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interviewPublic Sénat· 27 avril 2026 44 min

Carburant : la pénurie pourrait-elle plomber nos vacances ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sous-titrage ST' Et voici le sommaire de ce 27 avril. Y a-t-il un risque de pénurie sur les carburants en France cet été ? C'est le patron de Total Energy qui l'affirme.

Emmanuel Macron s'est empressé d'écarter ce scénario du pire. Qui a raison ? Où en sont nos réserves stratégiques ?

Cette nouvelle crise énergétique peut -elle accélérer la transition vers la mobilité électrique ? On en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public, Donald Trump, de nouveau visé par une tentative d'attentat.

Vers 20h36, un individu a foncé sur un poste de contrôle du Secret Service américain ici, dans le hall de l'hôtel. Il était armé d'un fusil de chasse, d'un pistolet et de plusieurs couteaux. Alors qu'il traversait ce poste de contrôle en courant, des agents des forces de l'ordre du Secret Service américain l'ont intercepté.

Faut-il voir dans cette nouvelle attaque le signe d'une radicalisation accrue de la société américaine ? Comment la campagne électorale de mi-mandat peut-elle se dérouler dans un tel climat ? Doit-on craindre une guerre civile ?

Sur ce thème, ne ratez pas l'analyse de nos experts. Ce sera dans trois quarts d et réagissez comme tous les jours, vous le savez en scannant notre QR code notamment sur ce nouveau choc pétrolier avec ce mot pénurie qui vient de faire irruption. Dans l'actu Céline Schmitt.

Des vols annulés par le groupe Air France KLM, des ruptures de stock et des prix à la pompe qui continuent d'augmenter. Le manque de carburant impacte toute l'Europe mais depuis Athènes ce week-end, Emmanuel Macron s'est voulu rassurant. Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation elle est contrôlée, qu'il y a un impact sur les prix mondiaux que malheureusement vivent nos compatriotes, qu'aujourd'hui la situation de nous fait envisager aucune pénurie et qu'on consacre plutôt notre énergie pour réouvrir le plus vite possible Hormuz.

Éviter à tout prix une panique générale qui aggraverait la pénurie, c'est l'objectif du chef de l'Etat. Mais du côté des géants du pétrole, l'urgence est plutôt de tirer la sonnette d'alarme. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Total Energy a perdu 15 % de sa production mondiale.

Sans amélioration d'ici cet été, son PDG Patrick Pouyanné craint une une pénurie mondiale. Nous avons déjà absorbé tous les surplus de stock. Si cela dure encore deux ou trois mois, nous entrerions dans une pénurie énergétique que les pays d'Asie connaissent déjà.

Cette pénurie ne touche pas encore le bassin atlantique, car nous avons d'autres sources d'approvisionnement. De son côté, la Commission appelle les Etats à maximiser la production des raffineries européennes. A plus Du long terme, pour sécuriser ses approvisionnements, l'UE envisage d'importer du kérosène alternatif appelé Jet-A venu des Etats-Unis.

Enfin, la Commission souhaite un grand plan d'électrification de l Cela doit être un signal d'alarme et un tournant décisif qui incite l'Europe à s'affranchir de sa dépendance aux énergies fossiles et à s'engager sur la voie de l'autonomie énergétique propre car cela apparaît aujourd'hui plus clairement que jamais, l'énergie propre est synonyme de sécurité. La France prévoit d'investir 4 ,5 milliards d 'euros par an supplémentaire pour réduire la part des énergies fossiles à moins de 30 % du mix énergétique en 2035. Quel est le risque de pénurie ?

Pourrait-elle plomber nos vacances ? en débat avec Stéphanie Villers. Bonsoir, bienvenue.

Vous êtes conseillère économique à PwC France. Adina Revol, bonsoir et bienvenue. Vous êtes essayiste, professeur à Sciences Po Paris.

Vous avez été porte-parole de la Commission européenne en France et vous publiez « Rompre avec la Russie, le réveil énergétique européen ». C'est aux éditions Odile Jacob. Hortense Goulard, bonsoir.

Bienvenue aux deux accueillis sur ce plateau. Vous êtes journaliste spécialiste de l'énergie, en particulier gaz et pétrole au quotidien. Les échos et Michael Darmon.

Bonsoir, Michael. Heureux de vous retrouver également. Vous êtes éditorialiste pour Sens Public.

Stéphanie Villers, pourquoi ? Je voudrais qu'on parle un peu de timing. Pourquoi Patrick Pouyanné, le patron de Total Énergie, alerte-t-il maintenant, aujourd'hui, sur un risque de pénurie cet été ?

Parce qu'il a des chiffres ? Il a des anticipations ? En fait, tant que le conflit perdure, eh bien il n'y a plus la libre circulation sur ce détroit et donc on ne peut plus s'approvisionner comme on le faisait auparavant.

Donc on est...

Vous savez, au début du conflit, on faisait deux scénarios possibles. Si la guerre durait quatre semaines, alors le choc était absorbable et puis si c'était plus long, alors ça allait avoir un impact sur l'économie mondiale. Et c'est y on est passé...

On est passé à cette étape-là. On ne sait toujours pas combien de temps va durer le conflit, mais on peut déjà en fait envisager les dysfonctionnements que ce blocage du détroit d'Ondemousse va déclencher sur l'approvisionnement de pétrole et de gaz, mais pas seulement, parce qu'il y a aussi les produits dérivés de ce pétrole qui sont impactés. Donc je pense que c'est C'est normal, après 5-6 semaines de conflit, qu'on passe à l'étape d'après en disant que si ça ne se débloque pas, on aura un problème d'approvisionnement.

Et qu'est-ce qu'on fait ? C'est plutôt prudent d'essayer d envisager le pire pour essayer de trouver des solutions, si tentées qu'il y ait des solutions à trouver d'ici. On va essayer d'en parler de solutions éventuelles, c'est un peu le rôle de l'économique, d'alerter aussi le le politique.

