16 jours de guerre au Moyen-Orient : les États-Unis ont-ils sous-estimé l’Iran ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Donald Trump misait sur un succès rapide en lançant le 28 février l'opération fureur épique. A-t-il crié victoire trop vite ? Les frappes israélo-américaines [musique] ont réduit les capacités militaires iraniennes.
Les infrastructures pétrolières sont endommagées. Le guide suprême a été tué. Mais le régime des Mola ne s'effondre pas pour autant.
Ali Hamedai a été remplacé par son fils. Dans la rue, ce sont les partisans du régime qui paradent. Les opposants, tétanisés par la répression ne se sont pas soulevés comme Donald Trump l'avait imaginé.
Même sous les bombes, les gardiens de la révolution [musique] tiennent le pays. Nous sommes ici et jusqu'à notre dernier souffle, nous nous battons pour notre pays et notre nation. Nous avons traversé la guerre Iran Irak de 1980 à 88, puis la guerre imposée par les États-Unis et Israël.
Nous serons victorieux. L'Iran est toujours victorieux. Donald Trump s'attendait-il à la rposte iranienne ?
L'armée de Teran a ciblé Israël mais aussi des bases américaines et des voisins du golf. Le D3 Dormous, zone stratégique pour le passage des hydrocarbures, est bloqué jusqu'à Nouvelre faisant flamber le prix du pétrole. Et [musique] ça, ça agace Donald Trump qui réclame désormais l'aide des pays de l'OTAN [musique] pour sécuriser le D3 d'Ormous sous peine de représaille.
Alors, Donald Trump est-il pris à son propre piège en Iran ? Les États-Unis s'étaient-ils suffisamment préparés à ce conflit ? Comment expliquer la résistance du régime iranien ?
Nos trois invités pour ce débat. Robert Mala, bonsoir. Vous êtes un diplomate américain, ancien conseiller Moyen-Orient du président Barack Obama et négociateur sur le nucléaire iranien pour Joe Biden, vous enseigner aujourd'hui à Yel.
Selon vous, Donald Trump s'est lancé dans une guerre qu'il espérait être de courte durée, mais il n'a pas pris soin de comprendre ni la psychologie iranienne, ni les dynamiques géostratégiques. À côté de vous, Bertrand Badi. Bonsoir, professeur émérite des relations internationales à la Science Po Paris.
Vous avez publié euh l'essai par-delà la puissance et la guerre. Selon vous, les États-Unis n'ont pas sous-estimé l'Iran, ils ont surestimé leur propre puissance et leur capacité à utiliser à l'utiliser en élément de changement positif pour la vie des Iraniens. Et à côté de vous, Mariam Pierrezadé, bonsoir, rédactrice en chef à France 24, ancienne correspondante à Tran et j'ajoute que votre documentaire Iran, la révolte massacrée est visible sur la chaîne France 24.
Précisément selon vous, les Iraniens s'étaient préparés à ce conflit, notamment en réorganisant la répartition des pouvoirs. Vous ajoutez au fond, ça fait 47 ans qu'il se prépare à cette guerre et on démarre le débat Benjamin avec le chiffre du jour. Oui, moins 1319 civils ont été tués en Iran depuis le début de la guerre, donc depuis 15 jours d'après une ONG des droits humains en Iran, basé aux États-Unis.
Mariam Pierrezad, depuis le début de la guerre, donc les Iraniens sont les principales victimes de ce conflit. autant des frappes que du pouvoir dictatorial des MOLA. Exactement.
Il faut imaginer qu'aujourd'hui la le quotidien d'un iranien c'est les bombes américaines et israéliennes et la répression du régime puisque les commissariats de police sont visés par des frappes. Donc toutes les forces de police, celles qui ont massacré à la Kalashnikov il y a 2 mois à peine les millions d'Iraniens qui demandaient la démocratie et un changement de régime sont donc dehors. Donc il y a des vidéos qui sortent du pays.
On voit des checkpoints. Je voyais une vidéo il n'y a pas très longtemps notamment d'un checkpoint dans un dans un tunnel. arrestation de personnes qui nous envoient des vidéos.
Moi, moi personnellement, je reçois des vidéos mais on me demande de ne pas les publier puisque ils encourent un risque très important avec des arrestations qui se multiplient. Donc, ce n'est pas surprenant puisque c'était il s'était passé exactement la même chose au moment de la guerre des 12 jours. Une répression accrue sur la population.
