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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 18 novembre 2025 26 min

Bernard Jomier : « Le Premier ministre agite une peur inutile : il y aura un budget pour la France »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:11
Bernard Jomier

Bonjour Bernard Jomier, merci d'être avec nous. Vous êtes sénateur de Paris, membre de Place Publique. On va revenir dans quelques instants sur la pénurie de médicaments, sujet sur lequel vous avez travaillé. D'abord, on regarde trois unes de la presse régionale ce matin. D'abord, la une de la Voix du Nord. Protoxyde d'azote, le fléau, il pourrait être impliqué de nouveau dans le décès d'une adolescente de 17 ans à Roubaix. La deuxième une, celle du Républicain Lorrain. Un Ovasco, la fin de l'acier à Agondange. Le tribunal de Strasbourg qui a donc validé hier la reprise du groupe, n'incluant que le site de Dunkerque, la fin de l'usine d'acier d'Agondange et ses 430 emplois.

Et puis, la dernière une, c'est celle du Dauphiné. Ado blessé par balle, l'ombre du narcotrafic qui a tiré à Grenoble sur un mineur isolé de 13 ans dans la nuit de samedi à dimanche. Pas encore de réponse, mais tout laisse à penser qu'il est la énième victime d'un narcotrafic qui s'est affranchi de toute morale pour dicter sa loi. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:05
Invité

Du protoxyde d'azote ? Du protoxyde d'azote parce qu'on a voté l'année dernière une proposition de loi dont j'avais dit que malheureusement elle serait inefficace et elle est inefficace. La seule mesure à prendre sur le protoxyde d'azote qui serait efficace, c'est d'interdire la vente aux particuliers. Alors on nous objecte que ça sert à faire de la crème chantilly, mais c'est un argument qui ne tient pas. Il faut que les professionnels, les restaurateurs, puissent continuer à utiliser du protoxyde d'azote, mais il faut interdire la vente parce que c'est le deuxième événement dramatique.

En quelques jours, rappelez-vous ce jeune qui a été tué dans la même région, dans le nord d'ailleurs, il faut interdire la vente de protoxyde d'azote.

1:49
Bernard Jomier

Vous allez travailler à une nouvelle loi ?

1:51
Invité

Il y a déjà une proposition de loi qui a été déposée il y a quelques jours par ma collègue Marion Canalès. Il faut que le gouvernement prenne l'initiative pour que ça aille vite et que le Parlement en décide ainsi.

2:05
Bernard Jomier

On va parler du budget. On a entendu dans le journal Sébastien Lecornu, l'absence de budget est un péril pour la France. C'est ce qu'il a dit hier, vous êtes d'accord ?

2:14
Invité

Ce serait un péril pour la France, mais je crois qu'il ne faut pas agiter des peurs inutiles.

2:18
Bernard Jomier

C'est ce qu'il a fait hier ?

2:19
Invité

C'est ce qu'il a fait hier.

2:20
Bernard Jomier

En voulant rassurer les entrepreneurs ?

2:21
Invité

Mais il y aura un budget. Il y aura un budget pour la France. L'idéal, ce serait que le Parlement l'adopte. Mais vous savez que notre Constitution prévoit d'autres possibilités, les ordonnances, la loi spéciale comme l'an dernier.

2:33
Bernard Jomier

Vous n'y seriez pas opposé aux ordonnances ?

2:35
Invité

Mais il faut que le Parlement puisse voter. C'est quand même, ce serait normal en démocratie. Mais je dis simplement que la Constitution prévoit cette éventualité, donc que le Premier ministre agite une peur inutile.

2:47
Bernard Jomier

Ça dépend beaucoup de la gauche, des socialistes, le vote de ce budget. Est-ce qu'il faut tout faire pour que les socialistes, à minima, s'abstiennent sur ce budget ?

