Paul Midy, député Ensemble pour la République de l'Essonne – 24/03
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BFM Business présente
La grande interview Guillaume Paul
Allez, 18h31, c'est parti pour la grande interview sur BFM Business dans un petit quart d'heure à peine, on sera avec le directeur général de Cris, Jean-Pierre Champion qui a présenté ses résultats annuels ce matin, toujours beaucoup de choses à dire autour de ce secteur de l'optique, bien sûr beaucoup de dévies pour la profession, on en parlera avec lui d'abord et on le remercie, il est avec nous c'est le député ensemble pour la République de l'Essonne, Paul Midy qui est avec nous ce soir, bonsoir monsieur Midy merci beaucoup d'être avec nous député ensemble pour la République de l'Essonne, membre de la commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale, on a beaucoup de choses à voir avec vous, beaucoup de sujets en France en ce moment, à commencer on en parlait à quelques instants de ce qui s'est passé autour de Luc Raymond, le futur ex-patron d'EDF, donc remercié avant le week-end à quelques mois de la fin de son mandat alors qui règle un petit peu ses comptes, vous l'avez vu dans le Figaro qui dit aujourd'hui l'engagement de l'Etat dans le financement de la relance du nucléaire n'est pas suffisant, c'est pas le seul sujet de friction, est-ce qu'il fait pas un peu les frais comme d'autres avant lui du fait que l'Etat se comporte de manière un petit peu schizophrène avec EDF finalement, on a besoin d'un EDF fort mais on veut lui charger la barque en permanence comment on fait ?
Oui bien sûr, non mais c'est important que EDF accélère sur deux sujets à la fois le chantier des EPR 2 on en a 6 qui doivent être lancés rapidement plus 8, c'est 14 EPR qu'on doit lancer et donc ce grand chantier c'est très bien qu'on ait un nouveau patron pour EDF pour s'y mettre à fond et puis l'autre chantier c'est d'assurer qu'au quotidien et dans les prochains mois et les prochaines années, EDF fournisse à nos industriels en particulier une électricité pas chère et donc évidemment il faut qu'on réponde à la question
Entreprise qui a un certain niveau d'endettement quand même c'est la quadrature du cercle
Bien sûr, mais il faut qu'on trouve les sources de financement pour le chantier des EPR 2 mais il faut qu'on arrive à avoir une électricité qui soit la moins chère possible c'est un élément de compétitivité pour notre économie et pour notre continent et dans le monde géopolitique dans lequel on est on en a besoin plus que jamais et donc c'est très bien que ça avance maintenant avec le nouveau
Il y a quelques jours c'était le patron de Saint-Gobain ici même qui accusait EDF et son patron de faire je cite un bras d'honneur à l'industrie française avec des tarifs jugés prohibitifs comment est-ce que vous jugez cette expression ? Est-ce que vous dites ?
Non mais moi je ne commenterais pas ce type d'expression
Il y a la frustration de la part de pas mal d'industriels aujourd'hui des électro-intensifs
Oui, bien sûr c'est pour ça qu'il y a un travail important à faire il faut que le prix de l'électricité en France il soit le plus bas possible on en a besoin derrière c'est notre industrie notre capacité à réindustrialiser c'est des emplois c'est notre capacité à faire face à la compétition avec les Etats-Unis et avec la Chine donc c'est bien sûr ça ne sera jamais assez suffisamment peu cher l'électricité mais il faut qu'on travaille pour que le prix soit le plus bas possible mais pour ça il faut aussi investir bien sûr et il faut financer les investissements
C'est la coûtature du cercle évidemment il faut trouver aussi de l'argent pour réarmer le pays alors est-ce que vous n'avez pas été frustré parce que j'ai vu ça il y a une dizaine de jours vous expliquiez que vous vouliez créer un fonds souverain de 500 milliards d'euros c'est ça monsieur Midi pour financer à la fois l'effort de guerre et les retraites prenez un petit peu la référence du fonds souverain norvégien alors lui c'est autre chose c'est 1700 milliards d'euros d'encours et 120 milliards d'euros de revenus annuels donc vous disiez 500 milliards et on se retrouve avec pardon j'en termine là-dessus sur l'annonce d'Eric Lombard sur la création d'un fonds de 450 millions d'euros ce qui n'est pas tout à fait la même