À noter que ça fait 17 jours que la population iranienne n'a plus internet. Comment imaginer une population sous les bombes qui ne sait pas ce qui se passe ? qu'ils en sont réduits à fixer la fenêtre pour comprendre où les bondes tombent, quelle cible a été visée et ils arrivent à se parler sur le téléphone fixe.
Impossible pour eux de se connecter à internet depuis 17 jours et on voit que cette coupure internet va perdurer. Robert Mal, le régime a été touché, il a même été décapité le 28 février dernier, mais néanmoins, il tient. Et tenir, c'est la victoire parce que nous faisons victoire pour eux pour l'instant.
On fait ça. Je pense que Dominique de Villepin avait appelé ça le Vietnam global. Moi, j'ai appelé ça une guerre de guerri à l'échelle mondiale, c'est-à-dire guerre de guerri où ce qu'il faut, c'est trouver les les les points faibles de son adversaire.
On est plus faible soi-même mais dans cette guerre asymétrique, on trouve les moyens de toucher l'adversaire sur le plan économique, sur le plan politique, sur le plan commercial. Et finalement, il ils mènent une guerre à laquelle les États-Unis ne sont pas pour l'instant adaptés et il est difficile préparé, absolument pas préparé. Vous l'avez dit vous-même et dans un sens, je ne sais pas si c'est que le président Trump n'a pas examiné ce scénario.
Je me demande s'il a examiné un scén un scénario quel qu'il soit. Je pense qu'il s'est lancé de la dent avec l'improvisation qui lui est qui lui est propre et on en voit le prix aujourd'hui. C'est une guerre qui est déjà catastrophique.
Et à ce stade avec c l'escalade qui qui nous attend, je pense. Vous évoquez une guerre asymétrique. On va en parler avec vous trois et avec Anna. asymétrique parce que les Américains ont un armement ultra technologique, les Iraniens ont des drones qui coûtent pas cher et la symétrie repose là.
Exactement, vous le disiez, on parle même d'une guerria aérienne capable de déstabiliser les Américains. D'un côté, il y a les dizaines de milliers de drones kamikas de longue portée iranien, les Chaèd. Leur avantage, c'est qu'ils sont peu chers.
On les surnomme d'ailleurs les missiles du pauvre entre 20 et 50000 dollars pièces selon la majorité des spécialistes. D'autre part, l'Iran c'est en produire rapidement de grandes quantités entre 100 voire 200000 là aussi selon par an selon les estimations. Et puis leur matériaux très légers et leur vol à basse altitude leur les rendent très difficilement détectables par les radars et ça ça permet aux Iraniens de saturer littéralement le ciel du Moyen-Orient.
Au total, environ 2000 drones auraient été lancés, certains causant des dégâts matériels et humains sur des bases américaines en Irak et au Kouwait. D'autres ont ciblé des ambassades, des installations énergétiques, des ports, des hôtels. Ça a été le cas aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Oman et au Bahrain.
Donald Trump a d'ailleurs déclaré cet après-midi que plus de 95 % des drones iraniens auraient été détruits. Quant aux États-Unis, eux utilisent plutôt des missiles classiques autour de 3 millions euros pièces en moyenne. Une centaine de missiles patriotes auraient été tirés depuis des avions de chasse ou bien des bases systèmes sol air.
Et là, l'équation économique n'est plus du tout la même. À ce jour, on estime que le coût total de la guerre pour les Américains est évalué à près de 2 milliards de dollars par jour. Bertrand Bad, est-ce que cette guerre, elle va se jouer sur la capacité de des deux pays, les États-Unis et l'Iran, à être à renouveler leur stock d'arme ?
Alors, il faut partir d'une idée très simple qui va étonner et choquer, mais la faiblesse n'est plus l'envers de la puissance. Et c'est ça la nouvelle équation des relations internationales aujourd'hui. En fait, c'est pas d'aujourd'hui, c'est des guerres de décolonisation que l'on a découvert ce phénomène.
Ça veut dire quoi ? veut dire que le faible dans un ce qu'on appelle maintenant les guerres asymétriques dispose de quantité de ressources contre lequel le puissant ne peut pas ou ne peut plus agir. Et de ce fait, ça empêche la puissance de faire ce pourquoi elle a été inventée, c'est-à-dire imposer un ordre favorable au vainqueurs.