2:54
Invité

Ça dépend de l'ensemble du Parlement et ça dépend du gouvernement. Or, le gouvernement, s'il a fait des gestes de compromis envers la gauche, a manifestement un peu une double attitude, puisque dans le même temps, il fait traîner les débats où le Premier ministre prononce des mots comme hier, accusant, en gros, la gauche des résultats de la délibération de l'Assemblée nationale. Donc, c'est une responsabilité collective. Nous, nous avons pris les nôtres. Moi, je suis favorable à une logique de compromis, parce qu'il faut que le pays avance, mais le compromis, ça se fait avec tout le monde, l'ensemble du Parlement et le gouvernement.

3:34
Bernard Jomier

Est-ce qu'ici, au Sénat, vous pensez pouvoir trouver un compromis avec la majorité sénatoriale ?

3:40
Invité

Sur le budget de la Sécurité sociale, qui est le premier texte qui arrive, on a eu la réunion de commission il y a trois jours, et on a constaté à cette occasion que la majorité nationale souhaitait réaffirmer ses positions. Alors, on a tout à fait le droit, mais ne donner aucun signe de volonté de compromis. Je vais prendre un seul exemple, la question de la suspension de la réforme de la retraite, où la rapporteure générale nous explique que ça coûtera seulement quelques centaines de millions d'euros en 2026, donc un coût pas très élevé. La rapporteure de la branche IIS nous explique que c'est un peu anecdotique, que ça n'a pas une grande portée. Alors, autant l'accepter.

Et non, elles vont supprimer cette suspension, si je puis dire, c'est-à-dire rétablir la réforme de retraite telle que passée par Elisabeth Borne, dans les conditions qu'on connaît. Donc, ça, plus la suppression d'une petite taxation du capital, un point de CSG sur le capital en plus, la majorité nationale supprime, la majorité sénatoriale supprime. Donc, on voit bien qu'il n'y a pas de volonté de compromis, et je ne veux pas m'étendre sur tous les autres amendements. Il y a la volonté de passer en force, si je puis dire, sur les idées de la majorité.

4:54
Bernard Jomier

Il y a un budget de droite, et ça va être compliqué, du coup, en commission mixte paritaire, pour vous ?

4:59
Invité

Je pense très clairement, le message qui nous est envoyé, c'est qu'on ne veut pas d'accord. Donc, ça veut dire, derrière, effectivement, probablement pas d'accord en commission mixte paritaire. Mais moi, j'espère que les jours à venir, voilà, feront réfléchir la majorité sénatoriale. Ce n'est pas parce qu'elle est majoritaire au Sénat, ce n'est pas parce qu'elle a des idées bien arrêtées, que c'est conforme à l'intérêt du pays. L'intérêt du pays, c'est que chacun fasse un pas. Et là, elle n'en fait pas.

5:26
Bernard Jomier

Il y a beaucoup d'amendements qui ont été déposés sur ce budget de la Sécurité sociale. Est-ce que déjà, vous pensez pouvoir arriver au bout dans le temps imparti ?

5:32
Invité

Écoutez, on verra bien, mais normalement, oui. On siègera dimanche s'il le faut. Mais moi, je souhaite qu'on arrive au bout du texte. On a toujours réussi à arriver au bout des budgets de la Sécurité sociale, sauf une année où on l'a interrompu volontairement, on va dire. Mais je pense qu'on doit y arriver et qu'il faut y arriver. Et il faut y arriver, encore une fois, dans un esprit de compromis. Moi, j'attends les pas de la majorité sénatoriale pour indiquer qu'elle respecte aussi ce qu'a fait l'Assemblée nationale. Je ne partage pas tout ce qu'a fait l'Assemblée nationale. Je l'ai dit en commission, 24 milliards d'euros de déficit pour la Sécurité sociale, ce n'est pas possible.

Il faut ramener le déficit autour de 15 milliards d'euros. Et ça, on est d'accord avec la majorité sénatoriale sur ce point. Après, les moyens d'y parvenir, c'est là où, évidemment, il y a un désaccord. Et moi, j'appelle au compromis.

6:23
Bernard Jomier

Un mot sur le texte sur la lutte contre la fraude fiscale et sociale. Le vote a lieu aujourd'hui au Sénat. Vous le voterez, vous, ce texte ?

