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Podcast / conversationHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 21 mars 2024 13 minActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationInstitutions & élections

CETA : Le coup dur de la semaine pour Emmanuel Macron, expliqué

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  • 2:35PrésentateurChiffre
    « Le commerce entre les deux zones représentait 76 milliards d'euros en 2023 contre 46 milliards d'euros en 2016 »
  • 10:24PrésentateurChiffre
    « Les assassinats et les règlements de compte entre les délinquants en France ont augmenté de 38% en 2023 par rapport à 2022 »
  • 10:50PrésentateurChiffre
    « Parmi les 800 armes saisies en 2023, partout en France, par la police, près de 300 étaient des armes de guerre »
  • 10:57PrésentateurFait
    « En 2050, le nombre d'enfants par femme ne permettra plus de renouveler les générations futures dans les trois quarts des pays du monde »
  • 11:09PrésentateurChiffre
    « En France, en 2021, on était déjà à une moyenne de 1,75 enfants par femme »

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Vous n'en avez peut-être pas entendu parler et pourtant les débats étaient intenses et les conséquences nombreuses pour tous les Européens, y compris les Français. Les sénateurs français ont définitivement rejeté ce jeudi le CETA, cet accord de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada, après plus de 8 ans de discussion. Mais alors, pourquoi est-ce que cet accord est sur le devant de la scène cette semaine ? Pourquoi est-ce qu'il fait autant débat et quelles peuvent être les conséquences ? Salut, c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. On est parti ensemble pour une nouvelle plongée dans l'actualité en une dizaine de minutes. Alors, on va y aller étape par étape.

Le CETA, c'est donc un accord de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada. Un accord donc qui vise globalement à faciliter les échanges entre ces deux zones économiques. Il a été signé le 30 octobre 2016 et il est entré en vigueur de manière provisoire le 21 septembre 2017, en attendant la validation à l'échelle de chaque État de l'Union Européenne. Donc oui, c'est déjà l'un des premiers aspects à comprendre. C'est un accord qui a été mis en place avant même finalement sa validation à l'échelle de chaque État européen. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a deux volets dans cet accord. Il y a un volet commercial et un volet sur les investissements.

En réalité, ce n'est pas si dur à comprendre. Le volet commercial qui représente vraiment le gros de l'accord, c'est tout ce qui est entré en vigueur depuis 2017 car il a été voté par la Commission Européenne, qui est l'une des instances les plus importantes de l'Union Européenne. Donc dans ce premier volet, d'un point de vue commercial, on retrouve plusieurs mesures. L'une d'entre elles, c'est la suppression ou alors la réduction de façon importante des droits de douane. Donc ces montants à payer lors d'échanges commerciaux, mais aussi une réduction et des réglementations communes pour les échanges entre le Canada et l'Union Européenne.

Pour résumer donc, c'est un accord pour harmoniser les règles, baisser les droits de douane. Tout ça donc pour encourager les échanges commerciaux entre le Canada et les pays de l'Union Européenne. Le second volet du CETA, il concerne les investissements. Je vais passer un peu plus rapidement là-dessus. Mais l'objectif, c'est de définir comment est-ce que les entreprises du Canada peuvent investir dans l'Union Européenne et inversement, comment est-ce que les entreprises de l'Union Européenne peuvent investir au Canada.

Alors on va voir ce qui est critiqué dans un instant, mais pour ces défenseurs, un tel accord, ce serait un moyen de stimuler la croissance économique, d'augmenter les échanges commerciaux, mais aussi de créer potentiellement des emplois en favorisant donc les échanges. C'est globalement donc une vision libérale de l'économie et de son développement. Ces défenseurs estiment par ailleurs que jusqu'ici et depuis sa mise en place provisoire, donc depuis quelques années, le bilan selon eux est plutôt bon. Le commerce entre les deux zones représentait 76 milliards d'euros en 2023 contre 46 milliards d'euros en 2016, donc il y a une augmentation au fil des années.

