"Le départ de Macron serait une catastrophe !" (Henri Guaino)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Henri Genot, ça veut dire que en fait cette concession au Parti socialiste n'aurait pas dû être présentée comme telle par Sébastien Lecnu. Non, c'est c'est il fallait abdiquer tout de suite. L'erreur, elle est originelle.
Bon, pour les trois qui ont qui ont gouverné, c'est on commence par s'adresser à l'opinion et par dire voilà, mais en comme une concession à l'opinion si vous voulez, mais pas une concession au parti. Et puis après vous faites votre gouvernement en fonction des des des fondements que vous avez exposés au au au français. Bon mais vous allez pas vous commencez pas par vous enfermer dans les parties parce que compte tenu de la configuration de l'assemblée compte tenu de ce que nous apprend l'histoire ça n'est pas possible.
C'est-à-dire vous n'arriverez jamais ou vous faites des concessions aux uns ou concessions aux autres. En fait vous en faites à tout le monde et vous passez votre temps à marchandiser. Alors au bout de 3 semaines là pour pour prendre le dernier cas mais c'était vrai pour c'était vrai pour Barnier, c'était vrai pour Berérou. au bout de 3 semaines, on vous sort un gouvernement qui est qui a l'air d'être sorti d'avant les élections législatives.
Fantastique. Bon et et ça dure ça dure 14h quoi. Je extraordinaire quoi.
C'est dire c'est à partir de là vous êtes sur une une pente descendante. Enfin vous pouvez pas vous pouvez pas faire autrement. Que pensent les Français ce soir ?
Qu'est-ce qu'il pensent ? Ah bah ça je suis pas dans leur tête mais je pense que il y a beaucoup de gens qui sont contents que la réforme voilà et ils sont pas tous de gauche croyez-moi. Croyez-moi.
Ils sont pas tous de gauche. Ils sont pas tous irresponsabl non plus. Non mais c'est pas ce que je je veux dire évidemment, mais vous vous êtes pas inquiet pour la valeur de la de la parole politique que le même camp qui vous présente une réforme comme vraiment indispensable et encore en disant on aurait dû aller plus loin quelques mois plus tard pour des pour des raisons assez misérables, vous dit bah on balance tout ça vous paraît pas bizarre raisons sont pas forcément totalement misérables hein parce que je pense que la disol la dissolution mais ça ils se sont mis dans cette situation c'est la pr la première chose et la la dissolution pour moi n'est pas n'est pas du tout une solution Elle va créer une situation qui va être encore pire et puis la départ du président de la République dans les circonstances actuelles serait une catastrophe pour les institutions.
Je sais que ça plaît pas à tout le monde. Je sais que tout le monde a envie d'avoir la peau de Macron mais il y a aussi les institutions. Vous savez ça me rappelle la gifle au président hein.
Quand quand on a giflé le président, je je scandalisé pas parce que j'aime monsieur Macron, mais parce que quand on gifle le président dans un pays qu'on trouve ça normal, ça veut dire que vous pouvez plus expliquer à un gosse qu'il a pas le droit de cracher sur le gendarme ou de giffler son prof. sur cette histoire de parole politique de la valeur. Oui, mais ça moi je je la parole politique, elle est en danger depuis depuis 2017.
Voilà, elle est en danger de depuis que le bloc central et le Macronisme est arrivé au pouvoir. Elle était déjà pas bien avant, pas très bien avant hein, mais mais voilà, petit à petit, les politiciens ont pris toutes les places et et on a un président de la République qui n'a jamais pris euh la la mesure de sa fonction. s'ils avaient dit moins moins de moins de sautise, s'ils avaient s'il s'était pas enfermé dans dans l'idée qu'ils avaient raison surt et que et que et que personne ne pouvait les désavouer, ben ça on en serait pas là.
Mais c'est c'est voilà, c'est c'est maintenant vous allez ni la ni la sauver ni l'abîmer davantage. Ce qui l'abîme davantage aujourd'hui, c'est le spectacle que donne la vie politique française. Voilà, c'est c'est-à-dire le retour aux pires heures de la 3e, aux pires heures de la 4e, peut-être aux pires heures de la 2e.
Enfin, c'est hallucinant ce qu'on voit. hallucinant et ça tue et et il continue parce qu'ils se rendent pas compte de ce que enfin il il ne pensent pas à ce que voient les gens, voyez-vous. Euh c'est ils voient quoi les gens ?
Ben les gens ils voient ce spectacle et eux ils sont dans eux ils sont dans la dans la pièce et dans la pièce bah ils voi pas ça les d'ailleurs ça les intéresse pas. Ils pensent que tout ça n'a pas de conséquence autre que euh ce qui va se passer demain. Est-ce que je vais garder mon siège ?
