permettrait d'équilibrer les dépenses de fonctionnement pour préserver les dépenses d'investissement. C'est-à-dire préserver ce qui prépare l'avenir et essayer de résoudre ce qui aubert l'avenir. Voilà ce que nous disons. Hors du gras, il y en a, évidemment. Il y a des économies à faire, et elles sont nombreuses, et sans passer par une augmentation des impôts, car nous le refusons, mais par une baisse des mauvaises dépenses.
Marine Le Pen, question sur la ligne du Rassemblement national. Deux stratégies différentes au sein de votre parti. L'une que vous incarnez dans le Loiret avec Victor Orban et Matteo Salvini, et l'autre incarnée par Jordan Bardella qui s'affiche avec des chefs d'entreprise, défend une ligne économique de plus en plus libérale. Il prend pour modèle Georgia Meloni. Il prône de plus en plus l'union des droites. Dites-nous, éclairez-nous, est-ce qu'il y a deux lignes au RN maintenant ?
C'est marrant parce qu'il me semble que Jordan Bardella était là dans le Loiret aussi.
Ça ne l'empêche pas.
Ça ne l'empêche pas d'avoir deux lignes. Il peut être là et penser différent. Non mais écoutez, il n'y a pas deux lignes. Franchement, la dernière fois, c'était drôle parce qu'il discutait avec des journalistes et les journalistes se disaient « Ah, vous êtes quand même beaucoup plus libéral que Marine Le Pen. » Et il venait exactement d'exposer le projet économique qui était celui que j'avais conçu pour la dernière présidentielle. Donc, j'entends qu'on ait envie de voir des différences. Il n'y a pas de différence. Et évidemment, nous parlons à des chefs d'entreprise.
Évidemment qu'ils se rendent compte d'ailleurs pour la plupart qu'ils ne connaissent pas non plus notre programme économique et que c'est bien qu'ils le connaissent parce qu'ils en avaient une vision caricaturale. Et je pense que l'on peut préserver les intérêts économiques de notre pays, renouer avec la croissance, sans obligatoirement considérer que les chefs d'entreprise, comme le fait la gauche, sont des adversaires ou des ennemis.
C'est vrai que vous avez eu cette petite phrase la dernière fois que vous avez pris la parole. Vous étiez en Nouvelle-Calédonie. Je ne suis pas sûre que Jordan, pour le coup, connaisse très bien les problèmes de la Nouvelle-Calédonie. Alors nous, évidemment, on a tous sursauté. Vous connaissez les journalistes. On s'est dit « Vous pensez quoi ? » s'il ne connaît pas bien les problèmes de la Nouvelle-Calédonie. C'était quoi ? C'était une correction ? Une réprimantée blu ? Mais c'était rien.
Vous faites toujours un... Enfin, vous faites de rien, quoi. Un buzz parce que, je ne sais pas, il vous manque des choses à dire. Pourtant, il y en a plein, quoi. La situation du pays est telle que, dans l'intégralité des domaines, on a des choses à dire. Il se trouve que j'étais en Nouvelle-Calédonie. La situation de la Nouvelle-Calédonie, elle évolue tous les jours. Je venais de faire 4 jours de consultation de l'ensemble de la classe politique pour proposer un sujet. Donc, au moment où on se parlait, je crois que j'étais celle qui connaissait le mieux la situation de la Nouvelle-Calédonie.
Parce qu'on me demandait, mais est-ce que vous allez aller avec lui dans le tour de table d'Emmanuel Macron ?
Marine Le Pen, la présidentielle arrive. On rappelle que vous avez été condamnée à 5 ans d'inéligibilité dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. Le procès en appel se tiendra au premier semestre 2026. Décision attendue à l'été 2026. Vous restez à ce jour la seule candidate à la présidentielle de votre parti.