Par ailleurs, ces défenseurs estiment que ça a permis une diversification des sources d'approvisionnement pour des éléments importants, typiquement pour l'importation de matières premières et de minéraux critiques. Typiquement, le Canada dispose de nickel ou encore de lithium qui sont nécessaires pour des technologies modernes, des batteries ou autres. Par ailleurs, les exportations canadiennes d'huile de pétrole de nickel, d'engrais ou encore de maïs et de blé ont fortement progressé, ce qui permet là aussi toujours selon ses défenseurs à l'Union Européenne de moins dépendre de la Russie en faisant donc davantage appel au Canada pour ce genre de choses.

Enfin, dernier élément selon ses défenseurs, à l'échelle nationale, le gouvernement estime que les résultats sont plutôt positifs. Le ministre délégué chargé du commerce extérieur, par exemple, estime qu'il y a eu une augmentation de l'exportation de fromage vers le Canada avec un tel accord. Mais je le disais, pour autant, ça fait vivement débat, d'où du coup les discussions au Sénat aujourd'hui. La première actualité qui est importante, c'est son impact sur certains secteurs sensibles. Concrètement, il y a de nombreux agriculteurs européens qui craignent d'être désavantagés par une concurrence accrue à cause de la suppression des droits de douane.

C'est d'ailleurs le même débat que ce qu'il y a actuellement autour des importations ukrainiennes. On va pas revenir là-dessus, mais c'est un sujet qu'on a déjà eu l'occasion d'évoquer. Par ailleurs, les plus petits producteurs et ceux qui pratiquent une agriculture davantage durable sont les plus concernés, en fait, par cette inquiétude. Et ils dénoncent une forme de concurrence déloyale avec donc cet accord qui irait favoriser finalement des importations venant du Canada. La deuxième critique qu'on retrouve beaucoup sur les critiques liées aux accords de libre-échange, ça concerne la protection de l'environnement.

En effet, cet accord, il pourrait notamment encourager une utilisation plus intensive des ressources naturelles, ce qui peut évidemment nuire à l'environnement. Ça a d'ailleurs déjà été vérifié par l'Institut Veblen qui a observé une intensification des échanges de produits polluants comme les engrais ou encore le pétrole.

Et puis, ce qu'il faut quand même noter, c'est que si on a un accord de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada, forcément, c'est pas les zones géographiques les plus proches sur Terre, et forcément, ça veut dire favoriser des échanges entre des pays qui sont loin et donc, de fait, favoriser des transports de marchandises sur de longues distances, ce qui évidemment peut paraître contradictoire avec une volonté de produire et d'échanger de façon davantage locale pour des raisons notamment écologiques. Troisième critique qu'on peut retrouver, c'est sur un volet d'investissement.

On va faire assez court parce que c'est assez complexe, mais le CETA propose un nouveau système qui est appelé le système de cours d'investissement. En gros, c'est un système qui permet aux entreprises et aux gouvernements de régler certains désaccords. Sauf que ce système, les opposants craignent qu'ils soient biaisés en faveur des grandes entreprises et donnent donc trop de pouvoir aux entreprises par rapport notamment au gouvernement. Et puis, dernière critique parmi d'autres qu'on peut noter, c'est pas tant sur l'accord en lui-même, mais sur la façon dont ça a été mis en place.

Je vous l'ai dit, c'est un accord qui a été discuté depuis des années maintenant et en fait, c'est un accord qui s'est fait finalement avec beaucoup de discussions à huis clos, très peu finalement de réunions et d'informations publiques. Et au-delà de ça, je le disais donc, il y a eu une forme de mise en place provisoire, on va dire, du CETA depuis des années maintenant, avant la ratification complète par tous les parlements de l'Union européenne. Et on en vient là donc au sujet important et à ce qui a changé aujourd'hui de façon assez drastique. En effet, on peut noter que le CETA avait été adopté par l'Assemblée nationale en 2019, mais ça n'avait jamais été adopté par le Sénat.

C'était donc tout l'objet du vote ce jeudi qui était poussé par les sénateurs communistes qui exigeaient un vote. Et justement, coup de tonnerre qui peut avoir un impact important, je vais vous expliquer pourquoi. Mais aujourd'hui donc, ce jeudi, les sénateurs français ont rejeté à 200 voix l'article du projet de loi relatif à ce traité, qui était donc provisoirement appliqué depuis 2017. Première chose qu'on peut noter, c'est un coup dur pour le camp d'Emmanuel Macron qui défend ce traité depuis des années maintenant et qui avait fait en sorte d'éviter qu'il soit examiné au Sénat.