Est-ce que l'Union européenne, vient d'être présenté hier par la Commission européenne. d'une accélération, encore une fois, des accélérations de mesures déjà proposées en 2022 dans le plan Repower EU, « How are you ? » quand on voulait accélérer les renouvelables et l'efficacité énergétique.

On sait aujourd'hui que nos objectifs ne seront pas atteints en 2030 et tout ça, ça tient à la mise en oeuvre au niveau national, donc les objectifs européens, décider à Bruxelles ne servent à rien si, sous le terrain, ils ne sont pas mis en œuvre. Et puis les mesures, en fait, il faut comprendre que les mesures qui ont été annoncées hier, c'est beaucoup de mesures de coordination. C'est important parce que vous posez tout à l'heure la question du rôle de Pouyanné d'alerter, c'est important d'alerter, il est dans son rôle d'alerter et derrière, c'est aux politiques de coordonner.

Parce que sinon, les Etats peuvent peuvent se faire concurrence sur les marchés, c'est ça ? Exactement. Et donc il faut éviter ça.

En 2022, on a réussi à le faire sur le marché du gaz. On a mis en place une plateforme d'achat conjoint de gaz. Donc voilà, il s'agit de se coordonner, se coordonner également dans le remplissage des stocks gaziers et pétroliers.

Et donc tout ça, la Commission est dans son rôle de coordonner. Mais encore une fois, les leviers d'action sont beaucoup au niveau national. – Au niveau de chaque pays.

Hortense Goulard, les marchés financiers, qu'est-ce qu'ils avaient plutôt anticipé à un conflit relativement court ? Et comment ils réagissent justement à ces semaines qui passent les unes après les autres sans que le détroit d'Hormuz ne rouvre ? – Oui, alors il y a eu beaucoup de variations depuis le début de conflits.

Au début, effectivement, il semblait que les marchés s'attendaient plutôt à un conflit relativement court. Ils avaient l'exemple des attaques contre l'Iran qui avait déjà été menée par les Etats-Unis et Israël en juin dernier. Ils s'attendaient à ce que ça se termine assez rapidement, ce qu'on a vu aussi sur les cours du pétrole.

Et dernièrement, c'est vrai que...

Alors, c'est passé vers plusieurs phases. Donc il y a des phases de détente. On a l'impression que les négociations vont pouvoir commencer, que peut-être qu'il y a une chance que le détroit d'Hormouz réouvre prochainement.

Et là, en ce moment, les prix du pétrole se tendent à nouveau parce que les négociations sont On s'en sait commencer depuis longtemps, mais on voit qu'il ne se parle pas trop. Donc ça se retend à nouveau. Il y a une chose qui est intéressante de regarder, c'est la différence entre les marchés.

Quand on parle du prix du baril de pétrole brut, c'est un C'est un contrat à terme, donc c'est un contrat pour livraison dans un certain temps. C'est intéressant de regarder les prix des barils physiques, c'est-à-dire livrables immédiatement. Et là on voit que c'est tout de suite beaucoup plus tendu que sur les marchés à terme encore plus tendu que sur les marchés à terme d'accord ouais effectivement alors on a entendu dans notre sujet d'ouverture le président de total énergie ça a provoqué la réaction du président de la république évidemment c'était dès samedi depuis Athènes on écoute un extrait de cette conférence de presse d'Emmanuel Macron parce que la pire des choses dans ces moments là où il y a des tensions de l'incertitude géopolitique c'est que ces tensions soient accrues par des comportements de panique et bien souvent la pénurie on l'a créé par ses comportements de panique eux-mêmes.

Alors on parlait du rôle de l'économique d'alerter le politique il est aussi dans son rôle Emmanuel Macron c'est à dire que son objectif c'est quoi c'est de ne pas déclencher de panique donc il dit pour l'instant tout va bien il n'y a pas de pénurie. Il a raison ? Il a raison et il a raison d'essayer de ne pas déclencher effectivement comme il dit des comportements de panique parce que bien sûr ça fait pression sur les prix et lorsqu'on voit l'évolution du moral des ménages en France on voit clairement que celui-ci a chuté brutalement.

On reviendra en détail dans un instant. Et ce qui montre bien que les français se disent ça y est on retourne dans le contexte qu'on a connu avec la guerre en Ukraine avec une flambée des prix et on connaît déjà l'attitude des agents, des Français face à ces craintes-là, ils arrêtent de consommer et ils épargnent. Et donc ça, ça braque en fait la croissance économique et il ne faudrait pas mettre, faire croire ou laisser croire que ça y le scénario du pire est arrivé.

Parce qu'en réalité, on n'en sait rien. On n'est pas encore dans cette situation-là. C'est le scénario du pire dont parle Patrick Puyanné.

Il a raison d'aller et de laisser le scénario du pire. C'est un risque qui est à avérer. Il faut pouvoir l'intégrer lorsqu'on fait plusieurs scénarios, mais il faut essayer de dire que tant qu'on n'est pas arrivé à ce scénario-là, essayons de ne pas, eh bien nourrir les esprits animaux pour créer des comportements qui viendraient encore faire pression sur les prix.

Parce qu'aujourd'hui, on n'a véritablement qu'un seul choc, c'est un choc de prix. On n'est On n'a pas un problème réel d'approvisionnement. Mais on a aussi, on le voit bien, en fait, à travers les indices, on a un choc de confiance.

Oui, alors si on y revient dans le détail, on va vraiment regarder les indices de confiance à la fois des consommateurs, des chefs d'entreprise, mais il y a une réalité qui touche déjà, on l'a vu rapidement dans notre sujet d'ouverture, par exemple le secteur du transport aérien avec des centaines de vols annulés, c'est cet article du Monde qu'on va voir ensemble. Situation qui pourrait empirer, prix des carburants qui pèsent sur les compagnies à cause des prix du kéosène évidemment. Certains aéroports redoutent la panne sèche durant l'été.