6:30
Invité

Non, pour une raison très simple. La fraude fiscale, c'est 50 à 80 milliards d'euros, on ne sait pas exactement. La fraude sociale, 10 à 15. Et ce texte, les trois quarts des articles portent sur la fraude sociale. Et on a vu pendant les débats que, manifestement, ce qui préoccupe beaucoup nos collègues de la majorité sénatoriale, c'est la fraude au RSA, qui est la plus minime dans les fraudes sociales, puisque la première fraude sociale, c'est le travail dissimulé. Donc, c'est les employeurs. Ce texte, il n'est pas équilibré. Ce texte, c'est un message politique sur des fraudeurs sociaux. Alors, bien sûr, toute fraude est condamnable.

Et il n'y a pas à accepter la fraude aux prestations sociales. Mais il y a quand même, contrairement à ce que dit la rapporteure, une échelle de la fraude. C'est-à-dire que le montant importe. Et il y a une fraude, celle des acteurs financiers, par exemple, qui mettent en place des dispositifs pour échapper au fisc, pour échapper aux cotisations sociales, qui déstructurent, qui tuent notre système de solidarité. Donc, ce texte n'est pas équilibré. J'espère que l'Assemblée nationale, elle, elle le rééquilibrera.

7:38
Bernard Jomier

Comment remédier à la pénurie de médicaments ? Sujet de préoccupations, évidemment, pour nombre de Français. Vous avez présenté une proposition de résolution européenne que vous allez nous détailler, Fanny. Mais d'abord, pour bien comprendre, il faut rappeler que la pénurie de médicaments, c'est un problème récurrent en France et en Europe.

7:54
Invité

Oui, l'ANSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, a recensé près de 4 000 déclarations de rupture de stock l'an dernier. Ça concerne tout type de médicaments, le paracétamol, l'amoxiciline, mais aussi des traitements cardiovasculaires, anti-infectieux, et même parfois des soins contre les maladies psychiatriques, par exemple. Ces pénuries touchent près de 4 Français sur 10, d'après le baromètre annuel de l'organisation France Asso Santé, publiées en mars dernier. Et le problème, vous l'avez dit, rien n'est pas propre à la France.

La Cour des comptes européenne a recensé 136 pénuries critiques, c'est-à-dire des médicaments pour lesquels on ne peut pas trouver d'équivalent entre janvier 2022 et octobre 2024. Ces pénuries sont dues notamment à la stratégie européenne de délocalisation de la production dans des pays où la main-d'œuvre est peu chère. 80% des substances pharmaceutiques utilisées pour produire nos médicaments sont fabriquées en Asie.

8:54
Bernard Jomier

Et pour lutter contre ces pénuries, la Commission des affaires européennes, dont Bernard Jomier, a fait une proposition de résolution européenne. Qu'est-ce qu'elle contient ?

9:01
Invité

L'idée, c'est de rendre l'Union européenne plus autonome, et donc les médicaments moins rares. Comment ? Eh bien d'abord, grâce à ce que vous appelez des projets stratégiques, dont le but est de relocaliser justement la production des médicaments sur le sol européen. Ces plans incluraient, d'après votre proposition de résolution, d'une part, des médicaments critiques, ceux dont les pénuries présentent un réel danger pour les patients, mais aussi les médicaments dits d'intérêt commun, ceux pour lesquels il existe de manière persistante, récurrente, des problèmes d'approvisionnement.

Pour financer ces projets, votre Commission réclame aussi la création d'un budget propre pour dédier spécifiquement à ces projets. Votre Commission suggère aussi de miser sur la commande publique européenne pour soutenir la production de médicaments sur le sol européen. Les entreprises qui fabriquent une part significative de médicaments critiques sur le sol européen seraient favorisées, et le seuil pour déclencher une commande publique serait élargie de neuf à trois États touchés par des problèmes d'approvisionnement. Autre mesure proposée, les entreprises qui ne respecteraient pas leurs engagements, notamment en matière de stock de médicaments, seraient sanctionnées.