Deuxième chose maintenant qu'on peut noter, c'est que désormais le CETA va être renvoyé à l'Assemblée nationale pour un nouveau vote. Et si l'Assemblée nationale vote contre le CETA, eh bien en l'occurrence, en théorie, le gouvernement va devoir notifier cet échec de ratification, comme on l'appelle, au Conseil européen. En gros, le gouvernement va devoir dire au Conseil européen « Écoutez, notre Parlement n'est pas favorable au CETA, il a voté contre. » Et suite à ça, eh bien sans rentrer dans les détails de droits européens et juridiques qui peuvent être complexes, eh bien ça pourrait tout simplement remettre en cause le CETA à l'échelle européenne pour tous les pays.

Et ça pourrait donc tout simplement entraîner son annulation pure et simple, même donc sur cet accord provisoire qui existe depuis des années. Bref, j'ai essayé de vous résumer au mieux à quel point c'est un sujet important et le débat donc sur tout ça. Ce qui est sûr, c'est que c'est un enjeu parmi d'autres à l'occasion des élections européennes aussi. Dans tous les cas, comptez sur nous pour expliquer dans les prochains jours ces grands sujets d'actualité, le lien aussi avec l'Union européenne. Et on le voit là, c'est des sujets de fait qui nous concernent. Je vous mets des liens directement en description si vous voulez creuser le sujet.

Je vous laisse avec Samy pour les actualités en bref. Et je reviens de mon côté juste après. Merci Hugo et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Les Etats-Unis ont présenté ce mercredi un projet de résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu'à la libération des otages dans la bande de Gaza. Ce texte a été présenté aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU. C'est ce qu'a annoncé le secrétaire d'État américain Anthony Blinken. Il n'y a cependant pour le moment aucun vote de prévu pour ce texte. Il s'agit en tout cas d'une première car jusqu'à aujourd'hui, les Etats-Unis, qui sont le principal allié d'Israël, avaient mis leur veto à plusieurs résolutions de ce type.

Ils avaient par exemple bloqué fin février un projet de résolution algérien qui réclamait un cessez-le-feu humanitaire immédiat. Plus de 31 923 personnes sont mortes dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre selon le ministère de la Santé du Hamas, la seule source disponible sur place mais dont les chiffres sont repris par des ONG. Deuxième actu, en Ukraine cette fois-ci, l'armée ukrainienne a affirmé ce jeudi avoir abattu plus de 30 missiles russes qui visaient Kiev, la capitale du pays. 13 civils ont été blessés dans plusieurs quartiers de la ville à cause des débris des missiles.

A la suite de cette attaque, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé sur les réseaux sociaux les occidentaux à aider l'Ukraine pour faire face à la Russie, en livrant notamment plus de systèmes anti-aériens. Les dirigeants européens sont d'ailleurs réunis à Bruxelles jusqu'à vendredi pour discuter de formes innovantes de financement pour armer l'Ukraine face à la menace russe. Troisième actu, des opérations collège désert étaient attendues ce jeudi dans plusieurs établissements scolaires dans toute la France.

Alors cette initiative, lancée par des professeurs, consiste à demander aux parents qu'ils le peuvent de ne pas envoyer leurs enfants en cours afin de soutenir les professeurs. De leur côté, les enseignants qui ne sont cependant pas en grève sont toujours disponibles pour accueillir les collégiens qui se rendent malgré tout à l'école. Le but de cette opération, c'est notamment de dénoncer les groupes de niveau qui doivent être mis en place à partir de la rentrée de septembre 2024 dans les classes de 6e et de 5e, en français et en mathématiques. Les groupes de niveau sont une mesure initiée par Gabriel Attal quand il était encore ministre de l'éducation.

Ça consiste à répartir les élèves dans des groupes différents en fonction de leur niveau, mais elle est contestée par les enseignants qui craignent la stigmatisation et une forme de discrimination pour les élèves les plus en difficulté. Quatrième actu, toujours en France, le syndicat CGT de la RATP a lancé ce jeudi un appel à la grève pour le 4 avril. Il réclame le versement dès les prochains mois des augmentations de salaires négociées avec la direction. Concrètement, la CGT est le seul syndicat à ne pas avoir signé l'accord sur les salaires fin février qui proposait une augmentation de 100 euros brut par mois pour tous les agents.