alors je vais y venir parce qu'il y a plusieurs questions dans votre question déjà sur la frustration pas du tout moi je suis enthousiaste alors la situation géopolitique elle est très compliquée mais je suis enthousiaste de voir la vitesse à laquelle les Européens sont en train d'avancer vers une Europe de la défense c'est quelque chose qu'on portait avec le président Emmanuel Macron depuis des années et qui est en train de se faire je salue par exemple aujourd'hui la tenue du sommet parlementaire pour la démocratie et les libertés à l'initiative de Gabriel Attal qui s'est tenue aujourd'hui à Paris avec une soixantaine de parlementaires de quasiment tous les pays européens et qui poussent pour nos libertés nos démocraties et pour avancer sur l'Europe de la défense notamment avec la mobilisation des avoirs russes ça c'est pas fait la mobilisation des avoirs russes
non pas du tout
mais c'est un débat il y a eu une déclaration commune sur ce sujet à l'occasion de ce sommet vous considérez qu'il faut franchir ce pas c'est une question qu'il faut regarder vous l'appelez de votre vœu
vous dites qu'il faut saisir ces avoirs russes
en fait je pense que dans les avoirs russes vous savez il y a beaucoup de choses différentes il faut qu'on regarde au cas par cas mais on ne peut pas se priver de la réflexion de creuser sur les avoirs russes alors vous avez raison il y a besoin d'investissements qui sont massifs dans l'Europe de la défense vous savez avec la loi de programmation militaire on va jusqu'à 70 milliards par an à l'horizon 2030 mais les chiffres qui sortent c'est à peu près il faudra aller jusqu'à 100 milliards par an donc sur plusieurs années ce sont des centaines de milliards d'euros qu'il va falloir mettre à la fois en achat public c'est acheter des chars des avions de combat mais aussi et surtout en investissant en investissement dans notre outil industriel dans la réindustrialisation et dans l'innovation parce que les guerres de demain on ne va pas les gagner parce qu'on a beaucoup plus de chars que les autres on va les gagner parce qu'on aura l'intelligence artificielle la meilleure au monde et donc c'est ça qu'il faut mettre derrière les investissements dans la défense et dans l'innovation et dans notre économie et moi j'ai proposé qu'on fasse d'une pierre trois coups avec la création de ce fonds souverain de 500 milliards d'euros un fonds qui permet d'aller investir très fortement dans la défense première pierre deuxième pierre c'est un fonds qui investit dans notre économie et dans l'innovation parce que l'effort de défense c'est aussi beaucoup un effort d'innovation dans les nouvelles technologies et qu'on fasse d'une pierre trois coups parce que ça serait un fonds qui permettrait d'amorcer la retraite par capitalisation dont on a besoin
en faisant appel à qui pour abonder ce fonds 500 milliards c'est pas une paille on n'achète pas une baguette là on parle pas d'une baguette
il faut faire je pense un cocktail de mesures il y a d'abord à peu près 140 milliards d'euros dans nos différents systèmes de retraite on a déjà un fonds de retraite par capitalisation de 42 milliards le RAFP c'est la retraite additionnelle de la fonction publique je pense qu'il faudra faire appel
une véritable boule sociale que vous balancez ce soir en disant ça non pas du tout
parce que parfois le mot retraite par capitalisation fait peur parce qu'il y a le mot capitalisation et capital
oui bien sûr
moi je propose déjà d'appeler ça la retraite par investissement oui parce que c'est très simple
vous dites c'est moins abrupt non mais c'est beaucoup plus simple
c'est que les français avec leur cotisation ils investissent dans l'économie et ce sont ces investissements en économie qui rapportent de l'argent et qui permettent de payer leur retraite il faut savoir deux choses un c'est que la retraite par capitalisation retraite par investissement elle est 5 fois plus efficace pour les cotisants pour les français que notre système actuel notre système actuel quand vous cotisez aujourd'hui vous allez avoir un taux de rendement Théry on est sur BFM Business je me permets de 0,5% par an en moyenne avec la retraite par capitalisation par investissement c'est 3 à 4% c'est au moins 5 fois supérieur donc ça permet à retraite équivalente d'aller baisser les cotisations donc de baisser le coût du travail vous rendez compte
de l'effort de
dans l'enquête de Bertrand Martineau c'est 7 points de baisse du coût du travail qu'on peut aller chercher vous rendez compte
de l'effort de pédagogie qu'il va falloir déployer auprès des français qui pour certains s'attendent encore à ce qu'on aille piocher sans leur demander leur avis dans leur assurance vie aujourd'hui voilà il y a un énorme travail à effectuer