Elles pourraient être par exemple obligées de rembourser les éventuelles aides qu'elles auraient perçues. Enfin, votre Commission souhaite aussi harmoniser les règles, les notices, les emballages des médicaments entre les États membres pour faciliter les transferts d'un État à l'autre en cas de pénurie par le biais de ce qu'on appelle le mécanisme européen de coopération volontaire. Bernard Jomil, selon vous, la solution aux pénuries de médicaments, elle ne peut être que faite au niveau européen ? Elle ne peut pas être faite au niveau français. On le voit bien. Vous avez parfaitement synthétisé notre rapport et nos propositions.

Ce qu'il faut saluer, c'est que la Commission européenne prenne l'initiative de dire qu'il faut lutter contre les pénuries parce que tous les États membres sont concernés. Et à partir de là, ce que nous disons, c'est que son plan manque d'ambition. Il faut absolument relocaliser les productions en Europe et ça passe par un ensemble de mécanismes que vous avez décrits. Il faut que la commande publique, notamment, favorise ce qui est produit sur le sol de l'Union européenne. Il ne faut pas chercher à faire du moins-disant social et environnemental parce que de toute façon, on ne fera jamais aussi bien, si je puis dire, et on devrait dire aussi mal, en la matière que l'Inde ou la Chine.

Et donc, il faut mettre en place, et c'est le sens, en fait, de l'ensemble de ces propositions, une forme de protectionnisme européen. Il faut protéger les patients, les assurés sociaux européens et notre marché européen.

11:38
Bernard Jomier

Mais comment on en est arrivé là, Bernard Jomier ? Comment on en est arrivé à cette situation de pénurie de médicaments ?

11:43
Invité

Le médicament, c'est un marché mondialisé qui est détenu par des acteurs financiers. Et donc, la volonté de produire et de vendre au meilleur prix l'emporte sur les questions de santé publique. Alors, je ne veux pas caricaturer, je ne dis pas qu'elles sont absentes, ces questions de santé publique, mais un producteur, un industriel de médicaments, quelque part, il faut essayer de comprendre sa logique. Il a un produit. D'abord, il va le vendre à celui qui lui en donne le meilleur prix. Et celui qui en donne le meilleur prix, ce n'est pas forcément l'européen. Et ce n'est pas forcément le français où le prix du médicament est assez bas en France.

Donc, il va aller vendre son médicament plutôt, par exemple, aux États-Unis où les prix sont très élevés. Et c'est comme ça que ce qui est un marché libre produit un déséquilibre entre les besoins de santé dans un pays comme la France et la mise à disposition des médicaments. Donc, la leçon, c'est qu'il faut réguler. Ce n'est pas un marché comme les autres, le médicament. Il faut plus de régulation. Et ces régulations au niveau français, on n'y arriverait pas. Les médicaments critiques, il y en a quelques centaines. Quelques centaines. On est incapable en France de reproduire ces quelques centaines de médicaments. Il ne faut pas raconter d'histoire. Donc, il faut un cadre européen.

Un cadre européen qui pose des règles, qui protège, qui utilise un ensemble de leviers. Et il faut aller vite. Et il faut un peu y mettre les moyens parce que juste un chiffre. La Commission européenne propose de dépenser sur toute l'Union, 80 millions d'euros. C'est-à-dire quasiment rien.

13:16
Bernard Jomier

On va, Emmanuel Macron, au moment du Covid, il a lancé un plan de relocalisation des médicaments dont plusieurs communes ont profité. On va aller dans l'une d'elles. Bonjour, Marie-Lanne Millet. Merci d'être avec nous. Vous êtes maire UDI de Saint-Jeunis-Laval. C'est dans le Rhône. L'usine de votre commune, elle produit du paracétamol. Elle a connu des difficultés. Elle a été quelque peu relancée à l'époque Covid. Est-ce que c'est la traduction concrète pour vous de l'engagement de l'État pour relocaliser ces productions essentielles ?