Hortense Goulard, là on est dans l l'effet direct, c'est aujourd'hui des compagnies qui annulent des vols. Ce n'est pas l'anticipation d'une situation à venir cet été. Oui, mais alors encore une fois, il faut distinguer entre le risque de pénurie, qui est un risque qui est, comme on l'a dit, avérée, mais ce n'est pas encore le cas, en tout cas en Europe.

Et le fait que les prix ont énormément augmenté, ce qui fait que...

Notamment pour le kérosène. Notamment pour le kérosène. Il faut aussi distinguer entre les produits pétroliers.

Le diesel et le kérosène sont en première ligne parce qu'il y a beaucoup de capacités de raffinage dans les pays du golfe et du coup on n'a plus accès à ces produits là mais pour l'instant on nous interrompt mais sur le kérosène l'augmentation de prix parce que ça moi je la connais pas nos téléspectateurs pour le plein d'essence ils le voient tous les jours mais le kérosène d'un avion ça coûte quoi ? 20 % plus cher, 30%, 50 % plus cher c'est pas une colle si vous avez pas le chiffre c'est pas très grave mais c'est beaucoup plus important en tout cas c'est plus important que l'augmentation de l'essence et du diesel voilà je vais pas dire de bêtise mais c'est de l'ordre de multiplier par deux par là c'est très important donc ça explique que certains vols soient annulés que certains vols soient annulés voilà et on décide de les utiliser en fait là aussi ça dépend des états de l'union européenne d'une autre instance comment ça marche alors il y a plusieurs types de réserves stratégiques il y a les réserves qui ont été mises en place justement pour répondre aux premiers chocs pétroliers donc dans le cadre de l'agence internationale de l'énergie créée dans le cadre de l'OCDE et puis après il y a des stocks stratégiques au niveau de l'union européenne donc Donc au niveau de l'union européenne, il y a une petite différence et que tous les états membres de l'union européenne ne sont pas membres de l'OCDE donc de l'agence internationale de l'énergie mais il y a des stocks stratégiques au niveau de l'union européenne, donc 90 jours de consommation journalière et puis au niveau de l'AIE, les stocks c'est 90 jours des importations. Donc le calcul il est un peu différent.

L l'AIE a déjà décidé de sortir justement un certain nombre de 400 millions de barils et puis ensuite au niveau de l'Union européenne. Par exemple, la France a aussi décidé de sortir environ 4 % de ses réserves stratégiques. Mais après, ce qui est quand Moi, j'aimerais quand même le dire.

Depuis, on sait que Hormuz, c'est un point névralgique. On sait que l'Union européenne et les États sont, je disons, n'ont pas d'énergie donc on est complètement dépendants. On a vu la Russie en 2022, là on a Hormuz.

En 2022, on a eu le gaz mais maintenant on a le pétrole en l'occurrence pour simplifier. Donc pourquoi, en fait, on a eu...

Donald Trump a déjà envoyé des bombes contre l'Iran en juin l'année dernière. Pourquoi on n'a pas un plan, je dirais, de crise ? Parce qu'aujourd'hui, chacun dit attention à la pénurie, attention, on peut tenir 4 semaines, mais enfin, on aurait pu avoir, en sachant nos vulnérabilités, on aurait pu avoir un plan au cas où ça peut arriver.

Et on ne l'a pas. Au lieu de ça, on a des réunions. Les chefs d'Etat sont déjà rencontrés deux fois pour discuter du sujet au niveau européen.

On a effectivement un plan qui vient d'être sorti. La Commission a annoncé un paquet de mesures le 10 juin sur l'électrification, sur la sécurité d'approvisionnement. Mais tout ça, ça prend du temps alors que le risque est connu.

On a des règles. On a un groupe gazier de coordination, un groupe de coordination en matière de pétrole. Enfin, mais on n'a pas de plan au cas où la crise arrive.

Qu'est-ce qui se passe, Stéphanie Villers, si le détroit d'Ormousse, mais parfois il y a des bonnes nouvelles, rouvre là avant la fin de la semaine ? Mais est-ce qu'il y a un retour à la normale possible et peut-être pas si rapide qu'on pourrait l'espérer ? Qu'est-ce que tu peux anticiper ?

Oui, parce qu'entre-temps, il y a eu des bombardements sur des sites de production stratégiques. Et donc, ce n'est pas uniquement le Détroit qui a été impacté par ce conflit. C'est des infrastructures qui ont été touchées, on le sait bien, la remise en marche va mettre même sur certains secteurs plusieurs années.

Donc on sait qu'il y aura une pression sur les prix. C'est-à-dire que même si, ce qu'on espère, c'est que le détroit d'Ormuz réouvre et que la circulation des marchandises, notamment d'énergie fossile, puisse se faire, ça va bien sûr détendre les marchés financiers tout de suite. Enfin, on aura une perspective et une visibilité.

On a des problèmes, il faudra la mise en marche de certaines structures. Mais bon, on sait que derrière, on va pouvoir être livré. Pour autant, c'est quand même le deuxième choc énergétique qu'on est en train de vivre, nous, Européens, en 4 ans.

C'est quand même énorme. Rappelez-vous des deux chocs pétroliers qu'on a connus dans les années 70, on avait véritablement l l'impression que tout ça, c'était un problème qui était derrière nous et qu'on n'allait jamais le revivre. En réalité, là, je pense que...

Mais ça rejoint ce que dit Adina Revolve, la capacité à tirer les leçons...

Voilà, oui, mais peut-être En tout cas, de suffisamment. Allez, on va essayer d'être...