je pense que c'est le bon moment c'est le bon moment parce que si vous regardez les sondages c'est maintenant 6 français sur 10 une majorité qui sont ouverts à l'idée qu'une partie de notre système de retraite devienne un système de retraite par capitalisation et je pense que quand on aura expliqué dans le débat public tous les avantages de la retraite par capitalisation de la retraite par investissement ça va en convaincre
beaucoup plus mais sur l'effort de rarement vous voyez une majorité de français sont favorables à ce que ça devienne une dépense prioritaire mais pas question que on aille piocher dans mon épargne à moi voilà il faut que ce soit volontaire
ça c'est normal mais ce qui est intéressant c'est que moi je parle et je vous en recevais beaucoup sur votre plateau aussi aux investisseurs aux gérants d'actifs et qui ont vu depuis plusieurs semaines beaucoup de leurs clients beaucoup de françaises et de français qui se sont retournés vers leur banque vers leur gestionnaire d'actifs pour dire comment je peux investir dans l'Europe de la défense ou dans la défense française
donc il faut que la banque fasse son boulot aussi d'assouplir un peu les critères ESG c'est ça
il faut qu'on crée les produits pour ça il y a beaucoup de gens regardez qui investissent dans des ETF aujourd'hui et bien il faut qu'on ait des ETF sur l'Europe de la défense et puis moi je salue la proposition enfin la création qui va être faite par BPI France de ce fonds défense de 450 millions d'euros qui va être ouvert en temps de vos chiffres
ça paraît un petit bras finalement c'est un élément
c'est un fonds grand public ouvert à partir de 500 euros de 450 millions c'est une première pierre à l'édifice bien sûr il faut aller chercher des centaines de milliards d'euros dans les prochaines années donc c'est très bien de commencer par ça BPI France sait très bien faire et donc c'est une très bonne chose mais il y a beaucoup beaucoup d'autres choses à financer il y a des besoins qui sont beaucoup plus grands
il y a des besoins et il y a de l'argent à trouver vous avez commencé à me parler des retraites et c'est normal c'est le sujet du moment comment est-ce que vous voyez évoluer la situation désormais est-ce qu'il faut continuer à avancer coûte que coûte quel que soit le format entre ceux qui sont encore désireux de discuter que ce soit la CFDT le Medef mais pour arriver à quoi au résultat de toute façon qu'on ne reviendra pas sur les 62 ans est-ce que c'est aussi votre conviction alors moi
c'est aussi ma conviction mais depuis très longtemps alors comment on discute à partir du moment
on pose ce postulat comment est-ce qu'on continue à discuter
non mais ça n'empêche pas que le conclave il faut séparer deux choses le Premier ministre a proposé aux partenaires sociaux de travailler sous cette méthode du conclave pour améliorer la réforme des retraites la dernière réforme des retraites que j'ai évidemment soutenues mais qui est perfectible donc s'ils trouvent des moyens de l'améliorer dans un cadre budgétaire contraint et qu'ils se mettent d'accord c'est très bien est-ce que moi je crois que c'est possible est-ce que vous croyez que c'est possible d'aller faire ça en allant à 62 ans non est-ce que je pense que c'est souhaitable non plus mais je ne suis pas au conclave alors pourquoi ne pas avoir
alors pourquoi ne pas avoir clarifié ce point d'entrée de jeu ce que n'a pas fait François Béron on comprend évidemment les velléités à l'époque qui étaient d'adapter les voies des socialistes
le cadre qui est donné le régime doit être à l'équilibre à l'horizon 2030 c'est le cadre strict qu'il a donné au conclave et sa conviction personnelle qu'on est nombreux à partager qui veut dire ça ne peut pas marcher en allant à 62 ans
je vous entends parfaitement mais les études disaient déjà il y a de ça des mois et des mois que de toute façon malgré la réforme de 2023 on n'arriverait pas à ramener le système à l'équilibre tout le monde le savait d'ores et déjà ce qu'il n'aurait pas fallu faire