Et donc ça veut dire que nous passons d'un rapport que le grand stratège Klauswiitz appelait le rapport du faible au fort à un rapport qui est celui de l'ordre au désordre. C'est-à-dire que autrefois on était puissant pour créer un ordre qui vous est favorable. Maintenant il ne reste plus qu'une chose c'est créer du désordre.
Créer du désordre affaiblir celui d'en face mais en l'affaiblissant on lui donne des ressources. Et c'est très exactement ce qui est en train de se passer en ce moment. Et ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que le faible dans sa riposte, il peut créer un désordre extrêmement coûteux pour le puissant et un désordre qui à lui ne lui coûtera pas cher. Par mais Robert Malé, un faible peut céder à un moment donné, est-ce que l'Iran n'est pas aussi un régime aux abois qu'on ne le voit pas actuellement vraiment mais qui a une forme de fébrilité qui peut se manifester dans les jours à venir ? fébrilité bien sûr dans le point de vue intérieur.
Effondrement, écoutez, mais même s'il s'effondre, même s'il s'effondre, il il existe encore. C'est-à-dire que il s'effondre, il ne disparaît pas. C'est une guerre civile avec des ressources de violence et de et de de chaos et d'instabilité.
Donc l'issue, c'est quoi la victoire pour les États-Unis ? On ne la voit pas. C'est remplacer ce régime par un régime le but de guerre.
D'ailleurs, le grand problème, c'est qu'il n'y avait jamais de justification claire à cette guerre. Il n'y a pas d'objectif clair non plus. Et c'est ça le problème pour les États-Unis, c'est qu'ils ont lancé cette guerre sans raison, sans véritable justification.
Mais s'il y a pas de but de guerre, il y a pas forcément de défaite non plus. Trump pourrait dire et ben tout à fait. C'est pour ça que l'espoir aujourd'hui c'est qu'un jour Trump se réveille, qu'il se dise parmi les 1000 objectifs que j'ai pu déclarer ces derniers jours et ces derniers jours, il y en a il a un objectif que je vais identifier aujourd'hui.
Je l'ai je l'ai achevé et c'est bon. Et ça ça ne m'étonnerait pas du tout qu'un jour il se disent "On a gagné, OK ?" et qu'on lui donne cette victoire parce queil faut que cette guerre se termine avant que les pertes civiles et que les pertes économiques et tout et et le chaos ne se généralise.
Mari Pierrez, l'effondrement est désirable mais semble repousser quoi de semaine en semaine, d'année en année le fondement du régime iranien. On peut pas parler au nom de 90 millions de personnes, mais en tout cas ce que je remarque de mes contacts sur place, il y a une peur commune, c'est que ce régime reste en place. Et dans tous les scénaris évoqués par Donald Trump, le régime est là puisqu'il a d'abord dit euh "J'ai pensé à quelqu'un pour diriger l'Iran mais il a été tué." Donc ça veut dire que c'était quelqu'un du régime.
Ensuite, il a dit "Je veux être partie prenante du choix du guide." Euh donc ce qui est inquiétant, c'est de se dire "Alors déjà, je pense qu'ils ont deux agendas qui ne sont pas les mêmes avec les Israéliens. Les Israéliens assument clairement un changement de régime, mais même eux commencent à dire qu'il n'y a pas d'alternative à ce régime.
Et c'est là où c'est inquiétant. C'est-à-dire que euh là, c'est comme un livre ouvert et la page, elle est au milieu. Euh cette ce régime s'est préparé à cette guerre déjà donc depuis 47 ans comme je disais, mais particulièrement depuis la guerre des 12 jours du mois de de juin.
Les semaines précédentes ces frappes, tout le monde savait qu'il y allait avoir une guerre. Elle a été avancée cette guerre parce que il y a eu le Mossade qui a eu cette information selon laquelle Aliam allait se réunir avec tous les classiques du régime à un endroit précis. Donc cette frappe a été ordonnée le samedi 28 février euh au matin.
Mais les semaines avant, Ali Larani qui aujourd'hui dirige l'Iran avec les gardiens de la révolution s'est déplacé à plusieurs reprises à Moscou pour y rencontrer Vladimir Poutine. Ils ont mis en place tout un système de successeurs euh et ont demandé au au grands commandants des gardiens de révolution de désigner eux-mêmes trois successeurs. D'ailleurs, Ali Hamenei n'avait pas mis son fils sur la liste des successeurs Moshaba Kamenei.