En fait, il regrette que cette augmentation intervienne seulement à partir de janvier 2025 et estime que les agents RATP en ont besoin dès maintenant. Pour rappel, la CGT avait déposé un préavis de grève allant de février à septembre, ce qui couvre donc la période des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris, ce qui signifie que des grèves peuvent avoir lieu pendant cette période et ce sera donc le cas le 4 avril. Cinquième actu, les assassinats et les règlements de compte entre les délinquants en France ont augmenté de 38% en 2023 par rapport à 2022, ce sont les informations exclusives de France Info. 418 personnes en ont été victimes l'an dernier contre 303 en 2022.

Les villes les plus concernées par ces actes sont Marseille, Annecy, Lyon, Amiens ou encore Grenoble. Selon France Info, de plus en plus d'armes de guerre sont utilisées dans ces assassinats, donc des armes qui sont normalement strictement réservées aux militaires, comme des mitrailleuses. Parmi les 800 armes saisies en 2023, partout en France, par la police, près de 300 étaient des armes de guerre. Sixième actu, en 2050, le nombre d'enfants par femme ne permettra plus de renouveler les générations futures dans les trois quarts des pays du monde. C'est ce qu'affirme une étude parue ce jeudi dans la revue scientifique américaine The Lancet.

Concrètement, d'ici à 2100, le taux de natalité des pays sera inférieur à 2,1 enfants par femme, qui est donc le seuil nécessaire pour assurer le renouvellement des générations. Pour vous donner une idée, en France, en 2021, on était déjà à une moyenne de 1,75 enfants par femme. Il y a 70 ans, les femmes avaient en moyenne 5 enfants, et en 2100, seuls 6 pays parviendront à atteindre le taux de 2,1 enfants par femme. Ces pays sont la Somalie, le Niger, le Tchad, le Tadjikistan, les îles Tonga et les îles Samoa. Alors, il s'agit là d'une estimation qui peut encore bouger. Les scientifiques précisent que cela dépendra beaucoup des politiques de soutien à la natalité dans chaque pays.

Les niveaux d'éducation des femmes ont encore de l'accès à la contraception. Septième actu, l'influenceur et acteur pornographique Adé Laurent, connu pour ses lives sur TikTok et ses participations dans plusieurs téléréalités, est visée par une plainte pour viol. Selon les informations d'actu.fr, une femme de 28 ans accuse l'influenceur de l'avoir violée en Australie en 2018, lorsqu'elle était encore âgée de 22 ans. Il se serait rencontré dans une boîte de nuit et aurait eu une relation d'une dizaine de jours. La jeune femme affirme avoir été forcée à avoir une relation sexuelle avec lui sans préservatif, ainsi qu'une fellation qu'elle refusait de lui faire.

Une plainte pour deux viols aurait été déposée à Paris ce mercredi par la jeune femme. Et pour le moment, Adé Laurent n'a pas encore réagi. Dernière actu, le premier patient de l'implant cérébral de l'entreprise Neuralink, qui appartient à Elon Musk, a réussi à jouer aux échecs par la pensée. C'est ce qu'a annoncé ce mercredi le milliardaire américain dans une vidéo publiée sur X. L'homme qui est tétraplégique a réussi à déplacer à distance le curseur du jeu d'échecs en ligne par le biais d'un ordinateur. À terme, l'objectif de ces implants est de redonner la mobilité aux personnes paralysées.

Ce type d'opération fait cependant l'objet de nombreuses questions éthiques après avoir été rappelé à l'ordre par les autorités américaines. Voilà, c'est la fin de ce résumé de l'actualité du jour. Évidemment, pensez à vous abonner pour ne pas rater le suivant, quelle que soit d'ailleurs l'application que vous utilisez pour m'écouter. Rendez-vous aussi sur YouTube ou encore sur Instagram pour d'autres contenus d'actualité exclusifs. Vous le savez, le nom des comptes, c'est HugoDécrypte. Écoutez, je crois que j'ai tout dit. Prenez soin de vous et on se dit à très vite. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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