Moi, ma crainte, c'est que...

Ma crainte, c'est si le détroit d'Hormuz réouvre, c'est qu'on oublie que, comme la première fois au moment de la guerre en On avait des plans où on s'est dit qu'il faut arrêter notre dépendance vis-à-vis de cette énergie. Faut-il qu'on n'a pas ? Donc, on va se désensibiliser par rapport au gaz et au pétrole.

Dès que le prix du pétrole a baissé, on a oublié nos engagements. Aujourd'hui, il faudrait que ce soit la crise de trop, le choc de trop qui oblige les Européens à changer de braquet. Mais est-ce qu'on en est capable ?

C'est toute la question, en fait, en réalité. – On va continuer d'en parler parce que c'est évidemment un des aspects passionnants de cette période qu'on est en train de vivre. Donc bravo, Hortense Goulard, parce que vous étiez pile poil sur le prix du kérosène, on a regardé sur un pari Bangkok, les compagnies aériennes disaient avant la crise c'était 50 000 dollars pour faire un pari Bangkok, aujourd'hui c'est 104 000.

Vous avez dit c'est x2, on y est. Effectivement on est bien loin de ce que vivent les consommateurs français à la pompe. Encore un mot des réserves stratégiques, vous entendez détaillé, on ne peut pas les mettre sur le marché d'un seul coup, il faut lisser l'utilisation de ces réserves stratégiques, comment ça marche?

Oui, alors je pense que de la part du gouvernement, il y a déjà un premier réflexe qui était de dire on ne sait pas combien de temps cette crise va durer, donc il faut en garder suffisamment en réserve pour pouvoir lisser plus tard. Je ne pense pas qu'ils aient commencé à libérer tout de suite les quantités qui ont été prévues. Donc au niveau de l'AIE, ça faisait 400 millions de barils.

Pour la France, c'est 14 ,5 millions de barils qui devraient être libérés pour faire face à cette crise. Et dans les réserves françaises, donc on a à peu près la moitié qui est du diesel, 30 % qui est de mémoire du pétrole brut et 10 % qui est de l'essence. Voilà le reste étant du ful domestique et du kérosène pour l'aviation.

Et donc pour l'instant, il semblerait que le gouvernement était assez prudent et a pris son temps pour libérer les réserves, justement pour pouvoir réagir au moment où il y a une vraie situation de pénurie. Alors il y a évidemment la question de la réponse gouvernementale, on va y venir. Et d'abord, vous avez commencé à l'évoquer tout à l'heure, mais on s'intéresse, focus sur le moral des Français avec Clémentine Louise tout de suite.

Bonsoir Clémentine, bienvenue avec évidemment ce passage à la pompe quotidien pour certains ou en tout cas une ou deux fois par semaine pour d'autres qui impacte fortement le moral des Français avec un indice de confiance en sorte de 5 points en avril. Oui, les derniers indicateurs de l'INSEE sont unanimes. Les ménages ont le moral en berne.

L'indice de confiance affiche sa plus forte baisse depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine. Regardez cette courbe qui chute en avril 2026. Les Français s'inquiètent de plus en plus de l'évolution de leur situation personnelle.

Ils sont de plus en plus nombreux à considérer que leur niveau de vie se détériore et que la dégradation va se poursuivre alors évidemment il ya de quoi avoir ce moral chuté il ya les prix du carburant mais il ya aussi des questions d'inflation sur l'alimentation et les biens de consommation oui entre février et mars l'inflation s'est accélérée à son rythme le plus rapide depuis août 2024 le pouvoir d'achat pourrait connaître sa plus mauvaise année depuis depuis 2023 de selon l'OFCE, c'est l'Observatoire français des conjonctures économiques. Ce pouvoir d'achat diminuerait de 0 ,7 % en 2026. 'Observatoire s'attend à une quasi stagnation de l'activité économique entre avril et septembre.

Alors justement, on va s'y intéresser à cette croissance économique. Qu'est-ce qu'on peut en dire ? Eh bien Bercy devra certainement revoir encore ses objectifs à la baisse à 1 % en début d'année.

Le ministère table désormais sur une croissance de 0 ,9 % en 2026. Mais au vu des circonstances, cette barre semble encore un peu haute. Un sondage Elab montrait fin mars que 60 % des Français avaient réduit leurs dépenses pour absorber le choc de la guerre au Moyen-Orient.

L'INSEE confirme donc ses tendances. Les ménages n'ont pas prévu de faire de gros achats dans les prochains mois, d'autant que pour le moment les mesures du gouvernement sur l'envolée des prix du carburant restent assez limitées et que Bercy affirme que chaque euro perdu à cause du conflit devra être compensé par des économies ailleurs, ce qui ne devrait pas remonter le moral des français. Merci beaucoup Clémentine.

Économisez votre voix, on a encore besoin de toi en seconde partie d'émission quand on parlera des Etats-Unis. Merci beaucoup. Stéphanie Wieners, à quel point la croissance française, mais aussi mondiale, elle est déjà impactée par ce qui se passe au Moyen-Orient.

Est-ce qu'il y a déjà un impact ? On le voit dans le comportement à la fois des entreprises et des ménages. Les entreprises ont tendance à reporter leurs projet d'investissement en disant qu'on manque clairement de visibilité, en début d'année, on considérait véritablement le Moyen-Orient comme une zone attractive pour les investissements.

Beaucoup d'Américains regardaient cette zone en disant qu'il y avait de quoi aller investir là-bas parce qu'il y avait un vrai potentiel. Tout ça, maintenant, est complètement Donc quelle est la zone aujourd'hui qui n'est pas impactée par des risques quels qu'ils soient, il n'y en a pas tellement, donc les entreprises se disent, là aussi, bon elles sont résilientes, mais elles attendent peut-être d'y voir un peu plus clair pour investir, d'autant que ça tombe mal. En plus, les taux d'intérêt augmentent avec l'inflation.