Est-ce que voilà, est-ce que je vais garder ma place ? Est-ce que je voilà et et il y a ou est-ce que je vais garder mon pouvoir pour le président de la République ? C'est c'est il y a aucune j'ai fait une interview dans le Faro hier, c'est intitulé "Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".
Alors il y a un tas d'imbéciles qui m'ont dit "Ah non, je leur pardonne rien deè degré devenu impossible dans la politique française". Mais mais il Non, ils ne savent pas ce qu'ils font. En fait, tout le monde pense que c'est des complots, des arrière-pensées maiavéellliques.
Non, ils ne savent pas ce qu'ils font. C'est-à-dire qu'ils ne mesurent pas les conséquences de ce qu'ils font. Il y avait une très jolie formule.
Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. En B. C'est le Christ qui a dit ça.
Vous avez des accents liturgiques. Voilà. Mais oui, mais mais juste une dernière une dernière une dernière remarque.
J'ai perdu le fil de mon de votre raisonnement pardon. Mon raisonnement pardon. Mais oui, voilà.
Vous me Mais oui, je rappelle la parole du Christ. Une citation de Régistre de Bré, il dit l'homme d'État est celui qui veut les conséquences de ce qu'il veut. Et bien aucun d'entre eux ne veut les conséquences de ce qu'il veut.
Donc, il y a pas d'homme d'état. Mathilde Pan qui s'adresse à Sébastien Lecornu cet après-midi à l'Assemblée. Votre présence devant nous est un affront.
Ah bon ? Monsieur le Premier ministre, votre présence devant nous est un appront à la démocratie. Vous avez déjà été censuré deux fois par cette assemblée comme membre des gouvernements Barniers puis Bairou et pourtant vous voilà consacré premier ministre.
Le 3e locataire de Matignon en moins d'un an contrecour bail précaire le macronisme face à lui-même. Devenu premier ministre comme on entre dans les ordres parti lundi soi-disant en dernier des golises revenu vendredi en dernier des fidèles. Vous voilà ici sous la contrainte du chef.
Voilà pour Mathilde Panot de la France insoumise je rappelle qu'effectivement c'est désormais le Parti socialiste qui est l'arbitre des élégances. On attend la prise de parole d'Olivier Fort puisque c'est euh en fonction de des socialistes, du vote des socialistes que la motion de censure sera adoptée ou non jeudi matin. On a été rejoint par Dominique Renier.
Bonsoir Dominique Renier, ravi de vous accueillir, directeur général de la Fondapul. Euh le spectacle auquel nous assistons depuis une dizaine de jours, a quel impact dans l'opinion publique ? Je pense que tout le monde peut l'imaginer, hein.
C'est euh c'est une profonde déception, une colère. Euh je crois aussi que on peut on peut penser que beaucoup de citoyens se détournent de la politique dans un pays qui a la passion de la politique mais beaucoup se détournent de la politique euh et d'une certaine manière [Musique] au fond les les Français ont ont tourné le dos à leurs gouvernants et à leurs élus malheureusement et c'est pas quelque chose qui va revenir si facilement euh tout ce à quoi on a assisté Depuis la dissolution au moins tout ce à quoi on a assisté, je pense on peut le dire, on utilise souvent ce mot mais sidè les Français et c'est une c'est un peu comme la rupture d'une relation amicale ou amoureuse. C'està-dire qu'une fois que une fois que c'est rompu, c'est rompu, c'est rompu, on peut pas on peut peut faire des efforts mais ça marche pas comme ça.
Donc là, je ne vois pas je ne vois pas à partir de quelle force, à partir de quelle figure, à partir de quel projet on pourrait ramener les Français vers ce souci, cet intérêt, dirait pas passion parce que c'est pas forcément un bon terme mais cette préoccupation pour la politique qu'ils ont depuis longtemps. Je ne sais pas si cela peut revenir et ce serait pas forcément un mal si nous avions une autre manière de de de de vivre ensemble, mais là je je crains que ce soit un vide de ressemble. On va juste écouter Sébastien le Cornu pour nos auditeurs et les téléspectateurs.
Il estime que on évite la crise de régime en faisant ce qu'il il a fait. Écoutez-le et on va voir ce que vous en pensez. J'ai accepté la mission que m'a confié le président de la République parce que la France doit avoir un budget, parce qu'il y a des mesures d'urgence à prendre sans attendre.
C'est un devoir. Je l'accomplirai sous certaines conditions qui découlent d'évidence de la composition de cette assemblée. Certains aimeraient voir cette crise parlementaire virer à la crise de régime.
Cela n'aura pas lieu grâce aux institutions de la 5e République et à ses soutiens. Mais cette crise a des racines. En vérité, plus qu'une crise, je crois que nous changeons de monde créant des fractures tout aussi locales que mondiales et des bouleversement géopolitique majeur.