Donc là aujourd'hui, vous savez la République islamique c'est pas juste comme on entend des fois le régime des Molas. C'est une pièce avec deux facettes. La face A c'est les religieux, la face B c'est les gardiens de l'évolution.
C'est donc un régime qui est théocratique et militaire et aujourd'hui les militaires ont pris le pouvoir euh sur la République islamique. H Bertramb dit mais on dit que la la guerre a été mal préparée par les Américains. Vraiment vous pensez qu'il n'y a pas eu d'anticipation de ce qui se passe aujourd'hui et est-ce qu'ils sont pas obligés d'aller jusqu'au bout justement parce que maintenant le pouvoir s'il reste en place sera encore plus répressif ?
Euh ce qui me paraît relevé effectivement de la question de la préparation, c'est la préparation mentale et intellectuelle qui tourne autour de l'idée fétiche dont on a beaucoup entendu parler ces derniers jours, un peu moins maintenant, qui est l'idée de décapitation. C'est-à-dire l'idée que en quelque sorte euh le point d'aboutissement de l'action militaire, c'est décapiter le régime. À partir du moment où vous le décapitez, il n'existe plus.
Bon euh un régime c'est pas comme un corps humain. C'est effectivement quand vous coupez la tête à quelqu'un on peut considérer que cette personne est morte. euh un régime et et euh Myiam Pieradel l'a très bien dit il y a un instant, c'est-à-dire un régime c'est quelque chose d'extraordinairement complexe dans lequel il n'y a pas seulement des acteurs et ces acteurs sont eux-mêmes extrêmement nombreux et derrière les acteurs, il y a tout un système qui s'étissait en 47 ans, faut quand même pas l'oublier, et qui sétissait autour d'intérêt partagés de systèmes tentaculaires reliant les uns aux autres et cetera mais surtout derrière tout cela, il y a quelque Quelque chose qui est extrêmement à mon avis décisif dans cette affaire, c'est que lorsque vous supprimez un individu, vous ne faites pas ce que l'on disait autrefois comme étant la clé de la victoire, c'est-à-dire terrasser l'ennemi.
Euh la victoire en terme classique, en stratégie classique, c'est terrasser l'ennemi. Terrasser l'ennemi, ça veut dire utiliser les moyens militaires pour annuler les moyens militaires de l'autre. un les moyens militaires euh du système iranien ne sont pas anéantis et deux et deux les moyens militaires ne sont que minoritaires dans les ressources de pouvoir et vous avez à côté de ça quantité d'autres ressources économiques, culturell, idéologiques, tout ce que vous voulez qui font que je pense que les gens qui sont au pouvoir à Washington n'ont pas fait d'études de relation internationale.
Alors, c'est pas ce que dit et vous allez l'écouter et vous allez l'entendre et bien sûr on imagine ce qu'il peut dire. la réponse de Pit Ex l'ancien journaliste Fox News et secrétaire d'État à la défense. Il estime bien sûr que la menace iranienne a été anticipée.
On l'écoute. CNN reports that the Trump administration underestimated the Iran war's impact on the straight of hormic for the horm alors Robert Mal sens av pensé c'est encore pire c'est s envisagé que ça ce serait le résultat de la guerre c'est encore plus des responsables qui les engagé Donc on doit vraiment faire confiance avec tout le respect que je dois donner à la fonction de secrétaire de à la guerre, on peut pas faire confiance à ce que déput qui avez même bien connu la Maison Blanche, il y a plus de conseillers qui ont l'oreille de Trump aujourd'hui. Il décide tout seul.
Ben écoutez, quand on est empereur, on veut que ces conseillers disent ce que il veut entendre. Moi je j'ai déjà servi des présidents. C'est c'est j'avoue c'est difficile de contredire un président surtout que lorsque le président semble convaincu de quelque chose.
Mais lorsque vous avez un président qui est prêt à vous virer à la moindre contradiction il n'a que des gens autour de lui qui lui disent ce qu'il veut entendre. Je suis sûr que certains ont dû murmurer. Attention peut-être le droit d' attention peut-être le blocage du détroit d'Ormous.
Et puis et puis Trump a dû dire "Mais on est on est plus puissant que on va pouvoir les en dissuader." Et à ce moment-là les militaires ont dû dire "Oui, monsieur le président." N'oubliez pas qu'il a remplacé l'étatmajor militaire également pour mettre à la place de ceux qui étaient là avant des gens qui sont plus ou moins loyaux à sa personne.