la difficulté du système par répartition il a plein d'avantages c'est super quand vous avez une très bonne démographie et ceux qui ont pris ces décisions de créer ce système par répartition dans les années 50-60 ils ont eu raison il y avait 4 actifs pour payer la retraite d'un retraité dans 30 ans il y aura un actif tout seul pour payer la retraite d'un retraité donc le système par répartition il est à bout de souffle ça n'est plus le bon système unique seul quand on a ce type de démographie il est condamné à être réformé en permanence et nécessite qu'on travaille toujours plus pour être en capacité de le financer c'est aussi pour ça que je propose ça doit être le bon moment maintenant de passer une partie de notre régime de retraite par capitalisation parce que par capitalisation c'est 5 fois plus efficient
la CFDT n'est pas opposée
non
mais elle fait des 64 ans à Cassius Belli en même temps donc c'est facile
voilà je cherche parfois on est sur des choses symboliques moi je défends depuis que je suis député une vision où il faut qu'on travaille plus on a un effort de défense à financer on a un effort sur la santé à financer on a une éducation à améliorer et des efforts à faire là-dessus chez nous en France ça ne tombe pas du ciel il y a des pays vous grattez le sol il y a du pétrole ça tombe tout seul chez nous c'est le travail la qualité du travail des françaises et des français qui nous permet de créer ces richesses et donc je pense qu'il faut qu'on travaille plus il faut qu'on travaille plus longtemps et il faut qu'on soit plus nombreux à travailler et donc c'est la politique qu'on porte depuis un moment
il nous reste une petite minute pour vous poser une question parce que vous avez une double casquette vous êtes chef d'entreprise par ailleurs on commence à plancher aujourd'hui à l'assemblée sur un projet de loi de simplification de la vie des entreprises il y a notamment ce test PME qui doit permettre je cite de mesurer l'effet des nouvelles normes sur les petites et moyennes entreprises avant leur mise en application effective sur le papier c'est ambitieux est-ce que ça va pas être une énième usine à gaz cette histoire
il le faut pas moi je soutenus le test PME je pense que c'est une très bonne idée
même les patrons qui pourtant revendiquent ce genre de mesures disent comment on met ça en place sans que ça ne complexifie encore
oui il faut que ça soit en fait intelligemment mis en place dans notre procédure législative c'est ça qu'il faut faire c'est qu'il faut qu'à chaque fois qu'on va changer la loi qu'on arrive à avoir une bonne estimation de est-ce que ça va avoir un impact très fort très faible sur les PME et donc je pense que ce test PME c'est vraiment une bonne idée il faut réussir à le mettre en place de la façon la plus efficace possible puis vous savez on va le mettre en place peut-être pour la première fois au début puis on changera la procédure ça sera itératif mais je pense que c'est une bonne chose vous savez moi je fais partie des quelques entrepreneurs qu'il y a dans cette Assemblée Nationale j'aimerais qu'on soit plus nombreux parce que parfois et l'Assemblée Nationale elle est représentative de plein de professions mais il y a des biais et il nous manque des chefs d'entreprise il nous manque des entrepreneurs et des entrepreneuses des gens qui ont déjà créé de l'activité il nous manque des auto-entrepreneurs
c'est l'heure
de la société civile
pour vous dans la vie politique c'est l'heure on l'a dit ça en 2017 rappelez-vous quand on parlait de dégagisme en 2017 on disait c'est l'heure de la société civile bon il y a eu des espoirs non aboutis alors est-ce que vous dites aujourd'hui encore en 2025 c'est l'heure de la société civile
bien sûr il faut moi je vois c'est tellement important il faut que l'Assemblée Nationale elle soit représentative et donc il y a évidemment des biais dans cette Assemblée mais c'est le choix des Français mais moi je pousse pour qu'il y ait et plus de gens qui ont déjà créé de l'activité auto-entrepreneurs et de scientifiques je pense que le raisonnement scientifique la démonstration scientifique le fait d'être basé sur les faits d'être sur la rationalité est aussi quelque chose de très utile dans la vie poétique et j'aspire à ce qu'il y en ait
un peu plus il faut quand même envoyer des bons signaux aux auto-entrepreneurs par moment vous êtes d'accord bien sûr
c'est pour ça que vous savez moi très vite j'ai été pour la remise en cause de la mesure qui avait été mise dans le budget sur la TVA et donc j'espère qu'on arrivera à aller au bout de la suppression de cette mesure
on y travaille Paul Midy merci beaucoup député ensemble pour la République de l'Essonne membre de la Commission des Affaires Économiques de l'Assemblée merci monsieur Midy d'être passé nous voir ce soir sur BFM Business
Paul Midy