Voilà pour Sébastien Lecnu, Dominique Renier, vous pensez qu'on évite la crise de régime ou qu'on est en plein dedans ? Je pense je pense qu'on est au bord de la crise de régime. Elle a été repoussée de quelques temps.
Là, je ne sais pas de combien de temps. Mais de toute façon, ce vers quoi nous marchons, de mon point de vue, c'est la crise de l'État. Hm hm. qui est de certaine façon plus grave que la crise de régime.
Je je ne dis pas c'est difficile d'évaluer ces choses-là, mais je ne dis pas qu'il suffit de changer de régime pour résoudre une crise de régime. Pas du tout, hein. Ce serait vraiment euh une catastrophe.
Mais la crise de l'État, ce sont des crises profondes qui durent très longtemps et qui peuvent réunir un pays pendant des décennies. Donc ce c'est un peu c'est un peu curieux de dire cela. On évite la crise de régime.
Ce qui m'a frappé, moi aujourd'hui, je comprends la situation dans laquelle se trouve le premier ministre, situation épouvantable. Euh c'est quand même assez largement pour les conséquences immédiates la la dissolution. il a peu à faire de plus que ce qu'il a fait avec les ressources qui sont les siennes sur le plan politique, mais il a passé son de temps dans son discours, enfin beaucoup de temps, il a pas parlé si longtemps que ça mais enfin il a passé du temps en tout cas à décrire tous les grands sujets sur lesquels il voulait se pencher.
Euh mais on comprend très bien la liste que nous n'aurons jamais la possibilité, ni les majorités, ni le temps même pour délibérer et décider sur ces grandes questions qu'il a listé et qui nous tiennent à l'écart de la marche du monde. Ça c'est tout à fait saisissant. ramener le déficit à 4,5 % du PIB, l'importance de la valeur de travail, tout ça sont des choses qu'il a effleuré beaucoup de choses mais il y a tant de choses à faire avec un président affaibli comme jamais.
On a appris aujourd'hui à la faveur du baromètre hiphop pour Paris match que Emmanuel Macron sortait du top 50 des personnalités préférées des Français. C'est la première fois depuis la création de ce baromètre en 2003. Le président de la République ne fait pas partie des 50 personnalités politiques préférées des Français.
Il y a quelque chose de d'énigmatique pour d'énigmatique dans ce qui se passe. Euh et je ne sais pas si si le président se rend compte que plus notre pays va mal, plus il paraît ça s'en éloigné pour s'occuper de fonder un état qui n'existe pas. L'État palestinien.
Oui, moi ça me frappe ça. C'est espèce de de de de chemin parallèle. Euh c'est le chef de l'État, le président de la République française et il passe beaucoup de temps encore hier.
Beaucoup de commentaires de sa part euh nous arriv par les pêches sur euh les efforts qu'il déploie avec ses ses collègues pour euh reconstruire Gaza, euh mettre en ordre euh les lieux, organiser la police, la sécurité. Ce sont ces mots hein que l'on que l'on voyait défiler dans les déclarations les dépêches. Et donc je j'imagine que pour les pour beaucoup de nos compatriotes, c'est un peu comme si pour la première fois un chef de l'État élu, le président de la République décidait de au fond de de laisser euh son pays pour pour s'occuper de l'autre comme s'il avait abandonné son peuple en quelque sorte.
Et donc je suis pas très étonné que euh euh il y ait ces ces effets d'opinion. Il y aura pas d'autres choses que des effets d'opinion puisqu'il est plus candidat. Euh et j'ajoute que euh la la son investissement sur sur Gaza qui dépasse les capacités de la France, de toute façon, c'est Trump qui a qui a qui a mené tout cela.
Et son investissement n'est pas sans conséquence négative ici parce que la question palestinienne qui est une question qu'il faut traiter, sur laquelle il faut discuter, sur laquelle on peut avoir des points de vue divergent, mais c'est pas ça qui est en train de se passer. C'est un un conflit religieux, idéologique qui est en train de de s'enquister et qui va nous accompagner, je crois, pendant très longtemps et qui nourrit l'antisémitisme et l'antisémitisme qui va compliquer des formes d'intégration qui avaient lieu. Enfin, tout est tout est défait à partir de ça.
C'est pas le seul responsable, le président Macron par cette politique là, mais enfin, il l'a mené, je trouve, d'une façon maladroite. Euh et finalement, le résultat, on ne peut pas dire qu' qu'il en soit qu'il en soit l'auteur. Henry Genot, on assiste au crépuscule de Emmanuel Macron.