Il y a aussi cette ce deuxième facteur qui n'est pas positif. Et puis, le drame, c'est pour les ménages français. On leur disait qu'en début d'année, ça y est, ils étaient sortis d'affaires, que l'inflation était derrière eux et qu'ils avaient mis des partes de côté et vraisemblablement, c'était le moment de consommer davantage.

Aujourd'hui, le message, c'est le gouvernement français, l'état français n'a plus les moyens. On a effectivement pu de marge de manœuvre pour soutenir la dépense des ménages. Donc, les Français se retrouvent face à cette flambée des prix de l'énergie sans soutien public. – Hortense Goulard, on peut imaginer, l'équation budgétaire est déjà compliquée pour le gouvernement.

Pour le budget 2027, elle va se compliquer encore un peu plus dans les semaines, dans les mois à venir ? – Tout à fait, oui. Il y a un peu ce mythe qui circule depuis le début de la crise, disons qu'il allait y avoir un surplus engendré par l'augmentation des prix des carburants et le fait qu'il y ait de la TVA qui pèse sur ces carburants, qui générerait un surplus pour le gouvernement.

Mais on se rend compte maintenant que ce n'est pas le cas, donc pour plusieurs raisons. Déjà, la consommation des ménages qui risque d'être en berne à cause de cette crise. Et puis aussi des mesures d'aide du gouvernement qui ont été prises pour répondre à certaines préoccupations des Français, alors pour l'instant de façon assez ciblée parce que justement il y a très peu d'argent dans les caisses, donc il faut essayer de vraiment cibler sur les populations qui en ont le plus besoin, donc les agriculteurs, les pêcheurs, etc.

Et puis l'effet global sur le gouvernement serait assez négatif et notamment à cause d'une hausse des taux d'intérêt, donc du coup la charge de la dette du gouvernement. Alors justement on y vient à ces mesures proposées par le gouvernement, Michael, vous dites il n'y a plus de quoi qu'il en coûte énergie et tant mieux, d'où vous tirez cet optimisme qui peut sembler un peu contre-intuitif. Ah oui par rapport à tout ce qu'on entend effectivement on est totalement contre-intuitif, ça pourrait être une sorte de slogan un peu comme ça naïf mais enfin il faut marquer un tournant et c'est vrai en termes de macroéconomie la fin de la politique du chèque, la fin du croix du quoi qu'il en coûte sur l'énergie et bien c'est tant mieux, pourquoi ?

Parce que on le sait, on s'en souvient, on en a parlé pendant la crise née de la guerre en Ukraine il fallait agir vite, l'explosion du prix du gaz, du crécité menaçait directement les ménages, les entreprises, on a vu l'attitude du gouvernement, le bouclier tarifaire, les aides massives, les milliards engagés par l'Etat, tout cela a joué un rôle essentiel pour éviter un choc brutal, c'est incontestable, il faut le dire, il faut le rappeler, sans ces mesures la facture aurait été insoutenable pour des millions de Français, sauf qu'une politique d'exception c'est pas la norme, et qu'aujourd'hui on est dans une autre logique, puisque effectivement les dizaines de milliards d'euros financés par la dette, eh bien quelqu'un devra les rembourser, il n'y a plus de logique de marge manœuvre budgétaire et ensuite effectivement le sujet c'est que lorsque on continue cette politique, eh bien on brouille les signaux, quand l'énergie continue, artificiellement étant moins chère, à soutenir les énergies fossiles et le pétrole. On n'a plus de politique liée et d'incitation liée à la transition écologique. Pourquoi investir dans la sobriété si on continue de donner de l'argent pour un pétrole moins cher ?

Donc vous dites que c'est une bonne nouvelle que le gouvernement ne puisse pas vraiment aider les Français ? et français ? Au contraire, on voit bien qu'on cible les aides vers ceux qui en ont le plus besoin plutôt que subventionner de manière indistincte tout le monde.

C'est revenir à une logique plus saine. Et c'est encourager aussi les économies d l'énergie et les renouvelables plutôt que retarder ce passage, cette nouvelle transition. Ça passe par des choix clairs.

On le voit ces jours-ci accélérer la rénovation thermique, investir dans les énergies bas carbone, repenser nos usages. On observe d'ores et déjà, on l'a beaucoup vu, beaucoup de reportages sur toutes les médias l'ont signalé, un phénomène sur le marché de l'occasion. Il y a une demande massive maintenant de véhicules, donc de véhicules électriques, de véhicules hybrides, ce qui montre bien qu'une fois de plus, comme nous gouvernons, les particuliers n'agissent et ne réagissent que sous l'effet de la crise.

Et de ce point de vue-là, on sent bien qu'il faudra continuer à inciter ceux qui ont le moins de moyens à pouvoir accéder à ce genre d'énergie. Donc alors oui, la fin du quoi qu'il en coûte peut inquiéter, mais en cela, c'est aussi une opportunité. – Effectivement, on va revenir aux chiffres de vente des voitures électriques parce qu'ils sont assez impressionnants.

Adina Revolte Vous nous avez dit que les crises précédentes n'avaient pas été suffisamment facteur de changement de comportement et de politique publique. Il y a quand même eu des améliorations aux crises après crise. Oui, mais ce n'est pas suffisant parce qu'en fait, par exemple, vous parlez de l'électrification.

On a un objectif qu'on s'est donné, c'est 30 % d'électrification au niveau européen d'ici 2030. On est à 24%. On ne sera pas à 30 % en 2030.

Pourquoi ? Parce que le secteur du transport, en fait, il est loin d'être électrifié. Voilà.

Première raison sur...