13:46
Présentateur

Alors, effectivement, ça a permis une relocalisation d'une forme soluble de paracétamol, notamment à vocation des enfants. Donc, l'entreprise aussi a investi. Mais c'est vrai que le concours de l'État avec France 2030 a permis cette relocalisation. Et ça se poursuit aussi avec des nouveaux marchés. Il faut dire aussi que c'est vrai que cette période Covid, elle a montré qu'on était effectivement extrêmement dépendants des partenaires étrangers qui n'étaient pas forcément d'ailleurs des partenaires en l'occurrence.

14:23
Bernard Jomier

Quel impact

14:24
Présentateur

ça a eu du coup pour votre commune ? Très concrètement, c'est une entreprise qui a réembauché d'une manière assez importante. et des nouvelles embauches sont prévues pour l'année prochaine. Donc ça, je dirais que c'est un impact déjà très positif au niveau de l'emploi. D'autant plus que ce sont des personnes embauchées, alors pas seulement sur ma commune, mais dans un secteur relativement proche. Donc, c'est vraiment aussi de l'emploi local. Donc, ça refixe aussi de l'emploi. Donc, ça, c'est quelque chose d'un pourcent, mais au-delà de l'emploi, c'est aussi, je dirais, tout un écosystème.

Une entreprise, elle fait aussi partie de l'écosystème local et c'est ce qu'on voit avec l'entreprise Benta. Donc, je vous donne quelques exemples très concrets. Mais cette année, par exemple, l'entreprise a noué un partenariat avec le club de football car beaucoup d'employés ont leurs enfants ou eux-mêmes jouent dans le club local de football. Nous avons fait aussi un partenariat ville et entreprise Benta lors d'Octobre Rose pour pouvoir aussi mettre en avant la santé des femmes et la santé d'une manière générale.

Donc, on a offert des ateliers de sensibilisation à la fois aux personnes de l'entreprise Benta mais qui étaient aussi incluses dans une action avec des habitants de la ville et on avait aussi pu financer cette action pour les agentes et les agents de la commune de Saint-Geney-Lavale.

16:01
Bernard Jomier

Un mot, Bernard Jomier ? Et puis, je dirais,

16:04
Présentateur

si je puis me permettre, ah pardon.

16:07
Bernard Jomier

Allez-y, allez-y, très rapidement, Bernard Jomier. Oui, en fait,

16:10
Présentateur

on a aussi la chance sur la commune d'avoir un lycée, André Payot qui est un lycée agro-lion en termes et pas que, qui travaille aussi au niveau des BTS, par exemple, sur la fabrication de médicaments. Donc, c'est aussi des stages potentiels pour des étudiants. Donc, voilà, ça favorise un maillage. Alors, j'ai bien conscience que c'est de la dentelle et que c'est...

16:36
Bernard Jomier

Juste pardon, Madame la maire, mais c'est que Bernard Jomier puisse vous répondre. Il y a quand même une volonté de relocaliser, justement, ces productions essentielles et on le voit, il y a des endroits où ça marche.

16:47
Invité

Oui, bien sûr, ça marche quand on s'en donne un peu les moyens et c'est fondamental.

Pour ça, la France doit participer à une relocalisation européenne dont une partie sera relocalisée en France et l'État, notre État, doit lui-même apporter des fonds, doit lui-même faire preuve de volontarisme parce qu'à la fois il y a des critères de sécurité sanitaire comme Madame la maire l'a dit et puis c'est une activité économique aussi et donc la conjugaison des deux est bénéfique et la France ne peut pas tout faire toute seule parce que relocaliser le paracétamol est important mais il y a plusieurs centaines à minima de médicaments qu'il est important de relocaliser et ça ne peut se faire que sur le territoire de l'Union européenne après avec un mécanisme de coopération qui est prévu et qu'on appelle de nos voeux dans notre résolution.

17:39
Bernard Jomier

Mais est-ce qu'il faut craindre les Français qui nous écoutent ils doivent craindre dans les prochaines semaines dans les prochains mois de nouvelle pénurie de médicaments ?