Euh oui, je pense même qu'on a dépassé le crépuscule, mais je ne sais pas comment ça va finir. Il reste encore malgré tout un an et demi à tenir. Je je sais pas, moi je souhaite pas qu'il parte encore une fois pour des raisons institutionnelles et pour l'avenir parce que le jour où on aura perdu la fonction présidentielle, je me demande comment on arrivera à redresser le pays.
C'est le pays aura besoin d'un pouvoir fort. Alors soit ce pouvoir, il sera celui de la 5e République encadré par les institutions, soit il il se jouera en dehors de on est en dehors des institutions. Donc dans la rue.
Mais oui, donc c'est la nuance, la petite nuance que je que je pouris introduire sur le le jugement de de Domier Crier au début de conversation. Je les les Français se sont détournés de la politique, mais moi je sens là de depuis quel depuis une dizaine de jours un vrai changement. C'est-à-dire que ils sont plus indifférents, hein, ils sont remontés, ils sont très en colère.
Euh voilà. Et la violencement, ce qui nous attend, c'est pas je pense que ce n'est pas l'indifférence. Ce qui nous attend, c'est la violence.
Voilà. C'est-à-dire si on narrive pas si les politiciens, les institutions n'arrivent pas à trouver une sortie ce qui est en train de se de se passer et à trouver les moyens, les caractères, les hommes pour essayer de de redresser le cours de l'histoire de de notre pays, on va on va aller vers la violence. Voilà.
Et et de la violence sortira un grand besoin d'ordre et donc une figure qui sera peut-être avenante, peut-être pas. Dominique Renier, vous partagez l'analyse d'Orgeno ? Euh enfin moi quand sombres qui nous attendent, bah de toute façon, nous sommes nous sommes euh nous sommes dans une situation de grand risque.
C'est évident ça, on le voit bien. Euh et rien de ce qu'il faut faire n'a été vraiment entamé hein. Euh euh sur la question des retraites, je rappelle que les retraites coûtent 406 milliards par an et que nous levons 260 milliards.
Il manque 140 milliards. De toute façon, c'est pas tenable. Je ne sais pas comment, par quel à quel moment les choses vont vont vont vont se s'ajuster, je ne sais pas, vont se à quel moment ça va se briser, mais nous ne pouvons pas, ça ne peut pas.
Et là, on a bien compris tout à l'heure que c'est les accords qui ont été passés euh conduisent à reporter alors à très très loin en réalité cette réforme que tout le monde a réalisé partout. Euh peut-être 2029, 2030 peut-être véritablement. C'est-à-dire qu'au fond euh entre la décision de François Mitteran euh de de de de de de mettre la retraite à 60, voilà, et puis la et puis la sortie de ce de ce ce tunnel de 50 ans, euh on aura perdu pratiquement toutes nos capacités à à investir, à à rester puissant, euh à peser dans dans le monde qui vient.
Donc c'est je je suis pas là de penser que c'est que c'est c'est pas rattrapable. C'est c'est quand même c'est des sommes considérables. Je vois pas où on va les trouver.
Il y a de moins en moins de personnes. Vous savez, je une projection qui va faire sursauter. Mais quand on projette le taux de fécondité actuel de la de la France sur quatre générations de 30 ans, dans 120 ans, il y a 37 millions de Français qui sont qui habitent ce pays.
H 37 millions. Dans combien de temps ? Dans 30 ans. 120 ans.
Quatre générations de 30 ans. C'est pas loin. Il y aura 37 millions de français si nous maintenons ce taux de fécondité.
Il y a des chances qui baissent. Oui. Et donc ça signifie que bah donc la France est foutue.
Bah ça je sais pas comment on fait si on avait fait ce exercice en 37 ou 38, on n'aurait jamais eu les tr glorieuses. He je enfin là parusement malheureusement Henry Guot je je je sais que ça enfin c'est considéré comme quelque chose de très solide. La plupart des pays du monde sont en transition démographique.
C'est pas l'objet de la discussion, mais c'est partout euh avec des des niveaux de départ qui sont plus ou moins haut. Euh et la transition démographique pour la France, il y aura 90 millions d'Européens dans 120 ans, hein. Euh si on si on fait l'hypothèse qu'il y aura pas d'immigration et cetera.
Il y aura 190 millions d'Européens. Il y a 90 millions d'Européens, pardon. Donc c'est une c'est quelque chose qui est déjà en démographie, c'est difficile à faire mais en admettant que ça se passe, notre grand problème va pas être celui des retraites, ça va être celui du vide européen ou du vide occidental par rapport au je pensais pas au trait là, je pensais au fait que le simple fait de perdre sa population, le simple fait de perdre sa population qui le devoir premier d'un état, c'est une façon de de souligner quand même la gravité d'un problème.
Et c'est c'est des questions que les politiques n n'ont pas traité depuis 25 ans.
Sébastien Lecornu