Oui, mais attendez, pardon, je vous interromps parce qu'il y a 6 mois, 3 mois, je ne sais plus. La Commission européenne, peut-être sous pression des constructeurs allemands, elle a fait marche arrière sur l'objectif d'interdiction de vendre des voitures thermiques neuves en 2035. Alors il y a eu une flexibilité qui a été rajoutée.

Mais il faut s'adapter également aux circonstances parce qu'aujourd'hui, on voit bien qu'il n'y a pas...

En fait, on a une crise de la filière automobile européenne. Pourquoi ? Parce que c'est la filière automobile européenne a tardé à se lancer justement dans les véhicules verts.

Et donc aujourd'hui, on est concurrencé par une sous-production chinoise. Et en plus, ils sont objectivement bons. On au niveau technologique.

Donc on a un retard à combler, exactement. Merci. Et donc c'est un vrai sujet d'ailleurs.

Pourquoi aussi ? Parce qu'en fait, on n'a pas eu de politique énergétique, des transitions avec une politique industrielle. Et peut-être que c'est là que le bas blesse.

C'est pour ça qu'on n'arrive pas à faire cette transition vite. Parce qu'on ne pense pas la chaîne d approvisionnement total. Et comme le font les Chinois, je ne prends pas les Chinois comme source d'inspiration.

Mais je veux dire, eux, quand ils décident quelque chose, ils le font sur toute la chaîne de valeur. – Est-ce que c'est tout seul dans un régime qui n'est pas franchement démocratique qu'à 27 avec des démocraties et des opinions parce que je suis née en Roumanie et j'ai connu le communisme. Donc voilà, c'est pas ça le sujet.

Mais c'est-à-dire qu'aujourd'hui, je ne peux pas aller au début d'émission, on a un objectif pour 2030 pour faire des renouvelables au niveau européen de 42 ,5%. Avec les plans actuels, on est à 41%. Ça va encore.

Mais pour l'efficacité énergétique, vous parliez tout à l'heure des bâtiments de l'isolation, on a un objectif de 11 ,7%, une réduction de 11 ,7 % comparée à un scénario de base. Il se trouve qu'on est à 8 ,7 % et la différence, parce que le pourcentage, c un peu technique, c 'est la consommation finale de la Belgique, d'un pays comme la Belgique. Donc, c'est ça qui nous manque en 2030.

Pourquoi ? Parce que tous ces objectifs qui ont été approuvés au niveau européen par les États, par les par les représentants des citoyens, donc les parlementaires européens, ne sont pas mis en oeuvre au niveau national. Et pourquoi derrière ces derniers points ?

C'est parce qu'il nous faut également une politique industrielle. Parce que sans ça, en fait, on n'est dépendants, on crée une dépendance verte envers la Chine. Alors, on va se concentrer sur le secteur automobile parce qu'il est très intéressant et il concerne beaucoup de nos téléspectateurs, téléspectatrices.

On a vu tous ces chiffres. D'ailleurs, je les ai puisés dans un article des échos. Le mois dernier, les ventes de voitures électriques ont bondi de 69 % en France sur un an.

Donc c'est mars 2026 par rapport à mars 2025. Et c'est 49 % en Europe. Je ne sais pas si vous avez les chiffres d'avril.

Décidément, je vous pose d'école à chaque fois. Est-ce que la tendance est en train de se confirmer ? Qu'est-ce que vous en savez ?

Effectivement, l'automobile, c'est moins ma spécialité, mais j'ai vu ce que faisaient mes collègues sur le sujet. Ce qui est intéressant de constater, c'est qu'en fait, dans l l'automobile, il y a un certain temps de retard par rapport à la prise de commande. Et donc si on regarde pour le mois de mars, la prise de commande a été multipliée par 5, je crois que c'est à l'échelle française.

Donc ce qui montre que...

Ils anticipent des ventes très Donc cette tendance d'augmentation d'à peu près 50 % des ventes de voitures électriques en Europe pourrait continuer et même être beaucoup renforcée dans les mois à venir quand ces commandes interviennent Effectivement. Après, c'est sûr qu'on peut se poser la question de est-ce que ça va encore durer longtemps si jamais le détroit d 'Hormuz rouvre, si jamais les prix de l 'essence et du diesel recommencent à baisser. Mais on voit quand même que si on regarde sur le long terme, on est sur une tendance forte à l'électrification qui n'a pas l'air de s'arrêter.

Surtout en France, parce qu'on a un avantage. On a une production électrique basée sur le nucléaire. Donc là, on ne dépend de personne.

En réalité, on a tout intérêt à aller vers la voiture électrique. Le seul problème, c'est que, oui, comme vous disiez, la concurrence chinoise nous fait énormément de mal. Pour autant, oui, voilà, on a raté le premier virage.

Ce n'est pas la première fois qu'on rate un virage technologique. Il suffirait de faire...

Moi, je pense qu'il suffirait de copier un peu ce que font les Chinois en réalité lorsque les GAFAM sont arrivés sur le marché chinois, donc les Google, Apple. Ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont fermé totalement leur marché à ces entreprises américaines du numérique et ils ont copié, ils ont fait la même chose pour éviter qu'ils se fassent vassaliser comme nous on a fait en Europe par ces entreprises du numérique américain. Je pense qu'on devrait à peu près faire la même chose.

Tant pis si on a un un peu de retard. Pour autant, je pense qu'on a la technologie, les capitaux, le savoir-faire pour véritablement...

Bon, on a du retard, mais ce retard peut être comblé. En fait, on a quand même un déficit en Europe, c'est se dire que c'est impossible. En réalité, on ne peut pas se passer du pétrole.