17:46
Invité

Ah oui, bien sûr il y aura de nouvelles pénuries et de médicaments d'abord parce que la politique européenne reste trop faible en la matière et c'est la raison pour laquelle nous on demande plus de volontarisme.

17:58
Bernard Jomier

Merci Madame la maire merci beaucoup d'avoir été avec nous Marie-Lenne Millet mère UDI de Saint-Jeunis-Laval dans le Rhône merci beaucoup d'avoir été avec nous on va continuer à parler des questions de santé on va retrouver Jacques Paquet bonjour Jacques merci d'être là directeur de la rédaction du journal du Grand Paris Jacques on va parler avec vous de santé mentale des jeunes

18:17
Locuteur non identifié

Oui les élus sont nombreux à alerter l'opinion sur ce qu'ils appellent une épidémie silencieuse de détresse psychique depuis le Covid il paraîtrait alors je ne sais pas je ne sais pas s'il y a des chiffres si vous en avez mais la santé mentale serait un sujet très préoccupant celle des jeunes un candidat comme Emmanuel Grégoire que vous soutenez peut-être M. Jomier pour la mairie de Paris propose du sport sur ordonnance pour lutter contre la sédentarité qui serait une des causes de cette détresse psychique ainsi qu'un psy-check qui serait donc un bilan de santé mentale gratuit proposé à chaque jeune parisien et puis une aide financière à une première consultation quel est votre regard M.

Jomier sur cette problématique préoccupante en effet et puis sur les moyens de lutter contre cette souffrance psychologique des jeunes

19:20
Invité

D'abord beaucoup d'humilité je vais vous dire parce que bien sûr il y a de multiples indicateurs du fait qui témoignent d'une dégradation de la santé mentale des jeunes je vais vous en citer un par exemple vous savez que les jeunes dans notre pays pour une part significative ne veulent plus faire d'enfants quand on les interroge et ça ça témoigne d'une interrogation profonde sur l'avenir et d'un trouble sur l'avenir il n'est pas naturel de ne pas se projeter de ne pas vouloir d'enfants bon il y a la question de l'addiction aux écrans donc il y a beaucoup d'indicateurs qui montrent que les jeunes sont en souffrance et quand je parle d'humilité c'est-à-dire qu'il y a eu des rapports qui se sont multipliés sur les addictions par exemple celui d'Amin Benyamina qui l'a remis au chef de l'État l'année dernière et au fond il y a un ensemble de solutions à mettre en œuvre et cet ensemble de solutions doit répondre à un problème qui est un problème de société c'est-à-dire que les jeunes vivent la vie actuellement dans notre société comme angoissante comme déstabilisante comme nourrie d'interrogations sur le désordre international la crise climatique leur propre situation est-ce qu'ils vivront mieux demain que leurs parents il y avait le progrès c'était vous avez comme moi passé l'âge de la jeunesse on va dire et bien le progrès c'était qu'on allait vivre mieux que nos parents et que nos enfants vivraient mieux que nous et cette idée-là elle est en train d'être rompue et donc vous voyez bien qu'il n'y a pas une seule réponse il y a une réponse de la société et après il y a les services de santé auprès desquels les jeunes doivent pouvoir trouver une prise en charge un suivi et là je ne vais rien vous apprendre la psychiatrie et les services médico-psychologiques sont en grande déserrance dans notre pays Michel Barnier l'avait bien compris il a dit la santé mentale sera la grande cause de l'année 2025 on en parle beaucoup et c'est heureux en parler c'est une première étape mais il est temps maintenant de multiplier les dispositifs que les jeunes puissent chacun trouver une écoute et trouver une réponse à leurs difficultés

21:36
Bernard Jomier

merci beaucoup Jacques Paquiez d'avoir été avec nous la une du journal du Grand Paris c'est sur ses projets d'architecture parisienne exemplaire deuxième édition en aperçu du futur visage du Grand Paris merci beaucoup Jacques d'avoir été avec nous on parlait de la campagne des municipales avec Jacques Bernard Jomi est-ce que selon vous la situation politique nationale aura un impact sur les résultats des municipales