Ouais. Mariam Pierre Sadé, pardon, mais on sait que l'opinion américaine est farouchement hostile à cette intervention et en Iran, puisque vous avez des contacts, quel est qu'est-ce qu'on vous entendez ça ? Il faut qu'on continue que les Américains aillent jusqu'au bout du coup ou pas ?
Parce qu'ils ont peur des répercussions qu'il peut y avoir si les Américains se retirent aussitôt. C'est impossible de parler pour 90 millions de personnes. Il y a plein de sentiments contrastés, plein de sentiments même contradictoires.
Moi ce que je remarque, je vois trois catégories de gens. Il y a ceux qui veulent que cette guerre, elle aille jusqu'au bout parce qu'ils veulent que le régime tombe et pour eux la seule solution c'est une intervention américaine qu'ils ont demandé au mois de janvier quand ils les ont manifesté. D'ailleurs, Donald Trump leur a dit ressortez, sortez, reprenez vos institutions, l'aide arrive. que finalement il s'est assé à la table des négociations avec le régime à trois à trois reprises.
Il y a ceux qui veulent la fin de ce régime et qui ont peur de cette guerre, qui sont dans un état de de stress et de choc post-traumatique de de de choc traumatique très important et d'autres qui sont anti-guerre. Donc c'est c'est compliqué, vous savez. Il y a plein de divisions à l'intérieur, il y a plein de sentiments contradictoires.
Euh, ils sortent d'un des épisodes les plus violents qu'ils aient jamais vécu au mois de janvier lorsqu'ils sont ils sont allés manifester en Iran enfin moi à chaque fois que je parle avec quelqu'un que je parlais avec quelqu'un, on me disait "On connaît tous quelqu'un qui a été tué pendant les manifestations de jan." Je veux dire la la République islamique avait déclaré a déclaré la guerre contre sa population. quand on tire à la Kalashnikov face à des une jeunesse qui ne demande qu'une chose, le changement de régime et la démocratie euh et qu'on et qui sortent d'un blackout internet et qui se rendent compte de l'ampleur de la répression.
Donc il y a eu cette répression extrêmement importante. Il y a eu d'abord eu ces manifestations avec un vrai espoir que ce régime tombe parce qu'il y avait des millions d'Iraniens dans la rue. La répression féroce est maintenant la guerre.
Donc ils sont dans un état. Je pense que c'est les Iraniens, c'est une population qui est maudite honnêtement et et je pense qu' elle est elle est trop facilement oubliée. Personne ne parle les Iraniens et de ce qu'ils veulent vraiment.
L'état de l'opinion américaine à propos de cette offensive, je pense que c'est la guerre la moins populaire dans l'histoire contemporaine, c'està-dire au début d'une guerre, souvent il y a cet élan nationaliste patriotique. Là pour le coup, ça n'existe pas. La base Maga, même pardon même la base maga mais la base maga elle est assez divisée.
Je je suppose la majorité d'avec Trump parce qu'elle le sera toujours mais il y a des voix très indépendantes Torer Carlson d'autres qui disent mais vous nous avez promis pendant toute votre campagne que vous étiez contre ce genre de guerre ces guerres interminables, ces guerres stupides au Moyen-Orient. À quoi ça sert ? Et voilà un président l'isolationnisme est devenu une succession d'intervention à l'extérieur ce qui est tout de même donc je pense que la droite se divise la gauche enfin les démocrates sont contre.
Il aura du mal, je pense, à raller l'opinion publique et c'est une des raisons pour lesquelles il se réveillera peut-être un matin en se disant j'ai les les élections de mi mandat qui approchent en novembre, les p les prix du pétrole qui qui montent, mon opinion qui n'est pas avec moi, attention. Ouais, on m'a dit oui, je pense que la grande erreur qui a été faite et probablement à la Maison Blanche, c'est d'avoir privilégié l'approche stratégique. Or, le stratège est mort aujourd'hui.
Pourquoi ? Parce qu'on voit très bien dans cette crise que les fameux stratèges sont pris en étu entre deux phénomènes absolument incontrôlable. L'aspect systémique, c'est-à-dire tout ce qui se fait crée du désordre un peu partout dans la région et dans le monde entier.