Avant même, lorsque le pétrole commençait à baisser, les cours du pétrole, tout le monde racontait « de toute manière, la transition écologique, on n'a pas les moyens de la financer ». Et puis vaut mieux, le pétrole, on ne peut pas s'en passer aujourd'hui peut-être qu'on est un peu obligé de dire et de regarder la réalité notamment en termes de production électrique on a nous la france en tout cas on a fait les bons choix il y a une trentaine d'années, notamment grâce ou à cause de ce premier choc pétrolier en 73 où on a mis en place le plan Mesmer qui nous a incité à développer le nucléaire. Donc on est capable de prendre ce type de décision et je pense que pour les transports et le véhicule électrique, les comportements des Français sont en train de changer durablement. un choc, je ne sais pas, psychologique ou même presque idéologique à Dina Revolte.

C'est-à-dire que l'Europe, elle s'est construite sur une logique de libre-échange. Et donc, imaginez fermer les frontières à des voitures venues d'ailleurs, c'est peut être un peu difficile à intégrer dans le logiciel européen ? Oui ou non ?

On a quand même des instruments de défense commerciale qu'on a mis en œuvre justement contre les voitures chinoises qui sont sur-souventionnées et on a des preuves. Mais malgré...

On a mis des droits de douane supplémentaires allant jusqu'à 40 %, plus de 10 % de droits de base. Donc ça faisait même, en fonction des modèles, ça faisait même plus de 50 %. Sauf que...

Oui, mais j'en vois de plus en plus, moi, des voitures électriques chinoises. Sauf qu'en fait, les voitures électriques chinoises, aujourd'hui, ils ont une technologie qui est meilleure. Et vous avez raison sur ce que vous mentionnez, que les Chinois, ils étaient en retard sur le numérique.

Ils ont fermé le marché. Mais c'est pas la tendance qui se dessine, en fait. En tout cas, plusieurs chefs d'État européens, ils ont parlé d'accueillir des giga-usines chinoises en Europe.

Personnellement, je ne suis pas favorable. C'est pour un transfert de technologie ? C'est un peu du donnant-donnant ce que nous, on a fait lorsque la Chine est adhérée à l'OMC.

La Chine a dit « Vous venez avec vos entreprises et il y a ce transfert de technologie ». C'est un peu humiliant qu'on demande maintenant. Vous allez être 30 ans après ?

Mais bon, peu un peu mal aux oreilles d'entendre cela, c'est la réalité. C'est la réalité. Mais bon, en même temps, l'Europe vous dit que c'est construite sous le libre-échange et effectivement, le libre-échange nous a rendu plus riches qu'on n'a jamais été.

Mais après, l'Europe s'est aussi construite sous les crises. Et là, c'est un moment de crise, c'est aussi un moment de vérité. Et puis, vous disiez en début d'émission que peut-être qu'on allait oublier.

Je pense qu'il ne faut pas oublier justement la deuxième crise, le deuxième choc qu'on vit en 4 ans. Maintenant, il faut déclarer une sorte de plan mesmer européen, si vous voulez, une sorte d'urgence énergétique pour mettre les bouchers doubles en termes de financement, en termes industriel et puis en termes de mise en oeuvre. Ça veut dire quoi ?

Un emprunt européen ? Parce qu'il s'est fait au moment du Covid, on pourrait le dupliquer là Mario Draghi a fait un rapport déjà il y a deux ans. Je suis en train de le relire d'ailleurs et en fait, les solutions sont déjà connues.

Mario Draghi a tout écrit donc il suffit effectivement si au moment du Covid, on a fait un plan de relance où 40 % allait vers la transition climatique. Peut-être que c'est aussi le moyen aujourd'hui de financer ce qu'il faut pour arriver à nos objectifs. Ca m'inspire deux choses.

Ce que vous dites, c'est dans les crises qu'on se révèle. Le rapport Draghi, c'est celui dont les chefs d'Etat, c'est Chine, à ne pas lire. Rires.

Les observateurs, les experts le portent à bout de bras, mais il n'est surtout pas lu par les gouvernants. Et l'autre chose, on va parler des voitures et effectivement du retournement de situation. Viennent s'ouvrir en Chine le salon de l'automobile.

Les voitures européennes sont reléguées presque à la cave parce qu'en fait, ce sont les voitures chinoises portées par un sentiment de renouveau national et d l'investissement. Et c'est peut-être là aussi où ça manque en Europe. L'imaginaire qui fait en sorte qu'on investisse sur ses propres produits est très présent aujourd'hui en Chine et ailleurs.

Ça touche aussi, alors peut-être pas sur l'automobile mais sur d'autres secteurs d activité, les marques américaines qui s'étaient implantées sur le marché chinois et qui pour des grandes marques américaines de vêtements, de restauration, etc. et qui sont en train de perdre des parts de marché en Chine parce qu'il y a ce réflexe nationaliste autour de de produits chinois. On va continuer, ça va être notre dernier chapitre, il nous reste quelques minutes de parler de la réponse politique parce qu'on est évidemment au cœur du débat.

L'État accusé, vous avez commencé à y répondre tout à l'heure mais l'État accusé de profiter de cette hausse des prix, notamment par Philippe Neuzière qui est le président de 40 millions d'automobilistes. Ce qu'on demande, on le demande depuis le début, c'est une refronte complète de la fiscalité sur les carburants parce qu'on a un système en France et d'ailleurs dans de nombreux pays européens également, qui fait en sorte que l'État excusez-moi l'expression, mais se goinfre sur les automobilistes à partir du moment où on empile un certain nombre de taxes et on termine par la – Alors, vous nous avez dit tout à l'heure, c'est aussi une question de Victor qui nous écrit de Saint-Quentin. L'État s'enrichit-il avec cette crise ?

Alors, Tence Goulard, vous avez répondu tout à l'heure que la réponse est non. Mais il y a ce sentiment des automobilistes français, est-ce qu'ils sont plus impactés par cette crise des carburants que d'autres automobilistes ? Par exemple, je crois qu'on roule beaucoup en diesel en France par rapport à nos voisins européens.