21:58
Invité

bien sûr bien sûr les élections municipales sont un mélange de facteurs locaux et puis de facteurs nationaux et particulièrement dans les grandes villes et dans les métropoles où le lien direct avec le maire est plus faible que dans les petites communes donc

22:16
Bernard Jomier

à qui ça va profiter qui ça va desservir du coup selon vous

22:19
Invité

alors ça va dépendre de la façon dont l'offre politique se structure mais je crois que ça va être très difficile malgré la popularité des maires une enquête toute récente où 70% des français sont satisfaits du travail de leurs maires mais dans le même temps on voit bien qu'il y a à l'égard du monde politique on va dire une forme de colère une forme de la déstabilisation le chaos politique actuel et j'en reviens au début de nos propos c'est nécessaire de faire preuve de compromis pour stabiliser la situation sinon attention au vote de colère des français parce qu'un certain nombre de maires qui ont bien travaillé pourraient être emportés par ce vote de colère et moi je le regretterai

23:05
Bernard Jomier

La gauche elle peut perdre Paris ?

23:08
Invité

La gauche est on va dire politiquement majoritaire à Paris tous les derniers scrutins le démontrent mais si elle ne sait pas proposer justement un avenir auquel les parisiens adhèrent si elle ne sait pas proposer une offre politique qui soit pas forcément de s'unir je comprends tout de suite le sens de votre question depuis la France insoumise jusqu'à une gauche modérée la question n'est pas forcément celle-là est-ce que vous par exemple

23:38
Bernard Jomier

il ira au premier tour avec son candidat ou est-ce que vous travaillez un accord avec le PS avec les écologistes ?

23:43
Invité

Place publique privilégie l'hypothèse ou l'espace politique dans lequel on est un espace politique social-démocrate et écologiste aille ensemble au premier tour mais si ça ne peut pas se faire parce que la tête de liste du parti socialiste Emmanuel Grégoire ne fait pas les gestes suffisants

24:04
Bernard Jomier

pour le moment

24:06
Invité

il n'y a rien qui est fait et donc l'hypothèse d'une candidature place publique à Paris n'est pas exclue à ce jour ce n'est pas notre choix premier mais elle n'est pas exclue

24:16
Bernard Jomier

Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve se sont réunis ce week-end à Pontoise est-ce que Raphaël Glucksmann il peut vraiment incarner le rassemblement de la gauche selon vous ?

24:24
Invité

Je crois que Raphaël Glucksmann les français l'ont bien compris il leur parle directement et il parle du fond et il porte des valeurs et ça me paraît essentiel dans notre société qui est un peu déboussolé d'avoir un discours de valeur et on l'a bien vu au moment de la campagne des européennes les français entendent ce discours de valeur et on verra après les accords politiques mais

24:47
Bernard Jomier

vous pensez que le PS acceptera de se ranger derrière la candidature de Raphaël Glucksmann ?

24:51
Invité

Écoutez je crois que aborder l'élection présidentielle par un accord d'appareil entre les partis une fausse primaire qui ne résoudra rien du tout vous pouvez faire une primaire quand vous portez un projet politique similaire sinon la primaire elle ne débouche sur rien elle ne débouche que sur de la division et c'est comme ça que la dernière primaire qu'a fait le parti socialiste Manuel Valls n'a pas voté pour Benoît Hamon donc c'est inutile c'est une voie sans issue donc il faut procéder autrement et à partir d'un discours sur les valeurs et le projet pour le pays c'est ce qu'essaye de faire Raphaël Glucksmann

25:26
Bernard Jomier

Merci Bernard Jomier Merci beaucoup d'avoir été notre invité Fanny on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale ce sera à suivre on parlera notamment de Novasco on y reviendra dans votre revue de presse Merci beaucoup d'avoir été avec nous

25:40
Présentateur

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