Et à partir du moment où c'est le monde entier qui est en désordre, bah le stratège, il ne peut que regarder et constater. Et puis l'autre part de l'to, c'est la société iranienne. Une société, ce n'est pas une armée.
Ça ne se commande pas, ça ne se dirige pas, ça ne s'exprime pas de manière audible. C'est un mouvement spontané qui se produit ou ne se produit pas, avec lequel on compte et on s'aperçoit qu'on a eu tort de compter avec ou avec lequel on ne compte pas et on s'aperçoit qu'on a eu tort de ne pas compter avec. Donc dans cette logique, le stratège est ça veut dire que ça inclut Marine Pier un soulèvement.
C'est la très bonne question effectivement, c'est que là je pense qu'ils sont arrivés à un point où les Israéliens et les Américains demandent à la population de se soulever. Sauf que moi atéant les contacts que j'ai ou dans d'autres villes en Iran, on me dit on ne peut pas sortir pour le moment parce que les forces de répression sont dehors. Donc on attend l'ordre de sortie mais pour le moment ce n'est pas possible.
Donc, on peut pas renverser un régime sous les bombes. Ça c'est quelque chose euh qui est qui est impossible dans n'importe quel pays au monde. En plus, la répression en Iran, il y a il y a des raides, il y a des les les il y a des personnes qui se sont fait tirer dessus parce qu'elles ont exprimé leur joie à la mort de Alaménéi.
Donc, ils ne peuvent pas sortir. Quand les Israéliens et les Américains leur disent maintenant reprenez alors ils essayent de justifier ça en disant on est en train de de de frapper les installations sécuritaire et c'est vrai des tribunaux sont frappés des commissariats de police là où on arrêtaé les filles pour pour un foulard mal porté qui sont qui sont également frappés donc des endroits symboliques qui incarnent la répression en Iran pour permettre ces conditions et permettre un soulèvement mais le soulèvement il était dans les rues d'Iran au mois dès le 28 décembre il était dans les rues d'Iran et ils ont attendu l'aide américaine comme ils disent pour beaucoup et beaucoup d'Iraniens m'ont dit en après cette séquence on nous a on s'est senti abandonné. Robert Mal vous avez conseillé Barack Obama et Joe Biden notamment sur le nucléaire il y aurait pas fallu que Barack Obama puis Joe Biden aide les Iraniens ?
Écoutez, je je l'ai écrit dans un article du monde. C'est vrai que le le peuple iranien n'a pas été vraiment au centre de de de la pensée américaine. Je le reconnais et c c'est une critique tout à fait légitime.
On avait des intérêts qui étaient de résoudre le problème nucléaire parce qu'on se disait que si l'Iran acquière une bombe nucléaire, on irait vers la guerre. Maintenant on on y est. Et donc c'est vrai que ils n'ont pas la bombe nucléaire par ailleurs.
Non, ils n'ont pas la bombe nucléaire. Ce qui ce qui t dit que l'avoir assez rapidement entre 6 mois et 1 an. C'est faux.
Écoutez, il faudrait d'abord, vous voulez dire à quel moment ? Juste avant cette guerre-ci, non ? À venir là dans les Oui, écoutez, dans dans dans le meilleur des cas pour eux, c'est-à-dire s'ils veulent une bombe nucléaire, ils doivent d'abord trouver le les 400 kg de de d'urgniumi, ensuite reconstruire un programme nucléaire, tout faire le faire sans être aperçu par les Américains ou par les Israéliens.
H c'est vrai que dans un monde théorique en 6 mois un an, il pourrait obtenir une bombe atomique, mais c'est les conditions n'existent pas aujourd'hui. Mais je reconnaît que c'est une question à laquelle, mais c'est pas seulement dans le cas iranien, on n' pas de politique réellement efficace pour aider les peuples qui subissent la dictature, les régimes autocratiques. On n' pas de solution miracle les États-Unis, mais le monde entier ne l'a pas.
Mais en tout cas, la guerre ne va pas les aider. Ça, je le dis, je comprends tout à fait la frustration d'Iraniens qui se disent tout peut nous aider même la guerre, mais malheureusement c'est pas le cas. Et puis n'oublions pas que ni pour le premier ministre israélien, ni pour le président américain, le le le bien-être du peuple iranien ne figure aurant des priorités.
Au contraire, merci à tous les trois. Le débat est terminé, mais merci infiniment d'être venu débattre ce soir dans 28 minutes.
Xavier Bertrand