Tout à fait. Alors le parc français, pour des raisons historique est encore très orientée vers le diesel et les capacités de raffinage en France. Au contraire, on fabrique plutôt de l'essence en France, beaucoup moins de diesel.

Donc on a un problème parce qu'on importe à peu près la moitié du diesel qui est consommé en France et une grande partie donc du Moyen-Orient et des pays du golfe Persique. Donc on a vu depuis le début de la crise que les prix du diesel avaient beaucoup plus augmenté que les prix de l'essence au point d'être largement supérieur aujourd'hui au prix de l'essence. Donc s c'est plutôt l'inverse de ce qui se produit d'habitude.

Et effectivement la France est un peu en première ligne pour ça parce que même si les voitures diesel ont moins la côte aujourd'hui en France, donc au mois de mars c'était 2 ,5 % seulement des ventes de voitures en France étaient des voitures diesel. Mais malgré tout on a un parc qui reste très diesel dans les ventes de voitures d'occasion, il y a encore beaucoup de voitures diesel sur le marché. Et donc effectivement la situation est encore plus tendue pour les automobilistes français.

Et d'autant plus que le gouvernement, on l'a dit, a assez peu de marge budgétaire et donc a pris moins de mesures que d'autres pays européens pour lutter contre la hausse des prix. Ça peut expliquer ce sentiment ou cette colère qui se tourne vers le gouvernement. Stéphanie Villers, il y a quand même un surplus...

Si le prix du pétrole des carburants augmente, les taxes perçues par l'État vont augmenter. Bien d'accord, ça c'est mécanique. C'est compensé par quoi ?

Moins de consommation ? Comment on peut expliquer qu'il n'y ait pas un pactole budgétaire pour le gouvernement avec cette crise ? Parce que c'est ce qu'on dit, là, c'est la critique qui est exprimée.

Oui, mais en fait, en fin, le gouvernement va être perdant. Pourquoi ? Parce que ça ne s'arrête pas, la hausse du prix du pétrole ne s'arrête pas à des recettes supplémentaires de TVA.

C'est une inflation supplémentaire et on a vu d'une inflation supplémentaire, ça a fait un rebond sur les taux d'intérêt. Comme vous l'avez dit, on a vu la charge de la dette peser de plus en plus et même inquiétée. C'est le premier poste de dépense maintenant de l'État.

Et on est bien obligé de payer ses intérêts de sa dette. Donc on ne peut pas faire fi de cette charge supplémentaire. Donc déjà, ça a lourdement impacté les finances publiques.

Le Le gouvernement doit y faire face et ensuite, il y a beaucoup de prestations sociales qui sont indexées sur l'inflation. Donc quand l'inflation augmente, mécaniquement, normalement, les prestations sociales à les sociaux et les pensions de retraite vont de fait impacter. Et ça, comme ça représente une grosse partie de la dépense publique, ça va encore plus peser sur les comptes de l'État.

Donc la hausse du prix du carburant, c'est une très mauvaise nouvelle, in fine, pour la situation budgétaire de la France. On ne peut pas se réjouir de la hausse des prix du carburant. Mais alors, en dehors de cette crise, Adina Roll, je pense dans à peu près tous les pays européens, il y a des taxes importantes sur le carburant.

Est-ce que ça n'incite pas les pays à retarder la transition environnementale dont on parlait tout à l'heure ? Parce qu'inciter les consommateurs, les automobilistes à moins rouler, c'est perdre une partie de ces taxes. – Alors il y a tout un cadre de taxes au niveau européen, il faut savoir que la taxation est une compétence nationale, c'est-à-dire que c'est les États qui en sont responsables, mais il y a un cadre Il y a des minima européens à respecter, notamment les axes et la TVA.

Pour la TVA, pour les différents produits énergétiques, c'est une directive qui date de 2003 parce que les Etats n'arrivent pas depuis à se mettre d'accord. Pardon, pas pour la TVA, pour les axes, je veux revenir. Donc la TVA...

Non mais c'est juste pour vous dire qu'en fait on a différents niveaux. Est-ce que le fait d'avoir autant de rentrées, je ne sais pas si c'est autant d'ailleurs, de rentrées, de taxes liées à la consommation de carburant n'incite pas les pays à ne pas faire la transition puisque ça serait se priver d'une partie de cette manne. Mais la taxation elle est différente parce que vous savez aujourd'hui par en fait la taxation est différente sur les différents points c'est la taxation invisible tout à fait mais comme ça a été dit sur le plateau en fait en 2022 l'inflation causée par la crise énergétique ça a coûté beaucoup et puis il y a un autre chiffre en fait les derniers chiffres c'est le 24 milliards que l'union européenne paye de plus sans recevoir une molécule supplémentaire d'énergie à cause de la crise mondiale donc de la crise du Trois-Dormous donc en fait ça a un coût monstrueux y compris au niveau de la balance commerciale donc tout ça en fait ça doit inciter à sortir de la dépendance parce que ça en fait trop là on a bien compris merci beaucoup sortons de la dépendance aux énergies fossiles c'est le message principal tiens il y avait une dernière question françois qui nous écrit de saint julien pourquoi ne parle-t-on pas plus de l'hydrogène on n'a pas eu le temps françois mais c'est dans repower you 20 millions de temps d'hydrogène allez lire repower you voilà j'y suis en termes d'hydrogène sur le continent européen merci beaucoup dinare vol rompre avec la russie le réveil énergétique européen c'est aux éditions dit jacob hortense goulard on voulait évidemment dans les colonnes des échos à très bientôt sur sur le plateau de public c'est là j'ouvre le second débat de ce sens public consacré aux conséquences

Carburant : la pénurie pourrait-elle plomber nos vacances ? — Emmanuel Macron · Pourquijevote