Oui, évidemment. Je suis la seule candidate à la présidentielle. Car j'espère que la Cour d'appel rectifiera cette erreur majeure qui a été commise par le tribunal qui a constaté ma culpabilité et que je conteste formellement. et a décidé précisément, c'est dans le jugement, de m'empêcher d'être élu à l'élection présidentielle. Je pense que c'est un point démocratique absolument majeur.
Vous avez confiance dans la justice ?
Je veux avoir confiance dans la justice. Vous voyez ?
Et si jamais ça n'était pas le cas et que la Cour d'appel décidait ce qu'elle décidait, Jordan Bardella a-t-il les qualités pour être président de la République ?
Il a 31 ans ? Mais oui. Oui, parce qu'il pense bien, parce qu'il a les bonnes idées, parce qu'il a la bonne vision. C'est celle que nous partageons d'ailleurs ensemble. Donc voilà, les choses sont très claires. Nous allons mener campagne présidentielle jusqu'à la décision de la Cour d'appel. Et si jamais, par extraordinaire, la Cour d'appel décide de m'empêcher d'être candidate, ce qui sera un scandale mondial, eh bien, nous continuerons à faire campagne à la présidentielle. Avec lui ? Avec lui, bien sûr.
Un mot sur Gaza. Lundi, Emmanuel Macron estimait que le blocus humanitaire y était un scandale et une honte. Vous, vous diriez quoi à Benyamin Netanyahou si vous étiez au pouvoir aujourd'hui ? Continuez votre guerre à Gaza, on vous soutient. Quelle serait votre position ?
Ce qui est sûr, c'est que moi, je partage en tout cas l'objectif de Benyamin Netanyahou d'écarter définitivement et d'annihiler la puissance de destruction du Hamas. Mais je ne suis pas la seule, puisque je vois quand même qu'au moment où Emmanuel Macron tape à tour de bras sur Israël, Mahmoud Abbas lui-même, Mahmoud Abbas lui-même, le président de l'autorité palestinienne, donne des leçons à Emmanuel Macron en disant des choses qui sont très claires et qu'on attendait dans la bouche d'Emmanuel Macron. Un, il faut libérer les otages. Deux, il faut que le Hamas sorte de Gaza et qu'il n'ait plus aucune influence politique demain.
Et c'est exactement les conditions que j'ai posées moi pour commencer à réfléchir potentiellement à la reconnaissance d'un État palestinien que je défends, enfin, je défends l'existence de deux États depuis de nombreuses années. Mais j'ai dit, pas avec le Hamas, on ne peut pas forcer Israël à avoir comme voisin un État terroriste. Vous comprenez que la guerre continue aujourd'hui ? Moi, ce que je comprends, c'est que Mahmoud Abbas a une vision de cela qui est beaucoup plus ferme contre les terroristes du Hamas que la position d'Emmanuel Macron. Et j'en suis bien malheureuse.
Et dernière question, très rapidement, comment vous trouvez les quatre premiers mois au pouvoir de Donald Trump ? Il fait le job ?
Si vous voulez, on a vraiment le sentiment que ça part un peu dans tous les sens. Moi, j'attends de voir quels sont les résultats. Parce que c'est vrai qu'il est toujours beaucoup critiqué. Il est de bon ton de critiquer Donald Trump. Il a une méthode qui est assez particulière, qui est peut-être américaine, mais qui est assez brutale. C'est quoi le mot ? C'est assez difficile à comprendre en France. Mais moi, je juge les dirigeants politiques à leurs résultats. Et lors de son premier mandat, il a été beaucoup critiqué. Mais dans le domaine économique, il a obtenu pour les Américains des bons résultats. Donc, attendons de voir ce qu'il en est.
Et puis, en revanche, arrêtons de trouver des justifications à ceux qui usent de la violence, qui pillent, qui cassent. Parce que ce n'est pas un processus démocratique de faire ça.
Merci Marine Le Pen d'avoir été à notre micro sur Inter ce matin.
Marine Le Pen